Wilfred Monod

Wilfred Monod

Wilfred Monod (1867 - 1943)

I) CHRONOLOGIE EN 5 ETAPES :

  1. Jeunesse.
  2. Condé-sur-Noireau.
  3. Rouen.
  4. Paris-Oratoire.
  5. Paris-Faculté.

II) L'ŒUVRE EN 5 ASPECTS :

  1. L'ensemble.
  2. Catéchismes.
  3. Le problème du bien.
  4. Ecrits apologétiques.
  5. images.

III) LE.REFUS DE L'ALIENATON RELIGIEUSE :

  1. Une page de 1896.
  2. Réduire la Piété au religieux.
  3. La loi du 9 décembre 1905.
  4. L'Evangile "intégral".
  5. Une critique de l'individualisme protestant.

IV) LES FONDEMENTS D'UN CHRISTIANISME SPIRITUEL ET SOCIAL

  1. Le Sommaire de la Loi. Père et frères'
  2. Notre Père - Notre Pain.
  3. Divinité et humanité du Christ.
  4. Credo et programme.
  5. Messie et messianisme.

V) CINQ CONCLUSIONS :

  1. Précédence.
  2. Nuances.
  3. S'il faut choisir.
  4. Le sacré et le Profane.
  5. La double question.

Wilfred Monod, Après la journée, Paris, Grasset, 1938, page 197.

Le 8 juin 1893, pendant que je priais, le Christ me fut révélé spirituellement, dans la plénitude salvatrice de sa personnalité. Cette expérience, morale et religieuse, n'offrit pas le moindre caractère du phénomène audible ou optique; la conviction intime ne fut pas, un seul instant, concrétisée en manifestation extérieure, en « apparition ». Mais je compris avec intensité que les cadres de la Religion étaient trop resserrés pour contenir le Héros des évangiles : le Fils de l'homme appartenait simultanément à tous les domaines de l'humanité qui prie, et pense, et agit. Il tenait la clé de tous les problèmes concrets qui se posent, politiques et sociaux, moraux et philosophiques...

Wilfred Monod, Il régnera, Paris, Fischbacher, 1896, pages 263-264 (prédication).

Qu'on ne vienne pas diviser en deux minces filets le torrent de mon activité; qu'on ne vienne pas me dire : Fais deux parts de ton existence, l'une pour les choses visibles, l'autre pour les choses qu'on ne voit point. L'une pour la morale et l'autre pour la religion. Je ne veux pas connaître ces distinctions. Je ne peux pas aimer tantôt l'homme et tantôt Dieu, vivre une vie laïque durant la semaine, et vivre une vie sacrée pendant le dimanche. Je n'ai qu'une âme, et cette âme n'a qu'un idéal: vivre! Si j'aime les hommes, j'aime Dieu ; si j'aime Dieu, j'aime les hommes. Cessez donc d'opposer, comme des contraires, les deux pôles d'une même vérité. Ne me dites pas qu'il faut choisir entre le service de Dieu et le service des hommes, entre le couvent et le commerce, et montrez moi que je peux servir, à la fois, et mon Père céleste et mes frères. - Telle est la tendance de l'esprit moderne. Il est clair qu'elle prédispose notre génération à saluer, en Jésus-Christ, l'insondable et merveilleuse union de l'humanité et de la divinité; à s'incliner devant l'être unique en qui Dieu et l'homme ont vécu d'une vie commune.