Visite de l'Oratoire du Louvre

1) intérieur actuel  -  2) extérieur actuel  -   3) au XVI-XVIIe  -  4) au XVIIIe  -  5) au XIX-XXe  -  6) histoire


photo aérienne de l'Oratoire du Louvre

Le chevet

Coligny

La rue de Rivoli

Tourelles

Pots à feu

Portail rue Saint Honoré

La croix

La cloche

Les contreforts

Le 1 rue de l'Oratoire

Toiture et charpente

Coins secrets

Restauration de 2011

 

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l'Oratoire vu par Vazymolo
L'Oratoire, impression d'artiste

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

L'Oratoire du Louvre

Sur la rue de Rivoli, en face de la partie la plus ancienne du palais du Louvre, l'Oratoire du Louvre montre son beau chevet, encadré de tourelles. La galerie de la rue de Rivoli et la monumentale statue de l'amiral de Coligny ajoute encore à son aspect spectaculaire.

La façade de la rue Saint Honoré est d'autant plus simple qu'elle a été dépouillée de ses statues et de ses bas reliefs par les sacages révolutionnaires. Mais la curieuse orientation de l'Oratoire fait que cette façade dépasse dans la rue Saint Honoré, ce qui rend l'Oratoire visible d'assez loin malgré l'étroitesse de cette rue ancienne.

Cette page concerne l’extérieur et les recoins secrets de l’Oratoire du Louvre au XXIe siècle, marqués par l'histoire des cinq derniers siècles.
Ces autres pages vous permettront de :

 

 

Le chevet Le chevet Le chevet Le chevet Le chevet Le chevet Le chevet Le chevet

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Chevet

Le chevet d'une église semble souvent n'être que l'arrière de n'importe quel bâtiment, un élément secondaire. Il n'en est pas ainsi de l'Oratoire puisque le chevet était la face de l'Oratoire tournée vers le palais du Louvre. Même si les plans d'origine prévoyaient bien la construction d'un grand portail ouvrant sur la rue Saint Honoré, pendant plus d'un siècle (jusqu'en 1745) ce côté de l'Oratoire est resté en travaux, et l'on accédait à l'Oratoire de ce côté que par un petit passage creusé dans les immeubles bordant la rue Saint Honoré. C'était alors la face tournée vers le Louvre et ouverte sur les autres bâtiments de l'Oratoire qui était la face principale. Ce chevet n'est d'ailleurs pas simplement l'arrière de l'église de l'Oratoire mais il est formé d'une chapelle indépendante de forme elliptique, comme on le voit sur la photo aérienne.

chevet de l'OratoireCette chapelle est en forme de rotonde, sa forme exceptionnelle, avec ses trois baies hautes et les voûtes  en berceaux ornées de chérubins, était considérée au XVIIIe siècle comme l'une des plus belles de Paris.

Vue de l'extérieur, cette chapelle ne ressemble pas à une rotonde à cause de son toit pointu, curieusement percé d'une immense fenêtre (1). Une hypothèse a circulé que ce comble éclaté par cette grande fenêtre avait pour fonction d'apporter encore de la lumière dans la rotonde, lumière qui tomberait ainsi par un oculus verticalement dans la chapelle, éclairant l'autel qui se trouvait en dessous. Mais aucune ancienne gravure n'indique la présence de cette fenêtre sur le toit du chevet, il semble donc plus probable qu'elle a été percée afin de rendre possible l'utilisation de ces combles, vers 1820 quand l'église protestante cherchait plus de salles pour mener ses activités, avec cette fenêtre et le plancher, le chevet offrait ainsi non pas une mais trois grandes salles agréables.

Ces combles sont accessibles par un escalier en vis qui monte dans la tourelle ouest, et qui mène aussi au clocheton et aux grands combles.

La partie supérieure de la rotonde, avec les trois grandes fenêtres (2), forme depuis 1925 la « salle haute » dédiée à l'éducation religieuse, séparée par un plancher de la grande sacristie qui est dans la partie basse, éclairée par trois petits vitraux en demi-cercle (3).

Il ne reste rien  du lien matériel, spirituel, politique qui associait l'Oratoire au palais du Louvre dont il était la chapelle royale, au temps où le roi et la Cour se rendaient à pied du Palais à l'église en entrant par la porte du chevet (4) pour le prêche quotidien ou pour une splendide cérémonie dans une occasion particulière. 

 

 

Le monument de Coligny Le monument de Coligny Le monument de Coligny Le monument de Coligny Le monument de Coligny Le monument de Coligny Le monument de Coligny Le monument de Coligny Le monument de Coligny

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Le monument de l'Amiral Gaspard de Coligny

L'architecte Scellier de Gisors et le sculpteur Gustave Grauck sont les auteurs de cette œuvre monumentale (10 mètres de hauteur) en marbre blanc de Carrare.

Ce monument à la mémoire de l'amiral Gaspard de Coligny a été inauguré le 17 juillet 1889. Cette date n'est pas une coïncidence, en effet c'est pour le centenaire de la Révolution Française que cette œuvre a été érigée dans un souci de réconciliation des croyants sous l'aile de la République.

  • Si ce monument a été construit à l'initiative du pasteur Eugène Bersier, il n'a pas pour autant été financé par les seuls protestants comme une mémoire d'un héros de son camp, mais il a été financé par souscription nationale, avec une participation très large, unifiant effectivement protestants et catholiques dans un « plus jamais ça » très œcuménique.
  • Et effectivement, la Révolution française n'a pas été que la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, mais également un temps de terreur et d'intolérance dont l'histoire de l'Oratoire du Louvre garde les traces profondes. D'une façon visible dans ses murs, presque entièrement dépouillés et pillés par les révolutionnaires en 1793, ne laissant à l'intérieur qu'une mince trace des splendides décorations, et à l'extérieur que les fleurs de lys inaccessibles au sommet des lanternons des tourelles. Il n'est donc pas neutre que la République, encourageant cette œuvre, désire affirmer aussi le respect de la foi de chacun, dans un esprit de laïcité ouverte.

La lecture de cette œuvre ne peut se faire sans avoir à l'esprit la maxime de Coligny: « la gloire de Dieu et le bien public » en insistant sur l'un et sur l'autre.

Le sculpteur a représenté Coligny en grande tenue d'apparat avec le grand cordon de l'ordre de Saint Michel. Son visage est grave, anxieux. Son bras droit est replié sur sa poitrine, la main sur le cœur. Tous ces signes montrent l'extrême tension dans laquelle vivait Coligny. Grand serviteur de l'Etat, homme de foi,Coligny a été longtemps opposé à la guerre civile avant de prendre la tête des armées protestantes, pensant à ceux qui, pour leur foi chrétienne réformée, étaient persécutés, massacrés.

Nous trouvons, de bas en haut:

  • la Bible ouverte, livre essentiel dans la vie des Protestants
  • à doite de la Bible (quand on est face à la statue), une statue symbolise la Religion, sur laquelle est gravée la date de la Saint Barthélémy (1572) qui vit la mort de milliers de protestants dans le quartier du Louvre, et en particulier de l'amiral Gaspard de Coligny lui-même, le 24 août 1572.
  • à gauche de la Bible (quand on est face à la statue), une statue symbolise la Patrie avec une couronne portant la mention Saint Quentin, que Coligny défendit héroïquement avec son armée afin de protéger Paris.
  • À l'arrière de la statue, on peut voir un encadrement symbolisant la fenêtre par laquelle le corps de Coligny fut défenestré lors de la nuit du massacre le la Saint Barthélemy.
  • Sont également représentées la devise de Coligny « Je les éprouve tous » et ses armes : un aigle surmonté d'une couronne.
La date de naissance qui a été portée sur le monument est erronée, Gaspard de Coligny est né en 1519, c'est son frère Odet qui naquit en 1517.

Pour en savoir plus :

 

 

La rue de Rivoli et la galerie La rue de Rivoli et la galerie La rue de Rivoli et la galerie La rue de Rivoli et la galerie La rue de Rivoli et la galerie La rue de Rivoli et la galerie La rue de Rivoli et la galerie La rue de Rivoli et la galerie La rue de Rivoli et la galerie

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

La rue de Rivoli et la galerie Baltard

Le percement de la rue Rivoli en 1854 entraîne une profonde transformation de l'extérieur de l'Oratoire, comme d'ailleurs une transformation complète du quartier avec d'invraisemblables travaux.

  • Les bâtiments de l'ancien couvent des Oratoriens vont être démolis, laissant uniquement l'église de l'Oratoire.
  • L'Oratoire va être séparé du palais du Louvre par une large avenue alors qu'il était auparavant dans le même ensemble.
  • Pour garder la continuité des arcades tout en laissant apparaître le beau chevet de l'Oratoire, l'architecte Baltard a l'idée de construire ce balcon unique en son genre.

Dans Paris, je ne connais que la jolie petite rue des Colonnes (près de la Bourse) qui ait une galerie qui rivalise avec celle de la rue de Rivoli (non par la taille, mais par l'ancienneté), et la place des Vosges (par la beauté).

La première partie, en partant de la Concorde est percée sous les ordres de Napoléon Bonaparte en 1800-1835, bordée au nord d'immeubles de Percier et Fontaine, avec cette galerie inspirée des villes d'Italie. C'est d'ailleurs d'Italie que lui vient ce nom de Rivoli, lieu d'une victoire de Bonaparte en 1797. Dans le « grand dessein » de Napoléon, le Palais du Louvre est agrandi de la partie qui est actuellement occupée par le musée des Arts Décoratifs, ce sera Louis XVIII qui achèvera cette construction.

Les travaux se poursuivront tout au long du XIXe siècle, ils arrivent au niveau de la place du Palais-Royal en 1835, puis au niveau de l'Oratoire vers 1854. Napoléon III amplifiera encore ces grands travaux dans Paris à son retour d'exil en 1848, il veut rendre Paris plus salubre en ouvrant de grandes avenues et des parcs. Il nomme Haussmann préfet de Paris en 1863. Il paraît que certains projets prévoyaient la démolition de l'église Saint Germain l'Auxerois pour agrandir la place devant la colonnade du Louvre, mais que Haussmann, étant protestant a refusé pour que l'on ne soupçonne pas son protestantisme d'être la cause de la démolition de cette église catholique dont les cloches ont donné le signal du massacre de la Saint Barthélemy en 1572.

Pour faire place aux nouvelles rues, les bâtiments annexes de l'ancienne congrégation de l'Oratoire, côté Marengo (ex rue du Coq) vont alors être démolis, ainsi qu'une galerie couverte d'une terrasse qui restait de l'hôtel du Bouchage et qui communiquait avec l'église. Les rues du Coq ( future Marengo) et de l'Oratoire qui étaient des impasses vont être percées sur la nouvelle rue de Rivoli.

La galerie-terrasse de l'Oratoire va être construite entre 1854 et 1856 avec des matériaux provenant de la place de la Concorde. Là encore, plusieurs projets existaient, et l'on doit au protestant Baltard d'avoir ainsi ce beau dégagement de l'Oratoire sur la rue de Rivoli et sur le palais du Louvre.

 

 

Les tourelles Les tourelles Les tourelles

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Les tourelles

Ces deux tourelles ont d'abord une fonction pratique, elles abritent des escalier en vis qui permettent l'accès aux étages, d'abord aux tribunes hautes (voir la description de l'intérieur), puis aux combles du chevet et à la corniche, enfin aux grands combles qui se trouvent au-dessus de la voûte de l'Oratoire.

Mais ces tourelles ont également une fonction décorative, avec leurs lanternons ajourés en pierre et couverts par de petits bulbes étirés que couronne une fleur de lys sculptée. Ces fleurs de lys indiquent la dignité de chapelle royale accordée par Louis XIII, elles sont les seuls symboles royaux ayant échappé aux destructions révolutionnaires de 1793, par exemple les fleurs de lys ornant les vitraux ont été alors déposés.

 

 

Les pots  feu Les pots  feu Les pots  feu

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

pot à feuLes pots à feu

Le pot à feu est un décor qui est très fréquent dans l'architecture de cette époque. Mais le feu a une signification biblique qui est chère aux chrétiens, et le choix de ces ornements n'est peut-être pas étranger à l'inspiration de Pierre de Bérulle: une volonté de faire luire la lumière du Christ dans le monde, et que par notre témoignage et notre prière nous soyons un appel à s'ouvrir à l'Esprit de Dieu.

Pour en savoir plus :

 

 

 

Le portail de la rue Saint Honor Le portail de la rue Saint Honor Le portail de la rue Saint Honor

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Le portail de la rue Saint Honoré

Quant à la façade, enfin dressée  au milieu du 18° siècle sur l'une des rues les plus commerçantes et les plus riches de Paris, elle inversa le regard que l'on porta désormais  sur l'Oratoire. Et ce changement de regard correspondait aussi à un changement de vocation. Les rois sont alors à Versailles plus qu'au palais du Louvre et l'Oratoire est tourné vers la ville avec des prêches si réputés que les puissants faisaient réserver une bonne place par leurs serviteurs longtemps avant la messe.

Cette façade est d'une forme très courante à l'époque, il s'agit d'une version de la formule à deux ordres superposés, ailerons et fronton sommital, qui a fait le tour du monde depuis sa mise au point en Italie au XVe siècle. La composition de cette façade est assez appréciée des spécialistes, mais elle valait surtout par son exceptionnelle parure sculptée, inspirée de l'exemple de Saint-Roch. Ce décor en bas-relief fut confié au ciseau de Nicolas Adam, dit le cadet, et de Claude Francin, sculpteurs du Roi réputés. Deux groupes de statues se détachaient, posées sur le haut du mur de part et d'autre de la façade: L'Annonciation, à droite, et Le Baptême du Christ, à gauche.

Ces sculptures et autres bas reliefs ont été saccagés à la révolution, mais il est miraculeusement resté un magnifique bas relief en bois qui a été redécouvert lors de la restauration de la façade en 2011, au-dessus de la grande porte. Il est clair que cette sculpture a une véritable intention théologique, elle est comme une prédication offerte par les Oratoriens à la foule des passants arpentant la rue Saint Honoré.

Cette décoration était connue par des représentations sur des gravures que nous possédons et chacun pensait qu'elle avait été détruite. Des conservateurs et des historiens d'art, très intéressés par cette "découverte" font des recherches et des hypothèses afin d'expliquer pourquoi cette décoration aurait été protégée et pas les autres décorations dans l'église.

L'imposte sculpté de la façade de l'Oratoire

Cette façade est surmontée d'une croix en pierre qui, elle aussi, a été détruite en 1793 (quelle fureur). Cette croix a été rétablie à l'identique en 1852 à l'occasion de la restauration du portail.

Pour en savoir plus :

 

 

La croix La croix La croix

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

La croix

La façade de l'Oratoire était à l'origine surmontée d'une croix en pierre, comme bien des églises catholiques.

Cette croix a été, elle aussi, détruite par des révolutionnaires en 1793. Elle a été rétablie à l'identique en 1852 à l'occasion de la restauration du portail.

À la fin de la 2e guerre mondiale, un avion militaire s'est écrasé sur le toit des magasins du Louvre (actuellement le Louvre des antiquaires). Des fragments de l'avion ont décapité la croix de l'Oratoire,une partie tombant dans la rue Saint-Honoré. La croix a été remise en état à l'aide d'un échafaudage dans les années 1950.

Il n'était vraiment pas dans les habitudes des protestants d'afficher une croix dans leurs temples et encore moins en dehors. La Bible ou des versets bibliques sont normalement la seule décoration dans un temple protestant. Et quand les premières croix sont installées dans les temples au début du XXe siècle, ce ne fut pas sans choquer bien des protestants trouvant que c'était de l'idolâtrie, fermement condamnée dans le décalogue (Exode 20:4)...

Il faut croire que les protestants de l'Oratoire étaient déjà assez libéraux, loin d'avoir une lecture de la Bible étroite ou fondamentaliste. En particulier Athanase Coquerel fils (1820-1875), consacré au ministère pastoral en 1843, porte un grand intérêt pour les arts, et il cherche à combler la fracture qui a parfois existé entre le protestantisme et la musique, la peinture. Il écrit par exemple : « On a persuadé à un certain public, et ce qui est plus étrange, à bien des protestants ignorants, que l'art et la Réforme sont deux ennemis, que le principe même du protestantisme, son austérité, son spiritualisme sont hostiles à la culture des arts, et que le catholicisme seul et les pays catholiques ont fourni de grands peintres ou des sculpteurs éminents », Libres Études, 1868, p. 345

C'est ce libéralisme qui a permis, peut-être de rétablir cette croix, mais aussi d'accepter d'installer un colombe monumentale à la croisée du transept (voir la visite de l'intérieur de l'Oratoire). C'est cette ouverture intelligente qui a conduit les protestants de l'époque à garder ce beau nom d'Oratoire, reconnaissant à« congrégation de l'oratoire de Jésus Christ » établie par Pierre de Bérulle bien des qualités dans sa simplicité, dans son attachement à la Bible et au Christ.

Pour en savoir plus :

 

 

La cloche La cloche La cloche La cloche

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

La cloche

Au milieu du XIXe siècle, d'importants travaux de restauration vont avoir lieu. Le portail sera profondément restauré, les murs seront regrattés et nettoyés. Le clocheton que l'on voit sur les gravures anciennes et qui se trouvait au sommet du toit du côté du portail a été démonté, et un nouveau clocheton a été construit au centre du transept. Il est surmonté d'une croix (encore une !) qui était dorée.

Ce clocheton,ou campanile, abrite une cloche qui est sonnée à l'occasion des cultes :

  • pour l'annoncer (la cloche est sonnée à 10h et 10h25 pour 10h30),
  • la cloche est également sonnée pendant la prière du Notre Père. Il s'agit d'un geste en direction du quartier, pour proposer à ceux qui le désireraient de se joindre à notre prière, pour leur dire que nous pensons à eux. Et cette cloche nous appelle à ne pas nous renfermer dans notre prière mais à penser à ceux qui vivent dans le mode autour de nous.

 

 

Les contreforts Les contreforts Les contreforts Les contreforts

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Les contreforts

Extérieurement, l'Oratoire se présente comme un vaisseau relativement étroit, très élevé, que coiffe un haut comble droit.

En raison du peu de largeur de l'assise de cette construction, l'architecte a dû assurer la stabilité par des contreforts ou piliers-boutants : ce sont les murs qui séparent les chapelles en partie basse, ils sont en conséquence étirés en hauteur et se terminent à la base du comble.

Un mouvement de volute anime leur silhouette, et  des pots-à-feu décorent leurs sommets. D'un impératif technique, l'habileté de l'architecte en a fait un atout esthétique pour l'aspect extérieur de l'Oratoire.

Au chevet de l'Oratoire l'architecte a placé contre les deux derniers contreforts des tourelles de pierre, renforçant encore l'aspect (joliment) médiéval de l'Oratoire.

 

 

L'entre du 1 rue de l'Oratoire L'entre du 1 rue de l'Oratoire

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

L'entrée du 1 rue de l'Oratoire

Le percement de la rue de Rivoli en 1854 et les importants travaux de restauration de l'Oratoire qui ont été menés dans cette période ont conduit à réorganiser également la distribution des espaces autour de la grande sacristie. L'architecte Baltard, protestant, était l'architecte des ces transformations. Il fit prolonger le couloir qui ceinturait la nef en lui faisant faire le tour de la grande sacristie, et il fit percer une nouvelle porte au n° 1, rue de l'Oratoire pour permettre un accès direct depuis la rue de l'Oratoire sur la sacristie et sur le long couloir latéral.

Jusqu'à une période récente, les cérémonies de mariage se terminaient en passant par la grande sacristie où le registre de mariage était signé et où ils recevaient les félicitations, les mariés sortaient ensuite par le 1 rue de l'Oratoire, accueillis là par les familles et les amis qui étaient sortis les premiers par cette porte.

Et à la sortie du culte le dimanche matin, une foule de paroissiens se retrouvait devant cette porte au point de barrer la rue de l'Oratoire, bavardant et discutant du sermon, approuvant telle idée, s'indignant d'une autre... L'impatience des automobilistes d'aujourd'hui ne supporterait plus cette entrave à leur liberté de passer par la rue de l'Oratoire plutôt que de faire le tour par la rue du Louvre et les discussions ont plutôt lieu à l'intérieur (ou par internet ?).

 

 

Toiture et charpente Toiture et charpente Toiture et charpente Toiture et charpente Toiture et charpente Toiture et charpente Toiture et charpente Toiture et charpente

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

La toiture et les grands combles

La toiture est couverte d'ardoises, ce qui demande un entretien régulier et sérieux afin que l'eau ne s'infiltre pas dans l'Oratoire, ne vienne pourrir les bois et tacher la pierre. Heureusement,le sacristain de l'Oratoire veille et que la ville de Paris est réactive. D'autres parties sont couvertes de plomb (par exemple sur les corniches en pierre).

Sous cette couverture se trouvent les grands combles, on y accède par les escaliers en vis qui sont dans les tourelles du chevet. Après avoir repris son souffle (25 mètres de marches), le courageux grimpeur peut découvrir :

  • La charpente avec ce beau travail de compagnon.
  • Une volée de plusieurs échelles successives qui permet (si l'on ne se laisse pas surprendre par les barreaux manquants) d'accéder au clocheton, avec une vue sur les toits de l'Oratoire et une partie de Paris (Le Louvre, Montmartre, la Défense, Le Panthéon et Notre Dame, Le centre Pompidou, Saint Eustache...).
  • À la croisée du transept, des renforts en acier et béton armé ont été faits pour soutenir la voûte. Au vu de ces travaux importants, il n'est pas certain que l'idée  était bonne de suspendre à cet endroit une lourde colombe monumentale sur une voûte déjà très aplatie et fragilisée par un oculus...
  • Des cabestans permettent de monter et descendre les trois lustres qui participent à l'éclairage de l'Oratoire. Cette manœuvre demande un nombre considérable de tours de manivelle dans des positions peu confortables, mais il est nécessaire de le faire régulièrement pour changer les ampoules. Ces lustres ont été réalisés au moment de l'installation de l'éclairage électrique en 1924, en remplacement de l'éclairage avec des becs de gaz.

 

 

Coins secrets Coins secrets Coins secrets Coins secrets Coins secrets Coins secrets

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Coins secrets

Dans ce chapitre :

La cave et la muraille de Philippe Auguste

La muraille de Philippe AugusteC'est le premier architecte de l'Oratoire, Métezeau qui a dressé des plans et qui a dirigé les fondations. C'est donc à lui que nous devons l'orientation originale de l'Oratoire. Habituellement une église est orientée face à l'Est, au soleil levant pour une raison symbolique facile (la lumière, la position géographique de Jérusalem par rapport à nous). Mais le concile de Trente (1545-1563) a délivré de cette règle afin de favoriser la construction d'églises dans des villes déjà encombrées.

Des plans anciens et des observations récentes permettent de constater que l'Oratoire a été construit exactement à cheval sur la muraille de Philippe Auguste, datant du XIIIe siècle et qui n'était plus en usage au XVIIe. C'est donc ces vestiges qui ont donné à l'Oratoire son orientation: Le chevet (où se trouve l'actuelle grande sacristie) étant placé sur les restes d'une des tours, et le portail de la rue Saint Honoré étant assis sur les restes de la porte Saint-Honoré.

Dans la cave de l'Oratoire, qui s'étend sous la grande sacristie, un mur arrondi fait de grosses pierres taillées est un reste des tours de 6 mètres de diamètre qui protégeaient la muraille.

Cette cave se prolonge avec un petit couloir qui conduit à une seconde cave, plus petite, qui se trouve exactement sous le choeur de l'Oratoire, endroit choisi pour placer les restes du Cardinal de Bérulle. Ce couloir a été creusé dans le remblai qui existait entre les deux faces de la muraille de Philippe Auguste.

plan de la cave de l'Oratoire du Louvre
plan de la cave de l'Oratoire, sous le chevet,
indiquant le reste de tour de la muraille de Philippe Auguste
et l'emprise supposée de cette tour.

Les combles du chevet

Les combles du chevet Ces combles sont accessibles par un escalier en vis qui monte dans la tourelle ouest, et qui mène aussi au clocheton et aux grands combles.

Les combles du chevet de l'Oratoire forment une belle et agréable salle, lumineuse avec cette grande fenêtre donnant une vue imprenable sur le palais du Louvre, avec ses quatre fortes colonnes en bois massif qui soutiennent ce plafond en forme de voûte.

Dans cette salle se sont réunis en particulier toute sortes de groupes de jeunes de l'Oratoire: des louveteaux comme l'indique une ancienne inscription peinte dans l'escalier, ou les anciens catéchumènes et étudiants de l'Oratoire (et leurs amis). L'accès se faisait alors par le 160 rue de Rivoli et la porte du chevet la plus proche du pied de cet escalier.

Aujourd'hui cette salle n'est plus utilisée pour des raisons de sécurité, en cas d'incendie l'issue de secours serait trop difficile par ce petit escalier en vis.

Les coursives

Les grands couloirsL'Oratoire est entièrement ceinturé de longs couloirs qui permettent d'accéder où l'on veut dans l'Oratoire (aussi bien dans le chœur, le centre, la nef, les chapelles latérales et les tribunes basses). Ces galeries voûtées ont un aspect qui étonne et séduit les visiteurs.

C'est le premier architecte de l'Oratoire, Métezeau qui a dressé des plans et qui a dirigé les fondations avec ces couloirs qui lui ont peut-être été inspirés par l'Escurial. Même si Métezeau a été alors évincé et remplacé par Jacques Lemercier, celui-ci n'a pu faire autrement que de garder la base des murs même s'il regrettait ces couloirs qui diminuaient la largeur de la nef.

En 1858, l'architecte Baltard fit prolonger ces deux couloirs latéraux du XVIIe siècle pour les faire se réunir autour de la chapelle circulaire, il a également ouvert une porte au 1 rue de l'Oratoire qui donne sur le couloir.

La chauve souris de Théodore Monod

La chauve souris de Théodore MonodUn fidèle de l'Oratoire, Théodore Monod, a offert cette chauve-souris en céramique à l'Oratoire, un peu comme une facétie. En effet, sur la fin de sa vie, il entendait moins bien, et plutôt que de se tenir à sa place habituelle dans les stalles, il adopta la chapelle qui était alors équipée d'écouteurs (un nouveau système permet maintenant aux personnes qui entendent moins bien de se tenir où elles veulent dans l'Oratoire). Théodore appelait cette chapelle « la grotte des sourds », et pour le naturaliste qu'il était, une grotte méritait d'être habité de chauves-souris. A défaut de pouvoir en installer une colonie vivante dans l'Oratoire, il offrit cette chauve-souris en céramique.

Théodore Monod (1902-2000), connu comme scientifique, explorateur, et naturaliste, a eu un rayonnement important comme penseur, philosophe et théologien à l'esprit libre et ouvert. Théodore Monod était très lié à l'Oratoire, de par sa famille, son père Wilfred Monod était pasteur à l'Oratoire de 1907 à 1938, ainsi qu'Adolphe Monod son arrière-grand-père qui fut pasteur à l'Oratoire de 1848 à 1855. Mais c'est surtout par choix personnel que Théodore était attaché à l'Oratoire. Il y était très présent quand il n'était pas en expédition dans le désert.

Pour en savoir plus :

 

 

La restauration de 2011 La restauration de 2011 La restauration de 2011 La restauration de 2011 La restauration de 2011 La restauration de 2011 La restauration de 2011

2) Extérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

La restauration de 2011

Les travaux de ravalement et de restauration de l'Oratoire sont nécessaires depuis de nombreuses années, pour des raisons de sécurité, d'abord (des filets avaient dû être posés pour limiter les chutes de pierres dans la rue Saint Honoré), mais aussi parce que l'aspect de la chapelle royale du Louvre fait vraiment une tache (noire) face au palais du Louvre avec qui il est intimement lié.

Ces travaux ont commencé au début de 2011 pour 9 mois. Ils ne concernent, pour cette première tranche, que la partie la plus dangereusement atteinte, la façade de la rue Saint Honoré. Ils sont gérés par la Ville de Paris et plus particulièrement par le maître d'ouvrage qui est le Bureau des Edifices Cultuels et Historiques (BECH) et par le maître d'œuvre qui est un architecte des Monuments Historiques. Les fonds viennent en partie de la ville de Paris et en partie des monuments historiques.

Un important échafaudage a été monté qui entoure et protège toute la façade nord jusqu'à la croix et qui culmine ainsi à plus de 40 mètres, un échafaudage assez large et solide pour permettre de manipuler des pierres de plusieurs tonnes.

Après démontage des vitraux pour restauration en atelier, le nettoyage de la façade en pierre a eu lieu, puis la restauration de la maçonnerie avec remplacement de nombreuses pierres et reconstitution des sculptures. En particulier les deux colonnes qui soutenaient les angles de la corniches étaient fendues et ont dû être complètement changées et leurs chapiteaux sculptés. Cette phase est la plus longue (6 mois) car les pierres utilisées pour la construction de la façade proviennent de différentes carrières afin que lors de leur remplacement les pierres soient de qualité et de couleur identiques à l'original.

Un autre chantier important est celui la menuiserie: la restauration et la restitution des portes extérieures sont effectuées en même temps que la façade. Au cours de ces travaux, il a été retrouvé une imposte sculptée (partie fixe au dessus des portes principales) qui avait été protégée et dissimulée sous un panneau de bois sans doute au moment de la révolution. Cette partie étant resté dans son état d'origine dans sa cachette, il a permis de voir qu'il n'était pas peint, ce qui a conduit à envisager de décaper les trois portes de la rue Saint Honoré et de le laisser en bois naturel simplement traité.

Enfin, les travaux sur cette façade se termineront par la réfection du perron et des marches.

Et la joie de voir ce chantier si bien avancé. Il reste à envisager le ravalement et la restauration du chevet de l'Oratoire et de la galerie de la rue de Rivoli (on ne peut plus visibles tous les deux des millions de visiteurs de Paris), puis de la façade de la rue de l'Oratoire, et enfin de la façade donnant sur la ruelle.