L'apparition du Ressuscité aux onze

Luc 24:36-53

Culte du 14 avril 2024
Prédication de Agnès Adeline-Schaeffer

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

dimanche 14 avril 2024
780ème jour de la guerre en Ukraine
« L'apparition du Ressuscité aux onze, entre frayeur et joie »

Culte présidé par la pasteure Agnès Adeline-Schaeffer
Culte accompagné à l'orgue par Aurélien Peter, organiste suppléant

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Orgue

Salutation
Recevez de la part de Dieu la grâce, la paix et la joie, dans votre cœur et dans votre vie.

Accueil     
Nous vous souhaitons la bienvenue à l’occasion de ce culte.
Bienvenue à celles et ceux qui nous rejoignent par le direct du site internet.
Bienvenue à celles et ceux qui nous regardent de l’étranger.
Nous sommes en communion les uns avec les autres.

Prière : ...

Répons : Ô Seigneur ta fidélité
Ô Seigneur ta fidélité
Remplit les cieux et ta bonté,
Dépasse toute cime.
Ta justice est pareille aux monts,
Tes jugements sont plus profonds
Que le plus grand abîme.
De la puissance du néant,
Tu veux sauver tous les vivants,
Toute chair, toute race,
Les hommes se rassembleront,
Autour de toi, ils trouveront,
Leur paix devant ta face.

 
Louange     
Éternel ! Je te célèbre de tout mon cœur, 
Je te chante.
Je m'incline vers le palais de ta sainteté,
Et je rends grâce à ton nom
pour ton amour et ta vérité
Car tu as rendu grande ta parole,
plus que tous tes noms.
Pendant le jour, j'ai crié vers toi et tu m'as répondu,
tu m'as élevé, et dans mon âme (ma vie) c'est la force
Ils te célébreront, Éternel, tous ceux qui sont puissants sur la terre, car ils écoutent les paroles de ta bouche.
Et ils chantent des cantiques dans les sentiers de l'Éternel,
Car elle est grande, la gloire de l'Éternel.
Car l'Éternel est élevé, et il voit celui qui est abaissé
et celui qui est arrogant, c'est de loin qu'il le connaît.
Quand je vais au milieu de la détresse, tu me fais vivre
Sur la colère de mes ennemis tu étends ta main et ta droite me sauve.
L'Éternel mène tout à l'accomplissement pour moi.
Éternel, Ton amour est pour toujours.
Ce que tu as fait de tes mains, tu ne l'abandonnes pas.

Psaume : Louange et Prière n°103 « Bénis ton Dieu, mon âme, en toutes choses », strophes 1, 5 et 6 [cliquer ici]

Volonté de Dieu
Écoutons la volonté de Dieu pour nous.
Dans la lettre aux Galates, nous lisons :

Vous avez été appelés à la liberté. Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre selon les désirs de votre propre nature. Au contraire, laissez guider par l’amour pour vous mettre au service les uns des autres. Car toute loi se résume dans ce seul commandement : « Aime ton prochain comme toi-même ».
(Galates 5 : 13-14)

Répons : Proclame ta Parole

Proclame ta Parole,
Lumière pour nos vies,
Rassemble tous tes membres
En un seul corps, unis.
Et fais de tous les hommes,
Tes instruments de paix,
Pour restaurer le monde,
Selon ta volonté.

 
Confession du péché
Dietrich Bonhoeffer disait que la condition qu’une assemblée soit dans la communion fraternelle c’est que chacun ait l’humilité de se reconnaitre pécheur. Nous nous présentons devant Dieu.

Seigneur Dieu, 
nous voulons te dire notre peur et notre angoisse 
devant le mal et la souffrance du monde.
Te dire aussi notre honte et notre confusion 
parce que nos propres fautes 
prolongent et augmentent cette souffrance.

Pardonne-nous Seigneur, 
d’agir si naturellement comme des égoïstes, 
et de ne pas aimer notre prochain 
avec l’ardeur, le respect et l’attention qu’avait Jésus.

Pardonne-nous de t’aimer si mal, 
d’attendre toujours tes services au lieu d’être à ton service.

Pardonne-nous d’oublier que notre vrai bonheur 
est de t’aimer et de te suivre.

Accorde-nous ton pardon. 
Qu’il soit notre paix, notre joie et notre force. 
Nous te le demandons au nom de Jésus-Christ.
Amen.

Répons : Mon rédempteur est vivant
Mon rédempteur est vivant,
C’est en lui seul que j’espère.
La mort le tenait gisant
Dans l’étreinte de la terre.
Mais Dieu reste le plus fort,
Jésus a vaincu la mort.

Annonce du pardon
Dieu renouvelle pour nous sa grâce et il dit :
Mon enfant,
tes péchés sont pardonnés, 
ta foi t'a sauvé, 
Avance en paix.

Répons : Je ne craindrai désormais
Je ne craindrai désormais
Aucun pouvoir de ce monde
Car tu nous donnes la paix
Où tout autre paix se fonde.
Garde-nous dans ta clarté,
Ô Jésus ressuscité.


Confession de foi
Dieu, je le cherche sans jamais le trouver.
Quand je m'adresse à lui, 
j'espère qu'Il m'entend, mais je n'en sais rien. 
On m'a dit qu'Il est lumière, nourriture et vie, Amour, Justice et Paix.
Je voudrais le croire. Mais ce sont des hommes qui m'ont dit tout cela.
Comment une parole d'homme peut-elle devenir Parole de Dieu ?
Pourtant je crois que les hommes de la Bible, Moïse et les prophètes 
n'auraient jamais parlé comme ils l'ont fait,
s'ils n'avaient pas été inspirés par la puissance de l'Esprit de Dieu.
C'est le même esprit qui anima Jésus de Nazareth et lui fit prendre conscience,
dès son enfance, que Dieu était son Père. 
Jamais ses actes n'ont contredit ses paroles.
Il est mort pour ne pas se renier.
Je crois que Jésus est le Christ, l'envoyé de Dieu.
Il est pour moi le Chemin qui conduit à Dieu.
C'est encore l'Esprit qui témoigne à notre esprit
que nous sommes enfants de Dieu.
Je crois l'amour plus fort que la mort.
Amen.
(Pasteur Pierre Fath)

Répons : Dans ma vie de chaque jour
Dans ma vie de chaque jour,
Je partagerai ta gloire ;
Je vivrai dans ton amour,
Le bonheur de ta victoire.
Et dans ton éternité,
Nous chanterons ta beauté.

 
Lecture biblique [voir aussi ICI]
Évangile de Luc, chapitre 24, versets 33 à 53 (traduction La Colombe)

33 Ils se levèrent à l'heure même, retournèrent à Jérusalem et trouvèrent assemblés les onze et leurs compagnons, 
34 qui leur dirent : Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon. 
35 Ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l'avaient reconnu à la fraction du pain.
36 Tandis qu'ils parlaient de la sorte, lui-même se présenta au milieu d'eux et leur dit : Que la paix soit avec vous. 
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit. 
38 Mais il leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés et pourquoi ces raisonnements s'élèvent-ils dans vos cœurs ? 
39 Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi ; touchez-moi et voyez ; un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. 
40 Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. 
41 Comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore, et qu'ils étaient dans l'étonnement, il leur dit : Avez-vous ici quelque chose à manger ? 
42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. 
43 Il le prit et le mangea devant eux.
44 Puis il leur dit : C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous ; il fallait que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes. 
45 Alors il leur ouvrit l'intelligence pour comprendre les Écritures. 
46 Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, qu'il ressusciterait d'entre les morts le troisième jour 
47 et que la repentance en vue du pardon des péchés serait prêchée en son nom à toutes les nations à commencer par Jérusalem. 
48 Vous en êtes témoins. 
49 Et [voici] : j'enverrai sur vous ce que mon Père a promis, mais vous, restez dans la ville, jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la puissance d'en haut.
50 Il les emmena jusque vers Béthanie, puis il leva les mains et les bénit.
51 Pendant qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut enlevé au ciel. 
52 Pour eux, après l'avoir adoré, ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie ; 
53 et ils étaient continuellement dans le temple et bénissaient Dieu.

Louange et Prière : Cantique n° 300 « T’aimer Jésus, te connaître », strophes 1, 2 et 3 [cliquer ici]

Prière d'illumination
Accorde, Père, accorde à tes enfants assemblés le sentiment de ta sainte et souveraine présence ! Que tous ensemble, nous te cherchions dans la simplicité, avec des cœurs sincères, dans l'amour fraternel décidé aux actes. Parle-nous par la voix d'un homme. Mets dans son insuffisance et son infirmité comme un écho de ta Parole éternelle. Dis à chacun de nous ce qu'il a besoin d'entendre; aide la parole mortelle à trouver le chemin des cœurs, pour y accomplir une oeuvre immortelle d'espérance, de réconfort, de guérison. Que ceux qui ont faim et soif ne s'en aillent pas découragés, n'ayant pu boire à tes sources divines ! Fais-nous du bien, comme tu nous aimes, non selon nos mérites et notre foi, mais selon nos misères et ta Miséricorde .... Ainsi soit-il, dans la communion sainte par le Christ Libérateur !
[Charles Wagner, « N’oublie pas ! , Paris, éd. Fischbacher]

Orgue

Prédication : L'apparition du Ressuscité aux onze, entre frayeur et joie

Le texte d’aujourd’hui nous raconte l’apparition du ressuscité aux onze disciples.
Les quatre Évangiles et une partie de la lettre de Paul aux Corinthiens parlent des apparitions du ressuscité sous différentes formes.  L’apôtre Paul dresse une sorte de liste générale des apparitions, dans le chapitre 15 de sa lettre, et les évangiles racontent quelques apparitions à des personnes bien précises, comme Marie de Magdala, dans l’Évangile de Jean, ou les disciples au bord du lac ou les femmes au tombeau.
Tous ces récits ont sensiblement la même trame, à savoir une apparition proprement dite, un envoi en mission et un récit d’ascension.
Ici dans l’Évangile de Luc, tout y est, avec, toutefois, une insistance sur quelque chose qui est en train de prendre de l’importance dans l’organisation de l’Église future, à savoir la fraction du pain, renommé Cène ou Eucharistie. C’est tellement important, que dans ce chapitre 24 de l’Évangile de Luc, c’est la deuxième fois qu’il est fait mention de ce geste particulier de la fraction du pain, parce que dans ce passage, c’est la seconde apparition du ressuscité, la première ayant eu quelques heures auparavant, à l’auberge d’Emmaüs, où Jésus s’est révélé à deux disciples, justement dans la fraction du pain. Les disciples ont reconnu Jésus à ce geste, qui disparaît aussitôt. Mais les deux disciples retournent à Jérusalem pour partager, pour témoigner de ce qu’ils viennent de vivre.
« A leur tour, ils se lèvent, à l’heure même, et ils s’en retournent à Jérusalem », rejoindre les onze et leurs compagnons.  Et le verbe employé pour le mouvement des deux disciples est le même que celui employé pour exprimer la résurrection de Jésus, ᾰ̓νῐ́στημῐ, anístēmi (v.7 et v.46). L’éveil de la foi est une sorte de résurrection, qui met ces hommes debout, mais qui mettra tout homme, toute femme debout, leur permettant de reprendre la route et devenir des témoins.
Ils retrouvent les autres disciples de Jésus et c’est alors que Jésus se présente à eux, au milieu d’eux. Nous sommes toujours « le même jour » à savoir celui de la résurrection. Pour montrer à ses disciples qu’il n’est pas un pur esprit, il leur montre ses mains et ses pieds, en les invitant à le toucher, et il leur demande quelque chose à manger. Les disciples partagent avec lui un morceau de poisson grillé, et ainsi, Jésus les rejoint dans la réalité de leur vie quotidienne.

Si l’on faisait une lecture comparative des récits d’apparition, on verrait que le déroulement se ressemble :  tout d’abord, Jésus prend l’initiative de se manifester à ses disciples dans un contexte familier comme un repas communautaire, une marche ou une pêche… Il apparaît sous des traits ordinaires et il parle et mange avec ses disciples qui peinent toujours à le reconnaître. Certains ne sont pas convaincus et doutent. Alors Jésus ouvre l’intelligence de ses disciples et leur explique les Écritures. Enfin, il partage un geste, qu’ils connaissent déjà, comme ici, la fraction du pain, ou le poisson grillé, ce qui leur permet de le reconnaître.  Ensuite Jésus confie une mission aux disciples, en répandant sur eux son souffle, ou comme ici, la promesse de recevoir prochainement une force, qui les rendra capables d’annoncer cette incroyable nouvelle : il était mort et il est ressuscité. Enfin, il se soustrait pour de bon, par une ascension, laissant les disciples à leur liberté et leur responsabilité, au rythme de ce qu’ils pourront faire, suivant leur manière d’être. Désormais les futurs croyants ne pourront se référer qu’à leur témoignage.
 

Lorsque Luc écrit son Évangile, il transmet un contenu de la foi aux croyants de la seconde génération. Il témoigne de la naissance de la foi pascale et comme l’indique notre récit, il relie, (du verbe relier, une étymologie du mot religion), de manière indissociable, les deux expériences du chemin et du repas. Les disciples devenus témoins ont la mission de transmettre aux nouveaux croyants l’essentiel de ce qui reste, de ce qui doit suffire pour reconnaître à leur tour la mystérieuse absence-présence du Seigneur, au sein de ce qui va s’appeler l’Église. Le ressuscité est invisible aux yeux de chair mais il est pleinement présent pour les yeux de la foi lorsque la Parole est méditée et lorsque le pain est partagé. Et finalement, c’est ce qui arrive aux croyants d’aujourd’hui. Et le rassemblement hebdomadaire n’a pas d’autre fonction que celle-ci : reconnaître si peu que ce soit que le Christ est présent, lorsque la Parole est méditée et le pain partagé. Mais cela peut se produire ailleurs qu’à l’Église, comme le précisera Matthieu dans son Évangile : « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ». (Matthieu 18:19).  Promesse extraordinaire qui ouvre à cette liberté de se rassembler, n’importe où, l’essentiel étant d’être rassemblés en son nom, autrement dit en son amour. Ce n’est pas le nombre qui est important, c’est la qualité de cœur et d’esprit avec laquelle les croyants se rassemblent.
Et si Luc insiste tant dans ce chapitre 24 sur la fraction du pain, c’est peut-être pour signifier la qualité de cœur et d’esprit dans laquelle les croyants doivent se trouver. Le ressuscité se fait reconnaître en rompant le pain, et ce geste évoque celui qu’il avait posé juste avant sa mort, avec le dernier repas pris avec ses disciples, précisant que ce pain était son corps.
A l’époque de Jésus, ce terme de corps ne se réduit pas à quelque chose de périssable, mais englobe plus largement toute la personne, non seulement sa chair, mais aussi son esprit, son intelligence, ses prédispositions, ses dons, ses choix de vie. Et cette vie tout entière évolue avec le temps, suivant le parcours de chacun. Lorsque Jésus avait invité ses disciples à partager le pain et le vin, symboles de son corps et de son sang, c’est à sa vie tout entière qu’il invitait ses disciples à communier. Et qu’il invite encore à le faire aujourd’hui.
Chacun, chacune, en partageant le pain et le vin, accepte d’une façon ou d’une autre, de communier à la personne de Jésus, et accepte de poursuivre, selon ses charismes, l’œuvre du Christ, au quotidien. Partager la Cène c’est une autre manière d’entendre l’Évangile. C’est se mettre, puis se remettre au diapason de l’enseignement du Christ, d’y puiser de la force, du discernement pour actualiser sa Parole dans notre monde d’aujourd’hui et la rendre vivante.
Au milieu de tout cela, il y a un écueil et pas le moindre, un obstacle de taille, c’est la compréhension que les disciples vont avoir de l’enseignement de Jésus et de la compréhension qu’ils vont avoir par eux-mêmes des Écritures. Parce que jusqu’à présent, ils n’ont rien compris et Luc insiste beaucoup sur ce point dans son Évangile.  Même l’annonce de la mort et de la résurrection de Jésus leur semblait inaccessible. Quelque chose les bloquait. C’est là que Jésus intervient pour ouvrir leur intelligence pour comprendre les Écritures. Il va prendre le temps et ce, à plusieurs reprises, de relire (et c’est l’autre étymologie du mot religion) avec eux les passages qui le concernent. L’autre jour, à la pause spirituelle, alors que nous étions en train d’évoquer ce texte biblique, quelqu’un a fait cette remarque : « tout de même, ça aurait été plus simple si Jésus avait précisé les passages…il va falloir que je recherche ! »

Et cette remarque est excellente !  Le travail de relecture des Écritures que Jésus fait avec ses disciples, c’est à nous de le faire maintenant. Et cela prend du temps, peut-être même toute une vie, pour y arriver. Les disciples savaient à peu près qui était le Dieu d’Abraham, le Dieu de Moïse ou le Dieu des prophètes. Maintenant, ils avaient besoin de comprendre qui était le Dieu de Jésus-Christ, pour aller encore plus loin dans leur lecture. Peut-être aussi avaient-ils besoin de comprendre comment la fidélité de Dieu ne s’est jamais démentie, malgré les défaillances humaines, ô combien nombreuses. Les Écritures ou la Bible racontent l’histoire des hommes traversée par de grands malheurs, suivis de relèvements. Les Écritures nous disent aussi que le mal n’est jamais le dernier mot de l’histoire.
C’est ce que Luc raconte aussi dans son Évangile, en insistant sur les apparitions du ressuscité aux disciples, provoquant en eux la frayeur d’une part, et la joie d’autre part. Ils passent par une sorte de progression psychologique, symbolisée ici par un palier où ils sont en tension entre la difficulté de croire, le « non-croire » dit Luc, et la joie de comprendre. Mais ce passage, leur פֶּסַח, Pessah, se fait par un dernier discours de Jésus qui « leur ouvre l’intelligence, qui se dit νοῦς, noûs, et qui est un mot de la même racine que

μετάνοια, metanioa, changement radical, conversion. Luc insiste sur le fait qu’il faut que chacun, chacune revienne à l’intelligence des Écritures. Pour Luc, c’est Jésus qui vient donner sens aux Écritures, c’est l’expérience pascale, la foi au Christ vivant qui donne la clé d’interprétation. En fait, c’est toute une intelligence nouvelle et une capacité d’interprétation qui est offerte aux croyants pour comprendre le message biblique. Peut-être que Luc va un peu plus loin encore. Le ressuscité envoie ses disciples en mission avec un programme également conforme aux Écritures : « et que serait proclamée en son nom la conversion et la remise de péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem » (v.47)

Il est certain qu’avec Jésus de Nazareth, il n’est plus question de voir Dieu comme avant. Tout comme les disciples, nous aussi nous avons à nous souvenir quel homme il a été, tout d’abord dans sa propre humanité et de découvrir la foi qui le reliait à Dieu. C’est à nous de passer de la frayeur à la joie, en nous souvenant de sa manière d’accueillir les pécheurs, d’élever les humbles et d’abaisser les orgueilleux. C’est à nous de nous souvenir de quelle sorte de conversion il attend de nous, comme un changement radical de nos relations à Dieu et à notre prochain.  C’est à nous de nous souvenir comment il a accepté de mourir pour rester fidèle à sa propre foi en Dieu, dans cette fidélité totale à ce Dieu qu’il appelle son Père, qu’il a révélé comme étant l’amour absolu. Souvenons-nous comment il a accompagné l’humanité de chaque personne qu’il a rencontrée. Jésus dit à ses disciples : « Vous êtes témoins de ces choses ». Maintenant c’est à vous de les transmettre.  Et Luc développera tout ce programme, dans le livre des Actes des Apôtres, et il montrera toutes les conversions du cœur et de l’esprit que les disciples auront eu à expérimenter, afin que leur témoignage devienne quelque chose de crédible.
Nous venons de vivre la semaine sainte, puis la fête de Pâques, il y a quelques jours. Si l’Église prend soin de faire mémoire de ces événements, c’est parce que ce ne sont pas des choses du passé, mais que la crucifixion et la résurrection constituent toujours notre actualité, et aujourd’hui, plus que jamais. Et j’emprunte ces mots en guise de conclusion à Raphaël Picon : « Aujourd’hui le Christ est crucifié quand ce qu’il incarne, la prédication de l’amour, de la justice et de la grâce, est bafoué et rejeté. Aujourd’hui le Christ est ressuscité quand ce qu’il incarne, la confiance en soi, le refus de la résignation, la foi en l’avenir, l’emporte sur ce qui nous brise, et nous condamne, sur tout ce qui, lentement, nous tue ».
Les apparitions du ressuscité peuvent être difficiles à comprendre et à croire. Ces récits sont là pour susciter notre questionnement, notre curiosité et notre intelligence. Ils sont là pour ouvrir un avenir nouveau.
Cet avenir portera plus tard le nom de christianisme.  Et « le christianisme », écrivait Raphaël Picon, « n’est pas une religion patrimoniale. Elle est un prophétisme vibrant qui nous ressuscite, aujourd’hui, et qui lutte contre tout ce qui nous crucifie, aujourd’hui ». Les apparitions du ressuscité sont là pour nous propulser vers la vie, par la réalisation de cette promesse : votre frayeur, ou votre tristesse sera changée en joie ». (Jean 16:20).
Amen.
 
Pour aller plus loin :
- Daniel Marguerat, Résurrection, une histoire de vie, Editions du Moulin 2001, p. 61, 62, 65
- Raphaël Picon, Un Dieu insoumis, Labor et Fides 2017, p. 87 et 88

 


Orgue

Louange et Prière : Cantique n° 289 – Bienheureux qui t’aime, strophes 1, 2 et 3 [cliquer ici].
 
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Offrande

Orgue

Prière d’intercession : improvisée
 
Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel,
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi
A ceux qui nous ont offensés ;
Ne nous laisse pas entrer en tentation,
Mais délivre-nous du mal,
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,
Aux siècles des siècles,
Amen !

Exhortation
Bénédiction 

Le Seigneur te bénit et te garde
Le Seigneur tourne sa face vers toi et t’accorde sa grâce
En tout temps et de toute manière, le Seigneur te donne la paix !
Amen.

Répons : « Ô Seigneur, tu nous as fait voir » [cliquer ici]

Sortie

Orgue

Paroles des chants du Culte du 14 avril 2024

Psaume : Le Psautier Français n°103  « Bénis ton Dieu, mon âme, en toutes choses », Strophes 1, 5 & 6

Strophe 1
Bénis ton Dieu, mon âme, en toutes choses !
Qu'à le bénir tout en moi se dispose.
Chantons son nom sans nous lasser jamais !
Bénis mon Dieu, mon cœur pour toute grâce ;
De mon esprit que jamais ne s'efface
Le souvenir d'aucun de ses bienfaits.

Strophe 2
Tous tes pêchés, c'est Dieu qui les pardonne,
La guérison, c'est lui qui te la donne ;
Du tombeau même il te fera sortir.
Enveloppé de sa miséricorde.
Comblé des biens que sa bonté t'accorde,
Tes jours verront leur force rajeunir.


Strophe 3
Pour l’opprimé, Dieu forge sa justice ;
Aux malheureux il est doux et propice ;
Il est pour tous miséricordieux.
Riche en pardon et lent à la colère,
Son châtiment n’est jamais si sévère
Que nos péchés ne lui sont odieux.

Strophe 4
L'amour de Dieu est plus grand sur la terre,
Plus élevé que le ciel de lumière.
Il fortifie qui le cherche et l'attend,
Et son pardon éloigne nos offenses
Autant qu'au ciel il y a de distance
Pour le soleil du levant au couchant.


Strophe 5
Comme le père est ému de tendresse,
Tu as pitié de l'homme en sa faiblesse ;
Tu sais de qui tu nous as façonnés :
Tu te souviens que nous sommes poussière,
Pareils à l'herbe, à la fleur éphémère ;
Qu'un souffle passe, elle est sitôt fanée.

Strophe 6
Mais ta bonté, Seigneur, est éternelle
Et chaque jour ta main la renouvelle.
Sur tes élus ta justice descend ;
Tout leur bonheur est dans ton alliance,
Elle est la joie de leur obéissance ;
Tu les bénis ainsi que leurs enfants.

Cantique : Louange et Prière n°300 « T’aimer Jésus, te connaître », strophes 1 à 3

Strophe 1
T’aimer, Jésus ! te connaître,
Se reposer sur ton sein,
T’avoir pour son Roi, son Maître,
Pour son breuvage et son pain ;
Savourer en paix ta grâce ;
De ta mort, puissant Sauveur,
Goûter la sainte efficace,
Quelle ineffable douceur !

Strophe 2
Ô bonheur inexprimable !
J’ai l’Éternel pour Berger :
Toujours tendre et secourable,
Son cœur ne saurait changer.
Dans sa charité suprême,
Il descendit ici-bas
Chercher sa brebis qu’Il aime,
Et la prendre dans ses bras.

Strophe 3
Il donna pour moi sa vie,
Il me connaît par mon nom ;
À sa table Il me convie,
J’ai ma place en sa maison.
Il veut bien, de ma faiblesse,
De tous mes maux s’enquérir.
Qu’Il est bon ! Il veut sans cesse
Me pardonner, me guérir.

Strophe 4
Rien, ô Jésus ! que ta grâce,
Rien que ton sang précieux,
Qui seul mes péchés efface,
Ne me rend saint, juste, heureux.
Ne me dites autre chose,
Sinon qu’Il est mon Sauveur.
L’auteur, la source et la cause
De mon éternel bonheur !

Cantique : Louange et Prière n°289 « Bienheureux qui t’aime », strophes 1 à 3

[Pour écouter, cliquer ici]

Strophe  1 
Bienheureux qui t’aime,
Jésus, bien suprême,
Source du bonheur;
Verse dans mon âme,
De ta sainte flamme
La divine ardeur.
Avec toi tout est à moi.
Accorde-moi ta présence,
Et ton assistance.

Strophe 2
Au sein de l’épreuve,
Ton esprit m’abreuve
D’un calme divin.
En toi, mon asile,
Mon âme est tranquille
Et mon cœur serein.
Avec toi tout est à moi.
Accorde-moi ta présence,
C'est mon espérance.

Strophe 3
Ô Jésus que j’aime !
Au moment suprême,
Prends-moi dans tes bras;
Soutiens ma faiblesse,
Change en allégresse
Mes derniers combats.
Avec toi tout est à moi.
Accorde-moi ta présence,
C'est ma délivrance.

Paroles des répons du temps de Pâques

Après la salutation
Répons : « O Seigneur ta fidélité » (Ps. 36, str. 1).

O Seigneur ta fidélité
remplit les cieux et ta bonté
Dépasse toute cime.
Ta justice est pareille aux monts
Tes jugements sont plus profonds,
Que le plus grand abîme.
De la puissance du néant
Tu veux sauver tous les vivants,
Toute chair, toute race,
Les hommes se rassembleront,
Autour de toi, ils trouveront,
Leur paix devant ta face.

Après la volonté de Dieu
Répons : « Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute » (Arc-en-Ciel n°484, str.3)

Proclame ta Parole,
Lumière pour nos vies,
Rassemble tous les membres
En un seul corps, unis,
Et fais de tous les hommes
Tes instruments de paix
Pour restaurer le monde,
Selon ta volonté ! 

Après la prière de repentance
Répons : « Mon Rédempteur est vivant » (L&P n°149 ou Arc-en-Ciel n°475, str.1)

Mon Rédempteur est vivant,
C’est en lui seul que j’espère,
La mort le tenait gisant
Dans l‘étreinte de la terre ;
Mais Dieu reste le plus fort,
Jésus a vaincu la mort.

Après l’annonce de la grâce
Répons : « Mon Rédempteur est vivant » (L&P n°149 ou Arc-en-Ciel n°475, str.2)

Je ne craindrai désormais
Aucun pouvoir de ce monde
Car tu nous donnes la paix
Où toute autre paix se fonde,
Garde-nous dans ta clarté,
Ô Jésus ressuscité.

Après la confession de foi
Répons : « Mon Rédempteur est vivant » (L&P n°149 ou Arc-en-Ciel n°475, str.3)

Dans ma vie de chaque jour,
Je partagerai ta gloire ;
Je vivrai dans ton amour
Le bonheur de ta victoire.
Et dans ton éternité,
Nous chanterons ta beauté.

Après la bénédiction
Répons : « Ô Seigneur, tu nous as fait voir » (Ps. 68, str.5).

O Seigneur, tu nous as fait voir
Et ton amour et ton pouvoir
Dans mainte délivrance.
Fais-nous voir encore aujourd’hui
L’œuvre que ton amour construit
Et quelle est ta puissance.
Toute la terre et tous les cieux
Ensemble tournés vers leur Dieu
Célèbrent sa présence :
A toi qui fais notre bonheur,
A toi, grand Dieu, soient tout honneur,
Force et magnificence.

Lecture de la Bible

Évangile selon Jean, chapitre 24, versets 36 à 53 [NBS]

Jésus apparaît à ses disciples

36 Comme ils disaient cela, lui-même se présenta au milieu d'eux et leur dit : Que la paix soit avec vous ! 
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit. 
38 Mais il leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés ? Pourquoi des doutes vous viennent-ils ? 
39 Regardez mes mains et mes pieds, c'est bien moi ; palpez-moi et regardez ; un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. 
40 Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. 
41 Comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et qu'ils s'étonnaient, il leur dit : Avez-vous ici quelque chose à manger ? 
42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. 
43 Il le prit et le mangea devant eux. 
44 Puis il leur dit : C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous ; il fallait que s'accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les Prophètes et dans les Psaumes. 
45 Alors il leur ouvrit l'intelligence pour comprendre les Écritures. 
46 Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, qu'il se relèverait d'entre les morts le troisième jour 
47 et que le changement radical, pour le pardon des péchés, serait proclamé en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. 
48 Vous en êtes témoins. 
49 Moi, j'envoie sur vous ce que mon Père a promis ; vous, restez dans la ville, jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la puissance d'en haut.
50 Il les emmena jusque vers Béthanie, puis il leva les mains et les bénit. 
51 Pendant qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut enlevé au ciel.
52 Quant à eux, après s'être prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie ; 
53 ils étaient constamment dans le temple et bénissaient Dieu.

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