La sobriété peut-elle être heureuse ?

Proberbes 3:13-20 , Marc 10:17-22

Culte du 23 février 2025
Prédication de Pasteure Laurence Flachon

Provisoirement : culte entier

Culte à l'Oratoire du Louvre

23 février 2025
1095ᵉ jour de la guerre en Ukraine
« La sobriété peut-elle être heureuse ? »


Culte présidé par la pasteure Laurence Flachon
Liturgie et prédication de la pasteure Laurence Flachon
Culte accompagné à l'orgue par Esther Assuied, organiste invitée

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Musique : Orgue

Annonce de la grâce et accueil

Ma sœur, mon frère, mon ami.e,
A toi qui est venu ce matin ou qui nous écoute au loin
Voici la parole qui se déploie comme une source inépuisable :
La grâce de Dieu est offerte à tous, sans condition, sans mesure, sans fin.

Elle n’appartient ni au fort ni au faible, ni au sage ni à l’ignorant, mais se donne librement.
Elle est l’écho d’une Parole ancienne, une Présence qui ne se lasse pas d’aimer, un appel qui ne s’éteint jamais et se déploie
            Dans l’infinie création du Père
            L’amical compagnonnage du Fils
            Le souffle stimulant de l’Esprit

Ici, nul n’est exclu, car en Dieu tout être est reconnu.
Ici, nul n’est méprisé, car la sagesse divine se réjouit de la diversité des chemins.
Ici, nul n’est contraint, car l’Esprit souffle où il veut et trace des sentiers de liberté.

À toi qui doutes, sois accueilli.
À toi qui cherches, sois entendu.
À toi qui souffres, sois consolé.
À toi qui te réjouis, sois béni.

Que la sagesse nous éclaire sans nous enfermer,
Que l’intelligence nous guide sans nous aveugler,
Que la sobriété nous affine sans nous éteindre.

Car le Royaume de Dieu n’est pas un lieu clos, mais un espace ouvert,
Une table dressée pour tous, un pain rompu pour chacun,
Une joie offerte, humble et infinie, où l’amour seul est loi.

Bienvenue à chacune et chacun !
Ouvrons ce culte avec le premier répons.

Répons : « Bénissons Dieu le seul seigneur » (psaume 134, strophe 1) [cliquer ici}

Louange

Louange à toi, Dieu éternel
De la glaise du néant, tu nous dégages,
      Dieu de vie
Des chaînes de la peur, tu nous délivres,
      Dieu de liberté
Hors du tumulte de nos désirs, tu nous berces,
      Dieu de paix
Dans les ténèbres de nos doutes, tu nous éclaires,
      Dieu de vérité
Au naufrage de nos illusions, tu es notre rocher,
      Dieu de salut
Au labyrinthe de nos incompréhensions, tu nous guides,
      Dieu de communion
Dans le désert de l'indifférence, tu nous parles,
      Dieu d'amour
Louange à toi, Dieu éternel
Amen
(Corine Mare)

Psaume : Le Psautier Français n°92, strophes 1,2,3 [cliquer ici]

Volonté de Dieu

Donnez-vous pour tâche…
… de découvrir ce pour quoi vous êtes faits et alors consacrez-vous avec passion à la faire :

c’est la largeur de la vie.

Reconnaissez que l’humanité est une et solidaire.
Restez fidèles avec constance et persévérance dans l’entraide :

c’est la longueur de la vie.

Mais n’oubliez jamais qu’il y a un commandement plus grand encore :
« aime le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » : 

c’est la hauteur de la vie.

(D’après Martin Luther King)

Répons : «  Parle, parle seigneur, ton serviteur écoute » (L&P n°193, str. 1) [cliquer ici]

Prière de repentance

Dieu de lumière et de vérité,
Devant Toi, nous déposons nos silences et nos distractions,
Nos choix précipités et nos oublis involontaires.
Non pas pour nous accabler, mais pour nous éveiller !
Trop souvent, nous avons laissé l’abondance nous endormir,
Confondant l’aisance avec la paix,
L’accumulation avec la bénédiction,
Oubliant que la richesse peut aussi être un voile
Qui nous sépare de la joie simple du partage.
Trop souvent, nous avons laissé le bruit du monde nous disperser,
Et nos peurs ériger des murs d’indifférence,
Délaissant ceux qui attendaient un regard,
Un mot, une main tendue,
Comme si l’amour pouvait attendre un moment plus opportun.

Dieu de miséricorde,
Toi qui ne nous enfermes pas dans nos erreurs, mais nous ouvres un avenir,
Donne-nous d’accueillir ce jour comme un recommencement,
D’aimer sans compter, d’écouter sans fuir,
Et de marcher humblement,
Guidé.e.s par Ta lumière.
Amen.

Répons :  « J’aime mon Dieu car il entend ma voix »  (psaume 116, strophe 1) [cliquer ici]

Annonce de la grâce

Dans le livre du prophète Esaïe (44 : 22) nous pouvons lire : «J’ai effacé ta faute comme la lumière gagne sur la nuit épaisse, et j’ai effacé le mal que tu as fait comme le vent chasse un nuage. Tu peux revenir à moi sans crainte, car je t’aime dès maintenant et pour toujours.»

Dieu est plus grand que nos errances,
plus vaste que nos peurs,
plus fidèle que nos hésitations.
Sa grâce est déjà là, offerte sans réserve,
Non comme un oubli facile, mais comme une invitation à vivre autrement.
Que ce pardon nous relève,
Qu’il nous rende plus lucides et plus doux,
Plus justes et plus vivants.

Chantons notre reconnaissance

Répons : «  Combien grande est ta gloire » (psaume 92, L&P n°38 str. 2) [cliquer ici]

Confession de foi

Je crois en Dieu,
Père de Jésus-Christ et notre Père.
De lui, je reçois mon nom
et l’appel à être vivant.

Je crois en Jésus-Christ,
Fils du Père
et compagnon de mon humanité.
Dans son visage,
je reçois tous les visages à aimer.

Je crois en l’Esprit-Saint,
respiration de tendresse
entre le Père et le Fils.
De lui, je reçois le Souffle
qui fait respirer ma vie jour après jour.

Je crois l’Église,
corps du Christ pour le monde,
une dans son fondement,
plurielle dans ses manifestations.
D’elle, je reçois avec mes sœurs et mes frères de baptême,
l’élan de vivre à la suite du Crucifié ressuscité.
(Francine Carrillo)

Répons : «  Grand Dieu nous te bénissons » (L&P n° 69, strophe 1) [cliquer ici]

Lectures bibliques [pour la version NBS, cliquer ici]

Livre des Proverbes 3 : 13-20
13 Heureux celui qui a trouvé la sagesse, celui qui obtient l'intelligence ! 
14 Car le gain qu'elle procure est préférable au gain de l'argent, et ce qu'elle rapporte vaut mieux que l'or ; 
15 elle est plus précieuse que les coraux, et rien de ce que tu peux désirer n'a sa valeur.
16 Elle aide l'être humain à vivre longtemps, elle lui procure prospérité et honneur.
17 Ses voies sont belles, et tous ses sentiers sont paix.
18 Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent, et ceux qui la tiennent ferme sont déclarés heureux.
19 C'est par la sagesse que le SEIGNEUR fonde la terre, c'est par l'intelligence qu'il installe le ciel ; 
20 c'est par sa connaissance que les abîmes se sont ouverts et que les nuages distillent la rosée.

Evangile selon Marc 10 : 17-22

17 Comme Jésus se mettait en route, un homme vint en courant, se jeta à genoux devant lui et lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » 
18 Jésus lui dit : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Personne n'est bon, à part Dieu seul. 
19 Tu connais les commandements : “Tu ne commettras pas de meurtre ; tu ne commettras pas d'adultère ; tu ne voleras pas ; tu ne prononceras pas de faux témoignage contre quelqu'un ; tu ne feras de tort à personne ; tu respecteras ton père et ta mère.” » 
20 L'homme lui répondit : « Maître, j'ai mis en pratique tous ces commandements depuis ma jeunesse. » 
21 Jésus le regarda avec amour et lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne l'argent aux pauvres ; ainsi tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens et suis-moi. » 
22 Mais lui, à ces mots, s'assombrit et il s'en alla tout triste parce qu'il avait de grands biens.

Cantique : Louange et Prière  n°399 / n°400 « J'ai soif de ta présence », strophes 1 à 3 [cliquer ici]

Prière d’illumination

Seigneur,
Donne-nous la grâce d'une écoute libre, sans préjugés, sans interprétations hâtives et sans crainte.
Donne-nous la grâce d'un regard libre et renouvelé, qui ne s'arrête pas à la surface des choses, à l'image que nous avons des autres, ni au souci de notre propre image.
Donne-nous la grâce d'une intelligence libre, ouverte, aventureuse,
capable de replacer toutes choses dans un contexte plus large,
sans esprit de système, sans désir de puissance.
Donne-nous la grâce d'une parole libre toujours respectueuse des autres;
Donne-nous d'offrir aux autres une présence qui délivre.
Amen.

Orgue

Prédication : La sobriété peut-elle être heureuse ?


La sobriété peut-elle être heureuse ? Curieuse question à l'entame d'une prédication protestante. Ne sommes-nous pas la confession chrétienne dont Max Weber a théorisé la propension à "l'ascèse intramondaine"?

Le protestantisme, particulièrement dans ses versions calviniste et puritaine, construit son éthique en affinité avec les anciennes règles monastiques -prie et travaille- mais en change totalement le cadre et l'orientation : la discipline des passions à travers le mariage et la vie domestique au lieu du célibat; l'importance de la sobriété dans la vie et la gestion des biens matériels orientés vers l'épargne et l'investissement au lieu de la pauvreté; la régulation des conduites laissée à la conscience et à la responsabilité personnelle des individus devant Dieu et non soumises à une autorité ecclésiale à qui l'on promet vœu d'obéissance[1].

Ce qui ne manque pas de piquant c'est que l'éthique du travail issue du calvinisme contribue qualitativement à la formation de l'esprit du capitalisme et quantitativement à son expansion dans le monde selon la thèse de Max Weber. Bien que stimulante, la thèse de Weber a été âprement discutée et… n’est pas l’objet de la prédication de ce matin.

Retenons une sobriété et une rigueur dans l'usage des biens de ce monde, qui ont fait les délices des caricaturistes. Un dessin du professeur Albert de Pury illustrait ce propos : un pasteur, en chaire, mais pas du tout « bien en chair » joignait ses mains d’un air sévère pour déclarer sentencieusement : "en résumé, tout est possible tant que cela ne fait pas plaisir. »

Alors, la sobriété peut-elle être heureuse ? Curieuse question tout de même alors que les espèces vivantes, les ressources naturelles, le climat sont victimes de nos comportements prédateurs et de nos excès de consommation. Même si l’on n’est pas un chantre de la décroissance, il est difficile de ne pas prendre conscience de la nécessité d'un rapport différent au vivant et d'un changement de nos habitudes personnelles comme de nos systèmes de production.

Cette notion de sobriété est ancienne. Les philosophes de l’antiquité la rapprochait de celle de tempérance pour évoquer la maitrise des désirs et des plaisirs afin d’assurer un ordre harmonieux. Les défis environnementaux l’ont remise au goût du jour et des livres tel celui de Pierre Rabhi « Vers la sobriété heureuse" ont contribué à la populariser. L’auteur plaidait pour une modération de nos désirs, une sobriété libératrice et librement consentie afin de rompre avec un système aliénant dans lequel l'être humain se perdait lui-même en rompant le contact avec la nature.

Ces préoccupations ne sont pas celles de l’époque de Jésus. Pourtant, hier comme aujourd’hui, le « moins » est rarement assimilé au « mieux » :
« Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne l'argent aux pauvres ; ainsi tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens et suis-moi ». Mais le jeune homme, à ces mots, s'assombrit et il s'en alla tout triste parce qu'il avait de grands biens.
Il semblerait que la sobriété ne soit pas toujours nécessairement heureuse....

Mais peut-être m'objecterez-vous qu'il ne s'agit pas là de sobriété -au sens d'un usage modéré des choses- mais de radicalité : tout vendre, tout donner. Jésus exagère ! Comme souvent... Jésus va jusqu'à dire que ce qui manque à ce jeune homme c'est l'expérience du manque absolu et celle, corollaire, c'est important, du don aux plus démunis. Ce qui te manque, c'est de manquer ?  Mais qui veut manquer ? Et pourquoi donc s'engager dans une telle démarche ?

Faudrait-il donc renoncer à toute possession pour devenir disciple de Jésus-Christ ?
C'est un choix possible : les ascètes, les ordres mendiants, certaines figures importantes du christianisme témoignent de cette attitude radicale. C'est un choix possible mais pas obligatoire : le Nouveau Testament souligne l'importance de la collecte ou du bénévolat comme moyen pour les croyants de faire l'expérience d'une communauté solidaire et vivant d'un Dieu de grâce qui fonde la générosité de chacun.[2]

Notre rapport à l'argent parle de notre relation aux autres et à Dieu. Quel effet produisent sur nous nos possessions, nos richesses ? Sont-elles facteurs de liberté, créatrices de relations ou au contraire obstacle, enfermement ? Certaines puissances exercent sur nous une emprise, l'argent en est une pour cet homme. Mais ce n'est pas la seule. C'est aussi à un idéal de perfection que Jésus l'invite à renoncer.

Cet homme vient vers lui avec une question intéressante : « Bon maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Il y a dans ce propos une contradiction porteuse de sens entre "devoir faire" et "hériter". Un héritage se reçoit, il suffit "d'être" : un parent de celui ou celle qui donne ou le destinataire choisi par un autre.

Mais l'homme veut "faire"... comme il a "fait" tout au long de sa vie, fidèle à l'enseignement qu'il a reçu : il a mis en pratique les commandements. Cette mise en pratique de la Loi en vue de garantir son salut le laisse insatisfait ; il sent confusément que quelque chose lui échappe. Il n'a pas la certitude que tout ce "faire" lui donnera la vie éternelle. Il est en quête d'une assurance pour cette vie-là, à présent qu'il a sécurisé sa vie sur terre avec des richesses qui le protègent -pense-t-il- de ses vulnérabilités et des accidents de la vie.

La carapace de cet homme est épaisse, elle l'enferme plus qu'elle ne le protège. Emmuré dans sa volonté de maîtrise, il ne voit pas le lien entre son accumulation des biens et sa peur de l'avenir. La richesse, l'agitation, la volonté de "faire" ne sont que des subterfuges, des échappatoires pour éviter d'affronter sa propre finitude. Et surtout cette logique de "l'avoir" fait obstacle ; elle fait obstacle à la relation avec Jésus mais aussi à celle avec les autres.

Luciano Manicardi, moine de la communauté œcuménique de Bose, rappelle qu'entre le 12ème et le 14ème siècle, le vocable "pauper" (pauvre) ne s'opposait pas à "dives" (riche) mais à potens (puissant). Le "peu" devient ainsi renoncement au pouvoir sur les autres[3] et donc possibilité d'une relation de reconnaissance et de respect mutuels.
Pertinence et actualité de ce propos lorsque, a contrario, on observe le pouvoir écrasant qu’exerce l’homme le plus riche du monde sur une démocratie, qui, outre-Atlantique, vacille sous les coups de son hubris destructeur. Et l’hubris, justement, ce n’est pas seulement la démesure :  les Grecs liaient cette notion à un comportement qui écrase, piétine[4] et qu’on peut associer à des actes transgressifs violents…

Accepter le « peu », c’est reconnaître sa propre incomplétude, c’est consentir à dépendre en partie des autres.
Mais c’est aussi se réjouir de ce qui est là, le valoriser et en redécouvrir la beauté.

Le risque que court l’homme de l’évangile est de se définir par ce qu'il possède.
Ce que Jésus évite soigneusement de faire : "Ayant fixé son regard sur lui, Jésus l'aima". Lorsque Jésus regarde dans l'évangile, il voit et il fait voir : la vérité de l'être, la bonté de Dieu. Ce regard est encouragement à accueillir sa propre vérité et à consentir à la relation. L'évangile selon Marc ne dit pas "Jésus loua son obéissance aux commandements et l'aima" mais "ayant fixé son regard sur lui, Jésus l'aima". Sans condition, tel qu'il est en vérité, distinct de ses nombreuses richesses accumulées.

  • "Va, vends et donne, viens et suis-moi" dit Jésus. Quel programme !
  • "Va", comme il avait été dit à Abraham. Le début de la foi c'est de faire confiance, de se lever et de sortir de nos habitudes confortables.

"Vends et donne", donc allège-toi ; libère-toi de tout ce qui t'encombre, de ce qui fait obstacle à la vie, à la relation.
Fais de la place en toi et autour de toi... pour pouvoir accueillir Dieu dans ta vie.
Alors le temps, le souffle et l'espace te seront donnés pour me suivre.

Jésus n'invite pas à un idéal de perfection mais à un changement de logique : apprendre à recevoir, se mettre dans la position de celui qui manque, qui a soif de l'Autre/autre -Dieu, le prochain- au lieu de chercher sans cesse à remplir, à dominer ou à conquérir.

Ce dépouillement n'est pas une punition ou une mortification ; il vise à faire tomber certaines défenses, certaines peurs ou fausses assurances ; il vise à nous libérer de ce qui nous entrave ou nous distrait de l'essentiel.

Le "peu" alors n'est pas amoindrissement mais dilatation de l'être, ouverture à la rencontre, attention à l'autre. Pour Max Scheller, l'ascèse est la tâche qui incombe à l'être humain pour s'humaniser, pour cultiver sa richesse irremplaçable qu'est sa propre unicité, son visage, pour recréer une culture de l'être, pour vivre la compassion et le partage.[5]

Alors, oui, la sobriété peut être heureuse ! Les récits bibliques sont de ceux qui nous ouvrent à une conception du bonheur différente d'une somme de plaisirs ou de biens à consommer.
"Heureux l'homme qui trouve son plaisir dans l'enseignement de Dieu -la torah- et la récite jour et nuit" dit le psaume 1.
"Heureux celui qui a trouvé la sagesse, celui qui obtient l'intelligence ! 
Car le gain qu'elle procure est préférable au gain de l'argent, et ce qu'elle rapporte vaut mieux que l'or ; elle est plus précieuse que les coraux, et rien de ce que tu peux désirer n'a sa valeur" nous rappelle le passage du Livre des Proverbes entendu tout à l'heure.

Il est important que la sobriété soit heureuse -et même joyeuse !- car sinon elle peut, elle aussi, être un exploit, un idéal de perfection à accomplir plutôt qu'une ouverture à la relation, une possibilité de lâcher prise, de se décentrer de soi-même.
Ce que Jésus offre à l'homme c'est une véritable rencontre qui lui confère une nouvelle identité : "viens et suis-moi", "deviens disciple" et témoigne à ton tour que l'appel de Dieu, l'appel du prochain, sont plus forts que les inquiétudes dont témoignent tes possessions accumulées.

L'homme n'est pas encore prêt, comme en témoigne sa tristesse. Il est encore possédé par ce qu'il possède. Mais la fin du récit est ouverte : quel chemin cet homme fera-t-il ? Nul ne le sait mais la Parole entendue et reçue est à l'œuvre.

Elle épure pour faire émerger qui nous sommes réellement ; à l'image du travail du sculpteur qui ôte du bloc ce qui est de trop pour qu'apparaisse la statue, ce que Michel Ange appelait la nobilis forma[6].

La sobriété : le "peu" n'a pas seulement à faire avec l'essentiel, avec la liberté, avec Dieu et le prochain, mais aussi avec la beauté.
En cela elle rejoint la sagesse qui est non seulement précieuse -car elle contribue à une vie longue- mais dont les voies sont belles. Ce qui fait dire à sœur Myriam, diaconesse de Reuilly, « il y a dans la beauté une protestation devant tous les non-sens. La beauté communique une grâce, elle embellit et transfigure l’aujourd’hui ».

Bonheur d’une liberté qui se dit dans la capacité de se détacher,
Grâce d’une beauté qui proteste contre la laideur du trop-plein et de la prédation.
Que cette sagesse irrigue la longueur de nos jours….

Amen.

 
[1] Encyclopédie du protestantisme, Capitalisme, Mario Miegge.
[2] Daniel Marguerat (dir.), Parlons argent, Labor et Fides, 2006, pp. 41 et suiv.
[3] Ibidem p. 137.
[4] Vincent Azoulay, le Monde, 29 décembre 2018.
[5] Ibidem, p. 132
[6] Ibidem, p. 133.


Musique : orgue

Psaume : Psautier Français n°84 « Dans ta maison je suis heureux », strophes 1 & 2 [cliquer ici]

Annonces

Offrande
C’est maintenant le moment de l’offrande.
L’église ne vit que de vos dons.
Souvenons-nous que Dieu aime le don joyeux.

Musique : orgue

Liturgie de Sainte-Cène

Préface

Il est bon et c’est notre joie de remercier Dieu
pour la vie qu’il nous donne, la vie terrestre et la vie éternelle ;
pour l’eau de notre baptême ; pour le pain et le vin de son repas.

Il est bon et c’est notre joie d’être les invités,
les amis, les frères et sœurs de Jésus-Christ,
de reconnaître et de recevoir les signes de son amour,
de sa mort et de sa résurrection,
de sa promesse et de son Royaume,
dans ce pain et ce vin.

Il est bon et c’est notre joie d’attendre la venue de l’Esprit Saint
afin qu’en ce pain et ce vin
nous ayons communion les uns avec les autres,
et que nous recevions, chacun et tous ensemble,
la vie qui vient de Dieu.

Il est bon de chanter la grâce et la fidélité du Seigneur !

Répons «  Pare-toi pour une fête » (L&P n°205, str. 1 & 2) [cliquer ici]

Institution

Le soir venu, Jésus se met à table avec les douze.
Pendant qu’ils sont à table, Jésus prend du pain, il dit la bénédiction, il le rompt et le leur donne en disant :
« Prenez, ceci est mon corps. »

Il prend aussi la coupe et après avoir rendu grâces il la leur donne,
et ils en boivent tous.
Il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'alliance qui est répandue pour la multitude, pour le pardon des péchés. »

Et il ajoute : « En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'au jour où je le boirai nouveau, dans le royaume de Dieu. » 

Prière d’intercession :

Dieu de sagesse et de vie,
En ce jour où nous nous rassemblons autour de la table du Christ  pour faire mémoire de ses paroles, de ses gestes, de sa mort et de sa résurrection, nous tournons vers Toi notre regard et notre espérance.

Apprends-nous la sagesse, non celle qui enferme mais celle qui éclaire,
Celle qui nous rend humbles sans nous éteindre,
Celle qui nous donne de discerner ce qui construit et ce qui disperse,
Celle qui sait que l’amour vaut plus que le pouvoir,
Que la vérité libère et que la paix est un chemin à cultiver chaque jour.

Apprends-nous la fraternité, non seulement celle des mots mais celle des gestes,
Celle qui sait écouter, accueillir et relever,
Celle qui fait de l’autre un visage à aimer et non une ombre à ignorer,
Celle qui nous garde de l’indifférence et du repli,
Celle qui nous ouvre à la joie du partage et à la confiance donnée.

Apprends-nous la sobriété heureuse, non celle de la privation mais celle de la liberté,
Celle qui nous détache du superflu pour nous attacher à l’essentiel,
Celle qui fait grandir en nous la gratitude plutôt que le manque,
Celle qui nous rappelle que la véritable richesse est dans les liens que nous tissons,
Dans le pain que nous rompons ensemble,
Dans l’amour qui circule et qui fait vivre.

Seigneur, c’est toi qui nous rassembles et qui nous invites ; par ton Esprit, renouvelle notre foi afin que ce pain et ce vin soient les signes de la présence de ton Fils parmi nous.
Fais toutes choses nouvelles dans nos cœurs pour que nous portions à notre tour cette nouveauté dans le monde.

Et donne-nous de prier ensemble, d’une seule voix,
Avec tous ceux et celles qui te cherchent :

Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux… que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles, amen.

Invitation

Le Christ nous a rejoints sur notre route, il chemine à nos côtés.
C’est lui qui préside ce repas.
Que nous soyons animés d’une foi profonde, rayonnant d’une espérance forte ou touchés par l’épreuve, luttant dans le secret contre nous-mêmes, doutant, cherchant….
Nous sommes tous et toutes invités.
Venez, car tout est prêt

[Je vous invite à faire un grand cercle]

Fraction du pain et élévation de la coupe
« Le pain que nous partageons est communion au corps du Seigneur Jésus-Christ.»
« La coupe de bénédiction pour laquelle nous rendons grâces est communion au sang du Seigneur Jésus-Christ, qui a été versé pour tous en signe de la nouvelle Alliance de Dieu avec le monde. »

Communion en cercle

Cantique : Louange et Prière n°150 «  A toi la gloire », strophes 1 à 3 [cliquer ici]

Prière d’action de grâce

Pour ta Parole qui se fait pain,
Pour ta tendresse qui prend corps parmi nous,
Pour l’aujourd’hui de ta promesse
Et pour nos visages rassemblés,
Nous te rendons grâces, ô Dieu d’amour
Amen.

Envoi et bénédiction
 
Allez, forts non de ce que vous possédez, mais de ce que vous donnez.
La vraie abondance est dans l’amour tissé au fil des jours.
Allez avec confiance,
Le Christ vous précède sur la route,
Et la sagesse danse au creux du monde,
Offerte à qui veut la recevoir.

Que le Dieu qui est, qui était et qui vient vous bénisse !
Qu’il vous affermisse dans l’espérance et vous garde dans sa paix !
Amen

Répons : «  Confie à Dieu ta route » (L&P n°309, str. 5) [cliquer ici]

Orgue

Sortie

Paroles des chants du Culte du 23 Février 2025

Répons : Salutation

Psaume : Le Psautier Français n°92 « Oh ! que c'est chose belle », Strophes 1 à 3

[Pour écouter, cliquer ici]

1 - Oh ! que c'est chose belle
De te louer, Seigneur,
De chanter ta splendeur
Au milieu des fidèles ;
Quand le jour vient à naître,
D'annoncer ta bonté,
Et ta fidélité
Quand la nuit va paraître.

2 - Tes œuvres surprenantes
Ont réjoui mon cœur,
Et je dirai, Seigneur,
Leur sagesse étonnante.
Tes pensées sont profondes ;
Plus il les étudie,
Plus l'homme est interdit :
Ta main garde le monde.

3 - Si les méchants fleurissent
Comme l'ivraie des champs,
Et si des arrogants
Les projets réussissent,
C'est pour qu'ils disparaissent
Par la mort emportés
Et que soient dévoilés
Les plans de ta sagesse.
 
4 - Tu oins d'une huile fraîche
Le front de ton enfant ;
On le voit rayonnant,
Vigoureux comme un cèdre.
Sa gloire et sa richesse
Sont d'orner ta maison ;
Tes fruits, chaque saison,
Combleront sa vieillesse.

Répons : Volonté de Dieu

Répons : Repentance

Répons : Grâce

Répons : Confession de foi

Cantique : Louange et Prière n°399 / n°400 « J'ai soif de ta présence », strophes 1 à 3

1 - J'ai soif de ta présence,
Divin chef de ma foi.
Dans ma faiblesse immense,
Que ferais-je sans toi ?
Chaque jour, à chaque heure,
Oh ! j'ai besoin de toi.
Viens, Jésus, et demeure
Auprès de moi.

- Des ennemis dans l'ombre,
Rôdent autour de moi.
Accablé par le nombre,
Que ferais-je sans toi ?
Chaque jour, à chaque heure,
Oh ! j'ai besoin de toi.
Viens, Jésus, et demeure
Auprès de moi.

2 - Pendant les jours d'orage,
D'obscurité, d'effroi,
Quand faiblit mon courage,
Que ferais-je sans toi ?
Chaque jour, à chaque heure,
Oh ! j'ai besoin de toi.
Viens, Jésus, et demeure
Auprès de moi.

3 - O Jésus, ta présence,
C'est la vie et la paix,
La paix dans la souffrance
Et la vie à jamais.
Chaque jour, à chaque heure,
Oh ! j'ai besoin de toi.
Viens, Jésus, et demeure
Auprès de moi.

Psaume : Psautier Français n°84 « Dans ta maison je suis heureux », strophes 1 & 2.

Strophe 1
Dans ta maison je suis heureux,
Elle est le désir de mes yeux,
Ici, je cherche ta présence
Longtemps mon cœur t’a réclamé,
Sa joie est de te retrouver,
Il crie à toi, plein d’espérance.
Ainsi revient en la saison
Le passereau vers la maison.

Strophe 2
Heureux qui grave dans son cœur
Le chemin qui mène au Seigneur,
Le chemin de l’humble service.
Pour lui la source jaillira,
Et l’eau du ciel l’arrosera,
Dans la vallée la plus aride.
Dieu guidera jusqu’à la fin,
Au long des jours, le pèlerin.

Strophe 3
Seigneur, qui règne dans les cieux
Et nous écoutes dans ce lieu,
Exauce-nous, sois notre garde.
A toi nos cœurs ne cachent rien ;
Quand tu regardes vers les tiens,
A ton Messie d’abord regarde :
Vois son visage couronné,
Vers lui notre espoir est tourné.

Strophe 4
Qui veut sur ton bras s’appuyer,
A pour soleil, pour bouclier,
Le rayonnement de ta grâce.
Le dernier de tes serviteurs
Enfin découvre son bonheur
A se tenir devant ta face.
Dans ta maison, un jour vaut mieux
Que mille jours en d’autres lieux.

Répons : Cène

Répons : Cène

Cantique : Louange et Prière n° 150 « A toi la gloire », strophes 1 à 3

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Strophe 1
À toi la gloire, O ressuscité !
À toi la victoire Pour l’éternité.
Brillant de lumière,
L’ange est descendu ;
Il roule la pierre
Du tombeau vaincu.
À toi la gloire, O ressuscité,
À toi la victoire Pour l’éternité !

Strophe 2
Vois-le paraître :
C’est lui, c’est Jésus,
Ton Sauveur, ton Maître ;
Oh ! ne doute plus !
Sois dans l’allégresse,
Peuple du Seigneur,

Et redis sans cesse
Que Christ est vainqueur.
À toi la gloire, O ressuscité,
À toi la victoire Pour l’éternité !

Strophe 3
Craindrais-je encore ?
Il vit à jamais,
Celui que j’adore,
Le prince de paix.
Il est ma victoire,
Mon puissant soutien,
Ma vie et ma gloire :
Non, je ne crains rien.
À toi la gloire, O ressuscité,
À toi la victoire, Pour l’éternité !

Répons : Bénédiction

Paroles des répons du temps de l'Église

Après la salutation
Répons : « Bénissons Dieu le seul Seigneur » (Ps. 134, str.1)

Bénissons Dieu le seul Seigneur,
Nous qu’il choisit pour serviteurs.
Levons nos mains dans sa maison,
Pour bénir et louer son nom.

Après la volonté de Dieu
Répons : « Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute » (L&P n°193, str.1)

Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute :
Je dis ton serviteur, car enfin je le suis.
Je le suis, je veux l’être, et marcher dans ta route,
Et les jours et les nuits.

Après la prière de repentance
Répons : « J’aime mon Dieu, car il entend ma voix ». (Ps. 116, str.1)

J’aime mon Dieu car il entend ma voix,
Quand la frayeur ou le tourment m’oppresse,
Quand j’ai prié au jour de ma détresse,
Dans sa bonté, il s’est tourné vers moi.

Après l’annonce de la grâce
Répons « Combien grande est ta gloire » (Ps 92 selon L&P n° 38 str.2)

Combien grande est ta gloire, en tout ce que tu fais, 
Et combien tes hauts faits sont dignes de mémoire !
Tes œuvres sans pareilles  ont réjoui mon cœur,
Je veux chanter, Seigneur, tes divines merveilles !

Après la confession de foi 
Répons : « Grand Dieu, nous te bénissons » (L&P n°69, str.1)

Grand Dieu, nous te bénissons, nous célébrons tes louanges,
Éternel, nous t’exaltons, de concert avec les anges,
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !

Cène
« Pare-toi pour une fête» (L&P n°205, str. 1&2)

Strophe 1
Pare-toi pour une fête
O mon âme tiens-toi prête
Monte plus haut que la terre
Vers la céleste lumière.
Ton Seigneur t'offre une place
Au grand banquet de sa grâce ;
Ce Maître au pouvoir immense
Avec toi fait alliance.

Strophe 2
Jésus, ta voix nous convie
A ce festin de la vie ;
En ce lieu tout me retrace
Les prodiges de ta grâce ;
Fais qu'aujourd'hui je contemple
Tes charités sans exemple,
Avant de me nourrir d'elles
A tes tables éternelles !

Après la bénédiction 
Répons : « Confie à Dieu ta route » (L&P n°309, str.5)

Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi,
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi.

Lecture de la Bible

Livre des Proverbes, chapitre 3, versets 13 à 29 [NBS]

La sagesse, un bien plus précieux que l'or

13 Heureux celui qui a trouvé la sagesse,
celui qui obtient l'intelligence !
14 Car le gain qu'elle procure est préférable au gain de l'argent,et ce qu'elle rapporte vaut mieux que l'or ;
15 elle est plus précieuse que les coraux,
et rien de ce que tu peux désirer n'a sa valeur.
16 Dans sa main droite, il y a longueur de jours ;
dans sa main gauche, richesse et gloire.
17 Ses voies sont belles,
et tous ses sentiers sont paix.
18 Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent,
et ceux qui la tiennent ferme sont déclarés heureux.
9 C'est par la sagesse que le Seigneur fonde la terre,
c'est par l'intelligence qu'il installe le ciel ;
20 c'est par sa connaissance que les abîmes se sont ouverts
et que les nuages distillent la rosée.

Évangile selon Marc, chapitre 10,versets 17 à 22 [NBS]

Jésus et l'homme riche

17 Comme il se mettait en chemin, un homme accourut et se mit à genoux devant lui pour lui demander : Bon maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ?   
18 Jésus lui dit : Pourquoi me dis-tu bon ? Personne n'est bon, sinon Dieu seul. 
19 Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre ; ne commets pas d'adultère ; ne commets pas de vol ; ne fais pas de faux témoignage ; ne fais de tort à personne ; honore ton père et ta mère. 
20 Il lui répondit : Maître, j'ai observé tout cela depuis mon plus jeune âge. 
21Jésus le regarda et l'aima ; il lui dit : Il te manque une seule chose : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi.
22 Mais lui s'assombrit à cette parole et s'en alla tout triste, car il avait beaucoup de biens.

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