Sous la rose du secret

Matthieu 6:5-8

Culte du 8 novembre 2020
Prédication de Béatrice Cléro-Mazire

Vidéo du culte entier

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 8 novembre 2020
Jour 10 du re-confinement national
Sous la rose du secret
Matthieu 6 : 5-8

Liturgie par la pasteure Agnès Adeline-Schaeffer
Prédication par la pasteure Béatrice Cléro-Mazire
Musique : Sarah Kim, organiste co-titulaire à l'Oratoire, et You-Jung Han, violoniste à l'Orchestre National

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Musique de début (violon solo) :
J.S. Bach - Partita No. 3 : Preludio, BWV 1006

Salutation :

Le Dieu qui nous précède, le Dieu qui nous aime avant même que nous nous tournions vers Lui, le Dieu qui nous a mis au large, le Dieu de Jésus-Christ nous invite à rentrer dans les voies qui nous ont été tracées. Dans l'attente de la rencontre avec Lui, nous avons rendez-vous avec nous-mêmes.

Amis, frères et sœurs, où que vous soyez confinés,
La grâce et la paix vous sont données, ici et maintenant,
de la part de Dieu notre Père, en Jésus-Christ, son fils, notre frère.

Accueil :

Bienvenue pour ce temps de culte, de nouveau placé sous le signe du confinement.
Nous continuons de nous unir les uns aux autres, par l’intermédiaire de ce culte en vidéo et en direct. Grâce à votre présence et à votre écoute, nous ne sommes pas seuls. Nous sommes en communion par la musique, le partage de la Bible et la prière. Il est important de prendre soin des autres en respectant les consignes sanitaires qui nous sont données, ce culte virtuel en est un exemple.
Les liens internet, les réseaux sociaux et le téléphone nous aident à maintenir un contact, à dialoguer à distance, à nous soutenir dans cette épreuve. Nombreux sont ceux qui sont touchés par cette pandémie, par la mort de leurs proches ou de leurs amis. Nombreux sont les soignants et les personnes qui, aux prises avec la fatigue et le découragement, aident par un travail souvent invisible, à maintenir notre vie quotidienne, même au ralenti.

Prions ensemble :
Dieu de la vie, tu nous appelles, tu nous rassembles, tu nous unis.
Tu es présent parmi nous. Nous te rendons grâces.
Amen.

Louange :

Seigneur, notre Dieu, Tu nous connais tous par notre nom, nous sommes importants pour Toi, nous sommes écrits sur la paume de Ta main.
Nous T'en prions : puissions-nous, de notre côté, apprendre Ton nom, le connaître avec notre cœur et en vivre vraiment. Ton nom que Tu as révélé, que Tu as fait aimer en Jésus-Christ. Nous te louons, nous te bénissons pour ton amour et ta présence dans nos vies. Nous te remercions de nous montrer à nous, nous qui te cherchons.
Aide-nous à découvrir avec les hommes et les femmes de toutes cultures que tu n’es pas notre propriété privée, mais que nous sommes tous invités à la même table et héritiers d'un même royaume.
Amen.

Chant d'assemblée : Dans le Psautier Français, Psaume 23, « Dieu mon berger me conduit et me garde », strophes 1, 2 et 3.

1 - Dieu mon berger me conduit et me garde,
J’entends sa voix et vers lui je regarde ;
Il me fait paitre en de verts pâturages,
Au long des eaux sous la paix des ombrages ;
Et pour qu’en moi son amour s’accomplisse,
Il me conduit aux sentiers de justice.

2 - Quand il faudra marcher dans la nuit sombre,
Quand de la mort je traverserai l’ombre,
Je n’aurai  point de peur en ma détresse
Car tu tiens auprès de moi sans cesse ;
Même au travers de la vallée obscure
C‘est ton bâton mon Dieu qui me rassure.

3 - Tu viens dresser la table de la fête,
L’huile odorante a parfumé ma tête,
Un vin de joie en ma coupe déborde,
Nul n’ôtera ces biens que tu m’accordes.
Accompagné chaque jour,  d’heure en heure
Dans ta maison je ferai ma demeure.

Confession du péché :
Je vous invite à la prière avec un texte de Saint Anastase le Sinaïte (VIIe siècle) :

« Comment oserai-je Te prier de me pardonner, moi qui ai si souvent promis de me convertir et qui n'ai jamais exécuté ma promesse ? Moi qui ai si souvent protesté dans l'église que je ne pécherai plus, et qui suis aussitôt retombé dans mes crimes ? Donne-moi encore une année de temps. Aie pitié de moi, parce que je suis faible et infirme. Je me suis livré malheureusement aux mauvais penchants de mon corps et de mon âme, et je n'ai suivi que mes passions et mes affections dépravées. (…) .
Tourne, Seigneur, tes yeux favorables sur moi. Sauve-moi par un effet de ta miséricorde. Sauve-moi par cette pitié qui a sauvé tous ceux qui ont eu le bonheur de l'être. Moïse a péché, Aaron a péché, David a péché, saint Pierre le chef des apôtres a péché. Fais-moi donc entendre ces paroles consolantes : « Ta foi t'a sauvé, va en paix ». Car de tous ceux qui sont sauvés, aucun n'a entendu ces paroles : « ce sont tes œuvres qui t'ont sauvé ». C'est Toi qui sauves ceux qui ont mis en Toi toute leur confiance. Ainsi soit-il. »

Annonce du pardon :

L’Eternel Dieu vit en nous.
Son Esprit anime chacun, chacune de nous !
Nous croyons en Sa force qui vaincra notre faiblesse,
en Sa miséricorde qui nous relève de notre misère,
en Sa vérité qui confond nos mensonges,
en Sa liberté qui ouvre nos différentes prisons.
C'est pourquoi le dernier mot à notre sujet ne sera pas le nôtre,
mais le sien, celui de son pardon, celui de son amour.
Le Seigneur nous redit ce matin :
« Ta foi t’a sauvé, va en paix », « Ma grâce te suffit »

Chant d'assemblée : dans Louange et Prière, Cantique n° 216,  « Seigneur, que ton règne adorable », strophes 1, 2 et 3.

1 - Seigneur que ton règne adorable
S’affermisse enfin parmi nous,
Ce règne à nul autre semblable
Qu’on ne peut hâter qu’à genoux,
Règne auquel ton Esprit incline
Par l’attrait puissant de ta voix,
Règne où la force qui domine,
C’est ton amour, ô Roi des Rois !

2 - S’il est d’abord sans apparence,
S’il ne grandit que lentement,
Telle à nos yeux est la semence
Qu’apporte ou que chasse le vent.
Mais, ô Dieu ! Tu la vivifies :
Voici l’arbre aux puissants rameaux ;
Et sous ses branches agrandies
S’abritent les nids des oiseaux.

4 - Ô Roi que le monde désire,
Qu’il désire et ne connaît pas,
Étends au loin l’heureux empire,
Que tu veux fonder ici-bas !
Qu’il soit vaste autant que la terre,
Qu’il soit pur autant que les cieux,
Et que partout, ô notre Père,
Il rende ton nom glorieux !

Confession de foi :

Je crois en Dieu, le père de Jésus de Nazareth et mon père.
Maître du temps et de la vie, il est le Seigneur de toute l'humanité et de son histoire.
Il bénit la lutte des hommes et des peuples pour la justice, la fraternité et la paix.
Dans sa volonté d'amour, il les précède sur le chemin de leur libération.

Je crois en Jésus-Christ, le fils de Dieu et mon frère.
Il m'aide à croire en Dieu, au milieu de tous mes doutes paralysants.
Il m'aide aussi à espérer dans la venue d'un monde nouveau, et il m'invite à témoigner de son amour sans frontières malgré toutes mes faiblesses.
Il m'invite à œuvrer avec les assoiffés de paix, pour un monde où chacun pourra enfin vivre dans la joie et la reconnaissance.

Je crois en l'Esprit Saint qui est la présence efficace de Dieu et la parole vivante de Jésus Christ dans notre monde et notre vie.
Amen.

Doxologie : Gloire à Dieu, dans les cieux et sur la terre et d’éternité en éternité.

Prière d’illumination

Lecture biblique : Matthieu 6 : 5-8 (Nouvelle Bible Segond)

5  Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui se plaisent à prier debout dans les synagogues et aux coins des grandes rues, pour se montrer aux gens. Amen, je vous le dis, ils tiennent là leur récompense.

6  Mais toi, quand tu pries, entre dans la pièce la plus retirée, ferme la porte et prie ton Père qui est dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

7  En priant, ne multipliez pas les paroles, comme les non-Juifs, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.

8  Ne faites pas comme eux, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez.

Musique avant la prédication :
Maria Theresia von Paradis - Sicilienne

Prédication

            Nous voici de nouveau retirés dans nos appartements, pour travailler, pour penser, pour prier aussi peut-être. Et de nouveau le confinement pose la question de ce qui est privé ou public, du public qui entre dans nos sphères privées, du privé qui se trouve contrôlé par le public. Le télétravail, la vidéo, les réseaux sociaux, font bouger les lignes entre ce qui est intime et ce qui peut être rendu public. L’entreprise rentre à la maison, les images des malades du COVID aussi, et on ne sait plus très bien ce qui peut rester secret et ce qui peut être révélé. Nous nous cachons sous un masque et nous parlons par média interposés, surexposés dans des video- conférences où nous restons à l’image sans pouvoir disparaître sous peine d’être jugés absents.
            Et vous-mêmes, tout de suite, chez vous, comment partagez-vous ce moment si intime de la prière et de la prédication ? Seuls ? En famille ? Dans une pièce à part ou dans la salle commune ? Religieusement assis ou couchés dans votre lit ? Peut-être dans la cuisine, ou dans la salle de bain.

            Ne vous inquiétez pas, vous pouvez garder cela secret mais à coup sûr, vous n’êtes pas au temple, et vous nous manquez.
            Nos modes de communication changent et, avec eux, notre sens de l’intime, du secret. Nous partageons notre existence en « présentiel » ou en « virtuel ». Pourtant, entre ces deux modes d’être, il y a ce que nous sommes, dans le secret de nos vies, chacun, dans notre incommunicable singularité.
            Mais toi, quand tu pries, entre dans la pièce la plus retirée, ferme la porte et prie ton Père qui est dans le secret.
            Il faut aller le chercher bien loin, ce Père, pour le prier. Il faut aller le chercher dans le secret. Pourtant, l’Évangile de Matthieu ne dit-il pas : rien n’est caché qui ne sera dévoilé, rien n’est secret qui ne sera connu ( Mt 10, 26) ? Le Dieu de l’Évangile n’est-il pas le Dieu qui se révèle ? Pourquoi faudrait-il le prier dans le secret ?
            Le secret a une étymologie voisine de celle du sacré. « sacer », « sacerer » qui signifie retirer, mettre à part. C’est que le secret, comme le sacré, protège, isole et préserve le divin de toute confusion avec le profane, sépare le transcendant du banal. La question du secret est donc une question théologique puisque la théologie prétend tenir un langage sur Dieu, au risque de trahir son secret et, avec lui, ce qui le rend sacré.
            Comment une théologie de la Parole, rend-elle compte de ce Père qui est dans le secret ?
           
            Le risque d’un tel exercice de langage est d’utiliser le secret pour manipuler l’inconnaissable de Dieu et lui faire dire ce que soi-même on veut lui faire dire, pour bénéficier de son autorité afin de poursuivre nos propres desseins. Le secret devient une manifestation du pouvoir. Seuls les initiés peuvent alors prétendre savoir ce que Dieu veut et manipulent son mystère comme une autorité. L’ésotérisme se propose de percer ses mystères de Dieu en épaississant l’opacité qui sépare Dieu des hommes. Et même dans les religions révélées, on trouve souvent des résurgences de ces religions à mystères. Cela permet de considérer que seuls les initiés ont le pouvoir des choses de Dieu et de demander aux autres, ceux qui ne sont pas dans le secret, de leur obéir.
            L’autre risque serait de faire comme si le secret qui entoure Dieu était le même pour tous. Et de considérer ainsi qu’il n’y a qu’une bonne façon de croire au Dieu secret, sans tenir compte des révélations singulières de la foi. Ceci revient à définir un contenu de la foi et donc une orthodoxie sans avoir à prendre le soin de l’expliquer. Mais, Dieu se révèle-t-il à toutes et à tous de la même façon ? Peut-on universaliser la révélation de Dieu, ou est-elle relative à chaque personne à laquelle elle s’adresse ? Ce qui est secret pour les uns n’est-il pas révélé à d’autres ?
            Le Dieu qui se révèle est un Dieu qui parle. Il n’est pas dans l’immédiateté du réel, mais dans l’aire symbolique du langage. Il garde donc une part de lui secrète.
            Le christianisme reconnaît d’ailleurs cette part secrète dans la nécessité d’un médiateur nommé Jésus, qui traduit en humanité une langue divine jamais immédiate. Et même ce médiateur est appelé : Messie, Sauveur, Fils de Dieu, Fils de l’Homme, ou encore frère. Et toutes ces façons de parler d’un homme pétri de la Parole de Dieu, créé par cette Parole, nous donne à réfléchir sur cette façon de recevoir Dieu dans le secret de notre foi.
            Parler de la foi d’un homme, c’est parler du secret qui l’unit à son Dieu. C’est entrer dans son intimité. Un ami me disait : « quand on me demande si je crois en Dieu et comment, j’ai toujours l’impression qu’on me demande si j’ai fait l’amour la nuit dernière et dans quelle position ».
            La remarque est frappante et dit bien la relation de la foi à l’intime. Exposer sa foi est comme se mettre à nu. Il faut le décider, être dans un climat de confidence pour en parler sous peine de tomber dans l’impudeur. Exposer sa foi c’est exposer ce qui nous constitue comme individu : incommunicable singulier.
            Si la religion révèle la relation à un Dieu en disant : « nous », dans un collectif de convention, elle ne rend jamais complètement compte de ce « je » qui croit ou qui ne croit pas : singulièrement.

Parce que, dans ce « je » qui croit ou qui ne croit pas, il y a un sujet qui peut rendre compte de lui-même, mais il y a aussi cet individu incommunicable, qui reste une énigme à lui-même, et qui ne perce jamais la part de secret qui le constitue.
            Cette part secrète se révèle à nous-même comme offerte, presque à notre insu, et reste à découvrir toujours.
            Dans la relation à Dieu, nous sommes crus par Dieu, plus encore que nous ne croyons en lui. Nous sommes mus par cette liberté de Dieu qui nous précède et nous révèle à nous-mêmes comme secrets. C’est ce secret qui est inviolable et les religions de la Parole, bien que révélées, doivent s’accommoder de ce portrait toujours incomplet du Dieu qu’elles révèlent. Mais surtout, elles doivent s’accommoder de cet espace de liberté où se noue l’alliance de foi ou de non-foi entre Dieu et l’Homme. Cet espace secret ne dépend pas de la volonté ou de la raison ; il ne s’agit pas d’une volonté d’adhésion, mais d’un véritable secret dans lequel se joue notre liberté d’être sans savoir ce que nous sommes sinon peut-être en nous le laissant ou non révéler par un Autre.
            Est-ce notre inconscient ? Non, car nous avons conscience de l’existence de ce secret. Est-ce la conscience dont se réclamait Luther pour protester de sa foi ? Peut-être est-ce la clôture infranchissable au-delà de laquelle, si on l’avait forcée, Luther n’aurait plus été Luther, mais un homme qui se serait renié lui-même en laissant profaner par l’Église son secret, l’intimité de sa foi.
 

            La peur des religions révélées aujourd’hui est de devenir inaudibles dans un monde séculier qu’elles jugent indifférent à leur Parole. Cette peur les pousse à vouloir communiquer la même foi pour tous. Et c’est ainsi qu’on assiste à un étalage impudique de témoignages de foi, censés provoquer la conversion des autres, dans un calcul prosélyte, assumé et décomplexé, qui viole le secret des consciences et cherche à forcer ce qui relève de la liberté.
            Tout dire, rendre tout transparent, ne rien cacher. Toutes ces injonctions sont justes quand elles sont lancées dans les domaines où le droit nécessite de rendre des comptes, mais elles sont d’une rare violence quand il s’agit de nos pensées, de nos désirs, de tout ce qui relève de l’intime.
            On pourrait regretter qu’il y ait des poches de secrets dans notre société : le secret médical, le secret judiciaire, le secret défense, le secret diplomatique ou le secret de la confession. Jean Calvin lui-même a écrit beaucoup contre la confession auriculaire. Toutefois, dans sa critique, il ne visait pas le secret, mais le prêtre qui le recueillait en s’arrogeant le pouvoir de pardonner ou de punir le croyant, se plaçant entre Dieu et l’homme comme s’il pouvait connaître le secret qui les réunissait. Il compare d’ailleurs l’oreille des prêtres à des latrines, dans lesquelles ont déverserait ce qui relève de notre intimité la moins montrable.
            Bien sûr, les secrets que le droit protège peuvent toujours devenir des lieux de complot, de pouvoir contre autrui, d’entreprises illégales, et nous en avons des exemples sans cesse. Mais si ces utilisations sont frauduleuses, elles ne doivent pas discréditer la fonction sociale essentielle du secret.
           
            Protéger la parole, lui donner des espaces où elle peut s’exprimer sans que ses conséquences soient irrémédiables, revient à affirmer son statut symbolique et, par là même, la liberté pleine et entière de celui qui l’énonce.
           
            Parler sub rosa, sous la rose, comme disaient les Anciens, c’est parler dans un espace de liberté qui préserve le secret.

            Les plafonds des salles de banquets romaines étaient ornées de roses, rappelant que ce qui était fait ou dit sous l’emprise du vin, sub rosa, devait rester secret.
            Pourquoi une rose ? Peut-être à cause de la rose donnée par la déesse Aphrodite à son fils Éros qui la donna lui-même à Harpocrate, Dieu du silence, (toujours représenté avec le doigt sur la bouche) et à qui Éros avait demandé de tenir secrets les écarts extra conjugaux de sa mère.
           
            Toujours est-il que cette pratique de parler sub rosa a perduré et qu’au Moyen âge, le plafond de certaines salles de château arborait une rose sculptée ou peinte, signifiant ainsi que les réunions, entretiens ou conseils de familles qui se tenaient dans ce lieu resteraient entièrement confidentiels et ne sortiraient pas de cet endroit protégé par le secret.
            Quand tu pries, entre dans la pièce la plus retirée, ferme la porte et prie ton Père qui est dans le secret. Prier sous la rose. C’est ce à quoi nous invite Jésus dans le sermon sur la montagne. Peut-être pour nous relier au secret autour duquel nous sommes constitués, ce secret qui fait de nous des vases d’argiles, constitués de ce secret qui, comme le Saint des Saints ne contient que ce qui est tu de nous. Où est-elle cette chambre retirée loin du tumulte de nos apparences ? Peut-être est-ce la prière même, l’acte de prier un Autre, inconnu et qui pourtant attend notre prière, qui nous fait entrer dans cet espace de liberté qu’est le secret.
            En Dieu je peux tout dire, tout penser, tout avouer, tout taire, tout déposer devant lui , sans avoir honte, ni peur, sans avoir à tout comprendre de ce que j’appelle MOI et que lui seul connaît.
            Devant Dieu, dans cet espace de liberté qu’est le secret, je suis nue, comme au jardin, Adam et Eve, étrangère à moi-même, libre en mon secret. Libre en ma prière.      Amen.

Musique après la prédication :
Christoph Willibald Gluck - Mélodie (extrait d'Orphée et Eurydice)

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Offrande

Musique après les annonces :
J.S. Bach - Arioso

Prière d'intercession :

Dieu de la vie, Dieu de Jésus-Christ, Puissions-nous par cette prière recueillir pendant un instant nos vies éparpillées par l’angoisse et l’inquiétude du lendemain, causées par cette pandémie galopante, ces attentats à répétition et ce nouveau confinement, pour nos proches comme pour nous-mêmes.

Garde notre tête froide, mais notre cœur au chaud, capable de s’émouvoir à la détresse, à la solitude de certains d’entre nous, capables aussi de nous souvenir de ta Parole et de ta tendresse et d’en vivre.

Nous te prions pour notre monde disloqué et pour les nations au bord de l’explosion.
Nous te confions les pays en guerre.

Par cette prière, puissions-nous être reliés les uns aux autres, ces frères et ces sœurs dans la foi, que nous ne choisissons pas, mais qui nous sont donnés pour former une communauté fraternelle et soudée.

Nous prions particulièrement aujourd’hui pour les soignants qui affrontent cette deuxième vague de pandémie et qui étrangement ne sont plus soutenus comme lors de la première par toute la nation. Il faut soutenir nos soignants et les encourager, être avec eux, eux qui seront avec nous si malheureusement cette épidémie nous touche durement.

Notre Père
Ensemble, reliés les uns aux autres, malgré les distances qui nous séparent, nous te disons :

Notre Père, qui es aux cieux,
Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses
Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,
Pour les siècles des siècles,
Amen.

Bénédiction :
Chers frères et sœurs, recevez la bénédiction de la part de Dieu :

Mon ami, mon frère, ma sœur,
Que le SEIGNEUR te bénisse et te garde !
Que le SEIGNEUR fasse rayonner sur toi sa face et t'accorde sa grâce !
Que le SEIGNEUR porte sur toi son regard et te donne la paix !

Nous vous donnons rendez-vous jeudi à 12 30, dans les mêmes conditions de direct qu’aujourd’hui sur le site ou les réseaux sociaux, pour la pause spirituelle.

Musique à la fin du culte :
Jules Massenet - Méditation de Thaïs


Matthieu 6 : 5-8

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Lecture de la Bible

5  Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.

6  Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

7  En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.

8  Ne leur ressemblez pas ; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.

Audio

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