Face à la vague

Matthieu 8:23-27

Culte du 28 février 2021
Prédication de Pierre-Olivier Léchot

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

 Dimanche 21 février 2021
2ème dimanche du temps de la Passion
Se libérer du carême ou un carême pour se libérer ?


Culte présidé par les pasteures Agnès Adeline-Schaeffer et Béatrice CLéro-Mazire
Prédication du pasteur Pierre-Olivier Léchot
Musique : Sarah Kim, organiste co-titulaire

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Entrée – Orgue : Robert Schumann - Canon en Ut Majeur

Salutation
Amis, frères et sœurs,
Avant même que nous fassions quoi que ce soit,
Avant même que nous demandions quelque chose,
Avant même que nous reconnaissions nos torts,
Dieu nous dit : Je vous donne ma paix.
Je vous fais grâce pour tout ce que vous avez fait,
tout ce que vous pourriez me dire,
ce que vous pourriez me demander.
Je suis le Dieu qui aime son humanité, sa création,
Autrement dit chacun et chacune d’entre nous.

Accueil et Prière
Bienvenue pour ce culte.

Prions ensemble :
Père, tu es là, au milieu de nous.
C’est Toi qui nous offres ce temps de culte,
Pour accueillir une Parole
Qui féconde notre existence.
Ce temps de culte, tu nous le donnes
Pour partager avec des frères et des sœurs
Notre adoration et notre prière. Amen et merci.
 
Réunissons-nous dans la communion fraternelle avec le 1er chant du livret inséré au début du Psautier.
Répons : Seigneur que tous s’unissent pour chanter ton amour.
Ton soleil de justice se lève sur nos jours. Le Fils de Dieu est homme, avec nous désormais, C’est sa vie qu’il nous donne, et nous marchons en paix.

Louange :
Chantez à l’Eternel un chant nouveau !
Chantez pour l’Eternel, terre entière 
Chantez pour l’Eternel, bénissez son nom !
Annoncez jour après jour la bonne nouvelle de son salut !
Dites parmi les nations, sa gloire !
Racontez parmi tous les peuples, ses actes étonnants !
Car l’Eternel est grand et digne de toute louange ! …/…
Que le ciel se réjouisse !
Que la terre soit dans l’allégresse !
Que la mer retentisse avec tout ce qui s’y trouve,
Que la campagne exulte, avec tout ce qui s’y trouve !
Que tous les arbres de la forêt poussent des cris de joie,
Devant le Seigneur, car il vient !
Il vient pour juger la terre, il jugera le monde avec justice,
Il jugera les peuples par sa constance.

Chant du psaume n°96, strophes 1, 2, 4 et 6 : Peuples partout chantez sur terre

Volonté de Dieu
Ecoutons maintenant comment Dieu révèle sa volonté, son amour aux hommes :
Je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Eternel,
Projets de paix et non de malheurs.
Afin de vous donner un avenir et une espérance.
Vous me prierez et je vous exaucerai,
Vous me chercherez, et vous me trouverez.
Si vous me cherchez de tout votre cœur,
Je me laisserai trouver par vous.

Répons : Dieu d’amour tu fais connaître, au plus humble tes secrets, Et pour lui tu es un maître qui te plais à l’enseigner. Ta Parole est son appui, le bonheur son héritage, Et ses enfants comme lui auront la terre en partage.

Confession du péché
Prions ensemble :
De toutes mes forces, celles que tu m’as données,
Je t’ai cherché,
Désirant voir ce que j’ai cru.
Et j’ai lutté, et j’ai souffert.
Mon Dieu,
Mon Seigneur,
Mon unique espoir,
Accorde-moi de n’être jamais las de te chercher,
Qu’avec passion sans cesse je cherche ton visage.
Toi qui m’as donné de Te trouver,
Donne-moi le courage de te chercher
Et d’espérer Te trouver toujours davantage.
Devant Toi ma solidité : garde-la.
Devant Toi ma fragilité : guéris-la.
Devant Toi tout ce que je sais, tout ce que j’ignore.
Par là où Tu m’as ouvert, j’entre : accueille-moi.
De là où Tu m’as fermé, j’appelle : ouvre-moi.
Accorde-moi de ne pas T’oublier,
Accorde-moi de Te comprendre.
Mon Dieu,
Mon Seigneur,
Accorde-moi de T’aimer.   
Saint Augustin, Traité de la Trinité XV, PL 62, 1098,
trad. d’après P.-M. Hoog - Augustin d'Hyppone

Répons : Seigneur, reçois, Seigneur pardonne, notre misère et nos péchés. Et ce pardon que tu nous donnes, enseigne-nous à le donner. Ô mon Seigneur, mon Dieu, mon roi, Aie pitié, aie pitié de moi.

Annonce du pardon
Pour accueillir le pardon que Dieu nous donne, je vous invite à vous lever :
Dieu nous aime tels que nous sommes il nous pardonne
J'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. Rendons grâce à Dieu pour son pardon.

Répons : Louez Dieu pour sa grâce, célébrez son amour, Qui jamais ne se lasse, qui demeure à toujours. Que tous les rachetés, les hommes qu’il fait vivre, S’unissent pour chanter l’amour qui les délivre.

Confession de foi

Je crois en Dieu, le Père 
tout-puissant, créateur des cieux et de la terre. 
L'Éternel règne, il est Esprit. Il est Amour.
L'amour de Dieu envers nous s'est révélé en ceci : 
alors que nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous.

Je crois en Jésus-Christ, notre Seigneur. 
Il est venu chercher et sauver ce qui était perdu. 
Il est le Chemin, la Vérité et la Vie, le même hier, aujourd'hui, éternellement.
À ceci tous reconnaîtront que nous sommes ses disciples 
si nous avons de l'amour les uns pour les autres.

Je crois au Saint-Esprit 
qui rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.
Nous avons été baptisés d'un seul Esprit pour former un seul corps.

Je crois au Royaume de Dieu, 
à l'amour plus fort que la mort.
Je crois à la vie éternelle.
La victoire par laquelle le monde est vaincu, c’est notre foi.
Seigneur augmente-nous la foi.

Répons : Célébrez Dieu rendez-lui grâce, car éternel est son amour. Inclinez-vous devant sa face, car éternel est son amour. Avec ardeur que tous s’accordent pour discerner de jour en jour Les dons de sa miséricorde, car éternel est son amour.

Doxologie : Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, d’éternité en éternité !

Lecture biblique : Evangile de Matthieu, chapitre 8, versets 23 à 27 (TOB)
Il monta dans la barque et ses disciples le suivirent.
Et voici qu’il y eut sur la mer, une grande tempête,
au point que la barque allait être recouverte par les vagues. Lui, cependant, dormait.
Ils s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, au secours ! Nous périssons »
Il leur dit : « Pourquoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ? »
Alors, debout, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme.
Les hommes s’émerveillèrent et ils disaient : « Quel est-il pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »

Chant du Cantique n°310, strophes 1, 2 et 3 : Notre barque est en danger

Prière d’illumination

Jeu d’orgue : Naji Hakim - Danse

Prédication : Face à la vague

I.

Prendre la mer, chers frères et sœurs, est chose aisée. Affronter la tempête ne l'est jamais. Larguer les amarres, s'embarquer pour de nouveaux horizons, appréhender le cœur plein d'espérance les vastes étendues marines emplies d'embruns, ce sont là des expériences grisantes qui nous font nous porter au devant des événements avec le sentiment d'une plénitude sans pareil. Ce n'est donc pas sans raison que, dans sa correspondance avec Freud, Romain Rolland parlait du sentiment religieux comme d'un sentiment « océanique ».

Et il est bien possible que la traversée entreprise nous permette d'accomplir ce je ne sais quoi qui, au fond de nous, nous appelle à saisir la vie à pleines mains, comme le marin se saisit des cordages du gréement de son bateau lancé sur l'onde heureuse d'un espace infini et baigné de soleil. Il n'est même pas à exclure que la vague nous ramène sans cesse vers elle avec en nous, plus que le désir, le besoin de prendre la mer parce que la terre « nous brûle les pieds » – comme l'écrivait Herman Melville.

Oui, prendre la mer est aisé. Mais affronter la tempête ne l'est pas. Certes, faire l'expérience de l'ouragan n'est pas une nécessité. Nombreux sont les passagers de navires d'agrément à n'avoir jamais connu plus qu'un petit tangage que seul le voyageur inexpérimenté trouvera angoissant. Mais le marin de profession, le pécheur de haute mer, le capitaine au long cour, l'officier de quart, lui, sait que derrière quelques vaguelettes accompagnées de nuages gris peut se cacher le pire des tourbillons et qu'il faut s'y attendre. Et c'est d'ailleurs parce qu'il sait ce dont la mer est capable qu'il la craint et la respecte.

Notre temps, avec ses progrès de toutes sortes, nous a fait quelque peu oublier que la mer fut et demeure non seulement un gouffre mortel mais aussi ce lieu au cœur duquel nos espaces humains les plus profonds peuvent se retrouver soudainement dévoilés, comme mis à nus au passage d'une tempête emportant tout derrière elle. Car cette expérience de la tempête qui emporte tout sur son passage et broie le frêle esquif dans un fracas assourdissant, c'est, pour beaucoup d'entre nous, l'expérience de la vie elle-même, le fruit de notre traversée de l'existence.

Nos vies sont comme autant de navires « glissant sur les gouffres amers » (Charles Baudelaire) et ne mesurant pas combien l'existence peut, tout à coup, se retrouver démontée par une brise se changeant en bourrasque destructrice. Combien d'entre nous se sont lancés dans un mariage, dans un emploi ou dans une cause avec la joie du matelot chantant le départ pour voir leur fier trois mats sombrer, brisé par une lame inattendue ou au contraire rompu sur les rochers du quotidien. Combien d'entre nous voient leurs existences, voguant naguère à leur rythme de croisière, désormais ballottées par les conséquences d'une pandémie dont nous pouvions peut-être entre-apercevoir les nuages annonciateurs mais dont nous ne pensions pas qu'elle nous heurterait, nous, vous et moi, si vite et si violemment. Et combien d'entre nous n'ont-ils pas vu leurs proches perdus corps et âmes, engloutis par cette vague ultime qui, violente ou douce, finira par nous emporter tous – celle de la mort. Oui, prendre la mer, s'engager dans la traversée de la vie est chose aisée. Mais affronter la tempête ne l'est pas.

II.

Ce n'est pas pour rien qu'au cœur du XVIe siècle, le réformateur suisse Ulrich Zwingli appelle Dieu à prendre lui même « la barre en main », ainsi que nous l'avons chanté, et même si, dans le texte original allemand de ce cantique, il n'est pas question d'une « barque » mais bien d'une « voiture » (Wagen). Les traducteurs de son cantique en français ne se sont cependant pas trompé car c'est probablement bien à l'épisode de la tempête apaisée et au cris des disciples (« Seigneur, sauve ! » – Herr, hilf !) que faisait référence le pasteur de Zurich lorsqu'il écrivit ce qui représente encore, pour les Eglises de Suisse alémanique, le pendant helvétique du choral réformateur « C'est un rempart que notre Dieu ».

C'est d'ailleurs une lecture aussi ancienne que l'Église elle-même que de la comparer à une barque en danger, puisqu'on retrouve déjà l'image du Navis Ecclesiae, du « navire de l'Église », chez un auteur comme Tertullien, à la toute fin du IIe siècle de notre ère. Mais c'est surtout l'un des sens probables que Matthieu, dans son adaptation du récit de Marc que nous avons lue ce matin, a voulu mettre en évidence en insistant, d'abord, sur le danger qui menace la barque (« prête à être recouverte par les vagues »), avant de se préoccuper du sort des disciples en un temps où, probablement, sa communauté était menacée de persécutions.

Mais, au-delà de ce sens ecclésiologique si fort, c'est bien celui que l'expérience de la tempête peut éveiller en chacun de nous qui se trouve au cœur du récit tel que Matthieu le reprend de l'évangile de Marc. Car si c'est bien la barque de l'Église qui se voit mise en danger, la peur que ce danger soudain suscite est bien celle des disciples, pris chacun pour lui-même. Une peur que Matthieu, d'ailleurs, décrit sans s'embarrasser de vraisemblance en ne parlant pas de « tempête » mais bien d'« un tremblement de terre » – seismos, en grec. Ce que Matthieu veut, je crois, nous dire ainsi, c'est que, par delà le risque immédiat qu'une tempête peut faire peser sur l'existence des marins, toute vie, parce qu'elle est vie, se trouve menacée par un ébranlement, un renversement voire un effondrement. Cette tempête dont il est question, ce n'est pas seulement celle qu'expérimentent les disciples – c'est celle qui peut renverser les certitudes de toute époque, de toute communauté et de tout individu. Ce dont il est ici question, c'est bien de notre Église, de nos certitudes et finalement de notre manque de foi dans la tempête de notre temps.

« Prend Seigneur la barre en main » nous dit le cantique de Zwingli. C'est ici, sans doute, que se révèle une différence notoire entre le chant réformateur et le récit de la tempête de Matthieu. Car celui auquel en appelle Zwingli, c'est le Créateur de toutes choses, le Dieu providentiel qui, comme l'écrit Calvin, « tient en sa main le gouvernail du monde ». Or, dans notre récit, c'est à Jésus qu'en appellent les disciples, c'est-à-dire à un homme de chair et d'os, de surcroît présent sur le navire. Pour eux, le Sauveur n'est pas au ciel, commandant les éléments tel un deus ex machina, mais bien sur la barque elle-même, juste là, à côté d'eux. Or, même s'ils le supplient de les secourir (« Seigneur, sauve ! »), les disciples ne le voient pas comme ils devraient le voir – comme nous-mêmes, nous pouvons ne le voyons pas forcément comme il faudrait le voir.

C'est que la peur des disciples, chers frères et sœurs, cette peur qui les aveugle, c'est la peur ultime, celle qui nous saisit toutes et tous un jour ou l'autre comme elle peut d'ailleurs nous habiter tout au long de notre vie : la peur de la mort. Et de ce point de vue le « Seigneur, sauve ! » des disciples, qui renvoie probablement lui-même à un hymne chanté par la communauté de Matthieu, est lourd de sens, puisqu'il s'agit d'un appel adressé à Christ pour qu'il nous sauve du danger ultime : celui de notre propre disparition.

Alors que ce péril menace d'engloutir corps et âme les disciples et leur barque, Jésus, lui, dort, d'un sommeil qui n'est pas celui de l'inconscience, mais bien celui de la confiance. Et s'il se réveille, ce n'est pas comme tout capitaine dont le navire serait pris dans la tourmente pour se précipiter sur la passerelle et se saisir de la barre. Non, Jésus, lui commence par s'adresser à ses disciples. Or, ici encore, un étonnement nous attend : Jésus ne les rassure pas, mais leur adresse un reproche : « Pourquoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ! » Avant de penser à sauver le monde qui sombre, Jésus rappelle aux disciples de se sauver eux-mêmes. Et de quoi ? D'eux-mêmes, de la tentation de l'abandon, du désespoir – du manque de foi ! Le bibliste allemand, Adolf Schlatter, décrivait finement ce sentiment que Jésus met ici en cause comme « le contraire de la foi à l'intérieur-même de la foi ». La fin de la tempête et le retour au calme est donc bien loin de représenter une victoire pour les passagers du navire car si la nature elle-même obéit à Jésus et s'apaise, la foi des disciples, elle, ne semble toujours pas revenue au calme.

III.

Face à la tempête, ce que les disciples éprouvent, c'est au fond la tentation du marin pris dans l'œil du cyclone : celle de la dérive. La tentation est grande, en effet, face aux éléments qui se déchaînent, de se sentir impuissant et de se laisser aller. On peut aussi, bien sûr, se réfugier dans le déni ou accuser les éléments, la météo défavorable, l'impréparation de l'équipage ou encore un matériel défaillant. Toutes ces réactions sont autant de possibilités auxquelles, face aux événements, face à nos échecs ou face à la mort elle-même, nous pouvons être tentés de céder un jour. Mais aucune, pourtant, n'est la réponse que Jésus attend de ses disciples – ni de nous. Chacun de nous ne peut en effet se dérober, à l'heure où grondent les vents et lorsque la mer enfle : nous sommes tous embarqués, embarqués dans la vie avec ses heurts et ses malheurs, embarqués dans une existence qui nous est donnée et que nous n'avons pas choisie, embarqués sur un navire, dans une famille, une société, une culture qui n'est pas le fruit de notre choix mais un donné qui nous est en quelque sorte imposé. Et même la côte en vue, le havre à portée de navigation, nous sommes en mer et pouvons nous retrouver pris dans une tourmente qu'il nous faut affronter. Que nous le voulions ou non, le port est derrière nous et notre destination n'est pas encore atteinte. Que nous le voulions ou non, avec nos forces et nos faiblesses, nous sommes face à la tempête et nous trouvons sommés, requis de faire front.

Chez Matthieu, cet appel à faire front s'incarne dans la nécessité de suivre Jésus (àkoloutheô, en grec). Suivre Jésus, ce n'est pas d'abord faire ce qu'il enseigne de manière aussi mécanique qu'irréfléchie, comme s'il s'agissait d'appliquer un règlement de fonctionnement de l'existence. C'est ressentir, au plus profond de notre être, le besoin de se saisir de ce qui nous est donné avec la conscience que si nous sommes bel et bien embarqués, nous ne sommes pas embarqués seuls. Voilà pourquoi Jésus s'en prend aux disciples : ces derniers n'ont pas saisi, il n'ont pas vu que sur la barque menacée par la tempête, face à la vague, il n'étaient pas seuls mais qu'un Autre était présent, avec eux. Ils n'ont pas vu que, sur cette barque ballottée par des flots démontés, un Autre était là, celui-là même qu'ils avaient suivi, avec lequel ils avaient embarqués et dont ils espéraient tant.

Était-ce le capitaine de la barque, celui qui, au fond, sait que son navire passera outre et le dirige avec assurance vers son port d'attache ? Non, celui dont il est ici question, n'est qu'un simple passager parmi les passagers, mais un passager qui, le moment venu, sait parler aux disciples pour leur rappeler qu'il est là et que la peur n'est pas la réponse à la menace de la submersion.

Ce que nous dit le récit de la tempête apaisée, c'est que, face à la vague, au cœur-même de la tempête de la vie, nous ne sommes pas seuls. Il y aura toujours quelqu'un avec nous. Ce quelqu'un n'a pas de visage précis, pas d'identité qui nous permettrait de le reconnaître avec assurance – il est ce « Tu » qui, au détour d'une rencontre, d'une lecture ou d'une expérience profondément humaine vient nous dire, comme le Christ de Matthieu à la fin de l'évangile :

« Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps » (Mt 28,20b).

Ce que l'évangile de Matthieu nous dit aujourd'hui, ici et maintenant, c'est que quel que soit notre destin, quelles que soient les tempêtes que nous aurons à affronter et desquelles, peut-être, nous ne ressortirons pas indemnes, nous ne sommes pas seuls. Ce qu'il nous est annoncé, c'est que où que nous devions aller, quelles que soient les vagues qui nous frapperont et peut-être nous engloutirons, nous ne sommes pas seuls mais que quelqu'un est déjà là, avec nous, tout près, pour nous rappeler toujours et encore que la seule chose susceptible de nous permettre de faire front, c'est l'amour dont Jésus a été et demeure le symbole divin. Voilà pourquoi il vaut la peine de se souvenir de cette merveilleuse strophe du cantique de Zwingli et de tenter d'en vivre, dès à présent :

« Aimons mieux de jour en jour ; notre force est dans l'amour, Et le Tien, Seigneur, ne peut changer » (Louange et prière, N° 310).

Musique d'orgue : Jean-Adam Guilain - Tierce en taille

Cantique n° 309, strophes 1, 2 et 3 : A Dieu seul j’abandonne…

Annonces
...

Offrande pour la vie de l’Eglise
Que chacun donne ce qu’il a décidé en son cœur, sans regrets ni contraintes.
Nous recueillerons votre offrande pour la vie de l’Eglise, afin qu’elle puisse continuer de rendre témoignage de l’Evangile…
C’est le moment du don joyeux.

Musique d'orgue : Bach/Vivaldi - Concerto en Ré Mineur - Largo

Prière d’intercession
...

Notre-Père

Ensemble nous te disons : Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié, que ton Règne vienne, que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas en proie à la tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles, amen.

Bénédiction
Recevez maintenant la bénédiction de la part de Dieu :
Que l’Eternel fasse rayonner l’habit de lumière, qu’il a posé sur chacun et chacune d’entre nous !
Qu’il nous garde dans son amour !
Qu’il nous bénisse et nous conduise à la vie éternelle !
Amen

Répons : Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux, Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux. Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi : Même au travers des ombres, ils conduisent à toi.

Sortie - orgue : Bach/Vivaldi - Concerto en Ré Mineur - Allegro


Paroles des cantiques du dimanche 28 février 2021

Psaume : Psautier Français ou Arc-en-Ciel n° 96 « Peuples partout chantez sur terre », strophes 1, 2, 4 et 6

Strophe 1
Peuples, chantez partout sur terre
Le renouveau que tous espèrent !
Louez le nom du Dieu sauveur,
Du merveilleux libérateur :
Sur notre nuit vient sa lumière.

Strophe 2
Entendez-vous, sous son empire,
Les cieux chanter, la terre rire,
Tonner l’océan écumeux
Et les champs, les bois avec eux
Ses louanges dire et redire ?

Strophe 4
Dieu seul est grand, seul redoutable,
Tous ses projets sont admirables;
Il affermit sa création
Alors que nos dieux d’illusion
S’écroulent sur leurs pieds de sable.

Strophe 6
Dieu sur la vie veille inlassable;
Il rend le sol inébranlable
Pour avec nous planter, bâtir,
Réconcilier et réunir
Un seul peuple aux mains innombrables.

Cantique : Louange et Prière n° 310 ou A Toi la Gloire n° 332 « Notre barque est en danger », strophes 1, 2, 3

Strophe 1
Notre barque est en danger :
Prends, Seigneur, la barre en mains.
À toi sont nos lendemains ;
Toi seul peux vraiment nous protéger.

Strophe 2
Notre barque est en danger :
Aimons mieux de jour en jour ;
Notre force est dans l'amour,
Et le tien, Seigneur, ne peut changer.

Strophe 3
Notre barque est en danger :
Des orages et des flots ;
Mais en toi quel saint repos !
Vers le port tu veux nous diriger.


[Herr, nun selbst den Wagen halt 
Ulrich Zwingli (1484 - 1531)
traduction de Daniel Meylan 1930]


Cantique : Louange et Prière n°265 ou Arc-en-Ciel n°629 « Ne laisse pas ma foi » Strophes 1, 2 et 3

Strophe 1
Ne laisse pas ma foi
Défaillir loin de toi ;
Viens en mon âme.
Et daigne chaque jour,
Seigneur, de ton amour
Nourrir la flamme.

Strophe 2
Sois vraiment mon Sauveur ;
Déploie en ma faveur
Ta grâce immense :
La foi, l’amour, l’espoir,
Je dois tout recevoir
De ta clémence.

Strophe 3
Mets en moi ton Esprit
Qui relève et guérit ;
Fais-moi revivre.
Nul ne t’invoque en vain ;
A toi jusqu’à la fin
Mon coeur se livre.


Paroles des répons du temps de la Passion

Après la salutation
Répons : « Seigneur que tous s'unissent » (Alleluia n°31/20 ou Arc en Ciel n°303, str.1).

Seigneur que tous s'unissent
Pour chanter ton amour.
Ton soleil de justice
Se lève sur nos jours.
Le fils de Dieu est homme,
Avec nous désormais.
C'est sa vie qu'il nous donne
Et nous marchons en paix.

Après la volonté de Dieu
Répons : « Dieu d'amour tu fais connaître » (Psaume 25, str.4)

Dieu d’amour, tu fais connaître
Au plus humble tes secrets ;
Et pour lui tu es un maître
Qui te plais à l’enseigner ;
Ta parole est son appui,
Le bonheur son héritage ;
Et ses enfants comme lui
Auront la terre en partage.

Après la prière de repentance
Répons : « Seigneur, reçois ; Seigneur, pardonne ». (Alleluia n°43/04 ou Arc-en- Ciel n°407, str. 1)

Seigneur, reçois ; Seigneur, pardonne
Notre misère et nos péchés
Et ce pardon que tu nous donnes,
Enseigne-nous à le donner.
O mon Seigneur, mon Dieu, mon roi,
Aie pitié, aie pitié de moi.

Après l’annonce de la grâce
Répons « Louez Dieu pour sa grâce » (Psaume 107, str.1).

Louez Dieu pour sa grâce, Célébrez son amour
Qui jamais ne se lasse, Qui demeure à toujours,
Vous tous qu’il a sauvés Des mains de l’adversaire,
Vous qu’il a rassemblés Des confins de la terre.

Après la confession de foi
Répons : « Célébrez Dieu, rendez-lui grâce » (Psaume 118, str.1)

Célébrez Dieu, rendez-lui grâce,
Car éternel est son amour.
Inclinez-vous devant sa face,
Car éternel est son amour.
Avec ardeur que tous s’accordent
Pour discerner de jour en jour
Les dons de sa miséricorde,
Car éternel est son amour.

Après la bénédiction
Répons : « Confie à Dieu ta route » (L&P n°309, str.5)

Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi,
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi. 

Lecture de la Bible

Evangile de Matthieu, chapitre 8, versets 23-27


23  Il monta dans la barque et ses disciples le suivirent.
24  Et voici qu’il y eut sur la mer, une grande tempête, au point que la barque allait être recouverte par les vagues. Lui, cependant, dormait.
25  Ils s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, au secours ! Nous périssons »
26 Il leur dit : « Pourquoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ? » Alors, debout, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme.
27  Les hommes s’émerveillèrent et ils disaient : « Quel est-il pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »

Vidéo du culte entier

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