Une hospitalité prometteuse

Culte du 13 septembre 2020

Vidéo du culte complet

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 13 septembre 2020
Une hospitalité prometteuse ! Genèse 18 : 1-15

Culte par la Pasteure Agnès Adeline-Schaeffer
Musique : Aurélien Peter, organiste suppléant

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Orgue 

Proclamation de la Grâce de Dieu

Bienvenue à tous et à toutes, pour ce culte.
La grâce et la paix vous sont données, ici et maintenant, de la part de Dieu notre Père, et de Jésus-Christ, son fils, notre frère.
Permettez-moi de rappeler quelques consignes recommandées en ce moment, pour ce culte et pour tous les autres cultes :
Si vous ne faites pas partie du même foyer que votre voisin ou  voisine, merci de vous déplacer et de laisser une chaise vide à côté de vous. Merci de garder votre masque pendant toute la durée du culte, y compris pendant les chants. A la fin du culte, merci  de laisser les cantiques à votre place.

Prions :
Père, tu nous accordes ton Saint-Esprit.
Par lui, tu illumines nos cœurs.
Que ce culte soit signe et témoignage de ton amour
et du salut que tu nous donnes.

Réunissons-nous dans la communion fraternelle avec le 1er chant du livret liturgique, inséré au début du Psautier Français. 

Répons : Bénissons Dieu le seul sauveur. (Ps. 134).

Bénissons Dieu le seul Seigneur, nous qu’il choisit pour serviteurs.
Levons nos mains dans sa maison, pour bénir et louer son nom.
 

Louange
 
Nous te louons, Seigneur, parce que tu fais pour nous des choses impossibles.
Tu nous offres, par la présence de ton Fils, le meilleur de toi-même pour donner un sens  à notre vie.
Nous te louons Seigneur, parce que tu nous appelles à vivre avec toi chaque jour de cette nouvelle semaine.
Nous te louons Seigneur, parce que tu nous as dit : « Tout est possible à celui qui croit ».
Oui, Seigneur, nous te louons.

Et de tout notre cœur, nous t’appelons :
Viens mettre ton impossible, là où nous n’attendons plus rien !
Donne-nous d’aimer encore, là où notre cœur est devenu froid !
Donne-nous d’espérer encore, là où nous sommes déçus et résignés !
Donne-nous de croire encore, là où nous sommes gagnés par le doute !

O Dieu d’amour, réveille-nous !
Et viens mettre ton impossible,
Dans notre possible.
Amen.

Psaume : Dans le recueil « le Psautier Français », nous prendrons le chant du psaume 100 B, les 4 strophes de ce psaume.

1 - Vous qui sur la terre habitez,
Chantez à pleine voix, chantez !
Réjouissez-vous au Seigneur,
Egayez-vous à son honneur.

2 - Lui seul est notre souverain,
C'est lui qui nous fit de sa main :
Nous, le peuple qu'il mènera,
Le troupeau qu'il rassemblera.
3 - Présentez-vous tous devant lui
Dans sa maison dès aujourd'hui ;
Célébrez son nom glorieux,
Exaltez-le jusques aux cieux.

 4 - Pour toi, Seigneur, que notre amour
Se renouvelle chaque jour ;
Ta bonté, ta fidélité
Demeurent pour l'éternité.

Volonté de Dieu
Ecoutons la volonté de Dieu à notre égard, pour aujourd’hui et les jours qui viennent :
 
Vous avez été appelés à la liberté.
Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre selon la chair.
Par amour, mettez-vous au service les uns des autres.
Car toute loi se résume dans ce seul commandement : tu aimeras ton prochain comme toi-même.
(Galates 5:13-14).

Répons : Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute….

Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute :
Je dis ton serviteur, car enfin je le suis.
Je le suis, je veux l’être, et marcher dans ta route,
Et les jours et les nuits.
 
Prière de repentance
Prions ensemble :

Nous voici maintenant devant toi.
Tels que nous sommes.
Tu nous aimes et nous ne voulons pas le savoir.
Tu nous sauves, tu nous pardonnes,
Et il semble que cela nous importe si peu.
Tu nous appelles à la liberté, et nous en profitons bien souvent pour nous déchirer, pour nous détruire les uns les autres.

Eternel,  nous sommes souvent devant les autres,
Secs et pour la plupart du temps, insensibles.
Nous nous habituons au mal et au malheur.
Nous sommes paralysés par notre indifférence
Transforme nos cœurs de pierre en  cœurs de chair.
Par ton Esprit, rends-nous humains et disponibles au visage de l’autre.
Creuse en nous le désir et la faim, et la soif de l’attente,
Et qu’il nous soit donné de nous mettre en route,

Dans la joie et l’espérance de ta présence.
Aide-nous à saisir ton pardon, à accepter cette libération que tu nous offres, sans condition.
Accorde-nous de vivre de ta joie, de ton espérance et de ton amour avec nos frères et nos sœurs,
mais aussi pour eux.
Au nom de Jésus-Christ notre Sauveur, Amen.

Répons : « J’aime mon Dieu, car il entend ma voix ».

J’aime mon Dieu car il entend ma voix,
Quand la frayeur ou le tourment m’oppresse,
Quand j’ai prié au jour de ma détresse,
Dans sa bonté, il s’est tourné vers moi.
 
Annonce du pardon

Dieu est amour : il entend la confession de notre cœur.
Par Jésus-Christ, notre péché nous est pardonné.
Par le Saint-Esprit,
la puissance de vie nouvelle nous est accordée.
Que Dieu mette  en nos cœurs l’assurance de son pardon
et qu’Il nous donne de marcher vers son Royaume.

Chantons à Dieu notre reconnaissance par le
Répons « Combien grande est ta gloire (ps 92).

Combien grande est ta gloire, en tout ce que tu fais, 
Et combien tes hauts faits sont dignes de mémoire !
Tes œuvres sans pareilles  ont réjoui mon cœur,
Je veux chanter, Seigneur, tes divines merveilles !

Confession de foi
Nous confessons notre foi avec un texte du pasteur Pierre Fath :
 
Dieu, je le cherche, sans jamais le trouver.
Quand je m’adresse à lui,
J’espère qu’il m’entend, mais je n’en sais rien.
On m’a dit qu’il est lumière, nourriture et vie, Amour, Justice et Paix.
Je voudrais le croire. Mais ce sont des hommes qui m’ont dit tout cela.
Comment une parole d’homme peut-elle devenir Parole de Dieu ?
Pourtant je crois que les hommes de la Bible, Moïse et les Prophètes
N’auraient jamais parlé comme ils l’ont fait,
S’ils n’avaient pas été inspirés  par la puissance de l’Esprit de Dieu.
C’est le même esprit qui anima Jésus de Nazareth et lui fit prendre conscience,
Dès son enfance, que Dieu était son Père.
Jamais ses actes n’ont contredit ses paroles.
Il est mort pour ne pas se renier.
Je crois que Jésus est le Christ, l’envoyé de Dieu.
Il est pour moi le chemin qui conduit à Dieu.
C’est encore l’Esprit qui témoigne à notre esprit
Que nous sommes enfants de Dieu.
Je crois l’amour plus fort que la mort.
Amen.
 
Répons : « Grand Dieu, nous te bénissons… »

Grand Dieu, nous te bénissons, nous célébrons tes louanges,
Eternel, nous t’exaltons, de concert avec les anges,
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !

Doxologie : « Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, et d’éternité en éternité »

Lecture du passage de la Bible médité.
Genèse chapitre 18, versets 1 à 15 :

L’Eternel apparut à Abraham parmi les chênes de Mamré, alors qu’il était assis à l’entrée de sa tente pendant la chaleur du jour.
Il leva les yeux et vit trois hommes debout, non loin de lui.
Quand il les vit, il courut depuis l’entrée de sa tente, à leur rencontre, et se prosterna jusqu’à terre.
Il dit : « Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas à côté de ton serviteur. Permettez qu’on apporte un peu d’eau pour vous laver les pieds, et reposez-vous sous cet arbre. J’irai prendre un morceau de pain pour vous restaurer, puis vous continuerez votre route, car c’est pour cela que vous passez près de votre serviteur. »
Ils répondirent : « Fais comme tu l’as dit »
Abraham s’empressa d’aller trouver Sara dans la tente et dit : « Prends vite 22 litres de fleur de farine ! Pétris-la et fais des gâteaux.
Abraham courut à son troupeau, prit un veau tendre et bon, et le donna à un serviteur qui se dépêcha de le préparer.
Il prit encore du lait caillé et du lait, avec le veau qu’on avait préparé, et il les mit devant eux.
Il se tint lui-même à leurs côtés, sous l’arbre et ils mangèrent.
Puis ils lui dirent : « Où est ta femme, Sara ?
Il répondit : « Elle est là, dans la tente. »
L’un d’eux dit : « Je  reviendrai vers toi, à la même époque, et ta femme, Sara, aura un fils ».
Sara écoutait à l’entrée de  la tente, derrière lui.
Abraham et Sara étaient vieux, d’un âge avancé et Sara ne pouvait plus espérer avoir des enfants.
Elle rit en elle-même, en se disant : « Maintenant que je suis usée, aurai-je encore des désirs ? Mon seigneur aussi est vieux.
L’Eternel dit à Abraham : « Pourquoi donc Sara a-t-elle ri, en se disant : « Est-ce que j’aurai vraiment un enfant, moi qui suis vieille ?
Y-a-t-il quoique ce soit d’étonnant de la part de l’Eternel ?
Au moment fixé, je reviendrai vers toi, à la même époque, et Sara aura un fils.
Sara mentit en disant : « Je n’ai pas ri ! », car elle eut peur.
Mais il dit : « Au contraire, tu as ri ! ».

Cantique : Louange et Prière n°289 « Bienheureux qui t'aime », les 3 strophes de ce cantique.

1 - Bienheureux qui t'aime,
Jésus bien suprême,
Source du bonheur ;
Verse dans mon âme,
De ta sainte flamme
La divine ardeur.
Avec toi Tout est à moi.
Accorde moi ta présence,
Et ton assistance.

2 Au sein de l'épreuve.
Ton esprit m'abreuve
D'un calme divin.
En toi, mon asile,
Mon âme est tranquille
Et mon coeur serein.
Avec toi Tout est à moi.
Accorde moi ta présence,
C'est mon espérance.

 3 - O Jésus que j'aime !
Au moment suprême,
Prends-moi dans tes bras ;
Soutiens ma faiblesse ;
Change en allégresse
Mes derniers combats.
Avec toi Tout est à moi.
Accorde moi ta présence,
C'est ma délivrance.

Prière :
Prions ensemble

Donne-nous, ô Dieu,  d’accueillir ta Parole :
Comme l’oiseau reçoit l’espace avec le grain;
Comme l’ami reçoit l’ami,
Comme la nuit reçoit l’aurore et le soleil ;
Comme le sol reçoit la semence,
Comme la sève monte aux branches et porte fruit,
Donne-nous, Seigneur, d’accueillir ta Parole. Amen

Orgue

Prédication

Amis, sœurs et frères, 

Rien n’est étonnant, aux yeux de Dieu !

Ce passage du livre de la Genèse nous raconte l’histoire d’un homme, Abraham, en relation avec son Dieu. Et ce Dieu pourrait bien se nommer le Dieu des choses impossibles. Dieu rend visite à Abraham, dans cet oasis appelé les chênes de Mamré, qui reste à jamais le lieu mythique de l’hospitalité, de la même façon qu’Abraham reste la figure exemplaire de l’homme de foi, légendaire par son obéissance sans faille, et par son accueil généreux, proche de la prodigalité.
Où se situe Mamré, ou Mambré ? Cet endroit se situe à 3 kms au nord d’Hébron, dans la montagne de Judée.  Nous sommes au cœur de ce qui deviendra Israël, là où Abraham établira sa résidence, et où Isaac et Jacob s’établiront  aussi.
A la mort de Sara, Abraham y achètera la grotte de Makpéla pour lui faire une sépulture. Lui-même y sera par la suite enterré, ainsi que son fils Isaac, puis son petit-fils Jacob.
Aujourd’hui encore, on fait référence au tombeau des Patriarches dans cette région d’ Hébron.

Ce chapitre 18 de la Genèse raconte comment Abraham accueille trois étrangers sous sa tente. L’histoire se déroule en deux temps : tout d’abord une scène qui raconte cet accueil sous le chêne, puis une conversation qui a lieu près de la tente.

La première scène se passe au moment le plus chaud de la journée, autour de midi. Abraham est assis à l’entrée de sa tente. Dès le premier verset,   le lecteur est mis immédiatement dans la confidence: « L’Eternel apparait à Abraham » (v.1). Mais Abraham ne l’a pas encore vu. Ce qu’il voit, en levant les yeux, ce sont trois personnages.
Ces personnages posent d’ailleurs un problème de traduction. Dans certaines versions,  on trouve le mot « hommes » », dans d’autres, celui d’anges », ou de « messagers divins ». Mais le mot en hébreu désigne bien des hommes. Nous sommes donc  devant une représentation de Dieu, qui apparaît face à Abraham, sous la forme de trois hommes. En tout cas, Abraham interprète dans la présence de ces trois hommes, Dieu qui lui rend visite. Mais ce n’est pas aussi simple de le dire ainsi car le récit passe sans cesse du singulier au pluriel, laissant planer l’ambigüité.

Que fait-il Abraham, à cette heure aussi chaude de la journée ? Comme le texte ne nous renseigne pas, on peut imaginer qu’il est dans un moment méditatif avec Dieu. Peut-être est-il en train de penser à son avenir, rempli de promesses, mais qui  tardent à voir le jour.  Au milieu de sa réflexion, Abraham reçoit la visite de ces trois inconnus, il lâche son moment d’intimité pour se consacrer exclusivement à l’accueil de ces hommes. Il se laisse déranger dans son moment personnel pour se tourner vers ceux qui arrivent sous sa tente. Parce qu’il sait bien que, dans le désert, recevoir ou non quelqu’un chez lui, à l’improviste, est une question de vie ou de mort. Le désert est brûlant. Il faut impérativement faire attention aux besoins élémentaires de l’autre comme la faim et la soif. Abraham n’est pas plus nanti que ceux qui lui rendent visite. Il vit sous la tente, qui est un espace à la fois protégé et ouvert à tous les vents.  Au fond, dans cette histoire, c’est la rencontre deux mondes, vulnérables chacun à leur manière : les hommes parce qu’ils arrivent du désert et qu’ils ont besoin de se restaurer, et Abraham, parce qu’il vit sous une tente, signe qu’il n’est pas quelqu’un d’installé, mais toujours en errance.
Abraham exerce ici toutes les règles de l’hospitalité sémitique, relayée jusqu’à aujourd’hui par les Bédouins. Et nous sommes rendus sensibles à l’empressement d’Abraham d’accueillir au mieux ses visiteurs. Lui qui est vieux, le voici en train de courir vers eux pour se prosterner. Puis il se dépêche d’aller dire à Sara, sa femme de confectionner des galettes, tandis qu’il se précipite  à son troupeau pour prendre un veau tendre et bon pour le donner à son serviteur qui s’active pour le préparer. Il donne encore du lait et du caillé, puis ils dégustent ensemble le veau préparé. Et cette scène se termine par le repas.

Les positions des personnages de ce récit sont inversées. Au début,  Abraham était assis tranquillement à l’entrée de sa tente, face à des visiteurs, debout non loin de lui. A la fin, Abraham est debout, sous le chêne, auprès de ses hôtes assis, en train de déjeuner. Ce qui a provoqué cette transformation, ce sont deux paroles : tout d’abord celle  prononcée par Abraham : « Seigneur,  si j’ai trouvé grâce à tes yeux ne passe pas loin de ton serviteur », ce qui laisse supposer qu’Abraham a peut-être reconnu la présence de Dieu, puis la réponse des visiteurs : « Fais comme tu l’as dit », activant ainsi le processus d’hospitalité. Mais rien n’indique clairement qu’Abraham ait reconnu son,  ou ses,  visiteur(s).

La seconde scène est tout aussi ambigüe que la première. Les visiteurs posent la question de savoir où est Sara, la femme d’Abraham, dont ils connaissent le nom. Comment le savent-ils ? Mystère ! Sara est là, derrière la tente et ne perd aucune miette de la conversation. L’un des visiteurs annonce la naissance d’un fils au foyer d’Abraham et Sara. Ce qui provoque le rire intérieur et sûrement une moue ironique de Sara, qui est bien placée pour savoir que ce n’est pas possible. Mais ce visiteur n’ignore rien des pensées secrètes de Sara. Et en quelque sorte, il se dévoile à Abraham  par cette phrase : « Y a-t-il quoique ce soit d’étonnant de la part de l’Eternel ? Au moment fixé, je reviendrai vers toi et Sara aura un fils » (Gn 18/14).
Malgré son rire rempli de scepticisme, et sa difficulté à le cacher, Sara sera tout de même exaucée et la promesse de Dieu tenue. L’histoire humaine et spirituelle entre  Dieu et Israël est en route.

Dans notre monde si troublé actuellement par la distanciation sociale obligée, qu’est que ce récit peut nous apporter ?
L’hospitalité est un sujet délicat. Chez certaines personnes, c’est quelque chose de simple, d’évident, d’inné.  Chez d’autres, au contraire, c’est quelque chose d’impossible. Nous sommes d’accord sur le principe d’accueillir, d’offrir l’hospitalité à l’étranger quel qu’il soit. Mais très vite, nous nous heurtons à des limites tout à fait légitimes, qui font partie d’un certain bon sens et même d’une clairvoyance. Je ne voudrais pas m’étendre sur la vaste question de l’accueil de l’étranger, ou celle, trop contemporaine des migrants, qui est un sujet sensible, épidermique, même. Dans notre église, c’est une question qui reste étudiée, pour laquelle des réponses temporaires sont trouvées, mais qui nécessitent une constante adaptation, face à une actualité qui nous déborde de tous côtés. Dans la Bible,  la question de l’accueil de l’étranger reste constante et récurrente, et le peuple d’Israël est sans cesse renvoyé  à se souvenir, à ne pas oublier qu’il a vécu sur une terre étrangère, et qu’il est nomade, toujours errant.

Je m’en tiendrai donc à cette notion d’hospitalité prometteuse,  décrite dans ce récit de la Genèse.
Quand les trois hommes s’arrêtent à sa tente, Abraham ne les refoule pas. Il se laisse déranger dans la quiétude de sa propre vie, par cette arrivée à l’improviste. Il  prend cette  visite comme un signe de la présence de Dieu, même s’il la devine, plus qu’il ne la reconnaît. En accueillant ces visiteurs, il fait entrer un peu d’éternité dans sa vie, et dans celle de Sara, sa femme. C’est tout un impossible qui rentre chez lui. Grâce à son hospitalité empressée et généreuse, il reçoit la promesse d’une fécondité et celle d’une famille, là où l’âge rendait risible le simple fait d’y penser. Tout le texte est construit sur l’ambiguïté entre les trois hommes et Dieu, ou l’Éternel. D’ailleurs,  Abraham demande à l’un d’eux, de ne pas passer loin de son serviteur.  Que veut-il dire ? Peut-être que,  ne pas accueillir  les autres hommes comme des frères, ne pas ouvrir sa maison et son coeur, c’est passer à côté de ce que Dieu a à nous donner, une vie spirituelle construite sur les relations solidaires et aimantes.
Mais si c’est facile à dire, ce n’est pas facile à vivre. C’est difficile d’accueillir. L’hospitalité contient cette part d’imprévisibilité qui nous prend au dépourvu. Et nos sociétés,  de plus en plus calfeutrées par la méfiance,  voire verrouillées par le discours sécuritaire,  ou par les digicodes,  laissent de moins en moins de place à la surprise ou à la spontanéité.  Nous sommes alors soumis à cette  tension : d’un côté il faut faire l’impossible pour accueillir l’autre, c’est une question vitale ou morale, mais en même temps, c’est impossible de l’accueillir vraiment, parce qu’on touche au mystère de chacun, parce qu’il faut partager ce qu’on a, même si on a peu, (parfois c’est plus facile, si  on a peu, que si on a beaucoup), et surtout, c’est livrer quelque chose de soi-même, c’est dévoiler sa propre intimité.

Et pourtant, dans nos déserts de sable comme de béton où les visites imprévues se font de plus en plus rares, si l’on ne fait pas preuve d’hospitalité et de disponibilité pour celui ou celle qui se présente, alors le désert sera  encore plus immense et notre sentiment de solitude, décuplé. Abraham est sauvé du désert, mais aussi de la stérilité, par l’accueil de trois visiteurs inconnus, mais qui disent quelque chose de la présence de Dieu. Par l’étranger et son étrangeté, Abraham va vers lui-même, et découvre que la promesse sur laquelle il a fondé sa foi itinérante, va,  contre toute attente, se réaliser.

Je vous propose de recevoir ce récit aujourd’hui, pour une vigilance à exercer, en tout cas, dans notre vie d’Eglise, envers les hommes et les femmes,  qui sont autant de sœurs et de  frères que nous ne choisissons pas, mais qui nous sont donnés, dans la foi et par la vie communautaire et fraternelle. Nous formons un corps, aux membres nombreux et disparates. Certains ont des fonctionnements à l’opposé des nôtres, ce qui peut nous hérisser le poil et nous faire porter des jugements préfabriqués, à l’emporte-pièce, parfois irréversibles. Alors, pour avancer ensemble,  rien ne remplace la rencontre et  l’accueil de l’autre, par une discussion, un partage, une explication en vérité, afin de ne pas manquer une hospitalité somme toute prometteuse. C’est une question de confiance, et la confiance, ça se décide, ça se choisit.  Mais  l’hospitalité aussi,   ça se travaille, comme l’indique l’auteur de la lettre aux Hébreux : “ N’oubliez pas l’hospitalité, car c’est grâce à elle que quelques-uns, à leur insu, hébergèrent des anges ” (He 13, 2). Autrement dit, une présence de Dieu.
Ou encore l’auteur du livre de l’Apocalypse : “ Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, je souperai avec lui et lui avec moi ”.  (Ap 3, 20).

Amen.

Pour aller plus loin : 

  • Delphine Horvilleur, rabbin, « Abraham et le sacrifice, peut-on négocier avec Dieu ? » Emission : Les chemins de la philosophie, Adèle Van Reeth, 24 août 2020, France-Culture.
  • Paul Ricoeur, « Etranger, moi-même », in : Semaines Sociales, L’immigration, Bayard Editions, Centurion, Paris, 1998, pp. 93-106.

Orgue 

Cantique : Louange et Prière n°343 " Seigneur, accorde-moi d'aimer ", les 3 strophes de ce cantique.

1 - Seigneur accorde-moi d'aimer !
Il faut bien que ta main m'y pousse :
En moi, je trouve un coeur fermé
Dont la vaine pitié s'émousse.
S'il est vrai que chaque désir
Ici bas côtoie une faute,
Qui rendra mon âme assez haute
Pour cet amour qui doit l'emplir ?

2 Il faut ta croix sur mon chemin
Et la brûlure de tes larmes,
Il faut ce grand mystère humain
Par quoi, Seigneur, tu nous désarmes.
Nous n'aurions pas connu l'amour
Si tu n'avais aimé toi-même.
Que ta croix soit mon seul emblème
Pour les combats de chaque jour !.

 3 - Par toi qui n'es que charité,
Qu'ainsi je mette sur ma route
Où règne l'ombre, la clarté,
La foi vivante, où git le doute ;
Fais que j'oppose désormais
Au désespoir ton espérance,
Ton pardon sans borne à l'offense.
A la haine, ô Jésus, ta paix.

Annonces
Merci à Aurélien Peter pour son accompagnement musical. Le dernier morceau d’orgue fait partie intégrante du culte. C’est le morceau d’envoi. Chacun peut néanmoins partir quand il le souhaite, en laissant les cantiques à sa place. Merci.
 
Offrande pour l’Eglise
Que chacun donne avec joie, sans regrets ni contrainte.
 
Orgue
 
Prière d’intercession

O Dieu notre Père,  tu nous combles de tes bénédictions, jour après jour et notre geste d’offrande d’aujourd’hui en est un modeste témoignage. Inspire-nous d’autres gestes d’offrande, qui ne soient pas  que des gestes matériels mais aussi des gestes d’amitié et des marques de tendresse.

Nous te prions les uns pour les autres.
Merci pour ton amour qui nous a appelés avant même que nous le sachions et qui nous a conduits jusqu’à aujourd’hui.
Merci pour la joie que tu nous donnes de pouvoir répondre à ton amour, et que cette réponse soit offerte à tout homme, toute femme, tout enfant, qui cherche profondément ton Nom.

Nous te prions de nous soutenir dans nos différents engagements, d’ouvrir nos cœurs à la rencontre, à l’hospitalité, à l’accueil de l’autre, par le discernement des paroles à dire et des actes à entreprendre.

« Apprends-nous à écouter et à connaître le nom de celui ou de celle que tu mets sur notre route. Ses paroles, ses témoignages, les récits de sa vie ouvriront un espace au dialogue et à une parole qui nous fera te reconnaître.
Apprends-nous inlassablement l’amour de l’autre,  afin que ta Parole résonne, et donne naissance à un échange véritable, gratuit et sans crainte, en même temps risqué et fécond, une hospitalité qui prépare la paix ». (Pasteur Joël Dahan).
Nous te prions pour celles et ceux qui n’ont pas pu se joindre à nous, aujourd’hui, quelle que soit la raison.

Nous te prions pour celles et ceux qui sont le deuil d’un être cher. Soutiens-les de ton amour.
Nous te prions pour les personnes qui ont demandé ta bénédiction sur leur couple, pour celles qui traversent une période délicate de remise en question, d’incertitude, de doute, de solitude, d’appréhension du futur.
Nous te présentons celles et ceux qui ont demandé le secours de notre prière et que nous te nommons dans le profond de notre cœur.
Nous te prions pour la paix dans notre monde.
Rends-nous persévérants là où  nous sommes, à travailler, nous aussi, pour la paix.

Et ensemble, nous te disons la prière que Jésus a enseignée à ses disciples : Notre Père

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous soumets pas à la tentation mais délivre-nous du mal, car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles.
Amen.

Bénédiction 
Recevons la bénédiction de la part du Seigneur :

Mon frère, ma sœur, mon ami,
Que l’Eternel  te bénisse et te garde !
Que l’Eternel fasse rayonner sur toi son regard et t'accorde sa grâce !
Que l’Eternel porte sur toi son regard et te donne la paix !
Amen.

Répons : bénis Ô Dieu nos routes

Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi,
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi. 
 
Orgue

Genèse 18 : 1-15

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Lecture de la Bible

Genèse 18:1-15

1  L'Éternel lui apparut aux chênes de Mamré, tandis qu'il était assis à l'entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour.

2  Il leva les yeux et regarda : trois hommes étaient debout près de lui. Quand il les vit, il courut à leur rencontre, depuis l'entrée de sa tente, se prosterna en terre

3  et dit : Seigneur, si je peux obtenir cette faveur de ta part, ne passe pas, je te prie, loin de ton serviteur.

4  Qu'on apporte donc un peu d'eau, pour vous laver les pieds ! Reposez-vous sous cet arbre.

5  J'irai prendre un morceau de pain, pour vous réconforter ; après quoi, vous passerez (votre chemin) ; ainsi vous ne serez pas passés en vain chez votre serviteur. Ils répondirent : Oui, fais comme tu l'as dit.

6  Abraham alla vite dans sa tente vers Sara et dit : Vite, trois mesures de fleur de farine ; pétris et fais des gâteaux.

7  Abraham courut vers le bétail, prit un veau tendre et bon, et le donna à un jeune serviteur, qui l'apprêta vite.

8  Il prit encore de la crême et du lait, avec le veau qu'on avait apprêté, et il les mit devant eux. Il se tint lui-même à leurs côtés, sous l'arbre, et ils mangèrent.

9  Alors ils lui dirent : Où est ta femme Sara ? Il répondit : Elle est là, dans la tente.

10  L'un d'entre eux dit : Assurément, je reviendrai vers toi l'année prochaine : voici que Sara, ta femme, aura un fils. Sara écoutait à l'entrée de la tente qui était derrière lui.

11  Abraham et Sara étaient vieux, d'un âge avancé, et Sara n'était plus en état d'avoir des enfants.

12  Elle rit en elle-même en disant : Maintenant que je suis usée, aurais-je encore des désirs ? Mon Seigneur aussi est vieux.

13  L'Éternel dit à Abraham : Pourquoi donc Sara a-t-elle ri en disant : Est-ce que vraiment je pourrais avoir un enfant, moi qui suis vieille ?

14  Y a-t-il rien qui soit étonnant de la part de l'Éternel ? L'année prochaine, au temps fixé, je reviendrai vers toi, et Sara aura un fils.

15  Sara mentit : Je n'ai pas ri, dit-elle, car elle éprouvait de la crainte. Mais il dit : Si, tu as ri !

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À Voir également