Un homme et une femme

​Jean 4/3-42

Culte du 26 novembre 2017

Vidéo de la partie centrale du culte

Comme beaucoup de pasteurs qui se réclament du protestantisme libéral, j’ai une prédilection pour l’évangile de Jean. Je suis pour ma part séduit par son absolue simplicité qui s’exprime à travers l’utilisation de symboles universels qui parlent de Dieu et qui donnent à penser : la lumière, l’eau, le souffle, ou encore dans l’ordre de la culture, le pain, la vigne, le berger.

Tous ces symboles trouvent leur plénitude de sens en Jésus. Car bien évidemment le quatrième évangile est un évangile christologique, comme disent les théologiens. Il s’adresse à des croyants pour les aider à répondre à une question : qui est Jésus de Nazareth ? Et cet évangile développe une pédagogie de la foi destinée à nous faire découvrir et approfondir l’identité du maître de Nazareth. Jésus est d’ailleurs le personnage central du récit que je viens de lire, le seul de tous les protagonistes qui soit présent du début jusqu’à la fin. Qui est cet homme, ce vagabond qui passe sur le chemin et qui fait halte au bord d’un puits à l’heure méridienne ?

Nous le découvrons peu à peu au fil de l’entretien mené avec la femme, avec les disciples et avec les samaritains. Nous sommes conduits d’étape en étape. Jésus est un juif (et il rappelle que le salut vient des juifs), c’est un prophète, c’est le messie, et c’est enfin, comme le proclament les samaritains en conclusion, le sauveur du monde. La progression d’une affirmation à l’autre est cohérente. Elle culmine dans une profession de foi qui met en valeur l’universalité du salut dont cet homme est le messager.

D’une certaine manière, ma prédication pourrait s’arrêter là et nous pourrions repartir, bardés d’une petite catéchèse sur l’être et l’action du Christ. Le problème, c’est que l’apparente simplicité du récit est en fait perturbée par une série d’énigmes. Par exemple : Va chercher ton mari et reviens ici ! Cet ordre donné par Jésus à la samaritaine a de quoi surprendre. La femme vient d’accepter l’eau qui jaillit en vie éternelle. Alors pourquoi, en cet instant, en ce lieu, solliciter la présence de son mari ? Quel lien entre l’eau vive et ce monsieur ?

Oui, c’est un peu bizarre. D’autant que la suite du récit est jalonnée d’énigmes analogues. Pourquoi un débat sur la localisation du temple ? Pourquoi au retour des disciples, cette conversation sur la nourriture, sur les semailles et la moisson ? Le texte est finalement moins lisse qu’il n’y paraît. Or toutes ces digressions fonctionnent comme des ressorts dramatiques qui relancent l’action et qui, au cours de la narration, nous permettent de mieux cerner l’identité de Jésus, au-delà de ce qu’il peut y avoir de conventionnel dans les titres de prophète, de messie et de sauveur qui lui sont attribués. En dépassant la trop convenue doctrine de la foi, il nous faut donc entrer dans le monde du texte, avec ses péripéties et son intrigue, pour tenter de cerner au plus près qui est Jésus de Nazareth. Avec lui il faut nous mettre en route. Nous avons affaire en effet à un récit de voyage.

Jésus et ses disciples vont de Judée en Galilée et ils sont obligés de traverser la Samarie, une terre sinon étrangère, du moins peuplée de mal-sentants de la foi, des hérétiques, des gens qui en tout cas sont en conflit avec les juifs. La petite bande fait halte près d’un puits. Jésus est fatigué. C’est l’heure de la pause. Ce que je voudrais d’emblée mettre en exergue, c’est que dans la Bible hébraïque, il y a plusieurs récits analogues à celui-ci. Dans l’Exode on nous raconte la fuite de Moïse au pays de Madian et sa rencontre avec les filles de Jethro, importunées par des bergers indélicats alors qu’elles allaient abreuver leurs brebis.

En Genèse 24, on nous raconte la pérégrination d’Eliezer, le serviteur d’Abraham chargé d’aller trouver une épouse pour Isaac. C’est auprès du puits qu’il rencontre Rebecca.

En Genèse 29, enfin, nous avons la rencontre de Jacob et de Rachel auquel le récit johannique fait directement allusion.

On est près de Sychar, là même où se trouve le puits de Jacob. Il se trouve que tous ces récits fonctionnent de la même manière. Un homme est en voyage. Il fait halte au bord du puits. Une femme arrive. La conversation s’engage. La rencontre entre Jésus et de la samaritaine, c’est donc un classique de la littérature biblique. Enfin, il y a quand même un détail troublant. Il est écrit que c’était environ la sixième heure. Sexte. Il est midi. Midi le juste. Le soleil est au zénith. La chaleur est accablante. A cette heure-là, personne ne vient puiser de l’eau. On viendra à l’heure du soir. Et ce sera alors l’occasion, pour les indigènes, de se rencontrer et de parler.

Si la samaritaine vient à midi, c’est précisément parce qu’elle est sûre qu’elle ne rencontrera personne. Elle a une vie sentimentale compliquée. Certaines situations ne sont pas faciles à vivre, lorsqu’on se sent jugé par le regard des autres. Elle se sent condamnée. Peut-être même est-elle exclue et rejetée. Elle est seule, que cette solitude soit voulue ou subie. Elle vient au puits à la sauvette et voilà qu’elle tombe nez à nez sur un inconnu. Il se trouve que Jésus, lui aussi, est seul. Les disciples sont partis faire les courses.

C’est Jésus qui engage la conversation en demandant de l’eau à la femme. C’est la même question que celle posée par Eliezer le serviteur d’Abraham, à Rebecca. Demander de l’eau, c’est bien sûr demander un service en vue de la satisfaction d’un besoin aussi élémentaire que vital. Mais c’est également entrer en relation avec l’autre. C’est bien évidemment le moyen de percevoir les dispositions de la personne à qui l’on s’adresse. Donner de l’eau à qui en demande signifie se montrer accueillant. Et alors la conversation peut continuer, la relation peut se nouer. Or à ce moment-là, la samaritaine refuse l’eau à Jésus. Une samaritaine et un juif n’ont rien à faire ensemble. Les choses pourraient en rester là. Mais Jésus insiste et il renverse la situation. Il lui propose de l’eau vive. Au lieu de l’eau du puits, il lui offre une source. Pas de l’eau qu’on va chercher péniblement avec un récipient au bout d’une corde, qu’il faut remonter à la force des bras. Mais l’eau courante. On comprend que la femme soit intéressée par cette offre, qui viendrait mettre fin à la corvée quotidienne.

En cet instant Jésus, en relançant l’entretien, agit comme Eliezer, comme Jacob, comme Moïse, qui en offrant de l’eau à une femme initient un processus qui va tout naturellement conduire à un mariage. C’est toujours le futur mari qui offre de l’eau. Mais Jésus n’est pas le mari de cette femme. C’est bien pourquoi à ce moment-là, Jésus lui demande d’aller chercher son mari. La femme répond qu’elle n’a pas de mari. Mais elle ne dit pas tout. Elle a déjà eu cinq maris et le sixième n’est pas son mari.

Dans le récit de l’entretien avec Nicodème, l’auteur du quatrième évangile précise que Jésus sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme. Ici sans porter sur elle quelque jugement que ce soit, sans la condamner, Jésus met simplement le doigt sur ce qui ne va pas dans sa vie, là où ça fait mal. La femme est au pied du mur. Elle croit s’en sortir en détournant la conversation. Elle flatte Jésus en lui attribuant la qualité de prophète. Puis elle pose une question de catéchisme à ce mystérieux interlocuteur. Elle n’a peut-être pas beaucoup de morale ; mais sur la religion, ça va ! Elle pose une question précise : quel est le véritable lieu de culte, Jérusalem ou le Garizzim ? Où faut-il adorer ? Où est le vrai Dieu ?

De nouveau, le texte nous propose un passage abrupt, difficilement compréhensible. Pourquoi botter en touche de cette manière ? En fait dans la tradition biblique, pour parler des relations entre Dieu et son peuple, les prophètes aiment employer la métaphore nuptiale. Dieu est comme un époux. Dieu souffre des infidélités de son peuple. Des faux maris aux faux dieux, le pas est facile à franchir. Qui est le vrai mari de cette samaritaine ? Quel est le vrai Dieu de ce peuple ? Quelle est la vraie religion ? Quel est le véritable temple ? Et s’il fallait adorer le Père en esprit et en vérité, en recevant ce que propose Jésus : une eau vive qui deviendra dans le cœur du croyant une source jaillissante en vie éternelle ?

La question reste en suspens car à ce moment-là, un fois de plus, l’action rebondit. Les disciples arrivent. La femme abandonne sa cruche et part pour  la ville. Son départ précipité correspond dans les récits de l’Ancien Testament au moment où la future épouse court chez son père pour dire qu’elle a rencontré un homme auprès du puits. La samaritaine va vers les gens de son village, elle qui jusqu’à présent allait au puits à midi, afin d’éviter de les rencontrer, pour éviter de s’entendre dire ce que Jésus lui a rappelé et qu’elle raconte maintenant à tous : Il y a là un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ! La samaritaine a été changée, transformée par sa rencontre avec Jésus et son comportement en est la meilleure preuve. C’est une véritable conversion mais l’évangile n’en fait pas un récit spectaculaire. Voilà que cette femme prend la parole en toute liberté. Elle est de surcroît réintégrée à la communauté.

Alors intrigués par la démarche de cette femme, les samaritains à leur tour viennent voir Jésus avant de mettre leur foi en lui, à cause, nous dit l’évangile, de la parole de la femme qui rendait ce témoignage. J’aimerais encore attirer votre attention sur un détail, au verset 31 : entre temps. Entre le départ de la femme et l’arrivée des samaritains, Jésus parle avec ses disciples. Ceux-ci sont allés au ravitaillement. Et on se met à parler de victuailles. Tout à l’heure, la samaritaine lui parlait d’eau et Jésus lui répondait en évoquant une source pour la vie en plénitude. Maintenant les disciples exhortent le maître pour qu’il mange et lui leur parle de sa nourriture qui est de faire la volonté du Père. Et Jésus poursuit par les semailles et les moissons.

Voilà des symboles de fécondité, de vie. En parlant de semailles et de moissons, Jésus évoque sa propre mission, ce pourquoi il a été envoyé. Encore quatre mois et ce sera la moisson. L’écart normal entre les semailles et la moisson, c’est quatre mois. En Palestine, on moissonnait en avril-mai. Avril est d’ailleurs appelé mois des épis. Quatre mois plus tôt, c’est décembre. Les semailles viennent d’être terminées. De quelle moisson parle Jésus, en s’adressant ainsi à ses disciples ? Il s’agit bien sûr des samaritains qui viennent lui demander s’il est le messie. Ces hommes représentent cette terre de Samarie, infidèle au Dieu vivant et vrai, mais qui, grâce à Jésus, va retrouver son véritable époux et par là-même sa fécondité : Levez les yeux, regardez les champs. Ils sont blancs pour la moisson ! Les samaritains supplantent désormais la femme qui disparaît.

En finale, ce sont eux qui tiennent le rôle principal. Ils prennent le relais parce qu’ils viennent jouer le rôle dévolu à la future épouse dans les récits de rencontre auprès du puits. Ce sont eux, et pas la femme, qui invitent Jésus à demeurer chez eux. Et ce qui clôture l’histoire, ce n’est pas une fête de noces, c’est une confession de foi : Nous l’avons entendu nous-mêmes et nous savons que c’est vraiment lui le sauveur du monde.

On peut donc lire cette historiette à plusieurs niveaux. Celle d’une femme qui naît à une vie nouvelle. Celle d’un peuple qui revient à son Dieu. Celle de l’humanité appelée à découvrir les profondeurs insoupçonnés d’un salut qui s’étend désormais de Jérusalem jusqu’aux extrémités de la terre. Mais à chacun de ces niveaux, c’est encore la personnalité de Jésus qu’il convient de scruter. J’aimerais mettre en lumière deux points, l’un qui touche à la nuptialité, l’autre à ce que dans le vocabulaire de la théologie classique, on appelle la révélation.

La nuptialité tout d’abord. Il est évident que le récit déploie une thématique nuptiale très forte. Il est construit sur le modèle vétérotestamentaire de la rencontre auprès du puits. Un homme donne de l’eau à une femme. Celle-ci va tout raconter à son père et l’histoire s’achève par un mariage. Mais il joue aussi sur l’image, chère aux prophètes, de la femme infidèle. Car bien évidemment le problème de la samaritaine, ce n’est pas le manque. Elle, c’est plutôt le trop-plein. En tout cas, au chapitre quatre de l’évangile de Jean, la rencontre entre cet homme et cette femme ne se conclut pas par des noces. Au sujet de Jésus et de la samaritaine, il n’est pas écrit qu’ils se marièrent, qu’ils furent heureux et qu’ils eurent beaucoup d’enfants. La samaritaine doit retrouver son vrai mari tout comme l’humanité doit découvrir le seul et véritable Dieu.

J’en conclus que Jésus n’est pas l’époux. Jésus ne prend pas la place de Dieu. Il maintient la distinction entre la confiance qu’on peut placer en lui et la communion avec Dieu. Il est en revanche celui qui invite aux noces, là où l’on célèbre l’alliance de Dieu avec l’humanité. Il faut dès lors considérer le rôle de Jésus dans ce processus. Vous l’avez sans doute remarqué, ce récit est fondé sur une succession de malentendus, car tous les mots peuvent revêtir un double sens.

Jésus parle d’eau vive, là où la samaritaine n’entend que de l’eau. Là où les disciples parlent de nourriture, Jésus entend lui la volonté de son père. Semailles et moissons sont des réalités concrètes pour ses interlocuteurs alors que le maître de l’Evangile y voit la description et les fruits de son ministère. Il y a un je ne sais quoi de socratique dans la démarche de Jésus, qui s’apparente à une maïeutique. Jésus est un éveilleur. Cette femme, il ne lui donne pas de leçons de morale, il ne l’exhorte pas. Il ne lui fait pas un cours de théologie. Il la fait parler. Il dialogue avec elle, sans jugement, sans a priori, sans complaisance non plus.

Le dévoilement progressif de cette existence personnelle dans sa vérité, sa complexité, dans sa difficulté constitue le premier versant de l’entretien. Voilà une femme dont la vie sentimentale est chaotique. Elle travaille dur. Elle est complètement désocialisée. C’est dans l’épaisseur et la consistance de cette tranche de vie que pourra se jouer l’événement de Dieu. Car Jésus est aussi habité par la conviction que l’existence humaine ne se dévoile dans sa vérité et sa profondeur qu’en interaction avec la question de Dieu. C’est la profondeur de Dieu qui donne à l’homme sa propre profondeur.

C’est d’ailleurs ce que pressent la samaritaine, lorsqu’elle demande à Jésus où il faut adorer. La femme place la question de Dieu en son lieu adéquat, celui de l’adoration, ce qui est d’une justesse théologique saisissante. Mais, en revanche, elle se trompe en croyant que l’être humain est en mesure de décider où il faut adorer Dieu. La connaissance de Dieu n’est pas le fruit d’une quête religieuse. Elle est un don. Ce n’est pas l’homme qui trouve Dieu. C’est Dieu qui trouve l’homme en se manifestant à lui par son Esprit. En lui disant cela, Jésus fait passer la femme à un autre niveau de compréhension de la réalité et il lui ouvre les portes de ce que Jean appelle la vie nouvelle.

Adorer en esprit et en vérité, c’est en effet, tout simplement faire l’expérience d’une vie où les choses et les êtres sont remis à leur place, où ce qui est tordu est redressé, où les aspirations du cœur humain sont enfin satisfaites d’une manière totalement inattendue et où l’on expérimente que le don de Dieu soigne, libère et accomplit. Jésus se comporte à l’égard de cette femme comme un thérapeute : il l’écoute, il la questionne. Par ce travail, la femme relit son histoire, fait mémoire de ses blessures, se met à l’écoute de son désir et prend conscience que du neuf et du vivant est désormais possible dans une existence qu’elle pouvait croire à jamais abîmée.

En ce sens, le récit de la samaritaine, concerne chacun d’entre nous. Il est un commentaire de cette affirmation du Christ johannique : si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres.

Seigneur, tu es venu à nous. Comme cette femme de Samarie nous allons à toi, avec nos fautes et nos échecs, avec nos rêves et nos espérances. Ta parole est vérité, fais en nous la vérité.  

AMEN

Lecture de la Bible

3 Alors il quitta la Judée et repartit pour la Galilée.

4 Or il fallait qu'il traverse la Samarie.
5 Il arriva donc dans une ville de Samarie nommée Sychar, près du champ que Jacob avait donné à Joseph, son fils.
6 Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C'était environ la sixième heure.

7 Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. Jésus lui dit : Donne-moi à boire.
8 Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres.
9 La femme samaritaine lui dit : Comment toi qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une Samaritaine ? — Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains. —
10 Jésus lui répondit : Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ! c'est toi qui lui aurais demandé (à boire), et il t'aurait donné de l'eau vive.
11 Seigneur, lui dit-elle, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond ; d'où aurais-tu donc cette eau vive ?
12 Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits et qui en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux ?
13 Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau aura encore soif ;
14 mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.
15 La femme lui dit : Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n'aie plus soif et que je ne vienne plus puiser ici.
16 Va, lui dit-il, appelle ton mari et reviens ici.
17 La femme répondit : Je n'ai pas de mari. Jésus lui dit : Tu as bien fait de dire : Je n'ai pas de mari.
18 Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai.
19 Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète.
20 Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que l'endroit où il faut adorer est à Jérusalem.
21 Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne, ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.
22 Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.
23 Mais l'heure vient — et c'est maintenant — où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont de tels adorateurs que le Père recherche.
24 Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité.
25 La femme lui dit : Je sais que le Messie vient — celui qu'on appelle Christ. Quand il sera venu, il nous annoncera tout.
26 Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle.

27 Alors arrivèrent ses disciples, qui furent étonnés de ce qu'il parlait avec une femme. Toutefois, aucun ne dit : Que demandes-tu ? ou : De quoi parles-tu avec elle ?
28 La femme laissa donc sa cruche, s'en alla dans la ville et dit aux gens :
29 Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait ; ne serait-ce pas le Christ ?
30 Ils sortirent de la ville et vinrent vers lui.

31 Pendant ce temps, les disciples le priaient en disant : Rabbi, mange.
32 Mais il leur dit : J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas.
33 Les disciples se disaient donc les uns aux autres : Quelqu'un lui aurait-il apporté à manger ?
34 Jésus leur dit : Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre.
35 Ne dites-vous pas qu'il y a encore quatre mois jusqu'à la moisson ? Eh bien ! je vous le dis, levez les yeux et regardez les champs qui sont blancs pour la moisson.
36 Déjà le moissonneur reçoit un salaire et amasse du fruit pour la vie éternelle, afin que le semeur et le moissonneur se réjouissent ensemble.
37 Car en ceci, ce qu'on dit est vrai : L'un sème, l'autre moissonne.
38 Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun travail ; d'autres ont travaillé, et c'est dans leur travail que vous êtes entrés.

39 Plusieurs Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : Il m'a dit tout ce que j'ai fait.
40 Aussi, quand les Samaritains vinrent à lui, ils le prièrent de rester auprès d'eux ; et il resta là deux jours.
41 Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole,
42 et ils disaient à la femme : Ce n'est plus à cause de tes dires que nous croyons ; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons que c'est vraiment lui le Sauveur du monde.

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