Tous marginaux !

Luc 5:27-32

Culte du 6 septembre 2020
Prédication de Agnès Adeline-Schaeffer

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Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 6 septembre 2020
Tous marginaux !
Luc 5 : 27-32

Culte par le Pasteur Agnès Adeline-Schaeffer
Musique : David Cassan, organiste co-titulaire

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Orgue

Annonce de la grâce
Proclamation de la Grâce de Dieu

Bienvenue à tous et à toutes, pour ce culte. Nous le vivrons en pensant à celles et ceux qui souffrent, nos frères et sœurs de par le monde,  avec celles et ceux qui se trouvent dans une situation de danger et de précarité. Nous  aurions du être en communion avec nos frères et nos sœurs, rassemblés à Mialet, mais l’assemblée du Désert est annulée, comme vous le savez.  Nous vivrons ce culte en communion avec celles et ceux qui demandent inlassablement le secours de notre prière, en particulier celles et ceux qui, comme ma consoeur Béatrice Cléro-Mazire, absente aujourd’hui, est au chevet d’un proche, en fin de vie.
La grâce et la paix vous sont données, ici et maintenant, de la part de Dieu notre Père, et de Jésus-Christ, son fils, notre frère.
Permettez-moi de rappeler quelques consignes recommandées en ce moment, pour ce culte et pour tous les autres cultes :
Si vous ne faites pas partie du même foyer que votre voisin ou  voisine, merci de vous déplacer et de laisser une chaise vide à côté de vous. Merci de garder votre masque pendant toute la durée du culte, y compris pendant les chants. A la fin du culte, merci  de laisser les cantiques à votre place.

Mon ami, mon frère, ma sœur,
Dégage-toi dans la mesure où tu t’engages sans compter. Prends de la distance dans la mesure où tu communies fraternellement à autrui. Le cœur humain même le plus généreux n’est pas inépuisable. Dieu seul est illimité. À exiger sans cesse le maximum de lui-même, l’être profond se dissocie et se perd. La parole devient alors vide et la prière inquiète. Pour retrouver un regard libre, il faut fuir et se tenir, tranquille et rassemblé, devant le Maître de tout.
Pars donc vers la source cachée de toute chose. ...Quitte tout et tu trouveras tout...
(Règle des Diaconesses de Reuilly).
 
Réunissons-nous dans la communion fraternelle avec le 1er chant du livret liturgique, inséré au début du psautier français.

Répons : Bénissons Dieu le seul sauveur. (Ps 134)

Bénissons Dieu le seul Seigneur, nous qu’il choisit pour serviteurs.
Levons nos mains dans sa maison, pour bénir et louer son nom.
 
Louange
Louons Dieu !

Eternel !
Que tout ce qui est en moi bénisse ton saint nom.
Que mes mains te louent par leurs gestes,
Que mes pas te louent par leurs chemins.
Que mes lèvres te bénissent à travers leurs chants,
Que mes yeux te célèbrent en reflétant ta lumière,
Que mes oreilles te répondent en écoutant ta voix.
Que ma mémoire te rende grâces
En rappelant tes délivrances,
Que mon intelligence te loue
En cherchant la voie de ta sagesse,
Que ma volonté t’honore
En se faisant servante de la tienne.
Que mon coeur te loue en aimant de ton amour,
Que ma force te loue en s’offrant à toi,
Que mon corps, demeure de ton Esprit, te loue sans cesse.
Que tout en moi te rende gloire.

Chant du psaume 25, strophes 1,2, 3 et 4, dans le recueil « Le Psautier Français » : « A toi, mon Dieu, mon cœur monte ».

1 - A toi, mon Dieu, mon coeur monte,
Ton amour est mon appui.
Serais-je couvert de honte
Au gré de mes ennemis ?
Jamais ne sera déçu
Qui te prend pour espérance ;
Mais que tous soient confondus
Qui rompent ton alliance

2 - Montre moi, Seigneur, la route,
Guide moi dans la clarté ;
Ouvre à celui qui t'écoute
Un chemin de vérité.
Je regarde à ton amour,
Au salut qu'en toi j'espère ;
Je le verrai chaque jour
S'étendre sur cette terre.
3 - Mon Dieu, dans ta grâce immense
Qui dure éternellement,
Regarde en ta bienveillance
Et pardonne à ton enfant.
Mets loin de ton souvenir
Les pêchés de ma jeunesse ;
Chaque jour viens m'affermir,
Seigneur, selon ta promesse.

 4 - Dieu d'amour, tu fais connaître
Au plus humble tes secrets ;
Et pour lui tu es un maître
Qui te plais à l'enseigner.
Ta parole est son appui,
Le bonheur son héritage,
Et ses enfants comme lui
Auront la terre en partage.

Volonté de Dieu
Ecoutons la volonté de Dieu à notre égard, pour aujourd’hui et les jours qui viennent :
Dans l’Evangile de Marc il est écrit :

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, 
de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force.
C'est là le grand et le premier commandement,
et voici le second, qui lui est semblable :Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il n’y a pas d’autres commandements plus grands que ceux-là.

Répons : Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute….

Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute :
Je dis ton serviteur, car enfin je le suis.
Je le suis, je veux l’être, et marcher dans ta route,,
Et les jours et les nuits.
 
Prière de repentance
Prions ensemble :

Dieu, père de tous les hommes et notre Père,
Que se lève sur la dureté de notre cœur
la douceur de ton visage.
Que se lève sur la folie de notre orgueil
l'humilité de ton cœur.
Que se lève sur la tristesse de nos fautes
la joie de ton pardon.
Que se lève sur le sommeil de notre mort
la clarté de ton éternité.
Que se lève sur nos soumissions, nos dépendances,
la liberté des enfants de Dieu.
Que se lève sur notre angoisse
la paix de ton amour.

Nous te le demandons :
que partout dans le monde s'accomplisse ta promesse.
Soit que nous croyons, soit que nous doutions,
nous te rendons grâce pour ton pardon en Jésus-Christ,
le Sauveur qui est, qui était et qui vient.
 Amen. 
(d’après un texte d’Eric George)

Répons : « J’aime mon Dieu, car il entend ma voix ».

J’aime mon Dieu car il entend ma voix,
Quand la frayeur ou le tourment m’oppresse,
Quand j’ai prié au jour de ma détresse,
Dans sa bonté, il s’est tourné vers moi.

Annonce du pardon

Quand les montagnes s’effondreraient,
Quand les collines chancelleraient,
Mon amour ne s’éloignera pas de toi,
Et mon alliance de paix ne sera pas ébranlée.
Je t’aime d’un amour éternel, dit l’Eternel qui a compassion de toi.  (Es.54/10)

Chantons à Dieu notre reconnaissance !
Répons : « Combien grande est ta gloire (ps 92) »

Combien grande est ta gloire, en tout ce que tu fais, 
Et combien tes hauts faits sont dignes de mémoire !
Tes œuvres sans pareilles  ont réjoui mon cœur,
Je veux chanter, Seigneur, tes divines merveilles !

Confession de foi

Nous croyons en Dieu, notre Père.
Nous croyons qu’il a créé le monde et l’être humain.
Nous croyons qu’il a tout créé dans la même joie et le même émerveillement.
Nous croyons en Jésus, le Christ, le Fils de Dieu.
Il est venu chez nous et pour nous.
Il a vécu comme nous, mais en allant jusqu’au bout de la vérité, de l’amour et du don.
Nous croyons en l’Esprit saint, par qui le monde reçoit la vie et l’amour, et qui rend possible toute justice et toute espérance.
Nous croyons que nous ne sommes pas des individus isolés,
mais un peuple, le peuple de Dieu, son Église, signe d’unité et d’amour,
signe de la présence et de la tendresse de Dieu.
Nous croyons que le monde est déjà sauvé, que le mal est déjà vaincu,
l’homme est déjà renouvelé.
Mais nous savons que cette résurrection doit se faire chaque jour, jusqu’à ce que Christ revienne et nous rende semblable à Lui.
C’est pourquoi nous attendons un monde nouveau.
Seigneur, que ton Royaume vienne !
Amen

Répons : Grand Dieu, nous te bénissons…

Grand Dieu, nous te bénissons, nous célébrons tes louanges,
Eternel, nous t’exaltons, de concert avec les anges,
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !

Doxologie « Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, et d’éternité en éternité »

Lecture biblique : Luc 5, versets 27 à 32.
[Pour accéder à la lecture biblique, cliquer ici]

Cantique : Louange et Prière, n°222,   Strophes 1, 2 et 3.

1 - Que la moisson du monde est grande !
Suscite, ô Dieu, des moissonneurs.
Que ton esprit sur eux descende ;
Bénis partout tes serviteurs,
Et que ton règle glorieux,
S'étende ainsi sous tous les cieux !

2 - Revêts de force leur faiblesse,
Et ceins leurs reins de vérité
Qu'un zèle ardent toujours les presse !
Remplis leur coeur de charité.
Et que ton règle glorieux,
S'étende ainsi sous tous les cieux !

 3 - Hâte ce jour, ô notre Père,
Cet heureux jour qui doit venir,
Où devant toi, sur notre terre,
Tous les genoux devront fléchir,
Où toute languie , à ton honneur,
Dira que Christ est le Seigneur.

Prière :

Eternel  nous te remercions de nous avoir réunis en ta présence, pour nous révéler ton amour. Merci pour ta parole qui nous rejoint là où nous en sommes. Fais taire en nous toute autre voix que la tienne. Ouvre, par ton Saint-Esprit, nos esprits et nos coeurs à ta vérité, Au nom de Jésus-Christ. Amen.

Orgue

Prédication

Amis, frères et sœurs, 

Peut-être êtes-vous comme moi, mais je m’étonne toujours que Jésus fréquente des personnes, que nous appelons pour la plupart des marginaux. En tout cas, il est de notoriété biblique que Jésus a de mauvaises fréquentations. Mais finalement, je ne suis pas la seule à m’étonner, puis les pharisiens posent eux-mêmes cette question aux disciples de Jésus : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les collecteurs d’impôts et les pécheurs ? » 

Dans le passage de l’Evangile de Luc, que nous méditons aujourd’hui, nous retrouvons Jésus au début de son ministère, et plus particulièrement dans sa rencontre avec Lévi, un collecteur d’impôts, qu’il appelle à son service.  Ce récit se trouve dans les évangiles synoptiques, Matthieu, Marc et Luc.  Et cet homme porte trois noms différents. Dans l’Evangile de Marc, il s’appelle Lévi, fils d’Alphée, dans celui de Luc, il s’appelle Lévi. Et dans celui de Matthieu, il s’appelle Matthieu. S’agit-il de la même personne ? La tradition chrétienne a supposé qu’il s’agissait du même homme. Elle a même supposé que Lévi avait changé de nom, suite à sa conversion, en prenant le nom de Matthieu, celui qui donnera son nom à un évangile. 

Qui est-il ce Lévi-Matthieu ? Il appartient à la classe des agents du trésor public, d’où le nom de « publicain » que nous pouvons trouver dans certaines traductions. Ces agents collectaient les taxes et les impôts pour l’occupant romain, ou pour les tétrarques, leurs représentants. Ils étaient redoutés, haïs, aussi, pour certains,  en tout cas ils étaient méprisés par la plupart des Juifs, qui voyaient en eux une sorte de collaborateur avec l’occupant. Ces agents en profitaient souvent pour s'enrichir de façon malhonnête. Rien de très rutilant, mais que voulez-vous, il faut bien manger…. Justement, manger… telle est la question, manger oui, mais avec qui ?  Lévi est sûrement seul à table, le plus souvent. Il est infréquentable et nombreux sont ceux qui doivent l’éviter. Ou alors il mange avec d’autres collecteurs d’impôts. Sinon, il reste assis derrière son bureau, à l’écart, doublement enfermé par le regard méprisant des autres. Or peu de temps après l’appel des premiers disciples, (Luc 5, 1-11), voici que Jésus l’interpelle à son tour, alors qu’il est assis à son travail. 

Un seul mot suffit : «Suis-moi ». Le consentement de Lévi est immédiat et émouvant. Il se lève, quitte tout pour se mettre à l’école de Jésus de Nazareth.  

Aucune question de sa part, aucune objection, aucune réticence. Aucune discussion. Aucune justification. Aucun marchandage. Lévi ne s’est sans doute pas reconnu lui-même. Il ne s’est ni enfui, ni caché. Il a suivi cet homme sans demander son reste et aujourd’hui, si on lui posait la question de savoir pourquoi il a fait comme çà, il répondrait sûrement : parce que lui, ne m’a pas évité. lui n’a pas fait un écart comme les autres. Parce qu’il m’a signifié qu’il m’aimait. Et surtout, je découvre pour la première fois qu’en lui, c’est Dieu qui m’aime. Une naïveté désarmante non ? « Il se leva et le suivit ». Tout naturellement. On comprend la hardiesse de l'appel de Jésus, ainsi que la fête que lui offrit Lévi dans sa maison. 

Parce que Jésus suit Lévi dans sa maison pour partager un repas avec d’autres collecteurs d’impôts.  Jésus se compromet avec Lévi. Non seulement il ne se contente pas de l’appeler tout simplement, mais il approfondit sa relation en allant déjeuner chez lui, dans sa maison, en partageant son intimité.  Jésus fera plus tard la même chose avec Zachée, cette histoire racontée plus loin, dans ce même évangile (Luc 19, 1-10).   Jésus se mêle de la vie de Lévi. Et à travers lui, c’est Dieu qui se mêle de la vie de Lévi mais aussi de la vie de ceux qui regardent et qui jugent. 

En allant vers cet homme, Jésus décide de rompre la solitude de celui-ci, provoquée par sa marginalisation. En acceptant cette proximité visible et repérable, Jésus vient repousser les limites et déplacer les barrières. Il donne le ton de son ministère. Il donne une première leçon évangélique, au sens noble de ce terme,  sur sa mission. Il s’adresse aux bien-pensants, en faisant  voler en éclats les préjugés les catégories et les classes. Non seulement il recrute un collecteur d’impôts parmi ses disciples, mais en plus, il accepte l’hospitalité que celui-ci lui offre. En témoignant une attention sincère  envers Lévi, il lui dit tout simplement que lui, Lévi,  est un homme qui a du prix aux yeux de Dieu, même s’il n’en a plus vraiment aux yeux des hommes. Il vient lui manifester que Dieu le regarde dans son amour au-delà de ce qu’il fait. Il vient lui dire que Dieu est animé d’un attachement pour l’homme qui ne varie pas  en fonction de la faute ni même du repentir. Il vient juste lui dire que Dieu ne traite personne en coupable, qu’il est un Dieu pour qui la culpabilité ne diminue pas la valeur de l’homme, qu’il est un Dieu qui réduit pas l’homme à son passé, à sa faute. Tel est « le Dieu gratuit de Jésus-Christ ».

Souvent, il nous arrive de vouloir vivre quelque de neuf, quelque chose d’inédit dans notre vie. Nous cherchons souvent à donner ou à redonner du sens à notre vie, notre existence. Il me semble qu’ici, nous sommes témoins d’une véritable révolution. 

Lorsque nous recevons un tel texte, lorsque nous approfondissons notre lecture des paroles et des actes de Jésus, en passant par les paraboles, les miracles et les guérisons, la vraie révolution se situe dans l’image de Dieu que Jésus propose et qui est radicalement différente de toutes celles véhiculées  par les religions en général. 

Ce qui fait du Dieu des chrétiens,  un Dieu « Tout-Autre », selon Jésus de Nazareth, c’est qu’à travers lui,  Dieu n’éprouve ni exaspération, ni animosité à l’encontre des transgresseurs. Jésus sera finalement beaucoup plus sévère envers ceux qui n’ont jamais rien à se reprocher et qui suivent la loi à la lettre, du bout des lèvres, sans y mettre leur cœur.  Ici, personne n’est exclu de Dieu. Si Dieu désire la conversion de chacun, il n’exerce aucune pression, aucun marchandage, aucune menace, aucun châtiment.  Dieu aime chacun entièrement, sans attendre même qu’il demande pardon. Il aime le premier, sans cesse,  et sans qu’il y ait quoi que ce soit à faire pour obtenir son amour. Il  nous donne son amour, à vous, comme à moi, comme il le donne à Lévi, à la femme adultère, au centurion romain, au paralysé, à l’aveugle-né et même au jeune homme riche qui n’est pas prêt, sans aucune contrepartie.  Dieu « par-donne », autrement dit, Dieu donne par dessus tout, au hasard des rencontres, sans programme pré-établi, sans cahier des charges, sans aller au temple, sans obligation de sacrifice et même sans cotiser !  C’est au quotidien que Dieu, en Jésus-Christ, vient à la rencontre de l’être humain. C’est comme ça qu’il s’adresse au cœur de l’homme. « Viens !  Suis-moi ! » : Il se leva et le suivit. « Venez à ma suite » : ils lâchèrent leurs filets et le suivirent. Sans attendre, sans discuter. En toute confiance. Son amour qu’il partage,  son pardon qu’il donne, sa grâce qu’il offre, c’est un appel et non une contrainte pour l’homme. Il n’y a aucune exigence. 

Et c’est l’attitude de l’homme qui se lève et qui part avec Jésus qui devient sa réponse. Se lever est un synonyme de ressusciter. C’est notre engagement, le partage de nos ressources, la joie d’être ensemble, d’accompagner les jeunes dans leurs recherches, mais aussi d’accompagner les malades, les prisonniers, de lutter contre les injustices, les inégalités, de donner à manger à celui qui a faim, de vêtir celui qui est nu, de rendre la liberté à ceux qui sont en esclavage, ou en addiction, d’alléger le fardeau des autres en marchant quatre kilomètres au lieu de deux, au sens propre comme au sens figuré, c’est cela  notre réponse à l’amour que nous avons reçu. Nous avons reçu beaucoup, nous pouvons donner beaucoup.  C’est notre réponse à celui qui ne cesse de nous dire à nous aussi : « Veux-tu guérir ? Viens et suis-moi. Quelqu’un t’a-t-il condamné ? Je ne te condamne pas non plus. Va et ne pèche plus ».  Et même si tu recommences, je suis toujours à tes côtés, je ne te lâche pas d’un pouce. Mon amour te précèdera toujours et au moment de mourir, je suis encore là, près de toi. Pour toujours.  Il n’y a pas de mise à l’essai pour tester un quelconque repentir. Rappelons-nous encore  le père de la parabole du fils prodigue qui ouvre ses bras avant même que son fils n’ouvre la bouche (Luc 15, 11-32).   Rappelons-nous aussi ce même père, qui voit arriver son fils, « alors qu’il était encore loin ». 

Deux remarques  qui seront pour nous aujourd’hui deux balises pour notre vie intérieure : 

  • En lisant la suite des évangiles, nous découvrons que les Pharisiens n’ont pas bien supporté les écarts de comportement de Jésus envers les marginaux. Ils ont été jaloux de cette attitude parce qu’ils ont pensé que Jésus préférait les gens de mauvaise réputation à eux qui, par le respect des règles de pureté rituelle, l’obéissance à la loi, la conformité religieuse, soutenaient une foi exemplaire. Ils se sont sentis comme le fils de la parabole qui est toujours resté à la maison et qui croyait que l’amour de son père était lié à sa bonne conduite à lui. Et au retour de son  frère, il s’aperçoit qu’il n’en est rien. Les pharisiens ne se priveront pas d’accuser Jésus de compromission. Mais la bonne conduite ne confère aucun droit sur Dieu. Pas plus que la mauvaise. La véritable nouveauté de l’Evangile, c’est que Dieu n’aime pas moins les transgresseurs que les gens intègres. Il les aime « TOUT AUTANT ». Mais c’est ce « tout autant » qui déchaînera le scandale et même l’hostilité des gens pieux et vertueux, leur faisant oublier leur propre humanité.  C’est aussi ce « tout autant » qui conduira Jésus à la croix.
  • Cette vocation de Lévi est aussi un appel pour nous. Cet « éclat d’évangile »* comme le souligne dans son livre, la théologienne protestante Marion Muller-Colard, nous est donné pour découvrir ou redécouvrir que l’Evangile, ou « bonne nouvelle », n’est jamais éloigné de nos questions quotidiennes, comme la question de notre proximité avec les autres, pas toujours facile à supporter, ni à gérer.  Ce texte est là pour nous ramener à notre humanité et à notre façon de juger les autres. Nous espérons toujours un changement du monde. Rien ne nous empêche d’espérer ce changement et d’y contribuer. La première chose qui peut aider au changement, c’est le regard que nous, nous portons, non seulement sur le monde, mais aussi sur nous-mêmes. Souvent, dans les Evangiles, ce sont les pécheurs qui instruisent les justes, en ramenant le curseur de l’humanité au centre des relations.  C’est peut-être ainsi qu’on peut essayer de comprendre et d’accueillir cet amour gratuit du Dieu de Jésus- Christ, qui ne sait aimer qu’à fonds perdus, quoi qu’on fasse de son amour. Et c’est là que nous pouvons entendre, chacun pour sa part, cet appel : « Viens et suis-moi ».  Et là, amis, frères et sœurs, je ne m’étonne plus que Jésus fréquente des marginaux. Finalement, nous le sommes tous.

Amen


Pour aller plus loin :  

Claude Ortemann, le Dieu gratuit de Jésus-Christ, Paris, 1989.

Marion Muller-Colard, Eclats d’Evangile, Labor et Fides, 2017.

Laurent Gagnebin, Dieu, « le Tout-Autre », Evangile et Liberté n°301,  août-sept  2016.

Orgue

Cantique : Louange et Prière, n° 258, strophes 1, 2 et 3 : « Tu me veux à ton service ».

1 - Tu me veux à ton service,
Moi qui sans toi ne suis rien ;
Qu'à toute heure s'accomplisse
Ton désir et non le mien !
Ce que j'ai, tu le possèdes,
Mais tu veux le recevoir :
Prends le, Sauveur qui nous aide,
Sur le sentier du devoir.

2 - Le plus grand parmi les hommes,
Tu l'as dit, Maître très doux,
Sur cette terre où nous sommes
C'est le serviteur de tous.
Tu fis mieux que de le dire
Toi même tu vins t'offrir.
Confonds ce coeur qui n'aspire
Qu'à se faire encore servir

 3 - Jésus, si ta main me guide,
Si ton coeur soutient mon coeur,
Toute route m'est limpide,
Et tout travail m'est douceur.
Je suis prêt pour labataille
Et son journalier effort,
Je vais où tu veux que j'aille,
Vers la vie et vers la mort.

Annonces
La paroisse fait sa rentrée petit à petit, masquée et distanciée.
La nouvelle feuille rose arrivera le 15 septembre
La pause spirituelle continue chaque semaine, mais elle est passée du mercredi au jeudi.
Donc prochaine rencontre : jeudi 10 septembre, de 12h30 à 13h30.

Le Conseil Presbytéral se réunira samedi 12 septembre pour sa séance de rentrée.
Merci à David Cassan pour son accompagnement musical. Le dernier morceau d’orgue fait partie intégrante du culte. C’est le morceau d’envoi. Chacun peut partir quand il le souhaite, en laissant les cantiques à sa place. Merci.
 
Offrande pour l’entraide
C’est le moment de l’offrande : en ce premier dimanche du mois, l’offrande est affectée à l’entraide de la paroisse. Elle a besoin de votre solidarité pour remplir sa mission auprès des plus démunis. La situation est difficile, en ce contexte sanitaire qui se prolonge.
Que chacun donne avec joie, sans regrets ni contrainte.

Orgue

Prière d’intercession

O Dieu notre Père,  tu nous combles de tes bénédictions, jour après jour et notre geste d’offrande d’aujourd’hui en est un modeste témoignage. Inspire-nous d’autres gestes d’offrande, qui ne soient pas  que des gestes matériels mais aussi des gestes d’amitié et des marques de tendresse.

O Dieu notre Père, nous te prions les uns pour les autres.
Tu sais combien nous regardons les autres avec les yeux du monde.
Des yeux qui scrutent, jaugent et classent.
Selon nos envies, nous accueillons, ou nous rejetons.
Selon nos principes ou nos idées, nous ouvrons nos bras
Ou nous nous fermons.

O Dieu, notre Père,
Apprends-nous à regarder autrement.
Avec des yeux nouveaux.
Conduis-nous aux autres, en vérité.
Apprends-nous en Eglise à transformer notre regard.
A vivre des relations fraternelles.

O Dieu, notre Père,   en Jésus-Christ, tu nous regardes,
Et nous voilà enfants, chacun reconnu et aimé inconditionnellement,
Indépendamment de nos statuts, de nos qualités, de nos étiquettes.
O Dieu, notre Père, nous t’en prions,
Regarde-nous toujours avec ces yeux-là. 

(Pasteure Céline Rohmer

Eternel, Dieu de la vie, dans cette confiance renouvelée,  nous te présentons notre monde et ses souffrances.
Nous te présentons celles et ceux qui demandent inlassablement le secours de notre prière, mais aussi le secours matériel, affectif, solidaire.
Nous te confions les personnes en fin de vie, celles qui sont entourées, comme celles qui ne le sont pas.
Nous te confions aussi les personnes qui ont des projets d’avenir, les couples qui ont placé ou qui vont placer leur union sous ton regard, les familles qui retrouvent le chemin de la rentrée, masquée et distanciée.
Nous te confions la vie de notre église locale, ses engagements laborieux à maintenir, fragilisés par le  contexte sanitaire actuel,  toujours inquiétant.
Garde-nous tous et toutes dans l’espérance, la foi et l’amour.
Enracine-nous dans la prière quotidienne, personnelle, sincère et confiante, qui inspire notre discernement, sauve de notre étroitesse d’esprit, et guérit de tous nos incertitudes.

Et ensemble, nous te disons la prière que Jésus a enseignée à ses disciples :

Notre Père
Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous soumets pas à la tentation mais délivre-nous du mal, car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen.

Bénédiction
Recevons la bénédiction de la part du Seigneur :

Mon frère, ma sœur, mon ami,
Que l’Eternel  te bénisse et te garde !
Que l’Eternel fasse rayonner sur toi son regard et t'accorde sa grâce !
Que l’Eternel porte sur toi son regard et te donne la paix !
Amen. 

Répons : bénis Ô Dieu nos routes

Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi,
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi.

Orgue

Luc 5 : 27-32

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Lecture de la Bible

Luc 5 : 27-32

27  Après cela, Jésus sortit et il aperçut un péager, nommé Lévi, assis au bureau des péages. Il lui dit : Suis-moi.
28  (Lévi) laissa tout, se leva et le suivit.
29  Lévi lui fit un grand festin dans sa maison, et il y avait une foule nombreuse de péagers et d'autres personnes à table avec eux.
30  Les Pharisiens et leurs scribes murmuraient et disaient à ses disciples : Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les péagers et les pécheurs ?
31  Jésus prit la parole et leur dit : Ce ne sont pas ceux qui sont en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais les malades.
32  Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance.

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