Partager le dernier pain : Elie et la veuve de Sarepta

1 Roi 17:1-16

Culte du 10 juin 2006
Prédication de pasteur Florence Taubmann

( 1 Samuel 25:1-35 ; Matthieu 5:9 )

Culte à l'Oratoire du Louvre,
par la pasteur Florence Taubman

Chers amis,

Quand on pense à Dieu, on pense à quelqu’un d’invisible, qu’on ne peut pas toucher, qu’on ne peut pas sentir…

Quelqu’un qui est très loin, si loin qu’on l’imagine dans le ciel, dans l’espace, hors de portée.

Et en même temps quelqu’un qui est à l’intérieur de nous-mêmes, dans notre cœur, notre esprit, notre conscience.

« Plus proche de nous que nous ne le sommes nous-mêmes » comme le disait Luther.

Mais quand on pense à Dieu, on pense aussi à cette prière que Jésus nous a enseignée, et où nous disons notre Père.

Et à ce Père nous ne demandons ni la lune ni les étoiles …

Nous lui demandons d’être ce qu’il est : c’est-à-dire Dieu pour nous !

Et nous lui demandons –tout simplement- notre pain de ce jour.

Nous lui disons : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. »

Ce pain, aujourd’hui dans notre pays, nous n’en manquons pas. Et c’est tant mieux !

Mais alors nous devons faire un petit effort pour comprendre ce que cela veut dire : demander à Dieu son pain.

Et ce que cela veut dire : recevoir de Dieu son pain.

Et cet effort, il faut absolument que nous le fassions.

Parce que si nous ne comprenons pas ce que cela veut dire « demander à Dieu son pain » et « recevoir de Dieu son pain », alors nous ne pouvons pas vraiment comprendre qui est Dieu, et pourquoi il nous a envoyé Jésus.

Pour comprendre qui est Dieu, qui est ce Dieu loin dans le ciel ou ce Dieu présent dans notre cœur, nous devons comprendre ce que signifie le pain.

Parce que l’une des affirmations fortes de la Bible, c’est que la Parole de Dieu est comme du pain. Elle nous nourrit.

Et une des Paroles fortes de Jésus, c’est « Je suis le pain de vie. Celui qui mange de ce pain n’aura plus jamais faim. »

Donc pour comprendre un peu qui est Dieu il faut savoir ce qu’est le pain. Ce qu’il signifie.

Mais dès qu’on réfléchit à cette question, on se rend compte d’une chose,

c’est que la valeur fondamentale du pain c’est de faire vivre, d’entretenir les forces de vie. Mais en même temps pour que cette vie soit une vraie et bonne vie, et pas seulement survie, il faut très vite que s’ajoute quelque chose de fondamental.

Et cette chose fondamentale, c’est le partage.

La vraie valeur du pain, c’est d’être partagé.

Car partager son pain, c’est partager sa vie.

Le pain partagé devient alors une nourriture, dans tous les sens du terme.

Dans le sens physique et dans le sens spirituel.

Le pain partagé donne la force de ce jour , et il donne la joie pour toujours, la joie inépuisable.

C’est ce qu’on peut comprendre dans l’histoire du prophète Elie que je viens de vous lire tout à l’heure :

La pauvre femme qu’Elie rencontre a de quoi faire le pain de ce jour. Elle a de quoi faire le pain de la survie pour ce jour. Pour elle-même et pour son fils.

Et c’est tout.

Mais le prophète Elie lui demande de partager avec lui ses pauvres provisions. Lui, qui est prophète de Dieu, lui adresse en quelque sorte la même prière que nous adressons à Dieu. Il lui demande : « donne-moi aujourd’hui le pain de ce jour ! »

En lui demandant cela il ne cherche pas à accaparer son pain évidemment.

Il ne cherche pas à la priver, ni son fils. Qu’aurait-il à y gagner lui-même ?

En réalité il l’entraîne dans une aventure, l’aventure du don. Qui est en même temps une aventure de la confiance.

Elie ne demande pas simplement à cette femme de lui donner du pain. Il lui demande de partager son dernier pain.

Le dernier pain, cela peut représenter le pain du désespoir, car après lui il n’y en a plus d’autre. Après ce dernier pain, c’est la faim, c’est la mort.

Donc Elie demande à la femme de partager avec lui son dernier pain, le pain du désespoir.

Mais pour l’aider ce qu’il lui dit, c’est que dans le partage le pain de désespoir devient pain d’espérance. Par le partage le pain de la survie devient un pain vivant, c’est-à-dire un pain qui donne à la vie un sens extraordinaire, puisque c’est le sens de l’amour.

Et donc par le partage le dernier pain, du dernier jour, devient le premier pain du premier jour, c’est –à- dire le pain d’une vie nouvelle.

Le pain inépuisable d’une vie nouvelle inépuisable puisque c’est le pain de l’amour, c’est le pain qu’on mange ensemble .

Vous comprenez les enfants, partager le dernier pain, ce n’est pas comme partager n’importe quel pain, quand il en reste encore une grande quantité.

Cela peut paraître bien plus difficile, évidemment. Car on n’a qu’une envie quand on a faim et quand on n’a plus qu’un pain : c’est de le dévorer.

Un vieux monsieur que je connais m’a ainsi raconté un jour que pendant la dernière guerre, alors qu’il était prisonnier dans un camp où tout le monde souffrait de la faim il avait reçu de sa famille un colis : c’était un magnifique pain d’épices.

Et me dit cet homme, « de toute ma volonté je voulais rejoindre mes camarades de bloc afin de partager avec eux, mais je n’ai pas pu …en chemin j’ai englouti le pain d’épices … c’était plus fort que moi. Et j’ai en plus été malade comme un chien. Et tellement malheureux et honteux de ce que j’avais fait. »

Aucun d’entre nous ne jetterait la pierre à cet homme affamé évidemment.

Beaucoup d’entre nous feraient sans doute la même chose.

Mais cela nous aide à comprendre

Cela nous aide à comprendre l’importance de ce qu’Elie demande à la femme de Sarepta.

Cela nous aide à comprendre aussi ce qu’il lui promet : « que ni la farine, ni l’huile ne manqueront jusqu’à la fin de la sècheresse. »

Ce que signifie Elie, c’est que partager le dernier pain c’est plus que partager le dernier pain, c’est ouvrir ou découvrir en soi-même quelque chose qui ne peut pas s’épuiser : la joie de donner, la joie de partager, la joie d’aimer.

C’est difficile à expliquer parce qu’il faut le vivre pour le comprendre.

Mais partager le dernier pain, c’est déjà partager la vie éternelle.

Alors on comprend aussi que Jésus se présente lui-même, dans l’Evangile de Jean, comme le Pain de vie, on comprend qu’il dise : celui qui mange de ce pain n’aura plus jamais faim.

On comprend qu’on puisse demander à Dieu notre Père « donne-nous aujourd’hui le pain de ce jour. »

Ce pain c’est bien sûr celui qu’il faut au corps pour survivre.

Mais c’est aussi le pain qu’il faut au cœur pour vivre le partage et le don.

C’est le pain de la bénédiction.

C’est le pain dont Jésus a nourri une foule innombrable.

C’est le pain qu’il a donné comme symbole de sa propre personne et de sa propre vie.

C’est en partageant ce pain que nous connaissons Dieu. Amen !

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Lecture de la Bible

1 Samuel 25:1-35

Samuel mourut. Tout Israël s’étant assemblé le pleura, et on l’enterra dans sa demeure à Rama. Ce fut alors que David se leva et descendit au désert de Paran. 2 Il y avait à Maon un homme fort riche, possédant des biens à Carmel; il avait trois mille brebis et mille chèvres, et il se trouvait à Carmel pour la tonte de ses brebis. 3 Le nom de cet homme était Nabal, et sa femme s’appelait Abigaïl; c’était une femme de bon sens et belle de figure, mais l’homme était dur et méchant dans ses actions. Il descendait de Caleb. 4 David apprit au désert que Nabal tondait ses brebis. 5 Il envoya vers lui dix jeunes gens, auxquels il dit: Montez à Carmel, et allez auprès de Nabal. Vous le saluerez en mon nom, 6 et vous lui parlerez ainsi: Pour la vie soit en paix, et que la paix soit avec ta maison et tout ce qui t’appartient! 7 Et maintenant, j’ai appris que tu as les tondeurs. Or tes bergers ont été avec nous; nous ne leur avons fait aucun outrage, et rien ne leur a été enlevé pendant tout le temps qu’ils ont été à Carmel. 8 Demande-le à tes serviteurs, et ils te le diront. Que ces jeunes gens trouvent donc grâce à tes yeux, puisque nous venons dans un jour de joie. Donne donc, je te prie, à tes serviteurs et à ton fils David ce qui se trouvera sous ta main. 9 Lorsque les gens de David furent arrivés, ils répétèrent à Nabal toutes ces paroles, au nom de David. Puis ils se turent. 10 Nabal répondit aux serviteurs de David: Qui est David, et qui est le fils d’Isaï? Il y a aujourd’hui beaucoup de serviteurs qui s’échappent d’auprès de leurs maîtres. 11 Et je prendrais mon pain, mon eau, et mon bétail que j’ai tué pour mes tondeurs, et je les donnerais à des gens qui sont je ne sais d’où? 12 Les gens de David rebroussèrent chemin; ils s’en retournèrent, et redirent, à leur arrivée, toutes ces paroles à David. 13 Alors David dit à ses gens: Que chacun de vous ceigne son épée! Et ils ceignirent chacun leur épée. David aussi ceignit son épée, et environ quatre cents hommes montèrent à sa suite. Il en resta deux cents près des bagages. 14 Un des serviteurs de Nabal vint dire à Abigaïl, femme de Nabal: Voici, David a envoyé du désert des messagers pour saluer notre maître, qui les a rudoyés. 15 Et pourtant ces gens ont été très bons pour nous; ils ne nous ont fait aucun outrage, et rien ne nous a été enlevé, tout le temps que nous avons été avec eux lorsque nous étions dans les champs. 16 Ils nous ont nuit et jour servi de muraille, tout le temps que nous avons été avec eux, faisant paître les troupeaux. 17 Sache maintenant et vois ce que tu as à faire, car la perte de notre maître et de toute sa maison est résolue, et il est si méchant qu’on ose lui parler. 18 Abigaïl prit aussitôt deux cents pains, deux outres de vin, cinq pièces de bétail apprêtées, cinq mesures de grain rôti, cent masses de raisins secs, et deux cents de figues sèches. Elle les mit sur des ânes, 19 et elle dit à ses serviteurs: Passez devant moi, je vais vous suivre. Elle ne dit rien à Nabal, son mari. 20 Montée sur un âne, elle descendit la montagne par un chemin couvert; et voici, David et ses gens descendaient en face d’elle, en sorte qu’elle les rencontra. 21 David avait dit: C’est bien en vain que j’ai gardé tout ce que cet homme a dans le désert, et que rien n’a été enlevé de tout ce qu’il possède; il m’a rendu le mal pour le bien. 22 Que Dieu traite son serviteur David dans toute sa rigueur, si je laisse subsister jusqu’à la lumière du matin qui que ce soit de tout ce qui appartient à Nabal! 23 Lorsque Abigaïl aperçut David, elle descendit rapidement de l’âne, tomba sur sa face en présence de David, et se prosterna contre terre. 24 Puis, se jetant à ses pieds, elle dit: A moi la faute, mon seigneur! Permets à ta servante de parler à tes oreilles, et écoute les paroles de ta servante. 25 Que mon seigneur ne prenne pas garde à ce méchant homme, à Nabal, car il est comme son nom; Nabal est son nom, et il y a chez lui de la folie. Et moi, ta servante, je n’ai pas vu les gens que mon seigneur a envoyés. 26 Maintenant, mon seigneur, aussi vrai que l’Eternel est vivant et que ton âme est vivante, c’est l’Eternel qui t’a empêché de répandre le sang et qui a retenu ta main. Que tes ennemis, que ceux qui veulent du mal à mon seigneur soient comme Nabal! 27 Accepte ce présent que ta servante apporte à mon seigneur, et qu’il soit distribué aux gens qui marchent à la suite de mon seigneur. 28 Pardonne, je te prie, la faute de ta servante, car l’Eternel fera à mon seigneur une maison stable; pardonne, car mon seigneur soutient les guerres de l’Eternel, et la méchanceté ne se trouvera jamais en toi. 29 S’il s’élève quelqu’un qui te poursuive et qui en veuille à ta vie, l’âme de mon seigneur sera liée dans le faisceau des vivants auprès de l’Eternel, ton Dieu, et il lancera du creux de la fronde l’âme de tes ennemis. 30 Lorsque l’Eternel aura fait à mon seigneur tout le bien qu’il t’a annoncé, et qu’il t’aura établi chef sur Israël, 31 mon seigneur n’aura ni remords ni souffrance de coeur pour avoir répandu le sang inutilement et pour s’être vengé lui-même. Et lorsque l’Eternel aura fait du bien à mon seigneur, souviens-toi de ta servante. 32 David dit à Abigaïl: Béni soit l’Eternel, le Dieu d’Israël, qui t’a envoyée aujourd’hui à ma rencontre! 33 Béni soit ton bon sens, et bénie sois-tu, toi qui m’as empêché en ce jour de répandre le sang, et qui as retenu ma main! 34 Mais l’Eternel, le Dieu d’Israël, qui m’a empêché de te faire du mal, est vivant! si tu ne t’étais hâtée de venir au-devant de moi, il ne serait resté qui que ce soit à Nabal, d’ici à la lumière du matin. 35 Et David prit de la main d’Abigaïl ce qu’elle lui avait apporté, et lui dit: Monte en paix dans ta maison; vois, j’ai écouté ta voix, et je t’ai favorablement accueillie.

Matthieu 5:9

Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu!

 

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