La réforme ? Ouverture et fraternité

Romains 12:9-18 , 13:8-10

Culte du 30 octobre 2016
Prédication de professeur Laurent Gagnebin

Vidéo de la partie centrale du culte

film réalisé bénévolement par Soo-Hyun Pernot

Culte du dimanche 30 octobre 2016
(fête de la "Réformation")
prédication du professeur Laurent Gagnebin

Chers frères et sœurs, nous vivons aujourd’hui dans la joie, le culte du dimanche, la fête de la Réformation, qui est année après année l’occasion de redire ou de retrouver même notre identité Protestante.

Pour ce faire, j’ai interrogé trois personnes extérieures au protestantisme, pour qu’elles me disent ce qui représentait pour elles un aspect fondamental de notre protestantisme. Ces rois témoins sont un Catholique, un Agnostique, et un Musulman.

Plutôt que de placer cette prédication sous l’égide d’un texte biblique, qui serait un peu un texte prétexte, j’ai préféré que chacune des trois étapes nous conduise à une affirmation scripturaire.

Un Catholique

Il s’agit d’un catéchumène, d’un jeune, il est enfant de cœur, comme on disait autrefois, servant de Messe, comme on dit aujourd’hui.

Il est inscrit dans une école Catholique.

Je l’ai interrogé lui plutôt que ses parents, parce que j’ai eu peur que ceux-ci aient déjà une opinion toute faite et un peu formatée sur le protestantisme.

Il me semblait qu’il pouvait avoir une approche plus personnelle et plus spontanée.

Il a commencé par me dire ce qui n’est déjà pas si mal dans la bouche d’un Catholique, que le protestantisme est une des branches du christianisme.

Je lui ai fait remarquer qu’on pouvait en dire autant de toutes les confessions chrétiennes, et je lui ai dit : donne-moi quelque chose qui pour toi est vraiment typique du protestantisme.

Il y a eu un silence, et il m’a dit : les pasteurs peuvent se marier.

Alors c’est naturel dans la bouche d’un jeune, je crois, d’aucuns diront que c’est un détail, quelque chose de superficiel, qui ne touche pas à une réalité fondamentale du protestantisme, or je crois au contraire qu’il y a là quelque chose qui s’attache très profondément à notre identité Protestante.

Luther sort du couvent, il affiche vous le savez, ses fameuses thèses sur et contre les Indulgences, en 1517. Et 8 ans plus tard, en 1525, il se marie, mais a lutté sans cesse pour le mariage des prêtres.

Son traité, intitulé « De la vie conjugale », a connu d’emblée un succès foudroyant, comme l’écrit Marianne Carbonnier-Burkard, autrefois professeur d’histoire moderne et du protestantisme à la faculté de théologie protestante de Paris.

Et de ce mariage des prêtres, Marianne Carbonnier-Burkard écrit encore ces mots fondamentaux, que ce mariage des prêtres fut le signal concret d’un nouvel ordre du monde Chrétien, visible de tous même des non lettrés ; il y a avec Luther et avec le protestantisme en général, une réhabilitation du mariage ; je n’entends pas par-là de la cérémonie religieuse du mariage, mais de la conjugalité.

Parce que le célibat n’est plus vu comme une vie supérieure, possible mais non pas supérieure, et qui permettrait d’aboutir et de s’élever à la perfection chrétienne, ce qui serait entre autres réservé aux prêtres.

Et dans cette conception du mariage, il y a deux réalités apparemment contraires mais qui sont les deux faces d’une seule et même médaille, d’abord une promotion, une revalorisation de ce mariage.

Même les prêtres peuvent se marier.

Ensuite, s’il y a une revalorisation, il y a en même temps une désacralisation.

Le mariage n’est plus un sacrement, parce que le mariage est une réalité profondément humaine et universelle, qui n’a rien de spécifiquement chrétien.

Ainsi, par cette conception du mariage, on redonne une noblesse, une dignité, au monde profane et quotidien, je pense ici au titre du livre de Raphaël Picon, c’est un sous-titre donné à cet ouvrage qu’il a consacré à Emerson, le sublime ordinaire.

Le mariage n’est plus laissé aux seuls laïcs, comme une œuvre inférieure entre autres, parce que relevant de réalités corporelles, physiques, et sexuelles.

Il y a chez Luther une dédiabolisation de la sexualité.

Et ce mariage pour tous, comme l’appelle avec humour Marianne Carbonnier-Bukcard, s’inscrit bien sûr dans la perspective d’un sacerdoce universel ; au XVIe siècle on disait, nous sommes tous prêtres, mais peut être que dans une société sécularisée, laïcisée, il serait plus compréhensible de dire, nous sommes tous laïcs.

Ce faisant, Luther ne procède pas seulement à un bouleversement religieux, mais social.

Il n’a pas seulement construit une nouvelle compréhension de la spiritualité, de la théologie chrétienne, avec la fameuse affirmation selon laquelle nous sommes sauvés par la seule grâce de Dieu, mais il a apporté une nouvelle compréhension de la personne humaine, et du croyant, et du Chrétien dans le monde.

Une nouvelle manière d’être au monde.

Le mariage des prêtres, des pasteurs, comme le dit ce jeune Catholique, correspond à cet ébranlement considérable dans la société du 16e siècle, à cette révolution.

Et les siècles ont passé, si bien que l’on ne se rend toujours plus compte de cette novation décisive.

Marianne Carbonnier écrivait : « le mariage des prêtres est un signal concret du nouvel ordre chrétien visible de tous, même des non lettrés ».

Le clergé, dorénavant, intègre la société commune, telle qu’elle est pour tous.

Alors j’aimerais conclure cette première étape par une affirmation que les Réformateurs ont sans cesse reprise dans leurs écrits sur ce sujet qui se trouve dans les fameux écrits mythologiques, au début de la Genèse, au chapitre 1 et 2, il s’agit du quote 18 de ce chapitre 2.

Mais j’aimerais l’entendre non seulement dans son sens concernant la conjugalité, mais aussi dans un sens universel et symbolique : « il n’est pas bon que l’homme soit seul ».

Et puis un témoin Agnostique.

Je ne dis pas véritablement athée, parce qu’il ne prétend pas avoir raison contre les croyants, mais il dit pour ma part, je ne crois pas.

C’est un adulte, qui a eu comme tant d’autres une enfance Catholique, une jeunesse Catholique, et qui s’est peu à peu éloigné du christianisme, mais en restant intéressé par les questions religieuses.

Quelle a été sa réponse ? il m’a dit : « D’abord, il y a une rectitude protestante ».

Et immédiatement après, il m’a dit : « les Protestants réfléchissent, se posent des questions et doutent.

» Il a donc pointé là une double rectitude : une honnêteté morale, et une honnêteté intellectuelle parce que nous nous posons des questions.

Il ajoute, ils doutent, ce qui est une affirmation assez sympathique dans sa bouche d’agnostique, puisqu’il veut montrer qu’il y a pour lui un terrain commun, une espèce de proximité possible de son agnosticisme, avec le protestantisme.

Les Protestants réfléchissent et se posent des questions.

Cela me conduit à cette affirmation décisive, très belle, d’Alexandre Vinet.

C’est un théologien, critique littéraire, Protestant Vaudois du XIXe siècle.

Et Vinet écrit ceci : « la vérité, sans la recherche de la vérité, ce n’est que la moitié de la vérité ».

Les Protestants se posent des questions.

Pour Luther, la foi est une démarche personnelle et libre, et on sait le rôle novateur, me semble-t-il, que joue la conscience dans sa pensée. Et Luther considère qu’adhérer au christianisme, et même à des vérités bibliques, ce n’est pas souscrire à ce que les papes, à ce que les conciles, à ce que d’autres, il précise même, à ce que les anges ont dit. C’est une décision personnelle, c’est une action de notre propre chef, et il écrit ceci : « si tu ne peux pas décider par toi-même et juger par toi-même, tu es perdu. » la foi par conséquent des Protestants, ne s’inscrit pas dans un système dogmatique, et une institution d’autorité, surtout pas d’autorité infaillible.

Car l’infaillibilité comme j’ai déjà eu l’occasion de la dire ici, ne pose pas que des questions d’autorité, mais pose aussi une question qui est la possibilité même de la foi.

Si les vérités doctrinales et dogmatiques sont infaillibles, alors c’est à prendre ou à laisser, il n’y a pas à faire vis-à-vis de cela un acte de foi, qui peut comporter un acte de doute. Et Alexandre Vinet, encore lui, disait. Là où l’incrédulité, là où le doute est impossible, la foi est impossible aussi.

Oui, le Protestant réfléchit, se pose des questions, doute, met en doute. Et voyez-vous le jeune Catholique que je citais dans ma première étape, m’a dit qu’il trouvait qu’il y avait plus de liberté dans notre protestantisme que dans le Catholicisme. J’étais complètement ébahi par cette parole dans la bouche d’un enfant de cœur, inscrit dans une école Catholique. J’ai pensé que j’avais peut être mal compris.

Alors plusieurs jours après, quand j’ai eu l’occasion de le revoir, sa famille fait partie de mon quartier, je lui ai reposé la question ; il m’a dit « oui je pense qu’il y a plus de liberté chez les Protestants que chez les Catholiques », et il m’a dit ça à l’heure où il se rendait à la Messe.

Alors j’aimerais conclure cette deuxième étape, par cette affirmation de Paul dans le chapitre 3 de sa deuxième épître aux Corinthiens, au quote 17, « Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. »

Enfin un témoin musulman.

Il s’agit d’un étudiant, d’un migrant menacé de mort dans son pays, et qui a rencontré depuis quelques années le protestantisme.

Il est resté musulman, mais il m’a dit tout de suite qu’il ne pouvait pas se prononcer sur la pensée en tant que telle du protestantisme, par rapport au catholicisme, aux orthodoxes, aux Anglicans, aux Coptes, aux Evangéliques, que sais-je.

Cela dit il m’a affirmé que le protestantisme avait eu sur lui une marque très forte, et qu’il ne s’est pas heurté là, comme dans la pensée musulmane, à une pensée carrée, et à un cadre fermé.

On retrouve là d’ailleurs une des affirmations de l’agnostique.

La rencontre du protestantisme, pour lui, c’est le mot qu’il utilise, a été bouleversante.

Il l’a faite via la Clairière, d’abord, ce centre social fondé en 1911 et qui existe toujours, en plein quartier des Halles, fondée par le pasteur Wilfred Monod, pasteur de l’Oratoire, et le quartier des Halles était alors extrêmement déshérité, ce qui n’est plus nécessairement le cas aujourd’hui.

Et puis il a rencontré aussi le protestantisme via le conseil de l’entraide de l’Oratoire.

Il a été très surpris qu’on ne lui ai posé aucune question doctrinale, qu’on n’ait mis à sa présence aucune condition, qu’il n’ait été l’objet d’aucun prosélytisme.

Il a rencontré la Clairière, parce que c’est un centre qui offre par exemple, parmi beaucoup d’autres activités, des cours d’alphabétisation, et pour lui des cours de français.

Accueil généreux.

Et le mot qui revient sans cesse dans sa bouche quand il parle du protestantisme, c’est le mot de fraternité.

On trouvera dans le prochain numéro d’ « Evangile et liberté », le numéro de novembre, une interview de cet étudiant musulman.

Or il dit n’avoir jamais vécu cette fraternité ainsi dans son pays d’origine, encore moins dans sa famille, pas du tout à la mosquée, où il n’entendait dire des chrétiens que du mal.

Et il a été très surpris en rencontrant les chrétiens via la Clairière, de voir que ce qu’on lui avait dit ne correspondait pas du tout à l’image qu’il s’en faisait.

Il a été heureux de participer à des cultes, de vivre des cultes, et très surpris par la place que le mot amour, l’amour du prochain, l’amour de Dieu, occupe dans nos cultes et dans nos prédications.

Donc sa découverte du protestantisme et celle du christianisme pratique, d’un christianisme social, matériel, et devant cette table de communion, nous voulons rappeler que nous célébrons une table ouverte, et que nous invitons à ce repas symbolique quiconque veut bien y participer, quelle que soit son appartenance, ou sa non appartenance.

La Cène exprime une fraternité, un partage spirituel et matériel, comme l’exprime ce repas, et cet étudiant m’a dit qu’il avait été bouleversé aux larmes en découvrant, par une photo devant le Temple Maguelone, à Montpellier, un immense placard sur lequel étaient écrits ces mots : liberté, égalité, fraternité ; exilés, l’accueil d’abord.

Et il s’agit là d’une campagne initiée par l’Eglise protestante unie de France, à laquelle se sont ralliés beaucoup, environ 200, paroisses et associations.

Il y a par exemple aujourd’hui une bannière immense sur la façade du temple des Batignolles, dont le pasteur est Jean-Marie de Bourqueney, le rédacteur en chef d’Evangile et liberté, une bannière immense, sur laquelle se trouvent ces mots : « liberté, égalité, fraternité ; exilés, l’accueil d’abord ».

Alors pour ce musulman, sa rencontre du protestantisme, de notre protestantisme, correspond donc à la fraternité.

Une enquête récente, menée aux Etats unis, fait apparaitre que les protestants viennent très majoritairement aux cultes pour la prédication.

Mais je sais que cette prédication n’est pas comme un avion, qui aurait perdu son train d’atterrissage.

Non, nous venons aux cultes parce que cette prédication s’inscrit dans un cadre, dans un climat qui est celui de la fraternité.

Nous venons rencontrer ici des frères et des sœurs, nous avons besoin de chaleur humaine, nous venons ici avec nos soucis, nos préoccupations d’ordre familial, professionnelles, ou concernant notre santé ou celle de nos proches.

Nous venons habités par des angoisses, des inquiétudes, nous venons habités par le visage ensanglanté de l’histoire, nous venons avec nos deuils, avec ces morts cruelles et injustes.

Et nous avons besoin de fraternité, parce que nous avons besoin de sortir du culte, de sortir du Temple, en ayant un nouvel enthousiasme, un nouvel élan qui nous aide de semaine en semaine, à vivre notre quotidien.

Alors je conclus cette troisième étape, par ces mots de la première épître de Jean chapitre 4, quote 19 : « Quant à nous, nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier.

» C’est là l’affirmation de la Grâce première de Dieu.

Et j’aimerais maintenant vous apporter trois conclusions à cette prédication.

La première : vous aurez remarqué que ces trois témoignages ont davantage parlé des Protestants que du protestantisme en tant que telle.

Aucun d’eux n’a mentionné nos grands principes : Sola gracia, Sole Fide, Sola Scriptura, Soli Deo gloria.

Aucun.

Ces principes correspondent en effet à une spiritualité intérieure, qui n’a pas nécessairement cette visibilité toute extérieure du catholicisme, avec le Pape, Saint Pierre de Rome, et les Evêques.

Deuxième conclusion, la vision apportée par ces trois témoins du protestantisme, et ils étaient vraiment très libres avec moi, on se dit « tu » entre nous, n’a jamais eu la moindre critique négative.

Ou des réserves vis à vis de notre protestantisme.

Cela me semble très important.

Une vision positive, alors que nos églises chrétiennes, le plus souvent, dans la société d’aujourd’hui, sont vues comme celles qui disent non et non et non, et toujours non, avec des interdictions, avec des jugements, et avec des condamnations.

Bien sûr, vous me direz que celui qui interrogeait ces trois personnes était un protestant libéral, et que je n’ai pas choisi un Catholique intégriste de Saint Nicolas du Chardonnay, que je n’ai pas choisi non plus un athée, un laïcard sectaire, ne voyant dans ce qui est religieux que de la superstition, et que je n’ai pas choisi un musulman fanatique.

Et puis, troisième et dernière conclusion, on aura peut-être l’impression que ces trois témoignages ont quelque chose de très parcellaire.

Forcément, si je m’étais attaché aujourd’hui à énoncer, développer un des principes du protestantisme, ce serait aussi très parcellaire.

Mais peut-être aurons-nous l’impression que ces témoignages sont un peu éclatés, ont quelque chose de disparate. Or je pense que non. Je pense qu’ils ont une profonde unité commune.

Ils ont tous explicitement ou implicitement dit que le protestantisme était pour eux caractérisé par la réalité de l’ouverture.

Mariage des prêtres, mariage des pasteurs.

Ouverture au monde tel qu’il est, à notre société, et non pas enfermement dans une caste privilégiée de célibataires.

Ouverture à ce monde.

Et puis le protestantisme se pose des questions, on l’a bien compris, il est perçu, ce protestantisme, comme une ouverture, un refus du dogmatisme, la possibilité de théologies et d’approches diverses.

Et pour le musulman, ouverture aussi, mais concrète, pratique, ouverture parce qu’il faut que nos temples aient des fenêtres, aient des portes ouvertes pour accueillir.

Ouverture sur le monde et pour le monde, qui ne nous enferme pas dans une bulle qui serait une église non pas sans frontières, mais bien repliée sur elle-même.

Amen.

Lecture de la Bible

Romains 12 :9-18 ; 13 :8-10

9 Que l’amour soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur; attachez-vous fortement au bien.
10 Par amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres; par honneur, usez de prévenances réciproques.
11 Ayez du zèle, et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit. Servez le Seigneur.
12 Réjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans l’affliction. Persévérez dans la prière.
13 Pourvoyez aux besoins des saints. Exercez l’hospitalité.
14 Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas.
15 Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent; pleurez avec ceux qui pleurent.
16 Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux.
17 Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes.
18 S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes....

13:8 Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres; car celui qui aime les autres a accompli la loi.
9 En effet, les commandements: Tu ne commettras point d’adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux qu’il peut encore y avoir, se résument dans cette parole: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
10 L’amour ne fait point de mal au prochain: l’amour est donc l’accomplissement de la loi.

 

(Cf. Traduction NEG)

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