Oser l'évangile encore et toujours

Actes 5:17-42

Culte du 21 juin 2020
Prédication de Agnès Adeline-Schaeffer

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 21 juin 2020

 Oser l'évangile encore et toujours
Actes 5:17-42


Jour 42 du dé-confinement progressif
Temple ouvert à un public restreint selon les consignes sanitaires en vigueur


Liturgie par le Pasteur Béatrice Cléro-Mazire
Prédication par le Pasteur Agnès Adeline-Schaeffer
Musique par Sarah Kim, organiste titulaire

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Musique : Sigfrid Karg-Elert "Nun Danket alle Gott"

Salutation 
En ce dimanche,  jour de joie, grâce et paix vous sont données, ici et maintenant, de la part de Dieu, Père de tous les hommes et de la part de Jésus-Christ, frère de tous les hommes, dans la consolation de l’Esprit-Saint, souffle de tous les hommes.

Accueil 

Toi qui es venu ce matin, dans ce temple, prendre le temps d’écouter la Parole de Dieu, renouveler tes forces physiques et spirituelles, par le chant et la prière, rencontrer ton prochain au milieu de ton activité familiale,  de ton travail, de tes nombreux engagements,  sois sans crainte !  Le Seigneur est là, il t’appelle, il t’invite à l’écouter et à le recevoir ici et maintenant.

Bienvenue pour ce culte ! Nous sommes heureuses de vous retrouver au temple de l’Oratoire du Louvre.
Nous saluons celles et ceux qui nous regardent de leur domicile, en France ou l’étranger.

Aujourd’hui, c’est le premier jour de l’été, c’est aussi la fête de la musique qui sera d’une autre tonalité, à cause de la réglementation sanitaire. Le culte sera ponctué de morceaux spécialement choisis par notre organiste Sarah Kim pour célébrer cette fête de la musique. Qu’elle soit remerciée.

Louange      
Louons Dieu :

Eternel, Dieu de la vie
Tu es là depuis toujours, merci.

Je te donne mon chant pour apaiser le monde, comme une prière qui bercerait la souffrance de celles et ceux qui se battent pour plus de justice et d'amour.

Je te donne ma musique pour faire danser celles et ceux qui pleurent et pour sécher leurs larmes.

Je te donne ma mélodie pour louer ta présence parmi nous et dans nos vies bien au-delà de tout ressenti.

Je te remercie pour l'occident de notre existence, pour l'orient de nos espérances et pour cet instant où là encore,  tu nous surprends.

Je veux te louer pour tout ce que ta volonté et tout ton amour et ta grâce accomplissent et mettent en oeuvre en chacun et chacune  de nous.

Pour tout ce que tu bouleverses, révèles, et fais jaillir en nous.
Pour la nouveauté d'un matin qui se lève en espérance sur notre monde.
Je te danse, je te loue, car tu es mon alpha, mon omega.
Tu me précèdes et tu me conduis.
Tu dépasses et tu transcendes mes inquiétudes, mes angoisses et mes pensées pour en faire un chant nouveau.
Loué sois-tu Eternel, Dieu de la vie ! (Laurence Tartar, pasteur).

Chant de l'Assemblée
Dans le recueil « le Psautier Français »,  nous vous invitons à poursuivre notre louange par le chant du  psaume 47, strophes 1, 2 et 3

Frappez dans vos mains, vous tous les humains !
A cris redoublés, peuples assemblés,
Exultez de joie car voici le roi !
Redoutable et doux, Dieu veille sur vous ;
Son bras souverain, sa puissante main,
Etend à jamais son règne de paix.
 
Si Dieu a choisi Israël pour fils,
S’il l’a secouru, s’il l’a maintenu,
C’est pour proclamer par son bien-aimé :
En moi s’uniront toutes les nations ;
Il faut maintenant que s’ouvre tout grand
Partout, pour toujours, mon règne d’amour.

Peuple racheté, viens ici chanter !
De tes oppresseurs, voici le vainqueur !
Fais sonner du cor, Dieu est juste et fort.
Chantez tous, chantez sa grande bonté !
Il vient rétablir, il fait resplendir
Plus haut que les cieux le règne de Dieu.

Volonté de Dieu 
Écoutons encore la volonté de Dieu pour aujourd’hui et les jours qui viennent :

Que règne en vos cœurs la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés tous en un seul corps. Vivez dans la reconnaissance. Que la Parole du Christ habite parmi vous dans toute sa richesse : instruisez-vous et avertissez-vous les uns les autres avec pleine sagesse ; chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés par l’Esprit. (Colossiens 3/ 15 et 16).

Confession du péché 
Je vous invite à la prière :

Nous voici maintenant devant toi.
Tels que nous sommes.
Tu nous aimes et nous ne voulons pas le savoir.
Tu nous sauves, tu nous pardonnes,
Et il semble que cela nous importe si peu.
Seigneur, nous sommes souvent devant toi et devant les autres,
Secs et protégés.
Fais de nos cœurs de pierre, des cœurs de chair.
Par ton Esprit, rends-nous humains et disponibles au visage de l’autre.

Creuse en nous le désir et la faim, et la soif de l’attente,
Et qu’il nous soit donné de nous mettre en route,
Dans la joie et l’espérance de ta présence.
Aide-nous à saisir ton pardon, à accepter cette libération que tu nous offres, sans condition.
Alors, nous chanterons à pleine voix de vivre de ta joie, de ton espérance et de ton amour avec nos frères et nos sœurs, mais aussi pour eux.
Au nom de Jésus-Christ notre Sauveur, Amen.

Annonce du pardon 
Pour recevoir le pardon que Dieu nous donne, je vous invite à vous lever :

Tout ce que Jésus a, il l’a reçu du Père.
Et tout ce qu’il possède, il nous le destine.
Le jour de son baptême, il a reçu une parole : tu es mon fils bien aimé, moi aujourd’hui, je t’ai engendré.
Cette parole nous est aujourd’hui destinée :
Tu es mon enfant, dit Dieu.
Aujourd’hui, je t’engendre à nouveau,
Aujourd’hui, je te pardonne,
Aujourd’hui, je fais toutes choses nouvelles.
Que l’Evangile de la grâce et du pardon
Soit pour toi parole de guérison et musique de ton chant. 
Amen.

Chant de l'Assemblée
Chantons à Dieu notre reconnaissance !
Chant spontané : Psaume 92, strophe 2

Combien grande est ta gloire, en tout ce que tu fais,
Et combien tes hauts faits sont dignes de mémoire !
Tes œuvres sans pareilles ont réjoui mon cœur,
Je veux chanter, Seigneur, tes divines merveilles !

Confession de foi 

Confessons ensemble notre foi :

Avec Jean-Baptiste : “Voici l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde.”
Avec André : “Nous avons trouvé le Messie.”
Avec Nathanaël : “Maître, tu es le Fils de Dieu, le roi d’Israël.”
Avec les Samaritains : “Nous savons qu’il est véritablement le Sauveur du monde.”
Avec Pierre : “Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.”
Avec Marthe : “Tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde.”
Avec Thomas : “Mon Seigneur et mon Dieu !”
Amen.

Chant de l'Assemblée
Chant spontané : Louange et Prière, Cantique 69, strophe 1

Grand Dieu, nous te bénissons,
Nous célébrons tes louanges,
Éternel, nous t’exaltons,       
De concert avec les anges,
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !

Doxologie « Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, et d’éternité en éternité »

Prière d’illumination
Prions ensemble :

Notre Dieu et notre Père,
Nous voici maintenant devant toi, et dans un instant nous allons recevoir ta Parole.
Toujours nouvelle et de par sa nouveauté, elle va nous déranger.
Nous t’en prions, viens mettre en nos cœurs ton Esprit saint, et creuse en nous la disposition nécessaire, pour recevoir ce qui important pour nos vies.
Permets que nous trouvions des réponses aux questions que nous nous posons, trop nombreuses, parfois…
Permets qu’au milieu de nos angoisses, nous vivions un apaisement.
Permets qu’au milieu de nos tristesses, nous vivions ta joie et ta consolation.
Permets, qu’au milieu de nos enfermements, nous y entendions ton appel à la liberté.
Amen.

Lecture de la Bible : Actes 5, versets 17 à 42
[Pour accéder à la lecture biblique, cliquer ici]
 
Musique : J.S. Bach "Liebster Jesu, wir sind hier", BWV 634

Prédication

Oser l'évangile encore et toujours.
Actes 5 : 17-42


Amis, frères et sœurs,

Nous continuons notre découverte du livre des Actes et nous suivons les pérégrinations des Apôtres. Depuis Pentecôte, rien n’arrête la parole des apôtres. C’est la seconde fois qu’ils se retrouvent en prison, la seconde fois qu’ils comparaissent devant le Sanhédrin, le tribunal ecclésiastique juif. Ils sont, en quelque sorte, irrécupérables pour la justice de leur époque.

Bien que les apôtres soient des gens quelconques et sans grande instruction, ils remportent un franc succès et l’adhésion de tout le peuple. En effet, beaucoup de prodiges et de guérisons se produisent avec eux. Le peuple, qui est sur le seuil et qui est témoin de tous ces miracles, n’ose pas s’intégrer au groupe des apôtres, ni rejoindre les personnes guéries. Par contre, les personnes qui ont d’énormes problèmes de santé physiques ou psychiques n’hésitent à s’approcher, pour bénéficier ne serait-ce que du passage de l’ombre de Pierre, dans une communion quasi mystique, afin d’être guéris.

Dans ce récit, d’un côté, nous avons le Grand-prêtre du temple de Jérusalem, Caïphe, entouré du parti des Sadducéens et du Sanhédrin. Les Sadducéens ne croient pas à la résurrection en général. Leur notion de la vie est contrainte entre la naissance et la mort. Favorables au pouvoir romain, hostiles aux disciples de Jésus, ils n’admettent pas la résurrection particulière de Jésus. La période n’est donc pas propice aux apôtres. Les Sadducéens censuraient la parole de ceux qui avaient une autre théologie qu’eux. Depuis la Pentecôte, ils s’opposent donc à l’Eglise naissante. De plus, ils sont enfermés dans un passé, qui est plutôt un passif, celui d’avoir condamné et fait exécuter Jésus de Nazareth, ce qu’ils n’assument pas. Lorsque l’opposition est trop forte, ils n’ont qu’une solution : supprimer ceux qui les dérangent. Ils enferment et ils tuent. C’est le modèle classique d’une dictature, dont la force réside dans un pouvoir absolu, et dont la seule peur est de perdre ce pouvoir, ce qui est la marque même de sa fragilité. Par deux fois, ils interdisent aux apôtres d’annoncer la Parole, de transmettre l’enseignement de Jésus, et même de prononcer le Nom, son nom. Les apôtres résistent et transgressent. Les Sadducéens n’ont qu’une seule réponse : les faire mourir.

De l’autre côté, nous avons une parole qui circule librement, contre toute attente. Pour la seconde fois, les apôtres se retrouvent en prison, dont on peut imaginer que les conditions de détention ne sont pas idéales. Mais ils sont secourus par « l’Ange du Seigneur », expression toute désignée de l’Ancien Testament pour personnifier l’intervention même de Dieu, en faveur de son peuple. L’ange par définition, c’est le messager qui a des ailes, figure indomptable de la liberté, qui passe partout et à qui aucun verrou ne résiste. Ici, il ouvre les portes pour laisser partir les apôtres. Il renvoie les apôtres à leur mission : « Allez » ! Il leur redonne confiance et courage : « Tenez-vous dans le temple », et il les exhorte à témoigner : « Annoncez au peuple toutes ces paroles de vie », ou plutôt : toutes les paroles de cette vie ; autrement dit, toutes les paroles qui concernent la vie du Ressuscité. Et pour démontrer que ce qui se passe est bien de l’ordre du divin, lorsque le moment est venu d’aller chercher les apôtres pour comparaître devant le Sanhédrin, il est précisé que les portes de la prison sont soigneusement fermées, que les gardes sont bien en faction devant la cellule, mais que la cellule est bel et bien vidée de ses occupants. Les apôtres échappent à tout ce qui était prévu : on les croit en prison, alors qu’ils sont au Temple. On les croit muselés par l’autorité, alors qu’ils instruisent le peuple. Ils suivent leur propre chemin de résurrection : à l’inverse de Jésus qui, au moment de sa Passion, passe du Temple au prétoire, pour être condamné à mort, les apôtres sortent de prison pour aller au Temple témoigner de la vie du Ressuscité. Lorsqu’on les arrête, ils suivent leurs oppresseurs sans résistance, et les oppresseurs ne leur font pas violence, à cause de la foule qui soutient les apôtres, alors que cette même foule, peu de temps avant, s’opposait à Jésus, en hurlant de le mettre à mort. Les apôtres n’ont pas peur de se retrouver devant le Sanhédrin. Pierre, devant le Grand-prêtre, est littéralement porté par sa foi. Il parle avec assurance, il est convaincu qu’il fait le bon choix : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ». Et pour lui, faire le bon choix, c’est faire le choix du Ressuscité. Et le Ressuscité, « c’est celui que Dieu a exalté par sa droite, comme Prince et Sauveur, venu pour sauver Israël, et lui donner le pardon de ses péchés ». Nous pouvons noter qu’à ce moment précis du texte, Pierre n’a pas encore rencontré Corneille, et que la mission de Jésus le Christ, semble se limiter qu’à Israël et ne s’élargit pas encore aux non-juifs.

A ceux qui pensent avoir le pouvoir absolu, Pierre est en train de dire que le pouvoir humain n’est que secondaire, par rapport à la vie donnée par le Ressuscité, le Christ, ou le Messie. Le Sanhédrin, exaspéré, n’a qu’une seule réponse : la mort !

C’est alors qu’entre en scène, un homme, un Pharisien, nommé Gamaliel. Qui est-il ce Gamaliel ? Il est le petit-fils de Hillel, qui est le fondateur de la plus libérale des deux écoles de Pharisiens. Gamaliel est le plus illustre enseignant juif de son temps. Il prône sans cesse la modération et cela transparaît dans ses recommandations de prudence. Très instruit, il a étudié non seulement la Torah mais aussi la littérature grecque. Il est réputé pour sa souplesse à l’égard de l’observance moins rigoureuse et moins pesante du Sabbat que la plupart de ses collègues. Il encourage la bienveillance envers les non-juifs. Parmi ses élèves, figure le futur apôtre Paul. Pourquoi est-il estimé du peuple ? Parce qu’il sait se mettre à distance des différentes situations ; il choisit toujours de prendre du recul, en gardant son sang-froid ; il prend de la hauteur. Il est tout simplement un sage, qui reconsidère les choses du point de vue de Dieu. Il n’a aucun pouvoir à défendre ; il n’est pas un fanatique et il ne se laisse pas gouverner par la peur. Autrement dit, il se laisse enseigner par Dieu. Et en tant que chef d’école, il enseigne les autres à se laisser enseigner par Dieu. Il raisonne donc avec sa conscience et il propose à ses collègues d’en faire autant : « N’allez pas risquer de vous trouver en guerre avec Dieu » leur dit-il. (v. 39). Si on tue tous ceux qui prêchent Dieu, cela sera un blasphème contre Dieu. Gamaliel invite les Sadducéens et le Sanhédrin à bien examiner ce qui se passe autour d’eux. Il prend l’exemple de situations de révoltes religieuses qui ont avorté d’elles-mêmes, comme celles menées par un certain Theudas, ou un certain Judas le Galiléen. Quand il y a de la violence pour régler un débat théologique, c’est qu’il y a derrière, un désir de pouvoir humain, ainsi que le manifestent les Sadducéens. Alors, dans cette situation particulière des apôtres, de deux choses l’une : ou bien leur entreprise n’est qu’une œuvre humaine, et elle est vouée à disparaître d’elle-même, ou bien elle vient de Dieu, et quelques soient les moyens qui seront employés, elle ne pourra pas disparaître.  Par conséquent, c’est plus sage de les laisser aller. Les apôtres reçoivent ici un appui inattendu. Gamaliel est en train de suggérer que c’est mieux de laisser prêcher les chrétiens, même si on n’est pas d’accord avec leurs idées, plutôt que de les supprimer. Gamaliel met le pouvoir absolu des Sadducéens en jeu par le doute. Parce qu’au fond, on peut se tromper. On ne peut jamais savoir. Seul Dieu peut départager ceux qui parlent en son nom. Et en ce sens, Gamaliel est profondément honnête et reste fidèle à ses convictions. Est-il seulement conscient qu’il est en train de prendre un risque ? Et de rendre crédible le Ressuscité lui-même ? Car il va à l’encontre de ce que ses collègues Sadducéens avaient demandé, à savoir l’interdiction aux apôtres de proclamer la Résurrection du Christ, et de témoigner de la vie du Ressuscité en eux et autour d’eux. Parce que prêcher Jésus ressuscité, c’est le susciter encore et toujours ; c’est oser l’Evangile, encore et toujours ; c’est rendre Jésus vivant en permanence ; c’est faire de cette annonce, une Bonne Nouvelle qui donne et redonne inlassablement, fidèlement, une raison de vivre et d’espérer, mais aussi de lutter pour la justice, la dignité, la liberté, et de résister à toute forme de mal, identifié ou caché, avec une conviction à la fois pacifique, inébranlable, voire jubilatoire. C’est exactement la mission de l’Eglise naissante : annoncer, transmettre « les paroles de cette vie », qui font écho à la réponse que Simon-Pierre, alors disciple du Nazaréen, lorsqu’il dira à Jésus : « Seigneur à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle », que nous trouvons dans l’Evangile de Jean, écrit bien après les Actes des Apôtres.

Contre toute attente, la proposition de Gamaliel est acceptée par les Sadducéens et le Sanhédrin. Les apôtres sont relâchés, sûrement à contre cœur, puisqu’ils sont battus de verges avant de sortir libres. Libres et heureux, nous dit le texte, « d’avoir été trouvés dignes de subir des outrages pour le Nom ». L’Eglise naissante reste en vie. Elle va progresser. Elle n’aura de cesse de progresser, de siècle en siècle, avec ses hauts et ses bas, ses qualités et ses défauts, avec ses avancées lumineuses et ses coups bas sordides, avec la proclamation de la Parole qui donne la vie, mais avec la tentation permanente de confisquer cette même Parole pour mieux garder le pouvoir. Pourtant, l’Eglise devrait le savoir : depuis la Pentecôte, les barreaux d’aucune prison ne peuvent museler la parole d’un homme, quand il annonce aux captifs la liberté, aux aveugles le retour à la vue, la libération de tout esclavage, mais aussi le renvoi des riches, les mains vides, la dispersion des hommes aux pensées orgueilleuses, et les pauvres comblés de biens et nourris à satiété, sans oublier les derniers qui deviennent les premiers, les plus humbles qui se retrouvent aux places d’honneur et les femmes qui rencontrent les premières le Ressuscité. C’est ce que procure la vie du Ressuscité en chacun qui accepte de le recevoir. Et les apôtres sont bien placés pour en témoigner, jusqu’au don de leur propre vie. Même s’ils la perdent à cause de leur témoignage, la Parole qui libère, qui n’a de cesse de créer, restaurer, de rendre la dignité, de guérir, demeure éternellement.

Les apôtres libérés, se retrouvent à nouveau dans le Temple, mais aussi dans les églises de maison, pour enseigner et annoncer la bonne nouvelle que Jésus est le Messie. Le Christianisme naissant fait face aux Sadducéens qui, eux aussi, annoncent une parole. Dans le Temple, il y a donc ces deux types de paroles, aussi puissantes l’une que l’autre.

Et c’est toujours d’actualité. Au nom de Dieu :

D’un côté, il y a la Parole qui musèle la vie, en la contraignant, en mettant des entraves, en imposant des obligations. C’est une parole qui censure, enferme, conserve, garde, juge, culpabilise, confisque, et qui finit par tuer. La vraie prison, c’est la Parole détenue. Elle finit par mourir. Les Sadducéens disparaîtront avec la chute du Temple.

De l’autre, il y a la Parole qui libère la vie, qui circule, qui s’adapte aux circonstances, qui évolue, qui traduit, qui actualise, qui innove, qui engage et qui lutte. On ne peut pas la détenir, parce qu’on ne la possède jamais. Aussitôt proclamée, elle n’appartient à personne, elle est à tout le monde, parce qu’elle est donnée. Offerte sans condition, pour l’épanouissement du monde, pour la plénitude et l’intégrité de tous ; la nouveauté des idées qu’elle engendre est sans limite. C’est le Christianisme naissant, qui prêche le Ressuscité, qui agit toujours en Ressuscité, c'est-à-dire qu’il suscite à nouveau, par une Parole active, qui relève, qui éveille, qui fait tenir debout.

Cette Parole est toujours actuelle. Elle n’a pas de fin. Rien n’arrête la parole des Apôtres d’aujourd’hui qui annoncent la vie donnée par le Ressuscité. Une seule chose reste à faire : chanter à Dieu notre reconnaissance !

Amen.

Musique : Robert Schumann - Canon en La Bémol Majeur



Chant de l'Assemblée
Dans le recueil Louange et Prière, nous vous invitons à vous unir par le chant du cantique 171, les strophes 1, 2 et 3.

Rends-toi maître de nos âmes, Esprit saint,  Esprit d’amour,
Et de tes divines flammes, embrase-nous en ce jour,
Fais-nous sentir ta présence, revêts-nous de ta puissance,
Et baptise-nous de feu, Esprit saint, Esprit de Dieu !

Forme-nous pour le service de notre divin Sauveur,
A ses pieds, en sacrifice, nous apportons notre cœur.
Fais-nous sentir ta présence, revêts-nous de ta puissance,
Et baptise-nous de feu, Esprit saint, Esprit de Dieu !

Esprit de vie et de gloire, conduis-nous de jour en jour,
Et de victoire en victoire, jusqu’au céleste séjour.
Fais-nous sentir ta présence, revêts-nous de ta puissance,
Et baptise-nous de feu, Esprit saint, Esprit de Dieu !
 
Musique : Louis Vierne "Méditation"

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Offrande 

Pour celles et ceux qui ne sont pas physiquement avec nous, vous pouvez effectuer votre don en ligne, en toute sécurité, sur le site de l’Oratoire, oratoiredulouvre.fr

Prière 
Éternel, tu nous combles de tes bénédictions, jour après jour et notre geste d’offrande d’aujourd’hui en est un modeste témoignage. Inspire-nous d’autres gestes d’offrande, qui ne soient pas  que des gestes matériels mais aussi des gestes d’amitié et des marques de tendresse.  
AMEN

Prière d'intercession
Unissons-nous dans la prière les uns pour les autres :
 
Seigneur à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle (Jean 6/68)

Dieu, notre Père, quand les mots se font rares,
Quand le pardon ne vient pas aux lèvres,
Quand l’amour bâillonné n’a plus rien à dire
Quand mensonges et demi vérités brouillent toutes les pistes,
Nous venons nous reposer en toi,
En ta Parole, sainte, crédible, fiable,
Et ta parole apaise notre infinie soif de vérité.

Dieu, notre Père, quand les mots nous lâchent,
Quand la solitude du dedans interdit toute parole,
Quand la jalousie inexprimable ravage la paix intérieure,
Quand amertume et colère font des autres un enfer,
Nous venons nous reposer en toi,
En ta Parole, sainte, crédible, fiable,
Et ta Parole apaise notre infinie soif de vérité.

Dieu, notre Père, quand les mots, soudain, s’embrasent,
Quand ta compassion se propage de proche en proche,
Quand ta grâce, enfin, triomphe de la surdité,
Quand aimer et être aimé ne se discutent plus,
Nous te louons pour ta Parole, sainte, crédible, fiable,
Et avec Simon-Pierre, nous confessons :
« Ô Christ, à qui irions-nous,
Tu as les paroles de vie éternelle ».

Lytta Basset, « Traces vives », page 20.

Notre-Père
Ensemble, liés les uns aux autres, présents et absents, malgré les distances qui nous séparent, nous te disons d’un même cœur la prière que Jésus nous a enseignée :

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Ne nous soumets pas à la tentation
Mais délivre-nous du mal,
car c’est à toi qu’appartiennent
Le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen.

Exhortation

Bénédiction

Chant de l'Assemblée
Chant spontané : Louange et Prière, Cantique 308, strophe 5

Bénis, ô Dieu, nos routes, nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi,
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi.

Musique : Théodore Dubois "Toccata en Sol Majeur"

 

Actes 5:17-42

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Lecture de la Bible

Actes 5 : 17-42

17 Alors le grand-prêtre et tous ceux qui étaient avec lui, c'est-à-dire les membres du parti des sadducéens, furent remplis de jalousie à l'égard des apôtres ; ils décidèrent d'agir.

18 Ils les firent arrêter et jeter dans la prison publique.

19 Mais pendant la nuit, un ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison, fit sortir les apôtres et leur dit :

20 « Allez dans le temple et annoncez au peuple tout ce qui concerne la vie nouvelle. »

21 Les apôtres obéirent : tôt le matin, ils allèrent dans le temple et se mirent à enseigner.

Le grand-prêtre et ceux qui étaient avec lui convoquèrent les anciens du peuple juif pour une séance du conseil suprême. Puis ils envoyèrent chercher les apôtres à la prison.

22 Mais quand les gardes arrivèrent, ils ne les trouvèrent pas dans leur cellule. Ils retournèrent au conseil et firent le rapport

23 suivant : « Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée et les gardiens à leur poste devant les portes. Mais quand nous les avons ouvertes, nous n'avons trouvé personne à l'intérieur. »

24 En apprenant cette nouvelle, le chef des gardes du temple et les grands-prêtres ne surent que penser et ils se demandèrent ce qui s'était passé.

25 Puis quelqu'un vint les informer : « Écoutez ! Les hommes que vous avez jetés en prison se trouvent dans le temple où ils donnent leur enseignement au peuple. »

26 Le chef des gardes partit alors avec ses hommes pour ramener les apôtres. Mais ils n'usèrent pas de violence, car ils avaient peur que le peuple leur lance des pierres.

27 Après les avoir ramenés, ils les firent comparaître devant le conseil et le grand-prêtre se mit à les accuser.

28 Il leur dit : « Nous vous avions sévèrement défendu d'enseigner au nom de cet homme-là. Et qu'avez-vous fait ? Vous avez répandu votre enseignement dans toute la ville de Jérusalem et vous voulez faire retomber sur nous les conséquences de sa mort ! »

29 Pierre et les autres apôtres répondirent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux êtres humains.

30 Le Dieu de nos ancêtres a ressuscité ce Jésus que vous aviez fait mourir en le pendant au bois de la croix.

31 Dieu l'a élevé par sa main droite et il l'a établi comme chef et sauveur, pour donner l'occasion au peuple d'Israël de changer de vie et de recevoir le pardon de ses péchés.

32 Nous sommes témoins de ces événements, nous et l'Esprit saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »

33 Les membres du conseil devinrent furieux en entendant ces paroles, et ils voulaient faire mourir les apôtres.

34 Mais il y avait parmi eux un pharisien nommé Gamaliel, un spécialiste des Écritures que tout le peuple respectait. Il se leva au milieu du conseil et demanda de faire sortir un instant les apôtres.

35 Puis il déclara à l'assemblée : « Gens d'Israël, prenez garde à ce que vous allez faire à ces hommes.

36 Il n'y a pas longtemps on a vu se lever Theudas, qui prétendait être quelqu'un d'important ; environ 400 hommes se sont joints à lui. Mais il fut tué, tous ceux qui l'avaient suivi se dispersèrent et il ne resta rien du mouvement.

37 Après lui, à l'époque du recensement, on a vu se lever Judas le Galiléen ; il entraîna bien des gens à sa suite. Mais il fut tué, lui aussi, et tous ceux qui l'avaient suivi furent dispersés.

38 Maintenant je vous le dis : ne vous occupez plus de ceux-ci et laissez-les aller. Car si leurs intentions et leur activité sont d'origine humaine, elles disparaîtront.

39 Mais si elles viennent vraiment de Dieu, vous ne pourrez pas les détruire. Ne prenez pas le risque de combattre Dieu ! » Les membres du conseil acceptèrent l'avis de Gamaliel.

40 Ils rappelèrent les apôtres, les firent battre et leur ordonnèrent de ne plus parler du nom de Jésus, puis ils les relâchèrent.

41 Les apôtres quittèrent le conseil, tout joyeux de ce que Dieu les ait jugés dignes d'être maltraités pour le nom de Jésus.

42 Et chaque jour, dans le temple et dans chaque maison, ils continuaient sans arrêt à enseigner en annonçant la bonne nouvelle de Jésus, le Christ.

Audio

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