Le nuage de l'inconnaissance

Exode 19:16-19 , Exode 33-20-23 , Matthieu 17:1-5

Culte du 10 mars 2019
Prédication de Jean-Michel Perraut

Vidéo de la partie centrale du culte

[Transcription depuis l'enregistrement audio]

Il y a en ce moment un courant non pas majoritaire mais certainement le plus dynamique et le plus médiatique à l'intérieur du christianisme, aussi bien du protestantisme dans ses différentes formes que du catholicisme, c'est un courant qui privilégie l'immédiateté, la proximité, l'intériorité de Dieu. Dieu me semble apparaître là comme une sorte de bon génie qui est au-dessus de l'épaule de chacun et qui est là pour obéir aux prières de chacun. J'ai parfois un peu l'impression, dans ce courant théologique et de piété, que Dieu est une sorte de couteau suisse de la spiritualité : il est bon et il sert à tout. Dieu est un peu le bouche-trou de nos ignorances. Je reviendrai là-dessus tout à l'heure à propos d'une phrase de Dietrich Bonhoeffer. Vous avez compris que ce n'est pas tout à fait ma tasse de thé, ce courant-là. Et je pense que, vous qui faites partie d'une paroisse de tradition libérale, ce n'est pas tout à fait non plus votre tasse de thé. Nous aspirons certainement à autre chose, à une autre forme de vie, à une autre forme de spiritualité. C'est ce que je voudrais essayer de faire avec vous ce matin.

Alors élevons le débat. Essayons de faire un peu de théologie ensemble. Il y a deux sortes, deux très grandes sortes de théologie. Certes, il y a plusieurs manières de classifier les théologies. Mais en voici deux : il y a une théologie que l'on peut qualifier de cataphatique, cata ça veut dire « de haut en bas », phasis, ça veut dire « parole ». C’est une théologie, ce sont des théologies au cours de l'histoire qui entreprennent de « dire Dieu », de le définir de façon positive. Voilà Dieu est ceci ou cela et on a pu écrire sur Dieu, sur la christologie, des tomes et des tomes de littérature pour expliquer en long en large et en travers ce qu'est le Christ, ce qu'il fait, comment il est, etc... etc… Ça a eu beaucoup d'influence dans l'histoire du christianisme. Ça a été l'occasion aussi de beaucoup de disputes à propos de la Trinité ou à propos de la nature du Christ. Et il y a un deuxième type de théologie, c'est une théologie apophatique, « apo » c’est un privatif, négatif. Une personne dont on dit qu'elle est aphasique par exemple c’est une personne qui ne peut pas parler. Elle n'a pas la parole. Donc une théologie apophatique, c’est une théologie qui renonce à « dire Dieu », à entrer dans les secrets de Dieu, à qualifier Dieu même de façon négative. C'est une théologie du respect de Dieu. C'est une théologie qui ne veut pas aller au-delà de ce qui est connaissable. Vous pouvez oublier les mots cataphatique et apophatique, sauf si vous faites du scrabble, ça peut vous servir un jour. Sinon je ne pense pas que vous vous en serviez dans votre vie courante. Ce n'est pas grave. Deux types de théologie : celle qui prétend dire tout, celle qui au contraire est respect et respectueuse du secret de Dieu.

Je vous propose donc maintenant une sorte de petit voyage dans l'histoire de l'église et dans l'histoire de la théologie à propos de cette théologie, disons respectueuse. Le point de départ que j'utiliserai aujourd'hui c'est une expression et celle-là je vous la recommande, parce que je vais y revenir à plusieurs reprises. C'est le « nuage de l'inconnaissance ». Le point de départ de cette expression un peu curieuse, c'est un auteur anonyme du XIVe siècle. Le XIVe siècle c'est le siècle de la guerre de Cent Ans, de la grande peste, et c'est une époque fort troublée. Le texte est d'origine anglaise. Il est écrit en anglais médiéval. Ce n’est pas moi qui l'ai traduit, parce que c'est de l'anglais médiéval et ce n'est pas mon fort. C'est un maître de spiritualité qui s'adresse à un novice. Il y a une traduction de ces textes qui se trouve dans la collection « Spiritualités vivantes ». « L'expérience mystique », enseigne ce maître de spiritualité : « Au plus haut de la spiritualité, il y a, dit-il, le nuage de l'inconnaissance. Dieu échappe à notre esprit, à notre intelligence, à nos sens. Dieu est inconnaissable dans sa déité. » Je cite maintenant : « un nuage d'inconnaissance, quelque chose dont tu ne sauras apercevoir ce que c'est, sinon que tu constateras dans ta volonté une aspiration nue et pure vers Dieu. Quoique tu fasses, cette obscurité et ces nuages seront entre toi et ton Dieu et t’empêcheront de le voir clairement par la lumière de l'intelligence ou de prendre contact avec lui dans la douceur et l'amour par l'affection.

Nuage de l'inconnaissance. Ne nous y trompons pas, ce n'est pas le nuage de l'ignorance. Nous ne sommes pas dans l'ignorance. Si je reviens au texte biblique que j'ai lu tout à l'heure dans le livre de l'Exode, Moïse monte sur la montagne. Dieu est caché et pour ne pas être vu par l'homme, il le met dans une grotte. Il met sa paume sur l'entrée de la grotte pour cacher Moïse et quand il enlève la paume sa main – peut-on parler de la main de Dieu ? – alors Moïse ne voit pas ses faces. Il voit seulement son dos. Mais quand Moïse redescend de la montagne, il a en sa possession les Tables de la Loi, ce que l'on appelle communément les dix comman­dements. En réalité, ce sont les dix paroles, les dix paroles. Puis il redescend et il constate là, à son grand désespoir, que le peuple s'est détourné de Dieu, qu’il a perdu patience et s'est tourné vers le Veau d'Or. Alors que fait Moïse, ivre de rage ? Il casse les tables de la loi. Elles sont cassées, perdues. Ce n'est que plus tard, et là il faut attendre le chapitre 33 de l'Exode, pour retrouver Moïse remontant sur la montagne, séjournant 40 jours sur la montagne, et redescendant de la montagne avec les nouvelles Tables de la Loi. Mais autant les premières étaient censées avoir été écrite par Dieu, les deuxièmes Tables de la Loi, et c'est bien précisé dans le texte, ont été écrites de la main de Moïse.

C'est très important parce que si c'est écrit de la main d'un homme, alors il y a la possibilité d'une interrogation, d'une connaissance, d'une interprétation de tout cela. Et la tradition juive est une tradition qui n'est pas dans le texte biblique, mais c'est une tradition intéressante quand même. Elle dit non seulement Moïse reçoit ces Tables de la Loi, ces paroles, mais il reçoit aussi la loi orale, c'est à dire le Talmud. Il reçoit l'un et l'autre. C'est une tradition, mais ça veut dire qu’il y a là en essence la possibilité pour l'âme de lire, de connaître, d'interpréter, de critiquer et de ne pas être d'accord. Et c'est tout le Talmud. C'est toute l'histoire de la théologie. C'est toute l'histoire de l'église.
Donc nous ne sommes pas dans l'ignorance. Ce qui vient de cette nuit, c'est ce qui permet à l'homme de vivre. Dans le texte de la transfiguration que j'ai lu tout à l'heure, on retrouve Moïse, on retrouve la montagne, on retrouve la nuée. Alors ce n'est pas par hasard si on retrouve évidemment tous ces éléments-là. Et puis cette voix qui vient du ciel « Celui-ci est mon fils bien aimé. Ecoutez-le ». Donc il y a une parole. Cette parole de Jésus, nous ne l'avons pas directement. Où la trouvons-nous ? Dans les Evangiles. Heureusement nous avons quatre Evangiles dans l'ensemble du Nouveau Testament. Donc, là aussi, il y a la possibilité qui est ouverte à l'homme de comprendre, de critiquer, d'interpréter, de ne pas être dans quelque chose d’univoque et de totalitaire, mais d'avoir une ouverture et une ouverture de l'esprit. Écoutez-le. Or vous le voyez, les choses s'ouvrent quand même. Il y a le nuage de l’inconnaissance, mais il y a aussi la possibilité de lire, de comprendre, de critiquer, d'interpréter.

Je poursuis mon voyage, un petit peu un voyage dans le temps et dans l'espace que je vous propose. Tout à l'heure je lisais quelques mots de Jean Tauler. Je reprends : « N'interroge pas les hautes spéculations mais rentre dans ton propre fond. Apprends à te connaître toi-même et ne pose pas de questions sur les secrets de Dieu, la diffusion et le retour, sur le quelque chose dans le rien, et sur l'étincelle de l'âme au cœur de l'essence ». N’interroge pas. Rentre dans ton propre fond. Saint-Jean-de-la-Croix : « Il est un je ne sais quoi que mon cœur brûle d'obtenir. Ceux-là possèdent la sagesse de Dieu qui se font petits et ignorants, renoncent à leur science et marchent avec amour dans la voie du service de Dieu ». Oui il y a comme ça une sorte de fil conducteur entre la tradition biblique, les textes bibliques et puis des pères de l'église, des penseurs de l'église, aussi bien au Moyen-Age que, un petit peu plus ancien dans le IVème siècle, avec Grégoire de Naziance. C’est un père grec qui a conservé une importance grande dans la pensée grecque orthodoxe. « Oh Toi, l’au-delà de tout. Tu as tous les noms. Comment t'appellerai-je, Toi, le seul qu'on ne peut nommer. Quel esprit céleste pourra pénétrer les nuées. Qui voit le ciel lui-même revient sur les nuées. Aie pitié, oh Toi, l’au-delà de tout. Comment t’appeler d'un autre nom ». Il semble bien qu'il y ait comme cela une intuition à la fois chez des mystiques, chez des théologiens, des penseurs, que Dieu c’est l’au-delà de tout. Il ne faut pas se perdre dans les spéculations. Mais ça ne veut pas dire que nous sommes perdus ou ignorants.

Cette phrase de Saint-Augustin maintenant au IVe siècle : « Si vous avez l'intelligence de ce vous voulez dire, ce n'est pas Dieu. Si vous avez pu comprendre, vous avez compris autre chose que Lui. Si vous croyez l'avoir compris, vous êtes le jouet de vos propres pensées ». C'est un appel à la modestie. On pourrait se dire ça assez souvent : si vous croyez avoir compris, vous êtes le jouet de vos propres pensées. Ils ont une certaine vigueur de pensée, ces vieux auteurs. C'est la tradition de Dieu et c'est la tradition biblique.

Le nom de Dieu est inconnaissable. Ça c'est répété à toutes les pages de la Bible en quelque sorte. On a ce mot curieux qui est fait des consonnes d'un nom, mélangées avec les voyelles d’un autre nom. Alors que bêtement on a parfois dit : c’est Yahvé ou c’est Jéhovah. C’est absolument ridicule de dire ce genre de choses-là, puisque c’est imprononçable. On ne dit pas ce nom-là : c'est imprononçable. On dit dans le judaïsme : c'est Adonaï ou c’est Hachem. Hachem, ça veut dire « le nom » : c’est « le nom », mais c'est le nom dont on ne connaît pas le nom justement. On ne connaît même pas le nom. C'est le début de la connaissance. Quand on connaît le nom de quelqu'un, ça ne veut pas dire qu'on le connaît complètement. Mais on connaît son nom. Voilà un petit quelque chose. Mais lorsqu'il s'agit de Dieu, on ne connaît même pas le nom. Ce nom est définitivement inconnais­sable. C'est le nom. Hachem.

Ça me rappelle une histoire du hassidisme, qui est un courant théologique, de piété, à l'intérieur du judaïsme au XVIIIe siècle dans la Pologne, l'Ukraine, la Lituanie, toutes ces communautés juives dont il n'est pas resté grand-chose après la Shoah. Le hassidisme, c'est un courant très vivant aujourd'hui dans le judaïsme, très vivant à Paris, à New-York, oh combien, à Jérusalem et puis dans beaucoup d'autres endroits. C'est une spiritualité un peu un peu curieuse. Alors il y a une histoire sur le fondateur de ce courant, qui est un personnage légendaire qu'on appelle le Baal Shem Tov. Ça veut dire le maître du bon nom. Les textes de référence, c’est Elie Wiesel : « Célébration hassidique » que je vous le recommande. C'est un de mes livres de chevet. Et Martin Buber : « Les récits hassidiques ». Ce sont des livres qu’il faut avoir, qu’il faut lire évidemment.

Revenons-en à Baal Shem Tov, ce grand mystique. Un jour, il est en extase et il gravit les degrés du ciel. Il va très haut, très haut, très haut, jusqu’où aucun homme n'est allé jusqu'à maintenant. Et puis il se trouve devant une porte. Derrière la porte se trouve le Messie. S'il ouvre la porte, s’il  réussit à ouvrir la porte, alors il connaît le Messie. Mais si le Messie est connu d'un homme, il sera connu de tous les hommes. Donc l'histoire de l'humanité va s'arrêter là. Et à ce moment précis, le Baal Shem Tov retombe. Il se retrouve chez lui dans son lieu de prière. Chose extraordinaire, il a tout oublié, lui qui était un savant qui connaissait toute la Torah, le Talmud et tout et tout, il ne sait plus rien. Plus exactement, il ne sait plus qu'une chose, c'est l'alphabet, l'alphabet hébraïque. C'est la seule chose dont il se souvient. Alors il commence à réciter alep, bet, gimel, et caetera, et caetera... Il le dit, il le redit. Petit à petit, les choses reviennent en sa mémoire. C’est-à-dire, il n'a pas ouvert la porte du Messie, il n'est pas allé jusqu'à lui, mais il reprend le cours de son existence à partir de ce qui forme les textes, c'est à dire l'alphabet. C'est à partir de l'alphabet qu’il retrouve sa vie, tout en ayant compris qu’il ne va pas atteindre le Messie et que ce n'est pas lui qui va faire venir le Messie dans le monde. Mais à partir de l'alphabet, comme à partir des Tables de la Loi, tout se reconstruit petit à petit. Je trouve que c'est une belle histoire.

J'en viens maintenant à l'époque contempo­raine ou quasi contemporaine avec un texte qui est d'un auteur connu, Dietrich Bonhoeffer. Dietrich Bonhoeffer était un pasteur allemand, un théologien qui était opposé au nazisme et qui a été pendu par les Nazis le 9 avril 1945, au camp de Flossenbürg. En pleine débâcle, les Nazis n'ont quand même pas oublié de pendre quelques personnes, dont lui, hélas. On a connu ces textes, enfin çà c'est ma génération d'étudiants en théologie, quand on a eu la traduction de ses lettres de captivité. Cela s'appelle « Résistance et Soumission. Lettres de prison ». Ça a eu quelque influence sur quelques générations de pasteurs, en particulier sur la mienne. Je ne peux pas dire que j'ai tout compris de Dietrich Bonhoeffer. Il y a certainement beaucoup de choses que je n'ai jamais comprises et que je ne comprendrai jamais, mais il me semble que ce que je vais citer là a quelque rapport avec le nuage de l’inconnaissance. Je cite : «  En devenant majeurs, nous sommes amenés à reconnaître réellement notre situation devant Dieu. Dieu nous a fait savoir qu'il nous faut vivre en tant qu'hommes qui parviennent à vivre sans Dieu. Le Dieu qui est avec nous est celui qui nous abandonne. Le Dieu qui nous laisse vivre dans le monde, sans l'hypothèse de travail Dieu, est celui devant qui nous nous trouvons constamment. Devant dieu et avec Dieu, nous vivons sans Dieu ». Vous retrouverez ce texte.

Je n'ai certainement pas tout compris, mais ça me rappelle cette histoire rabbinique. C'est un maître, un grand rabbin qui enseigne à ses disciples et puis, à un certain moment, il s'aperçoit que les disciples ne suivent pas bien. Alors il leur dit ceci : « Vous ne comprenez pas, c'est bien. Habituez-vous, parce que, quand le Messie viendra, vous ne comprendrez pas non plus ». Alors ça c'est une bonne maxime pour les prédicateurs. Si vous ne comprenez pas, habituez-vous. Un jour peut-être vous comprendrez. Moi-même je n'ai pas tout compris. Je n'ai pas tout compris de Dietrich Bonhoeffer. Mais tout de même, il me semble qu'il y a quelque chose de respectueux de Dieu. Ah nous sommes là dans le monde, à vivre devant Dieu et avec Dieu sans Dieu, comme dit Dietrich Bonhoeffer.

Quelle conclusion donner à tout cela ? Il y a, je l’ai vu, je ne sais plus il y a combien de temps, un reportage à la télévision sur une communauté très inconnue, même des catholiques et encore plus des protestants, qui est la tradition des Chartreux, l'ordre des Chartreux. Ils vivent vraiment seuls dans une cellule toute leur existence. Il se trouve que ces Chartreux ont conservé ce livre de nuage de l'inconnaissance. Ils ont conservé cela dans leur spiritualité, cette espèce de respect du secret de Dieu. Je crois que ce reportage a été publié en dvd. On doit pouvoir le trouver. Ça s'appelle « Le grand silence » de Philip Gröning. C'était un reportage tout à fait passionnant sur la Grande Chartreuse. C’est tout à fait aux antipodes du protestantisme. Mais ça ne fait rien : ce que nous avons en commun, c'est peut-être une pensée respectueuse. Voilà je vous livre ces deux mots : le nuage de l’inconnaissance. Cela peut être une sorte de clé. Quand vous lirez quelques textes bibliques, quand vous trouverez quelques auteurs, vous pourrez peut-être vous demander : est-ce que ça ne serait pas quelque chose de l'ordre du nuage de l’inconnaissance. Et comme disait Maurice Clavel : Dieu est Dieu, nom de Dieu.

Amen

Textes complémentaire à la prédication :

Saint-Grégoire de Naziance (329-390) - Cappadoce
O Toi l'au-delà de tout
O Toi l'au-delà de tout,
       Comment T'appeler d'un autre nom ?
Quelle hymne peut Te chanter ?
       Aucun mot ne T'exprime.
Quel esprit Te saisir ?
       Nulle intelligence ne Te conçoit.
Seul, Tu es ineffable ;
       Tout ce qui se dit est sorti de toi.
Seul, Tu es inconnaissable ;
       Tout ce qui se pense est sorti de Toi.
Tous les êtres Te célèbrent,
       Ceux qui parlent et ceux qui sont muets.
Tous les êtres te rendent hommage,
       Ceux qui pensent comme ceux qui ne pensent pas.
L'universel désir, le gémissement de tous
       Aspire vers Toi
Tout ce qui existe Te prie
       Et vers Toi tout être qui sait lire Ton univers
Fait monter un hymne de silence.
Tout ce qui demeure, demeure en Toi seul.
       Le mouvement de l'univers déferle en Toi.
De tous les êtres Tu es la fin,
       Tu es unique.
Tu es chacun et Tu n'es aucun.
       Tu n'es pas un être seul, Tu n'es pas l'ensemble :
Tu as tous les noms,
       Comment T'appellerai-je ?
Toi le seul qu'on ne peut nommer ;
       Quel esprit céleste pourra pénétrer les nuées
       Qui voilent le ciel lui-même ?
Aie pitié, ô Toi, l'au-delà de tout ;
       Comment T'appeler d'un autre nom ?
_____________

Saint Augustin (IV°-V° siècle) :

« Si vous avez l’intelligence de ce que vous voulez dire, ce n’est pas Dieu ; si vous avez pu comprendre, vous avez compris autre chose que lui. Si vous croyez l’avoir compris, vous êtes le jouet de vos propres pensées. »

Denis l’Aéropagyte (V° siècle) :

« Moins je connais Dieu, plus je le connais. »

St Jean de la Croix (1542-1591) :

« Il est un je ne sais quoi que mon cœur brûle d’obtenir. »
« Ceux-là possèdent la Sagesse de Dieu qui se font petits et ignorants, renoncent à leur science et marchent avec amour dans la voie du service de Dieu. »

Johann Tauler (début XIVe siècle - 1561)

Strasbourgeois, dominicain : statue à St Pierre le Jeune (église protestante) à Strasbourg,
connu de Luther :
"N'interroge pas sur les hautes spéculations, mais rentre dans ton propre fond, apprends à te connaître toi-même, et ne pose pas de questions sur les secrets de Dieu, la diffusion et le retour, sur le quelque chose dans le rien, et sur l'étincelle de l'âme au coeur de l'essence." (extraits)

Lecture de la Bible

Exode 19 (Chouraqui)
16.  Et c’est le troisième jour, quand c’est le matin,
et c’est voix, éclairs, lourde nuée sur la montagne,
et la voix du shophar, très forte.
Tout le peuple tressaille dans le camp.
17.  Moshè fait sortir le peuple, à l’abord de l’Elohîms, hors du camp.
Ils se postent au soubassement de la montagne.
18.  Et le mont Sinaï fume tout entier,
face à IHVH-Adonaï qui y est descendu dans le feu.
Sa fumée monte comme une fumée de fournaise
et toute la montagne tressaille fort.
19.  Et c’est la voix du shophar : elle va et se renforce fort.
Moshè parle et l’Elohîms lui répond dans la voix.

Exode 33
20.  Il dit : « Tu ne pourras pas voir mes faces,
non, l’humain ne peut pas me voir et vivre. »
21.  IHVH-Adonaï dit : « Voici un lieu avec moi, poste-toi sur le roc.
22.  Et c’est, au passage de ma gloire je te mets au creux du roc
et te couvre de ma paume jusqu’après mon passage.
23.  Puis j’écarte ma paume, et tu vois mon envers ;
mes faces ne se verront pas. »

Matthieu 17 (TOB)
1.   Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et les emmène à l’écart sur une haute montagne.
2.   Il fut transfiguré devant eux : son visage resplendit comme le soleil, ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.
3.   Et voici que leur apparurent Moïse et Elie qui s’entretenaient avec lui.
4.   Intervenant, Pierre dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Elie. »
5.  Comme il parlait encore, voici qu’une nuée lumineuse les recouvrit. Et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir. Écoutez-le ! »

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