Le figuier stérile ou la patience de Dieu

Luc 13:6-9

Culte du 11 octobre 2020
Prédication de Béatrice Cléro-Mazire

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Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 11 octobre 2020
Le figuier stérile ou la patience de Dieu.
Luc 13 : 6-9

Culte par la pasteure Béatrice Cléro-Mazire
Musique : David Cassan, organiste titulaire

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Orgue

Annonce de la grâce

la grâce et la paix nous sont données en Dieu notre père.
Que chacun de vous se sente ici comme chez lui,
dans cette maison où nous sommes venus pour, ensemble,
nous ouvrir à la présence de Dieu, 
pour chercher sa Parole dans la lecture de la Bible,
et pour l'adorer, lui, le Dieu de tous et de tout.

Nous nous nous réunissons dans la communion fraternelle
avec le 1er chant du livret inséré au début du psautier.
Chant spontané

Louange
Louons le Seigneur avec le Psaume 8

SEIGNEUR notre Maître,
ton nom est magnifique sur toute la terre !
Ta beauté dépasse la beauté du ciel.
Par la bouche des enfants, des tout-petits,
tu affirmes ta puissance devant tes ennemis.
Ainsi, tu fais taire tes adversaires qui sans cesse luttent contre toi.

Je regarde le ciel que tes mains ont fait,
la lune et les étoiles que tu as fixées.
Et je me demande :
Qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui ?
Qu'est-ce qu'un être humain pour que tu prennes soin de lui ?

Pourtant, tu l'as fait presque l'égal des anges,
tu l'as couronné de gloire et d'honneur.
Tu lui donnes pouvoir sur tout ce que tu as fait,
tu as tout mis à ses pieds :
moutons, chèvres et bœufs, tous ensemble,
même les bêtes sauvages,
les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
et tout ce qui passe sur les routes des mers.

SEIGNEUR notre Maître,
ton nom est magnifique sur toute la terre !

Nous louons Dieu en chantant : Psaume 81, 1, 2, 3

Volonté de Dieu
Ecoutons la loi contenue dans la Bible :

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, 
de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence.
C'est là le premier et le grand principe,
et voici le second, qui lui est semblable :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Chant spontané

Repentance
Je demandais la force, afin de pouvoir accomplir ma tâche; je reçus la faiblesse, afin d’apprendre à obéir. Je demandais la santé, afin de faire des choses plus grandes ; je reçus l’infirmité, afin de faire des choses meilleures.
Je demandais la richesse, afin d’être heureux ; je reçus la pauvreté, afin d’être sage.
Je demandais la puissance, afin d’avoir la louange des hommes ; je reçus l’impuissance, afin de sentir le besoin de Dieu.
Je demandais toutes choses, afin de jouir de la vie ; je reçus la vie, afin de jouir de toutes choses.
Je ne reçus rien de ce que je demandais, mais tout ce que j’espérais.
Presque malgré moi, la prière de mon coeur a été exaucée. Je suis béni plus que tous les hommes.
AMEN

Chant spontané

Annonce du pardon
Mais Dieu renouvelle pour nous sa grâce et il dit:

Mon enfant, tes péchés sont pardonnés, ta foi t'as sauvé, 
Avance en paix.

Chant spontané

Confession de foi de Thomas Merton le trappiste.

Seigneur, mon Dieu, je ne sais pas où je vais, je ne vois pas la route devant moi, je ne peux pas prévoir avec certitude où elle aboutira.
Je ne me connais pas vraiment moi-même et, si je crois sincèrement suivre ta volonté,
cela ne veut pas dire que je m’y conforme.
 
Je crois cependant que mon désir de te plaire te plait.
J’espère avoir ce désir au coeur en tout ce que je fais,
et ne jamais rien faire à l’avenir sans ce désir.
En agissant ainsi, je sais que tu me conduiras sur la bonne route,
même si je ne la connais pas moi-même.

Je te ferai donc toujours confiance.
Même quand j’aurai l’impression que je me suis perdu et que je marche à l’ombre de la mort.
Je n’aurai nulle crainte car tu es toujours avec moi et jamais tu ne me laisseras seul dans le péril.
AMEN.
 
Chant spontané

Doxologie
« Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, et d’éternité en éternité »

Lecture du passage de la Bible médité.
6  Il disait aussi cette parabole : Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher du fruit et n'en trouva pas.
7  Alors il dit au vigneron : « Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Coupe-le donc : pourquoi occuperait-il la terre inutilement ? »
8  Le vigneron lui répondit : « Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je creuse tout autour et que j'y mette du fumier.
9  Peut-être produira-t-il du fruit à l'avenir ; sinon, tu le couperas ! 

Cantique : Louange et Prière n°172, 1, 2, 3

Prière pour se disposer à écouter

Jeu d’orgue

Prédication

            Dimanche dernier, nous étions dans les vignes avec notre ami le pasteur Vincens Hubac ; ce matin, nous y resterons, puisque nous parlerons de la parabole de Jésus qui met en scène un figuier. Et le figuier est un arbre que l’on fait volontiers cohabiter avec la vigne. Pour l’ombre et la fraîcheur qu’il lui procure.
            Jésus choisit de raconter une histoire de figuier qui ne donne pas de fruit. Un comble pour un arbre si généreux. Avec ses grandes feuilles en forme de mains, on dirait qu’il est là pour donner ses fruits délicieux à qui s’en approche. De plus, c’est un arbre qui porte du fruit, une très grande partie de l’année. Dans la Bible, on raconte que le prophète Esaïe avait fait des cataplasmes de figues écrasées pour soigner les ulcères du roi Ezéchias, le grand rénovateur de Jérusalem, et l’avait ainsi sauvé de la mort. 
            La générosité du figuier semble sans limite. Et pourtant, celui dont parle Jésus ne donne aucun fruit.
            Il faut dire que la manière de donner du fruit du figuier est étonnante ; en fait une figue est un sac de fleurs, et ce sont donc les figues qui se fertilisent entre elles. Parfois, un insecte les y aide en piquant une figue et en transportant son pollen dans une autre figue. Un autre prophète de la Bible, le prophète Amos,  est surnommé le « pinceur de figues ». Il est donc celui qui aide à la reproduction des figues. Le symbole est important pour qui comprend l’expression : porter du fruit, dans le contexte spirituel. Le livre d’Amos est un réquisitoire contre ceux qui se disent croyants et qui n’agissent pas avec justice et bonté.
            Cette reproduction étonnante du figuier, qui laisse penser que le potentiel de vie et de fécondité se trouve dans le fruit même et ne demande qu’à être révélé par un petit insecte qui vient convertir les fleurs internes en un fruit charnu et succulent a inspiré les récits bibliques les plus variés : comme celui qui raconte qu’Adam et Ève, se rendant compte de leur nudité et en ayant honte, se font des pagnes de feuilles de figuiers, cachant ainsi leurs organes reproducteurs, et donc, les organes de la génération qui les font entrer dans le monde mortel.
         
            Il arrive toutefois que le figuier soit stérile, qu’il ne donne pas de fruit. Et c’est là le problème que pose Jésus dans la parabole du figuier stérile. Est-ce que le figuier qui ne donne pas de fruits est perdu à jamais ? Est-il irrécupérable et tout juste bon à être coupé ?
            Bien sûr, Jésus parle des hommes plus que des arbres, et le problème qu’il pose est celui des fruits de la foi.
            Mais pas de n’importe quelle foi : celle qui naît de l’écoute de la Parole de Dieu. Car si la vigne est le symbole biblique du peuple de Dieu, le figuier, lui, est le symbole de la Parole de Dieu.
            Dans l’histoire que raconte Jésus, il y a deux personnages qui n’ont pas le même diagnostique sur le figuier. Le maître, lui, vient chercher une figue sur le figuier qu’il a planté dans sa vigne, mais il ne trouve rien. Et manifestement, cela fait déjà trois ans qu’il ne trouve aucun fruit sur son arbre. Le vigneron, lui, celui qui s’occupe de la vigne du Maître, pense que, avec un peu de fumier au pied, le figuier finira bien par être fécond et donner des fruits. Le vigneron est patient et ne veut pas désespérer. Cet arbre, planté dans la vigne, finira bien par donner des fruits.
           
            Qui sont le vigneron et le Maître ? L’histoire ne le dit pas. Mais ce figuier planté au milieu de la vigne est comme la parole de Dieu donnée à son peuple. Cette vigne est à l’ombre d’un figuier, et c’est l’image du peuple des croyants à l’ombre de la Parole de Dieu ; une ombre bienfaisante, qui protège la vigne de tout ce qui pourrait la perdre.
            Alors, quelle est-elle cette parole de Dieu qui, comme le figuier stérile, ne donne pas de fruits ? Est-ce possible que la Parole de Dieu passe en nous sans laisser de trace ?
           
            Malheureusement, il semble bien que oui. On peut entendre la lecture des Écritures le matin au temple et se conduire avec méchanceté l’après-midi. On peut écouter la justice prêchée par le prophète Amos le matin, et se conduire de façon très injuste l’après-midi. Alors, tout se passe comme si ce qu’on écoutait ne nous convertissait pas, comme si nous entendions avec notre raison des choses fort logiques, mais que cela n’avait aucune incidence sur nos vies.
            Jésus reproche cela aux maîtres de la loi qui connaissent par cœur les commandements, les règles de pureté rituelles, les écritures prophétiques, mais qui ne comprennent pas toujours ce qu’il faudrait en faire pour soi et pour les autres.
            Les Écritures ne sont pas la Parole de Dieu. J’espère ne choquer personne avec cette affirmation, car ce n’est pas mon projet. Les Écritures peuvent être lues de diverses façons : de façon morale, de façon historique, de façon littérale, de façon symbolique, de façon poétique, de façon mythique ; on peut les lire en les démythifiant, en les décodant, en les retraduisant, en les désacralisant ou au contraire, en les sacralisant. Toutes ces lectures sont des lectures humaines de textes rédigés par des hommes. On pourrait les parcourir souvent sans y croiser jamais la parole de Dieu. Comme dans un document offert à notre connaissance.
            Le texte biblique est le symptôme de la foi de ceux qui ont cru avant nous et la trace que cette foi a laissée en eux. Mais c’est de leur foi dont il s’agit, pas encore de la nôtre.
            Pour que la Parole de Dieu surgisse, il faut une rencontre, il faut que cette Parole nous soit adressée, que les mots deviennent des mots qui nous touchent, que les images deviennent des images qui évoquent un signe pour notre propre vie, que les personnages deviennent nos compagnons de route. Il faut que la Parole trouve à s’incarner en nous. Comme elle s’est incarnée en un homme nommé Jésus. À tel point qu’on a appelé Jésus le Verbe de Dieu. En cela, Jésus est un exemple, il a fait sienne la parole à laquelle il croyait, se plaçant sous son autorité, mais en toute liberté de conscience.
            C’est pour cette raison qu’il n’y a pas : « UNE » façon de lire les Écritures, mais :  « DES » lectures des Écritures et qu’il y a de multiples façons d’être croyant, et aucun de nous ici ne sait ni ne devrait prétendre savoir qui a la meilleure façon de croire.
            Puisque nous sommes dans une église qui se reconnaît dans la tradition libérale du protestantisme, il est intéressant de regarder quel statut ont les Écritures pour ce courant.
            Au XIXème siècle, le protestantisme qui retrouvait son droit à l’expression pleine et entière s’est trouvé confronté à cette question : quelle lecture de la Bible pour quel protestantisme ? Les sciences bibliques, alors en plein essor, ont permis une mise à distance des textes qui leur donnait la valeur de documents témoignant d’une fidélité passée. Et au sein même de cette théologie libérale, qui défendait une lecture historico-critique des textes bibliques, le courant du Réveil a voulu, influencé par les écrits du philosophe Schleiermacher, ériger l’interprétation biblique à la dignité d’un art dans lequel l’inspiration est prise au sérieux, sans renoncer à la raison. Ainsi, les libéraux reconnaissaient-ils, pour une partie d’entre eux, qu’aucune science ne pourrait jamais venir à bout de la compréhension de la Bible et que la tâche était infinie. Cette interprétation infinie a déplacé le problème de la compréhension de la Bible : il s’agissait non plus de saisir « LA » vérité de la Bible, mais de se poser la question : qu’est-ce que veut dire : comprendre la Bible ?
           
            Avec sa parabole du figuier stérile, Jésus nous rappelle qu’il faut du temps et beaucoup de patience pour que la Parole de Dieu se révèle.
            Chacun aura besoin de son petit insecte pollinisateur pour que les Écritures deviennent Parole de Dieu pour lui et que les trésors renfermés dans la Bible éclosent comme des milliers de fleurs dans la figue fécondée.
            Certains auront besoin qu’un prophète ou qu’un prédicateur, jouant le rôle de « pinceur de figue »,  pour qu’enfin la Bible devienne Parole vivante dans sa vie et le transforme en profondeur. Pour d’autres, un événement, un incident, une rencontre, suffiront à piquer au vif ceux qui ne demandaient qu’à être réveillé.
            Pour ma part, c’est la rencontre avec un lépreux et notre amitié immédiate qui sont venues révéler les écritures en moi et révéler la Parole que Dieu m’adressait. Le salut alors prenait vie, et la dignité tant recherchée prenait corps dans cet adolescent assis sur un trottoir de Sanaa. Les lépreux de la Bible m’avaient enfin parlé du salut de Dieu.
            Pour d’autres, ce sera, un accident, une maladie, un voyage, une naissance, un amour….

            Le vigneron qui s’occupe de la vigne du Seigneur sait qu’il faut du temps et beaucoup de patience pour que notre compréhension de la promesse de Dieu fasse son chemin en nous et nous féconde. Sa technique à lui, déposer de la fumure au pied de l’arbre !
            Amender avec la matière de nos expériences passées, de nos ratages, de nos essais sans succès, des deuils qu’il aura fallu faire, bref, avec ce qu’on croyait inutile ou perdu et qui pourtant, nous fait comprendre autrement ce que nous avons à faire.
            Enrichir la profondeur des racines et nourrir constamment la réflexion. Sans doute, cette image nous parle-t-elle au premier chef. Car que faisons-nous d’autre dans une église que chercher les moyens d’affiner notre lecture et notre compréhension de la Bible pour qu’un jour peut-être, nous soyons fécondés et que nous portions les fruits de la foi ?
           
            Alors frères et sœurs, soyons patients comme le vigneron est patient avec le figuier. Ne désespérons jamais des enfants de Dieu. Ils n’agissent pas mieux que ceux qui n’ont pas reçu la promesse de Dieu, ils se conduisent parfois de façon plus odieuse encore. Jusqu’à crucifier un juste. Alors faut-il s’inquiéter et croire qu’on puisse être perdu à jamais aux yeux de Dieu ? Faut-il se dire que nous sommes tout juste bons à être arrachés, puisqu’aucun fruit ne semble vouloir sortir de nous ?
            Personne n’est jamais perdu aux yeux de Dieu, car sa patience est infinie et sa grâce surabonde là où le péché abonde. Voilà ce que le Christ dit dans cette parabole du figuier stérile.
            La Parole travaille, et attend d’être pincée pour être fécondée ; c’est le sens de la grâce qui nous est accordée. Une patience infinie de Dieu qui s’inscrit dans l’interprétation infinie des écritures et que nous connaissons par la patience infinie de Jésus Christ.
            Nous n’en n’aurons jamais fini de découvrir les trésors que Dieu nous offre pour nos vies. Alors, patience, donc, patience….

            Avec Dieu, dans la foi et la patience, c’est chaque jour la saison des figues.

                                    AMEN.

Jeu d’orgue

Cantique 184, 1, 2, 3, 4, 5

Annonces

Collecte pour l'Entraide  

Prière d’intercession
Pour les enfants et leur famille
Pour la liberté de conscience dans la lecture de la Bible
Pour les frères d’Arménie   

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ;
pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Ne nous laisse pas à la tentation mais délivre-nous du mal,
car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles.
Amen.  

Bénédiction
Frères et soeurs, allez annoncer l’Evangile dans ce monde, allez proclamer sa grâce.  

Recevons la bénédiction de Dieu
Le Seigneur de nous bénit et nous garde.  
Le Seigneur qui fait grâce nous bénit et nous garde.  

Répons

Jeu d’orgue.

Luc 13 : 6-9

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Lecture de la Bible

6  Il dit aussi cette parabole : Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint pour y chercher du fruit, et il n'en trouva point.
7  Alors il dit au vigneron : Voilà trois ans que je viens chercher du fruit à ce figuier, et je n'en trouve point. Coupe-le : pourquoi occupe-t-il la terre inutilement ?
8  Le vigneron lui répondit : Seigneur, laisse-le encore cette année ; je creuserai tout autour, et j'y mettrai du fumier.
9  Peut-être à l'avenir donnera-t-il du fruit ; sinon, tu le couperas.

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