La vocation de Samuel

1 Samuel 1 , 1 Samuel 3:1-18

Culte du 10 novembre 2019
Prédication de Agnès Adeline-Schaeffer

Vidéo de la partie centrale du culte

Frères et sœurs, 

Nous poursuivons avec l’Education Biblique, notre découverte du thème de la vocation. En Septembre,  nous découvrions la vocation d’Abraham comme un chemin intérieur qui conduit vers ce que l’on est, au plus profond de soi. En octobre, ma consoeur Béatrice Cléro-Mazire nous parlait de la vocation de Moïse, avec sa rencontre brûlante de Dieu au buisson ardent, et de la mission qu’il reçoit de sortir le peuple d’Israël de l’esclavage. Aujourd’hui, nous abordons la vocation de Samuel, prophète  et le dernier des juges d’Israël pendant la période de transition située entre l’époque des Juges et le début de la royauté. Mais ce n’est pas de l’homme Samuel adulte dont je voudrais vous parler ce matin, mais plutôt de la vocation de Samuel, quand il était enfant. Et finalement nous allons nous apercevoir que cette vocation commence pour Samuel bien avant sa naissance. 

L’action se passe à Silo, à une trentaine de kilomètres de Jérusalem, au 9ème siècle avant Jésus-Christ. Depuis sa sortie d’Egypte, le peuple d’Israël habite sur une grande partie du pays de Canaan. Le temps a passé, et le peuple est réparti en 12 tribus, dirigées par des Juges, qui sont en fait des référents  politiques et religieux qui arbitrent les situations difficiles sur le terrain, et restent en retrait quand les situations sont bonnes. Il y a aussi des prêtres, qui sont chargés des rites religieux, sur les différents sanctuaires, en particulier à Silo, le plus important, car il contient l’arche d’alliance. Eli est le prêtre de Silo. Son nom signifie « Mon Dieu ». Le rôle du prêtre est de servir Dieu sur le sanctuaire, en offrant, en préparant les sacrifices d’animaux apportés par le peuple. 

A côté des prêtres, il y a des prophètes, qui sont leurs vis-à-vis, et qui transmettent une parole que Dieu leur a confiée. En ce temps-là les prophètes sont assez nombreux, mais il se trouve que la parole de Dieu est rare. Par le mot rare, il faut comprendre à la fois qu’elle n’est pas fréquente, qu’elle est exceptionnelle, insolite et surtout précieuse. 

Le peuple d’Israël a du mal à trouver une stabilité. Il y a pas mal de corruption, y compris chez certains prêtres, dont les deux fils d’Eli. Ainsi qu’on peut le lire un peu plus loin dans le récit biblique, les deux fils d’Eli étaient des vauriens : au moment des sacrifices de bêtes qui étaient faits pour Dieu, ils s’appropriaient d’office les morceaux réservés à Dieu, et leur conduite n’était ni recommandable, ni exemplaire. Ils profanaient le sanctuaire par leur comportement irrespectueux. Et le peuple les suivait. 

Le contexte de notre histoire est difficile, mais il va s’y passer quelque chose de très beau : la naissance de Samuel. Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. Pourquoi ? Parce que sa mère, Anne,  était stérile. Elle ne pouvait pas avoir d’enfant. Cette situation est assez répandue dans les récits bibliques. Nous l’avons déjà rencontrée au sujet d’Abraham, à qui Dieu promet une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que les grains de sable de la mer, alors que Sarah, sa femme, ne pouvait pas avoir d’enfants, quand c’était le moment, et parce qu’elle était trop âgée, quand cette promesse lui ait faite. 

La stérilité, ou l’impossibilité d’avoir des enfants, est un motif biblique qui revient souvent pour faire apparaître que le Dieu de la Bible  est le Dieu des situations impossibles. Il est aussi le Dieu de la vie, cette vie qui peut se manifester contre toute attente, contre toute espérance. A toute époque, y compris la nôtre aujourd’hui, la stérilité, ou l’impossibilité de concevoir un enfant est vécu comme une honte, une souffrance, voire une malédiction. Comme si la femme, ne pouvant devenir mère, était oubliée de Dieu.  Parce que dans l’Ancien Testament, avoir une famille nombreuse, une descendance importante, c’est le signe de la bénédiction de Dieu. C’est aussi une façon de rester fidèle à la parole que Dieu a dit à l’homme et à la femme, qu’il vient de créer  et qu’il bénit par ses mots : « Soyez féconds, et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la ». (Gn 1/25). Quand ce n’est pas possible, un sentiment de culpabilité s’installe. 

Cette souffrance est donc présente  dans l’histoire de la naissance de Samuel. Elqana  a deux femmes, Anne et Peninna, selon la coutume de cette époque. Peninna avait plusieurs  enfants, Anne n’en avait pas. Même si Anne était respectée et honorée par son mari, parce qu’il avait une préférence pour elle, bien qu’elle fut stérile, et il lui montre, en lui offrant la meilleure part de la viande du sacrifice, Anne subissait les affronts et les humiliations de Peninna. Et un jour, Anne ne le supporte plus. Elle se réfugie à l’intérieur du sanctuaire, elle pleure, elle prie, et elle fait une promesse à Dieu dans sa prière : « Seigneur tout puissant, si tu daignes regarder la misère de ta servante, de te souvenir de moi, ne pas oublier ta servante, et donner à ta servante un garçon, je le donnerai au Seigneur, pour tous les jours de sa vie, et le rasoir ne passera pas sur sa tête ». (1Sam 1/11). Cette précision indique que Samuel, avant sa conception, avant sa naissance, est consacré par sa mère, au service de Dieu. 

Ce jour-là, Anne est désespérée, et son attitude porte à confusion, pour le prêtre Eli qui l’aperçoit dans le temple. Il croit qu’elle est ivre ! Mais Anne ne se démonte pas. Sa prière est sincère, honnête et précise. Elle explique son chagrin  au prêtre Eli. Il reconnaît sa franchise, sa droiture et lui donne une parole de bénédiction. « Va en paix, et que le Dieu d’Israël t’accorde ce que tu lui as demandé » (1 Sam 1/17). Et Anne est transformée, transfigurée, nous dit le texte « Elle n’avait plus le même visage » (1 Sam 1/18). Anne reçoit une parole qui la libère, qui déverrouille sa stérilité,  comme Sarah a reçu la sienne, aux chênes de Mambré, avec la visite inattendue des messagers. (Gn 18/10). 

Pour Anne, la naissance de Samuel est un don. Un cadeau. Elle va le recevoir, mais elle ne  le gardera pas pour elle. Elle n’a pas eu un enfant pour elle, mais pour lui-même. C’est le moment de nous souvenir que  nous ne faisons pas des enfants pour nous-mêmes, mais pour eux-mêmes, ils ne nous appartiennent pas, et un jour ils doivent vivre la vie qui est la leur et non la nôtre. 

Et c’est ce qui va se passer pour Samuel,  dont le nom veut dire : « Qui est Dieu », bien que, dans le texte biblique,  ce ne soit pas cela que dit Anne. Pour Anne, le nom de Samuel veut dire : « Je l’ai demandé à Dieu ».  Mais en fait il semble qu’il y ait une incertitude sur la bonne traduction du nom de Samuel. Ce qui compte pour Anne, c’est la consécration qu’elle fait de son fils. « Dieu m’a donné un enfant, je donne mon enfant à Dieu ». Je consacre mon premier enfant, et sans doute le seul, au service de Dieu. Et le moment venu, elle tient sa promesse et confie Samuel à Eli, au sanctuaire de Silo, qui va l’adopter, d’une certaine manière, comme son fils. 

Chaque année, Anne vient voir son fils, avec Elqana son mari, elle lui apporte un petit manteau, nous dit le texte.  Samuel est vêtu de la même façon qu’Eli, il est au service de Dieu, comme Eli. Anne et Elqana repartent chez eux avec la bénédiction d’Eli, et Anne continuera de mettre au monde par la suite,  plusieurs enfants. 

En écoutant ce récit, on peut imaginer sans peine que Samuel ne choisit pas sa vie, et qu’il est avec Eli malgré lui. En effet, il ne dit rien, il est passif. Comment se pourrait-il qu’il en soit autrement, il est si jeune ! Samuel ne connait pas encore ce à quoi il est appelé. Il n’a pas reçu sa vocation. Il grandit avec Eli, il travaille avec lui, au service de Dieu. Mais d’une certaine façon, il n’a pas encore fait sa propre expérience de Dieu. Certes, avec Eli, Samuel est rendu attentif  à cette possibilité mais rien ne s’est encore produit. Et lorsque Dieu va se manifester à Samuel pour la première fois, en l’appelant par son nom, c’est tout naturellement que Samuel pense que c’est Eli qui l’a appelé. Cette confusion est rendue possible en hébreu, avec le nom d’Eli, qui peut se traduire par « Mon Dieu ». Dieu appelle Samuel trois fois. Chaque fois, Samuel se précipite auprès d’Eli, pensant que c’est lui qui l’a appelé. C’est au bout de la troisième fois qu’Eli comprend ce qui se passe pour Samuel. Alors, il lui donne cet enseignement : « S’il t’appelle encore une fois, tu lui diras : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ».(1Sam3/9).  Eli rend disponible le jeune Samuel à un autre que lui-même. Il lui apprend à obéir, selon l’étymologie de ce mot, qui veut dire : à être à l’écoute, sous l’écoute. 

C’est d’abord par l’écoute que l’on perçoit sa vocation. La vocation est étroitement liée à l’écoute. L’écoute de tout, de ce que l’on nous dit, de ce que nous lisons, de ce que nous voyons, de tout ce qui peut nous rejoindre d’une façon ou d’une autre, dans notre intimité, dans notre intelligence, notre raisonnement mais aussi notre cœur. 

L’écoute se dit en hébreu : sh’éma.  Et c’est le premier mot de la confession de foi d’Israël : shéma Israël  adonaï elohénou adonaï ehrad … Ecoute Israël, l’Eternel est notre Dieu, l’Eternel est UN.  Le commencement de la foi, c’est l’écoute. Etre à l’écoute, c’est être dans une totale attention. Attention aux autres, attention à soi, être tendu vers ce qui va se passer. Seule l’écoute fait advenir la parole. Et aujourd’hui, dans le brouhaha de notre monde et de notre société, c’est un véritable défi à relever. 

Alors, oui, le récit de Samuel est, par excellence, un récit de vocation. Et le mot vocation est un mot avec lequel on peut avoir du mal, parce qu’il fait peur. Il peut nous intimider.  Et il y a de quoi, puisque ce mot est réservé au départ, au domaine religieux. Avoir la vocation, c’est bien répondre à un appel de Dieu à le servir soit comme prêtre, soit comme religieux.  Même si la notion de vocation s’est élargie à d’autres domaines, comme un appel à vivre une mission particulière, sur le plan professionnel, humanitaire ou scientifique, cela peut tout autant intimider ou effrayer,  parce que la véritable peur est celle de ne pas être, de ne pas s sentir à la hauteur. C’est pareil, pour ce qui est du baptême ou du mariage, que certaines Eglises appellent aussi du nom de vocation. Et parfois, il arrive qu’on réponde tardivement à une vocation précoce…

Mais ici, il s’agit ici de quelque chose en profondeur, de déterminant, un projet à reconnaître puis à accepter. Cette acceptation va orienter la vie quotidienne.  Et c’est ce que nous découvrons non seulement avec le récit de Samuel aujourd’hui, mais que nous avons déjà constaté dans les récits précédents, que ce soit pour Abraham, avec cette parole spécifique qu’il reçoit : « Va lève-toi et va vers le pays que je te montrerai », (Gn 12/1)  ou pour Moïse, avec l’appel dans le buisson ardent, où Dieu l’envoie délivre son peuple de l’esclavage, (Ex 3). 

Quant à Samuel, le contenu de son appel, ou de sa vocation est loin d’être simple. Le lendemain matin, Eli veut savoir ce que Dieu a dit à Samuel. Et Samuel annonce à Eli, sans rien lui cacher, le châtiment qui l’attend lui et ses fils, mais aussi le châtiment qui attend le peuple d’Israël, parce que la corruption fait des ravages au sein du peuple, et que beaucoup de gens, à commencer par Eli, n’ont plus la force de la combattre.  Ils en sont devenus les complices. Samuel annonce à Eli la fin d’un monde, par une sorte de malédiction. Le démarrage de la vocation de Samuel est loin d’être confortable. En fait, quelque part, il risque gros en disant la vérité qu’il a entendue de Dieu, dans son écoute intérieure. Le texte biblique ne nous dit rien du procédé pédagogique que Samuel a employé pour dire cette vérité à Eli, qu’Eli connaissait déjà plus ou moins, à cause d’un oracle qui lui avait été révélé quelques temps auparavant. (1Sam 2, 27 et ss).  Mais le résultat est concluant. Eli croit Samuel. Sa réaction est admirable : il accepte la révélation que Dieu a faite à Samuel, il fait acte de foi, en disant : « Il est le Seigneur, qu’il fasse ce que bon lui semble ». (1 Sam 3/18). Eli reconnaît en Samuel sa vocation de prophète. La passation de pouvoir peut avoir lieu. Une autre page de l’histoire d’Israël peut s’ouvrir et s’écrire. 

Ce texte aujourd’hui, est là, pour chacun et chacune d’entre nous, rassemblés, dans ce temple. C’est le moment de nous souvenir que l’Eglise, étymologiquement, veut dire le rassemblement de ceux qui sont appelés. Mais appeler à quoi ?  Nous pouvons faire le point : A quoi suis-je appelé(e) dans ma vie ? Et si je le sais déjà, est ce que je suis toujours sur le chemin de cet appel ? Est-ce dans l’Eglise, hors de l’Eglise ? 

Est-ce que Dieu est à mon service ? Ou est ce que je suis au service de Dieu ? Etre ici dans ce temple, est ce que cela se transmet de génération en génération, comme un droit, ou est ce que cela se reçoit, comme dans le récit de Samuel, comme un don ? Rappelons qu’Eli n’avait pas réussi à transmettre sa foi à ses propres fils, mais qu’il a réussi avec Samuel. 

Aujourd’hui, entendre la voix de Dieu, cela passe par l’écoute de la Parole, celle que nous lisons dans la Bible, en particulier. C’est un choix qui a été fait dans l’Eglise de se référer à la Bible. Il y a d’autres livres, d’autres traditions religieuses qui invitent à entendre la voix de Dieu, différemment. Mais puisqu’on se réfère à la Bible,  c’est être attentif personnellement, à la manière dont les textes bibliques résonnent en chacun de nous. Etre attentifs comment ces textes parlent aux autres, autour de nous. C’est prendre conscience de la façon dont nous nous sentons rejoints par cette parole, qui va devenir particulière, parce qu’on va la distinguer parmi d’autres, comme étant une vérité pour nous-mêmes, celle que personne d’autre ne peut penser à notre place, ni nous imposer.  Parfois, il arrive que l’on rencontre des personnes qui s’octroient le droit de dire ce que Dieu veut pour nous, alors que nous découvrons que Dieu parle autrement à celui qui l’écoute en profondeur. Dans les jours que sont les nôtres, si nous ne savons pas toujours quoi répondre à celles et ceux qui nous interpellent et nous disent « Où est Dieu ? Qui est Dieu ?  », peut-être sommes-nous tentés de croire que la parole de Dieu se fait rare. En tout cas, notre témoignage se fait plus faible et vacillant, comme la lumière de Dieu qui ne brille plus assez fort. En tout cas, il se peut que, comme Eli, on ne la voit plus. Nous avons donc notre propre appel à recevoir, notre propre vocation à découvrir, mais aussi à répondre, et cela concerne au fond toutes les étapes de notre vie.  Il est urgent de se mettre à l’écoute de cette Parole, de l’approfondir, d’en rechercher et d’en discerner le sens pour aujourd’hui, seul ou ensemble, afin qu’une nouvelle page de notre histoire humaine puisse s’ouvrir et continuer de s’écrire, de se dire.

Amen

Lecture de la Bible

1 Samuel 1

1 Il y avait un homme de Ramataïm-Tsophim, de la montagne d'Éphraïm, nommé Elqana, fils de Yeroham, fils d'Élihou, fils de Tohou, fils de Tsouph, Éphratien.
2 Il avait deux femmes. Le nom de l'une était Anne et le nom de la deuxième Peninna ; Peninna avait des enfants, mais Anne n'avait point d'enfants.
3 Chaque année, cet homme montait de sa ville à Silo, pour se prosterner devant l'Éternel des armées et pour lui offrir des sacrifices. Là se trouvaient les deux fils d'Éli, Hophni et Phinéas, sacrificateurs de l'Éternel.
4 Le jour où Elqana offrait son sacrifice, il donnait des parts à sa femme Peninna, ainsi qu'à tous ses fils et à toutes ses filles.
5 Mais il donnait à Anne une part double ; car il aimait Anne, que l'Éternel avait rendue stérile.
6 Sa rivale ne cessait pas de lui causer du chagrin, pour qu'elle se révolte parce que l'Éternel l'avait rendue stérile.
7 Toutes les années il en était ainsi. Chaque fois qu'Anne montait à la maison de l'Éternel, Peninna lui causait du chagrin de la même manière. Alors elle pleurait et ne mangeait pas.
8 Elqana, son mari, lui dit : Anne, pourquoi pleures-tu et ne manges-tu pas ? Pourquoi ton cœur est-il attristé ? Est-ce que je ne vaux pas pour toi mieux que dix fils ?
9 Anne se leva, après que l'on eut mangé et bu à Silo. Le sacrificateur Éli était assis sur un siège près du montant de la porte du temple de l'Éternel.
10 Et, l'amertume dans l'âme, elle pria l'Éternel et pleura beaucoup.
11 Elle fit un vœu et dit : Éternel des armées ! Si ton regard s'arrête sur l'humiliation de ta servante, si tu te souviens de moi et n'oublies pas ta servante, et si tu donnes un garçon à ta servante, je le donnerai à l'Éternel pour tous les jours de sa vie, et le rasoir ne passera pas sur sa tête.
12 Comme elle multipliait ses prières devant l'Éternel, Éli observa sa bouche.
13 Anne parlait dans son cœur ; seules ses lèvres remuaient, mais l'on n'entendait pas sa voix. Éli pensa qu'elle était ivre.
14 Il lui dit : Jusques à quand seras-tu dans l'ivresse ? Fais passer ton vin.
15 Anne répondit : Non, mon seigneur, je suis une femme à l'esprit affligé, et je n'ai bu ni vin ni liqueur forte ; mais j'épanchais mon âme devant l'Éternel.
16 Ne prends pas ta servante pour une femme de rien, car c'est l'excès de ma douleur et de mon chagrin qui m'a fait parler jusqu'à présent.
17 Éli reprit la parole et dit : Va en paix, et que le Dieu d'Israël te donne ce que tu lui as demandé !
18 Elle dit : Que ta servante obtienne ta faveur ! Et cette femme poursuivit sa route. Elle mangea, et son visage ne fut plus le même.
19 Ils se levèrent de bon matin et, après s'être prosternés devant l'Éternel, s'en retournèrent et revinrent dans leur maison à Rama. Elqana connut sa femme Anne, et l'Éternel se souvint d'elle.

20 Dans le cours de l'année, Anne devint enceinte ; elle accoucha d'un fils, qu'elle appela du nom de Samuel, car, (dit-elle), je l'ai demandé à l'Éternel.
21 Le mari, Elqana, monta ensuite avec toute sa famille, pour offrir à l'Éternel le sacrifice annuel et pour (accomplir) son vœu.
22 Mais Anne ne monta pas. Car elle dit à son mari : Lorsque le garçon sera sevré, je le mènerai, afin qu'il soit présenté devant l'Éternel et qu'il reste là pour toujours.
23 Elqana, son mari, lui dit : Fais ce qui te semblera bon, reste ici jusqu'à ce que tu l'aies sevré. Que l'Éternel accomplisse seulement sa parole ! Et la femme resta ; elle allaita son fils, jusqu'à ce qu'elle l'eût sevré.
24 Quand elle l'eut sevré, elle le fit monter avec elle et prit trois taureaux, un épha de farine et une outre de vin. Elle le mena dans la maison de l'Éternel à Silo : le garçon était encore tout jeune.
25 Ils égorgèrent le taureau et conduisirent le garçon à Éli.
26 Anne dit : Pardon mon seigneur, aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se trouvait placée ici près de toi pour prier l'Éternel.
27 C'était en vue de ce garçon que je priais, et l'Éternel m'a donné ce que je lui demandais.
28 Aussi, moi je veux le prêter à l'Éternel : il sera toute sa vie prêté à l'Éternel. Et ils se prosternèrent là devant l'Éternel.

1 Samuel 3/1-18

1 Le jeune Samuel était au service de l'Éternel auprès d'Éli. La parole de l'Éternel était rare en ce temps-là, les visions n'étaient point fréquentes.
2 En ce même temps, Éli était couché à sa place. Ses yeux commençaient à s'affaiblir ; il ne pouvait plus voir.
3 La lampe de Dieu n'était pas encore éteinte, et Samuel était couché dans le temple de l'Éternel où était l'arche de Dieu.
4 Alors l'Éternel appela Samuel. Il répondit : Me voici !
5 Il courut vers Éli et dit : Me voici, car tu m'as appelé. Éli répondit : Je n'ai pas appelé ; retourne te coucher. Et il alla se coucher.
6 L'Éternel appela de nouveau Samuel. Et Samuel se leva, alla vers Éli et dit : Me voici, car tu m'as appelé. Éli répondit : Je n'ai pas appelé, mon fils ; retourne te coucher.
7 Samuel ne connaissait pas encore l'Éternel, et la parole de l'Éternel ne lui avait pas encore été révélée.
8 L'Éternel appela de nouveau Samuel, pour la troisième fois. Celui-ci se leva, alla vers Éli et dit : Me voici, car tu m'as appelé. Éli comprit que c'était l'Éternel qui appelait le garçon.
9 Éli dit à Samuel : Va, couche-toi ; et si l'on t'appelle, tu diras : Parle, Éternel, car ton serviteur écoute. Et Samuel alla se coucher à sa place.
10 L'Éternel vint et se présenta. Il appela comme chaque fois : Samuel, Samuel ! Et Samuel répondit : Parle, car ton serviteur écoute.
11 Alors l'Éternel dit à Samuel : Voici que moi je vais faire en Israël une chose qui fera que les deux oreilles de quiconque l'entendra en tinteront.
12 En ce jour j'accomplirai sur Éli tout ce que j'ai dit contre sa maison ; je commencerai et j'achèverai.
13 Je lui ai déclaré que je veux moi-même condamner sa maison à perpétuité, à cause de la faute qu'il connaît et par laquelle ses fils se sont rendus méprisables, sans qu'il les ait réprimés.
14 C'est pourquoi je jure à la maison d'Éli que jamais la faute de la maison d'Éli ne sera expiée, ni par des sacrifices ni par des offrandes.
15 Samuel resta couché jusqu'au matin, puis il ouvrit les portes de la maison de l'Éternel. Samuel craignait de raconter la vision à Éli.
16 Mais Éli appela Samuel et dit : Samuel, mon fils ! Il répondit : Me voici !
17 Éli dit : Quelle est la parole que t'a adressée l'Éternel ? Ne me dissimule rien. Que Dieu te fasse ceci et qu'il ajoute cela, si tu dissimules quelque chose de tout ce qu'il t'a dit !
18 Alors Samuel lui rapporta toutes les paroles, sans rien lui dissimuler. Éli dit : C'est l'Éternel, qu'il fasse ce qui lui semblera bon !

Audio

Écouter la prédication (Télécharger au format MP3)

Écouter le culte entier (Télécharger au format MP3)

À Voir également