La vigne et les sarments

Jean 15:1-17

Culte du 4 octobre 2020
Prédication de Vincens Hubac

Culte d'installation du Conseil Presbytéral

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 4 octobre 2020
Culte d'installation du nouveau Conseil Presbytéral
La vigne et les sarments.
Jean 15 : 1-17

Culte par le pasteur Vincens HUBAC
Musique : David Cassan, organiste titulaire

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Liturgie 1

Prédication

Le passage lu dans l’Evangile de Jean se situe dans une série de méditations juste avant la passion : L’entretien suprême. On a là le « testament spirituel » de Jésus qui est centré sur l’amour. Dans ce passage, Jésus utilise une deuxième parabole, celle de la vigne.
Cette parabole va introduire le commandement de l’amour.
Nous verrons successivement ces deux sous-parties avant de voir en conclusion les conséquences ontologiques de ces discours. La Bonne Nouvelle est ici annoncée pour tous et bien sûr pour le Conseil Presbytéral (CP) que nous recevons aujourd’hui.

La parabole de la vigne s’inscrit dans une longue tradition. Les prophètes utilisent l’allégorie de la vigne pour signifier que Dieu s’occupait du peuple comme le vigneron prend soin de sa vigne. La vigne, tous les hébreux connaissaient …. En toutes saisons il y a du monde dans les vignes – planter, sarcler, biner, planter des rosiers pour éloigner des insectes nuisibles, émonder, vendanger et …. Protéger aussi.
On attend beaucoup de la vigne, là s’exprime la patience du Père. Le raisin consommé, le jus de raisin, le vin de la fête, le raisin sec pour la soudure… L’image parle d’elle-même. Certes, elle porte en elle, l’idée que les ceps qui ne produisent pas sont rejetés. Exagération prophétique qui choque volontairement et fait réagir mais aussi cette idée que Dieu ne garde de nous que le positif, ce qui produit… Or, il n’y a personne qui ne produise pas de fruit. Nous sommes tous appelés à être émondés et ainsi positivés, c’est un aspect de la Bonne Nouvelle et c’est bien l’amour du Père, l’attention du vigneron qui en est à l’origine.
L’originalité de la parabole ici réside dans le fait que Jésus est lui-même la vigne. Il s’identifie au peuple qu’il nourrit comme le cep nourrit les sarments. Nous sommes la vigne dont Jésus est le cep comme le dira Paul, nous sommes corps du Christ dont il est – Lui – la tête. Les images se recoupent – la vigne est christique. La parole qui fait vivre pose l’humain dans l’unicité, la valeur. L’autre a quelque chose de Christ en lui.
Jésus fonde le récit de la parabole sur l’amour de Dieu, amour communiqué au monde par Jésus…
Aimer… Il n’y a pas de terme en français pour le dire, on n’a pas traduit « agapé », le terme grec qui dit l’amour de Dieu. Incompréhensible, sensible, absurde même, fort, au-delà de toute limite. Energie qui donne du sens, illumine, amour au-delà du désir qui englobe et dépasse l’eros. C’est la gloire de Dieu qui est là et si nous la vivons ne serait-ce qu’un peu, nous sommes disciples.
C’est bien pourquoi dans le deuxième discours il est demandé d’aimer. Tout l’Evangile de Jean est centré sur cette affirmation « Dieu est amour » – 1ère lettre de Jean.
Qui n’a jamais aimé et n’a jamais été aimé ?
L’amour de Dieu, total (jusqu’au don de la Vie) nous fait amis de Christ. C’est une élection, un choix que j’aime à croire universel. L’amitié fait de nous des égaux mais pas des interchangeables. Chacun a sa richesse et ses faiblesses. Chaque personne peut donner – se donner – et recevoir. L’amitié fondée sur l’agapé permet tout, enrichit. Combien de fois en allant visiter des malades au seuil de leur vie nous repartons avec un sentiment de joie et de plénitude. Des instants où le ciel s’ouvre, où la lumière se fait au cœur des vies par un sourire ou un simple geste, un regard. S’aimer les uns les autres, c’est aussi actualiser le Royaume. S’aimer c’est le commandement qui résume l’ensemble du message…
Mais c’est un oxymore car on ne peut commander l’amour. La demande de Jésus va finalement à l’essentiel et libère du reste, de toute forme de loi ou de morale.
L’amitié qui est élection pose aussi la valeur de l’humain. Nous sommes choisis par Dieu. Le choix institué ainsi construit l’amitié. L’amitié est rare : beaucoup de relations mais peu d’amis au final. Or avec Dieu, c’est bien d’amitié dont il s’agit, d’un amour qui fait de l’humain un être nouveau…

Deux conclusions pour aujourd’hui :
L’amour de Dieu qui nourrit l’homme fait de lui un être de spontanéité. Pas de calcul ici mai une manière d’être qui nous fait aller vers les autres et vers le monde avec une énergie renouvelée, irraisonnée et spontanée. On est porté par la Bonne Nouvelle. Ainsi Dieu est glorifié et c’est dans le commandement de l’amour vécu que le ciel touche la terre et que la joie est plénitude.
Aujourd’hui, ce message est pour tout le monde malgré les difficultés que nous connaissons. Pour chacune et chacun bien sûr. Mais plus particulièrement pour les membres du CP qui ont décidé de s’engager au service de l’Eglise. S’aimer les uns les autres en étant différents et avancer sur des projets communs, s’accepter, défendre ses idées, s’écouter et être solidaires, c’est le signe de l’amitié alimentée par la Parole. Comme nous le souhaitons pour vous, nous le souhaitons pour le monde et pour tous ici présents et auditeurs et ceux auxquels nous pensons.

Amen.

Liturgie 2

Jean 15 : 1-17

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Lecture de la Bible

Jean 15:1-17

1  « Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron.
2  Tout sarment qui, en moi, ne porte pas de fruit, il l’enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il en porte davantage encore.
3  Déjà vous êtes émondés par la parole que je vous ai dite.
4  Demeurez en moi comme je demeure en vous ! De même que le sarment, s’il ne demeure sur la vigne, ne peut de lui-même porter du fruit, ainsi vous non plus si vous ne demeurez en moi.
5  Je suis la vigne, vous êtes les sarments : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
6  Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment, il se dessèche, puis on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent.
7  Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et cela vous arrivera.
8  Ce qui glorifie mon Père, c’est que vous portiez du fruit en abondance et que vous soyez pour moi des disciples.
9  Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour.
10  Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme, en observant les commandements de mon Père, je demeure dans son amour.
11  « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite.
12  Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
13  Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime.
14  Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.
15  Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur reste dans l’ignorance de ce que fait son maître ; je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai entendu auprès de mon Père, je vous l’ai fait connaître.
16  Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure : si bien que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera.
17  Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres.

Audio

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