La multiplication des pains ou la vie à profusion

Matthieu 14:13-21

Culte du 2 août 2020
Prédication de Agnès Adeline-Schaeffer

Vidéo du culte entier

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 2 Août 2020
 La multiplication des pains
ou la vie à profusion.
Matthieu 14 : 13-21

Culte par le Pasteur Agnès Adeline-Schaeffer
Musique : Alexandre Korovitch, organiste

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Musique

Salutation

La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ
L’amour de Dieu le Père et
La communion du Saint-Esprit
soient avec vous tous ! (2Co 13/13)
The grace of our Lord Jesus-Christ
And the love of God,
And the fellowship of the Holy Spirit
be with you all.

Accueil
Bienvenue à toutes et à tous pour ce temps de culte. Bienvenue à celles et ceux qui nous regardent en France ou à l’étranger. C’est le temps de l’été, avec une nouvelle liturgie que nous allons conserver pendant les mois de juillet et août. Elle peut être suivie en anglais. Que ce culte soit un moment de paix et de ressourcement, de joie et de communion.

Chant spontané : Psaume 134
Bénissons Dieu le seul Seigneur
Nous qu’il choisit pour serviteurs
Levons nos mains dans sa maison
Pour bénir et louer son nom

Louange

Seigneur, tu es vie.
Tu nous donnes et nous conserves la vie.
Nous te louons, Seigneur, tu es lumière.
Tu nous éclaires et nous réjouis par ta lumière.
Nous te louons, Seigneur, tu es joie.
Tu nous donnes de partager ta joie.
Nous te louons, Seigneur, tu es espoir.
Tu traces et prépares nos sentiers.
Nous te louons, Seigneur, tu es amour.
Tu nous permets de vivre dans l’amour.
Nous te louons.
Lord, you are life.
You give and preserve life for us.
We praise you, Lord, you are light.
You enlighten our way and we rejoice in your light
We praise you, Lord, you are joy.
You let us share your joy.
We praise you, Lord, you are hope.
You trace and prepare our way.
We praise you, Lord, you are love.
You allow us to live in your love.
We praise you.

Chant d'Assemblée
Je vous invite à poursuivre notre louange, dans le Psautier Français : Psaume n° 33 strophes 1-2-3-5

1 - Réjouis-toi, peuple fidèle,
Acclame Dieu à pleine voix !
Sa louange est séante et belle
Dans la bouche des hommes droits.
Sur un air de fête
Ssonnent les trompettes
Pour un chant nouveau;
Les cors, les cithares,
Les voix les plus rares,
Les sons les plus beaux !

2 - Ta parole agit sur la terre
Avec droiture et vérité.
Partout son oeuvre de lumière
Y fait rayonner ta bonté.
Que ta voix résonne :
Le chaos s'ordonne,
Le ciel resplendit ;
Sources et rivières
Arrosent la terre,
Le désert fleurit.


3 - Tu brises l'orgueil des puissances
Et tous leurs plans sont renversés,
Mais tu poursuis sans défailance
Les projets que tu as formés.
Si, chaexhant sa route,
Un peuple t'écoute,
Il vivra heureux ;
Il verra les signes,
Qui déjà désignent
La Cité de Dieu.

5 - Seigneur, notre âme est confiante,
Ta parole est son bouclier ;
En toi elle a mis son attente
Et sur ton nom veut s'appuyer.
Ton amour habite
L'homme qui médite
Ta promesse, ô Roi,
Et ta bonté garde,
Qui vers toi regarde,
Qui espère en Toi.


Volonté de Dieu

Voici le jeûne auquel je prends plaisir, dit le Seigneur. Brise les chaines injustes, Dénoue les liens de tous les jougs, Renvoie libre tous ceux qu’on opprime, Mets fin à toute servitude, Partage ton pain avec celui qui a faim, Recueille dans ta maison les malheureux sans asile, Couvre ceux qui ont froid, Et ne te détourne pas de ceux qui sont ta propre chair. Alors ta lumière se lèvera comme l’aurore, tu appelleras, Et le Seigneur répondra. Tu crieras et il répondra : « Me voici ». (Esaïe 58/6-9)To worship me according to my will, say the Lord. Loose the bonds of wickedness, Undo the heavy burdens, And let the oppressed go free, And break every yoke. Share your bread with the hungry, Bring the poor that are cast out to your house. When you see the naked, cover him. and do not hide yourself from your own flesh. Then shall your light break forth as the morning. Then shall you call, and the Lord shall answer; you shall cry, and he shall say, Here I am. (ls. 58 : 6-9)

Chant Spontané : cantique Louange et Prière n°193/1
Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute,
Je dis ton serviteur, car enfin je le suis.
Je le suis, je veux l’être et marcher dans ta route,
Et les jours et les nuits.


Confession des Péchés

De notre indifférence et de notre ingratitude en ton égard, comme de tout oubli de tes commandements, Délivre-nous, Seigneur.
De toute forme d'égoïsme et de tout manque de générosité envers notre prochain, comme de toute mauvaise humeur, Délivre-nous, Seigneur.
De toute lâcheté et de toute paresse dans nos communautés, comme de toute négligence dans notre travail,
Délivre-nous, Seigneur.
De toute vanité et de tout orgueil de soi-même, comme de tout découragement, Délivre-nous, Seigneur. Seigneur pardonne-nous. Amen !
From our indifference and our ungratefulness towards you, and in our forgetting to obey your commandments,
Lord deliver us.
From all forms of egoism and all lack of generosity towards our neighbours, as well as from all bad temper,
Lord deliver us.
From all cowardliness and from all laziness in our community, as from all negligence in our work,
Lord deliver us.
From all vanity and from all pride in ourselves, as from all discouragement, Lord deliver us.
Lord forgive us. Amen.

Chant Spontané : Psaume 116b
J’aime mon Dieu, car il entend ma voix,
Quand la frayeur ou le tourment m’oppresse,
Quand j’ai prié au jour de ma détresse,
Dans sa bonté, il s’est tourné vers moi.

Pardon

Quand les montagnes s'effondreraient, dit le Seigneur, quand les collines chancelleraient, ma bonté pour toi ne faiblira point, et mon alliance de paix ne sera pas ébranlée. Je t'aime d'un amour éternel, c'est pourquoi je te conserve ma miséricorde. (Esaïe 54/10)For the mountains shall depart, and the hills be removed; but my kindness shall not depart from you, neither shall the covenant of my peace be removed, says the Lord who has mercy on you (Is.54/10).

Chant Spontané Louange et Prière 92/2
Tes œuvres surprenantes ont réjoui mon cœur, Et je dirai Seigneur, leur sagesse étonnante.
Tes pensées sont profondes, plus il les étudie, Plus l’homme est interdit.
Ta main garde le monde.

Confession de foi

Je crois en Jésus-Christ le fils unique de Dieu, qui s'est fait homme pour que nous ayons pardon, joie, salut. Je crois qu'il est mort et ressuscité pour nous donner victoire sur la mort et I'assurance de notre résurrection. Je crois qu'il reviendra dans la puissance et la gloire, comme il est venu dans la faiblesse et l'humilité. Par lui je crois en Dieu notre Père, qui nous prend pour ses enfants et nous aime comme il aime Jésus-Christ. Je crois en l'Esprit-Saint, qui demeure dans notre esprit et nous atteste que nous sommes les enfants de Dieu, qui guide I'Eglise par l'Evangile et nous révèle la gloire de Jésus-Christ. Je crois I'Eglise du Christ, secrète et universelle, visible et invisible, pécheresse et pardonnée. Je crois que tous les hommes sont liés à Jésus-Christ. Je crois que le royaume de Dieu est notre commune espérance.I believe in Jesus Christ the only Son of God, who was made man that we should have pardon, joy and salvation. I believe that he died and rose again from the dead to give us victory over death, and the assurance of our resurrection I believe that he will come again in power and glory as he came in weakness and humility. Through him, I believe in God our Father who considers us his children and loves us as he loves Jesus Christ. I believe in the Holy Spirit who abides in our minds and confirms that we are the children of God, who guides the Church by the Scriptures, and reveals to us the glory of Jesus Christ. I believe in the Church of Christ, secret and universal, visible and invisible, sinful and forgiven. I believe that all people are joined to Jesus Christ. I believe that the kingdom of God is our common hope.

Chant spontané 69/1
Grand Dieu nous te bénissons, nous célébrons tes louanges !
Eternel, nous t’exaltons, de concert avec les anges,
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !

Prière d’illumination

Seigneur, nous te remercions de nous avoir réunis en ta présence, pour nous révéler ton amour. Fais taire en nous toute autre voix que la tienne. Ouvre, par ton Saint-Esprit, nos esprits et nos coeurs à ta vérité, Au nom de Jésus-Christ.Lord, We thank you for having brought us together in your presence, to show us your love. Silence in us all other voices than your own. Open by the Holy Spirit, our minds and hearts to your truth. in the name of Jesus Christ. Amen

Lecture biblique : Matthieu 14, versets 13 à 21.
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Musique

Prédication

La multiplication des pains ou la vie à profusion.
Matthieu 14 : 13-21

Nous sommes invités à lire aujourd’hui dans l’Évangile de Matthieu, le récit appelé « la multiplication des pains ».
Jésus monte dans une barque, seul, et se retire dans un lieu désert, après avoir appris l’annonce de l’exécution de Jean-Baptiste par Hérode. Cette nouvelle atteint Jésus au plus profond de lui-même. La mort de Jean-Baptiste le touche, le déstabilise peut-être et lui rappelle sa propre fragilité. Jésus s’éloigne des foules pour se mettre à distance et prendre du recul, peut-être pour conjurer la peur que fait naître, en lui, l’annonce de cette mort, et ainsi, retrouver sa confiance initiale, celle qui le porte inlassablement et sans condition, vers les autres. Il se met à l’écart, il part au désert pour faire taire en lui toute autre voix que celle de l’Eternel, son Dieu et son père, pour faire silence en lui-même. Parce que, le désert, c’est aussi,  en hébreu, le lieu sans parole. Ce lieu désert ouvre ce récit de la multiplication des pains et  rappelle le lieu désert du récit de la tentation, au début de ce même évangile, qui ouvre le ministère de Jésus, après son baptême, reçu justement des mains de Jean-Baptiste. 
Comme à la tentation,  Jésus est confronté à lui-même. Mais il ne reste pas seul très longtemps. Les foules le suivent et le rattrapent. Lorsque Jésus voit toutes ces foules, il est ému de compassion, il est pris aux entrailles,  Il tressaille dans la partie la plus intime de son être, mais il ne se dérobe pas à sa mission. Il se tourne à nouveau vers ses proches, ses prochains, il soigne, il guérit, il relève.  Il met en actes ce qu’il enseigne. Si Jésus dit ce qu’il fait, il fait aussi ce qu’il dit. Et cela a dû marquer les disciples puis l’église primitive, puisque ce récit  est raconté 6 fois dans les 4 évangiles,  avec certaines nuances,  deux fois dans l’Évangile de Matthieu, deux fois dans l’Évangile de Marc, une fois dans l’Évangile de Luc, et une autre fois dans l’Évangile de Jean.
Arrive le soir. Les disciples suggèrent de renvoyer la foule chez elle, afin qu’elle aille dans les villages s’acheter des vivres. Ces gens vont trouver  de quoi se nourrir et de quoi se reposer. En plus, ce serait raisonnable. Cette histoire commence plutôt par une constatation de bon sens. Il y a un temps pour tout : un temps pour annoncer l’Évangile  et faire des guérisons, et un temps pour se reposer et reprendre des forces. Les disciples de Jésus font preuve d’un sens pratique qui les honore et qui  nous est familier. Mais voilà que Jésus ne l’entend pas de cette oreille. Là où l’on pourrait supposer que Jésus comprendrait et exaucerait le souhait de ses disciples, voilà qu’il leur propose tout autre chose, hors de toute logique, quelque chose qui les renvoie à un effort supplémentaire à faire : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Ils reçoivent la consigne de faire quelque chose qui dépasse leur possibilité, car la réalité est plus importante qu’on pouvait l’imaginer. Comment faire ? Les disciples disent à Jésus : nous avons 5 pains et 2 poissons.  Comment se peut-il que cela suffise pour toute cette foule, dont on apprendra, à la fin de l’histoire, qu’elle est au nombre de 5000 personnes, sans compter les femmes et les enfants !
Nous pouvons, à juste titre, être frappés par la disproportion des chiffres dans le texte.  Et si nous lisions les 6 textes, les uns à la suite des autres, nous ne pourrions que constater immédiatement,  cette opposition constante entre la foule immense et le peu de moyens mis à disposition pour la nourrir.
Mais comment faire quelque chose de valable, avec ces  moyens si modestes ?
Car c’est vrai, 5 pains et 2 poissons pour 5 000 personnes, ça fait un peu juste, non ?
Une bouchée minuscule pour un ventre affamé !
Un seul pain ne suffirait pas à rassasier une personne ! C’est vraiment trop peu par rapport au grand nombre de personnes…Et c’est maintenant que nous nous heurtons aux limites du texte. Parce que si nous nous arrêtons à la lettre du texte, nous n’irons pas très loin, et nous passerons à côté de ce qu’il peut nous dire. Comme le disait il y a quelques années, le professeur Elian Cuvillier, ici-même, dans cette même chaire, « les Ecritures sont là pour nous déplacer ». Elles sont là pour nous faire bouger, nous faire quitter la rive de ce que nous croyons savoir pour nous propulser au-delà du connu et du convenu.  Si nous prenons le temps de repérer tout le symbolisme que ce texte contient, en plus de la littéralité de l’écriture,  alors nous avons une chance que ce récit nous parle encore aujourd’hui, et que finalement il nous encourage dans notre engagement en constituant pour nous un point de repère particulièrement fort.

Le pain rappelle le fruit de la terre et du travail des êtres humains  qui ont  semé, moissonné puis écrasé le blé pour en faire l’aliment de base. Une nourriture rudimentaire, certes, mais qui est présente à tous les repas, dans toutes les maisons ou les tentes de l’époque, comme dans nos maisons aujourd’hui. Ce pain rappelle la fidélité de Dieu, avec la manne donnée au peuple, dans le désert, après la sortie d’Égypte, qui attend l’entrée en terre promise (Exode 16), ou la galette donnée à Élie, dans sa caverne, au moment de sa fuite loin de Jézabel (1 Rois 19), ou encore le pain déjà multiplié, au temps du prophète Élisée, un prophète dans le royaume du Nord, huit cents auparavant. En effet, en pleine période de famine, un fidèle avait apporté en offrande le début de sa récolte, ce que l’on appelait «l’offrande des prémices».
Cette offrande représentait vingt pains d’orge. Selon la loi du Lévitique, l’offrande des prémices était destinée à Élisée, en tant que prophète et homme de Dieu, mais celui-ci, vu les circonstances, décida tout de suite d’en faire profiter tout le monde, au nombre de cent personnes. Élisée dit à son serviteur: «Distribue-les aux gens et qu’ils mangent. » Mais le serviteur, lucide, répondit : « Comment pourrais-je en distribuer à cent personnes ? » Alors Élisée lui dit : «Distribue-les aux gens et qu’ils mangent ! Ainsi parle le SEIGNEUR : On mangera et il y aura des restes.» Alors le serviteur fit la distribution des pains, tous mangèrent, et il y eut des restes selon la parole du SEIGNEUR. » (2 Rois 4, 42-44)

Quant au poisson, il rappelle que la pêche se fait tous les jours ou presque,  sur le lac de Tibériade, et qu’il constitue l’autre élément important du repas. Les premiers disciples appelés à suivre Jésus sont des pécheurs du lac.  
Le poisson, c’est aussi le plus ancien symbole chrétien. Le poisson était présent dans le partage de la cène des premiers siècles.  Le poisson  se dit aussi « ichtus », en grec, et les initiales de ce mot donnent la plus vieille confession de foi chrétienne, en condensé : « Jésus, le Christ, fils de Dieu,  Sauveur ».
 (I : Iesus    CH: Christos   T: Théos   U: Uios   S: Soter   Jésus Christ, fils de Dieu sauveur).
C’est aussi le symbole, le signe de reconnaissance des premières communautés chrétiennes, alors clandestines.

5 pains, 2 poissons.
5 pains : ce chiffre 5 rappelle les cinq premiers livres de la Bible, la Torah. Alors ? Et si ce récit racontait autre chose qu’un pique-nique sur l’herbe ? Et si la véritable nourriture était cette parole qui sort de la bouche de Jésus, ces mots de réconfort, ces paroles de guérison, de résurrection, ces paroles de pardon, de reconnaissance, ces paroles d’amour, « agapé », et de compassion, versées à profusion, redonnant un sens à la vie aux laissés pour compte, aux petits, aux assoiffés de justice et aux affamés de tendresse ? Ces paroles qualifiées ailleurs, par Pierre « paroles de vie éternelle,  (Jean 6/68) ?
2 poissons : ce chiffre peut symboliser les deux tables de la Loi, ou encore les deux alliances, la première et la seconde, qui se suivent et se complètent.

En tout cas, le pain et le poisson sont les deux éléments à partager. Ils portent en eux à la fois le concret de la nourriture indispensable à la vie physiologique, et le fondement spirituel  qui régénère l’être intérieur. Les deux sont à transmettre, à donner, sans modération.
La Parole de Dieu, transmise par les textes fondateurs de la Torah, les cinq premiers livres de la Bible, (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome), mais aussi le code d’Alliance qui découle des deux tables de la Loi ou les 10 Paroles, qui sont non seulement données pour être reçues, mais aussi pour être interprétées, actualisées, de génération en génération, afin que la Parole de Dieu ne soit ni un récit caduc, ni une lettre morte, mais une parole qui donne la vie, encore aujourd’hui. « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » avait répondu Jésus, au moment de son combat avec le diviseur, qui lui avait suggéré, alors que Jésus avait jeûné 40 jours dans le désert,  de transformer des pierres en pain. (Mt 4/4), citant ainsi le livre du Deutéronome. (Dt 8/3).

« Donnez-leur vous-même à manger » : à la façon des 5 pains et des 2 poissons, vous avez reçu les 5 rouleaux de la Torah et les 2 tables de la Loi,  vous avez, vous aussi, reçu la Parole qui vous fait vivre ; alors, maintenant, c’est à vous de donner aux autres la Parole qui va les faire vivre eux aussi. Une parole qui libère et guérit, une parole qui nourrit et restaure, qui remet debout et qui permet de reprendre le cours de la vie, vers le meilleur de soi-même.

Et Jésus fait asseoir la foule sur l’herbe. Il prend les pains et les poissons et il rend grâces. Il dit une prière de bénédiction, comme nous disons peut-être une prière avant notre repas, le geste de tout père de famille, en Israël.  
Jésus fait une prière à Dieu.  Ce n’est pas un remerciement qui cacherait autre chose, comme par exemple, une demande que soit donné davantage. Ce n’est pas non plus un cri, un appel au secours, une imploration pour opérer un miracle nécessaire à ce moment précis.  Jésus rend grâces pour ce qui est déjà là.

5 pains et 2 poissons. C’est ce qui est donné à partager. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est là. Mais si peu que ce soit, c’est cela l’essentiel pour maintenant.  Jésus bénit et rompt les aliments, il les donne aux disciples pour qu’eux-mêmes les donnent à la foule. Nous entendons en écho ces  paroles  déjà eucharistiques : Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux au ciel et prononça la bénédiction. Il rompit les pains et les donna aux disciples pour qu’ils les distribuent. Nous pourrions presque rajouter : faites ceci en mémoire de moi. Pas une seule fois, le mot « multiplication » ou le mot « multiplié » n’est mentionné dans le texte.
Au fond, nous prenons la Cène  ou l’eucharistie sans avoir peur de manquer, et pourtant il y a peu de pain et peu de vin. Nous pouvons aussi partager notre pain quotidien sans avoir peur de manquer non plus. Mais surtout, nous pouvons partager les paroles et l’amour qui un jour, nous ont remis debout, ces paroles qui ont éclairé notre vie, qui ont élargi notre horizon, notre compréhension, qui nous ont sauvés de la culpabilité, qui ont permis un nouvel engagement, de nouveaux projets, de nouvelles orientations ou simplement d’assumer la réalité de notre existence.  Pourquoi garderions-nous pour nous, ces paroles qui donnent la vie à profusion, tout comme le pain nourrit notre corps ? Notre vocation est bel et bien de donner ce que nous avons reçu. Et un proverbe indien dit que « tout ce qui n’est pas donné est perdu ».
Et le miracle s’accomplit. Le récit ne nous dit rien de plus des détails de ce miracle, si ce n’est que tous mangèrent et  eurent assez de nourriture. Le récit échappe à notre rationalité pour nous laisser libre de nous positionner. La parole ne s’impose pas, elle se propose à notre intelligence, comme à notre cœur.  C’est à chacun de nous d’imaginer, comment cela a pu se passer, des gestes de solidarité que ce partage initié par Jésus a suggéré.
Si cela nous fait vivre de croire que ce miracle a eu lieu, alors croyons-le. Si cela nous fait vivre aussi de trouver une autre explication, ou de penser que c’est une allégorie,  alors, ne cessons pas de la chercher. Ce qui compte, c’est que nous soyons en mouvement, et interpellés, libres d’interpréter. C’est ainsi que la Parole nous rejoindra là où nous sommes, et qu’elle nous nourrira, à la manière du pain et du poisson.
Car la vie est là, dans la rencontre, dans la discussion, dans l’échange, dans le partage, du pain, comme de la Parole.
Le récit se termine par ces mots : on emporta 12 paniers des morceaux qui restaient.
12 corbeilles, encore un chiffre qui en rappelle d’autres, comme les 12 tribus d’Israël, mais aussi les 12 disciples de Jésus.
Et pourquoi pas, 12 occasions de dire notre reconnaissance pour le partage, la prière, le chant, le sourire, même à travers les masques,  la rencontre,  le pique-nique sur l’herbe, l’Evangile, le culte, la communion fraternelle et eucharistique, les projets d’église, sans oublier les frères et les sœurs dans la foi et en humanité, sans qui rien ne serait possible.
Amen.

Musique

Chant d'Assemblée
Je vous invite à chanter, dans le recueil Louange et Prière, 
le cantique 177, strophes 1, 2, 3 et 4. « Jour du Seigneur »

1 - Jour du Seigneur,
Viens dans nos coeurs,
Répandre ta lumière !
Jour merveilleux
où tout joyeux
Je t'offre ma prière.

2 - Dieu tout puissant,
Dieu bienfaisant,
Je vis par ta promesse ;
Eclaire-moi,
soutiens ma foi ;
Tu connais ma faiblesse.
3 - La vérité,
La charité,
Inspirent ta Parole
En nous montrant
Quel Dieu vivant
Nous sauve et nous console.

5 - Que ton Esprit,
Ô Jésus Christ,
Nous touche de sa flamme !
Jour après jour,
Que ton amour
Rayonne dans nos âmes !

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Musique

Prière d’intercession

Dieu d'amour tu nous a appelés à I'unité pour que nous vivions cette unité dans l'harmonie ; et pourtant nous sommes divisés : entre les religions, entre les riches et les pauvres. Brise les barrières que nous avons élevées entre nous, délivre-nous de l'orgueil et de l'égoïsme. Par la puissance de ton Esprit, donne-nous la guérison qui vient de toi.Loving God, you have called us to be one, to live in unity and harmony; and yet we are divided : faith from faith, rich from poor. Break down the barriers that we have erected among us; free us from pride and self-seeking; by the power of your Spirit, bring your healing among us.

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
Que ton nom soit sanctifié;
Que ton règne vienne;
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel;
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour;
Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés;
Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal;
Car c’est à toi qu'appartiennent, le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen.
The Lord's Prayer

Our Father in heaven;
Hallowed be your name;
Your kingdom come;
Your will be done, on earth as it is in heaven;
Give us today our daily bread;
And forgive us our sins, as we forgive those who sin against us;
Save us from the time of trial, but deliver us from evil;
For the kingdom, the power and the glory are yours now and for ever. Amen.

Bénédiction

Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse rayonner sur toi son regard et t'accorde sa grâce !
Que le Seigneur porte sur toi son regard et te donne la paix !
The Lord bless you and keep you;
The Lord make his face shine upon you and be gracious to you;
The Lord turn his face towards you and give you peace.

Chant spontané 308/5
Bénis ô Dieu, nos routes, nous les suivrons, heureux.
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi,
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi.

Musique


Matthieu 14 : 13-21

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Lecture de la Bible

13  A cette nouvelle, Jésus partit de là dans une barque pour se retirer à l'écart dans un endroit désert; l'ayant appris, la foule sortit des villes et le suivit à pied.
14  Quand Jésus sortit de la barque, il vit une grande foule et fut rempli de compassion pour elle, et il guérit les malades.
15  Le soir venu, les disciples s'approchèrent de lui et dirent: «Cet endroit est désert et l'heure est déjà avancée; renvoie la foule, afin qu'elle aille dans les villages pour s'acheter des vivres.»
16  Jésus leur répondit: «Ils n'ont pas besoin de s'en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger!»
17  Mais ils lui dirent: «Nous n'avons ici que cinq pains et deux poissons.»
18  «Apportez-les-moi ici», leur dit Jésus.
19  Il fit asseoir la foule sur l'herbe, prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et prononça la prière de bénédiction. Puis il rompit les pains et les donna aux disciples, qui les distribuèrent à la foule.
20  Tous mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient.
21  Ceux qui avaient mangé étaient environ 5000 hommes, sans compter les femmes et les enfants.

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