Je n'ai pas de plus grande joie que d'entendre dire que mes enfants vivent dans la vérité

Culte du 24 juin 2007
Prédication de pasteur Florence Taubmann

(Psaume 40, 3)

Culte à l'Oratoire du Louvre, le 5 août 2007
par le pasteur Florence Taubmann

"Je n'ai pas de plus grande joie que d'entendre dire que mes enfants vivent dans la vérité. "

Voici les paroles que j'ai désiré partager avec vous aujourd'hui.

Simplement parce que j'aime la joie, et qu'aujourd'hui est un jour de joie : les enfants sont là, avec nous . Et les plus grands d'entre eux, les catéchumènes, confirment l'alliance de leur baptême.

Alors qu'est cette vérité qui leur tend les bras ? Qu'est cette vérité qui peut nous réjouir comme elle a réjoui il y a deux mille l'homme qui a écrit cette Parole ?

Tous nous connaissons certaines vérités, tous nous possédons des savoirs exacts sur tel et tel sujet, dans tel et tel domaine.

Et vous les enfants, qui étudiez les mathématiques, l'histoire, les sciences de la nature et de la vie, le droit etc… il vous est demandé d'apprendre des définitions justes, des théorèmes exacts, et d'être rigoureux dans vos devoirs…d'écrire des choses vraies.

Et ces choses vraies, qu'elles concernent les sciences, les techniques, ou l'histoire, le droit, la philosophie… donnent des satisfactions à votre intelligence et à vos professeurs.

Mais ce n'est de cela qu'il est question dans cette phrase :

" Je n'ai pas de plus grande joie que d'entendre dire que mes enfants vivent dans la vérité . "

Mais alors de quoi est-il question ?

Est-ce de vérité religieuse ? Est-ce de vérité dogmatique sur Dieu, sur le Christ ? Est-ce d'une connaissance totale et parfaite de la Bible ?

Non ce n'est pas non plus de cela qu'il est question .

Car personne ni aucune religion ne peut posséder la vérité sur Dieu. Et même la Bible ne possède pas la vérité sur Dieu.

Dieu parle à travers la Bible, mais il est plus que la Bible. Dieu se rend connaissable à travers la religion, mais Dieu est plus que la religion. Dieu est lui-même la vérité.

Mais comment décrire cette vérité ?

Comment décrire Dieu s'il est plus que la religion, plus que la Bible, plus que tous nos mots humains ?

Et qu'est ce qui peut nous permettre de dire que " nos enfants vivent dans la vérité " au point qu'il n'y a pour nous pas de plus grande joie ?

Et puisque nous-mêmes sommes des enfants de Dieu, pouvons-nous espérer nous-mêmes vivre dans la vérité au point que pour Dieu il n'y aurait pas de plus grande joie ?

Difficile question. Car si on se trompe sur ce qu'est la vérité, elle peut devenir une arme dangereuse, comme le montrent tous les fanatiques de ce monde, qui tuent au nom de Dieu et au nom de la vérité.

Qu'est-ce que vivre dans la vérité ?

Le mot qui me vient à l'esprit, c'est le mot droiture.

Et c'est même l'expression : " être droit dans ses bottes. "

Vivre dans la vérité, c'est être droit dans ses bottes.

Etre droit dans ses bottes, cela veut dire être quelqu'un de bien, quelqu'un d'honnête, quelqu'un qui n'a pas peur de dire les choses comme elles sont, quelqu'un qui fait ce qu'il a dit qu'il ferait, quelqu'un à qui on peut faire confiance…

Une telle personne est pour son prochain un appui, un refuge, une bénédiction. Comme le dit le psaume 1, " C'est comme un arbre planté au bord de l'eau, il donne ses fruits au bon moment et ses feuilles restent toujours vertes. "

On peut donc comprendre " vivre dans la vérité " comme " être droit dans ses bottes. " " donner ses fruits au bon moment " ou encore " marcher dans les sentiers de la justice. "

Mais est-il nécessaire d'être chrétien pour cela ? Est-il nécessaire de croire en Dieu ?

Difficile de répondre. Personnellement je connais des gens qui ne croient pas en Dieu et qui sont tout à fait droits dans leurs bottes. Des gens qui sont une véritable bénédiction pour l'humanité.

Et il existe certainement des chrétiens qui, en revanche , ne le sont pas, et ont l'esprit tordu.

Mais alors sont-ils vraiment chrétiens ?

Car Dieu attend pour le moins que ses enfants, ceux qui l'appellent Père, soient droits dans leurs bottes, c'est-à-dire qu'ils aiment et pratiquent la justice, la bonté, la fidélité, la compassion, la miséricorde…C'est cela qui fait sa joie.

Et sans cela, sans ce désir de marcher dans les sentiers de la justice, sans cet effort pour être droit dans ses bottes, sans cette prière adressée à Dieu pour qu'ils nous aide à être des humains dignes de ce nom, et qu'il nous pardonne quand nous détournons nos pas du sentier de la justice, sans tout cela alors la religion, la foi, n'ont plus de sens. Elles sont même un contresens, elles sont un témoignage contre Dieu.

Alors nous devons choisir, nous allons choisir d'être droit dans nos bottes, en tout cas nous allons essayer.

Et non seulement cela nous rendra heureux et contents.

Mais cela nous rendra libres.

Tout cela nous apportera la liberté, la magnifique liberté.

Car la vérité rend libre. La droiture rend libre.

Comment ?

A partir du moment où on est droit dans ses bottes, à partir du moment où on marche, à la suite de Jésus, dans les sentiers de la justice, de la bonté, de la compassion et de la miséricorde …à partir de ce moment-là on est libre, parce qu'on est libéré de la pire chose qui enferme l'être humain.

ET cette chose c'est la peur.

Quand elle est plus forte que le courage, la peur nous paralyse, nous rend aveugle et muet, nous rend lâche.

C'est de cette peur que nous libère la vérité…

Car le sol sous nos pas est ferme, c'est comme un rocher solide . Et sur ce rocher solide nous tenons debout.

Comme le dit le psalmiste : " L'Eternel a dressé mes pieds sur le rocher, il a rendu mes pas sûrs. " (40,3)

Ce rocher solide, c'est une image du Dieu fidèle, du Dieu de bonté et de vérité.

Tout ce qui s'exprime dans un même mot en hébreu : Emet !

Quand on est droit dans ses bottes, quand on sait au fond de soi que le rocher tient bon, on n'a plus peur. Un peu comme l'alpiniste qui a toute confiance en son matériel et en la roche qu'il va escalader. Seule cette confiance lui donne la force et la liberté nécessaires pour monter vers les hauteurs et regarder le ciel.

La vérité rend libre, car ce n'est pas un concept abstrait, ce n'est pas une idéologie ni une définition. C'est une force, c'est une certitude qui se loge au plein cœur de l'homme. C'est une droiture de l'âme qui le fait marcher humblement et sûrement avec son Dieu sur les sentiers de la justice et de la bonté.

C'est ce trésor qui vous est offert, chers enfants. Cette vérité qui permet de devenir des adultes libres et intelligents de cœur, des êtres conscients de ce qui est important, des êtres droits dans leurs bottes.

S'il en va ainsi, si vous vivez dans cette vérité qui rend libre, alors vous comprendrez une chose, la seule chose qui compte.

Vous comprendrez que votre vie a un sens. Un sens magnifique. Un sens que vous pourrez développer en toute liberté selon vos dons personnels.

Ce sens c'est le service.

Votre droiture vous fera découvrir qu'il n'y a de plus grande joie que d'être au service de son prochain. Au service des autres. Au service du monde et de l'humanité.

C'est ce mot-là, service qui donne le sens le plus accompli à notre existence humaine.

C'est ce titre, serviteur, qui est le plus noble parmi tous ceux auxquels nous pouvons prétendre.

Serviteur comme Abraham, Isaac et Jacob, Sarah, Rebecca, Rachel et Léa, serviteur comme Moïse, Josué, les Juges, David, les rois et les prophètes, serviteur comme le Christ, serviteur comme les apôtres, serviteur comme tant d'anonymes qui nous ont précédés ou qui sont aussi nos contemporains.

Serviteurs de Dieu, serviteur des hommes, serviteur dans le droit, la justice et la bonté.

Parmi vous, certains sont ou seront artistes, d'autres médecins, scientifiques, ingénieurs, d'autres exerceront des métiers littéraires, d'autres travailleront dans le commerce et les affaires, d'autres seront artisans, certains peut-être choisiront le travail de la terre …ou des métiers sociaux…certains seront peut-être pasteurs, théologiens, philosophes…Qu'importe !

Si vous êtes droits dans vos bottes, si vous aimez vivre dans la vérité, vous mettrez tous vos dons, tous vos talents, toutes vos richesses, au service de la vie et au service des hommes.

Et cela vous sera naturel, vous le ferez librement, car vous découvrirez qu'il n'y a pas de plus grand bonheur pour la conscience humaine, il n'y pas de plus grande joie pour le cœur de l'homme que d'être appelé au service de ses frères.

Quand on est droit dans ses bottes, et qu'on essaie de marcher, à la suite de Jésus, sur les sentiers de la justice, de la bonté et de la miséricorde …c'est cela qu'on découvre : il n'y a pas de plus grande joie que de vivre sa vie, ses talents, son métier, dans un véritable esprit de service. Il n'y a pas de plus belle consécration que celle de serviteur.

Alors nous adultes, parents, grands-parents, enseignants catéchètes pasteurs, c'est de tout cœur que nous pouvons nous associer aujourd'hui à l'Auteur de l'épître et dire avec lui : " Nous n'avons pas, nous n'aurons jamais de plus grande joie que d'entendre dire que nos enfants vivent dans la vérité. "

Amen !

 

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Lecture de la Bible

Psaume 40, 3

L'Eternel a dressé mes pieds sur le rocher, il a rendu mes pas sûrs.

 

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