Une fraternité sans clôture

Matthieu 10:26:39

Culte du 15 avril 2018
Prédication de Pierre-Olivier Léchot

Vidéo de la partie centrale du culte

I.

Après le sermon sur la Montagne et une série de guérisons, voici, chers frères et sœurs, que le Christ de l'évangile de Matthieu s'adresse une nouvelle fois à ses disciples. L'évangile de Matthieu, en effet, se trouve structuré par une série de longs discours que Jésus, comme un maître de sagesse, comme le rabbi qu'il est, adresse aux foules ou à ses proches. Au chapitre 10, dans lequel se trouve notre texte, il leur offre ce que les exégètes appellent le « Discours d'envoi des disciples ». Envoi vers les Gentils, vers les païens, envoi vers le monde. Il est donc ici question de la vocation des disciples, de ce qu'être disciple signifie et implique au quotidien. Or, le moins que l'on puisse dire, c'est que la vie de disciple, telle que la décrit par avance Jésus, n'est pas une partie de plaisir. Ce n'est pas à proprement parler La victoire en chantant... Pour tout vous dire, il m'arrive parfois, en lisant le discours d'envoi des disciples de Matthieu, de m'imaginer un de ces apôtres arrivé au soir de sa vie et se demandant, à l'écoute de ce texte : « mais que Diable allais-je faire dans cette galère ?  »

Le ton du Christ, en effet, est tout sauf celui d'un coach encourageant ses troupes en leur promettant un succès aussi facile que rapide. Il y a ici quelque-chose de Churchill ne pouvant promettre aux Anglais que du sang, du travail et des larmes. Le Christ de Matthieu n'est-il pas celui, d'ailleurs, qui déclarera que la fin des temps verra « pleurs et grincements de dents » (Mt 13,50) ? Si Jésus, ici, ne parle pas de la fin des temps, mais du temps proche qui verra les disciples se lancer dans la mission qui est la leur, le ton n'est guère plus encourageant : les disciples ne doivent pas attendre de salaire ni d'écoute particulièrement attentive de la part de ceux à la rencontre desquels ils s'élancent, au contraire : c'est même, fort probablement, le martyre qui les attend : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ».

Et même lorsque le Christ se veut plus rassurant, son ton n'est pas fait pour plaire : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, je me déclarerai moi aussi pour lui devant mon Père qui est aux cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père qui est aux cieux. » C'est ici l'image d'un Dieu juge qui s'impose, celui qui faisait trembler Luther, d'un Dieu diviseur de l'humanité en deux parties, celle des rachetés et celle des réprouvés, bref l'image d'un Dieu assumant le rôle qui, généralement, revient à Satan, celui du « dia-bolos » en grec, du diviseur : « N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui je suis venu séparer l'homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère ; on aura pour ennemis les gens de sa maison. »
Devant Dieu, pour les disciples, c'est l'heure du choix : celui qui demeure attaché à la Parole reçue du Christ lui-même demeurera auprès de lui au moment du jugement ; mais celui qui aura eu honte du Seigneur, celui qui l'aura renié, celui-là, le Christ, au moment du jugement, le reniera également, le destinant à la géhenne. Il n'y a pas ici, chers frères et sœurs, à chercher d'assouplissement exégétique en se réfugiant dans quelque faux-fuyant herméneutique. Pour Matthieu, le Christ n'est pas venu apporter la paix, mais la division, non pas l'accolade amicale et fraternelle, mais le glaive qui transperce, tranche et rompt le lien affectif réputé le plus précieux : celui de la relation familiale que le Décalogue, pourtant, plaçait juste après les commandements dédiés à Dieu lui-même : De « Tu honoreras ton père et ta mère », il n'en est plus ici question. Devant Dieu, en Christ, les liens familiaux, ceux auxquels nous attachons tant de prix, ne valent plus. Cette séparation entre ceux qui auront accepté le nom du Christ et ceux qui l'auront renié, cette séparation doit déjà commencer sur terre, ici et maintenant. Et elle doit concerner tout homme, au cœur-même de son cercle familial : « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi ; qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. » Devant Christ, plus aucune règle, plus aucune convenance humaine ne saurait prévaloir.

II.

Bien sûr, cette ultime affirmation s'avère encore plus révoltante et choquante si nous faisons l'effort de regarder ce texte non pas seulement comme destiné aux disciples mais aussi comme nous concernant, nous les croyants, nous l'Église, nous qui avons été libérés par la Parole de l'Évangile. Elle nous met en effet en demeure : soit nous l'acceptons en essayant de la faire nôtre, mais avec le sentiment de quelque-chose de difficile à assumer, soit nous la rejetons mais en laissant planer sur nous, du coup, la possibilité de nous retrouver du côté des « réprouvés » du texte et ce, même si nous ne souscrivons pas à cette idée.

Que faire, donc, face à ce texte ? Les interprétations de tous genres ne manquent pas. Certains ont tenté d'y voir une recommandation ne valant que pour les disciples immédiats du Christ : dans les premiers temps de l'Église, en effet, il fallait savoir faire table rase de ses attaches personnelles et en particulier familiales pour se mettre au service de la propagation de l'Évangile. Pour entreprendre leur voyage missionnaire, les disciples, comme tout bon voyageur, se devaient de voyager léger : travel light ! en somme. Mais une fois l'Église installée, une fois celle-ci structurée et institutionnalisée, pareille affirmation ne vaut plus, que ce soit pour les pasteurs ou les chrétiens dans leur ensemble. Calvin lui-même se fait le défenseur de cette lecture. Certains Réformateurs y ont en outre vu la légitimation d'une rupture avec l'Église « mère », la catholique romaine, au nom du pur Évangile, évitant ainsi de prendre en considération la question de la rupture de tout lien de proximité affective qu'impliquent pourtant ces paroles.

D'autres, au contraire, ont proposé de ce texte une lecture radicale, en affirmant la nécessité, pour le chrétien sincère, de donner la priorité au Christ sur ses relations familiales et personnelles, allant jusqu'à en faire un impératif : point de bon chrétien qui ne renie les siens ! L'histoire de l'Église est pleine de ces fanatiques de l'Évangile qui n'ont pas hésité à se proclamer « sans père ni mère » et à rejeter tout lien affectif. Mais est-ce vraiment de cela que parle ici le Christ ? Et est-ce bien de cela qu'il nous parle au fond, ici et maintenant ?

Ce que l'évangile de Matthieu veut d'abord nous dire ici, c'est que la foi chrétienne est avant tout le lieu d'une décision, d'un choix que nous sommes appelés à faire face à la vie, face au monde et face aux autres. Cette situation valait déjà à l'époque du Christ et dans la première histoire du christianisme : les croyants en Jésus devaient choisir entre oser confesser leur foi, et renoncer au culte de l'empereur par exemple, fût-ce au péril de leur vie, ou renier leur identité profonde pour sauver leur existence et celle de leurs proches. Luther, de son côté, lorsqu'il commente ce passage, insiste de même sur le fait que c'est le lot des croyants de tous les temps que de choisir entre la fidélité au Seigneur et la confiance dans les choses de ce monde.

Eh bien ce lot, c'est aussi le nôtre, chers frères et sœurs, même si nous ne risquons plus de perdre la vie en suivant le Christ – du moins nous qui vivons en Europe. Car la foi, toute la foi, se joue et se rejoue constamment en ce moment précis où toute notre existence se concentre soudainement en un seul point, une seule question : « auras-tu le courage d'être, devant moi, celui que tu es ? ». Dietrich Bonhoeffer écrit ainsi, dans Le prix de la grâce, à propos de ce passage justement : « Le temps est court ; l'éternité est longue. C'est maintenant le temps de la décision. » Celui qui se veut et se dit chrétien ne saurait se dérober : il lui faut choisir d'être et de vivre ou de ne pas être et de périr. C'est pour cette raison que le texte de Matthieu insiste tant sur le caractère actuel du jugement : c'est maintenant, pas demain, pas dans un an qu'il te faut décider : es-tu prêt, oui ou non, à être, devant moi, celui que tu es ?

Une pareille décision implique également de nous que nous ne nous cachions pas et que nous soyons aussi capables de proclamer à la face du monde ce que nous sommes déjà devant Dieu. Nous ne pouvons-nous taire : il nous faut annoncer et transmettre ce que nous avons reçu en ayant le courage d'être celui que nous sommes aux yeux du monde. Or, qu'avons-nous reçu ? Rien d'autre, précisément, que la liberté offerte par l'Évangile : liberté face aux contraintes que le monde fait peser sur nous, liberté face aux conventions étouffantes et aux convenances mortifères que nous nous sentons obligés d'adopter pour nous faire un nom dans la société. Or, cette liberté que nous confère l'Évangile est aussi celle qui peut apporter la division, précisément parce qu'elle nous libère des convenances de ce monde, fussent-elles familiales.

La liberté promise et réalisée par l'Évangile n'est pas synonyme d'une paix qui tomberait du ciel, un beau matin, une paix que nous pourrions attendre patiemment et qui apaiserait automatiquement tous les conflits. Dieu ne viendra pas faire la paix en Syrie ; Dieu ne viendra pas réconcilier Palestiniens et Israéliens, de même qu'il ne viendra pas rapprocher la mère et la fille, le père et le fils que tout éloigne l'un de l'autre. Ne nous faisons pas d'illusion : si le Christ envoie ses disciples « comme des brebis au milieu des loups » en les appelant à demeurer « rusés comme des serpents » (Mt 10,16), c'est bien que la foi chrétienne constitue pour nous une mise à l'épreuve permanente de notre identité et de nos relations avec les autres parce qu'elle exige de nous que nous sachions demeurer nous-mêmes face aux autres. Rien de plus étranger à l'Évangile, en effet, que cette vision païenne consistant à voir en la foi un moyen de s'assurer la bienveillance de Dieu et la tranquillité de nos affaires en ce bas-monde. La foi chrétienne est avant tout, face au monde et parfois face aux autres, une croix qu'il nous faut porter : « Qui ne se charge pas de sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi. »

III.

Mais si la foi peut être associée à une croix qu'il nous faut porter, c'est aussi parce qu'elle nous appelle à retrouver un nouveau centre, une nouvelle appartenance. La foi est un combat, précisément parce qu'elle nous appelle à refuser ces liens et ces convenances qui étouffent notre être le plus profond pour avoir le courage d'être celui que nous sommes, devant Dieu. « Qui perdra sa vie à cause de moi l'assurera. » Voici le paradoxe de la foi : savoir se perdre pour échapper à l'aliénation, cette aliénation qui peut précisément prendre sa source dans le lien qui nous semble le plus évident : celui de la famille. Trouver son identité, accéder à l'autonomie sous l'impulsion d'une parole qui nous requalifie, devenir un être nouveau c'est accepter, aussi, parfois, de renoncer à celui que nous sommes du point de vue de nos origines familiales. Le caractère abrupte de la vision du monde et des relations qui s'y construisent que propose le Christ de l'évangile de Matthieu vient précisément de là : de notre lien direct, de cette relation première et incomparable avec l'être divin qui nous libère et nous autorise à être nous-mêmes.

Naturellement, la foi chrétienne n'est pas, par principe oserais-je dire, l'équivalent du fameux « Famille je vous hais » ! d'André Gide. Elle ne nous commande pas de rompre tout lien familial de manière systématique, mais elle nous invite plutôt à regarder tout lien familial et, plus largement, tout lien affectif avec lucidité et discernement : n'est-il pas une façon de m'enfermer moi-même et de me voiler la face sur celui ou celle que je suis vraiment, devant Dieu ? Car l'appel du Christ s'adresse d'abord à nous : si nous nous laissons enfermer dans une relation mortifère, c'est d'abord et avant tout notre responsabilité.

La foi telle que la prêche ici le Christ n'est donc pas un appel à rompre tout lien familial. Elle est d'abord la source d'une capacité nouvelle à regarder avec honnêteté et en pleine lumière ces liens, tous ces liens qui devraient en principe nous grandir et qui, parfois, peuvent nous étouffer. Notre monde est plein de ces relations réputées intimes qui, en vérité, nous tuent. Combien de mères qui ne veulent pas reconnaître que leur fille est désormais, elle aussi, devenue femme et mère ? combien de pères qui ne veulent pas admettre que leur fils mène une carrière d'artiste parce que c'est là qu'il peut être lui-même ? Et combien d'autres relations, tant d'autres relations qui tuent à petit feu ceux qu'elles seraient censées renforcer ?  Celle de cette femme qui ne veut pas laisser son mari choisir d'exercer le métier qui est le sien et dans lequel il peut être lui-même, celle de cette femme qui ne peut abandonner celui qu'elle aime mais qui ne la voit, lui, que comme une source de distraction parmi tant d'autres... Choisir l'Évangile, choisir la liberté, c'est aussi assumer la possibilité, je dis bien la possibilité, de la rupture. Être soi vraiment, sans fard et sans masque, devant Dieu, voilà quelque-chose qui peut coûter : c'est, justement, le « prix de la grâce » – pour reprendre l'expression de Bonhoeffer.

Cela ne signifie pas pour autant que la foi, la capacité et le courage d'être soi-même soient en définitive une raison de désespérer des liens qui nous unissent aux autres. Car une parole nous est aussi adressée, en même temps que nous nous trouvons mis en garde : « Ne craignez point ! » Ainsi que l'écrit Dietrich Bonhoeffer, « l'amour de Dieu pour l'homme s'appelle la croix et l'obéissance, mais, en ceci même, c'est la vie et la résurrection. » La foi nous invite, aussi, à porter un regard différent sur nos relations avec les autres et à replacer celles-ci sous le regard du divin, de l'Éternel, de l'Ultime ! « Rien n'est voilé qui ne sera dévoilé, rien n'est secret qui ne sera connu. » Ce que nous voyons et que les autres ne voient pas, cette relation à l'être divin advenu au plus profond de nous est appelée à se manifester en pleine lumière par le fait même que nous vivons, désormais, de la confiance en la source même de la vie.
Le bon berger de l'évangile de Jean le dit bien : « moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, la vie en abondance ». La vie en abondance, la vie vécue pleinement, entièrement, totalement est appelée à devenir ce qui, justement, nous porte vers les autres. Se laisser être celui ou celle que nous sommes, devant Dieu, laisser libre court à ce à quoi nous nous sentons appelés par Dieu lui-même, se laisser libre de vivre la vie et de la regarder avec l'œil du désir, c'est être à même de regarder au-delà de la rupture que peut impliquer notre choix de vivre pleinement, pour nous ouvrir à plus de vie, plus de sens et donc plus de relation.

L'être divin, l'Ultime n'est pas seulement devenu notre origine : il est aussi notre but dans notre relation aux autres. Oui, la foi, la capacité à être celui que nous sommes, peut nous conduire à renoncer à ces liens que nous croyions intangibles car fondés sur le lien de la nature. Mais l'Évangile est tout sauf une théorie de la nature et Dieu est tout sauf un biologiste. Il est l'être même des choses, celui qui nous appelle à être, au sens fort, à notre tour. Or, le fond de l'être est aussi et avant tout relation, rencontre... amour ! La rupture que nous impose notre besoin d'être nous-mêmes nous offre donc aussi la possibilité d'une rencontre nouvelle, d'une rencontre chaque jour renouvelable.

Elle nous invite, surtout, à nous tourner vers notre vraie famille, celle de la liberté ! celle de ceux qui ont été appelés à la liberté et à trouver là leur juste place, au sein même de la communauté des croyants. Ici même, parmi nous, chers frères et sœurs, nous sommes appelés chaque jour à construire cette « fraternité sans clôture » dont parlait Wilfred Monod. Ici, parmi nous, certains sont peut-être à la recherche de cette nouvelle famille, de ces nouveaux liens qui sont ceux d'hommes et de femmes libres devant Dieu et devant les autres car enracinés dans la promesse que leur vie mérite d'être vécue pleinement et en pleine lumière. Devant Dieu, il n'y a plus de mère et de fille, il n'y a plus de père et de fils, peut-être, oui, peut-être ; mais il y a surtout des frères et des sœurs, justement, chers frères et sœurs. Des frères et des sœurs ! Alors sachons écouter, sachons voir et regarder autour de nous : un frère, une sœur attend peut-être de nous, là, maintenant, ici même, que nous le regardions tel qu'il est, dans la parfaite sincérité d'une relation vécue dans la plénitude de notre humanité.

Amen

Lecture de la Bible

Matthieu 10/26-39
26 « Ne les craignez donc pas ! Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est secret qui ne sera connu.
27 Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les terrasses.
28 Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme ; craignez bien plutôt celui qui peut faire périr âme et corps dans la géhenne.
29 Est-ce que l’on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Pourtant, pas un d’entre eux ne tombe à terre sans votre Père.
30 Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés.
31 Soyez donc sans crainte : vous valez mieux, vous, que tous les moineaux.
32 Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, je me déclarerai moi aussi pour lui devant mon Père qui est aux cieux ;
33 mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père qui est aux cieux.

34 « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais bien le glaive.
35 Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère :
36 on aura pour ennemis les gens de sa maison.

37 « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi.
38 Quiconque ne prend pas sa croix et vient à ma suite n’est pas digne de moi.
39 Qui aura assuré sa vie la perdra et qui perdra sa vie à cause de moi l’assurera.

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