L’essentiel est invisible aux yeux

1 Corinthiens 13 , Marc 6:30-44

Culte du 28 août 2016
Prédication de pasteur Louis Pernot

Vidéo de la partie centrale du culte

film réalisé bénévolement par Soo-Hyun Pernot

Culte du dimanche 28 août 2016
prédication du pasteur Louis Pernot

La multiplication des pains : Jésus qui nourrit 5000 hommes avec cinq pains et deux poissons, et on en ressort même avec encore douze corbeilles de pains ! C’est un récit extraordinaire. On m’a demandé récemment de prêcher sur ce texte, et j’avoue que j’étais un peu embarrassé parce que je n’y crois pas ! Je ne crois pas que cela soit possible car j’ai appris les sciences. On m a dit que E= MC². Donc pour fabriquer de la matière, il faudrait une énergie qui dépasserait…, qui existe je ne sais pas où… En tout cas, il y a cinq pains, on ne peut pas en faire cinq mille avec cinq, ce n’est pas vrai, ce n’est pas possible, je n’y crois pas ! Voilà ! La prédication va être assez courte car je n’y crois pas, donc tout est réglé, le problème est simple.

Il y a beaucoup de légendes dans le Moyen Orient, pourquoi pas dans l’Ecriture ? Alors, certains trouvent quand même des solutions astucieuses. Je ne sais pas si cela me convainc beaucoup mais j’ai entendu dire cela : une solution serait de dire qu’en fait, dans cette situation, les gens avaient faim et Jésus demande qui a quelque chose à manger. Alors, connaissant un peu l’âme humaine, je pense que beaucoup de gens avaient des réserves mais que très peu l’ont dit. Et que par conséquent, quand on demande qui a quelque chose à partager aux autres, les gens regardent un peu par terre… Puis, il y en a quand même cinq qui ont dit « moi, j’ai du pain », et deux « moi, j’ai un poisson ». Ce n’est pas beaucoup, mais c’est déjà çà. Jésus rend grâce puis dit maintenant on va partager ces cinq pains et ces deux poissons. Et quand le partage commence, peut être que chacun –finalement - se trouve un peu gêné : « je vous en prie, vous avez peut être plus faim que moi », et puis que d’autres disent « j’ai aussi un bout de pain », « j’avais un peu oublié mais j’avais quand même quelque chose dans ma poche»… Et que finalement, devant l’exemple vertueux montré par les quelques-uns qui ont initié le mouvement, chacun sort les provisions qu’il avait dans ses poches, et cela montre deux choses : d’abord que si vraiment on partage, il y a largement assez pour tout le monde – ce que je crois vrai ; et que d’autre part, pour que ce partage puisse avoir lieu, il faut que certains initient le mouvement. Autrement dit, il faut que certains montrent l’exemple. Et il suffit d’un petit nombre qui montre l’exemple pour que finalement cela entraine tout le monde, et que, dans un gigantesque partage fraternel, tout soit réglé. Je pense que très probablement c’est ce qui s’est passé pour tout vous dire. Mais en même temps, cette lecture ne me satisfait pas. Parce que cela nous donne un petit conseil de moral : il faut être gentil, il faut partager, montrer l’exemple, et tout cela…, et je pense que la Bible vaut mieux que cela.

Je pense que la Bible ne cherche pas à illustrer des simples questions morales. Par ailleurs, cela est resté au niveau du matériel pur : il est question de pain, de partager la nourriture. C’est très bien de partager, mais je crois que le pain matériel n’est pas la chose essentielle. Je crois que l’essentiel pour vivre est quelque chose d’invisible pour les yeux, comme dit le Petit Prince. Je crois comme dit encore Jésus lorsqu’Il rétorque au diable « l’homme ne vivra pas de pain seulement mais de toute parole qui sort de la bouche de l’Eternel ». Donc oui, je crois que l’essentiel est invisible pour les yeux et que par conséquent, par-delà le fait de manger – un peu, beaucoup ou pas du tout – l’essentiel est de trouver dans sa vie les choses fondamentales qui sont de l’ordre de la foi, de l’espérance et de l’amour. Et c’est cela en effet la plus belle chose de ce chapitre de Paul finalement (1 Corinthiens 13), que tous les couples utilisent pour leur mariage. Et je vous disais, à mon avis souvent à contresens, parce qu’ils ne connaissent rien à la Bible. Ils trouvent un passage qui parle de l’amour, alors ils disent « ça tombe bien, on s’aime ; et comme on est amoureux, on va prendre ça ». C’est un contresens total. L’amour dont il est question dans 1 Corinthiens 13 est l’amour qu’on doit avoir pour chacun de nos frères et sœurs, et même pour nos ennemis, et même pour le SDF du quartier. Et je ne crois pas que la Bible nous invite à nous marier avec tout le monde, et à faire l’amour avec n’importe qui dans la rue. Et donc l’amour de 1 Corinthiens 13 est tout-à- fait autre chose. Et le point le plus important de ce chapitre est bien le dernier quote. Là encore, c’est curieux, parce que si vous assistez aux mariages, vous écouterez bien : 9 fois sur 10, ils nous imposent tous ce 1 Corinthiens 13 qui est connu, et il manque justement le dernier quote qui, à mon avis, est le seul important, quand Paul dit « tout est passager sur terre, tout est un peu secondaire, mais il y a trois choses essentielles qui demeurent éternellement : la foi, l’espérance et l’amour ». Et je crois en effet que ce sont les trois choses essentielles de la vie. Si on a la foi, si on a l’espérance, si on a l’amour, peu importe que vous ayez beaucoup à manger, ou un peu moins, ou pas assez, peu importe, le pain a finalement moins d’importance parce qu’on a les choses essentielles et fondamentales pour vivre dans ce monde. C’est cela l’enjeu fondamental de notre vie. C’est cela que Dieu peut nous donner. Vous pouvez toujours prier le Notre Père et dire « donne-nous notre pain quotidien », cela ne vous fera jamais livrer les petits pains au chocolat au petit déjeuner. Au peuple d’Ethiopie qui crève de faim, dites-leur de prononcer le Notre Père tous les jours, cela ne changera jamais le problème de la famine. Et donc comment croire que la bonne nouvelle de l’Evangile serait de nous dire que si on a la foi, on pourra nourrir des populations entières avec cinq pains et deux poissons. C’est idiot. Par conséquent je crois qu’on est dans un contresens total. Alors oui, la foi, l’espérance et l’amour - ces trois vertus dites théologales - sont fondamentales.

La foi. Là encore, autre contresens : la foi dans la Bible n’est pas l’émotion religieuse. Aujourd’hui, les gens se disent : j’ai la foi, je n’ai pas la foi, cela veut dire je me sens ému par Dieu, je prie, … Dans la Bible, la foi ce n’est pas cela. Dans la Bible, la foi est une certitude de vérité, une conviction. La foi, c’est de dire : je sais, moi, ce qui est essentiel et fondamental dans la vie. C’est pourquoi, quand on me demande « mais vous, M. le Pasteur, avez-vous toujours la foi ? Ne doutez-vous jamais ? » Je peux vous le dire : ma vie spirituelle n’est pas toujours au top, et je ne suis pas toujours dans les alléluias d’une prière fervente. Par contre, j’ai une conviction qui ne me lâche jamais : je crois que l’amour, le pardon, la grâce et la paix sont les piliers fondamentaux de la vie. Et je suis prêt à dire que quoiqu’ il arrive, j’y crois ! Voilà. C’est ma foi. Et je suis heureux qu’il y ait dans cette ville des lieux comme celui-ci où l’on puisse dire : écoutez, l’essentiel n’est pas le matériel ; ce n’est pas ce que vous gagnez, ce ne sont pas vos diplômes, votre statut social. L’essentiel est l‘amour que vous vivez. Et la chose la plus importante est justement la chose qui n’est pas cotée en bourse, c’est-à- dire la gratuité qu’on appelle la grâce. Et la foi est justement cette conviction.

Il est essentiel de vivre cela, d’avoir une visée, un idéal, une conviction, une ligne, un fondement, un rocher sur lequel on peut construire sa vie et qui fait en sorte que notre vie puisse avancer. Et si on n’a pas de foi, notre vie n’est que comme un papillon qui va de fleur en fleur avant de mourir écrasé par le soleil, mangé par un oiseau ou je ne sais quoi, ou transformé en autre. Si on n’a pas de foi, alors notre vie n’est que comme un brin de paille sur l’océan, malmené par les vagues, allant à gauche et à droite, et ne menant nulle part. Donc oui, la foi est l’épine dorsale de notre existence et nous permet d’avancer.

L’espérance dont Paul parle est évidemment en lien avec la foi. Mis à part dans ce texte, il est assez difficile de les distinguer dans beaucoup d’autres passages de l’Évangile. Mais je dirais que l’espérance, c’est ce en quoi je mets ma confiance. Parce que, espérance et confiance, en fait, sont un même mot dans la langue de la Bible. Ainsi, l’espérance est justement de s’approprier sa foi, de dire « c’est là-dessus que je mise ». Et ça, c’est fort ! En effet, on peut avoir des convictions générales, dire « oui, ce serait bien que les gens s’aiment et qu’il y ait de la fraternité ». Mais l’espérance se traduit par « moi, dans ma vie, je mise toute ma confiance là-dessus - non pas sur le désir de rester jeune, en bonne santé, d’être riche ou pauvre - mais je mise mon existence sur Dieu. C’est-à-dire sur la valeur humaine, sur la relation, sur le pardon, sur le partage, sur la fraternité, sur la paix. C’est en cela que je mets ma confiance, c’est en cela que j’espère car je crois que là il y a une vraie source de vie. »

Quant à l’amour, je l’ai dit, il ne s’agit pas de passion amoureuse ; ce n’est pas l’amour de Roméo et Juliette qui fait que les époux se rencontrent. L’amour, là encore, n’est pas un sentiment mais une démarche, une attitude par rapport à l’autre. La capacité de s’ouvrir à l’autre, de rentrer en relation avec l’autre - quel qu’il soit. La capacité de partager, de donner et de recevoir, de considérer l’autre comme un alter ego, comme un autre moi-même. Voir l’autre, non pas comme un objet de plaisir ou de contrariété, mais comme un sujet, comme quelqu’un, comme un frère, une sœur, avec qui je peux entrer en relation. Comme un sujet et non pas comme un objet.

Cet amour est, là aussi, quelque chose de fondamental dans notre vie parce que l’homme ne peut vivre qu’en relation avec les autres. Et la paix à laquelle nous aspirons est une qualité de relation aussi avec les autres. Alors voilà ce que nous dit Paul : « la foi, l’espérance et l’amour sont essentiels », plus que les petits pains beurrés de la parabole. Et pour une fois, je préfère Paul à l’Évangile.

Foi, espérance et amour : voilà ce qui manque à tant de gens ! Voilà peut-être aussi ce qui nous manque parfois à nous : un manque de conviction, un manque de confiance, un manque d'espérance qui entraîne – qui peut entraîner – la peur, le repli sur soi, l'égoïsme, l'angoisse même. Et en fait nous voudrions dire au Seigneur : «Seigneur, nous avons soif de foi, d'espérance et d'amour». Et nous voudrions dire aussi : «Seigneur, tu vois ce monde qui est bouleversé par les violences, par la bêtise et par la haine. Ce monde, Seigneur, a soif et a faim de foi, d'espérance et d'amour. Vois ce monde Seigneur !»

Et là je me retrouve - finalement j'y reviens - comme ces disciples de Jésus qui voient cette foule assemblée et qui disent : «Seigneur, ils ont faim !» Ils ont faim. Oui, ce monde a faim. Comme eux, je veux me tourner vers Dieu : «Seigneur, fais quelque chose ! Donne au monde cette paix ! Nourris le monde d'espérance, de confiance et de fraternité ! Fais quelque chose, Seigneur, tu vois bien que le monde crève de faim et que moi-même je crève de faim, je crève de peur, d'inconstance, d'égoïsme !» Alors, que fait le Seigneur ? Sa réponse est assez troublante. Il dit: «Donnez-leur vous-mêmes à manger !». «Mais moi, Seigneur, comment donnerai-je à manger au monde ? » Finalement, ce texte – j'ai eu tort de l'envoyer balader trop vite parce que si on dépasse cet aspect un peu miraculeux, un peu simpliste – est tellement notre expérience. En tous les cas, la mienne. De dire : mon Dieu ce monde a faim, de demander à Dieu sans arrêt : donne la paix au monde, rends les gens intelligents, enlève la haine… Le Seigneur me dit : donne toi-même à manger. «Seigneur, que vais-je donner à manger au monde ? Comment, moi, je vais transformer le monde ? Est-ce que tu crois vraiment que je vais pouvoir mettre la paix dans le monde ? Est-ce que je vais pourvoir donner l'espérance à ceux qui désespèrent ? Est-ce que je vais pouvoir donner l'amour à tous ceux qui en manquent dans ce monde ?» Je suis, oui, comme ces disciples avec mes cinq pains et mes deux poissons, et je dis : «Seigneur, non, cela ne servira à rien. Cela ne servira à rien, moi qui suis si peu. Comment pourrai-je changer le monde ?»

Ce sentiment de découragement, évidemment nous le ressentons. Alors le Christ insiste : «faites-le quand même !» Et c'est là que se passe un miracle. Finalement, je crois au miracle, oui. Peut-être pas comme au début. Mais je crois au miracle. Parce que le vrai miracle, c'est cela : le peu que je puisse faire dans ce monde, dans la société, autour de moi, peut sembler dérisoire. Le miracle, c’est qu’avec l’aide de Dieu, ça peut aller au-delà de tout ce que j’imagine ! Il est vrai que si on regarde l’histoire de l’humanité, on se rend compte que ce sont souvent des petites gens qui ont sauvé le monde, des petites gens qui ont transformé le monde. Ce ne sont pas toujours les plus puissants qui font les plus grandes choses du monde. Ce sont parfois des gens très modestes, très humbles, ou bien des actions qui sont très peu de chose qui, finalement, font tache d’huile et transforment la société. Dans le langage courant, on appelle cela l’effet de l’aile du papillon : ce papillon qui bat de l’aile je ne sais trop où …, aux tropiques…, et qui finalement entraîne une tornade à l’autre bout de la terre. Je ne sais pas comment ça marche mais je crois qu’on ne peut jamais préjuger de l’effet qu’auront les choses que l’on fait. Et toutes les grandes choses commencent par de petits ferments, et l’Evangile nous dit : fais déjà ton petit battement d’aile de papillon et tu verras bien. Nous n’avons pas à nous demander si ce que nous ferons sera efficace ou pas. Ce beau passage de l’Ecclésiaste nous dit : « jette ton pain à la surface des eaux, tu ne sais absolument pas ce qu’il adviendra, et peu importe ; fais ce que tu as à faire ». Et avec l’aide de Dieu, les choses pourront aller infiniment au-delà de ce que nous pensons. Et la multiplication des pains nous dit peut-être aussi cela, c’est vrai. Finalement, si personne ne commence, aussi qui le fera ? Précédemment, je disais que ces cinq personnes qui disaient « moi, j’ai un pain », c’est ridicule, cela ne sert à rien pour cinq mille personnes ; mais ce sont néanmoins eux qui ont initié un mouvement extraordinaire qui va transformer finalement toute la scène. Ainsi il faut bien que quelqu’un fasse quelque chose. Alors, notre mission effectivement est de rayonner, de donner. « Moi, j’ai reçu un pain, c’est peut-être peu de chose, et bien, voici Seigneur, ce pain-là, je veux le partager avec mes frères et mes sœurs parce que si je le garde pour moi, tout le monde crèvera dans son coin. » Et ce pain n’est pas forcément un pain matériel, ce sont toutes les grâces que nous avons reçues. Et là, chacun de dire la grâce qu’il aura reçue, qui peut être une chose matérielle, spirituelle, humaine, ou autre… Chacun reçoit quelque chose et chacun a dans sa musette un pain, un poisson qu’il peut partager avec les autres. Alors notre mission est bien celle-là : partir de nos richesses, partir de nos grâces, et puis donner sans préjuger. Alors vous me direz, c’est à la fois beau et en même temps je retombe un peu dans ce que je dénonçais tout à l’heure c’est-à-dire une sorte d’exhortation qui finalement met la barrière un peu haute et qui dit : frères et sœurs, partagez ! partagez vos pains et vos poissons ! C’est-à-dire qu’on est dans l’exhortation, dans le devoir, dans un appel même presque un peu moral. C’est un peu angoissant aussi, parce que parfois je me dis : aurais-je même cinq pains et deux poissons à partager ? Et donc, il faut autre chose. Et c’est pour cela que j’ai complété ces lectures par un Psaume, le Psaume 121. L’Ecriture se complète, il ne faut jamais lire un seul passage ; c’est un tout et c’est un tableau qui donne une vision globale. Ce Psaume 121, je l’ai lu comme un antidote à ce découragement, ou à cette espèce de sentiment de culpabilité que peut générer cette exhortation forte et convaincue que je vous ai faite.

Le Psaume 121 vous le relirez : « Je lève les yeux vers les montagnes, d’où me viendra le secours ? Le secours te viendra de l’Eternel qui fait le ciel et la terre ». Tout le reste du Psaume ne nous donne aucun devoir - aucun devoir ! - aucune exigence, aucune menace. Rien qu’un Dieu qui est là et qui donne. Rien qu’un Dieu de grâce qui nous protège, qui nous soutient, qui nous aide, qui veille à nos côtés, qui ne sommeille ni ne dort, et qui nous donne toute chose du début à la fin de notre vie. Je crois que cela est essentiel. De ce Dieu qui nous aide et nous soutient, nous ne sommes pas tendus par une sorte d’exigence morale infinie dans l’Evangile. Certes, il y a une attente, mais cette attente n’est audible que si nous-mêmes sommes nourris de quelque chose.

Ma question était celle-là : aurais-je même cinq pains et deux poissons à donner ? Peut-être qu’avant même de vouloir les donner, essayez de trouver ces pains et ces poissons. Ainsi, la première démarche du chrétien est de se nourrir, de se nourrir de grâce, de se nourrir de paix, de se nourrir de fraternité, d’amour et d’espérance. Et qui donne tout cela ? Le Seigneur ! C’est le Seigneur qui nous donne cela, c’est Dieu lui-même qui peut remplir nos vies de tous ces dons de paix, d’amour, d’espérance afin que nous en ayons à redistribuer au monde et pouvoir les partager.

Alors vous me direz, Dieu lui-même est difficile à connaitre. J’ai encore une réponse par cette parabole de multiplication des pains qui n’a pas encore livré tous ses secrets. C’est que, tout à l’heure, je me suis identifié aux disciples qui disent «Seigneur ce peuple meurt de faim, et Jésus leur dit : donnez-leur vous-mêmes à manger ». Mais peut-être que je pourrais moi aussi m’identifier au peuple et dire : « Seigneur, le peuple a faim mais moi, j’ai faim.» Ici, la réponse de Jésus est un peu plus contrariante parce que, au lieu de donner directement, il dit « adressez-vous à mes disciples ! » C’est dommage car je préfère avoir affaire à Dieu qu’à ses saints, et au Seigneur lui-même qu’a ses pasteurs. Néanmoins, peut-être qu’il y a là un message qui n’est pas tout-à-fait idiot. On voudrait que Dieu nous nourrisse directement et Jésus dit : « adressez-vous à ceux de mes disciples qui ont cinq pains et deux poissons ». C’est peut-être le pasteur ou le curé de votre village ; ne méprisez pas ces témoins. Alors peut-être que vous vous dites « mais que va-t-il m’apprendre ce curé du village ou ce pasteur de campagne qui ne connait pas trois mots de théologie ? Est-ce que cela va changer ma vie ? » Ne jugez pas. Parfois, des témoignages extrêmement simples peuvent changer une vie au-delà de ce que l’on pense. Ou alors ces cinq pains et ces deux poissons sont ce que nous ont transmis les disciples, c’est-a-dire l’Evangile. Et là encore, nous avons tendance à mépriser l’Evangile. «La vie est difficile et le pasteur me dit de lire l’Evangile de Matthieu ou de Marc. Mais est-ce que tu crois que ces cinq paraboles et ces deux miracles vont changer ma vie ? ». Et bien mange déjà ces cinq paraboles et ces deux miracles et tu verras, ça peut changer ta vie au-delà de ce que tu penses. Parce qu’il ne faut pas se fier à l’apparente simplicité de ces textes, de ces témoignages, et de toutes ces choses qui peuvent effectivement changer notre vie. En tous les cas vous voyez que tout cela est bien une question de partage. De partage entre nous, parce que si nous ne partageons pas, nous crèveront seuls, cela est une évidence. De partage entre nous et Dieu, entre nous et l’Ecriture, entre nous et les disciples du Christ. Mais que toute l’histoire, c’est de savoir donner et de savoir recevoir. De savoir partager. Et cela est indissociable, parce qu’on ne peut pas recevoir sans savoir donner. Et toute la vie n’est faite que de cela. Il y a dans notre existence ce dont nous avons besoin : la foi, l’espérance, l’amour, je dirai aussi la joie, le pardon, la confiance, la paix, la lumière et la vie. Et tout cela, le Seigneur nous le donne en abondance. Je pense qu’Il nous dit aussi : « commencez par en donner aux autres et vous recueillerez douze paniers remplis à ras-bord de foi, d’espérance, de confiance, d’amour, de paix, de vie et de joie. Et tout cela parce que le Seigneur a commencé à en donner en premier. Venez, prenez et mangez car le Seigneur s’est offert pour nous. Lui nous a aimés avant que nous L’aimions. Et c’est parce que Dieu nous a aimés en premier que nous pouvons apprendre à aimer.

Amen

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