L’écureuil et les petits oiseaux

Matthieu 6:25-34

Culte du 10 février 2013
Prédication de professeur Hubert Bost

Matthieu 6:25-34 (avec Matthieu 10:28-33 et Matthieu 21:18-22)

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Culte du dimanche 10 mars 2013 à l'Oratoire du Louvre
prédication du professeur Hubert Bost

Sur les abribus de Paris fleurissent ces derniers jours les affiches publicitaires d’un établissement bancaire – vous savez, celui qui a pris pour symbole un rongeur grimpeur à queue en panache et amateur de noisettes. Des affiches où nous l’on propose la définition de mots simples par des synonymes. L’une d’elles indique : « Prévoyance (n. f.) : Tranquillité d’esprit ». Elle a peut-être retenu mon attention à cause de la question qu’un étudiant m’avait posée quelques jours plus tôt au sujet de la providence. Dans ma réponse, j’avais rappelé que, d’un point de vue étymologique, providence et prévoyance signifiaient la même chose. Pro-videre, pré-voir.

Le rapprochement était amusant, entre l’affiche « Prévoyance (n. f.) : Tranquillité d’esprit » et la question sur la providence. Amusant, mais pas évident ; qu’en pensez-vous ?

Que donnerait un petit détournement théologique, si l’on substituait un mot à l’autre dans cette définition ?

Pourrions-nous dire : « Providence (n. f.) : Tranquillité d’esprit » ? Ce n’est pas vraiment la définition qui nous vient spontanément à l’esprit !… Or c’est pourtant bien ce que Matthieu semble affirmer, et même marteler, dans ce passage du Sermon sur la Montagne : « Ne vous inquiétez pas. Ne vous inquiétez ni de ce que vous mangerez ou boirez, ne vous préoccupez pas de savoir comment vous vous habillerez. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain. » Ne vous en inquiétez pas : Dieu s’en occupe, Dieu a tout prévu. S’il s’occupe de nourrir les oiseaux et de rendre belles les fleurs des champs, à combien plus forte raison prendra-t-il soin de vous.

Providence divine. Oui, mais alors si c’est vrai c’est exactement le contraire de la publicité ! La « prévoyance » qu’aimerait me vendre l’écureuil n’est-elle pas le contraire de la « providence » qui protège les oiseaux insouciants ? L’un amasse frénétiquement des noisettes et s’inquiète aujourd’hui pour être tranquille demain. Les autres picorent au petit bonheur, confiants, sans penser à demain. Confiants ou inconscients ? Le message du texte, la sagesse qu’il propose, est-ce de vivre au jour le jour ? Un carpe diem évangélique, en quelque sorte ? Après tout pourquoi pas : le vœu de pauvreté des moines, pendant des siècles, ne consistait-il pas à renoncer aux biens matériels pour cultiver la liberté spirituelle ? Oui, mais peut-on vraiment habiter ce monde, s’en reconnaître responsable sans assumer, pour nous et pour nos proches, pour la communauté humaine à laquelle nous appartenons, les charges qui nous incombent ? Vraiment, chers moines ou chers moineaux, est-ce cela dont il s’agit ici ?

Pour démêler tout cela, cherchons le sens que peut avoir pour nous, comme croyants ou comme chercheurs de sens, cette exhortation à ne pas s’inquiéter. Puis arrêtons-nous à l’idée de providence, dont nous chercherons à dessiner le périmètre. Nous verrons enfin que, si une providence délimitée nous fait perdre beaucoup de pouvoir, de savoir prétendu ou d’assurance – mais aussi bien des illusions –, elle nous fait gagner une extraordinaire liberté, une liberté humble mais tenace, modeste et indéracinable.

Quittons d’abord l’animalerie : mon point de départ risque en effet de nous faire croire que l’évangile prendrait le parti des oiseaux contre les écureuils, ou si l’on veut changer pour la fable, les cigales contre les fourmis. Or pas un instant Jésus n’incite ses auditeurs à se prendre pour des oiseaux (ou pour des fleurs…). Ce que vise sa comparaison, ce n’est pas nous, mais Dieu. Dieu attentionné au point de prendre soin des plus petites créatures. Autrement dit, arrêtez de vous mettre à sa place (« Moi si j’étais l’bon Dieu, / Je crois qu’j’aurais des remords… », chantait Brel : qui n’a jamais envisagé cette hypothèse ?). Arrêtons de nous prendre pour lui.

Jésus n’est donc pas en train de donner une clé pour sortir de la crise, pour régler les grands problèmes de l’humanité, un remède miracle pour l’écologie ou l’économie, pour la justice sociale et les droits de l’homme, des critères pour connaître le meilleur programme politique. Tout cela a de l’importance, et nous sommes collectivement responsables de ce monde ; à ces sujets il est même parfaitement compréhensible et normal de s’inquiéter, et l’on devrait plutôt considérer que c’est ne pas s’inquiéter qui est inquiétant ! Mais dans de tels domaines, ce sont nos intelligences et notre réflexion qui sont requises ; l’évangile n’a pas réponse à tout, même si les Églises chrétiennes ont parfois été tentées de le faire passer pour la réponse à toutes les questions.

L’exhortation à ne pas s’inquiéter n’est pas davantage une recette de coach spirituel permettant à tout un chacun de trouver son équilibre et d’organiser son bonheur personnel, de gérer sainement sa vie familiale, celle de son association, de la communauté à laquelle il appartient : vous savez, le fameux « lâcher-prise » grâce auquel tout irait mieux. Rien de cela n’est indifférent, bien au contraire, mais sans polémique disons tranquillement que l’évangile n’est pas l’une des sagesses ou des thérapies disponibles sur le marché du fitness mental.

Mais alors que dit l’évangile ? Quelque chose de très simple, et qui pourtant n’est jamais définitivement acquis. Il nous parle ici moins de nous que de Dieu. Il nous décentre. Il dit que, si Dieu est celui qui nous donne et nous prête vie, inutile de s’agripper, de se crisper, de chercher à conquérir ce qui est déjà là, offert. Et ce qui est vrai de l’existence l’est aussi de ce que la théologie appelle le salut : non seulement la vie est là, mais ma vie, ta vie, celle de chacun de nous prend sens, prend son sens authentique, de ce qu’elle est reçue. Cesse donc de t’inquiéter, de calculer et de vouloir agripper des choses sur lesquelles tu n’as pas prise. Cesser de vouloir tout contrôler et tout maîtriser, et puis d’éprouver une mortelle frustration lorsque l’énigme résiste. Car la vie – notre vie – n’est pas notre propriété, et cette prétention à s’en faire les maîtres nous en fait perdre les beautés.

Voici recadrée, l’invitation à ne pas s’inquiéter : elle est à la fois plus adulte et modeste. Plus adulte, parce qu’elle n’est en rien un éloge de l’insouciance, parce qu’elle ne prend pas ses rêves pour des réalités ; et plus modeste parce que limitée, discrète, voire secrète : véritablement spirituelle – j’ose le mot, bien qu’il puisse parfois paraître obscène –, sans prétention autre que celle d’une vie réorientée.

Alors, que vient faire la providence là-dedans ? Eh bien, selon la définition qu’on en retient, la providence accompagnera cet affranchissement de l’inquiétude ou au contraire nous y replongera. La providence, c’est comme le naturel : chassez-la, elle revient au galop. Ainsi le mois dernier le périodique Philosophie magazine titrait-il : « Y a-t-il un pilote dans l’histoire ? » Eh oui : même si Dieu n’est plus la réponse, la question demeure, résiste et fait retour… D’accord, nous avons bien compris que nous-mêmes ne pilotions pas grand-chose, mais alors où allons-nous, qui dirige ?

On dit que les grands systèmes de croyance n’apportent plus de réponses ; on sait que les idéologies du sens de l’histoire ont débouché sur d’effroyables dictatures ; on a l’impression que la « main invisible » du marché mondialisé a la tremblotte et que les dirigeants de la planète sont les acteurs perdus d’une histoire pleine de bruit et de fureur… Il est tentant de se réassurer, de se rassurer en trouvant un pilote.

Quant à nous, pouvons-nous, en ce qui nous concerne, nous contenter de la réponse traditionnelle de la théologie chrétienne ? N’a-t-elle pas de quoi faire frémir ? Croyons-nous vraiment en un Dieu qui contrôle tout et qui voit tout (depuis Caïn surveillé dans sa tombe, à en croire Victor Hugo…), un Deus ordinator qui gérerait et qui déciderait de tout ? – Pas vraiment, non… mais tout de même, cette histoire d’oiseaux et de fleurs ? Et trois chapitres plus loin, expliquant qu’il ne faut pas craindre ceux qui tuent le corps sans pouvoir atteindre l’âme, ces mots de Jésus qui demande : « Est-ce qu’on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Pourtant pas un d’entre eux ne tombe à terre indépendamment de votre Père. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez sans crainte : vous valez mieux que tous les moineaux. » (Mt 10, 29-30) Ah ! n’est-ce pas la preuve que Dieu contrôle tout ?

– Eh bien non. Ce que Jésus dit nous invite à nous libérer d’une inquiétude stérile, pas à spéculer sur les limites – ou l’absence de limite – des capacités de Dieu. Car là nous tordons le texte. Nous inventons une toute-puissance folle, projection hallucinée de notre mégalomanie : tout voir et tout savoir. Tout prévoir.

Quand on y pense, peut-on soutenir que la providence divine permet que tout aille bien dans le monde (ou que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles) au motif que Dieu piloterait l’histoire ? L’histoire du monde, et même celle de l’Église, n’apportent-elles pas un cinglant démenti à cette affirmation bien légère ?

Pour en finir avec cette providence-fantasme, et fantasme dangereux, il suffit pourtant de remonter quelques quotes plus haut, lorsque Jésus commente les commandements traditionnels de la Loi : « Vous avez appris qu’il a été dit tu aimerais ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » (Mt 5, 43-45). L’essentiel y est dit, qui nous immunise contre cette providence folle : y a des bons et des méchants, des justes et des injustes. Dans le monde où nous vivons, les uns comme les autres reçoivent le soleil et la pluie, et Dieu n’est pas un grand météorologue qui rendrait justice en faisant la pluie et le beau temps.

Alors pourquoi, lorsque Jésus nous suggère de vivre en faisant confiance à celui qui nous donne et nous prête vie, nous empressons-nous de spéculer sur l’étendue de son pouvoir ? parce que, selon un ressort bien connu de la psychologie humaine, nous sommes prêts à renoncer pour nous-mêmes à cette toute-puissance fantasmatique pourvu de la confier à quelqu’un qui, croyons-nous, pourrait nous en savoir gré. C’est un petit calcul avec attente de retour sur investissement. C’est le calcul du fils aîné dans la parabole du fils prodigue : je reste sagement auprès de papa, un jour je toucherai l’héritage. Or une telle lecture est contredite par alliance que Dieu a contractée avec nous : sans peser sur l’Histoire dans un sens déterminé, qui empêcherait les hommes d’exercer leur liberté ; sans fermer l’histoire à l’inattendu ; et surtout sans manifester un pouvoir tel que sa justice s’y exprimerait dès à présent. Pour en finir avec cette providence fantasme, il faut se rappeler que Dieu ne s’est pas rendu présent dans notre histoire et notre humanité comme un surhomme, mais comme un homme. La crèche et la croix nous rappellent que la foi n’est pas une affaire de pouvoir, encore moins de superpouvoirs.

Ne pas s’inquiéter : renoncer à prétendre maîtriser ce qui, jusqu’au cœur de nos existences, nous est donné sans que nous le possédions. C’est vrai de la vie elle-même, c’est vrai de la foi.

La meilleure comparaison, c’est peut-être celle du prénom que chacune et chacun a reçu. Nous sommes nommés, personnellement identifiés et reconnus, différents les uns des autres. Nous avons été précédés, désirés, attendus. Il fut un temps où nous croyions que nos parents étaient tout-puissants ; et puis nous avons compris en grandissant que ce qui était sans borne, que ce qui comptait c’était leur amour, l’attention qui nous avait fait grandir. Pour Dieu c’est pareil. Dieu est un père, pas un ordinateur.

Le Dieu de Jésus-Christ ne brandit pas la foudre, il envoie son fils.

La foi qui naît de ce simple constat est très différente de celle qui remet à Dieu les clés d’une toute-puissance que nous n’aurons jamais. Il faut donc en finir avec les lectures littérales (ou quasi-littérales) de certains passages de l’Évangile.

Prenez par exemple cet autre passage de Matthieu, où Jésus maudit (bizarrement, du reste) un figuier qui ne portait pas de fruit, et ses disciples s’en étonnent. Il leur répond : « si un jour vous avez la foi et ne doutez pas, non seulement vous ferez ce que je viens de faire au figuier, mais même si vous dites à cette montagne : “Ote-toi de la et jette-toi dans la mer”, cela se fera. Tout ce que vous demanderez dans la prière avec foi, vous le recevrez. » (Mt 21, 21-22).

La foi qui transporte les montagnes, c’est une façon imagée qu’a Jésus de parler de la confiance inébranlable qui habite les croyants. Mais à l’ère des tractopelles, nous ne pouvons plus prendre cette image au pied de la lettre. Il en va de même pour l’action de Dieu dans l’histoire : je peux croire qu’il la conduit à son but, mais je renonce à faire de cette confiance une certitude de raison, que je serais capable de prouver. Je crois et j’espère, renonçant à savoir et à maîtriser.

Dans la vie de tous les jours, cela ne fait pas de nous des femmes et des hommes supérieurs, mieux équipés pour répondre aux défis du moment. Mais cela fait de nous, intérieurement, des femmes et des hommes libres. Pourquoi, parce que nous savons avoir reçu l’humanité en cadeau. Cadeau partagé, non exclusivement réservé aux croyants. Le même Brel qui se demandait ce qu’il ferait s’il était le bon Dieu (Fernand, 1965) chantait quelques années plus tard (Le Bon Dieu, 1977) :

Toi, si t’étais l’bon Dieu / Tu f’rais valser les vieux / Aux étoiles
Toi, si t’étais l’bon Dieu / Tu allumerais des bals / Pour les gueux…
Toi, si t’étais l’bon Dieu / Tu n’s’rais pas économe / De ciel bleu…
Mais / Tu n’es pas l’bon Dieu / Toi, tu es beaucoup mieux / Tu es un homme…

Quant à la coïncidence de l’affiche « prévoyance » sur l’abribus vue quelques jours après la question « providence » de mon étudiant, et du souvenir récent du titre de Philosophie Magazine « Y a-t-il un pilote dans l’histoire ? », qu’en penser ?

Je ne me risquerai sûrement pas à parler de providence. En revanche, pourquoi s’interdire d’y percevoir un de ces sourires complices, un clin d’œil que la vie nous offre ?

Le plus souvent nous marchons les yeux baissés pour voir où nous mettons les pieds. Et parfois nous levons les yeux, et il arrive que nous recevions de ces petits cadeaux fugaces qu’il y a plaisir à partager.

Que vous souhaiter pour aujourd’hui, sinon cette manne ? Du reste, ne vous inquiétez pas : elle est là, disponible pour chacune et chacun de vous, tout comme la nourriture des petits oiseaux.

 

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Lecture de la Bible

Matthieu 6:25-34

C’est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?
26 Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux?
27 Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie?
28 Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Considérez comment croissent les lis des champs: ils ne travaillent ni ne filent;
29 cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux.
30 Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi?
31 Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? que boirons-nous? de quoi serons-nous vêtus?
32 Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
33 Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.
34 Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

Matthieu 10:28-33

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne.
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou? Cependant, il n’en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père.
30 Et même vos cheveux sont tous comptés.
31 Ne craignez donc point: vous valez plus que beaucoup de passereaux.
32 C’est pourquoi, quiconque se déclarera publiquement pour moi, je me déclarerai moi aussi pour lui devant mon Père qui est dans les cieux;
33 mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux.

Matthieu 21:18-22

Le matin, en retournant à la ville, il eut faim.
19 Voyant un figuier sur le chemin, il s’en approcha; mais il n’y trouva que des feuilles, et il lui dit: Que jamais fruit ne naisse de toi! Et à l’instant le figuier sécha.
20 Les disciples, qui virent cela, furent étonnés, et dirent: Comment ce figuier est-il devenu sec en un instant?
21 Jésus leur répondit: Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi et que vous ne doutiez point, non seulement vous feriez ce qui a été fait à ce figuier, mais quand vous diriez à cette montagne: Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se ferait.
22 Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez.

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