Jésus et la maison de l'homme fort

Marc 3:20-35

Culte du 12 juillet 2020
Prédication de Béatrice Cléro-Mazire

Vidéo du culte entier

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 12 juillet 2020
 Jésus et la maison de l'homme fort.
Marc 3 : 20-35

Culte par le Pasteur Béatrice Cléro-Mazire
Musique : Sarah Kim, organiste titulaire

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Musique : John Stanley Trumpet Voluntary

Salutation

La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ
L’amour de Dieu le Père et
La communion du Saint-Esprit
soient avec vous tous ! (2Co 13/13)
The grace of our Lord Jesus-Christ
And the love of God,
And the fellowship of the Holy Spirit
be with you all.

Accueil
Bienvenue à toutes et à tous pour ce temps de culte. Bienvenue à celles et ceux qui nous regardent en France ou à l’étranger. C’est le temps de l’été, avec une nouvelle liturgie que nous allons conserver pendant les mois de juillet et août. Elle peut être suivie en anglais. Que ce culte soit un moment de paix et de ressourcement, de joie et de communion.

Louange

Seigneur, tu es vie.
Tu nous donnes et nous conserves la vie.
Nous te louons, Seigneur, tu es lumière.
Tu nous éclaires et nous réjouis par ta lumière.
Nous te louons, Seigneur, tu es joie.
Tu nous donnes de partager ta joie.
Nous te louons, Seigneur, tu es espoir.
Tu traces et prépares nos sentiers.
Nous te louons, Seigneur, tu es amour.
Tu nous permets de vivre dans l’amour.
Nous te louons.
Lord, you are life.
You give and preserve life for us.
We praise you, Lord, you are light.
You enlighten our way and we rejoice in your light
We praise you, Lord, you are joy.
You let us share your joy.
We praise you, Lord, you are hope.
You trace and prepare our way.
We praise you, Lord, you are love.
You allow us to live in your love.
We praise you.

Chant d'Assemblée
Je vous invite à poursuivre notre louange, dans le Psautier Français : Psaume n° 36 strophes 1-2-3

Volonté de Dieu

Voici le jeûne auquel je prends plaisir, dit le Seigneur. Brise les chaines injustes, Dénoue les liens de tous les jougs, Renvoie libre tous ceux qu’on opprime, Mets fin à toute servitude, Partage ton pain avec celui qui a faim, Recueille dans ta maison les malheureux sans asile, Couvre ceux qui ont froid, Et ne te détourne pas de ceux qui sont ta propre chair. Alors ta lumière se lèvera comme l’aurore, tu appelleras, Et le Seigneur répondra. Tu crieras et il répondra : « Me voici ». (Esaïe 58/6-9)To worship me according to my will, say the Lord. Loose the bonds of wickedness, Undo the heavy burdens, And let the oppressed go free, And break every yoke. Share your bread with the hungry, Bring the poor that are cast out to your house. When you see the naked, cover him. and do not hide yourself from your own flesh. Then shall your light break forth as the morning. Then shall you call, and the Lord shall answer; you shall cry, and he shall say, Here I am. (ls. 58 : 6-9)

Confession des Péchés

De notre indifférence et de notre ingratitude en ton égard, comme de tout oubli de tes commandements, Délivre-nous, Seigneur.
De toute forme d'égoïsme et de tout manque de générosité envers notre prochain, comme de toute mauvaise humeur, Délivre-nous, Seigneur.
De toute lâcheté et de toute paresse dans nos communautés, comme de toute négligence dans notre travail,
Délivre-nous, Seigneur.
De toute vanité et de tout orgueil de soi-même, comme de tout découragement, Délivre-nous, Seigneur. Seigneur pardonne-nous. Amen !
From our indifference and our ungratefulness towards you, and in our forgetting to obey your commandments,
Lord deliver us.
From all forms of egoism and all lack of generosity towards our neighbours, as well as from all bad temper,
Lord deliver us.
From all cowardliness and from all laziness in our community, as from all negligence in our work,
Lord deliver us.
From all vanity and from all pride in ourselves, as from all discouragement, Lord deliver us.
Lord forgive us. Amen.

Pardon

Quand les montagnes s'effondreraient, dit le Seigneur, quand les collines chancelleraient, ma bonté pour toi ne faiblira point, et mon alliance de paix ne sera pas ébranlée. Je t'aime d'un amour éternel, c'est pourquoi je te conserve ma miséricorde. (Esaïe 54/10)For the mountains shall depart, and the hills be removed; but my kindness shall not depart from you, neither shall the covenant of my peace be removed, says the Lord who has mercy on you (Is.54/10).

Chant Spontané 92/2
Tes œuvres surprenantes ont réjoui mon cœur, Et je dirai Seigneur, leur sagesse étonnante. Tes pensées sont profondes, plus il les étudie, Plus l’homme est interdit. Ta main garde le monde.

Confession de foi

Je crois en Jésus-Christ le fils unique de Dieu, qui s'est fait homme pour que nous ayons pardon, joie, salut. Je crois qu'il est mort et ressuscité pour nous donner victoire sur la mort et I'assurance de notre résurrection. Je crois qu'il reviendra dans la puissance et la gloire, comme il est venu dans la faiblesse et l'humilité. Par lui je crois en Dieu notre Père, qui nous prend pour ses enfants et nous aime comme il aime Jésus-Christ. Je crois en l'Esprit-Saint, qui demeure dans notre esprit et nous atteste que nous sommes les enfants de Dieu, qui guide I'Eglise par l'Evangile et nous révèle la gloire de Jésus-Christ. Je crois I'Eglise du Christ, secrète et universelle, visible et invisible, pécheresse et pardonnée. Je crois que tous les hommes sont liés à Jésus-Christ. Je crois que le royaume de Dieu est notre commune espérance.I believe in Jesus Christ the only Son of God, who was made man that we should have pardon, joy and salvation. I believe that he died and rose again from the dead to give us victory over death, and the assurance of our resurrection I believe that he will come again in power and glory as he came in weakness and humility. Through him, I believe in God our Father who considers us his children and loves us as he loves Jesus Christ. I believe in the Holy Spirit who abides in our minds and confirms that we are the children of God, who guides the Church by the Scriptures, and reveals to us the glory of Jesus Christ. I believe in the Church of Christ, secret and universal, visible and invisible, sinful and forgiven. I believe that all people are joined to Jesus Christ. I believe that the kingdom of God is our common hope.

Chant spontané 69/1
Grand Dieu nous te bénissons, nous célébrons tes louanges !
Eternel, nous t’exaltons, de concert avec les anges,
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !

Prière d’illumination

Seigneur, nous te remercions de nous avoir réunis en ta présence, pour nous révéler ton amour. Fais taire en nous toute autre voix que la tienne. Ouvre, par ton Saint-Esprit, nos esprits et nos coeurs à ta vérité, Au nom de Jésus-Christ.Lord, We thank you for having brought us together in your presence, to show us your love. Silence in us all other voices than your own. Open by the Holy Spirit, our minds and hearts to your truth. in the name of Jesus Christ. Amen

Lecture biblique : Marc 3, versets 20 à 35.
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Musique
Charles-Marie Widor, Andante Sostenuto (extrait de la symphonie n°9)

Prédication

Jésus et la maison de l'homme fort.
Marc 3 : 20-35

            Jésus aurait-il perdu la raison ?

            C’est en tout cas ce que pensent les gens de sa maison. Mais de quelle maison parle-t-on ici au juste ?

            Au début, Jésus revient « à la maison ». On imagine que c’est la maison de Capharnaüm, là où Jésus a ses habitudes. Mais en fait, le texte grec ne dit pas de quelle maison il s’agit, puisqu’il est écrit : « il vient dans une maison ». Ce qui compte ici, c’est que Jésus entre dans une maison pour parler en parabole d’une maison particulière : celle de l’homme fort, ou, plus précisément, celle du fort.

            Comme souvent, dans les Évangiles, les gestes de Jésus disent autant que ses discours. Il entre dans une maison après avoir guéri beaucoup de malades, après être allé dans la montagne pour y appeler à sa suite ceux qui veulent suivre sa voie, et pour y choisir les douze, et les envoyer prêcher la parole de Dieu et chasser les démons.

            Jésus semble ne plus tenir en place et tous ses déplacements, accompagnés de cette foule qui ne le quitte plus, produisent un effet de crainte chez ceux qui le connaissent, mais aussi chez les scribes qui viennent entendre ce nouvel interprète des textes et de la tradition. Les aveugles, les boiteux, les sourds, les muets, tout ce peuple qui cherche un salut accourt pour être guéri par Jésus. Démons, esprits impurs et autres forces maléfiques sont tenues pour responsables du malheur qui les touche. Mais Jésus chasse ce mal qui les accable. Ne serait-il pas en train d’accomplir les promesses du prophète Esaïe (Es 35, 5) : « Il viendra lui-même, et vous sauvera. Alors s'ouvriront les yeux des aveugles, s'ouvriront les oreilles des sourds ; alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue du muet éclatera de joie. »

            Par quelle force Jésus rétablit-il tous ces gens dans leur identité d’hommes et de femmes dignes. Dignes de quoi ? Dignes qu’on s’arrête sur leur sort, qu’on entende leur plainte, dignes d’être réhabilités dans la société des vivants et dans celle des enfants de Dieu.

            Jésus aurait-il perdu la raison ?

            L’accélération des actes et des déplacements de Jésus le présentent comme frénétique ; il est dans une urgence ; le salut de Dieu s’accomplit ici et maintenant, et, étrangement, la seule réponse de ceux qui le connaissent est une mesure de rétorsion. « A cette nouvelle, les gens de sa parenté sortirent pour se saisir de lui, car ils disaient : Il a perdu la raison ».

            Le texte grec dit : « ceux de chez lui ». Ceux de sa maison, sa maisonnée, sont persuadés que Jésus a perdu la tête. Mais Jésus n’est plus de la même maison ; il est d’une autre parenté ; il s’origine ailleurs, s’identifie à d’autres que ceux qui l’ont vu grandir.

            Sa maison est ailleurs : c’est celle du fort.

            L’image de la maison est d’une richesse sans borne. Qu’on parle d’architecture, d’anatomie ou d’astrologie, la maison est ce lieu structurant, stabilisant de l’existence. Gaston Bachelard, dans la Poétique de l’espace dit de la maison : « La maison est notre coin du monde ». Elle est – on l’a souvent dit – notre premier univers. Elle est vraiment un cosmos. (G. Bachelard, La poétique de l’espace, éd. PUF, p.24)

            Il y a la maison de famille, la maison idéale, la maison de vacances, il y a les maisons du thème astral :  même les astres ont une maison et déménagent selon la période de l’année.

            Mais la maison n’est pas construite seulement de briques, de terre ou de pierres ; elle est faite de souvenirs, de sentiments et de sensations ; et il est souvent difficile de dire pourquoi une maison pourrait être la vôtre ou pourquoi elle vous refuse, tant le corps tout entier y est mobilisé. « La maison est une enveloppe. Elle protège ; elle permet les échanges. Nous pouvons choisir qui y pénètre, et les cambriolages sont des viols. Et dans nos rêves, elle représente souvent notre corps. » (Patrick Avrane, Maisons, quand l’inconscient habite les lieux, éd. PUF, p.15)

            Sans doute, Jésus n’avait-il pas attendu que Freud théorise le symbole de la maison pour utiliser cette image dans ses paraboles. Quand Jésus raconte à cette foule qui le suit la parabole de la maison du fort, c’est de lui dont il parle. On veut le lier, on l’accuse d’être démoniaque et de rétablir tous ces gens souffrants grâce à des forces du mal, et lui se sent au contraire plus fort que jamais contre le mal. Il chasse le mal des maisons qu’il hantait. Il chasse la souffrance des corps qui souffrent.

            Il rétablit la cohérence dans des corps qui étaient morcelés, voyant mais n’entendant pas, ayant des yeux mais ne voyant pas, ayant des jambes mais ne pouvant danser, ayant des oreilles mais ne pouvant entendre. Cette dislocation du corps, Jésus la repousse et rétablit l’homme dans son intégrité physique, mais aussi dans sa façon d’habiter son propre corps. Les fenêtres murées retrouvent la lumière, et les portes ont retrouvé les clés pour les ouvrir. Les infirmes d’Esaïe retrouvent une maison habitable. Ils deviennent indélogeables puisqu’ils sont enfin chez eux.  

            Chaque maison comme chaque être humain a son âme, son équilibre, son agencement, et sa logique interne. Et très vite, chaque maison a ses souvenirs et ses habitudes ; cette logique interne qui fait que l’espace est dévolu à certaines tâches et pas à d’autres. On ne fait pas la cuisine dans la salle de bain, même si on peut parfois manger dans le salon, mais pas la même chose que dans la salle à manger.

            Une maison a ses flux : la circulation s’y fait d’une certaine façon, comme le décrit Marcel Proust : « Couloirs revenant sur leurs pas, dont on croise à tous moments les allées et venues sans but » (Marcel Proust, Le Côté de Guermantes, op. cité, p.381). On traverse les pièces à certains moments de la journée et pas à d’autres. Une maison a son rythme, sa respiration, son horloge biologique. On y ferme les rideaux quand les paupières sont lourdes, on y entend du bruit, puis des silences, selon les moments de la journée ou de la nuit. La maison a ses pudeurs ; on y accueille dans telle pièce, mais pas dans telle autre ; on y a ses coins sacrés, où seuls quelques-uns peuvent entrer et où les autres doivent attendre d’y être invités exceptionnellement. La chambre des parents n’est pas ouverte aux enfants dans toutes les familles.

            La maison, tout comme le corps, a son intimité, sa coquetterie ou son austérité. « La maison est une image du corps, cette représentation toute personnelle que nous avons de notre corps en fonction de notre histoire, nos désirs connus et inconnus, l’inconscient de notre être. Les enfants le savent, qui en dessinent la porte telle une bouche et les yeux comme des fenêtres. » (Patrick Avrane, Maisons, quand l’inconscient habite les lieux, éd. PUF, p.73)

            On accuse Jésus de se servir de Satan pour chasser Satan des corps de ses contemporains. Autant l’accuser de se servir de la pagaille pour remettre de l’ordre. Comme lorsqu’on range un bureau et que son utilisateur n’y retrouve plus rien. Comme si Jésus était un corps étranger qui agit dans le corps des sourds, des muets ou des aveugles.

            Jésus dérange. Mais ce ne sont pas les vies des boiteux qu’il dérange, c’est l’ordre établi de ceux qui disent la norme, ceux qui veulent lier l’Homme fort.   

            Mais Jésus se défend ; il n’est pas possible qu’il soit diabolique dans sa démarche, car s’il l’était, il s’anéantirait lui-même : « Si un royaume est divisé contre lui-même il ne peut subsister ». On dit souvent à propos du pouvoir : « diviser pour régner ». Mais la division seule ne construit rien, elle ne crée pas des Hommes Forts, elle crée des Hommes liés, des esclaves, des prisonniers. Une force de destruction ne construit rien ; il faut toujours reconstruire derrière une guerre, si l’on veut la vie.

            Jésus restaure, reconstruit, rebâtit ; il ne peut être du diable, de celui qui divise le jugement, la conscience ou l’âme. Il ne vient pas en intrus violer les consciences ou corrompre les corps ; il est aux cotés de l’homme qui veut expulser la division de chez lui ; il est avec lui dans ce combat, car il est avec Dieu. Ce Dieu qui aime ses enfants, qui est capable de tout pardonner aux fils des hommes : tous les péchés, tous les blasphèmes. Tous, sauf un : le péché contre l’Esprit Saint. 
            Imaginer que Jésus est fou, ou démoniaque, c’est imaginer que l’Esprit qui l’anime est mauvais. C’est refuser l’œuvre de Dieu. C’est préférer le mal établi plutôt que le bien qui bouscule. C’est pousser l’autre à se renier lui-même et ne pas le reconnaître dans sa vocation.

            Jésus est cet Homme fort, qui connaît sa maison, qui la possède, qui l’habite. Il est à sa place dans cette vocation reçue de Dieu. Il agit selon la cohérence que lui dicte sa foi, et ne fait rien contre sa conscience. Il est fort de cette harmonie intime que personne ne peut juger sinon Dieu seul. En s’attaquant à sa foi, en voulant l’empêcher de faire le bien qu’il fait, les gens de chez lui, les gens de sa parenté et de sa religion, veulent conserver une réputation, une tradition, une certaine image de leur maison dans laquelle ils pourront continuer à dire : on est chez nous, entre nous. Quand bien même il faudrait éviter le salut, dire le contraire de la Parole de Dieu, tous ces gens établis préfèrent la sécurité d’une forteresse plutôt que la maison accueillante ouverte aux quatre vents. Ils préfèrent ne pas accueillir le Christ plutôt que d’avoir à subir les changements qu’il opère. C’est cette attitude que l’Évangile de Marc appelle « le péché contre l’Esprit Saint ».  Ce n’est pas tant l’insulte qui lui est faite en le traitant de fou qui indigne Jésus que le reniement de la Parole de Dieu qu’elle suppose.

            Comment l’homme qui sauve, qui guérit, qui réhabilite pourrait-il être condamné sans que le Dieu qui l’inspire ne soit condamné avec lui ?

            Combien sont-ils ceux qui font advenir le règne de Dieu sur cette terre et qu’on empêche, qu’on insulte, et qu’on tue parfois même, au nom d’un pouvoir politique. Et comment les reconnaître ? Comment savoir que ce qu’ils font est bon pour l’homme ? Les précurseurs sont souvent seuls et incompris.

            La maison du fort, c’est la conscience de l’homme qui agit pour le bien en toute honnêteté. Cette maison n’est malheureusement pas imprenable, on peut museler le juste, le lier et le neutraliser pour prendre ses biens et les mettre au service de causes injustes. N’a-t-on pas fait cela avec la voie qu’a ouverte Jésus ? N’a-t-on pas tué, torturé, corrompu au nom de la parole de Dieu, et même au nom du Christ ?

            Jésus semble se douter qu’un jour il sera lié comme ce fort qui ne peut résister à ses agresseurs. Mais en attendant il annonce une conversion selon laquelle sa famille, sa maisonnée, ceux qui habitent la même maison intérieure ne sont plus reliés à lui par le sang, la culture ou l’histoire, mais par la même foi en un Dieu qui sauve.

            « Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère ». 
            Comme s’il retournait sa maison sur elle-même, comme si les murs intérieurs se trouvaient dehors, comme si sa conscience se retournait sur elle-même, Jésus offre au monde ce qu’il a en lui. Il opère la conversion que produit la foi. La métanoia, se retournement sur soi-même qui ouvre à l’infini ce qui était confiné au moi. La maison de Jésus est alors partout, et nulle part, elle est cosmique ; elle est infinie car elle est devenue la maison de Dieu. Dieu habite en lui.

            L’œuvre humaine, alors s’élève à l’universel. Il n’y a plus ceux de ma parenté, ceux de ma maison. Il n’y a plus la maison natale, qui vous porte comme les ventres portent les enfants ; il y a la multitude, la création tout entière, qui attend un salut.

            Jésus abrite désormais l’infini de Dieu ; il est devenu infiniment accueillant à tout homme qui cherche un refuge.

            Non, Jésus n’a pas perdu l’esprit, il l’a reçu. Et, avec lui, il a reçu une parenté de foi. Lui, le fils du charpentier, l’enfant de Nazareth, est devenu ce prêcheur itinérant, ce sans domicile fixe de la foi qui habite désormais là où l’on accueille l’Esprit Saint, cet Esprit qui nous exhorte à faire la volonté de Dieu. Cet Esprit, qui, contrairement aux esprits impurs dont la Bible parle si souvent pour décrire le mal qui taraude les humains, ne possède pas les hommes, mais les libère pour leur donner la vie. N’est-ce pas notre projet à tous, de convertir nos vies confinées dans la maison du moi à une vie capable d’accueillir le monde ?

            Alors, où est, la maison du Sauveur ?

            Elle est en nous, si nous y accueillons l’Esprit de Dieu pour qu’il nous convertisse à son amour infini.

            AMEN.

Musique
Anonyme, Upon La, Mi, Ré

Chant d'Assemblée
Je vous invite à chanter dans le recueil Louange et Prière : cantique n°84 strophes 1, 2, 3, 4

Annonces :

  • Une nouvelle rencontre tous les mercredis : pause spirituelle ; la prochaine aura lieu le 15 juillet dans le temple.
  • Permanences de la Pasteure Cléro-Mazire en juillet, de la Pasteure Agnès Adeline-Schaeffer en Août.
  • Voir la Newsletter et le site internet

Offrande

Musique : Louis Vierne, Menuet (Extrait de la symphonie N°4)

Prière d’intercession

Dieu d'amour tu nous a appelés à I'unité pour que nous vivions cette unité dans l'harmonie; et pourtant nous sommes divisés : entre les religions, entre les riches et les pauvres. Brise les barrières que nous avons élevées entre nous, délivre-nous de l'orgueil et de l'égoïsme. Par la puissance de ton Esprit, donne-nous la guérison qui vient de toi.Loving God, you have called us to be one, to live in unity and harmony; and yet we are divided : faith from faith, rich from poor. Break down the barriers that we have erected among us; free us from pride and self-seeking; by the power of your Spirit, bring your healing among us.

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
Que ton nom soit sanctifié;
Que ton règne vienne;
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel;
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour;
Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés;
Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal;
Car c’est à toi qu'appartiennent, le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen.
The Lord's Prayer

Our Father in heaven;
Hallowed be your name;
Your kingdom come;
Your will be done, on earth as it is in heaven;
Give us today our daily bread;
And forgive us our sins, as we forgive those who sin against us;
Save us from the time of trial, but deliver us from evil;
For the kingdom, the power and the glory are yours now and for ever. Amen.

Bénédiction

Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse rayonner sur toi son regard et t'accorde sa grâce !
Que le Seigneur porte sur toi son regard et te donne la paix !
The Lord bless you and keep you;
The Lord make his face shine upon you and be gracious to you;
The Lord turn his face towards you and give you peace.

Chant spontané 308/5
Bénis ô Dieu, nos routes, nous les suivrons, heureux.
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi,
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi.

Musique : Charles-Marie Widor, Final de la symphonie N°6


Marc 3 : 20-35

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Lecture de la Bible

Marc 3/20-35

20  Puis ils revinrent à la maison, et la foule s'assembla de nouveau, en sorte qu'ils ne pouvaient pas même prendre leur repas.

21  A cette nouvelle, les gens de sa parenté vinrent pour se saisir de lui car ils disaient : Il a perdu le sens.

22  Et les scribes qui étaient descendus de Jérusalem, dirent : Béelzébul est en lui ; c'est par le prince des démons qu'il chasse les démons.

23  Jésus les appela et leur dit sous forme de paraboles : Comment Satan peut-il chasser Satan ?

24  Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister ;

25  et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister.

26  Si donc Satan se soulève contre lui-même, il est divisé et ne peut subsister, c'en est fini de lui.

27  Personne ne peut entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort ; alors il pillera sa maison.

28  En vérité, je vous le dis, tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, ainsi que les blasphèmes qu'ils auront proférés ;

29  mais quiconque blasphème contre le Saint-Esprit n'obtiendra jamais de pardon : il est coupable d'un péché éternel.

30  C'était parce qu'ils disaient : Un esprit impur est en lui.

31  Survinrent sa mère et ses frères, qui, se tenant dehors, l'envoyèrent appeler.

32  La foule était assise autour de lui et on lui dit : Voici, que ta mère, tes frères et tes sœurs sont dehors et te cherchent.

33  Et il répondit : Qui est ma mère et qui sont mes frères ?

34  Puis promenant les regards sur ceux qui étaient assis tout autour de lui, il dit : Voici ma mère et mes frères.

35  Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère.

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