Jean 14

Jean 14:1-9

Culte du 5 janvier 2020
Prédication de Gilles Castelnau

Vidéo de la partie centrale du culte

Une nouvelle année s’ouvre devant nous et Jésus-Christ dont nous venons de célébrer l’anniversaire à Noël nous propose de la vivre dans la joie, dans la force intérieure que Dieu renouvelle aux hommes de bonne volonté qu’il aime.

L’ange avait dit aux bergers, en ce lieu profane qu’était leur champ, qu’un sauveur venait de naître qui serait source de joie. (C’est cela qu’il nous faut aujourd’hui). Siméon et Anne dans le lieu sacré, religieux qu’était le Temple avaient eu, eux aussi, le même message.

Mais évidemment ni les bergers ni Siméon et Anne, en contemplant cet enfant, n’ont pu comprendre en quoi il allait changer leur vie. 

En quoi la présence parmi nous d’un enfant, même divin, pourrait-elle nous apporter un « salut » quelconque ? Le « salut » n'est pas de se complaire dans la faiblesse d’un nouveau-né, dans la pauvreté d'une crèche, ni même dans la douce chaleur d'un bœuf et d'un âne !

L’évangéliste Luc qui écrivait ceci savait bien qu’il suffit de tourner quelques pages dans son évangile pour découvrir – 30 ans plus tard, il est vrai – ce qu’a été en réalité le ministère de salut de Jésus-Christ.

Ses paroles claquent, ses gestes sont saisissants justement pour les hommes que Dieu aime : 

- Lève-toi et marche, crie-t-il au paralysé et celui-ci bondit dans le « salut » d’une vie régénérée.

- Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre, dit-il devant la femme adultère menacée de lapidation par les fous intégristes. Et c’est tout le peuple dont les mains laissent tomber les pierres de mort, et qui, ainsi, entre dans une nouvelle ère de tolérance et de vie.

- Ce qui entre dans la bouche ne souille jamais un homme mais ce qui sort de sa bouche dit-il à propos de l’obligation de manger cacher, libérant l’homme de cette contrainte rituelle tout en l’orientant vers une parole qui ne « souille » pas l’humanité.

- Donnez-leur vous-mêmes à manger dit-il à ses apôtres qui se découvrent dès lors capables de nourrir la foule fatiguée.

Des paroles que l’on n’avait pas l’habitude d’entendre, Esprit oublié des anciens prophètes. Paroles que l’on aime entendre, récits que l’on aime lire qui nous insufflent la joie de Dieu, le dynamisme créateur qui animait le Christ venu au nom de Dieu, qui animait l’évangéliste Luc.

Les juifs disaient : le chemin à suivre, la vérité spirituelle, la vie humaine c’est de suivre la Loi de Moïse telle que les intégristes fondamentalistes pharisiens la comprennent.

Les gréco-romains disaient : le chemin à suivre, la vérité spirituelle, la vie humaine c’est d’accepter la volonté des Dieux, de se soumettre au Destin inévitable dont ils se font les garants.

Jésus arrive et dit : C'est moi le chemin, la vérité, et la vie. Cela ne signifie pas que les autres dirigeants religieux, les croyants des autres religions du monde seraient en dehors du véritable chemin, loin de la vérité, et qu'avec eux on ne vivrait pas la vraie vie humaine. Tout le monde, quelle que soit sa religion ou sa philosophie de la vie peut aimer le chemin que suivait Jésus, trouver juste sa vérité et se réjouir de participer à sa vie.

Le chemin de Jésus est de se laisser conduire par le dynamisme créateur fraternel qui monte en nous : Ne pas se préoccuper pas des règles de pureté de Moïse, de ce qui se fait ou ne se fait pas. Ce n’est pas cela la volonté de Dieu qui nous rend humains.

Ne pas se préoccuper pas du Destin implacable voulu par les Dieux, qui fait l’un mendiant et donne à l’autre chance et fortune.

Dieu n’organise pas de Destin, il nous rend humains.

Mais le chemin de Jésus est de vivre soi-même dans la détente, le courage, la créativité, l’humanité, animé de l’Esprit puissant qui monte en nous et nous fortife. Et d’aider les autres à vivre eux aussi pleinement leur vie dans toutes se possibilités.

La vérité de Jésus n’est pas celle de la soumission à la Torah ni celle de l’acceptation du Destin. Ce qui est vrai, à ses yeux et qui devient vrai pour nous est de vivre l’amour créateur, la force et la joie intérieure sans poser de condition, dans la bienveillance systématique que les théologiens appellent la grâce ; exclure toute exclusion, juger tout esprit de jugement.

La vie humaine que Jésus nous montre est celle qui résiste aux forces mauvaises de haine et de destruction, dans un souffle de Résurrection à travers la mort elle-même. Malgré tout.

La parole des anciens prophètes disait cela. Au 8e siècle av. J.-C. Esaïe disait :

S'ouvrent les yeux des aveugles,

S'ouvrent les oreilles des sourds ;

Le boiteux saute comme un cerf,

La langue du muet éclate de joie.

Car des eaux jaillissent dans le désert,

Et des ruisseaux dans la solitude. (Esaïe 35,5-6).

Il disait aussi :

Le loup se couche avec l’agneau… (11.6)


Pour parler de Dieu il faut parler de la vie des hommes. 

C’est quand les hommes se lèvent dans toute leur humanité heureuse que l’on prend conscience de la Présence créatrice de Dieu, que l’on vit le salut de Dieu. Noël, joie pour le peuple.

Paul a résumé l’Évangile aux Athéniens :

Dieu donne à tous la vie, le mouvement, l’être (Actes 17.28)

c’est bien ce qu’on a vu faire à Jésus

Dieu est la Source de la vie, du mouvement. La joie de Noël est d’entrer dans l’Evangile : 

Pour le glorifier, pour lui être fidèle, il faut vivre pleinement, soi-même et avec les autres.

Dieu est le Fondement de l'Être. 

Pour le glorifier, pour lui être fidèle, il faut vivre enraciné dans le grand Fondement de notre être, laisser nous animer l’Esprit, le grand Souffle de vie qui anime toute la vie de l’univers et avoir le courage d'être tout ce que l’on peut être.

Vivre pleinement, aimer toujours, avoir le courage d'être tout ce que l'on peut être.

Et les anges chantent alors :

Gloire à Dieu dans les lieux très-haut

Et paix sur la terre parmi les hommes que Dieu aime.

Lecture de la Bible

Jean 14/1-9

Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi.  Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin.

Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons où tu vas ; comment pouvons-nous en savoir le chemin ?

Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu.

Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit.

Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ?

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