Je te donnerai tout cela si tu tombes à mes pieds

Matthieu 4:8-11

Culte du 21 mars 2021
Prédication de Béatrice Cléro-Mazire

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 21 mars 2021
Filles et Fils de Dieu
Trois provocations au désert (3/3)
« Je te donnerai tout cela si tu tombes à mes pieds »


Culte présidé par les pasteures Agnès Adeline-Schaeffer et Béatrice Cléro-Mazire
Prédication par la pasteure Béatrice Cléro-Mazire
 
Musique : David Cassan, organiste co-titulaire

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Entrée – Orgue : La grâce et la paix vous sont données, ici et maintenant, de la part de Dieu notre Père, et de Jésus-Christ, son fis, notre sauveur et notre frère.

Salutation
…..

Accueil et Prière
Bienvenue pour ce culte.

Prions ensemble :
Père aux cieux !
Certes nous te savons partout présent; et si quelqu’un en cet instant peut-être t’invoques de son lit de malade, si quelqu’un du fond de sa détresse en mer crie vers toi, ou de la détresse encore plus profonde du péché, nous te savons bien tout proche pour l’écouter.
Mais tu es aussi tout près ici dans ta maison, ici où tes fidèles s’assemblent, plus d’un, peut-être évadé de lourdes pensées qu’il fuit ou avec de lourdes pensées qui le suivent, mais peut-être bien aussi plus d’un, venant d’une petite vie tranquille  qui se contente de peu, peut-être  aussi quelqu’autre avec l’accomplissement de ses désirs sous le couvert d’un cœur reconnaissant, sous l’enveloppe de riantes pensées. — Mais tous sont venus avec le besoin de te chercher, Ô Dieu, toi l’ami des reconnaissants, dans ta confiance bénie ; toi la consolation des faibles dans un dialogue qui réconforte ; toi le refuge des angoissés par la secrète douceur de tes baumes ; toi le confident de ceux qui pleurent quand tu comptes leur larmes ; toi le dernier au lit de mort quand tu accueilles l’âme du mourant, laisse-toi trouver avec le don bienfaisant du témoignage pour chacun selon son besoin  : pour le joyeux, qu’il gagne du courage pour bien oser se réjouir avec toi de la bonté de tes dons, et l’affligé, qu’il gagne de l’assurance pour bien accueillir avec toi tes dons parfaits. Car pour nous autres humains il y a bien, n’est-ce pas, de la différence en ces choses ; la joie et la douleur diffèrent, mais pour toi, Ô Dieu, il n’y en a pas : tout ce qui vient de toi n’est que grâce et don parfait.
                                      Soren Kierkegaard Journal, VII A 137.


 
Réunissons-nous dans la communion fraternelle avec le 1er chant du livret inséré au début du Psautier.
Répons : Seigneur que tous s’unissent pour chanter ton amour.
Ton soleil de justice se lève sur nos jours.
Le Fils de Dieu est homme, avec nous désormais,
C’est sa vie qu’il nous donne, et nous marchons en paix.

Louange :

Toi qui nous as aimés le premier, ô Dieu,
nous parlons de toi
comme si tu ne nous avais aimés le premier
qu'une seule fois, dans le passé.

En réalité, c'est tout au long des jours
et tout au long de la vie,
que tu nous aimes le premier.

Quand nous nous éveillons le matin
et que nous tournons notre âme vers toi,
tu nous devances, tu nous as aimés le premier.

Si je me lève avant l'aube
et tourne, vers toi, à la même seconde, mon âme et ma prière,
tu me devances, tu m'as aimé le premier.

Quand je m'écarte des distractions,
et recueille mon âme pour penser à toi,
tu es encore le premier.

Pardonne-nous, ô Dieu, notre ingratitude :
ce n'est pas une fois
que tu nous as aimés le premier
c'est à chaque instant de notre vie.

Sören Kierkegaard

Chant du psaume n°23, strophes 1, 2 et 3 : Dieu, mon berger, me conduit et me garde [cliquer ici]

Volonté de Dieu
Ecoutons maintenant comment Dieu nous révèle sa volonté :

« En effet, dit le Seigneur, ce que je pense n’a rien de commun avec ce que vous pensez,
Et vos façons d’agir n’ont rien de commun avec les miennes.
Il y a autant de distance entre mes méthodes et les vôtres,
Entre mes pensées et les vôtres, qu’entre le ciel et la terre.
De même que la pluie et la neige tombent du ciel,
Et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre et sans l’avoir rendue fertile…
Il en est de même pour ma parole, ma promesse : elle ne revient pas à moi sans avoir produit de l’effet, sans avoir réalisé ce que je voulais, sans avoir atteint le but que je lui avais fixé ».
(Esaïe 55/8 à 10)

Répons : Dieu d’amour tu fais connaître, au plus humble tes secrets,
Et pour lui tu es un maître qui te plais à l’enseigner.
Ta Parole est son appui, le bonheur son héritage,
Et ses enfants comme lui auront la terre en partage.

Confession du péché
Seigneur,
Tu sais de quelle miséricorde nous avons besoin.
Tu sais nos obscurités, nos silences, nous oublis, nos vanités.
C'est à chacun, comme un secret, que tu les révèles.
C'est à chacun, comme un secret, que tu les pardonnes.
C'est à chacun, comme un secret, que tu donnes l'ordre de se relever
Et de marcher pour un nouveau service
Pour un nouvel amour.
Aussi, c'est avec confiance que nous te disons : Aie pitié de nous !
Amen
(Sœur Myriam - Porte ouverte sur la liturgie)

Répons : Seigneur, reçois, Seigneur, pardonne, notre misère et nos péchés.
Et ce pardon que tu nous donnes, enseigne-nous à le donner.
Ô mon Seigneur, mon Dieu, mon roi, Aie pitié, aie pitié de moi.

Annonce du pardon
Dans la seconde lettre aux Corinthiens, l'apôtre Paul écrit :
"Dieu nous a réconciliés avec lui, par le Christ,
et il nous a confié le ministère de la réconciliation.
Oui c'est Dieu qui a réconcilié le monde avec lui, par le Christ,
Il ne tient plus compte des fautes des hommes,
il a mis en nous la parole de réconciliation".
(2 Corinthiens 5, 18-19)

Répons : Louez Dieu pour sa grâce, célébrez son amour,
Qui jamais ne se lasse, qui demeure à toujours.
Que tous les rachetés, les hommes qu’il fait vivre,
S’unissent pour chanter l’amour qui les délivre.

Confession de foi

Nous croyons en Dieu, qui nous appelle à œuvrer à ses côtés, 
en vue de maintenir le monde et de le faire, chaque jour, nouveau.
Il est notre lumière, et nous avons besoin de son amour, 
tout comme, lui aussi, il a besoin de notre amour.

Nous croyons que Christ est venu pour aider tout être à porter sa souffrance, et lui indiquer le chemin de la vie et de la joie.
Il est à nos côtés, que nous soyons ou non capables de le reconnaître, 
et nous avons confiance en lui, 
tout comme, lui aussi, il a confiance en nous.
Il nous a donné son esprit, qui nous ressource et nous appelle, 
afin que nous ne restions pas au-dehors, 
mais que nous puissions contempler sa gloire.

Nous croyons que Dieu établira un jour sur la terre son Royaume, 
qu’il transformera notre monde et nous transformera nous-mêmes.
En vue de ce Royaume, il nous appelle à former un peuple nouveau, 
et il nous conduira jusqu’à ce matin éternel, 
où nous saurons reconnaître en tout visage son visage, 
en tout être et en tout regard l’image de sa divinité.

C’est en lui et en lui seul que nous plaçons notre foi, 
car c’est lui et lui seul qui peut nous conduire à la vie.
Amen.

Répons : Célébrez Dieu rendez-lui grâce, car éternel est son amour.
Inclinez-vous devant sa face, car éternel est son amour.
Avec ardeur que tous s’accordent pour discerner de jour en jour
Les dons de sa miséricorde, car éternel est son amour.

Doxologie : Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, d’éternité en éternité !

Lecture biblique : Evangile de Matthieu, chapitre 4, versets 8-11[cliquer ici]

Chant du Cantique n°214, strophes 1, 2 et 3 : Sur ton église universelle [cliquer ici]

Prière d’illumination
….

Jeu d’orgue

Prédication : « Je te donnerai tout cela si tu tombes à mes pieds »

 
            Devenir le roi du monde. C’est là une ambition que nombre de fictions ont mises en scène dans des récits d’anticipation ou de science-fiction. La troisième provocation que Jésus subit au désert est bel et bien cette tentation peu crédible du point de vue de la faisabilité. Pourtant, quelques figures historiques nous font penser à cet esprit de conquête de territoires toujours plus nombreux, pour installer la domination d’un seul sur tous. Qu’on pense à Alexandre le grand, à Napoléon où à Hitler, on s’aperçoit que la réalité dépasse parfois la fiction et que ce désir de domination n’est pas un phénomène exceptionnel dans l’histoire de l’humanité, mais semble bien être récurrent.
            Le diable, dans l’Évangile de Matthieu conduit Jésus sur une montagne très haute : assez haute pour que le regard humain embrasse de façon synoptique, tous les royaumes de la terre.
            Matthieu nous propose ici une expérience de pensée : « imaginons un lieu très élevé d’où l’on puisse regarder le monde entier avec tous ses royaumes ». Ce point de vue que propose le diable à Jésus est habituellement réservé à un autre, qui voit tout simultanément : Dieu.
            Le diable propose à Jésus, ni plus, ni moins que de prendre la place de Dieu. Mais en adoptant ce point de vue englobant, ce ne sont pas seulement les royaumes de la terre qui sont considérés objectivement, pour ce qu’ils sont, mais aussi la gloire qui les entoure. Ce que montre le diable à Jésus : c’est la gloire qu’un despote retire de son pouvoir. C’est la représentation du pouvoir en tant qu’il flatte celui qui le détient.
            Une fois de plus, le diable tend à Jésus le piège de la confusion des rôles. Mais cette fois, il ne prend plus la peine de dire : «  si tu es le Fils de Dieu… », après que deux tentatives de corruptions ont échoué ; il sait maintenant qu’il s’adresse au Fils de Dieu. Et c’est même pour cette raison que, cette fois, sa tentation pourrait peut-être fonctionner. En effet, le monde est plein de Fils de rois qui veulent tuer leur père pour prendre sa place. C’est une des règles principales des dynasties. Si Jésus est Fils de Dieu, s’il a réussi à ne pas se laisser tenter par les deux premières provocations, qui visaient, d’une part à dévoyer la foi en Dieu pour combler ses désirs personnels et d’autre part, à risquer sa vie pour en faire une preuve de Dieu ; alors, il est prêt pour l’ultime tentation : celle du coup d’État. Renverser le règne de Dieu pour gouverner à sa place.
           
            Si la proposition d’être « calife à la place du calife » était directe, le diable ne pourrait pas espérer un instant  réussir à faire plier Jésus. Mais le procédé est plus subtil qu’un simple putsch. Le diable marchande en disant : « si tu tombes à  mes pieds pour te prosterner. »
            Dans son livre, Le monde comme volonté et comme représentation, que nous avons déjà cité les fois précédentes, le philosophe Arthur Schopenhauer écrit : «  Considérons le motif général sous lequel se manifeste l’injustice ; elle a deux formes, la violence et la ruse ; au sens moral et pour l’essentiel, c’est tout un. D’abord, si je commets un meurtre, il n’importe que je me serve du poignard ou du poison ; et de même pour toute lésion corporelle. Quant aux autres formes de l’injustice, on peut toujours les ramener à un fait capital ; faire tort à un homme, c’est le contraindre de servir non plus sa propre volonté, mais la mienne, d’agir selon mon vouloir et non le sien. (…) à cet effet, je présente à sa volonté des motifs illusoires, si bien qu’au moment où il croit suivre sa propre volonté, il suit la mienne (…) la violence ne fait pas pis. »
            On comprend ici ce qu’est la ruse ; le trait que le philosophe a identifié est exactement celui que le récit de Matthieu met en scène dans la troisième tentation au désert. Sous couvert de donner à Jésus le pouvoir sur tous les royaumes de la terre, le diable cherche en fait à le soumettre à son pouvoir.
            Le prix à payer par Jésus pour être le roi du monde, c’est celui de sa liberté même, c’est celui de son autonomie, de son indépendance, bref, de sa conscience.
            En proposant ce pouvoir sur le monde, le diable propose à Jésus un changement de règne. Et dans ce règne-là, c’est le diable qui est le véritable maître.
            Le terme employé ici pour : « se prosterner » est un terme proprement religieux. En fait, il faudrait que Jésus se mette à croire non plus en Dieu, mais au diable, et alors, il pourrait espérer exercer sa puissance sur le monde. Mais la vocation du Fils de Dieu est précisément de ne pas être du monde, et d’y apporter quelque chose qui vient d’ailleurs, d’un royaume autre que tous les royaumes de la Terre : le royaume de Dieu. Et dans ce royaume, la violence, la ruse et le mensonge n’ont pas de pouvoir. Seule la foi en a un.
            Quand Jésus montera sur une autre montagne pour y prononcer son sermon, au chapitre suivant, il ne prônera ni la ruse, ni la violence, ni la manipulation de la volonté de l’autre pour obtenir le royaume de Dieu. Au contraire, il parlera de sincérité, d’honnêteté, de réconciliation, et d’amour plus fort que la violence. Jésus répond à la provocation du diable en termes religieux : « C’est devant le Seigneur, ton Dieu, que tu te prosterneras, et c’est à lui seul que tu rendras un culte ». Le seul à qui Jésus peut tout remettre, jusqu’à sa vie même, c’est Dieu. Et cette confiance-là n’est possible que dans le règne d’un Dieu qui aime l’homme.
            Le Fils de Dieu est d’un règne où l’Esprit de Dieu régule la volonté, et la met au service de l’autre par amour. Dans le règne de la division, et donc dans celui que Matthieu appelle celui du « diable », la confiance est impossible, car elle est toujours menacée par le mensonge, la manipulation et l’hypocrisie. Dans ce règne-là, rien n’est gratuit, tout est sujet de convoitise de la volonté de l’autre pour poursuivre ses propres fins. L’autre est un moyen dont je me sers pour mes intérêts propres.
            Arthur Schopenhauer parle du mensonge en ces termes : « Le mensonge a toujours pour but d’agir sur la volonté d’autrui, jamais sur son esprit seul et en lui-même ; s’il veut toucher l’esprit, c’est qu’il le prend pour moyen, et s’en sert pour déterminer la volonté ». Le menteur cherche à amener l’autre là où il veut qu’il aille, pas  seulement par l’esprit, sans qu’il le sache, sans qu’il s’en aperçoive, mais surtout en agissant sur sa volonté. Il pousse l’autre à agir dans un contexte de fausseté, et par suite il le fait chuter.
            N’est-ce pas la façon d’agir de beaucoup dans ce monde ? Ne sommes-nous pas tentés nous-mêmes, par manque de courage, par désir d’être aimés, par facilité,  de travestir la vérité, d’utiliser l’autre comme moyen pour arriver à nos propres fins ?
            L’Évangile de Matthieu nous invite à renoncer à ce jeu de dupes qui règne sur notre monde, à nous convertir au règne de Dieu, à crier avec le Christ : « Va-t’en Satan ! »
            Le Christ le redira à Pierre, dans d’autres  circonstances : «  Jésus commença à montrer à ses disciples qu'il lui fallait aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des spécialistes des Écritures, être tué, et, le troisième jour, ressusciter. Pierre le prit à part et se mit à lui faire des reproches : « Dieu t'en garde, Seigneur ! dit-il. Non, cela ne t'arrivera pas !». Mais Jésus se retourna et dit à Pierre : « Va-t'en, passe derrière moi Satan ! Tu es un obstacle sur ma route, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des êtres humains. » (Matthieu, 16 :23). 
            Pierre préfère sa volonté à la vérité et il voudrait que le Christ suive une route qui serve sa volonté d’être le disciple d’un maître qui gagne sur les autres, car si  son maître gagne, il sera gagnant avec lui. Mais Jésus a sa propre route à suivre, et il ne la suit pas pour plaire à Pierre ni pour faire sa volonté, il la suit au nom d’une parole donnée.

            A l’exemple de Jésus dans cette expérience de pensée, il nous faut crier : « Va-t’en Satan ! » chaque fois que dans nos cœurs s’insinue la corruption de la conscience. Quand la facilité nous séduit et nous détourne de la voie plus juste, lorsque l’exigence est ridiculisée au profit de la négligence, lorsque la vérité, si précieuse et si difficile à établir, est considérée comme un luxe dont le prix à payer est si élevé, qu’il sera plus facile de s’en passer. Chaque fois que la parole se réduit à une représentation de notre seule volonté de pouvoir, il nous faut crier intimement : « Va-t’en Satan ! »
             Ce cri de la conscience n’est pas une simple indignation. Nous sommes, aujourd’hui, dans une société marquée par l’indignation. Et ce trait s’est accentué avec la fragilisation sociale qu’a provoquée la situation de pandémie dans laquelle nous sommes. On s’indigne de tout, on se sent offensé, on se sent attaqué, chaque fois que la volonté de l’autre est en désaccord avec la nôtre et l’on en oublie la vertu de la parole, de l’explication, du dialogue, parfois aussi de la dispute, en tout cas celle que le philosophe appelait de l’esprit et de la vérité. On veut la paix sans la gagner. Pourtant, si l’autre n’est pas seulement, une image de l’autre mais un véritable frère en Dieu, si sa parole et la nôtre ont quelque valeur, la seule voie pour comprendre ses raisons et lui expliquer les nôtres, c’est la voie de la parole. Entrer dans le règne de Dieu, construire avec lui le royaume qu’il nous promet, c’est entrer dans le monde de la Parole, de l’échange, et donc de la confiance. Malheureusement, il est plus facile, de décréter que l’on n’a rien à se dire parce qu’on n'est pas d’accord et de s’indigner dans son coin en laissant s’installer le règne de la défiance, du mensonge et de la peur de l’autre. Mais combien coûteuse est cette attitude pour notre société ! Chacun dans sa posture, se fige dans une humanité rigide qui ne tolère plus qu’un autre pense autrement sans vouloir forcément imposer ses vues à tous. Alors reviennent les ligues, les extrémismes, les discours démagogiques, et la seule parole audible est celle qui flatte l’indignation de tous, et plus aucune parole ne fait autorité.
            Jésus nous rappelle quelle parole fait autorité dans sa vie, et il nous invite à le suivre. Prosternés devant Dieu, nous pouvons renoncer à ce qui divise les hommes et entrer dans le règne d’une parole qui nous libère. 
            En témoignant des Écritures qu’il cite comme sa propre langue, Jésus nous montre qu’il nous faut être auteurs de nos paroles mes frères et sœurs, oser en être responsables et oser nous confronter aux idées des autres, avoir le courage d’exposer nos idées, non pas comme des armes pour combattre les autres, mais comme autant de matériaux de construction du royaume de Dieu. Il nous faut nous engager dans le dialogue, dans la controverse constructive, dans le débat d’idées, et sortir de l’indignation qui ne suffit jamais à construire demain. Car si l’indignation peut être le déclencheur d’une lutte pour la justice, elle présente aussi le risque de nous donner l’illusion que nous sommes du bon côté et que nous contemplons le mal comme des juges infaillibles.
            Filles et Fils de Dieu, nous sommes filles et fils de la Parole. Celle qui libère, celle qui fait rempart à la violence, celle qui fait renaître quand la haine assassine. Notre monde a un besoin immense de Parole, donnée, échangée, reçue, et tenue. Et parfois même criée dans le secret du cœur : « Va-t’en Satan ! » Car c’est bien à sa propre conscience que Jésus s’adresse dans ce désert.
Pas si facile, de crier cet ordre à sa propre conscience quand elle vacille ? Dans le récit de Matthieu, Le Christ n’a besoin de le crier qu’une seule fois pour que le diable le laisse et que les anges se mettent à le servir.
            Prosternés devant Dieu, dans la confiance en sa Parole, nous construirons son royaume. 
 

                                               AMEN


Musique d'orgue : ….

Cantique n° 229, strophes 1, 2, 3 et 4 : C'est un rempart que notre Dieu [cliquer ici]

Annonces
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Offrande pour la vie de l’Eglise
Musique d'orgue

Prière d’intercession

Prière pour la famille d'Eric Westphal et la famille de Claudine Ouler

….

Notre-Père

Ensemble nous te disons  : Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié, que ton Règne vienne, que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas dans la tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles, amen.

Bénédiction
Recevez maintenant la bénédiction de la part de Dieu :

Répons : Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi :
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi.

Sortie - orgue : ….

Paroles des cantiques du dimanche 21 mars 2021

Psaume : Psautier Français ou Arc-en-Ciel n° 23 « Dieu, mon berger, me conduit et me garde », strophes 1, 2 et 3

Strophe 1

Dieu mon berger me conduit et me garde.
J’entends sa voix et vers lui je regarde.
Il me fait paître en de verts pâturages
Au long des eaux, sous la paix des ombrages ;
Et pour qu’en moi son amour s’accomplisse,
Il me conduit aux sentiers de justice.

Strophe 2

Quand il faudra marcher dans la nuit sombre,
Quand de la mort je traverserai l’ombre,
Je n’aurai point de peur en ma détresse,
Car tu te tiens auprès de moi sans cesse ;
Même au travers de la vallée obscure
C’est ton bâton, mon Dieu qui me rassure.

Strophe 3

Tu viens dresser la table de la fête,
L’huile odorante a parfumé ma tête,
Un vin de joie en ma coupe déborde ;
Nul n’ôtera ces biens que tu m’accordes.
Accompagné chaque jour, d’heure en heure,
Dans ta maison je ferai ma demeure.

Cantique : Louange et Prière n° 214 « Sur ton église universelle », strophes 1, 2, 3

Strophe 1

Sur ton Eglise universelle
Que tu maintiens dans ton amour,
Ô, que ta grâce paternelle
Seigneur, se répande en ce jour.
Tes enfants, avec confiance,
Partout fléchissent les genoux ;
Ne confonds pas leur espérance :
Seigneur, sois au milieu de nous.

Strophe 2

Des promesses de ta parole
Daigne, Seigneur, te souvenir.
Que ton Esprit Saint nous console
Et nous apprenne à te bénir.
Ouvre nos yeux à ta lumière ;
Change et maîtrise notre coeur
Et que ton Eglise en prière
Par toi triomphe de l’erreur !

Strophe 3

Que l’Evangile se répande
De l’aurore jusqu’au couchant.
Que, de tous côtés, l’on entende
Monter vers toi le même chant.
Que, sur les plus lointains rivages,
Les peuples rangés sous la croix
Viennent tous rendre leurs hommages
A Jésus-Christ, le Roi des rois !

Cantique : Louange et Prière n°229 « C'est un rempart » Strophes 1, 2, 3 et 4

Pour écouter ce choral sur le site de l'Oratoire, cliquer ici

Strophe 1

C’est un rempart que notre Dieu :
Si l’on nous fait injure,
Son bras puissant nous tiendra lieu
Et de fort et d’armure.
L’ennemi contre nous
Redouble de courroux ;
Vaine colère !
Que pourrait l’adversaire ?
L’Éternel détourne ses coups.

Strophe 2

Seuls, nous bronchons à chaque pas ;
Notre force est faiblesse.
Mais un héros dans les combats
Pour nous lutte sans cesse.
Quel est ce défenseur ?
C’est toi, puissant Sauveur,
Dieu des armées !
Tes tribus opprimées
Connaissent leur libérateur.

Strophe 3

Que les démons forgent des fers
Pour accabler l’Église,
Ta Sion brave les enfers
Sur le rocher assise.
Constant dans son effort,
En vain avec la mort
Satan conspire.
Pour briser son empire,
Il suffit d’un mot du Dieu fort.

Strophe 4

Dis-le, ce mot victorieux
Dans toutes nos détresses.
Répands sur nous du haut des cieux
Ta force et ta sagesse.
Qu’on nous ôte nos biens,
Qu’on serre nos liens,
Ta main nous garde ;
Plus loin nos yeux regardent
Car ton royaume est pour les tiens.

Paroles des répons du temps de la Passion

Après la salutation
Répons : « Seigneur que tous s'unissent » (Alleluia n°31/20 ou Arc en Ciel n°303, str.1).

Seigneur que tous s'unissent
Pour chanter ton amour.
Ton soleil de justice
Se lève sur nos jours.
Le fils de Dieu est homme,
Avec nous désormais.
C'est sa vie qu'il nous donne
Et nous marchons en paix.

Après la volonté de Dieu
Répons : « Dieu d'amour tu fais connaître » (Psaume 25, str.4)

Dieu d’amour, tu fais connaître
Au plus humble tes secrets ;
Et pour lui tu es un maître
Qui te plais à l’enseigner ;
Ta parole est son appui,
Le bonheur son héritage ;
Et ses enfants comme lui
Auront la terre en partage.

Après la prière de repentance
Répons : « Seigneur, reçois ; Seigneur, pardonne ». (Alleluia n°43/04 ou Arc-en- Ciel n°407, str. 1)

Seigneur, reçois ; Seigneur, pardonne
Notre misère et nos péchés
Et ce pardon que tu nous donnes,
Enseigne-nous à le donner.
O mon Seigneur, mon Dieu, mon roi,
Aie pitié, aie pitié de moi.

Après l’annonce de la grâce
Répons « Louez Dieu pour sa grâce » (Psaume 107, str.1).

Louez Dieu pour sa grâce, Célébrez son amour
Qui jamais ne se lasse, Qui demeure à toujours,
Vous tous qu’il a sauvés Des mains de l’adversaire,
Vous qu’il a rassemblés Des confins de la terre.

Après la confession de foi
Répons : « Célébrez Dieu, rendez-lui grâce » (Psaume 118, str.1)

Célébrez Dieu, rendez-lui grâce,
Car éternel est son amour.
Inclinez-vous devant sa face,
Car éternel est son amour.
Avec ardeur que tous s’accordent
Pour discerner de jour en jour
Les dons de sa miséricorde,
Car éternel est son amour.

Après la bénédiction
Répons : « Confie à Dieu ta route » (L&P n°309, str.5)

Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi,
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi. 

Lecture de la Bible

Evangile de Matthieu, chapitre 4, versets 8 à 11

8  Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire,
9  et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores.
10 Jésus lui dit: Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.
11 Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient.

Vidéo du culte entier

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