La marche sur l'eau

Matthieu 14:22-33

Culte du 18 octobre 2020
Prédication de Agnès Adeline-Schaeffer

Vidéo du culte entier

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 18 octobre 2020
La marche sur l'eau
Matthieu 14 : 22-33

Culte par la pasteure Agnès Adeline-Schaeffer
Musique : Sarah Kim, organiste titulaire

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Orgue 

Proclamation de la Grâce de Dieu

La grâce et la paix vous sont données, ici et maintenant, de la part de Dieu notre Père, et de Jésus-Christ, son fils, notre frère et notre Sauveur.
Bienvenue à tous et à toutes, pour ce culte, dans cette maison de prières.

Le Seigneur nous appelle, le Seigneur nous rassemble.
Le Seigneur nous unit.
Il est présent parmi nous.

Prière
Dieu notre Père, nous te remercions pour ce jour et cette heure mis à part dans notre vie.
Tu nous invites à faire maintenant une pause sous ton regard, au milieu de l’agitation de nos vies.
Tu nous proposes de vivre ici et maintenant un temps d’écoute et de partage, un temps de prière et de louange, un temps où nous pouvons nous ressourcer à ta grâce et à ton amour.
Tu nous invites tout simplement à vivre un temps, où par ton Esprit, nous apprenons à nous retrouver les uns avec les autres, en communion avec Jésus-Christ. Louange à toi, ô Dieu d’amour ! Réunissons-nous dans la communion fraternelle avec le 1er chant du livret liturgique, inséré au début du Psautier Français. 

Répons : Bénissons Dieu le seul sauveur. (Ps. 134).
Bénissons Dieu le seul Seigneur, nous qu’il choisit pour serviteurs. Levons nos mains dans sa maison, pour bénir et louer son nom.

Louange
Eternel ! Nous te louons ! Parce que tu nous rassembles, avec nos différences !
Nous te louons, Parce que tu te donnes à chacun et chacune de nous !
Oui, tu te donnes à nous, Eternel, non pas comme une chose ou un objet, non, Tu te donnes à nous sans compter, sans calculer, et sans mesurer ton temps ni ta peine.
Tu crées en nous un cœur nouveau,
Par ta loi, tu donnes à chaque homme un espoir nouveau.
Tes commandements nous tracent le chemin le plus droit, le chemin de vie.
Tes jugements sont vrais, l’homme humble en reçoit la paix.
Eternel ! Nous te louons, nous te bénissons ! Amen.

Psaume
Nous poursuivons notre louange, en prenant dans le recueil « le Psautier Français », le chant du psaume 19, les strophes 1, 3 et 4 de ce psaume.

Volonté de Dieu
Ecoutons la volonté de Dieu à notre égard, pour aujourd’hui et les jours qui viennent :

Vous avez été appelés à la liberté.
Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre selon la chair.
Par amour, mettez-vous au service les uns des autres.
Car toute loi se résume dans ce seul commandement :
tu aimeras ton prochain comme toi-même.
(Galates 5:13-14).

Répons : Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute….

Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute :
Je dis ton serviteur, car enfin je le suis.
Je le suis, je veux l’être, et marcher dans ta route,
Et les jours et les nuits.

Prière de repentance
Prions ensemble :

Dieu notre Père,
Nous voici devant toi, avec notre vie partagée,
Avec notre soif de te suivre, et nos résistances à ton appel ;
Avec notre désir d’aimer notre prochain, et nos égoïsmes,
Avec notre quête de lumière, et nos obscurités,
Avec notre foi, et avec nos peurs.
Oui, nous voici devant toi, tels que nous sommes,
Et voilà que tu nous appelles à convertir notre regard, à changer d’orientation.
A ne plus regarder notre vie selon nos critères et nos points de vue, mais selon les tiens.
Tu nous appelles à déposer à tes pieds nos craintes et nos lâchetés,
Tu nous appelles à nous dépouiller de toutes nos illusions,
Tu nous appelles à laisser ta lumière se déposer sur nos ténèbres.
Nous voici, tels que nous sommes, avec nos doutes et nos contradictions.
Mais nous voulons te suivre, tout de même.
Accepte notre repentance, et enracine-nous dans la confiance.
Amen.

Répons : « J’aime mon Dieu, car il entend ma voix ».

J’aime mon Dieu car il entend ma voix,
Quand la frayeur ou le tourment m’oppresse,
Quand j’ai prié au jour de ma détresse,
Dans sa bonté, il s’est tourné vers moi.

Annonce du pardon
Pour accueillir le pardon de Dieu dans nos vies, je vous invite à vous lever :

Quand les montagnes s’effondreraient, dit Dieu,
Quand les collines chancelleraient,
Ma bonté pour toi ne faiblira point et mon alliance de paix ne sera pas ébranlée.
Je t’aime d’un amour éternel et je te garde ma miséricorde ».

Et voici comment Dieu a manifesté son amour :
« Il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que, par lui, nous ayons la vie ».

Que Dieu mette en nos cœurs l’assurance de son pardon, et qu’il nous donne de marcher vers son royaume.

Chantons à Dieu notre reconnaissance par le
Répons « Combien grande est ta gloire (ps 92).

Combien grande est ta gloire, en tout ce que tu fais, 
Et combien tes hauts faits sont dignes de mémoire !
Tes œuvres sans pareilles  ont réjoui mon cœur,
Je veux chanter, Seigneur, tes divines merveilles !

Confession de foi
Nous confessons notre foi avec un texte issu de la Déclaration du Synode Confessant de Barmen, en date du 31 mai1934, qui réunissait les théologiens comme Karl Barth et Dietrich Bonhoeffer, qui voulaient lutter contre le régime nazi en train de se mettre en place :

Nous croyons que Dieu est le Père de tous les hommes,
de tous les peuples, de toutes les races.
Personne n'est exclu de son amour.
Nous sommes tous créés à son image et à sa ressemblance.
C'est ce qui fonde la dignité et l'égalité de tous les hommes.
Dieu, le Père, a donné la terre à tous et pour tous.
C'est ce qui fonde la solidarité.
Les biens de la création doivent affluer dans les mains de tous.
C'est le plus sûr chemin de la paix, car la paix est le fruit de la justice.
Nous croyons que Jésus est le frère de tous les hommes, et spécialement des pauvres.
C'est lui que nous voyons avoir faim, être nu, étranger, prisonnier ou malade.
Nous croyons que celui qui juge, humilie ou calomnie,
juge, humilie, calomnie Jésus-Christ, car tout homme a le visage du Christ.
Nous croyons que Jésus-Christ, par sa vie et ses paroles, nous dit qui est l'homme.
Nous avons à faire nôtres les choix qu'il a faits :
faire passer les personnes avant les richesses,
la liberté avant la tranquillité,
la vérité avant la propre opinion,
le respect des autres avant l'efficacité,
l'amour avant la loi.
Jésus-Christ ressuscité nous donne l'Esprit de Dieu.
Nous croyons que l'Esprit est esprit de liberté, esprit de tolérance, esprit de justice, esprit de paix.
Il accueille au lieu d'exclure.
Il respecte au lieu de condamner.
Il ouvre les portes et ne les ferme jamais.
Nous croyons que son espérance est plus forte que tous les désespoirs. AMEN.

Répons : « Grand Dieu, nous te bénissons… »

Grand Dieu, nous te bénissons, nous célébrons tes louanges,
Eternel, nous t’exaltons, de concert avec les anges,
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !

Doxologie : « Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, et d’éternité en éternité »

Lecture du passage de la Bible médité.
Evangile de Matthieu, chapitre 14, versets 22 à 33

Aussitôt, Jésus obligea les disciples à remonter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Et après avoir renvoyé les foules, il monta sur la montagne, pour prier à l’écart. Le soir venu, il était là, seul. La barque se trouvait déjà à plusieurs centaines de mètres de la terre ; elle était battue par les vagues, le vent étant contraire. Vers la fin de la nuit, il vient vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent affolés : « C’est un fantôme », disaient-ils. Et de peur, ils poussèrent des cris. Mais aussitôt, Jésus leur parla : « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur ! » S’adressant à lui, Pierre lui dit : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » « Viens, dit-il. Et Pierre, descendu de la barque, marcha sur les eaux et alla vers Jésus. Mais, devant la violence du vent, il eut peur, et commençant à couler, il s’écria : « Seigneur, sauve-moi ! ». Aussitôt, Jésus tendant la main le saisit en disant : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui et lui dirent : « Vraiment, tu es Fils de Dieu ! »(Traduction TOB).

Cantique : Louange et Prière n°190, « Roi des anges », strophes 1, 2 et 3

Prière pour se disposer à écouter (illumination)
Eternel, Dieu de la vie, nous avons faim et soif de ta présence et de ton amour, Nous voici devant toi, prêts à écouter ta Parole qui s’offre à nous comme un cadeau rare et précieux. Envoie sur chacun de nous le souffle de ton Esprit, afin que nous prenions conscience de la façon unique que tu as de nous sauver de nous-mêmes. Puissions-nous accueillir la Parole qui pourra féconder nos vies. Amen.

Orgue

Prédication

Amis, frères et sœurs,
Il y a des récits tout à fait curieux dans la Bible et celui d’aujourd’hui en fait partie ! Il est curieux en ce sens qu’il raconte quelque chose d’invraisemblable, voire, incroyable.
Ce récit de Jésus marchant sur l’eau, ne passe pas inaperçu. Il marque les esprits. Il faut dire que Matthieu l’évangéliste qui écrit cette histoire, sait choisir les mots et les images pour captiver notre attention, par un récit haut en couleur, riches en détails, que nous ne trouvons pas dans les deux autres récits similaires qui racontent pourtant la même histoire, mais différemment. Chez Marc et chez Jean, tout y est à peu près, sauf l’intervention de Pierre. Pierre n’est présent que dans le récit de Matthieu. Cette histoire est absente de l’Evangile de Luc.
Ce récit se situe juste après celui de la multiplication des pains. La foule nourrie et rassasiée est invitée à retourner chez elle. Jésus prend le temps de se retirer à l’écart pour prier. Il « oblige » les disciples, nous dit le texte, autrement dit, il ne leur laisse pas le choix, à s’embarquer sur le lac, afin d’aller sur la rive d’en face, avant lui. Et le vent se lève sur ce lac ordinairement si calme, mais qui peut avoir des coups de tempête assez courts mais très violents. Les disciples luttent contre les vents contraires, et Jésus les rejoint en marchant sur l’eau. Les disciples ont peur et le prennent pour un fantôme. Ils crient. Jésus les rassure, en leur disant : « N’ayez pas peur, c’est moi ». Seul Pierre veut vérifier ce que dit Jésus en lui demandant de leur ordonner de faire la même chose que lui. Jésus lui répond tout simplement : « Viens ». Et contre toute attente, Pierre quitte la barque et marche sur l’eau en direction de Jésus. Mais voilà qu’au bout de quelques instants, il prend peur et se met à s’enfoncer dans l’eau. Il a encore la force de crier Seigneur sauve-moi. Jésus lui tend la main et le saisit. Il lui fait cette remarque : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté » ? Mais quand ils sont tous ensemble dans la barque, le vent tomba. Et c’est dans ce calme que les disciples confessent leur foi : vraiment, tu es Fils de Dieu.
De ce récit extraordinaire, nous pouvons recevoir quelque chose pour l’ordinaire de nos vies. Les récits que nous trouvons dans la Bible, et dans les Evangiles en particulier sont des récits qui contiennent des paroles de vie. Lorsqu’on travaille ce texte, la question qui revient fréquemment c’est : « Jésus a t –il vraiment marché sur l’eau ? » Cette question est toujours d’actualité et elle le sera toujours, puisque à travers les Ecritures, nous cherchons Dieu. Et ce seront nos réponses par rapport à notre compréhension de l’Ecriture qui diront en quel Dieu je crois. Lorsqu’on lit ces textes de façon littérale, c'est-à-dire en restant au plus près de ce qui est écrit, nous recevons quelque chose de fort. Mais croire n’empêche pas de réfléchir ! Si nous consentons à nous décaler, à nous déplacer, si nous acceptons de quitter en quelque sorte le seuil du premier degré de ce récit, alors, nous pouvons recevoir une quantité insoupçonnée d’informations et de messages vitaux et nourrissants. Au fond, lire la Bible, c’est un peu comme si nous étions dans une chasse au trésor. Nous recevons des messages qu’il nous faut sans cesse décoder, en y cherchant le sens caché.
Lorsque nous étudions un texte biblique, nous entrons dans l’écriture d’un témoin. Non seulement son écriture, mais aussi sa pensée, sa tournure d’esprit, sans oublier sa culture, son contexte. Ici notre témoin, c’est l’évangéliste Matthieu. Les récits bibliques sont écrits avec la grille de lecture qui est la foi de ceux qui ont rédigé. La Bible raconte l’histoire des hommes, en quête de Dieu. La Bible est une bibliothèque de livres écrits d’une façon orientée, avec le présupposé de la foi des auteurs bibliques. Il s’agit de leur témoignage de foi. Ils racontent ce qu’ils ont compris de Dieu à travers leur propre histoire, personnelle et collective au sein d’un peuple. Rien n’a été écrit en direct. Tout est en différé. Il y a d’abord une tradition orale qui fut mise par écrit très tardivement par rapport aux événements qu’ils relatent. C’est le même procédé pour l’ancien comme pour le nouveau Testament des Evangiles. On peut alors mieux comprendre qu’il y ait des récits presque identiques dans certains évangiles, mais avec des détails autres, des précisions différentes, comme il peut y avoir carrément des omissions, tout simplement parce que les expériences de foi des rédacteurs des Evangiles sont totalement différentes les unes des autres. Chacun a eu une rencontre singulière avec Jésus de Nazareth, devenu à un moment de leur vie, le Christ de leur foi. Et ce, pas immédiatement. Il a fallu de nombreuses années de maturation, après leur rencontre initiale. Bien des années après l’événement de la résurrection de Jésus, bien après que les disciples aient reçu la force de l’Esprit pour pouvoir devenir des témoins à part entière. Il a fallu tout le recul et le discernement nécessaire pour pouvoir mettre par écrit ce qui leur a semblé le plus important et qui pourrait rejoindre le maximum de personnes, en particulier tous ceux qui ne connaîtraient jamais le Jésus historique. Comment faire pour que son message se transmette de génération en génération ? Quels récits garder parmi tout ce qui a été vécu, pour que ce soit un témoignage qui parle au cœur des hommes, génération après génération. C’est ce qui fait, me semble-t-il la force d’un livre comme la Bible, mais aussi sa richesse, sa profondeur, sa vitalité. Alors bien sûr, il est possible de rester à la surface des textes bibliques. On peut tout à fait les parcourir comme de simples bagages intellectuels. La Bible fait partie du patrimoine de l’humanité. C’est bien d’en connaître l’essentiel. Bien sûr on peut rester, en quelque sorte, « coincé » sur les invraisemblances qu’on y trouve et refuser d’aller loin. Toute personne ayant un esprit rationnel ou scientifique, ou toute personne douée un tant soit peu de raison, dira que ce n’est pas possible de marcher sur l’eau. Et pourtant c’est bien de cela qu’il est question. Nous sommes donc invités à aller plus loin que le sens littéral du texte. Et on ne peut pas le faire tout seul. Il nous faut l’aide des autres, qui ont travaillé le texte biblique autrement. Nous allons avoir besoin de celles et ceux qui auront ce charisme d’entrer dans le texte par d’autres portes, qui vont nous apprendre que beaucoup d’images présentes dans les récits sont des symboles pour mieux comprendre une culture différente de la nôtre. De quelle eau s’agit-il finalement ? Si l’on nous enseigne que pour les auteurs bibliques, la mer regroupe l’ensemble des mers et des océans, qui cachent en eux-mêmes une faune inquiétante, semblable aux monstres marins véhiculés par les mythes des pays environnant Israël, alors la mer est synonyme de quelque chose d’inquiétant. Elle symbolise les forces du mal et de la mort. C’est alors que le récit que nous venons d’entendre s’ouvre plus largement à notre compréhension. Jésus ne marche plus seulement sur l’eau, mais il marche sur les forces du mal et sur les puissances de mort. Et le récit devient tout autre. La mer n’est plus seulement la mer, mais elle devient une métaphore de tout ce qui, dans notre vie, peut être comparé à des puissances de mal ou de mort: nos peurs, nos fragilités, mais aussi les épreuves, les inquiétudes, les angoisses. Et dans notre contexte actuel, dominé depuis plusieurs mois par cette pandémie, qui nous oblige à modifier nos façons de vivre et de travailler, et qui transforme nos rapports sociaux et familiaux, ce récit offre aux chercheurs de Dieu que nous sommes, ou aux croyants que nous sommes, une parole qui peut nous rejoindre là où nous en sommes, pour donner ou redonner du sens à notre vie. Au milieu de toutes ces interrogations que sont les nôtres par rapport à un avenir pour le moins incertain et fragile, voilà qu’un homme s’avance marchant sur toutes les peurs qui peuvent nous bouleverser ! Cet homme ne fait pas que marcher d’ailleurs, il rassure aussi ceux qui paniquent, en disant simplement : « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur ». Cet homme devient alors cette lumière qui rassure, qui oriente, qui calme, qui consolide même notre être intérieur. Il est cette voix, qui nous dit quelque chose de la part de Dieu, que nous ne sommes plus seuls, que nous sommes simplement accompagnés, si nous lui accordons un tant soit peu notre confiance. C’est l’expérience de celui qui écrit cet évangile, après la résurrection.
C’est alors que le personnage de Pierre entre en jeu, dans ce récit invraisemblable. Pierre demande à vérifier les dires de Jésus. Il veut rejoindre Jésus. Il lui demande la possibilité de faire comme lui : « Si c’est bien toi, alors ordonne-moi de venir vers toi, sur les eaux ». Et Pierre reçoit cet ordre désarmant de simplicité de la part de Jésus : « Viens ». Rien de moins, mais rien de plus. Et Pierre s’avance à son tour. En tout cas, il en prend le risque. On ne sait pas quelle distance il a parcouru. Par quoi est-il porté à ce moment-là pour oser s’aventurer sur quelque chose d’aussi instable et effrayante que ces puissances de mort ? II fait l’expérience d’une confiance absolue quelques instants. On peut imaginer qu’il a le regard fixé sur Jésus qui s’avance vers lui. Les deux avancent l’un vers l’autre. Mais Pierre est envahi par la peur de son environnement menaçant. Il se met douter et le voilà qui s’enfonce. Mais dans un ultime réflexe il crie vers Jésus : Seigneur sauve-moi !
Pierre, c’est le symbole du cheminement de foi de celui qui entre dans la lecture de ce récit. C’est le prototype du croyant, avec ses élans et ses doutes. Pierre a risqué quelque chose d’invraisemblable, et, prenant conscience de l’énormité de ce qu’il était en train de faire, la peur l’a fait régresser, en le faisant douter de lui-même. De quoi Pierre a-t-il eu peur ? Peut-être de ne pas être assez digne du Christ ? Cette peur le tenaillera jusqu’à la mort de Jésus. Pour le moment, Pierre n’est pas encore prêt. Il n’est pas prêt à accueillir dans sa vie le Messie. Il est encore trop déstabilisé, par ce Dieu inattendu inauguré par Jésus le Christ qui vient le rejoindre là il en est, sans pour autant lui faire des reproches. Il a risqué déjà de rejoindre le Christ quelques instants. Mais maintenant qu’il sait où en sont ses propres forces, limitées, c’est le Christ qui le rattrape et qui ne le lâchera plus. Seigneur ! Sauve-moi ! Pierre crie la vérité qui est en lui. Et Jésus l’entend. On peut imaginer qu’il le saisit par le poignet et qu’il le tient fermement pour ne pas qu’il se noie. Cette poignée de mains inoubliable, qui sauve de la mort, de toutes les morts, le tire vers le haut, vers la vie. « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Jésus pose cette question à Pierre, une fois qu’il l’a sauvé, inconditionnellement. Pour ma part, je ne l’entends pas comme un reproche, mais plutôt comme une prise de conscience par rapport à la réalité à laquelle Pierre est confronté.  C’est dur de suivre le Christ. Mais Pierre ne sait pas encore qu’il sera capable de suivre le Christ, sur un chemin insoupçonné, après avoir expérimenté toutes ses faiblesses, les unes après les autres. Après les avoir déposées au pied de la croix. Avant de suivre le Ressuscité. Si Pierre nous parle de nous-mêmes, alors ce texte est là pour nous aider à repérer quelles sont les bonnes raisons que nous avons de poser nous aussi le pied sur la mer et de marcher sur ces puissances du mal. Avec quelle confiance avançons-nous dans la vie ? Avons-nous conscience de nos forces et de notre enthousiasme, comme de nos limites, de nos faiblesses, de nos impuissances, malgré notre bonne volonté ? Jusqu’où serons-nous obligés d’aller pour crier à Dieu la vérité de notre être : « Seigneur, Sauve-moi ! » A chaque nouvelle tranche de vie, il faudra prendre le temps de repérer comment les textes de la Bible nous rejoignent, nous parlent, nous rencontrent. La palette d’interprétations des textes est infinie. Elle se conjugue avec l’expérience de nos existences.
Je ne sais pas si Jésus a marché sur l’eau. Est-ce si grave ? Ce récit n’est pas là pour prouver quelque chose, mais pour ouvrir une recherche, celle de Dieu et amener celui, celle qui cherche, à une rencontre. Nous cherchons Dieu, mais c’est lui qui nous trouve. Simplement, parce qu’il fait l’autre moitié du chemin, même sur l’eau mouvante de notre pauvre humanité. C’est ainsi que le texte me parle aujourd’hui. Demain, il me parlera autrement, et à vous aussi, et l’aventure continuera.
Tout en nous rencontrant, nous le rencontrerons.
Et de cette rencontre jaillira notre propre confession de foi.
Amen.

Orgue

Cantique : Louange et Prière n°298, Que ne puis-je, ô mon Dieu !strophes 1, 2 et 5 

Annonces

Merci à Sarah Kim pour son accompagnement musical. Le dernier morceau d’orgue fait partie intégrante du culte. C’est le morceau d’envoi. Chacun peut néanmoins partir quand il le souhaite, en laissant les cantiques à sa place. Merci.

Offrande pour l’Eglise

Que chacun donne avec joie, sans regrets ni contrainte. L’offrande recueillie parmi vous aujourd’hui est destinée à la vie courante de l’Eglise.
 

Orgue

Prière d’intercession

O Dieu notre Père,  tu nous combles de tes bénédictions, jour après jour et notre geste d’offrande d’aujourd’hui en est un modeste témoignage. Inspire-nous d’autres gestes d’offrande, qui ne soient pas  que des gestes matériels mais aussi des gestes d’amitié et des marques de tendresse.
Dieu notre Père, donne-nous la force d’être là, simplement, par la prière, afin que personne ne soit oublié.
Nous te remettons toutes les familles actuellement en deuil, tout autour de nous, dans nos familles, dans notre paroisse et partout dans le monde. Nous te remettons en particulier la famille de ce professeur d’histoire géographie assassiné vendredi. Donne-nous la force d’être là, simplement, par la prière, afin que personne ne soit oublié, ni la victime, ni le tueur, ni les élèves, ni aucune personne touchée par ce drame. Nous te remettons notre monde en souffrance, à cause de l’épidémie qui continue de sévir et nous oblige à rester à distance les uns des autres. Nous te confions les personnes hospitalisées quelle qu’en soit la raison, et nous te confions les équipes de soignants. Donne- nous la force d’être là, simplement, par la prière, afin que personne ne soit oublié. Nous te remettons les personnes qui ont demandé le secours de notre prière, et que nous te nommons dans le profond de nos cœurs. Nous te remettons également celles qui réclament notre présence, sollicitent notre aide, notre entraide, notre patience, notre discernement. Donne-nous la force d’être là, simplement, par la prière, afin que personne ne soit oublié.
Et ensemble, nous te disons la prière que Jésus a enseignée à ses disciples : Notre Père
Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du mal, car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles.
Amen

Bénédiction 
Recevons la bénédiction de la part du Seigneur :

Mon frère, ma sœur, mon ami,
Que l’Eternel  te bénisse et te garde !
Que l’Eternel fasse rayonner sur toi son regard et t'accorde sa grâce !
Que l’Eternel porte sur toi son regard et te donne la paix !
Amen.

Répons : Bénis ô Dieu nos routes

Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi,
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi.  

Orgue


Matthieu 14 : 22-33

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Lecture de la Bible

22 Aussitôt après, il obligea les disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l'autre côté, pendant qu'il renverrait la foule.
23 Quand il l'eut renvoyée, il monta sur la montagne, pour prier à l'écart; et, comme le soir était venu, il était là seul.
24 La barque, déjà au milieu de la mer, était battue par les flots; car le vent était contraire.
25 A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer.
26 Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés, et dirent: C'est un fantôme! Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris.
27 Jésus leur dit aussitôt: Rassurez-vous, c'est moi; n'ayez pas peur!
28 Pierre lui répondit: Seigneur, si c'est toi, ordonne que j'aille vers toi sur les eaux.
29 Et il dit: Viens! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus.
30 Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur; et, comme il commençait à enfoncer, il s'écria: Seigneur, sauve-moi!
31 Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?
32 Et ils montèrent dans la barque, et le vent cessa.
33 Ceux qui étaient dans la barque vinrent se prosterner devant Jésus, et dirent: Tu es véritablement le Fils de Dieu.

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