Culte de commémoration de l'armistice du 11/11/1918 à la Gedächtniskirche de Berlin

Michée 4, 1-3

Culte du 11 novembre 2018

Culte franco-allemand pour le centenaire de la fin de la Première Guerre Mondiale en l'Eglise du Souvenir

La paroisse de l'Oratoire du Louvre avait été invitée à prendre part à ce culte qui a été préparé en coordination entre les deux paroisses et entre les deux pasteurs. La paroisse de l'Oratoire était représentée par une délégation de six paroissiens, dont trois membres du Conseil Presbytéral. Deux paroissiens, Philippe Braunstein et Gaspard Durrleman, sont intervenus dans le culte.

11.11.2018 - Culte radiodiffusé à la rbb-Berlin
„Ne plus apprendre à faire la guerre“ 

Prêche et Liturgie : Pasteur Martin Germer ;
Lectrices : Julia Hartmann, Karen Fries, Autres participants français et allemands.
Orgue : Helmut Hoeft (KMD) et Jack Day. Chœur franco-allemand, Direction : Martin Kondziella

L'annonce du culte se trouve (en allemand) sur le site de la  Gedächtniskirche de Berlin (avec une très belle image de l'intérieur de l'église). Pour y accéder, cliquer ici.

La version originale de la prédication se trouve (en allemand) sur le site de la Gedächtniskirche de Berlin. Pour y accéder, cliquer ici.

On trouvera ici la retranscription de l'ensemble du culte, telle qu'elle a été préparée par le pasteur Martin Germer. Traduction : Christelle et Jean-Luc Buisson

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{A l’extérieur : Sonnerie des cloches}

{Indications par le Pasteur Germer pour le déroulement du culte radiodiffusé à destination des membres de la paroisse présent dans l‘Eglise}

{Moment de silence en attendant le démarrage de la radiodiffusion à 10:00:00}

Musique d‘orgue :
J.S. Bach, Das alte Jahr vergangen ist (extrait du Petit livre d’orgue)

Introduction :

Il y a cent ans aujourd‘hui que prit fin la première guerre mondiale, au moins ici en Europe. Après plus de quatre ans de tuerie dans les tranchées en France et en Belgique et sur les nombreux autres fronts de cette guerre avec ses millions de morts, les armes se turent enfin.

Ainsi sommes-nous rassemblés aujourd’hui pour nous en souvenir : dans un esprit œcuménique, au centre de Berlin, en tant que paroisse allemande avec des ami(e)s français(es). Avec eux et avec vous tous qui nous écoutez à la radio, nous voulons faire de ce culte une fête.

De nombreux autres pays commémorent aussi aujourd’hui le centenaire de la fin de la guerre. Nous nous sentons en communion avec eux tous. Dans ces temps incertains, nous voulons fortifier la paix et y veiller. La paix entre nous et la paix entre tous les peuples de la Terre.

En même temps que nous, la paroisse protestante de l’Oratoire du Louvre, au centre de Paris, consacre également le culte de ce jour, à la commémoration de la fin de la guerre et à l’annonce de paix de notre foi. Un représentant de cette paroisse va maintenant procéder avec moi à l’ouverture liturgique de ce culte.

Ouverture liturgique :

Im Namen des Vaters und des Sohnes und des Heiligen Geistes.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Amen.

Notre aide réside dans le nom du Seigneur,
Créateur du ciel et de la terre.
La paix du Seigneur soit avec vous tous !

Der Friede Gottes sei mit euch allen!
Et avec votre esprit !

Annonce du cantique :
Chantons ensemble le cantique numéro 428 dans l‘ „Evangelisches Gesangbuch“ (EG) : „Komm in unsre stolze Welt, Herr, mit deiner Liebe Werben!“ (Viens, Seigneur, dans notre monde fier, recruter avec ton amour).
Nous chantons la première et la cinquième strophe.

Cantique 428, strophes 1 et 5

1. Komm in unsre stolze Welt, Herr, mit deiner Liebe Werben.
Überwinde Macht und Geld, lass die Völker nicht verderben.
Wende Hass und Feindessinn auf den Weg des Friedens hin.



5. Komm in unser dunkles Herz, Herr, mit deines Lichtes Fülle;
dass nicht Neid, Angst, Not und Schmerz deine Wahrheit uns verhülle,
die auch noch in tiefer Nacht Menschenleben herrlich macht.

(1. Viens, Seigneur, dans notre monde fier, recruter avec ton amour,
Triompher de la puissance et de l'argent. Ne laisse pas les peuples se corrompre, dirige la haine et l'inimitié sur la voie de la paix.

5. Viens, Seigneur, dans la noirceur de notre coeur pour le remplir de ta lumière ; que ni l'envie, ni la peur, ni le danger, ni la douleur ne nous cachent ta vérité, qui éclaire la vie de l'homme même dans la nuit sombre.)

Prière

Nous prions avec les mots du Psaume 89 :

01 - D'âge en âge, Seigneur, tu as été notre refuge.
02 - Avant que naissent les montagnes, + que tu enfantes la terre et le monde, * de toujours à toujours, toi, tu es Dieu.
03 - Tu fais retourner l'homme à la poussière ; tu as dit : « Retournez, fils d'Adam ! »
13 - Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ? Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.
14 - Rassasie-nous de ton amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants.

Gloire soit au Père, Gloire au Fils, Gloire au Saint-Esprit, comme au commencement, aujourd’hui, toujours et d‘éternité en éternité. Amen.

Salutation de la paroisse de l’Oratoire du Louvre par Philippe Braunstein

Trois guerres effroyables ont opposé Français et Allemands en un siècle : des millions de soldats et de civils ont trouvé la mort, des millions de blessés, de veuves et d’orphelins ont été marqués à vie dans leur corps et dans leur âme. Mais aujourd‘hui nos deux peuples vivent en paix !

Ensemble, nous avons reconstruit notre continent et ensemble nous essayons de toujours mieux concrétiser notre idéal de justice et de liberté.

Et en ce dimanche, c’est aussi ensemble que nous célébrons le culte : partout en France et en Allemagne, nos paroisses se souviennent de la fin de la Première Guerre Mondiale, et notre paroisse aussi, au cœur de Paris, a commencé en même temps son culte de commémoration. Dans notre temple, où l’espoir de l’éternité divine unit les vivants et les morts, nous remercions Dieu pour notre réconciliation et pour la confiance qui nous est donnée.

Il y a cent ans, alors que 142 soldats de notre paroisse ne sont pas revenus de la guerre, aucune famille n’a été épargnée par la douleur et par la question de son sens.
D’autant plus important est ce que Wilfred Monod, notre pasteur de l’époque, ne se lassait pas de prêcher : Christ n’appartient pas à nous seuls ! Christ appartient au genre humain, Il appartient à la Vie !

Quatre générations plus tard, nous nous sommes réunis autour de ce Christ. Qu’il nous donne sa grâce.

Pasteur Martin Germer

Pensons maintenant ensemble aux soldats, qui ont perdu la vie par millions dans les batailles de la Première Guerre Mondiale ou qui en sont revenus blessés dans leur corps et dans leur âme. Prenons ici l'exemple des membres d’une famille française, au travers des souvenirs de leur petite-fille, qui vit ici à Berlin :

„Le 22 Avril 1915 à Ypres, en Belgique, l’armée allemande a employé pour la première fois l‘arme chimique sous forme de gaz de chlore. Mon grand-père maternel, Albert, né en 1887, était de l’autre côté. Il est mort des suites de ses brûlures, dans de grandes souffrances, le 9 janvier 1919. Mon grand-père paternel, Charles, né en 1887, avait deux frères. Lui-même était dans les tranchées de Verdun où il a attrapé la tuberculose. Il en est mort huit ans après la fin de la guerre. Edmond et Gaston ont survécu, mais Gaston avait perdu un bras“.

Pour Albert et pour Charles, pour Edmond et pour Gaston et pour tous les morts et les blessés des deux côtés, invoquons Dieu :

EG 178.11 Seigneur, aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous.
Seigneur, aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous !

Un homme du Sud de l'Allemagne n'a pas pu, sa vie durant, oublier ce que, enfant, il a vu le 31 juillet 1914, alors que les habitants s’étaient rassemblés le soir à la gare de sa petite ville, pour dire adieu aux soldats qui partaient à la guerre :

„Non loin de notre groupe, se tenait un jeune couple ; ils n’étaient mariés que depuis quelques années et avaient deux enfants dont l’un encore nourrisson. La jeune femme serrait fort son mari et pleurait beaucoup. Quand le train arriva, le mari dut se faire violence pour se séparer de sa jeune épouse et pour pouvoir monter dans le train. L’épouse restait là, abandonnée à la douleur de la séparation, et regardait le train partir. Elle n’a plus jamais revu son mari, qui a été tué dès les premières semaines de combat dans les Vosges“.

Et un an plus tard, la femme d’un soldat français écrivit dans son journal intime :

„Pâques n’est pas joyeux en cette triste année 1915. Comment nos cœurs pourraient-ils se réjouir au milieu de tant peines , de tant d'angoisse ? Ce qui nous soutient dans notre peine, c'est l'idée de résurrection. J’ai prié Dieu, qu'il accueille dans sa gloire beaucoup de nos courageux soldats – et si possible tous. Et que mon pauvre Maurice, que j'ai tant aimé et que je pleure souvent en silence, soit aussi monté au ciel et que de là-haut il prie pour nous. Malgré nos peurs, puissions-nous conserver l’espoir que, un jour, nous retrouvions tous ceux qui nous auront précédé au Ciel“.

Et invoquons aussi Dieu pour les affligés de tous côtés :
EG 178.11 Seigneur, aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous.
Seigneur, aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous !

Introduction au Gloria :

Rendons gloire à Dieu, père de tous les hommes, et prions en même temps qu'il étende sa paix partout sur la terre.

Joignons nous aux louanges des anges :
(chanté) Gloire à Dieu au plus haut des cieux !
(chanté) Paix sur la terre ! Envers les hommes bonne volonté !

(chanté) Allein Gott in der Höh sei Ehr und Dank für seine Gnade,darum dass nun und nimmermehr uns rühren kann kein Schade.
Ein Wohlgefalln Gott an uns hat, nun ist groß Fried ohn Unterlass,
all Fehd‘ hat nun ein Ende.

(Glorifions et remercions Dieu au plus haut des cieux pour sa grâce,
que maintenant et à jamais il ne nous arrive malheur.
Que Dieu soit content de nous maintenant que la paix s'étend partout et pour toujours et que toutes les querelles ont maintenant pris fin.)

Prière du jour

Prions en mémoire des victimes de la guerre et de la violence partout dans notre monde :

Seigneur Dieu,
Tu aimes toutes tes créatures,
Tu partages leur joie et leur peine.
Nous te prions :
Conduis nous vers la paix et la justice,
Offre nous intelligence et compréhension,
Donne nous patience et amour.
Nous t’en prions par Jésus Christ, ton Fils, notre frère et Seigneur aujourd’hui et à jamais. 
(chanté) Amen.

Annonce de la lecture de l'Ancien Testament :

Écoutons dans l’Ancien Testament une grande vision de la paix parmi les hommes dans le livre du Prophète Michée, au chapitre 4. Ce sera aussi le texte pour la prédication.

Michée 4, 1-3

01 Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la Maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, elle s’élèvera au-dessus des collines. Vers elle afflueront des peuples

02 et viendront des nations nombreuses. Elles diront : « Venez ! Montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob ! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. » Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur.

03 Il sera le juge entre des peuples nombreux et, jusqu’aux lointains, l’arbitre de nations puissantes. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre.

Alleluia !
Que toutes les nations louent le Seigneur !
Que tous les peuples le glorifient !
Alleluia !
Alleluia, Alleluia, Alleluia.

A l'orgue : Ubi caritas de Maurice Duruflé

Annonce de la lecture de l'Evangile

„Là où est l‘amour, là est Dieu“. comme vient de le chanter le chœur franco-allemand.
L’amour est un don de Dieu, et l’amour nous emmène au-delà de nous-même. Ainsi que le dit Jésus dans le Sermon sur la Montagne. Nous écoutons ses paroles dans l’Evangile de Luc au chapître 6.
Gloire soit à toi, Seigneur !

Luc chapitre 6, versets 27 à 37

27 - Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.
28 - Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient.
29 - À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
30 - Donne à quiconque te demande et, à qui prend ton bien, ne le réclame pas.
31 - Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.
32 - Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 - Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant.
34 - Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent.
35 - Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants.
36 - Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
37 - Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez et vous serez pardonnés.

Loué soit le Christ !
Louons Dieu par la confession de notre foi :

Confession de foi

1. Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre,
2. et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur,
3. qui a été conçu du Saint-Esprit et qui est né de la Vierge Marie ;
4. Il a souffert sous Ponce Pilate, il a été crucifié, il est mort, il a été enseveli, il est descendu aux enfers ;
5. le troisième jour, il est ressuscité des morts ;
6. il est monté au ciel, il est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant,
7. d'où Il viendra pour juger les vivants et les morts.
8. Je crois en l'Esprit-Saint
9. à la sainte Église universelle, à la communion des saints,
10. à la rémission des péchés,
11. à la résurrection de la chair
12. et à la vie éternelle.
Amen.

Annonce du cantique

„Ich lobe meinen Gott von ganzem Herzen“. Ce cantique français se trouve dans l' „Evangelisches Gesangbuch“ au numéro 272. Nous le chanterons d’abord en allemand, puis en français.

Cantique 272 „Ich lobe meinen Gott“ / „Je louerai l’Eternel“

Ich lobe meinen Gott von ganzem Herzen.
Erzählen will ich von all seinen Wundern und singen seinem Namen.
Ich lobe meinen Gott von ganzem Herzen.
Ich freue mich und bin fröhlich, Herr, in dir. Halleluja!
Ich freue mich und bin fröhlich, Herr, in dir. Halleluja !

Je louerai l’Eternel de tout mon cœur,
Je raconterai toutes tes merveilles, Je chanterai ton nom.
Je louerai l’Eternel de tout mon cœur,
Je ferai de toi le sujet de ma joie. Alléluia!
Je ferai de toi le sujet de ma joie. Alléluia!

Prédication, Première partie

Que la grâce soit avec vous et la paix de Dieu, notre Père, et de Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

Chers paroissiens !

Nous sommes le 11 novembre 1918 en France. La guerre est terminée. Enfin terminée ! Partout dans le pays sonnent les cloches. Et la nouvelle se répand comme une trainée de poudre : Les Allemands ont jeté les armes. Le soulagement est grand. Il y a aussi de la fierté, car voilà ce que les gens ressentent : Dans notre propre pays, nous avons résisté et finalement triomphé de l‘adversaire. Pourtant à la joie se mêle la tristesse. Tristesse des innombrables morts. Et compassion pour les nombreux blessés. Et pour les régions ravagées. Comment la vie y renaîtra-t-elle un jour ?

En Allemagne aussi la plupart des gens ont désiré la fin de la guerre. Mais ce 11 novembre est aussi le jour d’une défaite totale. Ces années de combat sont un échec total. Tout çà pour rien. Quel sens a le sacrifice des morts ? Et viennent les soucis et la peur : Que feront maintenant de nous les vainqueurs ?

Les conditions imposées par la France dans le traité de Versailles sont dures. L‘Allemagne doit payer pour les immenses destructions et rembourser les dommages à l’économie française. Du point de vue du vainqueur, cela est compréhensible. Mais du côté des vaincus, cela laisse peu d'espoir d'un nouveau départ. C’est en tout cas ce qui s’est passé dans les premières années après la fin de la guerre.

En même temps il y eut déjà à l'époque des efforts pour améliorer les relations entre les deux anciens ennemis au travers de rencontres personnelles. Comme par exemple, en août 1926, le sixième Congrès démocratique international pour la Paix à Bierville en France, auquel ont participé des milliers de jeunes venant de différents pays, dont l'Allemagne.

L'un deux était Franz Stock, 22 ans, du Séminaire de Paderborn. Nous avons beaucoup travaillé cette année dans notre paroisse sur son témoignage. Par la rencontre avec des jeunes Français, il prit conscience qu'il était temps de se retrouver ! Il réussit à se faire admettre pour suivre des études théologiques à Paris – premier allemand depuis longtemps. Il s'y est vite fait des amis.

„Ils n'apprendront plus la guerre“, c'est ainsi que dans la Bible le prophète Michée énonce le grand espoir de l'humanité, comme nous l'avons entendu tout à l'heure. Franz Stock et ses compagnons de route ont eu à l'époque le sentiment que c'était leur mission personnelle. Ils voulaient apprendre les uns des autres et les uns avec les autres ce qui servait la paix.

Cinq ans plus tard, en 1931, Franz Stock organisa un pèlerinage et un camp de toile chez lui en Westphalie. Des Français, des Belges, des Néerlandais et des Italiens y ont participé. Ecoutons ce témoignage :

Léon Pierrieau, qui avait participé comme soldat à l'affreux carnage de 1918, s'était promis d'ignorer complètement les Allemands. „Mais Franz“, raconte-t-il, „a émoussé mes certitudes. Lorsque son regard a croisé le mien, lorsque sa main a serré la mienne, j'ai ressenti que quelque chose en moi fléchissait…“ (65)

Et au niveau des Etats non plus, on n'était pas resté figé sur les termes du Traité de Versailles. Aristide Briand et Gustav Streseman, les ministres français et allemand des Affaires étrangères, avaient depuis 1924 recherché le chemin de la détente. En 1926 l'Allemagne fut réintégrée dans la Société des Nations. Pour leur action, les deux ministres ont reçu conjointement le prix Nobel de la Paix.

Comme nous l'avons lu dans le prophète Michée : „Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée, ils n'apprendront plus la guerre.“ S'était-on entre-temps un peu rapproché de de la réalisation de cet espoir de l'humanité ? Cela semblait presque le cas dans ces années d'entre-deux guerres !

Arrêtons-nous maintenant un instant pour écouter une composition de l'organiste français Jehan Alain écrite en 1935. Quatre ans plus tard, il fut appelé sous les drapeaux et il est mort en 1940 lors des combats contre l'entrée des troupes allemandes en France.

Musique d'orgue française: Choral Dorien de Jehan Alain (1911-1940)

Prédication, Seconde Partie

Ce à quoi Briand et Stresemann étaient arrivés, n'a malheureusement pas duré longtemps. Cela, chers paroissiens, nous le savons tous. La seconde guerre mondiale, déclenchée par l'Allemagne national-socialiste, renouvela diaboliquement la façon d'être meurtrière. Elle frappa encore plus fortement les populations civiles. S'y ajoutèrent les crimes inimaginables commis dans les camps de concentration et dans les camps d'extermination.

Nous pouvons être d'autant plus reconnaissants qu'il y eut en France, très vite après la fin de la deuxième guerre mondiale, des gens qui s'efforcèrent d'aller à la rencontre des Allemands dans un esprit de paix.

Ainsi par exemple l'idée courageuse d'un officier de la Résistance : était-il envisageable de donner la possibilité aux jeunes étudiants en théologie détenus comme prisonniers de guerre de poursuivre leurs études et leur formation en camp de prisonnier ? Ainsi ils pourraient percevoir la France sous un jour nouveau, positif, et repartir ensuite en Allemagne avec cette expérience.

Et alors Franz Stock joua à nouveau un rôle. En 1934, il était devenu pasteur de la communauté allemande de Paris. Pendant l'Occupation, il avait en même temps continué d'exercer son ministère pastoral et avait assisté les résistants prisonniers dans les geôles de l'armée allemande. Désormais il reçut la mission de diriger le „Séminaire derrière les barreaux“ dans le camp de prisonniers de Chartres. Entre 1945 et 1947, c'est environ 900 nouveaux étudiants en théologie qui y ont fait leurs études et qui ont ramené de France avec eux des expériences qui les ont marqués pour toute leur vie.

C'est au même moment que Georges Casalis a travaillé Ici à Berlin. Quelques mois avant, il était encore pasteur dans l'ouest de la France, où il participait à la Résistance, engagé dans le sauvetage des Juifs. Puis la Fédération Protestante de France envoya ce pasteur de 29 ans à Berlin. Pendant quatre ans, il s'occupa des soldats français en tant qu'aumônier militaire. Mais il eut en plus la mission de travailler au rapprochement franco-allemand.

Cela l'affligea de constater que de nombreux Allemands étaient encore prisonniers de la propagande national-socialiste. Ainsi par exemple d'un groupe d'anciens membres des jeunesses hitlériennes de Göppingen. Il leur montra clairement combien de souffrances les Allemands avaient infligé aux Français et combien de raisons ils auraient de les haïr. Mais il leur dit aussi cela :

"En premier lieu, ce qui nous réunit ici ce soir, c'est que, vous Allemands et moi Français, nous sommes tous membres de la même Eglise, corps du Christ, qui abolit toutes les différences de langue, de race, … et qui est notre richesse commune, qui est ce que nous possédons tous, ou plus encore, qui est ce que nous recevons tous ensemble jour après jour de la grâce de Dieu.“ (95)

Quelques temps plus tard, Casalis écrivait à son ancienne paroisse de Moncoutant, combien la foi dans le message de paix de Dieu est un combat quotidien :

„Il faut se battre pour se débarrasser de la haine, il faut continuellement réapprendre de l'Evangile que la haine est un pêché ..."

Et cela, chers paroissiens, c'est aussi le coeur du message que nous avons entendu du prophète Michée : c'est chaque jour à nouveau qu'il faut commencer à vivre selon la promesse de Dieu. Les hommes de toutes les nations viendront à Dieu. Ils seront prêts à l'écouter et à se laisser remettre sur le bon chemin : „qu'il nous apprenne la route et que nous marchions dans ses pas“. Et le coeur se libérera, pour une sorte de désarmement intérieur. Il faut qu'ils s'ouvrent à l'idée que ce sera bon, quand leurs „épées meurtrières [seront transformées] en socs“ et leurs „lances [hostiles] en faucilles“.

Et en fin de compte, que demeure l'objectif décrit par Michée : Que les peuples „n'apprendront jamais plus la guerre“. Parce qu'ils auront trouvé le chemin pour vivre durablement en paix les uns avec les autres.

Musique d'orgue française : „Creator alme siderum“ de Marcel Dupré (1886-1971)

Prédication, Troisième Partie

De même que nous avons été plongés dans la pièce d'orgue de Marcel Dupré, de même sommes-nous plongés ici dans la lumière bleue de cette église. Gabriel Loire, qui a créé ces murs de vitraux à la lumière si singulière, était Français. Il a expliqué ce que cette couleur symbolisait pour lui : „Le bleu, c’est la paix“. „Das Blau ist für mich der Frieden.“

Et c'est entre-temps devenu réalité ! Du moins dans cette partie du monde. „Le bleu, c’est la paix.“ En janvier 1963, le Président Charles de Gaulle et le Chancelier Konrad Adenauer ont signé le traité d'amitié franco-allemand. Les deux voisins ennemis d'hier étaient officiellement devenus des amis.

Après deux épouvantables guerres, on l'avait reconnu des deux côtés : cela ne pouvait pas recommencer. Il fallait construire quelque chose ensemble. Cela s'est traduit au plan politique. Au lieu de se réarmer l'un contre l'autre, on fonda la CECA. „Des épées en socs“, pourrait-on dire ; la vision prophétique traduite en politique internationale concrète. C'est de là qu'est sortie en 1957 l'Europe des Six – le germe de l'Europe unie d'aujourd'hui.

Des témoins nous ont rappelé combien il était difficile alors de s'engager vraiment sur ce chemin. De renoncer volontairement au désir de revanche. De ne pas se laisser dominer par la méfiance, mais plutôt faire place à de nouvelles expériences : c'était un énorme défi pour l'âme. Et un projet politique important !

Quand le prophète Michée formule la vision audacieuse que les peuples „n'apprennent plus à faire la guerre“, il s'agit en fait de beaucoup plus pour nous. Il s'agit en fait d'apprendre une démarche active de paix. Il s'agit en fait de surmonter les anciennes haines par des actions communes et d'oser des pas vers l'amitié !

Et cela rejoint ce que Jésus nous a appris : Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Mais vous pouvez faire plus. Tournez-vous vers vos ennemis et faites cesser la haine ! C'est cela que Jésus veut susciter en nous.

Deux membres de notre comité de préparation l'ont vécu en personne.

Témoignage :

Mon mari est Allemand et je suis Française. Nous sommes tous les deux nés en 1946. Nos pères étaient officiers pendant la seconde guerre mondiale et ont ensuite été prisonniers. Ils étaient donc ennemis. Nous nous sommes connus en 1970. Chacun de nous a été accueilli à bras ouverts. Depuis 48 ans nous pratiquons la réconciliation que voulaient de Gaulle et Adenauer. Depuis 15 ans, j'ai les deux nationalités et je me sens européenne. Puisse Dieu protéger l'Europe, de sorte que nous, nos enfants et petits-enfants puissent continuer à vivre en paix.

Pasteur Martin Germer :

„ Ils n’apprendront plus la guerre“ : je pense ici aussi aux innombrables rencontres que l'Office franco-allemand pour la jeunesse a rendu possibles. Depuis longtemps des jeunes d'autres nations ont été inclus dans une partie de ce programme, et son expérience positive a été d'autant élargie. L'Office franco-allemand pour la jeunesse est un fruit du Traité d'amitié et le choeur franco-allemand, qui chante aujourd'hui pour nous, l'est aussi.

Ainsi, aujourd'hui, cent ans après la fin de la première guerre mondiale, on ne peut s'imaginer absolument rien d'autre que cette heureuse vie en commun. Dieu soit loué !

Mais nous ne voulons pas oublier que la paix ne va jamais de soi. Elle veut être reçue avec gratitude et être reconnue comme une entreprise collective. Avec les mots de la Bible, nous devons toujours répéter qu' „ils n’apprendront plus la guerre.“ Aussi nous revient-il – en tant que chrétiennes et chrétiens, français(es) et allemand(e)s – de nous porter garant d'une Europe qui est issue de cette histoire de réconciliation et il nous revient de la transmettre. Pour cela, puisse toujours Dieu nous „montrer la route“ et nous aider à „marcher dans ses pas“.

Amen.

Et la Paix de Dieu, qui est plus haute que toute chose, garde notre coeur et notre esprit en Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

Cantique 176 „Singt Jubilate“ de l' „Evangelisches Gesangbuch“ : „Wo Menschen sich vergessen, die Wege verlassen und neu beginnen, ganz neu: da berühren sich Himmel und Erde.“

Introduction à l'orgue „Wo Menschen sich vergessen“
(Quand les hommes s'oublient)

Wo Menschen sich vergessen, die Wege verlassen und neu beginnen, ganz neu, da berühren sich Himmel und Erde, dass Frieden werde unter uns, da berühren sich Himmel und Erde, dass Frieden Werde unter uns.

Wo Menschen sich verschenken, die Liebe bedenken und neu beginnen, ganz neu, da berühren sich Himmel und Erde...

Wo Menschen sich verbünden, den Hass überwinden und neu beginnen, ganz neu, da berühren sich Himmel und Erde…

Quand les hommes s'oublient, quand ils quittent le chemin et repartent à zéro, le Ciel et la Terre s'unissent pour que la paix descende parmi nous, le Ciel et la Terre s'unissent pour que la paix descende parmi nous.

Quand les hommes s'offrent, quand ils songent à l'amour et repartent à zéro, le Ciel et la Terre s'unissent ....

Quand les hommes s'unissent, quand ils surmontent la haine et repartent à zéro, le Ciel et la Terre s'unissent ....


Prions Dieu. La prière d'intercession a été écrite par le Pasteur Béatrice Cléro-Mazire de l'Oratoire du Louvre [elle a été un peu abrégée dans sa traduction allemande pour rester dans les temps du culte radiodiffusé] et est également dite ce matin dans notre paroisse soeur à Paris. Après quoi, le choeur franco-allemand chantera pour nous „La Grâce“ – „die Gnade“ , une composition du 16ème siècle qui sera suivie du Notre Père.

Intercession Première Partie

Notre Dieu, d’un côté et de l’autre du Rhin, des hommes, des femmes et des enfants t’ont prié avec la même ferveur, la même foi, la même liberté.

De part et d’autre du grand fleuve, des théologiens ont parlé de toi avec des pensées sœurs, s’admirant mutuellement, s’imitant même parfois.

La rive habitée par les uns fut même le refuge des habitants de l’autre rive, en d’autres temps.

Et les frères éclairés à la même lumière d’un Luther, d’un Bücer ou d’un Melanchthon se sont entretués dans un déferlement de rage.

Alors, du Dieu de la fraternité qui les appelait à la conversion, tu es devenu, dans leurs discours, le Dieu de la patrie qui les appelait à la guerre.

Rappelle-nous, Seigneur, puisque nous faisons mémoire, que nous sommes, tes enfants, frères éternellement appelés à vivre en paix.

Seigneur, nous t'implorons !
EGB 178.12 Kyrie ou simplement „Seigneur, aie pitié“

Intercession Deuxième Partie

Dieu de tous les hommes, de part et d’autre des frontières de tant de pays, aujourd’hui encore, des femmes, des hommes et des enfants, meurent sous les bombes et les balles d’autres hommes qu’ils connaissaient jadis en voisins pacifiques ; commerçant avec eux, échangeant leurs histoires, leurs langues et leurs cultures.

Et de voisins qu’ils étaient, ils sont devenus ennemis mortels.

Alors, ton nom a retenti dans leur cris pour justifier leur crime, pour faire de toi le Dieu de leur armée, le garant de leur droit à anéantir leur frère.

Rappelle-nous, Seigneur, puisque nous faisons mémoire, que tu ne nous appartiens pas, toi le très-haut et que ton nom est plus grand que nos guerres.

Seigneur, nous t'implorons !
EGB 178.12 Kyrie ou simplement „Seigneur, aie pitié“

Intercession Troisième Partie

Dieu de tous les enfants, d’une génération à l’autre, nous portons le souvenir des conflits qui ont animé notre histoire.

De nos enfants à nos parents, nous partageons la mémoire collective de ce qui a détruit les hommes à travers les âges.

Lieu identitaire, lieu nationaliste, lieu patriotique, la guerre ; et surtout celle que l’on n’a pas faite ; est souvent le point d’origine de toute nos fermetures à l’autre, de nos rejets et de nos peurs.

Alors, ton commandement à aimer notre prochain se perd au milieu de nos apriori et nous transmettons des haines qui ne sont ni les nôtres, ni celle de nos présumés ennemis.

Rappelle-nous, Seigneur, puisque nous faisons mémoire, que c’est le monde de nos enfants que nos idées construisent.

Seigneur, nous t'implorons !
EGB 178.12 Kyrie ou simplement „Seigneur, aie pitié“

Orgue : La Grâce de Jean Crispel

Transition au Notre Père

Prions maintenant ensemble selon les mots que Jésus Christ nous a enseignés :

Notre Père (en allemand et, en arrière plan, en français)

Vater unser im Himmel.
Geheiligt werde dein Name.
Dein Reich komme. Dein Wille geschehe, wie im Himmel, so auf Erden.
Unser tägliches Brot gib uns heute.
Und vergib uns unsere Schuld,
wie auch wir vergeben unsern Schuldigern.
Und führe uns nicht in Versuchung, sondern erlöse uns von dem Bösen.
Denn dein ist das Reich und die Kraft und die Herrlichkeit in Ewigkeit.
Amen.

Notre Père qui est au cieux.
Que ton nom soit sanctifié. Que ton règne vienne.
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous notre pain de ce jour.
Pardonne nous nos offenses,
Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé.
Ne nous abandonne pas dans la tentation, mais délivre nous du mal.
Car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire.
Amen.

Cantique 421 du recueil „Evangelisches Gesangbuch“
Verleih uns Frieden gnädiglich, Herr, Gott, zu unsern Zeiten!
Es ist doch ja kein andrer nicht, der für uns könnte streiten,
denn du unser Gott alleine.

Pasteur Martin Germer :

Bientôt, pendant 11 minutes, partout en France, les cloches vont sonner pour la paix.

Avec elles, les cloches de la Gedächtniskirche vont maintenant elles aussi envoyer leur sonnerie de paix sur Berlin. Pour les hommes et les femmes en France, en Belgique, en Pologne. Pour les hommes et les femmes en Allemagne. Pour les hommes et les femmes en Syrie et au Yémen et partout ailleurs dans le monde.

Et pour cela nous demandons la bénédiction de Dieu.

Bénédiction
(pendant la bénédiction, commence la sonnerie des cloches, commençant avec une cloche seule, puis rejointe par les autres)

Recevons la bénédiction de la part de Dieu :
Dieu nous bénit et nous garde.
Il nous accorde sa grâce.
Il tourne sa face vers nous et nous donne la paix. 

Der Herr segne dich und behüte dich.
Er lasse sein Angesicht leuchten über dir und sei dir gnädig.
Der Herr erhebe sein Angesicht auf dich und gebe dir Frieden.
Amen, amen, amen.


Fin de la retransmission, avec la sonnerie des cloches „live“

Le choeur chante le Cantique de Jean Racine pour l'auditoire présent dans l'Eglise

Message de Philippe Braunstein de l'Oratoire du Louvre à Paris

Liebe Gemeinde, sehr geehrter Herr Pfarrer, herzlichen Dank, dass Sie uns, Französichen Gästen, erlaubt haben, in Berlin dem Gott aller Schöpfungen und Zeiten unsere Anerkennung für diese Augenblicke, die er uns erteilt hat, auszusprechen, und vor allem für unsere Schicksalsbrüderschaft : hoffen wir dass der heutige Gottesdienst bewirkt, eine gegenseitige Freundschaft in unseren Gemeinden zu befestigen, die unsere beiden Geschichten beachtungsvoll anerkennt und zwischen unseren Ländern weitere Treffen zu ermitteln versucht.

Chers paroissiens, Cher Pasteur Germer, recevez mes remerciements chaleureux pour nous avoir permis d'exprimer notre reconnaissance au Dieu de tous les instants et de toutes les choses pour ce moment qu'il nous a donné et surtout pour notre communauté de destin : nous espérons que le culte d 'aujourd'hui permettra de fonder entre nos deux paroisses une amitié réciproque qui reconnaisse nos deux histoires et qui tente de trouver le moyen de nouvelles rencontres entre nos pays.

Hier möchte ich einen immerwährenden Text von Voltaire, der in Berlin vom König Friedrich dem Zweiten eingeladen und unterstützt wurde, vorlesen. Es ist das berühmte Gebet an Gott ( Kapitel XXIII seines « Traité sur la Tolérance » ) :

Je voudrais maintenant lire un texte éternel de Voltaire, qui a été invité à Berlin par son protecteur, le roi Frédéric II. C'est la célèbre Prière à Dieu (au chapitre XXIII de son Traité sur la Tolérance) :

« Nun möchte ich mich nicht mehr an den Menschen anwenden, sondern an Dich, Gott aller Wesen, aller Schöpfungen und aller Zeiten.. ; Du hast uns nicht einen Herz beschert, dass wir uns hassen und Hände, dass wir uns erwürgen ….Dass alle kleine Einzelheiten die die Urstoffteilchen der Menschheit unterscheiden nicht als Hass- und Verfolgungszeichen wirken...Dass sich alle Menschen erinnern, dass sie Brüder sind.
Benützen wir den Augenblick unseres Lebens auf dieser Erde um in tausenden Sprachen, von Siam bis Kalifornien, Deiner himmlischen Güte, die uns diesen Augenblick beschert hat, zu preisen»

«  Ce n'est plus aux hommes que je m'adresse ; c'est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps...Tu ne nous as pas donné un coeur pour nous haïr et des mains pour nous égorger...Que toutes les petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution. Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères ! Employons l'instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu'à la Californie, Ta bonté qui nous a donné cet instant... »

Danke an allen Anwesenden !
Merci de votre attention !

Liebe Gemeinde, sehr geehrter Herr Pfarrer, herzlichen Dank, dass Sie uns, Französischen Gästen, erlaubt haben, in Berlin dem Gott aller Schöpfungen und Zeiten unsere Anerkennung für diese Augenblicke, die er uns erteilt hat, auszusprechen, und vor allem für unsere Schicksalsbrüderschaft : hoffen wir dass der heutige Gottesdienst bewirkt, eine gegenseitige Freundschaft in unseren Gemeinden zu befestigen, die unsere beiden Geschichten beachtungsvoll anerkennt und zwischen unseren Ländern weitere Treffen zu ermitteln versucht.Chers paroissiens, Cher Pasteur Germer, recevez mes remerciements pour nous avoir permis d'exprimer notre reconnaissance au Dieu de tous les temps et de toutes les choses pour ce moment qu'il nous a donné et avant tout pour notre communauté de destin : nous espérons que le culte d 'aujourd'hui permettra de fonder entre nos deux paroisses une amitié réciproque qui reconnaisse nos deux histoires et qui tente de trouver le moyen de nouvelles rencontres entre nos pays.
Hier möchte ich einen immerwährenden Text von Voltaire, der in Berlin vom König Friedrich dem Zweiten eingeladen und unterstützt wurde, vorlesen. Es ist das berühmte Gebet an Gott ( Kapitel XXIII seines « Traité sur la Tolérance » ) :Je voudrais maintenant lire un texte éternel de Voltaire, qui a été invité à Berlin par son protecteur, le roi Frédéric II. C'est la célèbre Prière à Dieu (au chapitre XXIII de son Traité sur la Tolérance) :
« Nun möchte ich mich nicht mehr an den Menschen anwenden, sondern an Dich, Gott aller Wesen, aller Schöpfungen und aller Zeiten.. ; Du hast uns nicht einen Herz beschert, dass wir uns hassen und Hände, dass wir uns erwürgen ….Dass alle kleine Einzelheiten die die Urstoffteilchen der Menschheit unterscheiden nicht als Hass- und Verfolgungszeichen wirken...Dass sich alle Menschen erinnern, dass sie Brüder sind.
Benützen wir den Augenblick unseres Lebens auf dieser Erde um in tausenden Sprachen, von Siam bis Kalifornien, Deiner himmlischen Güte, die uns diesen Augenblick beschert hat, zu preisen»
«  Ce n'est plus aux hommes que je m'adresse ; c'est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps...Tu ne nous as pas donné un coeur pour nous haïr et des mains pour nous égorger...Que toutesles petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution. Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères ! Employons l'instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu'à la Californie, Ta bonté qui nous a donné cet instant... »
Danke an allen Anwesenden !Merci de votre attention !

Lecture de la Bible

Michée 4, 1-3

01 Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la Maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, elle s’élèvera au-dessus des collines. Vers elle afflueront des peuples
02 et viendront des nations nombreuses. Elles diront : « Venez ! montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob ! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. » Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur.
03 Il sera le juge entre des peuples nombreux et, jusqu’aux lointains, l’arbitre de nations puissantes. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre.

Luc chapitre 6, versets 27 à 37

27 - Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.
28 - Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient.
29 - À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
30 - Donne à quiconque te demande et, à qui prend ton bien, ne le réclame pas.
31 - Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.
32 - Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
33 - Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant.
34 - Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent.
35 - Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants.
36 - Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
37 - Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez et vous serez pardonnés.