Christ vous a laissé un exemple

1 Pierre 2:19-25

Culte du 7 mai 2017
Prédication de pasteur Jean-Frédéric Patrzynski

Vidéo de la partie centrale du culte

film réalisé bénévolement par Soo-Hyun Pernot

Culte du dimanche 7 mai 2017
prédication du pasteur Jean-Frédéric Patrzynski

«Vous avez été appelés parce que Christ, lui aussi, a souffert pour vous et vous a laissé un exemple, afin que vous suiviez ses traces ».

Le Christ, notre Seigneur, nous a laissé un exemple. Lui, le bon berger dont parle Jean, nous a guidés afin que nous suivions ses traces. C’est ce que nous pourrions appeler une parole simple qui peut ne pas nous émouvoir au contraire de certaines paroles de l’Evangile qui paraissent plus fortes, plus intenses, plus percutantes. Cette parole-ci est une parole que l’on peut écouter sans vraiment l’entendre. C’est une parole qui possède une mélodie harmonieuse à nos oreilles, un peu comme les musiques que l’on peut écouter dans les centres commerciaux. On finit par ne plus y faire vraiment attention. C’est aussi ce qui peut se passer pour nos fêtes religieuses : Noël, Epiphanie, Pâques ou Pentecôte. Elles rythment nos existences mais sans vraiment les transformer. On peut se dire chrétien par habitude ou même, parfois, pour se reposer. C’est simple. Il n’y a pas à réfléchir. Je suis chrétien. Le Christ est mon berger. Il me guide. J’ai confiance en lui. Je suis bien dans le troupeau au milieu des autres. Mais est-ce cela que le Seigneur a voulu ? Si je pose la question, c’est que, bien sûr, ceci n’est pas évident. Peut-être ai-je tort de vouloir remettre en question ma façon de vivre, celle de mon Eglise, celle de la chrétienté ? Seulement, mes amis, il me semble utile parfois de me secouer. Et voici que notre Seigneur lui-même nous réveille comme il vient de le faire.

« Vous avez été appelés afin que vous suiviez les traces du Christ ».

Suivre les traces du berger, c’est marcher là où il marche, s’arrêter quand il s’arrête, suivre les routes qu’il décide de prendre. Là, déjà, peut s’installer le trouble dans nos esprits. En effet, il est possible que nous ne voulions pas marcher quand il marche, nous arrêter quand il s’arrête et surtout prendre certaines routes qu’il prend.

Suivre ses traces, c’est aussi agir comme lui-même a agi. Ne dit-il pas que celui qui croit en lui accomplira les œuvres qu’il fait ? C’est aussi parler comme lui-même a parlé. Suivre ses traces, en serait-ce pas également annoncer l’Evangile comme lui-même ?

Aussi, il est peut-être temps de nous rappeler ce qu’est cet Evangile, cette Bonne Nouvelle que Jésus, le Fils de Dieu, a proclamé aux hommes et aux femmes de son temps.

L’Evangile est la promesse du salut offert par Dieu à tous les êtres humains. Ce salut est signifié dans la mort du Christ pour tous les hommes afin de les libérer du péché et de la mort. Et le Christ, faut-il le rappeler, n’est pas mort pour ceux qui étaient bons et justes. Il est mort pour tous les pécheurs. Et voici que nous sommes appelés à reconnaître quelque chose qui peut nous troubler. Christ est mort pour tous, nous les méchants. Il est mort pour le blanc, le noir, le rouge et le jaune. Il n’est pas mort pour une race particulière, ni pour un peuple particulier, comme le nôtre, par exemple. Il est mort pour tous sur la croix. Il est donc mort pour tous les dictateurs de tous les pays et de toutes les époques. Quand nous prenons conscience de cela, nous pouvons être portés dans la colère. N’est-ce pas une parole insoutenable ? N’est-ce pas une parole que nous avons beaucoup de difficultés à accepter ? Et si ce n’était qu’une parole ! Mais il s’agit aussi d’un acte. Le Christ, en écartant ses bras sur la croix, a aussi accueilli tous les dictateurs de ce monde. C’est injuste ! Injuste à nos yeux mais que pouvons-nous y faire ? Pourrions-nous interdire à Dieu d’offrir son Fils pour tous les hommes ? Pourrions-nous interdire au Christ de mourir pour certains ? Si nous faisions cela, alors le sacrifice du Christ serait inutile pour l’humanité. Il ne serait donc pas le salut du monde !

Dieu nous conduit à voir par-delà les apparences. Notre foi doit éveiller nos consciences afin de remettre en question nos propres jugements, nos propres condamnations à l’égard de tel ou tel. Notre foi nous apprend que l’Evangile est l’amour de Dieu annoncé pour tous les hommes et pas pour seulement quelques-uns. L’Evangile, c’est proclamer le pardon même quand celui-ci parait difficile à donner. C’est apporter, affirmer et construire la paix alors que tout le monde dit la guerre.

L’Evangile, c’est faire jaillir la Vérité au milieu du mensonge, de la désinformation et de la manipulation des peuples. L’Evangile, c’est vivre la joie quand le monde pleure. C’est dire : attention, ce n’est pas gagné quand tout le monde affirme le contraire. L’Evangile n’est pas la sagesse humaine. Il n’est pas non plus règlement de vie en société. Il est libération, amour et paix. C’est ce que nous dirons pendant l’assemblée générale de la Fédération Luthérienne Mondiale à Windoek en Namibie où notre Eglise sera représentée par votre serviteur et le pasteur Claire Sixt-Gateuil : « Libérés par la grâce de Dieu ».

Parfois, nous pouvons avoir tendance à croire que l’Evangile est conforme à notre pensée, à nos désirs et à nos affirmations. Alors que le Christ, lui-même, remet en cause l’idée que les hommes se font de Dieu. Il remet en cause la nature de l’ordre établi. Lui, le chef, se fait le serviteur de tous. Lui, le Dieu vivant, se fait clouer sur le bois de l’infamie. Et c’est aisni, mes amis, qu’il nous remet en cause.

L’apôtre Pierre nous rappelle que suivre les traces du Christ comporte certains risques. Il le rappelle à chaque baptisé, à la communauté, à l’Eglise qui est le corps du Christ au cœur du monde. Si nous suivions vraiment les traces du Christ, c’est au Golgotha que nous parviendrions. Nous ne pouvons pas faire comme si cela n’existait pas. Une Eglise qui chercherait à atteindre la gloire sans accepter la croix du Golgotha ne suivrait pas les traces du seigneur. Elle succomberait à la tentation que le Christ, lui-même, a subie sans y tomber. Elle se prosternerait devant le diable qui lui offrirait les royaumes de la terre. Et le Christ souffre de cela. Nous n’avons pas assez entendu Jésus nous parler sur la route d’Emmaüs. Il a pourtant rappelé aux disciples qu’il « fallait que le Christ souffrit pour entrer dans sa gloire ».

Nous devons donc prendre conscience des implications dans nos existences si nous suivons le Christ.

Etre prêts à poser un acte, à oser une parole dans ce monde et pour ce monde. Nous devons avoir le courage de risquer nos réputations, nos conforts, nos habitudes, nos principes et nos certitudes. Je vous l’accorde, cela n’est pas facile. Cela peut même parfois être très difficile. Il n’est qu’à voir les exemples que le Seigneur nous donne : Victor Jara, exécuté par le général dictateur et chrétien Pinochet ; Dietrich Bonhoeffer, exécuté pour avoir voulu détruire la bête immonde ; Camillo Torrès, exécuté par le général dictateur chrétien Vidéla, et tant d’autres encore…

Suivre les pas du Seigneur, accomplir les œuvres qu’il fait, c’est, une fois passé les ténèbres de la haine et du mépris, parvenir aussi à la résurrection. Ce que justement l’apôtre appelle la gloire. Ressusciter signifie alors vivre nouveau, être libéré de tout ce qui pouvait nous emprisonner. Parvenir à la résurrection, ce serait alors parvenir à porter nos regards au-delà de ce que nous voyons ; parvenir à remettre en question même ce qui nous parait immuable. Ressusciter avec le Christ, c’est parvenir à la vraie liberté des enfants de Dieu que rien ne peut emprisonner. Liberté vécue pleinement et totalement dans l’amour. Ressusciter avec le Christ, c’est vivre cet amour pour l’autre et pour soi où il nous est donné d’apprendre à recevoir autant que de donner.

Suivre les traces du Christ, c’est partir à l’aventure sans savoir où cela pourra nous conduire. Mais partir avec confiance parce que notre berger sait ce dont nous avons besoin et qu’il partage avec nous ce qu’il reçoit de son Père. Partir comme Abraham est parti sans savoir où il allait mais certain que son Seigneur le conduirait dans sa lumière et dans sa paix.

Quelques semaines après Pâques, Dieu nous met debout. Il prend la tête de notre communauté. Il se met en marche et il nous invite à le suivre. Soyons confiants, suivons-le, redressons-nous pour annoncer l’Evangile, accomplir les œuvres qu’il fait et proclamer l’unité et la fraternité de tous les hommes parce que tous sont enfants d’un même Père.

Amen !

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Lecture de la Bible

1 Pierre 2:19-25

Car c’est une grâce de supporter des afflictions par motif de conscience envers Dieu, quand on souffre injustement.

20 En effet, quelle gloire y a-t-il à supporter de mauvais traitements pour avoir commis des fautes? Mais si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien, c’est une grâce devant Dieu.

21 Et c’est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces,

22 Lui qui n’a point commis de péché, Et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude;

23 lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à celui qui juge justement;

24 lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris.

25 Car vous étiez comme des brebis errantes. Mais maintenant vous êtes retournés vers le berger et le gardien de vos âmes.

(Traduction NEG)

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