A l’aube d’une vie nouvelle

Jean 21:1-14

Culte du 21 novembre 2021
Prédication de Vincens Hubac

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 21 novembre 2021
« A l’aube d’une vie nouvelle »

Culte présidé par la Pasteure Béatrice Cléro-Mazire
Prédication par le Pasteur Vincens Hubac
Musique : David Cassan, organiste co-titulaire

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Liturgie 1

Prédication : A l’aube d’une vie nouvelle

A la fin du 1er siècle, une main inconnue a rédigé le chapitre 21, sans doute un résumé de la foi de la communauté johannique à cette époque, moment crucial et charnière entre la fin des témoins oculaires et le début de l’Eglise. La Bonne Nouvelle du Salut y est exprimée en trois points qui nous concernent et nous parlent toujours aujourd’hui. Il importe donc de tirer de la symbolique johannique une vérité éternelle.

Tout d’abord, ils sont tous liés, ou presque. Pierre, souvent gaffeur, parfois violent, car il coupe l’oreille du serviteur du grand prêtre ; de plus, Pierre renie … Thomas est là, lui qui doute, et Jacques et Jean, les fils de Zébédée, qui veulent la meilleure place… Nathanaël qui est l’homme de la loi, et les deux inconnus que l’on rencontre chez Luc à Emmaüs, mais aussi chez Marc à la campagne. En somme, des gens qui ne sont pas des exemples de perfection pour la plupart. Ou alors, ils sont des inconnus, de telle sorte qu’on peut s’identifier à l’un ou à l’autre. Dans tous les cas, l’Evangile ne demande pas la perfection (cf. les brebis perdues). La grâce est bel et bien gratuite, le signe d’un amour divin qui touche tout le monde. C’est bien là le premier aspect de l’annonce du Salut que contient ce récit : nous sommes tous concernés par le message de la résurrection.

Les hommes de cette histoire sont tous des pêcheurs professionnels qui connaissent le lac, ils sont même à la tête de PME de pêcherie (le père des fils de Zébédée a aussi des ouvriers). C’est de plus le pays de Jésus. Nous sommes dans le quotidien. « Je vais à la pêche », dit Pierre : du labeur de la vie, des espérances et des désespoirs, des échecs et des réussites. Jésus a prêché là sur la barque par exemple. Il est aussi sûrement venu au bord du lac durant sa jeunesse. L’Evangile se passe dans nos milieux de vie, au quotidien. Déjà le Deutéronome le souligne bien : la Parole est là dans ton cœur, ni trop haute au ciel, ni trop basse sous la terre …

Ici, la Bonne Nouvelle se trouve au cœur du monde et de la nuit des hommes. L’Evangile de Jean est très symbolique et la nuit signifie bien souvent la mort, de même que le lac dont le fond rejoint le sheol (le séjour des morts) et d’où sortent les monstres de l’Apocalypse (cf. Jésus qui marche sur l’eau et calme la tempête : il domine ce monde obscur).

Travail d’une nuit, infructueux. Il va falloir rentrer bredouille sans rien à manger ni à vendre. Echec, nuit, solitude du lac, « aller à la pêche » ne produit pas.

Au matin, quand tout est perdu, il y a quelqu’un sur la rive qui va se révéler par la Parole. Jésus n’est pas reconnu. L’incroyable de la résurrection peut-il se produire ? … Il faut la Parole qui fait écho à nos paroles. Le logos du Prologue, créateur, sens, interpellation, divin qui répond à notre âme, à nos vies. De la tendresse ici : « les enfants », signe d’un amour paternel et d’une relation de proximité. La Parole questionne, fait réfléchir, déplace. « Avez-vous à manger ? ». De quelle nourriture parle Jésus ici ? Ils répondent pratiques et basiques : « Non », ils n’ont rien, pas de pêche. Ils sont réduits à la plus simple expression de l’humain. En fait, Jésus parle d’autre chose que de nourriture matérielle (ici le poisson) : en grec, le poisson, ἰχθύς – I CH TH U S, est l’anagramme de Jésus-Christ, fils du Dieu Sauveur ». La question est donc : « Avez-vous du Jésus en vous ? » Fondamental. L’humanité n’est pas d’une seule pièce mécanique comme on veut le faire croire depuis La Métrie (18e siècle) jusqu’au transhumanisme. L’humain n’est pas non plus matérialiste ou consumériste ; il a au moins du Jésus en lui ou avec lui. La question que pose Jésus aux pêcheurs du lac est là pour les réveiller, en faire des vivants qui ne renoncent pas, qui sortent d’eux-mêmes pour jeter le filet ailleurs … Et ça marche ! La Parole dynamise, c’est celle du vivant pour les vivants. Combien sont-ils les brisés de la vie, dépressifs, fatigués, las, découragés … ? « Debout », dit la Bible. « Jetez le filet ailleurs. Sortez de vos conditions où on veut trop souvent vous enfermer, abandonnez le monde de la nuit et de la mort, embrassez la liberté. »

Alors on prend conscience de sa nudité, de sa finitude, puis de son être en plénitude matérielle et spirituelle. Christ est en nous et nous attend (le Christique). Alors se lève l’aurore et la vie nouvelle pour les hommes nouveaux produisant une vie pleine de richesses spirituelles et de témoignages, ici les cent-cinquante-trois gros poissons. Alors la journée peut commencer avec le ressuscité, avec la Cène : du pain et du poisson. Deux manières de dire le Christ du Royaume : la lumière et l’espérance dans les nuits de nos vies. L’aube pointe toujours ses rayons malgré tous les « malgré ». « Je vais à la pêche », dit Pierre. « Jetez vos filets ailleurs », dit Christ.

Amen.


Lecture de la Bible

Evangile de Jean, chapitre 21, versets 1 à 14

[Louis Segond]

Après cela, Jésus se montra encore aux disciples, sur les bords de la mer de Tibériade. Et voici de quelle manière il se montra.
Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble.
Simon Pierre leur dit: Je vais pêcher. Ils lui dirent: Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien.
Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage; mais les disciples ne savaient pas que c'était Jésus.
Jésus leur dit: Enfants, n'avez-vous rien à manger? Ils lui répondirent: Non.
Il leur dit: Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons.
Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: C'est le Seigneur! Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer.
Les autres disciples vinrent avec la barque, tirant le filet plein de poissons, car ils n'étaient éloignés de terre que d'environ deux cents coudées.
Lorsqu'ils furent descendus à terre, ils virent là des charbons allumés, du poisson dessus, et du pain.
10  Jésus leur dit: Apportez des poissons que vous venez de prendre.
11  Simon Pierre monta dans la barque, et tira à terre le filet plein de cent cinquante-trois grands poissons; et quoiqu'il y en eût tant, le filet ne se rompit point.
12  Jésus leur dit: Venez, mangez. Et aucun des disciples n'osait lui demander: Qui es-tu? sachant que c'était le Seigneur.
13  Jésus s'approcha, prit le pain, et leur en donna; il fit de même du poisson.
14  C'était déjà la troisième fois que Jésus se montrait à ses disciples depuis qu'il était ressuscité des morts.

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