Le sabbat

Veiller de Juillet 2014 n° 333

La bienfaisance de Dieu

Ô Dieu bienfaisant,
Tu es vivant et donnes la vie à tous !
Si nous devenons faibles, tu nous fortifies.
Si nous nous égarons,
tu nous mets sur le droit chemin.
Si nous sommes timides, tu nous encourages.
Si nous tombons dans le péché,
tu nous guéris et nous purifies.
Si nous tardons, tu patientes.
Si nous refusons, nous,
toi, tu accordes et donnes très libéralement.
Si nous perdons courage, tu t’attristes.
Si, au contraire, nous devenons intrépides,
tu te réjouis.

Grégoire de Narek ( 950-1010),
moine et docteur de l’Eglise arménienne

Editorial

Chère sœur, cher frère en Christ,

Permets qu’aujourd’hui, je m’adresse à toi sous forme de lettre, dans mon désir de proximité et de partage d’un aspect de notre prière.

Tu le sais, celle-ci nous place chacun dans le secret de notre chambre, devant Dieu notre Père commun, qui nous y attend dans sa bienveillance et sa patience admirable !

Cette prière dans le lieu secret, non seulement te rapproche de Dieu dans l’intimité de l’adoration ; mais elle tisse entre nous comme un filet invisible et cependant perceptible qui renforce les relations dans la Fraternité et nous soutient les uns les autres. Nous, qui sommes des frères et sœurs dispersés, souvent isolés, voilà que la prière, dans une mystérieuse communion, nous unit et nous dynamise en secret. Là est bien l’œuvre du Saint-Esprit !

La solitude de ta chambre peut te paraître parfois pesante et obscure ; mais n’oublie pas qu’elle est aussi une solitude habitée par Dieu, même dans son silence, mais aussi par les autres, des frères et des sœurs, avec qui tu es placé dans la même sollicitude, sous le même regard. C’est un encouragement, une consolation, une joie, dans l’union des cœurs. Je dirai encore plus, cette solitude est également habitée par la présence-absence des frères et sœurs qui nous ont devancés dans la Paix et la Gloire de Dieu.

Lors de notre dernière rencontre « Veilleurs et sympathisants » à Oullins, nous étions 14, ce qui pourrait paraître un petit nombre ; mais nous avons porté dans nos cœurs et dans la prière les 18 absents qui se sont excusés pour diverses raisons ou situations difficiles. Je t’assure qu’ils étaient tous là, bien présents. N’est-ce pas ce que nous appelons la « communion des Saints » ?

A 14 personnes, nous avons fonctionné différemment laissant, pour une fois, plus de place au partage, en parlant de sa vie quotidienne, de son parcours, de ses expériences, de ses joies et difficultés. Ce temps en profondeur, dans l’écoute silencieuse a permis de porter avec discrétion et compassion, les souffrances de chacun et de se réjouir avec ceux pour qui tout allait bien. Ce temps a permis aussi de saisir combien nous avions besoin de nos prières mutuelles, pour nous sentir fortifiés dans le Seigneur et pour recevoir de Lui, dans cette communion, plus d’ouverture, d’aération et de miséricorde, ainsi qu’un nouveau regard sur les autres. Chacun est reparti dans une féconde proximité, certain que sa propre prière serait enrichie par la présence de ses frères et sœurs en Christ et enrichirait la leur.

Oui, que Dieu maintienne en toi, la complicité de la prière.

Que Dieu nous bénisse chacun et tous ensemble.

Je te salue bien fraternellement,

Ta sœur en Christ, Claude Caux-Berthoud

Echo de Belgique

« Le bonheur renversant des Béatitudes »,

un message délivré par Sœur Christiane Jouve, Communauté de Pomeyrol

Nous étions vingt-cinq, le 25 janvier dernier, Veilleurs et sympathisants, venus de Belgique ou du Nord de la France, à nous retrouver à Tournai autour de Sœur Christiane. Après un tour de table varié et sympathique où se révélaient familiers et nouveaux, puis un petit culte du matin dans le temple, Sœur Christiane nous a délivré son message sur « le bonheur renversant des Béatitudes ».

Il s'agit tout d'abord de faire le point sur ce qu'est le bonheur, quête permanente et commune à toute l'humanité, qui semble comme un objectif à la fois indépassable, insaisissable et inatteignable. Et puis de voir ce que nous en disent la Bible, cette « mélodie du bonheur », et Jésus, ce Juif pratiquant et « heureux » de ce bonheur des Béatitudes et discernant dans la foule des gens « heureux » de ce bonheur-même. Et la foule perçoit dans son enseignement des paroles de Vérité.

Et de même que le livre des Psaumes commence par le mot « Heureux » et se termine par le mot « Alléluia », de même la dernière parole de Moïse sera une promesse de bonheur : « Choisis la vie » (Dt 30, 15-20) et « Heureux êtes-vous » (Dt 33, 29). C'est le bonheur d'une vie libérée qui s'exprime dans le partage que Jésus, nouveau Moïse, est venu rappeler aux foules.

Dans ces Béatitudes énoncées par Jésus et qui concernent l'ordinaire de notre vie, Sœur Christiane distingue les deux Béatitudes au présent (Mt 5, 3 et 10) qui encadrent les autres. Béatitudes certes paradoxales et déroutantes au premier abord : les pauvres, les persécutés. Mais, citant Antoinette Butte (L'Incarnation), Sœur Christiane nous rappelle que « la pauvreté n'est pas une vertu, c'est un talisman », car le pauvre peut tout recevoir de l'autre, il rend grâce pour tout.

Les autres Béatitudes dessinent un monde sur lequel est porté un regard différent : un monde où ce sont les doux qui sont héritiers, où ce n'est pas la mort qui limite la vie, mais l'inverse, et où le miséricordieux nourrit sa miséricorde de celle qu'il reçoit lui-même. Elles dessinent un monde de relations ajustées aux autres comme à Dieu, et de personnalités unifiées dans leur identité d'enfants de Dieu et où chacun, en bâtisseur de paix, peut vivre à sa juste place. Sommes-nous prêts, en bons jardiniers, à attendre que germe ce futur dans sa nouveauté ?

L'après-midi, le partage a été riche et vivant. Tous ont été fortement interpellés par les paroles de Sœur Christiane et il est bien difficile de restituer l'abondance des réactions. Si au départ beaucoup se sont interrogés sur la notion de béatitude, même dans la traversée du malheur et de l'adversité, la conversation a un moment tourné sur la question de la guérison, de son exaucement et de sa réalisation physique et spirituelle, et certains ont rappelé que ce qui vient avant, c'est l'exaucement du pardon et de la remise en marche.

Et justement, tous ont apprécié la vision dynamique des Béatitudes que nous a communiquée Sœur Christiane qui nous invitait à « réajuster » notre point de vue sur la question du bonheur et sur les « cœurs purs », à ne pas concevoir comme une pureté morale mais comme une invitation à l'unification du cœur. De là, la discussion a glissé sur notre propension à être dépendants du regard des autres et notre difficulté à accepter nos faiblesses, or les Béatitudes nous invitent au « lâcher-prise » et à la capacité de nous recevoir d'un Autre en laissant l'Esprit travailler en nous. Puis, on a pu s'interroger sur l'engagement des Chrétiens et des Eglises dans un combat pour la vie simple au fil de l'histoire et aujourd'hui.

En bref, ponctuée de moments de prière, du repas pris en commun et achevée par un culte, cette journée nous a non seulement nourris mais encore nous a permis de très beaux échanges et de très fraternels partages.

Francoise M., Roubaix

Réflexion

Le Shabbat

Voici une histoire tirée de la Mishnah, de l’enseignement oral juif, consignée dans le talmud.

Rabbi Houna a dit : « Si quelqu’un, traversant le désert, ne sait pas quel est le jour du Shabbat, qu’il compte six jours et observe le Shabbat le septième jour ».

Mais selon Rabbi Hiya, il doit d’abord observer le Shabbat, puis compter six autres jours.

Alors, le Talmud pose la question : Sur quoi se fonde cette différence d’opinion ?

Le premier pense que le voyageur doit suivre l’ordre de la création du monde et donc faire Shabbat le septième jour, le second pense qu’il doit faire comme Adam le premier homme qui a été créé le sixième jour et n’a donc pas attendu six jours pour connaître le Shabbat.

Qu’il soit le premier ou le dernier jour de la semaine, l’important c’est d’observer le Shabbat, ce jour mis à part pour Dieu et de nous y consacrer entièrement et joyeusement.

Père, nous te rendons grâce pour ce jour de repos que tu nous donnes et qui est pour nous l’occasion de prendre du recul par rapport à notre quotidien, de faire le point sur notre existence ainsi que de nous mettre à ton écoute. Que chaque jour de la semaine, du premier au dernier, soit pour nous jour de fraternité, de bénédiction et de louange à ta gloire.

JJH.

A propos du sabbat.

Le septième jour de la semaine, jour du sabbat, est l’un des fondements-même du judaïsme. Dans la Bible, il apparaît comme l’apogée de la création du monde qui impose un jour de repos pour toute la maisonnée, y compris les serviteurs, l’étranger, et même les animaux, tous ceux qui vivent sous le toit familial.

C’est également la troisième recommandation du décalogue associée à la libération de l’esclavage. Le sabbat est encore signe d’alliance entre Dieu et son peuple, l’expression de la sanctification et de la bénédiction. Il est à la fois mis en relation avec la création, avec la révélation au Sinaï et avec la rédemption, la délivrance, le salut. Rappelons-nous que le nom de Jésus, en hébreu, signifie : Dieu sauve ou encore le Rédempteur, le Sauveur.

Mais si le sabbat est un jour pour le repos de l’homme, il est aussi un jour pour Dieu, un jour qui lui est consacré, un jour pour jouir de sa présence, de sa bienveillance, de sa miséricorde, de son amour, et pour exprimer notre reconnaissance à son égard et nous mettre à son écoute. Le sabbat est un jour où l’on fait mémoire de la théodicée, un jour ou l’on se rappelle la bonté de Dieu, où on la commémore, où on la célèbre en la revivant à travers la méditation de la Torah, de l’enseignement biblique.

Nous voyons dans les évangiles combien Jésus était attaché à la synagogue qu’il fréquentait chaque sabbat, prenant d’ailleurs part à la lecture et au commentaire de l’Ecriture.

Bien plus qu’une interdiction du travail en vue du repos, dans le judaïsme, l’observance du sabbat implique l’obligation de se consacrer à Dieu, de se réjouir et de faire du bien, notamment en rendant visites aux malades. Ce sont là des raisons pour lesquelles Jésus fréquente la synagogue, la maison d’étude, y enseigne et y apporte le secours, les soins nécessaires à ceux qui en ont vraiment besoin.

Au chapitre 6 de l’Evangile selon Luc, nous trouvons dans les versets 1 à 11, deux petits récits qui se sont déroulés un jour de sabbat.

La cueillette des épis et l'observation du sabbat (Luc 6, 1-5) :

« Or, un second sabbat du premier mois, comme il traversait des champs de blé, ses disciples arrachaient des épis, les frottaient dans leurs mains et les mangeaient. Quelques Pharisiens dirent : " Pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis le jour du sabbat ? " Jésus leur répondit : " Vous n'avez même pas lu ce que fit David lorsqu'il eut faim, lui et ses compagnons ? Comment il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l'offrande, en mangea et en donna à ses compagnons: ces pains que personne n'a le droit de manger, sauf les prêtres et eux seuls ? " Et il leur disait: " Il est maître du sabbat, le Fils de l'homme. " »

Ce premier récit vient en réponse à une interpellation des pharisiens qui s’indignent que les disciples de Jésus arrachent des épis de blé pour en manger les semences. Voilà qui est considéré comme un travail, ce qui, un jour de sabbat, est contraire à la Loi. Mais cette même Loi prévoit qu’en cas de nécessité, la sauvegarde et l’entretien de la vie priment sur le respect des interdits religieux, ce que les opposants de Jésus ont volontairement oublié. Jésus leur répond, en rappelant un évènement du passé : David et les siens ayant faim sont entrés dans le sanctuaire et se sont emparés des pains offerts à Dieu et réservés aux prêtres, transgressant ainsi la loi mosaïque sans être pour autant foudroyés. C’est une manière de contester le pouvoir abusif des autorités religieuses mais aussi de mettre la spiritualité à la portée de tous. Ce qui compte avant tout le jour du sabbat c’est de faire le bien gracieusement, au nom de l’amour de Dieu.

Guérison d'un homme à la main desséchée le jour du sabbat (Luc 6, 6-11) :

« Un autre jour de sabbat, il entra dans la synagogue et il enseigna; il y avait là un homme dont la main droite était paralysée. Les scribes et les Pharisiens observaient Jésus pour voir s'il ferait une guérison le jour du sabbat, afin de trouver de quoi l'accuser. Mais lui savait leurs raisonnements; il dit à l'homme qui avait la main paralysée: " Lève-toi et tiens-toi là au milieu. " Il se leva et se tint debout. Jésus leur dit : " Je vous demande s'il est permis le jour du sabbat de faire le bien ou de faire le mal, de sauver une vie ou de la perdre. " Et les regardant tous à la ronde, il dit à l'homme : " Étends la main. " Il le fit et sa main fut guérie. Eux furent remplis de fureur et ils parlaient entre eux de ce qu'ils pourraient faire à Jésus. »

Ce second récit, rapporte encore une attitude de suspicion des scribes et pharisiens à l’égard de Jésus, pour le coincer et l’accuser de blasphème avant de pouvoir l’exécuter. Reconnaissons qu’il n’y a pas que les gens du passé qui agissent ainsi. Qui veut noyer son chien lui trouve toujours des puces. Mais ici Jésus prend les devants, il ne craint pas d’affronter ses adversaires et de leur faire voir leurs erreurs, en utilisant leur terminologie légaliste : " Je vous demande s'il est permis (autorisé) le jour du sabbat de faire le bien ou de faire le mal, de sauver une vie ou de la perdre " (v. 9). Ils savent bien que ce n’est pas seulement une autorisation mais une obligation. Jésus n’attend pas la réponse de ses opposants, qui l’épient (v. 7), et leur lançant un regard de défi, il demande à cet homme handicapé de se lever (résurrection) et de se placer au milieu du cercle des récriminants (lui rendre une place centrale en tant qu’humain). Le sauvetage d’une vie amoindrie prime sur les dispositions négatives de la Loi du sabbat (v10).

Au verset 11, on nous dit que scribes et pharisiens sont remplis de fureur, de folie, littéralement de déraison (anoïa en grec), qui est la figure opposée à la conversion (métanoïa) qui est retour à la raison.

Dans la Bible, la main est l’organe de la création de l’homme. De la glaise, Dieu façonna l’humain en le modelant de ses propres mains et l’homme est appelé à travailler la terre pour poursuivre l’œuvre de la création de Dieu (Gn 2, 7 & 3, 17 b). La paralysie de cette main indique que cet homme ne peut plus créer, il ne peut plus participer à la création. Mais Jésus refuse pour autant de l’exclure, il le réintègre au contraire et sa main est « rétablie » de sorte qu’il est à nouveau participant de l’œuvre créatrice de Dieu. Voilà pourquoi et comment Jésus est maître du sabbat (v. 5). Jésus est plus grand que le sabbat. Tel est donc la nouveauté de l’enseignement de Jésus qui vient remettre l’homme au centre de la création et en faire un acteur du Royaume de Dieu.

A propos du sabbat, j’aimerais encore brièvement soulever cinq points qui illustrent son importance dans la vie humaine.

1. Le sabbat est en quelque sorte l’apprentissage de la nuit. Pour le Premier Testament, le jour commence le soir : « il y eut un soir et il y eut un matin, premier jour » (Gn 1, 5). Il faut d’abord vaincre l’obscurité en nous avant d’affronter la lumière de Dieu. Et nous savons, par l’évangile selon Luc, que Jésus a passé des nuits en prière, notamment avant chaque grand événement de sa vie, baptême, choix des disciples, transfiguration, passion… Il faut d’abord passer par la croix, par la mort à soi-même avant d’accéder à l’éveil, au relèvement, à la résurrection.

2. Le sabbat marque une rupture dans la succession des jours, c’est un temps mis à part, un temps pour la sanctification, pour la rencontre avec Dieu. Dans le judaïsme et pour Jésus c’est le jour du rendez-vous hebdomadaire avec Dieu, en communauté, un temps consacré à la méditation et l’étude, un jour pour Dieu et pour l’homme, tant nous avons besoin de prendre du recul par rapport à nos activités et à notre manière de vivre, c’est un temps qui doit déboucher sur la transfiguration de notre être.

3. C’est un jour de repos, de réparation, de paix, un jour où l’on retrouve la plénitude de son être et qui doit nous restaurer spirituellement pour être entièrement régénéré, pour éviter toute dispersion, tout éclatement, qui est un disfonctionnement, on ne voit plus où l’on en est si on se disperse. C’est un jour où se manifeste la foi ; la pleine confiance et la fidélité à l’alliance de notre baptême. Sur la croix, au moment de sa mort, Jésus repose sa tête (le verbe klinô - s’incliner s’aliter, se reposer, => klinè - lit, mais le mot grec ne désigne pas seulement la couche où l’on dort, mais aussi et surtout le lit où l’on se repose et prend ses repas avec les convives) (Jn 19, 30) ; donc Jésus se repose pour entrer dans le grand repos et commencer à jouir de Dieu face à face en même temps qu’il reçoit la plénitude de son être comme l’atteste le centurion romain présent : « Celui-ci est vraiment Fils de Dieu »(Mt 27, 54).

4. Le sabbat est également ce jour de grâce où l’alliance divine est rappelée et surtout vécue. Dieu bénit et sanctifie le sabbat, il le met à part (Gn 2, 3), c’est le seul jour, qui en hébreu reçoit un nom et qui ne nous appartient pas ; sur lequel l’homme n’a pas la main mise. Jour où l’homme est appelé à rendre compte à Dieu, à se présenter devant Lui, à faire le point sur sa propre existence. Et en même temps, c’est un jour de miséricorde, de pardon, de restauration. Dieu remet les compteurs à zéro pour que nous puissions commencer la semaine en toute sérénité.

5. Si le sabbat commence par la nuit, il débouche sur la lumière, sur le plein éclairage de la conscience et de l’intelligence par l’Ecriture lue et méditée. Quand Jésus est mis au tombeau, il est dit que déjà le sabbat commençait à briller (Lc 23, 54). Souvenons-nous également que dans la parabole des dix vierges, c’est au milieu de la nuit que l’époux arrive pour les noces, fête par excellence de l’alliance.

Le sabbat est un jour de fête, de victoire, commémoration de libération, du passage de l’esclavage à la liberté, de la mort à la vie. C’est hebdomadairement un rappel de la Pâque, le signe de l’Alliance Nouvelle avec Dieu. Pourrions-nous bouder un tel rendez-vous d’amour ?

Jean-Joseph H.

Prière

A l’horizon
le jour s’éloigne
l’obscurité descend sur nous.
Comme au matin,
nos mains se joignent
et nous te louons à jamais.

Seigneur, tandis que notre terre
poursuit sa course
dans les cieux,
toujours l’Eglise à ta lumière
est vigilante
en quelque lieu.

Puisqu’à chaque heure
avec l’aurore
le soleil luit sur un sommet,
la voix qui prie
et qui t’adore
Seigneur ne se taira jamais.

Quand je repose
d’autres veillent
à l’occident sous ta clarté,
et chantant bien haut
tes merveilles
ne cessent pas de t’exalter.

Jamais le soleil
ne se couche
sur ton royaume
ô Dieu très bon !
Il faut qu’un jour
toutes les bouches
chantent ta gloire
à l’unisson.

Hermann Ecuyer 1930