La femme pécheresse, le pharisien et Jésus

(Luc 1:46-55 ; Luc 18:9-14 ; Luc 7:36-50)

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Culte du 31 mai 2015
prédication du Professeur Marc Boss (Institut de Théologie Protestante)

J'ai beau le savoir, je suis toujours étonné de voir à quel point un même récit de l’Évangile peut recevoir des titres différents selon la traduction dans laquelle on le lit. La raison vous la connaissez : ces titres ne font pas partie du texte biblique ; ils ont été ajoutés après coup par les éditeurs pour faciliter notre lecture. Un titre, au fond, c’est une proposition d’interprétation. Prenons l’histoire racontée dans le troisième texte lu ce matin dans l’Évangile de Luc. Selon les éditions, cette histoire s’intitule « La pécheresse repentante » ou « Jésus et la pécheresse » ou « L’onction de Jésus par la pécheresse » ou « La pécheresse pardonnée et aimante » ou encore « Jésus oint par une pécheresse dans la maison d’un pharisien ».

Chacun des cinq titres souligne un élément particulier de l’histoire, mais tous semblent d’accord pour dire que le personnage central est cette femme anonyme que le récit nomme « la pécheresse ». Sur les cinq, un seul mentionne qu’il y a aussi un pharisien dans le récit, mais c’est simplement pour nous apprendre qu’il est le propriétaire de la maison dans laquelle se déroule la rencontre de Jésus et de la femme anonyme. Un peu comme si le pharisien faisait partie du décor de l’histoire plutôt que de l’histoire elle-même.

Ce pharisien nommé Simon joue pourtant un rôle aussi crucial que la femme anonyme dans le récit de Luc. À certains égard, les projecteurs du récit son braqués sur lui davantage que sur la femme qui fait intrusion dans sa maison. Jésus s’adresse à l’un et à l’autre, mais quand il parle à Simon, c’est pour lui poser une question, et Simon lui répond. Quand Jésus parle à la femme anonyme, ses paroles n’attendent pas de réponse, et il n’en reçoit d’ailleurs pas. Dans tout le récit, la femme demeure parfaitement muette. Et non seulement elle reste silencieuse, mais le narrateur ne nous dit rien de ce qu’elle pense ou de ce qui la motive, alors qu’il nous renseigne abondamment sur les pensées secrètes de Simon et même sur celles de ses convives.

Que faut-il en conclure ? Que le lecteur auquel le récit est destiné s’identifie spontanément avec Simon et ses convives, et pas avec l’intruse échevelée. Le narrateur explique au lecteur pourquoi, contre toute attente, Jésus prend le parti de la femme et pas de Simon. Le comportement qui choque le lecteur de Luc, ce n’est pas celui de Simon, qui agit comme agirait n’importe quel honnête homme en pareille circonstance. Le comportement qui choque, c’est d’abord celui de la femme, mais c’est aussi et surtout celui de Jésus qui prend sa défense. Juste avant de raconter cette histoire, Luc rappelle qu’on reproche à Jésus d’être « un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie ».

Dans tout le troisième Évangile, on voit en effet Jésus prendre constamment le parti des publicains et des gens de mauvaise vie. Et Jésus n’en disconvient pas: c’est pour les malades qu’il est venu, pas pour les bien portants. Élever les humbles dont parle le Cantique de Marie, voilà sa mission.

Une belle et noble mission, me direz-vous ; oui, mais une mission qui ne va pas de soi.

En tout cas pas pour tout le monde. Rappelons-nous précisément les paroles du Cantique de Marie : « Il a renversé les puissants de leurs trônes, Et il a élevé les humbles. Il a rassasié de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide. » Voilà qui sonne comme une bonne nouvelle. Oui, pour les humbles et les affamés, mais allez dire cela aux puissants renversés de leur trône, aux riches renvoyés à vide. Eh bien, c’est à eux précisément que Luc s’adresse quand il raconte l’histoire de Simon et de la femme pécheresse.

Qui sont-ils, ces puissants que Dieu abaisse tandis qu’il élève les humbles ? Si on s’en tient au texte du Cantique de Marie, on peut penser qu’ils sont une figure de l’oppression, dont le combat entre Moïse et Pharaon est l’exemple archétypique. Quand on lit le Cantique de Marie isolément, il est certainement possible et légitime de le lire comme l’expression d’une théologie de la libération, de la délivrance d’Israël des mains de son oppresseur. Mais quand on le lit dans son contexte littéraire immédiat, c’est-à-dire l’Évangile de Luc dans son ensemble, on s’aperçoit que le double mouvement d’abaissement des puissants et d’élévation des humbles structure le troisième Évangile comme un véritable leitmotiv.

Or, qui sont chez Luc les acteurs récurrents de ce double mouvement d’ascenseur – si vous me permettez cette image ? Les peuples opprimés qui subissent le joug de ce nouveau pharaon qu’est la puissance d’occupation romaine ? Non, les acteurs du mouvement d’ascenseur sont invariablement les publicains et les gens de mauvaise vie d’un côté, les pharisiens de l’autre.

Le texte le plus explicite à cet égard est la parabole dans laquelle Jésus oppose le publicain et le pharisien dans notre deuxième lecture (Luc 18, 9-14). Jusque dans son explication finale (quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé), cette parabole peut se lire comme un commentaire, une clé de lecture du Cantique de Marie. Les puissants que Dieu abaisse, ce sont les pharisiens. Les humbles que Dieu élève, ce sont les publicains et les pécheurs. A la question : qui sont pour Luc les puissants du Cantique de Marie, il faut répondre: les pharisiens, mais il faut à présent se demander : qui sont les pharisiens chez Luc ?

Sont-ils à la religion ce que Pharaon est à la politique : la figure du méchant qu’on aime détester, celui dont la chute fait plaisir à voir tant elle paraît méritée, tant elle paraît rétablir une justice bafouée ? Il serait tenant de le croire. Tentant de croire que nous autres chrétiens n’avons rien à voir ni de près ni de loin avec les pharisiens, surtout si les pharisiens doivent être identifiés avec les puissants abaissés dans le Cantique de Marie.

Mais chez Luc les choses ne sont pas aussi simples, et les chrétiens que nous sommes ne peuvent pas s’en tirer à si bon compte. Dans les autres Évangiles, c’est vrai, les pharisiens ont rarement le beau rôle. Ils sont le plus souvent présentés comme des personnages retors, animés d’intentions hostiles envers Jésus.

Curieusement, Luc est le seul parmi les évangélistes à montrer Jésus invité à la table d’un pharisien. Dans le passage qui précède immédiatement notre récit, Luc rappelle pourtant, lui aussi, que Jésus a mauvaise réputation auprès des pharisiens et des spécialistes de la loi. Ne disent-ils pas de Jésus qu’il est « l’ami des collecteurs d’impôt et des pécheurs » (Lc 7,34) ? Ce Jésus a décidément de drôles de fréquentations, semble dire Luc. Non seulement il fréquente ostensiblement ceux que les pharisiens considèrent comme des personnes infréquentables, mais il fréquente aussi les pharisiens eux-mêmes. À trois reprises, Luc montre des pharisiens qui invitent Jésus à leur table (Lc 7,36 ; Lc 11,37 ; Lc 14,1). À chaque fois les échanges sont vifs et Jésus n’est pas tendre avec ses hôtes, c’est vrai.

Mais tout véhéments qu’ils soient, ces échanges ont lieu dans le cadre convivial d’un repas que les pharisiens partagent avec Jésus. Un échange convivial, c’est un échange entre convives. À ce titre, la convivialité n’est pas forcément synonyme de délicatesse et d’affabilité. Elle peut être pugnace et querelleuse, comme on le voit dans les repas de famille.

Quand, à la fin d’un banquet de mariage, le cousin Marcel hausse le ton pour dire à l’oncle René sa façon de penser et quand l’oncle René hausse le ton à son tour pour répondre au cousin Marcel, personne ne s’inquiète outre mesure. Chacun sait qu’un banquet de famille sans dispute n’est pas un vrai banquet de famille ! Eh bien, si on en croit les recherches historiques récentes sur les relations que Jésus et ses disciples entretenaient avec les pharisiens, il semblerait que les querelles tonitruantes entre ces deux groupes étaient en fait elles aussi… des querelles de famille !

Dans les familles, c’est bien connu, les querelles augmentent en fréquence et en intensité quand on s’approche du cercle le plus intime. Plus on est proches et plus on se dispute ! Regardez l’apôtre Paul : après sa conversion sur le chemin de Damas, il rompt avec le groupe des pharisiens auquel il avait un temps appartenu ; il devient même un de leurs plus ardents critiques en relayant le message des paraboles de Jésus : c’est de la grâce divine et non de l’obéissance à la loi que dépend notre salut. Pourtant, quand Paul est appelé à défendre ces idées devant le tribunal juif du Sanhédrin, il rappelle à ses juges qu’il est lui-même « pharisien et fils de pharisien » (Ac 23,6). De même, entre Jésus et les pharisiens les désaccords sont vifs et s’expriment souvent avec vigueur et verdeur, mais quand la vie de Jésus est menacée, ce sont des pharisiens qui viennent l’avertir qu’Hérode veut le faire mourir (Lc 13,31). Deux livres du Nouveau Testament mettent en relief ces drôles de relations entre le groupe de Jésus et celui des pharisiens. Il s’agit de l’Évangile de Luc et des Actes des apôtres. Ces deux livres forment un ensemble et sont l’œuvre du même auteur. C’est dans les Actes des apôtres qu’on trouve l’épisode de Paul devant le Sanhédrin et c’est dans l’Évangile de Luc (et dans aucun des trois autres) qu’on rencontre des pharisiens assez proches de Jésus pour l’inviter à manger avec eux.

Sachant tout cela, on devine que, dans la perspective de l’évangéliste Luc, Simon le pharisien est davantage qu’un personnage de second plan dans le récit de la rencontre entre Jésus et la femme dite « pécheresse ». Que savons-nous de Simon ? Pas grand-chose à première lecture. Mais à lire le récit de plus près, on y trouve au moins trois indices qui permettent de mieux cerner le personnage. Premièrement, Simon invite Jésus à manger avec lui (comme on l’a vu, c’est plus qu’un détail anecdotique) ; deuxièmement, Simon s’adresse à Jésus avec respect en l’appelant « Maître » ; et troisièmement, Simon se demande s’il faut ou non voir en Jésus un « prophète ».

Par ce troisième indice, le narrateur de l’Évangile nous fait entrer dans les pensées secrètes du pharisien. Dans ses paroles, Simon semble plutôt favorable à Jésus. Dans ses pensées il apparaît plus hésitant. Pas hostile, mais hésitant. Le comportement de Jésus le laisse perplexe. Il se pose des questions. Pourquoi Jésus laisse-t-il cette femme s’approcher de lui ? Pourquoi encourage-t-il un comportement que la loi et la bienséance réprouvent ? Est-ce bien ainsi qu’agirait un prophète ?

Ces questions que Simon n’exprime pas ouvertement devant Jésus, le lecteur de Luc se les pose également. En lui permettant de lire dans les pensées de Simon, Luc offre à son lecteur un personnage qui lui ressemble, un personnage bien disposé envers Jésus, mais troublé, déstabilisé, peut-être même scandalisé par la scène à laquelle il assiste.

Relisons la scène pour bien nous la remettre en mémoire : « Jésus entra dans la maison du pharisien et se mit à table. Survint une femme de la ville qui était une pécheresse ; elle avait appris qu’il était à table dans la maison du pharisien. Apportant un flacon de parfum en albâtre et se plaçant par derrière, tout en pleurs, aux pieds de Jésus, elle se mit à baigner ses pieds de larmes ; elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux du parfum. »

On comprend que Simon ait pu voir là un comportement insolite. Rien que par son allure, cette femme transgresse les règles morales et religieuses de la société dont Simon est un notable respecté. Selon ces règles, une femme honorable ne sort pas en public avec les cheveux détachés sur l’épaule, mais elle les tient soigneusement attachés dans un filet recouvert d’un voile.

Pas besoin donc d’être un prophète particulièrement perspicace, un voyant extralucide pour deviner ce que Simon sait déjà… ou croit déjà savoir : cette femme n’est pas de celles qu’un honnête homme est censé fréquenter. Par sa seule apparence extérieure, l’héroïne du récit est immédiatement identifiable par les convives comme une prostituée, ce que le texte suggère pudiquement en parlant d’une femme pécheresse.

Comme l’observe la théologienne Martina Schmidt*, les prostituées ne sont pas rares à cette époque en Palestine ; pour bien des femmes seules, c’est pratiquement l’unique moyen qu’elles ont de subsister ; les métiers de femmes sont peu nombreux, le tissage trop mal rémunéré pour permettre à quelqu’un d’en vivre. Mais pour Simon, ces considérations économiques et sociales n’entrent évidemment pas en ligne de compte. Pour lui, la femme qui fait irruption chez lui, c’est d’abord et surtout une femme impure au regard de la loi. D’où son indignation. Mais cette femme n’a que faire de l’indignation de Simon et de ses convives. Le récit la montre déterminée à se donner une chance d’approcher ce Jésus de Nazareth, dont la rumeur dit qu’il est l’ami des humbles, des laissés-pour-compte et des exclus. C’est un courage admirable que le courage de cette femme, l’audace prodigieuse des êtres qui n’ont plus rien à perdre. Et cette audace, elle n’aura pas à la regretter, puisque Jésus prendra sa défense en portant sur elle un regard qui n’est pas un regard de rejet, qui n’est pas un regard de mépris. Devant celui en qui elle a placé tout ce qui lui reste de confiance, elle se sent enfin respectée. Et tout se passe alors comme si tombaient brutalement dans un flot de larmes, toutes les humiliations, toute l’amertume et tout le découragement accumulés au long des années.

Pendant ce temps, Simon n’y comprend plus rien. Il s’attendait à ce que Jésus réprimande l’intruse et lui fasse un sermon. Mais c’est à Simon que Jésus fait un sermon pour lui montrer que l’amour et le pardon de Dieu sont plus grands que les formes légales et religieuses dans lesquelles nous essayons de les contenir. Oui, les baisers donnés, les larmes versées, le parfum répandu, toutes ces choses peuvent sembler excessives, et sans doute le sont-elles. Mais cet excès ne fait que répondre à l’amour excessif que Dieu nous témoigne.

Face à l’exigence infinie de la loi, Simon et la femme échevelée sont logés à la même enseigne. Ils sont comme les deux débiteurs de la parabole racontée par Jésus. L’un doit une grande somme au créancier, l’autre une petite. Mais ni l’un ni l’autre n’a de quoi rembourser. Ni l’un ni l’autre : la parabole est formelle sur ce point! En conséquence, ajoute Jésus, le créancier leur fait « grâce de leur dette à tous les deux ». Ce que la femme pardonnée sait déjà, Simon doit encore l’apprendre. La différence qui sépare l’existence la plus sainte de l’existence la plus misérable perd toute signification devant l’abîme infini qui les sépare l’une et l’autre de Dieu. La comptabilité de nos mérites n’a plus cours devant cet abîme que Dieu seul peut franchir et qu’il franchit inlassablement pour nous secourir et nous faire vivre dans l’excès de sa miséricorde.

AMEN.

* Une bonne partie de cet avant-dernier paragraphe est une libre adaptation de thèmes empruntés à MartinaSchmidt, « Die Sünderin (Lk 7,36ff.) », Zeitschrift für Gottesdienst & Predigt, 9. Jahrgang, Heft 1, Januar/Februar 1991, p. 31-32.

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Pasteur dans la chaire de l'Oratoire du Louvre - © France2

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Lecture de la Bible

Luc 1:46-55

Et Marie dit: Mon âme exalte le Seigneur,

47 Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur,

48 Parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,

49 Parce que le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint,

50 Et sa miséricorde s’étend d’âge en âge Sur ceux qui le craignent.

51 Il a déployé la force de son bras; Il a dispersé ceux qui avaient dans le coeur des pensées orgueilleuses.

52 Il a renversé les puissants de leurs trônes, Et il a élevé les humbles.

53 Il a rassasié de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide.

54 Il a secouru Israël, son serviteur, Et il s’est souvenu de sa miséricorde, -

55 Comme il l’avait dit à nos pères, -Envers Abraham et sa postérité pour toujours.

Luc 18:9-14

Il dit encore cette parabole, en vue de certaines personnes se persuadant qu’elles étaient justes, et ne faisant aucun cas des autres:

10 Deux hommes montèrent au temple pour prier; l’un était pharisien, et l’autre publicain.

11 Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain;

12 je jeûne deux fois par semaine, je donne la dîme de tous mes revenus.

13 Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur.

14 Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.

Luc 7:36-50

Un pharisien pria Jésus de manger avec lui. Jésus entra dans la maison du pharisien, et se mit à table.

37 Et voici, une femme pécheresse qui se trouvait dans la ville, ayant su qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum,

38 et se tint derrière, aux pieds de Jésus. Elle pleurait; et bientôt elle lui mouilla les pieds de ses larmes, puis les essuya avec ses cheveux, les embrassa, et les oignit de parfum.

39 Le pharisien qui l’avait invité, voyant cela, dit en lui-même: Si cet homme était prophète, il saurait qui et de quelle espèce est la femme qui le touche, il saurait que c’est une pécheresse.

40 Jésus prit la parole, et lui dit: Simon, j’ai quelque chose à te dire. -Maître, parle, répondit-il. -

41 Un créancier avait deux débiteurs: l’un devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante.

42 Comme ils n’avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel l’aimera le plus?

43 Simon répondit: Celui, je pense, auquel il a le plus remis. Jésus lui dit: Tu as bien jugé.

44 Puis, se tournant vers la femme, il dit à Simon: Vois-tu cette femme? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as point donné d’eau pour laver mes pieds; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux.

45 Tu ne m’as point donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a point cessé de me d’embrasser les pieds.

46 Tu n’as point versé d’huile sur ma tête; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds.

47 C’est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés: car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu.

48 Et il dit à la femme: Tes péchés sont pardonnés.

49 Ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes: Qui est celui-ci, qui pardonne même les péchés?

50 Mais Jésus dit à la femme: Ta foi t’a sauvée, va en paix.

(cf. Traduction NEG)