Se souvenir de ceux qui sont en prison

Hébreux 13:1-3

Culte du 6 février 2022
Prédication de Agnès Adeline-Schaeffer

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 6 février 2022
« Se souvenir de ceux qui sont en prison »

Culte présidé par la Pasteure Agnès Adeline-Schaeffer
A l'orgue : Sarah Kim, organiste co-titulaire

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Entrée – Orgue : Lully - Marche pour la cérémonie des Turcs

Salutation
Amis, frères et sœurs, La grâce et la paix nous sont données de la part de Dieu notre Père en son Fils Jésus le Christ, notre frère.
 
Accueil
Bienvenue à chacune et chacun pour ce temps de culte.
Soyez ici chez vous, dans cette maison où nous sommes venus pour nous ouvrir à la présence de Dieu,
à sa Parole dans la lecture de la Bible,
et pour le célébrer par le chant et la prière.
Bienvenue à celles et ceux qui nous rejoignent pour le biais du site internet ou celui des réseaux sociaux. Nous sommes en communion les uns avec les autres. Bienvenue et merci en particulier à Sarah Kim, pour son accompagnement musical, ce matin.
 
Prière

Éternel Dieu de la vie,
Aujourd’hui, ici et maintenant,
Fais de chacun-e de nous un semeur de sourires.
Que nos sourires soient rieurs, et jamais ironiques,
Radieux, et jamais dédaigneux,
Accueillants et jamais fermés.
Donne à notre sourire le miracle d’apporter un peu de force aux affaiblis,
Un peu de confiance aux désespérés et aux prisonniers,
Un peu de bonheur aux isolés et aux solitaires.
Fais de nous des porteurs d’air. Amen.

Réunissons-nous dans la communion fraternelle avec le 1er chant du livret inséré au début du psautier.

Répons : Bénissons Dieu le seul Seigneur
Bénissons Dieu le seul Seigneur
Nous qu’il choisit pour serviteurs,
Levons nos mains dans sa maison,
Pour bénir et louer son nom.
 
Louange

Louons l’Éternel avec un extrait du psaume 84 :
Psaume 84, versets 2 à 6 et 13 (T.O.B.)
 
2 Comme elles sont aimées, tes demeures,
SEIGNEUR de l’univers !
3 Je languis à rendre l’âme
après les parvis du SEIGNEUR.
Mon cœur et ma chair crient
vers le Dieu vivant.
4 Le moineau lui-même trouve une maison,
et l’hirondelle un nid pour mettre sa couvée,
près de tes autels, SEIGNEUR de l’univers,
mon roi et mon Dieu.
5 Heureux les habitants de ta maison :
ils te louent sans cesse !
6 Heureux l’homme qui trouve chez toi sa force :
de bon cœur il se met en route ;
13 SEIGNEUR de l’univers,
heureux l’homme qui compte sur toi !

Psaume : dans le Psautier Français, Psaume N°84 « Dans ta maison je suis heureux », strophes 1 à 4 [cliquer ici]

Volonté de Dieu
Écoutons ce que Dieu veut pour nous et nous donne la force de faire :
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta force et de toute ta pensée.
C’est là le premier et le plus grand commandement.
Et voici le second qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Fais cela et tu vivras.

Répons : Parle, parle, Seigneur, ton serviteur écoute
Parle, parle, Seigneur, ton serviteur écoute
Je dis ton serviteur, car enfin je le suis,
Je le suis, je veux l‘être
Et marcher dans ta route,
Et les jours et les nuits.

Confession du péché

Éternel, quand on est en prison, on n’est rien.
Quand on n’est rien, on a envie de te parler,
Mais quand on n’est rien, on ne pense à rien.
Alors on ne dit rien !
Pardonne-moi, Seigneur,
Si je n'ai rien, si c'est le vide, le désert tout au fond de moi.
Mais ce rien,
Je te l'offre tout de même,
Parce que c'est le mien.
Et puis il pèse si lourd mon rien
C'est dur à porter seul un rien.
Un rien qui me fait mal au cou,
Un rien qui me brûle les yeux,
Un rien qui me donne des sueurs froides,
Un rien qui me donne mal au ventre,
Un rien qui me scie les jambes
Un rien qui ne me rend pas du tout courageux,
Un rien qui me rend la bouche pâteuse.
Ce rien, Seigneur, qui m'assomme,
Prends-le pour me décharger, il est si lourd ce rien !

[Prière d’une personne détenue, transmise par Jacques Gradt, pasteur et aumônier des prisons]

Répons : J’aime mon Dieu car il entend ma voix
J’aime mon Dieu car il entend ma voix
Quand la frayeur ou le tourment m’oppresse
Quand j’ai prié au jour de ma détresse,
Dans sa bonté il s’est tourné vers moi.
 

Annonce du pardon
Pour accueillir le pardon que Dieu nous donne, je vous invite à vous lever :

L’Éternel vit en nous.
Que son Esprit anime chacune, chacune de nous !

Nous croyons en sa force qui vaincra notre faiblesse,
En sa miséricorde qui nous relève de notre misère,
En sa vérité qui confond nos mensonges,
En sa liberté qui ouvre nos différentes prisons.

C'est pourquoi le dernier mot à notre sujet ne sera pas le nôtre, mais le sien,
celui de son pardon, celui de son amour.
L’Éternel nous redit ce matin :
« Ma grâce te suffit »
 
Répons : Combien grande est ta gloire en tout ce que tu fais,
Combien grande est ta gloire en tout ce que tu fais,
Et combien tes hauts faits sont dignes de mémoire !
Tes œuvres sans pareilles ont réjoui mon cœur,
Je veux chanter, Seigneur, tes divines merveilles !
 
Confession de foi

Je crois en Dieu.
Je crois qu’il nous a aimé le premier ; avant que nous existions, avant nos pères, avant les débuts obscurs dont sortit l’humanité, il nous a aimés.

Mieux qu’une mère en espérance d’enfant qui pense à l’inconnu qui sommeille en elle, je crois que Dieu nous a aimés d’avance et portés.
Car nous sommes son espérance et nous sommes sa crainte, sa joie et sa douleur.

Je crois que malgré l’immense peine qu’il subit par nous, Dieu nous a voulus et nous veut encore, toujours. A travers les obstacles, les chemins perdus, les gouffres, les ombres de mort, je crois que Dieu nous veut, nous mène et communie avec nous.

Je crois que Dieu en Jésus-Christ nous aime victorieusement, avec une puissance devant laquelle tout cèdera. Il boira avec tous les calices, il combattra tous les combats, il descendra dans toutes les tombes, jusqu’à la fin et à la fin sera bonne.

Oui, je crois que Dieu est amour et que son Esprit nous anime et nous porte.
Amen.

[D’après une prière de Charles Wagner
Évangile et liberté n° 239. Mai 2010
]

Répons : Grand Dieu, nous te bénissons
Grand Dieu, nous te bénissons,
Nous célébrons tes louanges,
Éternel, nous t’exaltons,
De concert avec les anges,
Et, prosternés devant toi,
Nous t’adorons, ô grand Roi !
Et prosternés devant toi,
Nous t’adorons, ô grand Roi !
 
Doxologie : Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, d’éternité en éternité !

Lecture biblique
Lettre aux Hébreux, chapitre 13, versets 1 à 3 (traduction T.O.B)
1 Que l’amour fraternel demeure. 
2 N’oubliez pas l’hospitalité, car, grâce à elle, certains, sans le savoir, ont accueilli des anges. 
3 Souvenez-vous de ceux qui sont en prison, comme si vous étiez prisonniers avec eux, de ceux qui sont maltraités, puisque vous aussi, vous avez un corps.

Cantique : Louange et Prière n°171 « Rend-toi maître de nos âmes », strophes 1 à 3 [cliquer ici]

Prière d’illumination

Éternel, Dieu de la vie,
Merci pour ta Parole, qui nous rejoins exactement là où nous sommes,
Avec nos interrogations,
Avec nos angoisses,
Avec tout ce qui nous enferme, d’une façon ou d’une autre.
Avec tous nos « rien » parfois trop lourds à porter.
Merci pour ta Parole qui nous porte, là où nous nous découvrons démunis,
Qui nous accompagne, quand nous nous sentons seuls,
Qui nous console quand nous sommes dans le chagrin,
Qui nous relève, quand nous sommes tombés à terre.
Donne ton souffle, ici et maintenant, à celles et ceux qui parlent,
Comme à celles et ceux qui écoutent.
Que ta Parole trace son chemin, en chacun et chacune de nous. Amen.
[Agnès Adeline-Schaeffer]
 
Jeu d’orgue: Anonyme - My lady careys dompe

Prédication : Se souvenir de ceux qui sont en prison


Amis, frères et sœurs,

Chaque premier dimanche du mois, l’offrande recueillie pendant le culte, est dédiée à l’entraide. L’entraide est le volet diaconal de l’Église. Elle s’occupe d’aider les plus « petits » autrement dit, ceux qui sont dans le besoin. Que ce soit à l’échelon local comme c’est le cas dans notre paroisse, ou à l’échelon régional ou national, les entraides veillent avant tout sur la nécessité de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion. Là où elles sont placées, elles sont attentives à toute forme de pauvreté, et depuis la pandémie, aux nouvelles formes de misères. De nombreuses entraides, presque toutes, me semble-t-il, sont solidaires des personnes détenues en prison. Elles leur viennent en aide, suivant les besoins que parfois, ces personnes expriment auprès des visiteurs ou des aumôniers de prison. Jamais directement, mais toujours en lien avec les équipes d’aumônerie et les responsables des établissements.

La prison fait partie du paysage urbain, même si on ne sait pas toujours où elle se situe. Elle ne fait pas recette dans les discussions à bâtons rompus ; c’est souvent un sujet de spécialistes, un sujet sensible, pour ne pas dire tabou, qui divise les gens, entre les partisans d’une justice répressive et sécuritaire, la prison visant à punir à tout prix, en extirpant le fautif de la société, et ceux d’une justice réparatrice, qui cherchent des alternatives pour une meilleure réinsertion des contrevenants dans la société.

La prison ne fait pas non plus recette dans la Bible. Le mot « prison » est présent 69 fois et le mot « prisonnier » : 77 fois, selon la concordance de la traduction œcuménique de la Bible. (T.O.B). Les versets qui font allusion à la prison en tant que sujet de compassion sont ceux que nous connaissons sans doute le mieux : dans l’Évangile de Matthieu, la parabole du Jugement dernier mentionne : « J’étais en prison et vous êtes venus me voir (Mt25/36), ainsi que son contraire : «J’étais en prison et vous n’êtes pas venus me voir » ; et l’exhortation de la lettre aux Hébreux, chap. 13, v. 3 : « Souvenez-vous de ceux qui sont en prison comme si vous étiez vous-mêmes en prison ». C’est cette exhortation que je voudrais partager avec vous.

Nous connaissons quelques prisonniers célèbres dans la Bible : Joseph, fils de Jacob, après ses démêlés avec Madame Potiphar, Samson, Jérémie, Jean-Baptiste, Pierre, Paul et Silas.

Il y a les prisonniers célèbres qui sont autant de martyrs de la foi : Marie Durand, Georges Fox (fondateur des Quakers), Dietrich Bonhoeffer, Martin Luther King, et nous pourrions bien sûr, allonger la liste, avec tant d’autres, connus ou ignorés. Dans ce cas, je fais allusion aux innocents qui sont en prison, pour avoir été dénoncé pour tout ce qui fait leur identité, leur religion, leur opinion, leur engagement. Il existe des associations spécialisées pour défendre de telles causes.

D’ailleurs, quand l’auteur de la lettre aux Hébreux écrit : « Souvenez-vous de ceux qui sont en prison », il parle des chrétiens qui subissent des persécutions pour leur foi ; et il appelle les autres chrétiens, libres, de ne pas les abandonner et de garder avec eux le lien de la prière, non pas simplement d’une façon abstraite, mais au contraire en imaginant que ce sont eux-mêmes qui sont en prison.

Mais en y faisant bien attention, l’auteur de cette lettre dit tout simplement : « ceux qui sont en prison », comme le précise le pasteur et théologien, Paolo Ricca, dans un article destiné aux aumôniers de prison : « Innocents et coupables, ingénus et rusés, bons et méchants. Tous, sans distinction. Ce n’est pas la qualité de la personne qui compte, c’est la condition de prisonnier. Le prisonnier en tant que tel. C’est lui qui fait l’objet du souvenir de l’Église ». Il s’agit alors, non seulement de se souvenir des croyants, toutes confessions confondues, qui sont en prison, mais bien de tous. 

Qui sont celles et ceux qui sont dans les prisons de notre pays ?  Ce sont des personnes qui, a priori, ont enfreint d’une façon ou d’une autre, les règles de la société, qui ont transgressé la loi, et cela va du simple délit au crime le plus monstrueux. Un procès en justice déterminera leur culpabilité ou leur innocence. En attendant, elles sont incarcérées.

C’est alors difficile de voir dans le prisonnier autre chose qu’un cas. Bien souvent, ce qu’il a fait, cache ce qu’il est. Tout est fait pour que la vie antérieure soit effacée. Le numéro d’écrou participe à cet effacement, même si les personnes détenues sont appelées par leur nom. Parfois, c’est l’acte commis qui donne l’identité de la personne incarcérée ; il s’installe alors une hiérarchie interne dans la société carcérale, avec ses codes et ses règles.

L’auteur de la lettre aux Hébreux dit : « Souvenez-vous ».

Se souvenir : ce verbe est central dans la Bible, qui raconte comment Dieu fait mémoire de génération en génération. L’Église universelle, elle aussi, fait mémoire, elle se souvient de tout et de tout le monde. Chaque dimanche est le souvenir de la résurrection de Jésus, le Christ. Chaque fête rappelle une étape, un passage, Noël, Pâques, Pentecôte, la Transfiguration, la Cène, le baptême, le culte.  L’Église est non seulement le lieu du souvenir, mais aussi le lieu de l’actualisation du souvenir. S’il y a de la place dans notre prière pour celles et ceux qui souffrent, de quelque nom que s’appelle leur souffrance, comme dit notre liturgie, très pudiquement, alors, il y a aussi de la place pour celles et ceux qui sont en prison. C’est, d’ailleurs, une des peurs les plus tenaces à l’intérieur du monde carcéral : que celles et ceux qui y sont soient oubliés, effacés de la mémoire de ceux qui sont libres. Une incarcération peut durer de nombreuses années. Les familles s’organisent au mieux pour rendre visite ou correspondre, si elles en ont le droit. Parfois, c’est impossible. Mais l’Église prend alors le relais, pour lutter contre l’effacement. Elle le fait par le biais de la prière, personnelle ou communautaire. Prier, c’est se souvenir. C’est la prière d’intercession.  Dietrich Bonhoeffer écrivait dans une lettre de prison du 21 août 1944 : « Pour moi, c’est souvent un grand soulagement de penser, le soir, à tous ceux dont je sais qu’ils intercèdent pour moi. Et je suis convaincu de devoir beaucoup de protection dans ma vie, à la prière de personnes connues ou inconnues ».

L’auteur de la lettre aux Hébreux ajoute : « Comme si vous étiez prisonniers avec eux ».  « Comme ». C’est l’essentiel. Bien sûr, le mieux c’est de ne jamais être en prison. Mais, ajoute Paolo Ricca, « le souvenir de l’Église est tissé de solidarité.  Ce n’est pas un souvenir qui garde les distances, bien au contraire, c’est un souvenir qui solidarise. Se souvenir, c’est se rendre présent. « Comme si vous étiez prisonniers vous-mêmes ».

C’est penser à celles et ceux qui sont en prison comme on penserait à vous, si vous étiez vous-même en prison. Lorsque nous nous souvenons, nous disons : ils sont là, ils sont présents, ils sont vivants, ils existent.

L’Église, d’une certaine façon se souvient de celles et ceux qui sont en prison, en déléguant une personne, l’aumônier, qui intervient, pour le protestantisme, au nom de la Fédération Protestante de France. Il n’est pas seul, il a souvent une équipe avec lui. Ensemble ils sont des porteurs d’air, en ravivant l’espérance. Et en donnant du souffle dans un endroit réduit. Mais quelle place faisons-nous à l’aumônier en Église, en retour ? Quelle place la prison tient-elle dans nos conseils presbytéraux et dans nos vies d’Église ? C’est l’aumônier qui incarne par sa présence, et par sa foi, le souvenir de l’Église auprès des personnes détenues.  Mais l’inverse est-il vrai ? Un aumônier d’un quartier femmes d’une maison d’arrêt a partagé ceci, lors d’une formation : « Derrière les barreaux de la prison, il y a des personnes aimées et aimables. Des personnes dignes d’être respectées, quel que soit leur délit ou leur crime. Tout en n’approuvant pas les actes commis, les aumôniers ne sont pas envoyés par l’Église pour être juge, mais pour annoncer la Bonne Nouvelle, celle que Dieu les aime d’un amour infini, et que cet amour-là, les sauve ».

Se souvenir de tous, sans distinction, lutter contre l’effacement, dans la prière solidaire, rendre les absents présents, c’est là toute la mission de l’Église, d’une part, mais c’est aussi la mission de tout croyant, quelle que soit sa confession. Croire que celles et ceux qui sont en prison sont des sœurs et des frères dans la foi, comme en humanité.

Dans une de ses lettres à l’Église de Corinthe, l’apôtre Paul compare l’Église du Christ à un corps, dont les membres même les moins nobles ont un rôle à jouer. Lorsqu’un membre de ce corps souffre, c’est tout le corps qui souffre avec lui.  Si nous pensons que les personnes détenues, quelle que soit la raison de leur détention, mais plus encore si celles-ci sont injustifiées, restent, dans la foi, nos frères et sœurs en Christ, alors l’Église a une partie d’elle-même en prison.

Et dans la foi qui est la nôtre, nous croyons que lorsque deux ou trois sont réunis en son nom, Jésus le Christ est au milieu d’eux. (Mt 18/20).  Cela vaut pour les personnes libres comme pour celles qui sont détenues. Aux yeux de Dieu, tous sont ses enfants bien-aimés. Quels que soient leurs délits ou leurs crimes, les personnes détenues disent quelque chose du corps souffrant du Christ. Leurs cris ne sont pas toujours audibles, parfois, ils se transforment en plainte sourde. Ou bien, il n’y a que le silence. Un silence qui vient juste dire par un regard ou par une main posée sur une autre : ne m’oublie pas, ne m’ignore pas. Souviens-toi de moi comme si tu étais à ma place. Viens me rendre visite si tu le peux, mais si tu ne le peux pas, alors, pense à moi comme si j’étais à côté de toi, près de toi.

Comment pouvons-nous imaginer la prison si nous n’y sommes pas ? Bien sûr, on ne va pas provoquer une situation extrême pour à son tour se retrouver en prison comme détenu. Mais ce verset nous demande d’être attentifs à celles et ceux qui sont en prison comme si nous-mêmes nous étions prisonniers.

Et nous-mêmes, nous connaissons de situations où nous nous sentons prisonniers, et il n’est pas toujours nécessaire d’être physiquement derrière des barreaux. Nous connaissons des moments de vide, des temps de solitude extrême, où l’avenir ne veut plus rien dire, où la vie n’a plus de sens. Nous connaissons des moments de chagrin, de révolte, de dégringolade morale où nous cherchons peut-être à faire cohabiter l’alcool avec les tranquillisants. Nous perdons tout amour, toute espérance, toute foi. Et nous ressemblons à ces prisonniers qui souffrent. Nous rejoignons ces prochains, ce sont eux qui se font proches de nous parfois, sans le savoir, mais nous savons à ce moment-là que personne ne peut, ni ne doit, être mis de côté.

Le Christ nous rejoint dans toutes nos prisons, qu’elles soient humaines et portent le nom de solitude, de souffrance, d’angoisse, de violence, de mépris, de refus de pardonner, de mensonge, ou qu’elles soient de pierre et de béton comme les maisons d’arrêt, les centres de détention, les centrales, ou des geôles infâmes et infamantes, innommables, dans certains pays à travers le monde.

Pour rejoindre l’autre dans sa prison, il est important et nécessaire de connaître les nôtres, au sens propre comme au sens figuré. Mais il est aussi nécessaire et vital pour nous-mêmes, de nous savoir aimés jusqu’à ce point obscur de notre être et de notre histoire pour comprendre que l’autre est aimé de Dieu exactement comme je le suis. C’est ce que nous appelons la grâce.

Alors… Si on demandait à Dieu quel est celui de ses enfants qu’il préfère…
Il répondrait sans doute comme ce vieux père qui a de nombreux enfants :
Celui que je préfère, c’est le plus petit jusqu’à ce qu’il grandisse,
C’est celui qui est loin jusqu'à ce qu’il revienne,
Celui qui est malade jusqu’à ce qu’il guérisse,
Celui qui est prisonnier jusqu’à ce qu’il soit libéré,
Celui qui est éprouvé jusqu’à ce qu’il soit consolé.

Souviens-toi de celui qui est prison, comme si toi-même tu étais en prison.
Amen.


Orgue : Bach - Adagio, BWV 974

Cantique : Louange et Prière n° 265 « Ne laisse pas ma foi », strophes 1 à 3 [cliquer ici]

Annonces
Offrande pour l’entraide
Orgue : Satie - Gymnopédie No. 1

 
Prière d’intercession

Éternel, Dieu de la vie,
unis les aux autres,
nous sommes devant toi et nous joignons nos mains,
pour dire que nous sommes devant toi, avec les autres.
Avec les solitaires, les isolés, les délaissés,
Avec les exilés et les prisonniers,
Avec  les personnes dont l’équilibre est précaire.
Avec les familles en deuil,
Avec les personnes en souffrance, de quelque nom que s’appelle leur souffrance,
Avec celles et ceux qui luttent contre toute forme d’injustice.
 
Nous te prions pour notre monde et ses blessures infligées par les intempéries et les catastrophes naturelles. Nous te confions plus particulièrement le pays de Madagascar et ses habitants, qui subissent les conséquences d’un cyclone, et tous les autres pays, impactés par ces intempéries.
Nous te confions les peuples et les gouvernements. Donne, en les temps qui sont les nôtres le sens du discernement, pour les paroles à dire, les décisions à prendre, les actes à entreprendre,
Permet que, chacun chacune, là où nous sommes, nous soyons de ces porteurs d’air, qui ravivent l’espérance, sinon par la présence, en tout cas, par la prière, l’intercession, l’action de grâce, le souvenir.

Nous rassemblons notre prière dans celle que Jésus a enseigné à ses disciples :

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
que ton Nom soit sanctifié,
que ton Règne vienne,
que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles, amen.
 
Envoi
Souvenez-vous de ceux qui sont en prison, comme si vous-mêmes, vous étiez en prison. (He 13:3).

Bénédiction
« L’Eternel nous bénit et nous garde.
L’Eternel fait resplendir sur nous sa lumière et nous accorde sa grâce.
L’Eternel tourne sa face vers nous et nous donne la paix ! » (Nb 6:24)
Amen.

Répons : Confie à Dieu ta route
Bénis ô Dieu nos routes,
Nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes,
Tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres,
J’y marche par la foi :
Même au travers des ombres,
Ils conduisent à toi.

Sortie - Orgue : Händel - Arrivée de la Reine de Saba

Paroles des cantiques du dimanche 6 février 2022

Psaume : Psautier Français n°84 « Dans ta maison je suis heureux », strophes 1 à 4.

Strophe 1
Dans ta maison je suis heureux,
Elle est le désir de mes yeux,
Ici, je cherche ta présence
Longtemps mon cœur t’a réclamé,
Sa joie est de te retrouver,
Il crie à toi, plein d’espérance.
Ainsi revient en la saison
Le passereau vers la maison.

Strophe 2
Heureux qui grave dans son cœur
Le chemin qui mène au Seigneur,
Le chemin de l’humble service.
Pour lui la source jaillira,
Et l’eau du ciel l’arrosera,
Dans la vallée la plus aride.
Dieu guidera jusqu’à la fin,
Au long des jours, le pèlerin.
Strophe 3
Seigneur, qui règne dans les cieux
Et nous écoutes dans ce lieu,
Exauce-nous, sois notre garde.
A toi nos cœurs ne cachent rien ;
Quand tu regardes vers les tiens,
A ton Messie d’abord regarde :
Vois son visage couronné,
Vers lui notre espoir est tourné.

Strophe 4
Qui veut sur ton bras s’appuyer,
A pour soleil, pour bouclier,
Le rayonnement de ta grâce.
Le dernier de tes serviteurs
Enfin découvre son bonheur
A se tenir devant ta face.
Dans ta maison, un jour vaut mieux
Que mille jours en d’autres lieux.

Cantique : Louange et Prière n°171 « Rend-toi maître de nos âmes », Strophes 1 à 3

Strophe 1
Rends-toi maître de nos âmes
Esprit saint, Esprit d'amour!
Et de tes divines flammes
Embrasse-nous en ce jour.

Refrain

Fais-nous sentir ta présence,
Revêts-nous de ta puissance
Et baptise-nous de feu,
Esprit saint, Esprit de Dieu.
Strophe 2
Forme-nous pour le service
De notre divin Sauveur ;
À ses pieds, en sacrifice,
Nous apportons notre cœur.
Refrain

Strophe 3
Esprit de vie et de gloire,
Conduis-nous de jour en jour
Et de victoire en victoire,
Jusqu'au céleste séjour.
Refrain

Cantique : Louange et Prière n°265 « Ne laisse pas ma foi », Strophes 1 à 3

Strophe 1
Ne laisse pas ma foi, défaillir loin de toi ;
Viens en mon âme ; et daigne chaque jour,
Seigneur, de ton amour, nourrir la flamme.

Strophe 2
Sois vraiment mon Sauveur, déploie en ma faveur
Ta grâce immense : La foi, l’amour, l’espoir,
Je dois tout recevoir de ta clémence.

Strophe 3
Mets en moi ton Esprit
      qui relève et guérit ;
Fais-moi revivre.
      Nul ne t’invoque en vain ;
À toi, jusqu’à la fin,
      mon cœur se livre.

Paroles des répons du temps de l'Église

Après la salutation
Répons : « Bénissons Dieu le seul Seigneur » (Ps. 134, str.1).

Bénissons Dieu le seul Seigneur,
Nous qu’il choisit pour serviteurs.
Levons nos mains dans sa maison,
Pour bénir et louer son nom.

Après la volonté de Dieu
Répons : « Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute » (L&P n°193, str.1)

Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute :
Je dis ton serviteur, car enfin je le suis.
Je le suis, je veux l’être, et marcher dans ta route,
Et les jours et les nuits.

Après la prière de repentance
Répons : « J’aime mon Dieu, car il entend ma voix ». (Ps. 116, str.1)

J’aime mon Dieu car il entend ma voix,
Quand la frayeur ou le tourment m’oppresse,
Quand j’ai prié au jour de ma détresse,
Dans sa bonté, il s’est tourné vers moi.

Après l’annonce de la grâce
Répons « Combien grande est ta gloire » (Ps 92 selon L&P n° 38 str.2).

Combien grande est ta gloire, en tout ce que tu fais, 
Et combien tes hauts faits sont dignes de mémoire !
Tes œuvres sans pareilles  ont réjoui mon cœur,
Je veux chanter, Seigneur, tes divines merveilles !

Après la confession de foi  
Répons « Grand Dieu, nous te bénissons » (L&P n°69, str.1)

Grand Dieu, nous te bénissons, nous célébrons tes louanges,
Éternel, nous t’exaltons, de concert avec les anges,
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !

Après la bénédiction
Répons : « Confie à Dieu ta route » (L&P n°309, str.5)

Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi,
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi.

Lecture de la Bible

Lettre aux Hébreux, chapitre 13, versets 1 à 3

[Bible Segond]

Persévérez dans l'amour fraternel.
N'oubliez pas l'hospitalité; car, en l'exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir.
Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonniers; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes dans un corps.    


Vidéo du culte entier

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À Voir également