Porter ensemble une parole qui sauve

Culte du 13 février 2022
Prédication de Béatrice Cléro-Mazire

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 13 février 2022
« Porter ensemble une parole qui sauve »

Culte présidé par la Pasteure Béatrice Cléro-Mazire
A l'orgue : David Cassan, organiste co-titulaire

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Orgue

Annonce de la grâce
La grâce et la paix nous sont données de la part de Dieu notre Père en son Fils Jésus notre frère.

Accueil
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue ce matin au temple de l’Oratoire du Louvre. Vous toutes et tous qui êtes ici, mais aussi vous tous qui êtes au loin et qui partagez ce culte avec nous sur internet. Nous nous retrouvons ce matin pour partager une parole qui fait vivre, et c’est cette parole qui fera du signe que nous allons vivre ensemble ce matin, le sacrement du baptême pour la jeune fille qui l’a demandé. C’est aussi un jour anniversaire pour notre église puisque le 12 février 1943, ici même, le pasteur Paul Vergara lançait un appel à sa communauté rassemblée pour le culte dominical. Un appel à faire de la prière une force invincible de résistance contre la mort et l’antisémitisme. Sa prière fut entendue, puisque 63 enfants, menacés de déportation dans les camps de la morts, furent, dans la semaine qui suivit, sauvés par le courage et la volonté d’une trentaine de personnes, principalement des femmes, qui organisèrent avec la Clairière (encore aujourd’hui centre d’action sociale du quartier des Halles créé par l’Oratoire du Louvre) un réseau de mise à l’abri d’enfants juifs. Un nouveau réseau de résistance était alors né avec notamment Mlle Guillemot et Mme Spaak.
Que cette mémoire nous donne le courage de toujours défendre l’humanisme contre la haine de l’autre.

Invocation
Prions ensemble.
Éternel, toi qui nous réunis ce matin, donne à ce culte la saveur de la foi. Celle qui nous met en route, celle qui nous libère de nos paralysie, celle de ton fils Jésus Christ, toujours en chemin avec nous. Amen.

Chant spontané : Ton nom, Seigneur (Psaume 8, str. 1)


Louange
Nul mortel n’a pu te voir, mille amoureux te désirent pourtant ;
Il n’est pas de rossignol qui ne sache que dans le bouton dort la rose.
L’amour est là où la splendeur vient de ton visage : sur les murs du monastère
et sur le sol de la taverne, la même flamme inextinguible.
Là où l’ascète enturbanné célèbre Allah, nuit et jour,
où les cloches de l’église appellent à la prière,
où se trouve la croix du Christ.
Nul mortel n’a pu te voir, mille amoureux te désirent pourtant
[Hafez , poète et philosophe persan du 14ème siècle].

Psaume : Psautier Français n°47 « Frappez dans vos mains », strophes 1 à 3

Volonté de Dieu
Dans le livre du Prophète Ésaïe il est écrit :  J'envoie devant toi mon messager pour frayer ton chemin ; c'est celui qui crie dans le désert : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers »
Préparons les chemins du Seigneur dans nos vies.

Chant spontané : Revêts, Seigneur, de ta justice (Psaume 72, str. 1)

Repentance
Seigneur, mon Dieu, je ne sais pas où je vais,
je ne vois pas la route devant moi,
je ne peux pas prévoir avec certitude où elle aboutira.
Je ne me connais pas vraiment moi-même et,
si je crois sincèrement suivre ta volonté,
cela ne veut pas dire que je m’y conforme.

Je crois cependant que mon désir de te plaire te plait.
J’espère avoir ce désir au cœur en tout ce que je fais,
et ne jamais rien faire à l’avenir sans ce désir.
En agissant ainsi, je sais que tu me conduiras sur la bonne route,
même si je ne la connais pas moi-même.

Je te ferai donc toujours confiance.
Même quand j’aurai l’impression que je me suis perdu
et que je marche à l’ombre de la mort.
Je n’aurai nulle crainte car tu es toujours avec moi
et jamais tu ne me laisseras seul dans le péril. AMEN.

Chœur de l’Oratoire

Annonce du pardon
Dès que Jésus remonta de l’eau du Jourdain, il vit les cieux se déchirer et l'Esprit descendre vers lui comme une colombe. Et une voix survint des cieux : Tu es mon Fils bien-aimé ; c'est en toi que j’ai mis ma joie.

Chant spontané : Frappez dans vos mains (Psaume 47, str. 1)

Liturgie du baptême

Accueil de la famille de la baptisée
Florence et Samuel vous avez demandé avec votre fille qu’elle reçoive le baptême. Avec les parrain et marraines, veuillez vous approcher. L’Église, aujourd’hui accueille votre désir avec joie.

Confession de foi
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant créateur des cieux et de la terre. 
L'Éternel règne, il est Esprit. Il est Amour.
L'amour de Dieu envers nous s'est révélé en ceci : 
alors que nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous.

Je crois en Jésus-Christ, notre Seigneur. 
Il est venu chercher et sauver ce qui était perdu. 
Il est le Chemin, la Vérité et la Vie, le même hier, aujourd'hui, éternellement.
À ceci tous reconnaîtront que nous sommes ses disciples 
si nous avons de l'amour les uns pour les autres.

Je crois au Saint-Esprit qui rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.
Nous avons été baptisés d'un seul Esprit pour former un seul corps.

Je crois au Royaume de Dieu, à l'amour plus fort que la mort.
Je crois à la vie éternelle.
(La victoire par laquelle le monde est vaincu, c’est notre foi.)
Seigneur augmente-nous la foi.

[Confession de foi dite "de l'Oratoire"]

Chant spontané : Hosanna, hosanna ! (L.P. n°115)

Institution du baptême
Voici la volonté de Jésus-Christ pour son Église :
« Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre.
Allez de toutes les nations faites des disciples.
Baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et apprenez-leur à garder tout ce que je vous ai enseigné.
Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

Instruction du baptême
Votre enfant va être baptisée au nom du Père qui lui donne le souffle de vie.
Elle va être baptisée au nom du Fils.
Jésus-Christ, mort et ressuscité pour elle et qui l’appelle à son service.
Elle va être baptisée au nom du Saint-Esprit qui fera naître en elle, c’est notre souhait, la foi, l’espérance et l’amour.

L’eau qui est ici est de l’eau ordinaire, qui aurait pu servir à donner à boire à un ami, à laver les mains d’un enfant, à faire pousser une plante, mais avec la Parole de Dieu, cette eau devient l’eau du sacrement du baptême, eau d’une nouvelle naissance avec Dieu.

Chaque jour notre baptême nous rappelle que nous dépendons de Dieu seul et qu’ensemble nous vivons de son amour.
Nous croyons que cela est vrai pour nos enfants, même s’ils ne le savent pas encore. En effet, « nous aimons Dieu parce qu’il nous a aimés le premier ».

Baptême
J’invite l’assemblée à se lever pour être témoin de ce baptême.
Dieu nous l’a promis : nous sommes à lui, il nous connaît chacun par notre nom.
Florence et Samuel quel prénom avez-vous choisi pour votre enfant ?
Ariane
Ariane, je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Imposition des mains
Pour toi aussi cette parole est vraie : « Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle ».

Engagements des parents
Pour toi Ariane, Philis, Emma, notre deuxième fille, divine surprise après l’avoir tant attendue, voici un jour de joie !
Une famille au grand complet, deux marraines, un parrain, une bonne fée même…
Et désormais la communauté des protestants qui t'accueille en ce temple.
Nous pensons t’offrir ici une culture, une vision du monde. Une possibilité.
Pour que tu puisses éprouver chaque jour la liberté de penser, de croire, de douter, de rêver, d'être seule ou toujours accompagnée, éclairée.
Pour que tu puisses aider et être aidée, construire, chercher, sortir des sentiers.
Tu apportes ici tout ce que tu es déjà : courageuse, généreuse, intuitive, solaire.
Tu apportes aussi tout ce que tu seras.
Nous t’accompagnerons pour que tu le découvres.

Exhortation à l’assemblée
Frères et sœurs, voici Ariane
Par ce baptême, nous attestons qu’elle est enfant de Dieu.
Elle est ici chez elle, vous êtes sa famille spirituelle.
Vous lui accorderez, ainsi qu’à sa famille, le soutien de votre prière.
Aucune contrainte ne la retiendra dans la communauté chrétienne mais si elle venait à s’en séparer, vous affirmerez qu’elle peut toujours y retrouver sa place. Vous serez ainsi pour elle, des témoins de l’amour inconditionnel de Dieu.
C’est notre joie de savoir qu’Ariane recherche déjà la présence de Dieu à travers son éducation biblique et religieuse.

Prière d’action de grâce
Père, nous te disons notre joie et notre reconnaissance pour Ariane qui vient de recevoir le signe de ta grâce. Nous te prions pour elle et pour sa famille. Nous te remercions pour notre propre baptême et pour la fidélité de ton amour. AMEN

Cantique : Louange et Prière n°204 « Seigneur, dirige et sanctifie », Strophes 1 et 2

Lecture du passage de la Bible [cliquer ici →] Évangile de Marc 2:1-12

Cantique : Louange et Prière n°250 « Mon Dieu, mon Père, écoute-moi », Strophes 1 & 3

Prière d'illumination

Jeu d’orgue

Prédication : Porter ensemble une parole qui sauve

Qu’avons-nous entendu ?
Un récit de miracle, un débat sur le pardon du péché ? Une épiphanie du Fils de l’Homme ou un numéro d’équilibriste sur le toit d’une maison ?
Difficile de savoir ce que l’Évangile veut nous dire dans cette histoire rocambolesque de brancardiers « monte en l’air ».
Jésus est à la maison. Lui, le marcheur invétéré, qui n’a nulle part où reposer sa tête, est quand même de temps en temps chez lui, dans ce qu’on pourrait considérer comme son quartier général. Le problème, c’est que l’adresse en est connue et, très vite, on se presse à la porte pour le voir, entendre son enseignement et obtenir de lui une guérison.

Les personnages du récit nous donnent l’impression qu’il y a plusieurs catégories de croyants dans ce décor familier de la maison de Jésus : ceux qui sont devant la porte et qui veulent voir, les « fans », qui cherchent celui dont tout le monde parle et qui sont là pour dire : « j’y étais ». Il y a ceux qui veulent voir, entendre et bénéficier des talents du maître pour sortir de là grandis à son contact, les disciples ; il y a ceux qui veulent évaluer la validité des talents qu’on prête au maître, les experts ; il y a aussi ceux qui cherchent des repères, les errants, qui ont besoin qu’on les guide. Et puis il y a ceux qui n’ont pas le loisir d’observer de loin, ni d’attendre qu’on les guide, mais pour qui approcher le maître est une urgence vitale, ce sont les moribonds ou les risque-tout. Cette histoire est en fait une parabole. Pas une parabole de Jésus, mais une parabole de l’église chrétienne primitive. Cette parabole raconte ce que signifie croire que Jésus-Christ est le Seigneur.

Évidemment, comme dans toutes les paraboles, cette histoire semble nous dire : «  à bon entendeur salut ! » Et justement, il s’agit bien là de salut. Et, tour à tour, chacun peut se retrouver à une place où à une autre, selon sa posture, selon son histoire, selon son rapport à Dieu, selon son besoin de salut.
La maison de Capharnaüm, cette maison où Jésus est chez lui, c’est l’Église. Pas forcément une église de pierres, pas forcément non plus une église institutionnelle, mais l’Église de Jésus-Christ, visible et invisible. Cet espace où les paroles et les actes se font au nom du Christ, au nom de la foi qu’on place en une résurrection toujours possible, en une vie toujours renouvelée, en un salut pour l’homme. Qu’on croie ou qu’on ne croie pas toujours complètement à ce salut, qu’on le questionne ou qu’on le désire éperdument, il est le cœur du message de l’Église de Jésus le Christ.

En effet, cette foi ne va pas de soi ; elle est en devenir et l’on n’en est pas toujours au même point de la confiance que l’on met dans la révélation du salut que le Christ a apporté avec sa vie, sa mort et sa résurrection. Comme dans cette histoire, il y a dans l’Église, les fans qui sont sur le seuil et qui regardent encore Jésus de loin comme un modèle inaccessible, sans engager leur vie sur le chemin étrange qu’il semble tracer : chemin d’une exigence éthique énorme et d’une liberté tout aussi considérable. Ils l’admirent, mais ils se demandent si ce message est bien tenable et si l’on n’y perdra pas, au bout du compte, sa liberté ou sa morale.

Dans ce que nous appelons l’Église, il y a ceux qui savent - ou qui prétendent savoir - comment et pour qui doit s’opérer le salut de Dieu. Ce sont les experts, les professionnels de la foi. Ceux-là ont une idée très claire du plan de Dieu. À les entendre, d’ailleurs, on dirait parfois qu’ils on dicté ce plan à Dieu lui-même. Ils savent surtout ce qu’il ne faut pas faire, et apparaissent comme les garde-frontières qui garantissent que chaque chose reste à sa place pour que rien ne change et que surtout la conversion soit impossible. La foi n’est pas vraiment leur affaire ; leur affaire à eux, c’est la religion dans ce qu’elle produit d’immobilisme.

Et puis il y a les errants, ceux qui entrent et s’approchent très près, et qui entendent l’enseignement du maître et se disent qu’ils pourront l’appliquer comme un règlement de leur for intérieur. Le Christianisme devient alors une règle qui pose des jalons sur la route de leur existence et propose des valeurs à adopter, une boussole.

Enfin, n’y tenant plus, il y a les acrobates, les risque-tout de la foi qui transgressent les règles, la tradition et les valeurs, parce qu’au point où ils en sont, ils ont bien compris que l’affaire se jouait ailleurs que dans une conformité à un modèle. Ceux-là passent par le toit quand on leur interdit l’accès par la porte. Ils n’y tiennent plus de voir tant de misère sans salut, ils n’acceptent pas que le mal soit une fatalité, ils ne veulent pas savoir ce qu’il adviendra d’eux après leur mort au jour du jugement dernier, ceux-là veulent la vie ici et maintenant.
Eux n’admirent pas Jésus comme une star, ils ne veulent pas vérifier s’il est conforme à ce qu’il devrait être, ils ne lui demandent pas de les guider sur leur propre chemin, ils demandent rien moins que la vie. Et ils ne la demandent pas pour eux-mêmes, eux sont déjà ressuscités, mais pour ceux qui sont paralysés. Ceux-là sont l’Église du Christ ; avant même de l’avoir rencontrée, ils sont convaincus que la résurrection est possible et qu’il faut qu’une parole de libération relève leur ami alité sur son grabat. Ils sont les porteurs du Christ, les « Christophores » de notre monde ; ils ne sont pas forcément dans l’Église visible, mais dans cette Église invisible que Dieu seul connaît. Cette Église invisible est constituée de tous les êtres humains qui travaillent au bien, à la justice, à la paix. Des croyants, mais aussi des athées vertueux, des agnostiques de bonne volonté, des artisans d’amour.

Grâce à tous ceux qui veulent vraiment sauver l’humanité du mal qui la défigure, la lumière du ciel entre dans la maison de Jésus. On y voit enfin clair. Et l’on y reconnaît ceux qui veulent vraiment le salut des hommes. C’est en voyant leur foi à déplacer les montagnes que Jésus dit au paralysé : « tes péchés sont pardonnés », car, dans cette parabole, le message de Jésus a besoin de la foi de ces « Christophores » pour que son message devienne une parole de vie. Il a besoin de ces transgresseurs pour que les mots deviennent des témoignages vivants, pour que l’Église devienne le corps du Christ, un corps qui se sait mort et paralysé, mais sauvé par l’amour de Dieu.

Alors, qu’est-ce qui est plus facile : d’être l’Église qui dit : « tes péchés sont pardonnés, ou bien d’être l’Église qui dit : « lève-toi, prends ton grabat et marche ! ». En vérité, il vaut mieux s’abstenir de dire qui est pardonné et qui ne l’est pas si ce pardon ne remet personne en route. Alors Jésus fait ce que Dieu fait, certes pas à sa place, non, mais en son nom, il ordonne au paralytique de se lever et de marcher, comme un homme libre que rien ne peut retenir là où il ne veut plus être. La paralysie a changé de camp. Les fans ne savent plus quoi admirer : Jésus, les acrobates, ou le paralytique qui se lève ? Les experts qui criaient au blasphème voient le royaume de Dieu accompli sous leurs yeux. À quoi se fier grand Dieu ! Si la foi n’a plus de contenu ! Si tout est possible à l’homme qui croit ! Que devient la crainte de Dieu ?

Parce que quatre porteurs intrépides ont décrété qu’il était possible que le monde change, ( oh ! pas le monde entier, non, juste le monde de leur ami, le monde de celui qu’il connaissent et qu’ils ont assez vu sur son grabat) ; parce que ces quatre-là ont cru que c’était possible, c’est le système tout entier qui a changé. Jésus n’est ni une vedette, ni un blasphémateur, il est celui qui vit selon la foi que Dieu a placée en lui : « tu es mon fils bien aimé, en toi j’ai mis ma joie ». Ces paroles, ce sont celles que d’autres avant nous ont entendues dans leur cœur un dimanche de février 1943. C’était le 12 et le pasteur Paul Vergara prêchait à l’Oratoire du Louvre à l’endroit où je me trouve, et il disait : « Prier sans se lasser et ne se relâcher point c’est dire à Dieu : « Oh Père, tout est obscurité autour de moi, je te cherche en vain à ma droite et à ma gauche et je ne te trouve pas, mais je me mépriserais moi-même si j’acceptais ce qui est et cessais de crier vers toi : « je sais que tu me répondras et que tu feras voir la justice de ma cause quand le moment sera venu. » Là est la prière qui triomphe de toutes les oppositions, là est ce royaume dont parle le Christ et dont il nous dit que ce sont « les violents seuls qui le ravissent ». Celui qui croit invinciblement à la justice et à l’amour ne peut rien perdre de son audace, de son impétuosité de sa vivante animation, il n’est jamais terrassé par la vie. »

Ceux et celles qui l’ont entendu ce jour-là, ont organisé le sauvetage de 63 enfants et adolescents juifs en les exfiltrant des foyers où ils logeaient pour les mettre en lieu sûr, avec l’aide de femmes chrétiennes, juives et sans doute aussi d’autres convictions, convaincues que si le sort tragique de ces enfants semblait inéluctable dans le contexte cruel dans lequel ils étaient, la foi de quelques intrépides pourrait changer la fatalité en chance, quitte à y perdre la vie. Ce jour-là aussi, le ciel est entré dans la maison du Christ. En rendant hommage à Marcelle Guillemot, autre intrépide de la foi, Paul Vergara a eu cette analyse, en 1961 : « Il est des moments où des éditions atténuées de l’Évangile ne sauraient répondre aux besoins immédiats de ceux qui sont tombés entre les mains des brigands. Jouer de la flûte, quand le clairon convie au combat, n’est rien d’autre qu’une désertion. Nous avons répondu à l’appel du clairon et nous sommes entrés dans la lutte avec un groupe de femmes héroïques ». Il n’y a pas d’édition atténuée de l’Évangile, dans la maison de Jésus le Christ, parce que c’est une question de vie ou de mort, une question de salut pour nos vies, les nôtres et celles de ceux que nous voyons défigurés par le mal et qui ne peuvent plus croire tout seuls qu’ils peuvent se lever, prendre leur grabat et marcher librement. Nous sommes l’Église que Dieu appelle à son service, avec vous toutes et vous tous, avec les croyants, les agnostiques et les athées, parce que nous croyons qu’on peut passer par le ciel quand la porte est fermée et parce que nous croyons qu’il est juste d’agir de la sorte.

En préparant son baptême, Ariane m’a dit avec sincérité : « je ne sais pas si je crois en Dieu parce que j’ai tendance à croire seulement ce que je vois ». Pour Ariane, nous devons rendre visible l’amour de Dieu pour l’Homme et nous devons le faire ensemble. Alors elle saura en quoi elle peut croire.
AMEN.


Silence
Jeu d’orgue

Psaume : Psautier Français n°62B « En toi, mon Dieu, toi seulement », strophes 1 à 3

Annonces
Collecte

Prière d’intercession

Seigneur, nous te prions pour Ariane, que ce baptême lui donne l’assurance de ton amour indéfectible pour elle.
Seigneur nous te prions pour la famille d’Ariane, que ce baptême, comme une fête au milieu du quotidien, illumine leur vie .

Seigneur nous te prions pour tous les enfants qui ont déjà la conscience d’appartenir à une communauté de croyants. Aide-les à comprendre la communion spirituelle comme une chance de s’ouvrir aux autres et non comme une carte d’identité qui les séparerait des autres. Que la tradition reçue par chacun, devienne le trésor avec lequel l’amitié puisse se construire, dans le respect et l’accueil de l’autre.

Seigneur nous te prions pour les paralysies qui marquent l’humanité. Les paralysies du corps mais aussi des esprits. Permets que la liberté de ton fils Jésus nous enseigne à croire qu’il est toujours possible de bouger. Donne-nous le courage de porter ce qui était voué à rester inerte, donne-nous la foi nécessaire pour changer nos codes quand ils sclérosent la vie de tes enfants, donne-nous ton esprit pour que Jésus devienne en nous le Christ et qu’il nous sauve de tout immobilisme.

Seigneur nous te prions pour la paix en Europe. Au moment où elle est soumise à l’intimidation permet que les pays qui la composent se souviennent que c’est ensemble que nous pourrons porter un projet durable de paix, condition nécessaire à une vie meilleure pour ses habitants.

Notre Père
Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du mal, car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. AMEN

Bénédiction
Frères et sœurs, allez annoncer l’Évangile dans ce monde, allez proclamer sa grâce.

Recevons la bénédiction de Dieu :
Le Seigneur nous bénit et nous dit : « tu es ma fille et mon fils bien aimé, en toi j’ai mis ma joie »

Chant spontané : Que tout mon cœur (Psaume 138, str.1)

Jeu d’orgue.

Paroles des cantiques du dimanche 13 février 2022

Psaume : Psautier Français n°47 « Frappez dans vos mains », strophes 1 à 3

Écouter l'enregistrement en cliquant ici

1 - Frappez dans vos mains,
Vous, tous les humains !
À cris redoublés,
Peuples assemblés,
Exultez de joie
Car voici le Roi.
Redoutable et doux,
Dieu veille sur vous ;
Son bras souverain,
Sa puissante main
Étend à jamais
Son règne de paix.

2 - Si Dieu a choisi
Israël pour fils,
S’il l’a secouru,
S’il l’a maintenu,
C’est pour proclamer
Par son bien-aimé :
“En moi s’uniront
Toutes les nations ;
Il faut maintenant
Que s’ouvre tout grand
Partout, pour toujours,
Mon règne d’amour !”.

3 - Peuple racheté,
Viens ici chanter !
De tes oppresseurs
Voici le vainqueur !
Fais sonner du cor,
Dieu est juste et fort.
Chantez tous, chantez
Sa grande bonté.
Il vient rétablir,
Il fait resplendir
Plus haut que les cieux
Le règne de Dieu.

Cantique : Louange et Prière n°204 « Seigneur, dirige et sanctifie », Strophes 1 et 2

Écouter l'enregistrement en cliquant ici

Strophe 1
Seigneur, dirige et sanctifie
Toute la vie
De ces enfants.
Que ta lumière
Sur leur carrière
Brille en tout temps !
Que, sous ta garde et sous tes ailes,
Ils soient fidèles,
Forts et constants !

Strophe 2
Soumets leur âme à l’Évangile,
Au joug facile,
Plein de douceur.
Fais-leur entendre
L’appel si tendre
De leur Sauveur.
Que, pour répondre à sa promesse,
Ils aient sans cesse
Le même cœur !

Cantique : Louange et Prière n°250 « Mon Dieu, mon Père, écoute-moi », Strophes 1 & 3

Strophe 1
Mon Dieu, mon Père, Écoute-moi,
Car ma prière S'élève à toi.
En Jésus-Christ, Tu nous l'as dit,
Je puis, Seigneur, T'ouvrir mon cœur.
Ah ! fais-moi grâce, Dieu tout-puissant !
Tourne ta face Vers ton enfant.

Strophe 2
Viens, je te prie, Change mon cœur ;
Guide ma vie Loin de l'erreur.
Mon seul désir Est de choisir
La bonne part Sous ton regard.
Que mon offense Ne lasse plus
Ta patience, Seigneur Jésus !

Strophe 3
Fais-moi comprendre Ta charité
Et bien entendre Ta vérité.
Oui, que ta main, Sur mon chemin,
Soit, ô Dieu fort, Mon seul support !
Que ta puissance Soit chaque jour
Ma délivrance, O Dieu d'amour !

Strophe 4
Rends-moi fidèle Par ton secours,
Et sous ton aile Tiens-moi toujours ;
Loin du danger, O bon Berger !
Conduis mes pas Jusqu'au trépas.
Vois ma faiblesse Et me soutiens
 Par ta tendresse : Je t'appartiens.

Psaume : Psautier Français n°62B « En toi, mon Dieu, toi seulement », strophes 1 à 3

Strophe 1
En toi, mon Dieu, toi seulement,
J’ai retrouvé l’apaisement
Car tu es seul ma délivrance
Et je m’appuie à ce rocher.
Je ne crains pas de trébucher,
Je fonde en lui mon assurance.

Strophe 2
Vont-ils longtemps sur moi peser
Ceux qui voudraient me renverser
Comme on renverse une clôture ?
Vous vous plaisez tous à mentir,
Et quand vous feignez de bénir,
C’est à nouveau une imposture.
Strophe 3
En toi, mon Dieu, est mon recours,
Tu es ma gloire et mon secours,
Tu affermis mon espérance.
Venez servir votre Seigneur,
Et devant lui ouvrez vos cœurs
Car il est seul notre défense.

Strophe 4
Faible ou puissant, l’homme n’est rien.
Il pèse moins avec ses biens
Qu’un souffle au creux d’une balance.
Tous ses calculs, tout son argent
Sont dispersés au moindre vent ;
Tout son avoir n’est qu’indigence.

Paroles des répons des cultes d'éducation biblique

Après la salutation
Ton nom, Seigneur (Psaume 8, str. 1)

Ton nom, Seigneur, est un nom magnifique,
Sans fin la terre en reprend le cantique ;
Elle répond de toute sa beauté
A la splendeur du ciel illuminé.
 
Après la volonté de Dieu
Revêts, Seigneur, de ta justice (Psaume 72, str. 1)

Revêts, Seigneur, de ta justice
Le Prince de la paix
Et parmi nous qu'il établisse
Son royaume à jamais.
En lui, les plus humbles du peuple
Trouvent un défenseur,
Délivrant les fils de la veuve
Et brisant l'oppresseur.
 
Après la prière de repentance
Tel que je suis (L&P n°630)

Tel que je suis bien vacillant
En proie au doute à chaque instant,
Lutte au dehors, crainte au dedans,
Agneau de Dieu, je viens, je viens !

Après l’annonce de la grâce
Frappez dans vos mains (Psaume 47, str. 1)

Frappez dans vos mains, Vous, tous les humains !
A cris redoublés, Peuples assemblés,
Exultez de joie Car voici le roi.
Redoutable et doux, Dieu veille sur vous ;
Son bras souverain, Sa puissante main,
Étend à jamais Son règne de paix.
 
Après la confession de foi
Hosanna, hosanna ! (L.P. n°115)

Hosanna, hosanna !
Chantons d'un cœur fidèle
Le plus grand des amours
Et la joie éternelle !
Jésus le crucifié,
Le roi plein de douceur,
Dans son humilité
Devient notre Seigneur.

Après la bénédiction
Que tout mon cœur (Psaume 138, str.1)

Que tout mon cœur soit dans mon chant,
Qu'il soit brûlant de tes louanges !
Je te rends grâce en ta maison,
Je loue ton nom devant les anges.
Tu es venu pour exalter
La renommée de ta parole.
J'adore ta fidélité 
Et ta bonté qui me console.

Lecture de la Bible

Évangile de Marc, chapitre 2, versets 1 à 12

[Bible Louis Segond]

1 Quelques jours après, Jésus revint à Capernaüm. On apprit qu'il était à la maison,
et il s'assembla un si grand nombre de personnes que l'espace devant la porte ne pouvait plus les contenir. Il leur annonçait la parole.
Des gens vinrent à lui, amenant un paralytique porté par quatre hommes.
Comme ils ne pouvaient l'aborder, à cause de la foule, ils découvrirent le toit de la maison où il était, et ils descendirent par cette ouverture le lit sur lequel le paralytique était couché.
Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Mon enfant, tes péchés sont pardonnés.
Il y avait là quelques scribes, qui étaient assis, et qui se disaient au dedans d'eux :
Comment cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, si ce n'est Dieu seul ?
Jésus, ayant aussitôt connu par son esprit ce qu'ils pensaient au dedans d'eux, leur dit: Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs ?
Lequel est le plus aisé, de dire au paralytique: Tes péchés sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, prends ton lit, et marche ?
10 Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés :
11 Je te l'ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison.
12 Et, à l'instant, il se leva, prit son lit, et sortit en présence de tout le monde, de sorte qu'ils étaient tous dans l'étonnement et glorifiaient Dieu, disant: Nous n'avons jamais rien vu de pareil.


Vidéo du culte entier

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