A quand la conversion du cœur ?

Luc 3:7-14

Culte du 3 avril 2022
Prédication de Agnès Adeline-Schaeffer

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 3 avril 2022
5ème dimanche du temps de la Passion
39ème jour de la guerre en Ukraine

« A quand la conversion du cœur ? »

Culte présidé par la Pasteure Agnès Adeline-Schaeffer
A l'orgue : David Cassan, organiste co-titulaire

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Entrée – Orgue

Salutation
Amis, frères et sœurs,
Avant même que nous fassions quoi que ce soit,
Avant même que nous demandions quelque chose,
Avant même que nous reconnaissions nos torts,
Dieu nous dit : Je vous donne ma paix.
Je vous fais grâce pour tout ce que vous avez fait,
tout ce que vous pourriez me dire,
ce que vous pourriez me demander.
Je suis le Dieu qui aime son humanité, sa création,
Autrement dit : chacun et chacune d’entre nous.

Accueil
Bienvenue à l’Oratoire du Louvre, pour ce culte qui nous rassemble ce matin.
Bienvenue à celles et ceux qui, peut-être, franchissent le seuil de ce temple pour la première fois.
Bienvenue à celles et ceux qui nous rejoignent par le biais d’internet ou des réseaux sociaux.
Bienvenue à David Cassan qui nous accompagne à l’orgue.
Alors que le monde reste troublé,
alors qu’il nous plonge dans de nombreuses incertitudes,
puissions-nous vivre ce culte l’esprit au repos et le cœur apaisé.

Prière
Prions ensemble :
Père, tu es là, au milieu de nous.
C’est Toi qui nous offres ce temps de culte,
Pour accueillir une Parole
Qui féconde notre existence.
Ce temps de culte, tu nous le donnes
Pour partager avec des frères et des sœurs
Notre adoration et notre prière. Amen et merci.
 
Réunissons-nous dans la communion fraternelle avec le 1er chant spontané
Répons : Seigneur que tous s’unissent
Seigneur que tous s’unissent pour chanter ton amour.
Ton soleil de justice se lève sur nos jours. 
Le Fils de Dieu est homme, avec nous désormais,
C’est sa vie qu’il nous donne, et nous marchons en paix.

Louange :
Mon âme, bénis l’Éternel !
Que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom !
Mon âme bénis l’Éternel
Et n’oublie aucun de ses bienfaits.
C’est lui qui pardonne toutes tes fautes,
Qui guérit toutes tes maladies,
C’est lui qui délivre ta vie de la fosse,
Qui te couronne de bonté et de miséricorde
(Psaume 103:1-4)

Poursuivons notre louange par le chant du psaume 24,
Psaume : Psautier Français n°24 « La terre au Seigneur appartient  », strophes 1, 2, 3 & 5 [cliquer ici]

Volonté de Dieu
Écoutons maintenant comment Dieu révèle sa volonté, son amour aux hommes :

Je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel,
Projets de paix et non de malheurs.
Afin de vous donner un avenir et une espérance.
Vous me prierez et je vous exaucerai,
Vous me chercherez, et vous me trouverez.
Si vous me cherchez de tout votre cœur,
Je me laisserai trouver par vous.

Répons : Dieu d’amour tu fais connaître
Dieu d’amour tu fais connaître, au plus humble tes secrets,
Et pour lui tu es un maître qui te plais à l’enseigner.
Ta Parole est son appui, le bonheur son héritage,
Et ses enfants comme lui auront la terre en partage.

 
Confession du péché
Prions ensemble :
Seigneur, les hommes vont à toi, dans leur misère, et demandent du secours, du bonheur et du pain.
Tous font ainsi, païens et chrétiens.
Seigneur, les hommes vont à toi, dans ta faiblesse,
Te trouvent pauvre et méprisé, méconnu et trahi,
Et c’est ainsi que tu vas vers leur détresse.
Seigneur, prends-moi par la main, que je puisse, moi aussi, aller comme toi, avec toi, vers mes frères.
Amen.
[Dietrich Bonhoeffer]

Répons : Seigneur, reçois, Seigneur pardonne

Seigneur, reçois, Seigneur pardonne, notre misère et nos péchés.
Et ce pardon que tu nous donnes, enseigne-nous à le donner.
Ô mon Seigneur, mon Dieu, mon roi,
Aie pitié, aie pitié de moi.


Annonce du pardon
Pour accueillir le pardon que Dieu nous donne, je vous invite à vous lever :
Voici la promesse que l’Éternel fait à son peuple, par la bouche du prophète Ézéchiel :

« Je vous donnerai un cœur neuf,
Et je mettrai en vous un esprit neuf,
J’enlèverai de votre corps le cœur de pierre,
Et je vous donnerai un cœur de chair.
Je mettrai en vous mon propre Esprit ».(Ez 36:25)

Chantons à Dieu notre reconnaissance !
 
Répons : Louez Dieu pour sa grâce
Louez Dieu pour sa grâce, célébrez son amour,
Qui jamais ne se lasse, qui demeure à toujours.
Que tous les rachetés, les hommes qu’il fait vivre,
S’unissent pour chanter l’amour qui les délivre.

 
Confession de foi
Nous restons debout pour confesser notre foi, avec un texte de ma consœur Béatrice Cléro-Mazire :

Éternel,
Nous croyons que tu fais toutes choses nouvelles, pour le monde et pour nous, toujours et en tout temps,
Toi, le Dieu de la résurrection, de la vie nouvelle et de l’Homme relevé.
Nous croyons que personne n’est enfermé dans la fatalité du malheur, mais que tu nous offres, dans la foi, l’horizon d’un bonheur, et la création, toujours possible.
Nous croyons, grâce à l’humanité de Jésus, que l’Homme est ton espérance et que ton amour pour lui est le même amour que tu as pour nous.
Nous croyons qu’il est possible de nous laisser convertir à l’amour de Dieu et à l’amour du prochain, et qu’ainsi, le règne de Dieu peut advenir dans notre monde, chaque jour, par nos actes et nos pensées ;
Nous croyons qu’une fraternité de foi existe, avec tous ceux qui se soucient de ce monde et ce que qui le peuplent, et qu’ensemble, quelle que soit notre tradition de foi, nous pouvons rendre manifestes toutes les choses nouvelles que tu crées pour nous.
[Béatrice Cléro-Mazire]

Répons : Célébrez Dieu rendez-lui grâce
Célébrez Dieu rendez-lui grâce, car éternel est son amour.
Inclinez-vous devant sa face, car éternel est son amour.
Avec ardeur que tous s’accordent pour discerner de jour en jour
Les dons de sa miséricorde, car éternel est son amour.


Doxologie : Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, d’éternité en éternité !

Lecture biblique :  
Évangile de Luc, chapitre 3, versets 7 à 14 [cliquer ici]


7 Jean disait alors aux foules qui venaient se faire baptiser par lui : « Engeance de vipères, qui vous a montré le moyen d’échapper à la colère qui vient ? 
8 Produisez donc des fruits qui témoignent de votre conversion ; et n’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons pour père Abraham.” Car je vous le dis, des pierres que voici Dieu peut susciter des enfants à Abraham. 
9 Déjà même, la hache est prête à attaquer la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. »
10 Les foules demandaient à Jean : « Que nous faut-il donc faire ? » 
11 Il leur répondait : « Si quelqu’un a deux tuniques, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; si quelqu’un a de quoi manger, qu’il fasse de même. » 
12 Des collecteurs d’impôts aussi vinrent se faire baptiser et lui dirent : « Maître, que nous faut-il faire ? » 
13 Il leur dit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous a été fixé. » 
14 Des militaires lui demandaient : « Et nous, que nous faut-il faire ? » Il leur dit : « Ne faites ni violence ni tort à personne, et contentez-vous de votre solde. »

Cantique : Louange et Prière n°193 « Parle, Parle Seigneur », Strophes 1 à 3 [cliquer ici]
 
Prière d’illumination

Éternel, ta promesse de faire toutes choses nouvelles, nous rejoint ici et maintenant.
Et si ces choses nouvelles commençaient maintenant, en écoutant ta Parole ?
Nous venons à toi, tels que nous sommes,
Certains d’entre nous sont bien présents, d’autres plus distraits,
Certains sont enracinés dans ta parole, d’autres sont plutôt déconcertés par elle.
Envoie sur chacun et chacune de nous, ton esprit de vie,
Qu’il puisse unir nos diversités, nos particularités,
Qu’il renouvelle notre compréhension de nos vies, de nos relations, mais aussi notre compréhension.
Que ta Parole conduise chacune, chacun à la conversion de notre cœur, à ton amour, et à celui de notre prochain. Amen.
[Agnès Adeline].

Orgue

Prédication : A quand la conversion du cœur ?


Amis, frères et sœurs,

Je vous propose de retrouver ce matin un extrait de l’Évangile de Luc, qui met en scène un homme, Jean, dit le Baptiste., ou le Baptiseur.  Cet homme est le fils de Zacharie, enfanté dans la vieillesse d’Élisabeth, et dont la naissance nous est racontée dans le premier chapitre de l’Évangile de Luc. On le retrouve, dans un rôle qui est familier aux lecteurs de la Bible : séjournant dans le désert, Jean le Baptiste remplit son rôle de prophète, que Luc l’évangéliste résume de cette manière : « Il vint dans la région du Jourdain, proclamant un baptême de conversion, en vue du pardon des péchés ». (Luc 3:3). En fait, le passage que nous venons de lire, se situe dans la vallée du Jourdain, où la densité de population est plus importante.
Jean le Baptiseur ou Jean-Baptiste, est le dernier des prophètes de l’Ancien Testament, et on peut le reconnaître à son discours empreint de sévérité, dans le style des anciens prophètes.  L’existence qu’il mène est celle d’un ascète, ses préceptes sont exigeants, son langage est rude, voire radical. Les quatre Évangiles parlent de Jean-Baptiste, de façon complémentaire : il est décrit comme un solitaire ascétique (Mt 11:18), il se nourrit de sauterelles grillées et de miel sauvage, il pratique le jeûne, et il développe son activité sur les rives du Jourdain. Il pourrait avoir appartenu au mouvement essénien, selon l’historiographe romain de confession juive Flavius Josèphe qui évoque Jean dans son œuvre : « Homme de haute qualité, il exhortait les Juifs à pratiquer vertu, justice et piété…/…il les conviait à se rallier par un baptême, après s’être rendus agréables à Dieu non seulement en se détournant du péché, mais en joignant la pureté du corps à celle de l’âme » ; (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques)

Les quatre évangiles s’accordent à voir en lui « l’homme envoyé de Dieu pour témoigner au sujet de la lumière, (Jean 1:6) ;  il est aussi le messager qui ouvre la route, annoncé par Malachie  et dont Elie est une figure, (Mt 11:10) ;  il est encore  la voix d’un oracle d’Esaïe, « la voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur » (Mt 3/3). Mais c’est seulement l’évangéliste Luc qui fait un lien étroit entre Jean le Baptiste et Jésus, en racontant les récits d’enfance en parallèle.
Dans le désert, Jean Baptiste enseigne la prière, les jeûnes de pénitence, il prêche le repentir et la confession des fautes et il propose un baptême pour les péchés remis, qui symbolise et même consacre cette purification morale acquise par une vraie conversion du cœur, indispensable pour s’approcher de Dieu. Il annonce aussi à ceux qui l’écoutent la venue d’un plus puissant que lui, déjà présent au milieu d’eux, qui ne baptisera plus comme lui, dans l’eau seulement, mais dans l’Esprit-Saint. Lui, Jean, sait que celui-là est le Messie, le Christ, il est seulement devant lui, pour prévenir de son arrivée. Il est le prophète intermédiaire entre les deux Alliances.
Jean-Baptiste proclame un appel à la conversion. Pour lui, la vérité de Dieu est à chercher dans le désert, ainsi que l’écrit Daniel Marguerat : « La vérité de Dieu est à chercher dans le désert, dans la privation et non dans le luxe des villes royales. Le choix du désert est d’une symbolique forte : dans la tradition biblique, le désert est le lieu du retrait et de la communion idéale avec Dieu, durant l’Exode. Pour retrouver le Dieu des Pères, il s’agit de se retirer »
Jean-Baptiste proclame donc un appel à la conversion, à cause d’un jugement qui ne saurait tarder. Ses paroles sont abruptes : personne n’échappera au jugement qui vient : « la hache est prête à attaquer la racine des arbres », (Luc 3:9).  Cela ne concerne pas seulement les pharisiens et les sadducéens comme dans l’Évangile de Matthieu, mais à toutes les foules citées dans l’Évangile de Luc. Son appel à la conversion est cinglant : « Engeance de vipères, qui vous a montré le moyen d’échapper à la colère qui vient ? (Luc 3:7). Dans cette annonce du jugement qui vient, la colère désigne la réaction du Dieu saint, face au péché, comme cela pouvait être exprimé dans les livres prophétiques, tel celui d’Esaïe.  Jean le Baptiste annonce ici la venue imminente de Dieu comme juge de la fin des temps qui rendra une sentence. Mais en même temps il est le précurseur de Jésus qui se présentera comme un serviteur doux et humble, celui qui ne jugera pas, mais qui à l’inverse, sauvera de la colère présupposée.

Mais l’appel de Jean le Baptiste est aussi vertueux : à la question posée par les foules : « que devons-nous faire ? » il répond : partager ses biens avec les pauvres et lutter contre la corruption des fonctionnaires. C’est cela produire des fruits qui témoignent de la conversion, de la  « metanoïa », exigée par Jean le Baptiste.  Nous avons ici la première occurrence du terme grec « metanoia », qui reviendra 14 fois dans l’Évangile de Luc, et qui signifie un changement de mentalité, un changement d’état d’esprit. Ce terme grec est la traduction d’un terme hébreu, « teshouva », qui veut dire faire demi-tour, changer de direction, revenir.
La réponse de Jean-Baptiste est simple et élémentaire. Il propose une conduite de fraternité et de justice, sans même exiger des collecteurs d’impôts et des militaires qu’ils renoncent à leur métier. Les foules reçoivent un enseignement concis et précis sur la pratique nouvelle qui va authentifier leur conversion. Pour tous, c’est une exigence de solidarité, par le partage des biens élémentaires nécessaires à la vie, le vêtement et la nourriture. Ici l’évangéliste Luc fait apparaître une dimension sociale. La pauvreté matérielle est une réalité tangible. Le fonctionnement d’une société nouvelle ne sera viable qu’avec le rétablissement d’une économie solidaire.
Les collecteurs d’impôts quant à eux, reçoivent une consigne spécifique de stricte honnêteté : n’exigez rien de plus que ce que vous a été fixé. On retrouvera ces propos dans la bouche de Zachée, plus loin dans le même évangile, quand Jésus passera à Jéricho et qu’il le débusquera de son figuier.
Les militaires sont exhortés, dans un paradoxe surprenant, à la non-violence et à un même refus de tout abus de pouvoir à leur profit.

Le défi que nous lance l’Évangile de ce matin, c’est me semble-t-il de nous rappeler intérieurement que nous tous, nous sommes créés à l’image de Dieu, tel que nous le raconte le livre de la Genèse et qu’à ce titre, nous devrions pouvoir nous considérer comme un cadeau les uns pour les autres. Tous créés à l’image de Dieu, autrement dit, tous porteurs de son amour et son espérance, chacun avec sa spécificité et sa diversité. Et lorsque plus tard, Jésus le Christ, dira « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton être, et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même ». Il développera cette loi en l’élargissant à lui-même en précisant : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».
C’est-à-dire, aimez-vous les uns les autres dans une pleine communion, au point de penser que vous ne formez plus qu’un, exactement comme Jésus a aimé les êtres humains, dans une union telle qu’il ne s’est pas dérobé à donner sa vie, pour garder cette communion à l'humanité.
Il nous appelle simplement à la réciprocité de cet amour, en le manifestant les uns aux autres, et le discours de Jean-Baptiste et surtout, son appel à cette conversion radicale, sont déjà les prémices du royaume d’amour que le Christ vient établir.
Le texte d’aujourd’hui ne dit rien d’autre que ceci : les besoins de notre prochain sont aussi les nôtres.

Prendre conscience que le pain qu’on met de côté pourrait être partagé avec celui qui a faim, que le manteau que l’on garde dans les armoires pourrait être donné à celui qui a froid, et que l’argent qui dort sur des comptes d’épargne pourrait être distribué équitablement.
Et Saint-Augustin qui était la référence du réformateur Martin Luther disait : « Le superflu des riches appartient aux pauvres : l’un peut prêter ses jambes au boiteux, l’autre peut prêter ses yeux à l’aveugle pour le guider, un autre encore peut aller visiter les malades… »
Théodore Monod disait à propos de l’Évangile : Dépassé ? Mais il n’a même pas été essayé…

On a la tentation de croire que vivre l’Évangile, c’est vivre dans l’utopie. Et pourtant ce sera la référence de tout le mouvement du christianisme social prêché par le père de Théodore Monod, Wilfred Monod, qui en commentant le Notre Père disait : « Dire notre Père c’est aussi dire notre pain. Si je demande du pain pour moi, j’en demande pour les autres, si l’autre n’en a pas, alors je donne un peu de ce que j’ai, car joindre les mains dans la prière, c’est rejoindre les autres à chaque instant. Ma prière personnelle ne peut se dissocier de la demande universelle. Elle me lie aux autres et me rend responsable et solidaire des autres ».

C’est ce que les premiers chrétiens avaient compris de la venue de Jésus-Christ. C’est ce que nous pouvons nous réapproprier aujourd’hui, au cœur de notre monde de consommation poussée jusqu’à l’extrême, augmentant le fossé entre les classes sociales, germes d’une prochaine révolution. Tous les chrétiens qui entendent cette parole, sont invités à prendre l’Évangile au sérieux. A chaque génération, il y en a déjà qui ont pris l’Évangile au sérieux. Tous sont sortis victorieux de cet engagement. Rappelons-nous l’appel de l’appel de l’Abbé Pierre, à l’hiver 54, qui a donné naissance à la communauté d’Emmaüs, rappelons-nous aussi tous les organismes protestants, ou non, croyants ou populaires de solidarité qui existent et qui ont besoin de notre aide. Et l’Armée du Salut qui fait un travail remarquable sur tous les terrains. Rappelons-nous aussi ce témoignage rapporté par les pasteurs de l’Oratoire : chaque fois qu'on célébrait la cène, ici même, le pasteur Wilfred Monod faisait en même temps donner un repas aux pauvres du quartier des Halles. Cela ne devait sûrement pas se décider à la dernière minute….
Si quelqu’un a deux tuniques, qu’il partage avec celui qui n’en a pas, si quelqu’un a de quoi manger, qu’il fasse de même ». La parole de Jean-Baptiste retentit à nos oreilles ce matin, mais elle doit aussi s’imprégner dans notre cœur comme une réalité à vivre et non comme une vue de l’esprit.

Puisque c’est à la conversion que les foules sont appelées, à un changement de mentalité, de point de vue, un changement d’esprit, prenons le temps d’examiner notre réaction intérieure lorsque nous entendons ce texte, nous qui avons tout de même une certaine qualité de vie. Sommes-nous tentés de dire : ce que je peux faire dans ce domaine, c’est peine perdue, rien ne change, tout empire. Donc je ne fais rien. C’est bien à une conversion du cœur à laquelle nous sommes invités, appelés même.
Nous avons tellement de richesses à mettre en commun, et pas seulement des richesses matérielles. Nous avons certainement à apprendre ou plutôt à réapprendre à vivre dans le lien fraternel, malmené ces derniers temps par le confinement, la distanciation sociale, le port du masque, la suspicion de la contamination. Nous avons à retravailler notre imagination pour affiner notre accueil, à l’Église, à l’Entraide, et cela ne peut reposer que sur les épaules des mêmes personnes. La conversion du cœur nous oblige à examiner nos pensées de l’intérieur. Et le cœur, dans la compréhension biblique, c’est quelque chose d’important, de fondamental. Toute conversion passe par la purification du cœur, autrement dit, par l’intérieur de l’être humain. C’est dans le cœur que s’élaborent les pensées. C’est là aussi où se prennent les décisions. C’est là encore où se logent les sentiments. Nous sommes bien placés pour savoir que le cœur de l’être humain est compliqué. Cette complexité traverse toute la Bible. Elle sera identifiée par l’apôtre Paul faisant part de son tiraillement personnel : « Je ne fais pas le bien que je voudrais, et je fais le mal que je ne veux pas ». L’essentiel, à mon sens, c’est d’en prendre conscience, de l’identifier, pour nous-mêmes. Au fond, c’est se regarder soi-même en vérité, devant le Dieu de Jésus-Christ en qui nous avons placé, d’une manière ou d’une autre, notre confiance. Chacun peut savoir où il en est, dans ses propres tiraillements. Ce petit passage de Luc est là, aujourd’hui, en ce dimanche de l’Entraide, pour évangéliser nos pensées, nos attitudes, nos comportements contradictoires, nos doubles, voire nos triples discours. Chacun sait ce qu’il a à modifier, à changer, à convertir. On se demande souvent : c’est quoi vivre l’Evangile ? Ça commence comme cela avec cette prise de conscience qu’il y a des petites choses à changer, pour regarder le monde avec le cœur.  Mais c’est vraiment une exigence.

  • Celle de passer sur notre paresse, notre lassitude, nos découragements,
  • Cela demande aussi de passer sur certaines rancœurs, certaines déceptions, sur les non-dits qui sont autant de médisances, ou sur les paroles blessantes qui appellent une justification.
  • Cela nécessite de passer enfin sur le manque de reconnaissance que l’on recherche, et finalement de convertir notre regard sur celles et ceux qui nous entourent.

Si le cœur est souvent le lieu de nos misères, il est aussi ce lieu où Dieu, par sa parole, peut nous rejoindre. Sa parole peut être bienfaisante, réparatrice. Elle soigne ce qui, en nous, est blessé, elle relève ce qui en nous, est tombé, elle restaure ce qui, en nous, est humilié. Elle unifie ce qui, en nous, est divisé. Mais rien de cela ne se fera sans nous, sans notre désir d’une part, ni sans notre consentement d’autre part. Nous sommes parties prenantes de la conversion de notre cœur.
Amen.

Pour aller plus loin :

  • Daniel Marguerat, Vie et destin de Jésus de Nazareth, le Seuil, 2019, pages 75 à 96.
  • Laurent Gagnebin, Christianisme spirituel et christianisme social, la prédication de Wilfred Monod, Labor et Fides, 1987, pages 297 à 321.

Orgue
 
Cantique : Louange et Prière n°390 « Consacre à ton service », strophes 1 à 3 [cliquer ici]

Annonces 
Offrande pour la vie de l’Église :
Que chacun donne ce qu’il a décidé en son cœur, sans regrets ni contraintes.
Nous recueillerons votre offrande pour la vie de l’Église, afin qu’elle puisse continuer de rendre témoignage de l’Évangile… C’est le moment du don joyeux.
Orgue

Prière d’intercession

Notre Père
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton Nom soit sanctifié,
que ton Règne vienne,
que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles, amen.
 
Bénédiction
Recevez maintenant la bénédiction de la part de Dieu :

Vivez en paix entre vous.
Donnez du courage à ceux qui en ont besoin.
Soutenez les faibles.
Soyez patients envers tous.
Prenez garde : que personne ne rende le mal pour le mal,
mais recherchez toujours le bien,
Entre vous et à l’égard de tous.
Soyez toujours joyeux, priez sans cesse.
Rendez grâces en toutes choses,
Car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ.
[1 Thess. 5:13-18]

et la paix de Dieu,
qui dépasse tout ce que l’homme peut comprendre
gardera vos cœurs e vos esprits en Jésus-Christ. Amen.
[Phil. 4:7]

Répons : Bénis ô Dieu nos routes
Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi :
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi.

Sortie - orgue

Paroles des chants du dimanche 3 avril 2022

Psaume : Psautier Français n°24 « La terre au Seigneur appartient  », strophes 1, 2, 3 & 5.

Strophe 1
La terre au Seigneur appartient,
Dans l'univers son bras soutient
Tout ce qui foisonne et respire.
Sur les abîmes du néant
Il a posé les fondements
Et donné vie à son empire.

Strophe 2
Mais qui pourra dans ta cité,
Seigneur, devant ta sainteté,
Se lever pour te rendre grâce ?
C'est l'homme droit qui sans détour
Sert la vérité chaque jour
Et dont les mains restent sans tache.
Strophe 3
La main de Dieu le bénira,
L'esprit de Dieu l'affermira,
Dans sa justice et dans sa grâce,
Avec tous ceux dont le désir,
O Dieu d'amour, est de servir,
De chercher tous les jours ta face.

Strophe 5
Élevez-vous jusques aux cieux,
Portes de la cité de Dieu,
Laissez entrer le roi de gloire !
Quel est ce roi si glorieux ?
C'est le Seigneur, c'est notre Dieu ;
Voici le Roi, chantez sa gloire !

Cantique : Louange et Prière n°193 « Parle, Parle Seigneur », Strophes 1 à 3

1 - Parle, parle, Seigneur,
ton serviteur écoute :
Je dis ton serviteur,
car enfin je le suis ;
Je le suis, je veux l'être,
et marcher dans ta route,
Et les jours et les nuits.

2 - Donne-moi ton Esprit
que je puisse comprendre
Ce qu'ordonnent de moi
tes saintes volontés,
Et réduis mes désirs
au seul désir d'entendre
Tes hautes vérités.
3 - Parle, parle, ô mon Dieu !
ton serviteur fidèle
Pour écouter ta voix
réunit tous ses sens,
Et trouve les douceurs
de la vie éternelle
En tes divins accents.

4 - Parle, pour consoler
mon âme inquiétée ;
Parle, pour la conduire
à quelque amendement ;
Parle, afin que ta gloire,
ainsi plus exaltée,
Croisse éternellement !

Cantique : Louange et Prière n°390 « Consacre à ton service », strophes 1 à 3

1 - Consacre à ton service
Mon cœur et mon esprit
En vivant sacrifice,
O Seigneur Jésus-Christ.
Accepte mon offrande,
O Jésus, Fils de Dieu,
Et que sur moi descende
La flamme du saint lieu !

2 - J’abandonne ma vie,
Sans regrets ni frayeur,
A ta grâce infinie,
O mon Libérateur.
Accepte mon offrande,
O Jésus, Fils de Dieu,
Et que sur moi descende
La flamme du saint lieu !
3 - Qu’un feu nouveau s’allume
Par ton amour en moi,
Et dans mon cœur consume
Ce qui n’est pas à toi.
Accepte mon offrande,
O Jésus, Fils de Dieu,
Et que sur moi descende
La flamme du saint lieu !

4 - Viens, Jésus, sois mon Maître ;
Par ton sang racheté,
A toi seul je veux être
Et pour l’éternité !
Accepte mon offrande,
>O Jésus, Fils de Dieu,
Et que sur moi descende
La flamme du saint lieu ;!

Paroles des répons du temps de la Passion

Après la salutation
Répons : « Seigneur que tous s'unissent » (Alléluia n°31/20 ou Arc en Ciel n°303, str.1).

Seigneur que tous s'unissent
Pour chanter ton amour.
Ton soleil de justice
Se lève sur nos jours.
Le fils de Dieu est homme,
Avec nous désormais.
C'est sa vie qu'il nous donne
Et nous marchons en paix.

Après la volonté de Dieu
Répons : « Dieu d'amour tu fais connaître » (Psaume 25, str.4)

Dieu d’amour, tu fais connaître
Au plus humble tes secrets ;
Et pour lui tu es un maître
Qui te plais à l’enseigner ;
Ta parole est son appui,
Le bonheur son héritage ;
Et ses enfants comme lui
Auront la terre en partage.

Après la prière de repentance
Répons : « Seigneur, reçois ; Seigneur, pardonne ». (Alléluia n°43/04 ou Arc-en- Ciel n°407, strophe 1)

Seigneur, reçois ; Seigneur, pardonne
Notre misère et nos péchés
Et ce pardon que tu nous donnes,
Enseigne-nous à le donner.
O mon Seigneur, mon Dieu, mon roi,
Aie pitié, aie pitié de moi.

Après l’annonce de la grâce
Répons « Louez Dieu pour sa grâce » (Psaume 107, str.8)

Louez Dieu pour sa grâce, Célébrez son amour
Qui jamais ne se lasse, Qui demeure à toujours.
Que tous les rachetés, Les hommes qu'il fait vivre,
S'unissent pour chanter L'amour qui les délivre.

Après la confession de foi
Répons : « Célébrez Dieu, rendez-lui grâce » (Psaume 118, str.1)

Célébrez Dieu, rendez-lui grâce,
Car éternel est son amour.
Inclinez-vous devant sa face,
Car éternel est son amour.
Avec ardeur que tous s’accordent
Pour discerner de jour en jour
Les dons de sa miséricorde,
Car éternel est son amour.

Après la bénédiction
Répons : « Confie à Dieu ta route » (L&P n°309, str.5)

Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi,
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi. 

Lecture de la Bible

Évangile de Luc chapitre 3, versets 7 à 14

[Bible Louis Segond]

Il disait donc à ceux qui venaient en foule pour être baptisés par lui : Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ?
Produisez donc des fruits dignes de la repentance, et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que, de ces pierres, Dieu peut susciter des enfants à Abraham.
Déjà même la cognée est mise à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.
10 La foule l'interrogeait, disant : Que devons-nous donc faire ?
11 Il leur répondit : Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même.
12 Il vint aussi des publicains pour être baptisés, et ils lui dirent : Maître, que devons-nous faire ?
13 Il leur répondit : N'exigez rien au delà de ce qui vous a été ordonné.
14 Des soldats aussi lui demandèrent : Et nous, que devons-nous faire ? Il leur répondit : Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde.

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