Visite de l'Oratoire du Louvre

1) int√©rieur actuel  -  2) ext√©rieur actuel  -   3) au XVI-XVIIe  -  4) au XVIIIe  -  5) au XIX-XXe  -  6) histoire


plan de l'Oratoire du Louvre

Architecture

Bible

Chaises

La chaire

Table de communion

Baptistère

Les orgues

Banc des conseillers

Porte et Tambour

Chapelles

Stalles

Verset

Croix

Colombe

Devise

Héros

Musique

D√©cors XVIIe

Vitraux et l√©gion d'honneur

Grande sacristie

Salle haute

Pasteurs

Mariés

Cercueil

Quêteuses

Bustes

 

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  • Architecture
  • Le vide et la Bible
  • La disposition des chaises
  • La chaire
  • La table de communion
  • Le baptist√®re
  • Les orgues
  • Le banc des conseillers
  • Porte et tambour d'entr√©e
  • Les chapelles lat√©rales
  • Les stalles
  • Le verset peint
  • La croix
  • La colombe
  • La devise des Oratoriens
  • M√©moire des h√©ros
  • Musique et cantiques
  • Restes des d√©cors du XVIIe
  • Les vitraux
  • La grande sacristie
  • La salle haute
  • La sacristie des pasteurs
  • Fauteuils des mari√©s
  • Tr√©teaux pour le cercueil
  • Les qu√™teuses
  • Bustes et autres souvenirs

 

 

l'Oratoire, un matin
l'Oratoire, un matin

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Qu'est ce qu'un temple protestant?

Un temple protestant n'est pas un lieu sacr√©. C'est un lieu de r√©union o√Ļ les chr√©tiens protestants viennent rendre un culte ensemble √† Dieu, d‚Äôabord, et viennent aussi pour stimuler leur foi et leur questionnement personnel par l‚Äô√©coute d‚Äôune lecture de la Bible et d‚Äôune pr√©dication.

L'architecture d'un temple protestant et son mobilier sont modestes. Pas de statues, pas de vitraux, pas de peintures, presque aucune forme d'art religieux car pour les protestants l'essentiel est à l'intérieur de l'homme. Le dépouillement des lieux invite l'homme à chercher en lui-même la communion avec Dieu.

Qu‚Äôest-ce que l‚ÄôOratoire a de particulier ?

L'Oratoire est un temple protestant depuis 1811 (décret de Napoléon Ier ). Peu à peu, l’Oratoire est devenu un temple protestant caractéristique, même s’il reste les signes visibles de la chapelle royale des oratoriens, et même si chaque paroisse a une personnalité et une histoire propre, les hommes et les femmes qui s’y sont investis ont laissés dans l’aménagement les traces de leur sensibilités théologiques et artistiques personnelles.

La visite de l’intérieur de l’Oratoire du Louvre

Cette visite vous permettra :

  • de d√©couvrir un temple protestant et de comprendre le sens de chaque √©l√©ment particulier,
  • d‚Äôapercevoir quelques traces actuelles de la chapelle royale des Oratoriens.

Cette page concerne l’intérieur de l’Oratoire du Louvre au XXIe siècle.
Ces autres pages vous permettront de :

 

 

Architecture Architecture Architecture Architecture

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Architecture

L’Oratoire du Louvre est construit √† l’√©poque baroque. Mais le baroque fran√ßais n’a pas grand chose √† voir avec le baroque spectaculaire que l’on peut admirer en Italie ou en Allemagne, par exemple. A cette √©poque appara√ģt le classicisme qui prend pour mod√®le l’art antique et qui privil√©gie l’√©quilibre, la raison, l’harmonie entre la forme et le fond (ce que l’on veut dire, ce que l’architecte veut mettre en valeur). Le classicisme est ainsi d’une certaine fa√ßon aux antipodes du baroque italien qui s’exprime par la passion, l’√©motion plus que par une d√©monstration.

Comme la plupart des √©glises, l’Oratoire a un plan en forme de croix, avec une nef, un transept et un chœur :

plan en croix

plan en forme de croix

transept

plus un chevet (chapelle elliptique vo√Ľt√©e)

 

nef

Nef (du point de vue de l’architecture)

transept

Transept (du point de vue de l’architecture)

chœur

Le chœur et son abside (partie arrondie)

Le chœur √©tait autrefois r√©serv√© au clerg√© et les la√Įcs n’y avaient en g√©n√©ral pas acc√®s. Selon la th√©ologie protestante, tout chr√©tien est pr√™tre, et le chœur est une autre nef, dans l’un comme dans l’autre sont install√©es les chaises accueillant les fid√®les.

Et le plan est centr√© sur la chaire et la Bible, d√©pla√ßant la position de la crois√©e du tansept du point de vue de l’usage un peu en avant, formant un espace libre pour circuler o√Ļ se trouvent donc la chaire, la Bible, la table de communion et le baptist√®re. Le chœur est ainsi r√©duit √† l’abside, et il rest√© sur√©lev√© d’une haute marche.

nef

Nef, du point de vue de l’usage actuel

transept

Centre avec la chaire et le banc

chœur

Chœur, du point de vue de l’usage et de notre d√©nomination courante

Avec des espaces de convivialité et de discussion :

nef

Tambour d’entr√©e

transept

Accueil

chœur

Grande Sacristie

Pilastre

Pilier rectangulaire en saillie sur un mur. Il est surmont√© d’un chapiteau qui soutient la corniche.

chapiteau dans l’Oratoire  

Chapiteau

Le chapiteau est compos√© d’une astragale (1), d’une corbeille (2) et d’un tailloir (3)

La corbeille est ici composite, mêlant deux éléments :

  • de volutes (a), comme des cheveux boucl√©s, ce d√©cor est traditionnel dans l’architecture grecque, il est appel√© ionique,
  • de feuilles d’acanthe (b), ce d√©cor est traditionnel √©galement, il est appel√© corinthien,

Ce qui fait des chapiteaux de l’Oratoire des chapiteaux composites.

Vo√Ľte

vo√Ľte de l’OratoireLa vo√Ľte (1) est un plafond en pierre. A l’Oratoire, la vo√Ľte est en berceau √† lunettes; elle est la premi√®re de cette ampleur construite √† Paris :

  • en berceau, par sa forme cylindrique, et √† lunettes pour laisser passer la lumi√®re des clairs vitraux.
  • elle est rythm√©e de doubleaux d√©cor√©s.

La vo√Ľte du typan est en cul-de-four (2), la vo√Ľte s’y termine en une demi-coupole (quart de sph√®re). La clef de vo√Ľte est orn√©e de la devise des Oratoriens "J√©sus Marie".

√Ä la crois√©e du transept, la vo√Ľte est perc√©e d’un oculus (3) dans lequel a √©t√© mise √† la fin du XIXe si√®cle une colombe monumentale.

Tribunes

Des tribunes ont √©t√© am√©nag√©es √† l’√©tage, bord√©es de balustrades, les grandes tribunes qui sont dans le transept (1) et de petites tribunes hautes dont celle qui aurait √©t√© choisie par la famille royale (2) avec un acc√®s direct depuis le palais du Louvre. Ces tribunes hautes sont d’origine, contrairement aux tribunes basses (3) qui ont √©t√© construites en bois en entresolant les chapelles.

tribunes de l’Oratoire

 

 

Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible Le vide et la Bible

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Le vide et la Bible

Une grande Bible ancienne est disposée de manière très visible sur la table de communion.

Elle n'est pas au centre du temple, mais elle sur le c√īt√©, face au centre.

Qu'y a-t-il au centre de l'Oratoire du Louvre ? Rien. Il y a un vide central, et m√™me un vide ¬ďsacr√©¬Ē, qui rassemble ainsi tous les regards de l'assembl√©e des fid√®les. C'est typique de l'architecture d'un temple protestant. C'est comme une illustration de cette parole de J√©sus "Le Royaume de Dieu est au dedans de vous, au milieu de vous" (Luc 17:21). Et cette autre promesse du Christ : "L√† o√Ļ deux ou trois sont assembl√©s en mon nom, je suis au milieu d¬íeux." (Matthieu 18:20).

Ce vide sacr√© qui est au centre d'un temple protestant est significatif du point peut-√™tre le plus essentiel de la fa√ßon protestante d'√™tre chr√©tien : la place centrale de la relation personnelle directe avec Dieu (appel√© dans le jargon "le sacerdoce universel"). C'est ce qui autorise chacun √† lire la Bible par lui-m√™me, pour l'interp√©ter librement, gr√Ęce au "t√©moignage int√©rieur du Saint Esprit" : Dieu vennat inspirer directement la conscience du fid√®le. C'est pourquoi le centre, le point le plus important d'un temple protestant, est ce vide sacr√©. Une colombe, symbolisant le Saint Esprit, a √©t√© pr√©cis√©ment install√©e au XIXe si√®cle √† la verticale de ce vide, en rappelant la signification.

La Bible est plac√©e sur le c√īt√©, face √† ce vide sacr√©. La chaire qui est le lieu de la pr√©dication est dispos√©e au-dessus de cette Bible. Cette disposition tout √† fait typique d’un temple protestant r√©form√© est le reflet de la place importante que l’interpr√©tation de la Bible a dans la vie des Protestants.

La lecture de la Bible n’est pas une lecture dogmatique, dirig√©e ou encadr√©e par l’√©glise, mais elle est pour chacun une recherche privil√©gi√©e de r√©flexion personnelle et de foi. Le culte du dimanche est en grande partie la lecture de la Bible et une m√©ditation faite par le pasteur pour le but de renforcer le questionnement et la pri√®re de chacun en son for int√©rieur.

Th√©oriquement, dans un temple protestant, il n’y a comme seule d√©coration que la Bible et des paroles de la Bible (comme le verset peint dans le chœur). Mais chaque √©glise a son histoire et sa personnalit√©, une sculpture de colombe a √©t√© mise en clef de vo√Ľte dans le transept. Cette colombe est un symbole biblique de l’Esprit-Saint, qui Dieu offre √† chaque humain, faisant de lui un proph√®te, selon la Bible (Actes 2:17-18). Cette colombe compl√®te donc bien la Bible, puisque c’est le ¬ę t√©moignage int√©rieur du Saint Esprit ¬Ľ en chacun qui permet de trouver dans la lecture de la Bible un √©clairage pour notre propre cheminement.

Pour en savoir plus

 

 

La disposition des chaises La disposition des chaises La disposition des chaises

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

La disposition des chaises

Les chaises r√©v√®lent le but du lieu : une communaut√© de personnes assembl√©es

Les chaises accueillant les personnes qui participent au culte sont dispos√©es comme en cercle autour d'un centre vide (√©voquant la pr√©sence de Dieu en Christ). C’est ainsi que chaque personne de l’assembl√©e peut voir le visage d’autres personnes de l’assembl√©e.

Cela a plusieurs objectifs:

  • Il y a l√† un symbole : l’assembl√©e est ainsi centr√©e cet espace vide qui symbolise la pr√©sence invisible de Dieu, dont l'amour nous pr√©c√®de et nous rassemble en un corps. En effet, ce qui rassemble les protestants est plus une d√©marche qu’un ensemble de doctrine. Cette d√©marche est une d√©marche de foi, de relation directe avec Dieu. C'est pourquoi les protestants √©taient appel√©s autrefois "les tutoyeurs de Dieu", en confiance. La Bible ouverte montre qu'il n'y a pas de dosctrine cach√©e, et que nous nous rassemblons pour lire et interpr√©ter librement ces textes, qu'il y aura donc sans doute une diversit√© d'interpr√©tations, et que cela est une richesse, dans le respect des autres. La disposition en cercle rend bien compte √† la fois de cette d√©marche de foi et de r√©flexion biblique, et de l’importance des autres personnes.
  • Il y a √©galement une raison pratique : cette disposition des chaises diminue la distance entre la chaire et l’auditoire. √Ä une √©poque o√Ļ il n’y avait pas de sonorisation, cela permettait √† un maximum de personne de bien saisir la pr√©dication donn√©e par le pasteur dans la chaire, chacun se faisant ensuite sa propre opinion, ce qui donne des d√©bats parfois anim√©s √† la sortie du culte, mais aussi pendant le repas du dimanche et pendant toute la semaine¬Ö

Cette disposition facilite √©galement le chant de l’assembl√©e, ce qui est une dimension importante du culte.

Quand l’Oratoire est devenu un lieu de culte protestant en 1811, les chapelles lat√©rales qui √©taient utilis√©es comme tombeaux pour de riches familles ont √©t√© am√©nag√©es pour asseoir des fid√®les sur deux niveaux (un petit escalier en bois menant √† la tribune).

Mais dans le protestantisme, le temple n’est pas un lieu sacr√©, c’est un lieu de rassemblement, de d√©bat, d’ouverture. C’est ainsi qu’il n’y a pas d’attitude particuli√®re √† avoir dans le temple, on peut parler √† voix haute, il n’y a pas d’endroit sacr√©. Selon la th√©ologie protestante, l’ouverture au monde est une forme de liturgie, d’autres activit√©s tout √† fait profanes peuvent se tenir dans le temple comme des concerts, des conf√©rences, des expositions, ou des pi√®ces de th√©√Ętre. Les chaises sont alors en g√©n√©ral dispos√©es diff√©remment, le chœur de l’√©glise √©tant lib√©r√© pour les musiciens, pour les conf√©renciers ou pour les acteurs, les chaises du chœur √©tant alors dispos√©es dans le transept.

 

 

 

La chaire La chaire La chaire La chaire

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

La chaire

La chaire est d’√©poque, mais tous les bas-reliefs qui l’ornaient autrefois ont √©t√© d√©truits lors du saccage de l’Oratoire par les r√©volutionnaires et 1793.

La chaire est utilis√©e par le pr√©dicateur au cours du culte (chaque dimanche et pour les f√™tes chr√©tiennes de No√ęl, P√Ęques, Ascension et Pentec√īte) La disposition de la chaire au centre de l’assembl√©e et sa hauteur ont un int√©r√™t pratique mais aussi symbolique.

  • Du point de vue pratique, la disposition en hauteur permet aux fid√®les de bien entendre et voir le pr√©dicateur. Avant l’installation d’une sonorisation la place de la chaire et l’abat-voix qui le couronne √©taient particuli√®rement indispensables. √Ä l’√©poque, le pr√©dicateur devait s’adresser au clou fich√© dans la paroi face √† lui, faute de quoi il n’aurait pas √©t√© entendu de la moiti√© de l’auditoire, et l’ampleur de la nef lui imposait non seulement de fortement √©lever la voix, mais encore, ce qui est toujours un peu le cas, de mod√©rer le rythme de son √©locution pour √©viter que ses paroles soient brouill√©es sous l’effet des r√©verb√©rations acoustiques.
  • Mais la place centrale et la hauteur de la chaire ont aussi une importance symbolique, r√©v√©lant la pr√©√©minence de la pr√©dication, et donc de l’interpr√©tation de la Bible pour les protestants. Cette tendance est m√™me particuli√®rement vive pour les protestants d’inspiration calviniste, qui veulent attacher plus de poids √† cette dimension qu’√† celle des sacrements. C’est pourquoi, m√™me dans les temples protestants bien plus petits que l’Oratoire, la chaire a une position centrale et √©lev√©e dans les √©glises r√©form√©es (ou presbyt√©riennes, c’est √† dire historiquement rattach√©es √† la pens√©e de Calvin).

√Ä l’ampleur de la chaire correspond la dur√©e de la pr√©dication. Aujourd’hui, l’habitude veut qu’en l’Oratoire les pasteurs consacrent √† cette partie du culte entre vingt minutes et une demi-heure. Voil√† cent ans, on aurait jug√© qu’ils se seraient content√©s de fort peu : les grands pr√©dicateurs de l’√©poque n’h√©sitaient pas √† se lancer dans des sermons pouvant aller parfois jusqu’√† une heure et demie, et les fid√®les se pressaient pour les √©couter. Dans les premiers temples protestants, par exemple dans le temple de Charenton qui √©tait le seul temple autoris√© pour les parisiens par l’√Čdit de Nantes, il y avait un sablier pour mesurer la dur√©e du sermon et inviter les pasteurs √† ne pas exag√©rer non plus avec d’interminables pr√™ches!

Les auditoires actuels ne supporteraient vraisemblablement pas un retour √† ces habitudes d’hier. Mais l’exigence de base demeure : la lecture de la Bible et la pr√©dication sont le moment central du culte protestant et la majeure partie du culte. Les autres √©l√©ments du culte, pri√®res, chants, sacrements, ont aussi leur raison d’√™tre, mais sans √©clipser jamais cette n√©cessaire actualisation du message biblique. Le protestantisme n’est en effet pas √† proprement parler une religion du livre, mais une religion de la parole vive, reprise aujourd’hui en √©cho √† celle qui a √©t√© si fortement dite et proclam√©e au temps des proph√®tes, du Christ et des ap√ītres. La pr√©dication du pasteur (ou, parfois, d’un membre la√Įc) n’a pas pour objectif de donner des doctrines que les fid√®les devraient croire, mais la pr√©dication a pour objectif de stimuler le questionnement de chacun, dans la confiance que chacun peut avoir dans la bienveillance de Dieu.

L’importance de la pr√©dication a √©t√© reprise par la contre-r√©forme du cardinal de B√©rulle. Cette orientation est rest√©e vive tout au long des XVIIe et XVIIIe si√®cles avec des pr√©dicateurs immenses comme Massillon, Malebranche ou Bossuet. La chaire √©tait √† l’origine plac√©e entre la 1√®re et la 2""’ chapelle √† droite du chœur, la chaire fut plac√©e √† l’endroit actuel en 1748 apr√®s l’agrandissement de l’√©difice. Les bas-reliefs qui ornaient la chaire ont √©t√© d√©truits lors du saccage par les r√©volutionnaires en 1793.

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La table de communion La table de communion La table de communion La table de communion La table de communion La table de communion La table de communion La table de communion La table de communion

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Table de communion

Dans un premier temps, les Protestants n’ont pas install√© de table de communion √† demeure dans l’Oratoire qui venait de leur √™tre attribu√©. Quand la Communion √©tait c√©l√©br√©e au cours du culte, c’est √† dire quatre fois l’an, une table √©tait dress√©e au centre, avec deux tr√©teaux, une planche, une nappe blanche sur laquelle √©taient dispos√©s les plats et les coupes.

Par cons√©quent, la plupart de temps il n’y avait ni autel ni table dans l’Oratoire. En 1889, le pasteur Auguste Decoppet (1836-1906) a demand√© ¬ę le d√©placement de la chaire du lecteur et son remplacement par une table de communion ¬Ľ. Cette table, plut√īt massive, est encore install√©e √† demeure au pieds de la chaire.

Elle est d√©cor√©e de versets bibliques et d’un chrisme (monogramme du Christ, form√© des deux premi√®res lettres de son nom en grec (chi et rho, qui ressemblent √† un X et P latins) ainsi que de l’alpha et de l’omega.

De toute fa√ßon, la table de communion dans un temple protestant est normalement en bois, ce qui √©carte toute confusion avec la symbolique d’un autel. La communion n’est pas un sacrifice, c’est un repas auquel le Christ invite chacun.

Cette table repose √† m√™me le sol, au niveau des fid√®les, et non sur√©lev√©. C’est un symbole important pour dire que la communion n’est pas d’abord une affaire de pasteurs mais celle de l’assembl√©e des fid√®les, cette communion √©voque la pr√©sence de Dieu en Christ aupr√®s des hommes et des femmes, m√™me des p√©cheurs, pour leur offrir la vie. Dans la m√™me logique, le moment le plus important de la Communion (ou Sainte-C√®ne) protestante est quand les fid√®les communient effectivement, prenant le pain et le vin. C’est alors que la communaut√© devient corps du Christ, par la gr√Ęce de Dieu signifi√©e par le pain et le vin offerts √† tous, et par la foi de celui qui tend la main pour prendre ce pain et/ou cette coupe.

En coh√©rence avec cette conception, toute personne peut participer √† la communion si elle le d√©sire, quelle que soit son appartenance √† telle ou telle √©glise et m√™me si elle n’a aucune √©glise, m√™me si cette personne n’a pas √©t√© baptis√©e, m√™me si cette personne √©tait la plus p√©cheresse.

Un plat contenant du pain et une coupe contenant du vin circulent parmi les fid√®les qui se tiennent en cercle autour de la table. Le pain et le vin qui sont offerts √©voquent le don de Dieu en la personne du Christ afin de rappeler tr√®s concr√®tement le dernier repas de J√©sus avec ses disciples et accentuer  ainsi l’aspect de fraternit√© qui doit caract√©riser la c√©l√©bration protestante de la c√®ne. Les fid√®les sont invit√©s √† communier en petits groupes (tabl√©es) de quelques dizaines de personnes autour de la table, et non en un large cercle de centaines de personnes comme cela se fait maintenant dans d’autres paroisses protestantes, ni individuellement en d√©filant devant une personne qui distribuerait les esp√®ces.

La C√®ne est c√©l√©br√©e √† l’Oratoire une fois par mois. Dans les √©glises r√©form√©es, elle n’√©tait c√©l√©br√©e en g√©n√©ral que quatre fois par an. Pourquoi ne pas la c√©l√©brer plus souvent ? C’est afin de ne pas trop insister sur ce geste religieux afin de bien mettre en valeur la lecture et l’interpr√©tation personnelle de la Bible comme √©tant l’essentiel, essentiel o√Ļ chacun peut se nourrir chaque jour s’il veut, en relation avec ce qu’il vit personnellement.

Quand la c√®ne n’est pas c√©l√©br√©e, la Bible ouverte est dispos√©e sur la table de communion √† la place des plats et des coupes. C’est en quelque sorte un renvoi visuel √† la r√©ponse de J√©sus tent√© dans le d√©sert : ¬ę L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ¬Ľ (Matthieu 4:4), √† cette nuance pr√®s que, dans la th√©ologie protestante r√©form√©e le texte de la Bible n’est pas √† proprement parler ¬ę Parole de Dieu ¬Ľ mais un recueil de t√©moignages sur cette Parole.

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Le baptistŤre Le baptistŤre Le baptistŤre Le baptistŤre

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Les fonds baptismaux (appel√©s parfois ¬ę Le baptist√®re ¬Ľ)

La pr√©sence de fonts baptismaux n’√©tait pas vraiment dans les habitudes des protestants r√©form√©s √† l’origine, Une aigui√®re (carafe en m√©tal) ou une coupe √©taient utilis√©es pour verser quelques goutes d’eau sur la t√™te du baptis√© (enfant ou adulte). Le ¬ę baptist√®re ¬Ľ  de l’Oratoire date de 1889 et a √©t√© fabriqu√© en m√™me temps que la table de communion.

colombe sur le baptist√®reLe baptist√®re est d√©cor√© de colombes (symbole biblique √©voquant l’Esprit-Saint, c’est-√†-dire la pr√©sence cr√©atrice de Dieu). En effet, selon les √©vangiles, le v√©ritable bapt√™me est un bapt√™me d’Esprit, une pr√©sence de Dieu en chacun. Par rapport √† ce bapt√™me du Christ, le bapt√™me fait dans l’√©glise est un peu comme la colombe grav√©e en bois: ce n’est qu’une image de la pr√©sence de Dieu.

√Ä l’Oratoire, le baptist√®re est au centre de l’√©glise. Il pourrait √™tre √† la porte, cela insisterait sur le sens du bapt√™me comme entr√©e dans la communaut√© chr√©tienne, mais dans l’√©glise protestante les bapt√™mes sont faits au centre de l’√©glise, au milieu de la communaut√© pour dire que le bapt√™me est d’abord un signe de la "gr√Ęce de Dieu", qui est centrale dans la th√©ologie protestante (la gr√Ęce = l’amour gratuit de Dieu pour la personne individuelle).

Le baptist√®re est ainsi dans la proximit√© imm√©diate de la Bible, de la chaire et de la table de communion. Cela marque l’unit√© de ces trois gestes que sont la lecture de la Bible, la Communin et le bapt√™me. Comme l’√Čvangile est la bonne nouvelle du salut que Dieu donne en J√©sus-Christ, la communion et le bapt√™me sont pour les protestants les deux sacrements, c’est √† dire des signes visible de cette m√™me gr√Ęce universelle. Le pain et le vin de la communion, l’eau du bapt√™me sont comme une pr√©dication disant ce salut de fa√ßon personnelle et sensible, afin d’aider l’homme √† le saisir et √† en vivre.

Mais ni le bapt√™me ni la C√®ne ne donnent √† proprement parler le salut, comme si ces gestes √©taient des actes magiques que Dieu attendrait pour accorder son salut. Mais ce sont plut√īt des gestes montrant aux personnes et √† leur entourage qu’ils sont bel et bien au b√©n√©fice de la gr√Ęce de Dieu, qu’ils ont part √† son ¬ę alliance ¬Ľ, qu’ils ont ¬ę leur place dans la communaut√© chr√©tienne et que cette place y resterait toujours marqu√©e m√™me s’ils venaient √† s’en √©loigner ¬Ľ comme il est dit lors du bapt√™me.

L’ancienne tradition r√©form√©e voulait que les bapt√™mes soient administr√©s en pr√©sence de la communaut√©, donc au cours d’un culte dominical. Mais depuis l’origine de l’Oratoire, les usages ont √©t√© plus souples, les bapt√™mes se faisant souvent dans des cultes familiaux, voire au domicile des int√©ress√©s. Cela r√©pond √† un d√©sir de tenir compte le mieux possible des particularit√©s de chaque famille.

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Les orgues Les orgues Les orgues Les orgues Les orgues

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Orgue

L’orgue (ou les orgues, les deux se disent) permet de d√©velopper la participation des fid√®les par le chant de l’assembl√©e lors des cultes. C’est sa premi√®re fonction. L’orgue permet √©galement de m√©nager des temps de m√©ditation personnelle apr√®s la lecture de la Bible et apr√®s la pr√©dication. Un temps de silence pourrait remplir la m√™me fonction, mais les organistes, avec ce talent qui les rend capables d’improviser ou de choisir une pi√®ce en fonction des circonstances de l’instant, ont un minist√®re important qui compl√®te celui de la parole.

L’orgue actuel a √©t√© inaugur√© en 1962, il  comprend 67 jeux r√©partis sur trois claviers et p√©dalier. De mani√®re √† d√©gager totalement la tribune pour y placer la chorale, la tuyauterie du 2¬į clavier a √©t√© dispos√©e dans deux ¬ę loggias ¬Ľ, de part et d’autre de la tribune. La traction est √©lectropneumatique. L’esth√©tique n√©oclassique fait forte impression sur les visiteurs de l’Oratoire, avec cette for√™t de tuyaux immenses dont la silhouette n’est alourdie par nulle boiserie.

Cet instrument a √©t√© con√ßu pour accompagner le culte, il permet √©galement √† l’organiste de jouer la musique d’orgue de toutes les √©poques, y compris la musique contemporaine.

Un orgue est une machine extr√™mement complexe, qui comprend des milliers de tuyaux, de pi√®ces mobiles et de contacteurs¬Ö qui demandent un entretien important. C’est ainsi que tout doit √™tre d√©mont√© pour une r√©vision compl√®te √† chaque g√©n√©ration, et parfois pour une transformation plus importante. C’est ainsi que l’orgue de l’Oratoire a connu bien des transformations depuis le premier orgue install√© √† Saint Louis du Louvre jusqu’√† l’orgue Gonzalez actuel.

Pour en savoir plus

 

 

Le banc des conseillers Le banc des conseillers Le banc des conseillers Le banc des conseillers

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Banc des conseillers

Cette partie du temple de l’Oratoire est r√©serv√©e aux conseillers presbyt√©raux et aux diacres. Ainsi, ils peuvent √™tre reconnus par toute l’assembl√©e des fid√®les au cours des cultes.

  • Les conseillers presbyt√©raux sont les responsables de la bonne marche de la paroisse pour le pr√©sent et pour l’avenir. Ils ne sont pas seuls puisqu’une assembl√©e g√©n√©rale est l’occasion de faire le point au moins une fois par an avec toutes les personnes qui ont choisi d’√™tre membre √©lecteur de l’Oratoire (ce qui n’est pas obligatoire pour √™tre paroissien). En particulier le conseil presbyt√©ral choisi ses pasteurs et d√©cide quand il d√©sire renouveler l’√©quipe. Le Conseil choisit ses d√©l√©gu√©s au synode r√©gional (Voir cette page sur l’organisation d√©mocratique de l’Eglise R√©form√©e : http://oratoiredulouvre.fr/eglise-reformee-de-france.html#3)
  • Les diacres (Conseillers de l’Entraide) s’occupent de l’action sociale dans une paroisse : visite aux malades, aux personnes isol√©es, aide aux plus d√©munis... Ils s’occupent √©galement de la collecte durant les cultes et sont aussi charg√©s d’aider le pasteur lors la Sainte C√®ne.

Ces conseils sont ainsi le ¬ę gouvernement ¬Ľ de la paroisse. Dans ce sens, le banc des conseillers tient la place qu’occupe la cath√®dre de l’√©v√™que dans une cath√©drale.

Les pasteurs sont membre de droit du Conseil Presbyt√©ral et du Conseil de l’Entraide. Ils ne sont pas les chefs mais plut√īt les serviteurs, et m√™me les employ√©s de la paroisse, selon un cahier des charges qui est fix√© par le Conseil Presbyt√©ral et qui veille √† son ex√©cution. Cependant le pasteur a une grande libert√© pour sa pr√©dication et les enseignements qu’il dispense. Cette libert√© est particuli√®rement importante √† l’Oratoire qui s’inscrit dans une sensibilit√© protestante lib√©rale ou progressiste.

Le pasteur de service monte dans la chaire pour pr√©sider le culte, le ou les pasteurs qui ne sont pas en services s’asseyent dans le banc avec les autres conseillers. S’il y a un service de Communion, les pasteurs se retrouvent derri√®re la table de fa√ßon coll√©giale pour ce moment.

Pour en savoir plus

 

 

Porte et tambour d'entrťe Porte et tambour d'entrťe Porte et tambour d'entrťe

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Porte

La grande porte de l’Oratoire donnant sur la rue Saint Honor√© date de 1745, une partie de ses d√©cors a √©t√© d√©truite lors du saccage r√©volutionnaire en 1793, mais il reste un magnifique imposte qui a √©t√© red√©couvert en 2011 lors de la restauration de la fa√ßade (voir la description de l’ext√©rieur de l’Oratoire).

√Ä l’int√©rieur, cette grande porte est doubl√©e d’un tambour en bois sculpt√© qui provient de l’√©glise Saint Louis du Louvre. Les initiales S. L. se trouvent encore sur les ferronneries. Cette belle boiserie a √©t√© transf√©r√©e dans l’Oratoire quand Napol√©on 1er a permis aux protestants d’emm√©nager √† l’Oratoire pour quitter l’√©glise Saint Louis du Louvre qui allait √™tre d√©molie. Ce tambour a √©t√© plac√© devant la grande porte de la rue Saint Honor√© au XIXe si√®cle afin d’√©touffer les bruits de la rue et faciliter ainsi l’√©coute lors du culte. Les rues √©taient en effet bien plus bruyantes au XIXe que maintenant, les roues cercl√©es de fer faisant un bruit terrible sur les pav√©s de Paris, sans compter les cris des marchands ambulants. A l’√©poque, la rue de Rivoli n’existait pas encore, et la rue Saint-Honor√© √©tait tr√®s passante.

La porte d’un temple protestant est ferm√©e la plupart du temps. C’est principalement pour une raison th√©ologique, signifiant que le monument n’est pas l’essentiel. C’est Dieu seul qui est sacr√©, et que le ¬ę le temple de l’Esprit-Saint ¬Ľ est la personne humaine, comme le dit l’ap√ītre Paul (1 Cor. 3:16). L’Oratoire n’est donc pas un lieu saint, Dieu n’habite ni plus ni moins l√† qu’ailleurs, toute place sur terre est √©galement sainte. O√Ļ chercher Dieu ? Il est donc √† chercher en soi-m√™me et dans le dialogue avec les autres.

Un temple protestant est ouvert quand il y a un culte, en particulier pour le culte du dimanche matin mais aussi quand un culte est organis√© pour des obs√®ques, un mariage ou un bapt√™me¬Ö L’Oratoire est √©galement ouvert pour des manifestations culturelles, en effet, la th√©ologie protestante invite √† une ouverture au monde, en cons√©quence, des concerts, des conf√©rences et des expositions sont accueillis. L’Oratoire est √©galement ouvert pour des visites permettant de faire d√©couvrir ce patrimoine √† quiconque le d√©sire.

Le reste du temps, les portes sont ferm√©es, alors que des personnes aimeraient entrer pour prier un moment dans la solitude de ce beau lieu invitant √† la pri√®re... Cela traduit la forte volont√© qu’a l’√©glise protestante de ne pas prendre trop de place, de ne pas se placer en interm√©diaire entre Dieu et la personne. D’o√Ļ cet volont√© de l’√©glise de s’effacer en signifiant par tous les moyens que l’essentiel de la pratique religieuse est la pratique personnelle du croyant qui pense √† Dieu, qui lit sa Bible et l’interpr√®te librement, qui prie Dieu dans l’intimit√©. La pratique de l’√Čglise est importante, mais elle est un exercice d’entra√ģnement, une occasion de confronter dans l’√©coute et le dialogue ce que l’on pense et de s’ouvrir √† de nouvelles questions.

Cette fermeture habituelle des portes est coh√©rente avec le fait qu’il y ait peu de d√©corations dans un temple protestant (un peu comme dans la tradition cistercienne fond√©e par Saint Bernard), et dans le fait que la Communion n’est pas c√©l√©br√©e tr√®s souvent.

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Les chapelles latťrales Les chapelles latťrales Les chapelles latťrales Les chapelles latťrales

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Chapelles

Les chapelles lat√©rales ont √©t√© am√©nag√©es en deux √©tages pour asseoir le maximum de monde possible. En effet, au d√©but du XIXe si√®cle, la petite √©glise Sainte Marie (rue Saint Antoine) et l’Oratoire du Louvre √©taient les 2 seuls temples pour les protestants r√©form√©s √† Paris, le nombre de personnes participant au culte s’√©levait parfois √† plusieurs milliers de personnes. Contrairement √† d’autres confessions chr√©tiennes de l’√©poque, les protestants participent au culte assis pour une meilleure √©coute, ne se levant que pour le chant et pour la pri√®re du ¬ę Notre P√®re ¬Ľ.

Cet aménagement de tribunes est assez typique des temples protestants, il en était ainsi par exemple au grand temple de Charenton, ou au temple de Lyon avant leur démolition au XVIIe siècle par le pouvoir royal. Ces tribunes étaient souvent préférées par les dames et les familles, sans que cela ait jamais été obligatoire de séparer femmes et hommes dans les temples protestants.

Ces chapelles lat√©rales de l’Oreatoire √©taient √† l’origine des lieux de d√©votion d√©di√©s √† la m√©moire d’une grande famille, des messes en faveur des d√©funts y √©taient dites. Cette pratique n’est pas du tout dans la th√©ologie protestante, l’amour gratuit de Dieu pour chaque personne ne pouvant √™tre encore augment√© par quoi ou qui que ce soit, ni diminu√© d’ailleurs. Selon la th√©ologie protestante, l’Oratoire est une salle de r√©union pour interpr√©ter la Bible et pour chanter √† Dieu ensemble.

 

 

Les stalles Les stalles Les stalles Les stalles

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Les stalles

Les stalles sont les rang√©es de fauteuils en bois, li√©s les uns aux autres dans l’arrondi du chœur de l’Oratoire. Ils √©taient destin√©s aux religieux, moines ou chanoines catholiques, pour chanter ou psalmodier l’office. Afin de soulager un peu les longues parties de cet office devant √™tre chant√©es debout, les stalles ont une astuce permettant d’√™tre un peu assis tout en ayant l’air debout : l’assise de chaque fauteuil peut se relever, un petit appui appara√ģt alors qui s’appelle une mis√©ricorde, et qui permet de se tenir debout avec moins de fatigue.

Les stalles de l’Oratoire proviennent de l’’√©glise Saint?Louis du Louvre, premier lieu o√Ļ les protestants ont pu tenir leur culte quand ce droit leur fut enfin accord√© par la d√©claration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

 

 

Le verset peint Le verset peint Le verset peint

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Verset peint

Th√©oriquement, dans un temple protestant, il n’y a comme seule d√©coration que la Bible et des paroles de la Bible. Chaque paroisse protestante choisit un ou des versets qui lui semblent les plus essentiels et qui sont peints sur les murs int√©rieurs du temple. Dans bien des temples deux passages bibliques sont souvent peints √©galement (mais ce n’est pas le cas √† l’Oratoire) : le d√©calogue de Mo√Įse conclu par le r√©sum√© qu’en donne J√©sus-Christ, et la pri√®re qu’a laiss√©e J√©sus (le Notre P√®re).

√Ä l’Oratoire, le verset qui a √©t√© choisi comme devise en 1900 a √©t√© peint dans le chœur, sur le tympan au dessus de la porte qui m√®ne √† la grande sacristie : ¬ę Le don de Dieu, c’est la vie √©ternelle en J√©sus-Christ notre Seigneur ¬Ľ (verset tir√© de la lettre de l’ap√ītre Paul aux Romains 6:23).

Un autre verset a √©t√© √©galement peint dans la grande sacristie. Ce verset √©tonne un peu aujourd’hui mais il est r√©v√©lateur du souvenir encore vif des pers√©cutions subies par les protestants en France : ¬ę Jusqu’ici l’Eternel nous a secourus. ¬Ľ (tir√© du 1er livre de Samuel 7:12, dans un passage c√©l√©brant la victoire des h√©breux contre de f√©roces ennemis plus puissants qu’eux √† vues humaines).

Cette quasi-absence de d√©coration dans un temple protestant est volontaire. C’est une fa√ßon p√©dagogique de discr√©tion de l’√©glise visible pour mettre en valeur la dimension int√©rieure de la pr√©sence de Dieu, c’est vous qui √™tes le vrai temple de l’Esprit, c’est votre corps, rappelle l’ap√ītre Paul (1Cor. 3:16, 6:19).

La simplicit√© de la d√©coration de l’Oratoire est typique d’un temple protestant. En r√©alit√©, c’est une chance car ce ne sont pas les Protestants qui ont d√©pouill√© l’√©glise des somptueux d√©cors qui existaient au XVIIIe si√®cle. C’est en 1793 que des r√©volutionnaires saccag√®rent et pill√®rent l’Oratoire. Bien des œuvres ont √©t√© vendues, d’autres d√©truites (peintures, sculptures, vitraux). C’est vrai qu’au XVIe si√®cle des protestants ont √©t√© les auteurs de saccages de d√©corations dans des √©glises catholiques mais au XIXe si√®cle cela n’aurait pas √©t√© fait, c’est ainsi que le plafond de la chapelle est rest√© en l’√©tat quand les protestants ont am√©nag√© en 1811, et que le nom d’Oratoire a √©t√© conserv√©.

 

 

La croix La croix La croix La croix La croix

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Croix

Dans des √©glises protestantes de sensibilit√© luth√©rienne ou anglicane, il a toujours sembl√© normal de voir des croix. Mais dans une √©glise de culture calviniste il n’y a pas d’autre d√©coration dans un temple que la belle simplicit√© des murs nus, une grande Bible expos√©e, et des versets bibliques. Il n’y a donc jamais eu de croix dans un temple protestant r√©form√© jusqu’au XXe si√®cle. C’est apr√®s la premi√®re guerre mondiale que les protestants ont commenc√© √† mettre des croix dans les temples. Peut-√™tre parce que cette guerre a √©t√© une telle horreur que les protestants se sont rappel√© les souffrances du Christ sur la croix, et son esp√©rance qu’au del√† de la mort et de la souffrance, chaque personne est promise √† la vie. C’est pourquoi les croix qui sont entr√©es ainsi dans les √©glises protestantes ne repr√©sentent pas J√©sus-Christ souffrant et mourant, ce sont de simples croix nues, √©voquant par l’absence du corps crucifi√© l’√©chec de la mort, et la victoire de la vie que donne Dieu en Christ.

C’est en 1930 que le pasteur Wilfred Monod inspire au Conseil Presbyt√©ral l’id√©e de mettre cette croix dans l’Oratoire. Elle rappelle la croix qui √©tait √† l’ext√©rieur sur le fronton de l’Oratoire rue Saint-Honor√©, croix qui avait √©t√© d√©molie par les r√©volutionnaires en 1793, et r√©tablie vers 1850 lors des travaux de restauration de cette fa√ßade.

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La colombe La colombe La colombe La colombe

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Colombe

Th√©oriquement, il n’y a pas d’autre d√©coration dans un temple protestant que la belle simplicit√© des murs nus, une grande Bible expos√©e et des versets bibliques. N√©anmoins, une colombe monumentale a √©t√© install√©e sur la vo√Ľte de l’Oratoire, √† la crois√©e du transept en 1899. Cette sculpture en pl√Ętre peint et dor√© a √©t√© offerte par le baron Arthur de Schickler, secr√©taire du Conseil presbyt√©ral.

La colombe est un symbole biblique tr√®s connu. Les √©vangiles racontent qu’au bapt√™me de J√©sus par Jean-Baptiste : ¬ę Le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles: Tu es mon Fils bien-aim√©; en toi j’ai mis toute mon affection. ¬Ľ (√Čvangile selon Luc 3:22). La colombe est ainsi le symbole de l’Esprit de Dieu, Esprit qui est comme la pr√©sence vivifiante et cr√©atrice de Dieu.

En effet, dans la th√©ologie protestante, l’Esprit est promis √† chaque chaque homme, chaque femme, du plus cultiv√© au plus simple, faisant de lui un proph√®te et un pr√™tre, digne d'√™tre en relation personnelle directe avec Dieu, sans interm√©diaire. Appel√© aussi √† lire lui-m√™me l’√Čcriture, et √† l’interpr√©ter avec l’aide du Saint-Esprit .

Cette colombe compl√®te bien l'espace vide qui est au cœur d'un temple protestant, vide symbolisant la pr√©sence invisible de Dieu qui nous rassemble et qui nous aide √† interpr√©ter la Bible pour y chercher une parole de Dieu.

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La devise des Oratoriens La devise des Oratoriens

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Devise des oratoriens

L’inscription ¬ę JESUS MARIA ¬Ľ ornant la vo√Ľte de l’abside est l’embl√®me de la Congr√©gation de l’Oratoire, choisie par le futur cardinal Pierre de B√©rulle. Les protestants n’ont donc pas choisi de mettre cette devise comme clef de vo√Ľte de l’√©difice. Mais il est bien entendu impensable de d√©truire cette inscription par respect pour les Oratoriens, d’abord, mais aussi parce que ces deux noms √©voquent deux personnes majeures pour tout chr√©tien.

Le nom de J√©sus convient parfaitement bien √† toute confession chr√©tienne, bien entendu, puisque tous les chr√©tiens d√©sirent √™tre disciples de ce J√©sus, reconnu comme Christ (le Sauveur  ultime). Le nom de Marie peut √©tonner puisque bien des personnes pensent que les protestants ¬ę ne croient pas en la vierge Marie ¬Ľ, ce qui n’est pas exact. Marie, m√®re de J√©sus est objectivement un des personnages majeurs dans les √©vangiles. Les protestants s’int√©ressent donc √† Marie. Mais ils ne la prient pas, ils ne prient d’ailleurs aucun saint, mais Dieu seul. Pour les protestants, Marie est ce que les √©vangiles disent d’elle. C’est sans doute les meilleurs t√©moignages que l’on puisse avoir sur elle, les plus anciens, et ils sont reconnus par toutes les √©glises :

  • Marie est la m√®re de J√©sus, ce qui n’est pas rien !
  • Elle est une grande croyante, elle est m√™me dans un certain sens la figure m√™me du croyant dans plusieurs des √©vangiles (de Luc et de Jean). De croyante et de m√®re, elle devient disciple du Christ et a un r√īle important aux c√īt√©s de J√©sus.

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Mťmoire des hťros Mťmoire des hťros Mťmoire des hťros Mťmoire des hťros Mťmoire des hťros Mťmoire des hťros

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Mémoire des héros

Trois √©l√©ments dans l’Oratoire font m√©moire de personnes qui se sont donn√©es pour le service des autres dans ces terribles moments qu’ont √©t√©, lors du si√®cle dernier, les guerres mondiales.

Le premier m√©morial est un panneau qui fait toute la surface d’une chapelle lat√©rale, il date de 1919 et garde la m√©moire des enfants de l’Oratoire morts pour la France au cours de la 1√®re guerre mondiale. Cette toile maroufl√©e a √©t√© ex√©cut√©e par Gustave-Louis Jaulmes en collaboration avec l’architecte Charles Letrosne. L’arcature de la chapelle a √©t√© ferm√©e, m√©nageant une pi√®ce ferm√©e qui servait √† l’√©poque de salle fun√©raire. La longue liste d√©roul√©e sur cet immense panneau peint en lettres d’or montre que de nombreuses familles ont √©t√© frapp√©es. Encadr√©s de drapeaux, de palmes, de guirlandes et de couronnes de laurier la longue liste donne les noms des 142 membres de l’Eglise morts sous les drapeaux pendant la premi√®re guerre mondiale. Berger-Levrault, Dollfus, Hollard, Koechlin, Labrousse, Mettetal, Monod, Schlumberger, Silhol, Wagner¬Ö Cette √©num√©ration refl√®te les origines alsaciennes, suisses, c√©venoles ou normandes de la g√©ographie protestante et l’importance des pertes humaines au cours cette guerre.

Le deuxi√®me souvenir est une plaque en marbre noir remerciant les soldats am√©ricains de la 1e guerre mondiale, cette plaque date de 1927 et est situ√©e face au monument aux morts de 14-18. Cette plaque a √©t√© inaugur√©e le 18 septembre 1927 lors d’une c√©r√©monie franco-am√©ricaine en pr√©sence de membres de l’American Legion. Il est inscrit  ¬ę A la gloire de Dieu et en souvenir reconnaissant des officiers et soldats de l’arm√©e exp√©ditionnaire am√©ricaine qui sont morts pour la cause des alli√©s sur le sol de France ¬Ľ

Le troisi√®me √©l√©ment de m√©moire est, lui, un remerciement adress√© √† l’Oratoire par une soci√©t√© am√©ricaine en reconnaissance pour l’engagement des familles de l’Oratoire qui a permis le sauvetage de dizaines d’enfants juifs face √† l’extermination nazie. Cette plaque date de 1957 et est plac√©e dans la sacristie des pasteurs.

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Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques Musique et cantiques

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Musique et cantiques protestants

Le culte protestant est centr√© sur la lecture et l’interpr√©tation de la Bible. Le culte est √† part cela compos√© de quelques pri√®res qui sont comme un appel √† prier soi-m√™me. Le chant est une respiration entre ces temps de parole.

Le chant des fid√®les a une place importante dans le culte protestant, et cela d√®s le XVIe si√®cle avec Luther qui √©tait un grand amateur de musique et m√™me un compositeur inspir√© (les cantiques dont il a √©crit les paroles et la musique sont assez souvent chant√©s au cours du culte). Cette place du chant de l’assembl√©e remonte m√™me aux temps bibliques, comme le montre les psaumes et les √©vangiles. C’est pourquoi les protestants, qui √©taient r√©ticents √† utiliser des images comme support p√©dagogique pour transmettre l’√Čvangile, ont tout de suite fait une large place dans le culte au chant des fid√®les .

Cela n’existait pas avant la R√©forme, il a donc fallu inventer la notion de cantique, ce sont des chants dans la langue courante du peuple (en fran√ßais, donc, ici et non en latin), chant√©s √† l’unisson par les fid√®les.

  • Pour ce qui est des m√©lodies, certaines ont √©t√© compos√©es sp√©cialement mais un bon nombre d’entre elles reprenaient des chansons de vari√©t√©s connues du peuple au XVIe si√®cle en France ou √† Gen√®ve, quelques m√©lodies viennent du chant gr√©gorien.
  • Pour ce qui est des paroles de ces cantiques r√©form√©s, la plupart sont tir√©s des psaumes, assez librement traduits et mis en vers par Th√©odore de B√®ze et Cl√©ment Marot au XVIe si√®cle. Ces paroles ont √©t√© ensuite r√©guli√®rement r√©vis√©es pour suivre l’√©volution de la langue. Quelques cantiques ont √©t√© aussi √©crits sur d’autres textes bibliques que les Psaumes (le cantique de Sim√©on, le Magnificat, le D√©calogue, le Notre P√®re).

Une autre partie de notre répertoire est formée par une sélection de chorals luthériens, la plupart étant connus dans la version donnée par Jean-Sébastien Bach, déclinée dans ses chorals, cantates et passions.

Une troisi√®me source de cantiques vient du XIXe si√®cle qui a connu une p√©riode de ¬ę r√©veil ¬Ľ de l’√©glise protestante assez productive dans ce domaine mais dont les paroles ont √©trangement bien plus vieilli que les psaumes qui sont pourtant multimill√©naires.

Quatre tableaux diss√©min√©s dans l’Oratoire permettent d’afficher les cantiques qui seront chant√©s lors du culte. Cela permet de ne pas se tromper de num√©ro de cantique ou de strophes. Cela permet aussi de se r√©jouir par avance du prochain chant en allant le reconna√ģtre par avance. Les Psaumes sont recherch√©s dans un livre ¬ę Le Psautier Fran√ßais ¬Ľ qui donne les 150 Psaumes mis en musique par la R√©forme. Les autres cantiques sont recherch√©s dans un vieux recueil de cantiques auxquel bien des paroissiens de l’Oratoire sont attach√©s ¬ę Louange et Pri√®re ¬Ľ.

En plus des cantiques annonc√©s, des chants rythment le d√©roulement du culte, ce sont des chants liturgiques qui sont chang√©s selon la p√©riode de l’ann√©e (temps de l’avent et de No√ęl, temps de la Passion et de P√Ęques, temps de la Pentec√īte), ces chants ne sont pas indiqu√©s sur la tableau des cantiques mais plac√©s dans un livret au d√©but du Psautier.

L’orgue accompagne et guide le chant des cantiques (voir le chapitre concernant l’orgue).

Pour en savoir plus :

 

 

Restes des dťcors du XVIIe Restes des dťcors du XVIIe Restes des dťcors du XVIIe Restes des dťcors du XVIIe Restes des dťcors du XVIIe Restes des dťcors du XVIIe Restes des dťcors du XVIIe Restes des dťcors du XVIIe Restes des dťcors du XVIIe

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Reste des décors du XVIIe (chapelle peinte, tombeau de Bérulle)

Il ne reste que peu de chose dans l’Oratoire des somptueux d√©cors des XVIIe et XVIIIe si√®cles, ils ont √©t√© d√©truits et pill√©s par les r√©volutionnaires en 1793. Il reste n√©anmoins deux √©l√©ments :

  • L’entourage sculpt√© du tombeau du Cardinal Pierre de B√©rulle, de ce tombeau qui √©tait l’œuvre de Michel Anguier, il ne reste que le buste de Pierre de B√©rulle que l’on peut voir dans l’√©glise Saint-Eustache. Mais il reste le tombeau du cœur de B√©rulle au mus√©e du Louvre, au d√©partement des Sculptures.
  • Dans une seule des 10 chapelles lat√©rales une partie des d√©cors a √©chapp√© au saccage et au pillage, il s’agit de la chapelle qui accueillait le tombeau des fr√®res Harlay de Sancy. Le plafond peint repr√©sente la conversion de saint-Paul sur le chemin de Damas, entour√© d’anges portant les instruments de la Passion.

A ces √©l√©ments il faudrait ajouter deux autres √©l√©ments qui ont √©chapp√© au saccage, mais qui sont √† l’ext√©rieur: les fleurs de lys qui se trouvent au sommet des tourelles (qui √©taient trop difficile d’acc√®s pour √™tre d√©truites), et le magnifique imposte sculpt√© de la grande porte rue Saint Honor√© qui avait √©t√© masqu√© auparavant par des planches et qui a √©t√© red√©couvert lors de la restauration de cette fa√ßade en 2011 (voir la description de l’ext√©rieur).

 

 

Les vitraux Les vitraux Les vitraux Les vitraux Les vitraux Les vitraux Les vitraux

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Les vitraux et la l√©gion d’honneur

Les vitraux de l’Oratoire sont clairs, √† peine orn√©s d’un d√©cor color√© sur la bordure.

En effet, avec les oratoriens et plus encore avec les protestants, l’objectif n’est pas seulement de faire conna√ģtre les r√©cits bibliques par des images pieuses, mais de porter chacun √† la lecture directe des textes bibliques et de les ouvrir √† une r√©flexion personnelle par la pr√©dication.

Les √©glises de la Contre-R√©forme (R√©forme catholique) sont d’ailleurs plut√īt lumineuses.

A l’origine, ces vitraux √©taient d√©cor√©s de fleurs de lys, bien dignes d’une chapelle royale. Ces ornements ont √©t√© d√©pos√©s en 1791-1792 et mis en d√©p√īt aux petits-Augustins.

Le vitrail qui est actuellement derri√®re la foret de tuyaux d’orgue a √©t√© orn√© de la croix de la L√©gion d’honneur, en m√©moire de cette distinction conf√©r√©e en 1811, par Napol√©on 1er, aux pasteurs Marron, Rabaut-pommier et Mestrezat, premiers pasteurs de l’Oratoire :

  • Paul-Henry Marron, qui a assur√© le culte protestant avant m√™me la libert√© de culte en France dans le seul lieu possible alors: dans une ambassade √©trang√®re, puis dans diverses salles quand cela fut permis, √† Saint Louis du Louvre puis √† l’Oratoire. Marron √©tait un po√®te appr√©ci√© par Napol√©on. Il mourut en 1832 emport√© par le chol√©ra et fut enterr√© au cimeti√®re du P√®re Lachaise.
  • Rabaut-Pommier (ancien pasteur du D√©sert devenu conventionnel), il √©tait le fr√®re de Rabaut-Saint-Etienne.
  • et Mestrezat (descendant suisse d’un illustre pasteur du temple de Charenton).

Napol√©on honore ainsi cette ann√©e-l√† le protestantisme et justifie par ce geste l’attribution de l’Oratoire au culte protestant r√©form√©.

Touch√©s par ce geste et d√©sirant en faire m√©moire, une croix de la l√©gion d’honneur a √©t√© ins√©r√©e en 1814 au centre du vitrail de la fa√ßade rue Saint Honor√©.

 

 

La grande sacristie La grande sacristie La grande sacristie La grande sacristie La grande sacristie La grande sacristie La grande sacristie

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Grande sacristie

Cette vaste salle communique avec le temple par une porte. Elle sert actuellement pour les moments de convivialit√© qui sont r√©guli√®rement organis√©s apr√®s le culte. C’est √©galement un lieu de m√©moire du protestantisme parisien (voir ce chapitre).

Cette salle a √©t√© cr√©√©e en coupant en deux dans la hauteur la fameuse "rotonde de Lemercier", du nom de l’architecte qui a con√ßu les plans d’origine de l’Oratoire au XVIIe si√®cle. Cette rotonde servait de chœur aux Oratoriens, l’autel apparaissant depuis l’√©glise baign√© de la lumi√®re tombant du haut des grandes fen√™tre et de l’oculus de la rotonde (voir la salle haute)

En 1821, cette rotonde a été coupée dans la hauteur par un plancher qui repose sur la corniche pour donner deux salles :

  • celle du rez de chauss√©e devenant la salle o√Ļ se r√©unissait le Conseil Presbyt√©ral, r√©unissant les d√©l√©gu√©s √©lus par les paroissiens et gouvernant l’√©glise. Cette salle a √©t√© meubl√©e √† cet effet d’une grande table elliptique et d’une biblioth√®que contenant les registres des d√©lib√©rations.
  • La salle du premier a √©t√© affect√©e √† l’enseignement de la Bible pour les enfants (√©cole du dimanche). Voir la "salle haute".

 

 

La salle haute La salle haute La salle haute La salle haute La salle haute

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Salle Haute

Cette vaste salle qui se trouve au dessus de la Grande Sacristie est vo√Ľt√©e et orn√©e de t√™tes d’angelots. Elle correspond √† la partie sup√©rieure du chevet de la rotonde de Lemercier qui servait de chœur aux Oratoriens au XVIIe si√®cle. Elle est √©clair√©e par de grandes fen√™tres qui donnent sur le Louvre. A l’origine, elle √©tait √©galement √©clair√©e par un oculus qui ouvrait la vo√Ľte sur les combles eux-m√™mes √©clair√©s par une grande fen√™tre. La lumi√®re tombait ainsi de fa√ßon z√©nithale sur le grand autel qui se trouvait dans le chevet.

En 1821 ce chevet a √©t√© coup√© en deux dans la hauteur par un plancher reposant sur la corniche. L’objectif √©tait simplement d’avoir une salle suppl√©mentaire, afin d’assurer l’enseignement biblique des enfants dans de bonnes conditions. Cette salle haute est encore utilis√©e aujourd’hui pour cela : lors du culte mensuel avec les familles, les enfants de 8 √† 10 ans participent au culte dans l’Oratoire pour la premi√®re partie du culte, ils sortent avant la pr√©dication, trop longue et trop th√©ologique pour eux, se rendent dans la salle haute ou cette deuxi√®me partie du culte est v√©cue d’une fa√ßon plus adapt√©e √† leur √Ęge, avec √©galement des cantiques accompagn√©s au piano.

 

 

La sacristie des pasteurs La sacristie des pasteurs La sacristie des pasteurs La sacristie des pasteurs

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Sacristie des pasteurs

La sacristie est la pi√®ce o√Ļ les pasteurs peuvent se pr√©parer avant d’assurer le culte. Il contient des placards o√Ļ sont suspendues les robes pastorales. Contrairement √† ce qu’indique l’√©tymologie du nom, cette pi√®ce n’a rien de sacr√© pour les protestants.

Le sacristain est une personne salari√©e de l’√©glise pour veiller √† ce que tout soit pr√™t pour le culte, et que tout se passe bien pendant le culte, cette aide est tr√®s pr√©cieuse pour le pasteur qui peut ainsi se concentrer sur ce qu’il dit sans avoir √† penser en m√™me temps √† r√©gler les micros et ouvrir les portes √† l’heure...

A l’Oratoire, la sacristie √©tait √† l’origine derri√®re le chevet. Dans le r√©am√©nagement de l’Oratoire pour le culte protestant, les chapelles qui servaient √† des d√©votions priv√©es n’avaient plus lieu d’√™tre et deux de ces chapelles ont √©t√© transform√©es en sacristie donnant directement sur la chaire. Cet am√©nagement a d’ailleurs conduit √† construire une cloison en bois en travers des restes du monument fun√©raire dress√© en m√©moire du cardinal Pierre de B√©rulle, fondateur de l’Oratoire de France.

Quelques minutes avant l’heure du culte, les pasteurs se retrouvent donc dans la sacristie pour rev√™tir leur robe pastorale et pour un simple temps de pri√®re en commun avec le sacristain. √Ä l’heure du d√©but du culte, un bouton permet de donner le signal √† l’organiste et les pasteurs entrent dans le temple par une petite porte qui s’ouvre sur le transept, le pasteur de service monte en chaire tandis que les autres rejoignent les autres membres du Conseil Presbyt√©ral dans le banc des conseillers.

La robe pastorale est une simple robe universitaire, la m√™me que celle des avocats et des professeurs. Il s’agit d’une ample robe noire avec un rabat blanc qui est utilis√©e aussi bien par les pasteurs homme que femme. Cette robe n’est donc pas un v√™tement √† proprement parler religieux mais il signifie que celui qui parle a obtenu une ma√ģtrise de th√©ologie protestante. Le pasteur suit un cursus universitaire de 5 ans dans une facult√© de th√©ologie (Paris, Montpellier ou Strasbourg en France, ou √† l’√©tranger √† Gen√®ve, Lausanne Bruxelles ou Rome...). Cette formation porte sur l’apprentissage des langues bibliques (grec et h√©breu anciens), l’ex√©g√®se (science de l’interpr√©tation des textes) et de l’histoire, de la philosophie, de la sociologie¬Ö Le processus de formation se poursuit avec une formation de la pratique pastorale.

Le pasteur n’exerce qu’un des minist√®res de l’√©glise, au service d’une paroisse: il assure le culte dominical en donnant une place centrale √† la pr√©dication. Il assure √©galement d’autres services: mariage, enterrement, bapt√™me, cat√©chisme des enfants, groupes bibliques et th√©ologiques... Il cherche √©difier chacun, ainsi que la communion de l’ensemble des personnes. Ce n’est pas le pasteur qui dirige personnellement l’√©glise, il est seulement un des membres du Conseil Presbyt√©ral constitu√© par ailleurs de d√©l√©gu√©s √©lus par les paroissiens. Le pasteur est pay√© au SMIC et est log√© par la paroisse dans un presbyt√®re.

 

 

Fauteuils des mariťs Fauteuils des mariťs Fauteuils des mariťs Fauteuils des mariťs Fauteuils des mariťs Fauteuils des mariťs

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Fauteuils des mariés

Ces fauteuils sont plac√©s au centre de l’Oratoire, face √† la Bible. Souvent, le mari√©, puis la mari√©e remontent dans l’all√©e centrale au son de l’Orgue jusqu’√† ces fauteuils. C’est l√† qu’ils participeront d’abord √† un culte comprenant l’annonce de la gr√Ęce de Dieu, une louange, des lectures dans la Bible (qu’il sont choisies en rapport avec ce qui les anime). Puis, s’√©tant lev√©s, ils s’engageront l’un vis √† vis de l’autre devant Dieu et au milieu de l’assembl√©e.

Le mariage chrétien comprend plusieurs dimensions qui se complètent:

  • Il est d’abord un engagement qui se fait dans le secret des coeurs,
  • Il a √©galement une dimension sociale √† la Mairie,
  • Et il a enfin une dimension spirituelle et religieuse.

C’est un engagement des √©poux pour la vie enti√®re √† la fid√©lit√© dans toutes les dimensions de l’√™tre. Avec la c√©r√©monie religieuse, les √©poux disent plut√īt comment ils veulent vivre leur union. On parle du fond, de l’esp√©rance en Dieu et de notre reconnaissance √† son √©gard et de l’id√©al √©vang√©lique qui est partag√© par les √©poux (ou port√© par un des deux √©poux). Le pasteur dit sur le couple la b√©n√©diction de Dieu, et leur remet une bible de mariage.

Le mariage peut unir un chr√©tien avec un ou une catholique, ou une personne d’une autre religion, voir avec une personne agnostique. Le t√©moignage de chaque conjoint, quelle que soit sa source d’inspiration trouve une place dans la c√©r√©monie pour s’exprimer.

Si, dans la th√©ologie protestante, le mariage n’est pas appel√© ¬ę un sacrement ¬Ľ, c’est √† cause du sens qui est donn√© √† cette notion de sacrement. Il a √©t√© souhait√© dans l’√©glise protestante que chaque personne qui le d√©sire puisse recevoir tous les sacrements sans distinction. Or, il existe des personnes qui sont c√©libataires, il a √©t√© souhait√© qu’elles puissent sentir par les sacrements qu’elles sont tout autant b√©nies que les autres.

 

 

Trťteaux pour le cercueil Trťteaux pour le cercueil Trťteaux pour le cercueil

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Tréteaux pour le cercueil

Le corps du d√©funt ne passe pas toujours par le temple. mais quand c’est le cas, le cercueil est dispos√© sur ces tr√©teaux dans le centre du temple. N√©anmoins, les protestants ne prient pas pour les morts, dans la confiance que Dieu aime chaque personne et que rien de ce que l’on fait ne peut ajouter encore √† cet amour. C’est √©galement pour cela que le corps de la personne d√©funte n’est pas b√©ni lors des obs√®ques protestantes mais mais c’est sur ceux qui pleurent le d√©funt qu’un geste de b√©n√©diction est donn√©, afin que ce qui est en eux bless√© par ce deuil puisse ressusciter maintenant avec l’aide de Dieu.

Le corps est donc là comme un souvenir de la personne aimée, souvenir qui est appelé à être vivant par la mémoire affectueuse.

Il arrive souvent que l’inhumation ou la cr√©mation se fasse dans la stricte intimit√© familiale et qu’un ¬ę Culte d’actions de gr√Ęces ¬Ľ soit post√©rieurement c√©l√©br√© au temple pour la famille et les amis.

Au XIXe si√®cle, l’Oratoire a connu des obs√®ques avec un d√©corum extraordinaire, comme les obs√®ques de l’amiral de Winter.

Mais en général les obsèques protestantes sont simples et recueillies.

Pour en savoir plus :

 

 

Les quÍteuses Les quÍteuses Les quÍteuses Les quÍteuses

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Quêteuses

Cet objet est tout √† fait particulier, me semble t-il. Cette sorte d’√©puisette en velours fonc√© est utilis√©e pour passer dans les rangs des fid√®les lors du culte pour recueillir leur offrande. Au mus√©e du d√©sert (√† Miallet dans le Gard) il est possible de voir que cet objet existait d√©j√† il y a plusieurs si√®cles. Dans d’autres √©glises, ce sont des corbeilles ou des plateaux sont utilis√©s. La th√©ologie chr√©tienne protestante cherche √† valoriser la libre responsabilit√© personnelle, et c’est ainsi √† chacun de d√©cider quelle part il d√©sire offrir pour que l’√©glise puisse vivre. Il est possible d’√™tre tr√®s engag√© personnellement dans la foi sans pour autant donner beaucoup d’argent √† l’√©glise, il y a tant de projets diff√©rents que la foi peut inspirer √† une personne, par exemple une famille qui √©l√®ve des enfants, une personne qui vient au secours de ses parents ou dans le cadre d’une association caritative... une personne peut aussi avoir un temps difficile mat√©riellement, des emprunts lourds¬Ö C’est pourquoi il semble essentiel que le don reste une affaire tr√®s intime, d√©cid√©e dans son fort int√©rieur devant Dieu. Ce mod√®le de qu√™teuses garantissent la discr√©tion et donc la libert√© de chacun.

L’√Čglise ne vit que des dons de ses fid√®les et de ses sympathisants. Heureusement que la g√©n√©rosit√© est au rendez vous :

  • par l’offrande anonyme au cours du culte,
  • par des dons nominatifs qui permettent (aux personnes qui ont la chance de gagner assez pour payer des imp√īts) d’avoir un remboursement des 2/3 de leur don par l’√©tat fran√ßais, qui encourage ainsi les √©glises et les autres associations d’utilit√© publique.
  • par des legs

La collecte au cours du culte est faite par les diacres (membres et anciens membres du conseil de l’entraide, √©lu par les paroissiens). Le produit de cette qu√™te est r√©parti entre l’Association Cultuelle de l’√Čglise et l’Association d’Entraide de l’Oratoire. La destination des dons est annonc√©e avant la collecte pour que chacun puisse d√©cider selon sa sensibilit√©.

Pour en savoir plus :

 

 

Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs Bustes et autres souvenirs

1) Intérieur de l'Oratoire du Louvre au XXIe siècle

Bustes et autres souvenirs

Dans la grande Sacristie, des bustes et des inscriptions ont été disposés depuis la fin du XIXe afin de faire mémoire du protestantisme parisien.

Histoire du protestantisme parisien

Les grandes dates du protestantisme et les diff√©rents lieux de culte successifs √† Paris sont inscrits sur un des tympans, avec un √©trange m√©lange d’√©v√©nements et de lieux, que l’on pourait mettre en ordre ainsi :

  • 1525 : premier martyr, Jacques Pauvant
  • 1555 : premier pasteur, le Ma√ßon de la Rivi√®re
  • 1559 : premier Synode
  • 1685, √©glise sous la croix, pasteurs :
    1688 : Cardel
    1690 : Maturin, de Salve
    1692 : de Malzac, Givry, Giraud

Assemblées (lieux et dates des lieux de culte succesifs à Paris) :

  • 1526 : March√© hors la porte Saint Honor√©
  • 1555 : rue des marais Saint Germain
  • 1557 : rue Saint Jacques, place Maubert
  • 1561 : rue Copeau, au patriarche
    au Pré aux Clercs
  • 1685 : ambassades de Hollande, Su√®de, Brandeborg, Danemark

Lieux de culte :

  • 1576 : Noisy le Sec
  • 1595 : Le Louvre (salle des caryatides)
  • 1599 : Grigny
  • 1599 : Ablon
  • 1606 - 1685 : Charenton
  • 1789 : rue Mond√©tour
  • 1790-1791 : rue Dauphine
  • 1811 : Oratoire !

Buste des premiers pasteurs de l’Oratoire

Les bustes des premiers pasteurs de l’Oratoire sont dispos√©s sur des consoles avec leur nom et un verset biblique √©voquant leur t√©moignage :

 

Liste et bustes des pasteurs

La liste des pasteurs avant la R√©vocation (i.e. la r√©vocation de l’Edit de Nantes par l’Edit de Fontainebleau en 1685) sont inscrits sur deux des typans de la grande sacristie :

  • Morel, Chandieu, des Gallards, J. Macard, A. Marlorat (mort martyr),Th√©odore de B√®ze, Jean Malot, Merlin, de Lestre, J. du Moulin, de Lauberan, d’Amours, de la Faye, Pierre du Moulin, Couet du Vivier.
  • Durand, Mestrezat, Drelincourt, Jean Daill√©, Aubertin, le Faucheur, Gaches, Daill√© fils, Morus, Jean Claude, Allix, Mesnard, de l’Angle, Gilbert, Bertheau

La liste des pasteurs qui se sont succ√©d√©s dans la chaire de l’Oratoire depuis 1811 et avant 1882, c’est √† dire avant la d√©centralisation en 8 paroisses sont inscrits sur un des tympans (les 6 premiers ont de plus leur buste).
Pasteurs de l’Eglise de Paris (Oratoire) :

  • Ph. Marron (Paul-Henri Marron, 1791-¬Ü1832)
  • JH. Rabaut (Jacques-Antoine Rabaut-Pommier, 1803)
  • J. Monod (Jean Monod, 1808)
  • HF. Juillerat (Henri-Fran√ßois Juillerat-Chasseur, 1816)
  • Ath. Coquerel (Athanase Coquerel p√®re, 1832)
  • Ad. Monod (Adolphe Monod, 1847)
  • Fred. Monod (Fr√©d√©ric Monod, 1831 mais adjoint de Marron d√®s 1819)
  • Montandon (Auguste-Laurent Montandon, 1860 ¬Ü1906)
  • L. Martin-Pashoud (Joseph Martin-Paschoud, 1836)

Pasteurs de l’Eglise de l’Oratoire (1882), c’est √† dire apr√®s la d√©centralisation en 8 paroisses, si l’ordre est parfois un peu √©trange c’est que les pasteurs sont inscrits seulement apr√®s leur mort et alternativement sur l’une et l’autre des montants :

  • A. Decoppet (1882-1906)
  • J.E. Roberty (1891-1925)
  • Th. Monod (1902-1906)
  • W. Monod (1907-1938)
  • Em. Guiraud (1933-1937)
  • P. Vergara (1922-1954)
  • P. Ducros (1954-1963)
  • N. Recolin (1882-1893)
  • A. Vigui√© (1882-1891)
  • E. Lacheret (1893-1902)
  • J. Vi√©not (1906-1932)
  • A.N. Bertrand (1926-1946)
  • G. Vidal (1938-1960)
  • E. Lauriol (1946-1961)
  • R. Ch√Ęteau (1961-1978)