Plusieurs membres mais un seul corps

1 Corinthiens 12:4-30

Culte du 11 septembre 2022
Prédication de Agnès Adeline-Schaeffer

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

11 septembre 2022
200ème jour de la guerre en Ukraine
« Plusieurs membres mais un seul corps (1 Co 12:20) »

Culte présidé par la Pasteure Agnès Adeline-Schaeffer
A l'orgue : Sarah Kim, organiste co-titulaire

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Orgue

Salutation
Mon frère, ma sœur, mon ami.e.
Toi qui es venu.e ce matin, dans ce temple, prendre le temps d’écouter la Parole de Dieu, renouveler tes forces physiques et spirituelles, par le chant, la prière, rencontrer ton prochain au milieu de ton activité familiale ou de ton travail, sois sans crainte !
Le Seigneur est là, il t’appelle, il t’invite à l’écouter et à le recevoir ici et maintenant.
La grâce et la paix nous sont données de la part de Dieu notre Père, et de Jésus-Christ son Fils, notre Sauveur et notre frère.

Accueil :
Bienvenue à chacun, chacune pour ce temps de culte. Bienvenue à celles et ceux qui nous rejoignent par le site internet ou par les réseaux sociaux. Nous sommes en communion les uns avec les autres.
Soyez les bienvenus dans ce temple de l’Oratoire du Louvre, vous tous les paroissiens fidèles, et les personnes de passage qui sont là peut-être pour la première fois.
Merci à Sarah Kim, qui nous accompagne à l’orgue ce matin.
Que chacun de vous se sente ici chez lui dans cette maison de prières, pour ce moment où nous voulons nous mettre en présence de Dieu, écouter sa parole et la méditer.
Nous nous unissons à celles et ceux qui luttent pour leur survie, contre leurs oppresseurs, à celles et ceux qui luttent contre la maladie, qui traversent un temps de deuil. Nous nous unissons à celles et ceux qui comptent sur le secours de notre prière.
 
Prions :
Dieu notre Père, nous te remercions pour ce jour et cette heure, mis à part dans notre vie. Tu nous invites à faire maintenant une pause sous ton regard, au milieu de l’agitation de nos vies.
Tu nous proposes de vivre ici et maintenant un temps d’écoute et de partage, un temps de prière et de louange, un temps où nous pouvons nous ressourcer à ta grâce et à ton amour.
Tu nous invites tout simplement à vivre un temps, où par ton Esprit, nous apprenons à nous retrouver les uns avec les autres, en communion avec Jésus-Christ. 
Louange à toi Dieu notre Père !

Répons :
Bénissons Dieu le seul Seigneur
Nous qu’il choisit pour serviteurs,
Levons nos mains dans sa main,
Pour bénir et louer son nom.

Louange
Avec les mots du psalmiste, louons l’Éternel :
Éternel,
"Ta présence est comme une pluie qui tombe sur un terrain fauché, comme des ondées qui arrosent la campagne."
Tu es promesse de vie au cœur même de l’aridité de notre vie quotidienne.
Éternel,
"Ta parole nous affranchit de l’oppression et de la violence" car dans l’assurance de ton amour "pour le pauvre qui crie et le malheureux qui n’a point d’aide", nous trouvons les mots pour renouveler l’appui de ta justice.
Louange à toi, ô Éternel,
Pour nos cœurs et nos yeux qui s’ouvrent sur la simplicité de tes dons et pour la joie qui nous illumine alors.
C’est par elle que Ton Règne s’avance parmi nous, "que tous les rois se prosterneront devant Toi et que toutes les nations Te serviront"
[D’après le Psaume 72]
 
Psaume : Psautier Français n°33 « Réjouis-toi peuple fidèle », strophes 1, 2 & 5 [cliquer ici]

Volonté de Dieu
Écoutons maintenant ce que Dieu veut pour nous et nous donne la force de faire :

Ainsi parle l’Éternel :
Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse,
Que le fort ne se glorifie pas de sa force,
Que le riche ne se glorifie pas de sa richesse,
mais que celui qui veut se glorifier
se glorifie  d'avoir l'intelligence de me connaître,
de savoir que je suis le Seigneur.     
[Jérémie 9:22-23]

Répons :
Parle, parle Seigneur,
Ton serviteur écoute :
Je dis ton serviteur,
Car enfin je le suis.
Je le suis, je veux l’être,
Et marcher dans ta route,
Et les jours et les nuits.

 
Confession du péché
Je vous invite à la prière :

Je voudrais, mon Dieu, tenir les ficelles de ma vie,
Être maître des événements, conquérir mon propre destin,
Gagner mon salut à la sueur de mon front et de ma pensée.
Mais alors je te prie :  sauve-moi de moi-même,
Et ouvre-moi à Toi.
Je cède volontiers au chant des sirènes,
Et aux langues des serpents,
Qui me laissent entendre que je peux être
Le centre d’un monde que je façonnerais à ma guise, selon mon bon plaisir.
Mais alors, je te prie : sauve-moi de moi-même,
Et recentre-moi sur Toi.
Je me laisse tenter par l’idée qu’être libre, c’est décider soi-même,
Dicter sa propre loi,
Penser avec satisfaction n’avoir besoin de personne,
Surtout pas d’un plus petit que moi.
Mais alors, je te prie : sauve-moi de moi-même,
Et rends-moi libre en Toi.
Amen.
[d’après un texte Marion-Muller-Colard, Éclats d’Évangile]

Répons :
J’aime mon Dieu, car il entend ma voix,
Quand la frayeur ou le tourment m’oppresse,
Quand j’ai prié au jour de ma détresse,
Dans sa bonté, il s’est tourné vers moi.

Annonce du pardon
« Même si les montagnes s’effondraient, même si les collines chancelaient, mon amour pour toi ne faiblira pas et mon alliance de paix ne sera pas ébranlée, car je t’aime d’un amour éternel, dit l’Éternel qui a compassion de toi » 
[Ésaïe 54 : 10]

Répons 
Combien grande est ta gloire,
En tout ce que tu fais,
Et combien tes hauts faits
Sont dignes de mémoire.
Tes œuvres sans pareilles
Ont réjoui mon cœur,
Je veux chanter Seigneur,
Tes divines merveilles.

 
Confession de foi :
« Je veux croire à la main ouverte, à la puissance des non-violents,
Je ne croirai pas à la race ou aux privilèges, à l’ordre établi.
Je veux croire que tous les hommes sont des Hommes (avec un grand H),
Que l’ordre de la force et de l’injustice, est un désordre.
Je ne croirai pas que je n’ai pas à m’occuper de ceux qui sont loin d’ici,
Je veux croire que le monde entier est ma maison et le champ que je sème,
Et que tous moissonnent, ce que tous ont semé.
Je ne croirai pas que je puisse combattre l’oppression là-bas, si je tolère l’injustice ici.
Je veux croire que le droit est un, ici et là,
Que je ne suis pas libre tant qu’un seul homme est esclave,
Je ne croirai pas que la guerre et la faim soient inévitables et la paix inaccessible.
Je veux croire à l’action modeste, à l’amour aux mains nues, à la paix sur la terre.
Je ne croirai pas que toute paix est vaine.
Je ne croirai pas que le rêve des Hommes restera un rêve et que la mort sera la fin,
Mais j’ose croire toujours et malgré tout, à l’Homme nouveau.
J’ose croire au rêve de Dieu : un ciel nouveau, une terre nouvelle où la justice habitera. »
[Martin Luther King]
 
Répons 
Grand Dieu nous te bénissons,
Nous célébrons tes louanges
Éternel nous t’exaltons,
De concert avec les anges,
Et prosternés devant toi,
Nous t’adorons, Ô grand Roi !
Et prosternés devant toi,
Nous t’adorons, Ô grand Roi

 
Doxologie : « Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, et d’éternité en éternité ».

Lecture biblique : Première lettre de Paul aux Corinthiens, chapitre 12, versets 4 à 31.

4 Il y a diversité de dons de la grâce, mais c’est le même Esprit ; 
5 diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur ; 
6 diversité de modes d’action, mais c’est le même Dieu qui, en tous, met tout en œuvre. 
7 A chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien de tous. 
8 A l’un, par l’Esprit, est donné un message de sagesse, à l’autre, un message de connaissance, selon le même Esprit ; 
9 à l’un, dans le même Esprit, c’est la foi ; à un autre, dans l’unique Esprit, ce sont des dons de guérison ; 
10 à tel autre, d’opérer des miracles, à tel autre, de prophétiser, à tel autre, de discerner les esprits, à tel autre encore, de parler en langues ; enfin à tel autre, de les interpréter. 
11 Mais tout cela, c’est l’unique et même Esprit qui le met en œuvre, accordant à chacun des dons personnels divers, comme il veut.
12 En effet, prenons une comparaison : le corps est un, et pourtant il a plusieurs membres ; mais tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps : il en est de même du Christ. 
13 Car nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit en un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. 
14 Le corps, en effet, ne se compose pas d’un seul membre, mais de plusieurs. 
15 Si le pied disait : « Comme je ne suis pas une main, je ne fais pas partie du corps », cesserait-il pour autant d’appartenir au corps ? 
16 Si l’oreille disait : « Comme je ne suis pas un œil, je ne fais pas partie du corps », cesserait-elle pour autant d’appartenir au corps ? 
17 Si le corps entier était œil, où serait l’ouïe ? Si tout était oreille, où serait l’odorat ? 
18 Mais Dieu a disposé dans le corps chacun des membres, selon sa volonté. 
19 Si l’ensemble était un seul membre, où serait le corps ? 
20 Il y a donc plusieurs membres, mais un seul corps. 
21 L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi », ni la tête dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous. » 
22 Bien plus, même les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont nécessaires, 
23 et ceux que nous tenons pour les moins honorables, c’est à eux que nous faisons le plus d’honneur. Moins ils sont décents, plus décemment nous les traitons : 
24 ceux qui sont décents n’ont pas besoin de ces égards. Mais Dieu a composé le corps en donnant plus d’honneur à ce qui en manque, 
25 afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient un commun souci les uns des autres. 
26 Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est glorifié, tous les membres partagent sa joie. 
27 Or vous êtes le corps du Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. 
28 Et ceux que Dieu a disposés dans l’Église sont, premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement des hommes chargés de l’enseignement ; vient ensuite le don des miracles, puis de guérison, d’assistance, de direction, et le don de parler en langues. 
29 Tous sont-ils apôtres ? Tous prophètes ? Tous enseignent-ils ? Tous font-ils des miracles ? 
30 Tous ont-ils le don de guérison ? Tous parlent-ils en langues ? Tous interprètent-ils ? 
31 Ayez pour ambition les dons les meilleurs. Et de plus, je vais vous indiquer une voie infiniment supérieure.

Cantique : Louange et Prière n°338 « O Jésus, tu nous appelles », strophes 1 & 2 [cliquer ici]
 
Prière d'illumination 
Je vous invite encore à la prière :
Éternel, nous te rendons grâce pour ta Parole, qui nous rejoint encore aujourd’hui.
Nous te prions de renouveler nos vies et de les rendre belles, éclairés par la lumière de ta Bonne Nouvelle.
Que ta Parole nous atteigne au plus profond de nous-mêmes.
Que ton amour emporte nos volontés rebelles ou défaillantes.
Que ta joie nous attende au terme de nos chemins semés d’obstacles et bordés de merveilles.
Car tu es le Dieu de l’Amour et de la vie. Tu prends soin de chacun de nous.
Envoie sur nous ton Esprit Saint, afin qu’il nous rende disponibles et accueillants à ta présence et à ta vie.
Amen.

Orgue

Prédication : Plusieurs membres mais un seul corps

Amis, frères et sœurs,

Nos engagements dans la vie personnelle ou associative constituent, si peu que ce soit, un maillon dans la vie de la société dans laquelle nous évoluons.
Au début de chaque année civile, au mois de janvier, certains sont invités, en tant que représentants des « corps constitués », selon l’expression consacrée, à se rendre à la mairie ou la préfecture pour y recevoir les vœux des responsables de notre pays, qu’ils soient locaux, régionaux, nationaux.
Nous y retrouvons pêle-mêle, les patrons d’entreprise, les directeurs d’hôpitaux, les représentants de partis politiques, et les présidents des associations culturelles (loi 1901) comme ceux des associations cultuelles (loi 1905). Se mêlent aussi quelques évêques, pasteurs, rabbins et imams.
Par leur présence à tous, sont représentées en fait toute personne qui vit dans une ville, quelle que soit son échelle. Quel que soit ce corps constitué, nous y avons la chance, et peut-être même le privilège d’y avoir notre place, à cause de ce que nous sommes et de ce que nous savons faire, à cause de nos dons, qui sont divers et multiples. Si nous sommes à la place qui est la nôtre, si nous sommes investis à un endroit particulier de notre travail ou de notre vie, c’est à cause ou plutôt grâce à notre personnalité, nos aptitudes, nos dons, nos dispositions, mais aussi notre vocation, autrement dit, l’appel que nous avons reçu.
Chacun a l’air de vaquer individuellement à ses occupations tant professionnelles que familiales, tant religieuses qu’associatives, tant politiques qu’artistiques, mais si on pouvait faire un « arrêt sur images », si nous pouvions avoir en un instant, une vue d’ensemble, ne serait-ce que sur notre quartier, on s’apercevrait vite que chacune est complémentaire de l’autre, à tous les niveaux et qu’ainsi un certain équilibre est maintenu.  On verrait aussi encore mieux, toutes les personnes qui n’ont pas leur place et dont on ne s’occupe pas ou très mal. Nous savons très bien que, lorsqu’il y a un grain de sable dans la chaîne, la répercussion est générale et le déséquilibre sensible.  Blocage et carambolages sont inévitables. Et c’est la crise.

Ce qui vrai de notre travail et de notre vie personnelle ou familiale, est vrai aussi, plus particulièrement pour nos vies d’églises chrétiennes.  Je parle ici de l’église visible, et j’emploie volontiers et avec reconnaissance, le pluriel, car la pluralité des dénominations représente autant d’organisations ecclésiales et d’orientations théologiques. Elle signifie surtout la multitude des chemins de foi et la magnifique liberté avec laquelle Dieu vient rencontrer l’être humain au cœur de sa propre histoire. Et c’est bien cet ensemble pluriel et complémentaire qui forme l’Église universelle.
A l’intérieur de nos églises locales, nous rencontrons des personnes aux fonctions multiples. Il y a celui ou celle qui a le don de Dieu spontanément, librement. Il y a celui ou celle qui le don de parler et communiquer des réalités spirituelles. Il y a celui ou celle qui a le sens de la musique et de la liturgie, celui ou celle qui a le don de la prédication ou de l’enseignement, celui ou celle qui sait aider efficacement les autres.  Il y a celui ou celle qui a le don de la visite, ou le don de la prière, Il y a celui ou celle dont les paroles de sagesse renforcent la foi, éclairent une situation, rassurent la personne hésitante. Il y a encore celui ou celle qui sait organiser et gouverner, celui ou celle qui sait réparer ce qui est cassé ou abîmé, réagir dans l’urgence ou former des projets à long terme. Il y a celui ou celle qui planifie comme celui ou celle qui improvise, celui ou celle qui a le don d’écouter, de comprendre, de consoler.
Il y a donc cette société originale avec la variété de tous ces dons, que l’apôtre Paul appelle dans sa lettre aux Corinthiens, les charismes. En revanche, ce que nous ne saisissons pas toujours, c’est dans quel esprit tous ces dons sont vécus. L’apôtre Paul nous donne une réponse, en affirmant que chacun est animé par l’unique esprit, l’unique souffle de Dieu, ce qui l’amène à dire que tous les membres de cette église forment en réalité un seul corps.
Paul lui aussi s’est trouvé confronté de façon particulière à des communautés chrétiennes très vivantes, suscitées d’ailleurs par son témoignage. L’une d’entre elles était la jeune communauté de Corinthe à qui l’Esprit Saint avait largement distribué son souffle, ce qui la rendait particulièrement échevelée !
Cependant, en raison de l’expérience exaltante des différents dons de l’Esprit saint, des rivalités et des désordres avaient surgi dans cette communauté, précisément entre ceux qui en avaient été les bénéficiaires. Il fallut alors recourir à Paul qui se trouvait loin de cette communauté, pour obtenir des éclaircissements.

Dans sa lettre, Paul répond sans hésitation aux Corinthiens et leur explique comment faire fructifier ces grâces particulières. Il rappelle qu’il y a diversité de charismes et de ministères, comme celui des apôtres, des prophètes ou des maîtres, mais que tous proviennent d’un seul et même Seigneur. Il affirme que dans la communauté, on trouve des personnes capables de faire des miracles, d’obtenir des guérisons, que d’autres sont portées de façon exceptionnelle à aider, d’autres encore à gouverner. L’un parle en langues, un autre les interprète. Cependant, ajoute Paul, tous ces dons tirent leur origine d’un seul Dieu. (1 Co 12,4-6).

Puisque ces différents dons viennent du même Esprit Saint qui les accorde librement, ils ne devraient être que complémentaires et en harmonie entre eux. Ils ne sont pas donnés pour la satisfaction personnelle, ils ne peuvent pas être motif d’orgueil ni d’affirmation de soi. Au contraire, ils sont accordés en vue d’une finalité commune : édifier la communauté. Ayant pour but de servir, ils ne peuvent engendrer ni rivalité ni confusion.
Paul, tout en se référant à des dons particuliers qui concernent précisément la vie de la communauté ecclésiale, est de l’avis que chaque membre a une capacité propre, un talent à faire fructifier pour le bien de tous et que chacun doit prendre conscience du sien, avec reconnaissance.

 Il présente la communauté comme un corps. Cette image, cette métaphore a rejoint l’ordinaire de notre quotidien.  Et il pose cette question : “Si le corps entier était œil, où serait l’ouïe ? Si tout était oreille, où serait l’odorat ? Mais Dieu a disposé dans le corps chacun des membres, selon sa volonté. Si l’ensemble était un seul membre, où serait le corps ?”  (1 Co 12,17-19). 
Puisque chacun est différent, chacun peut être un don pour les autres. De cette façon il réalisera sa propre vocation en vue du bien du tous.
Dans la communauté ecclésiale où les différents dons fonctionnent harmonieusement, Paul discerne une réalité qu’il nomme : le Christ. En effet ce corps original que composent les membres de la communauté est vraiment le Corps du Christ. Le Christ continue à vivre dans l’Église et l’Église est son corps. Il ne s’agit ici ni d’un lieu ni d’un édifice, mais des personnes ensemble, reliées entre elles.  Par quoi sont-elles reliées entre elles ? Les uns diront que c’est par le baptême, d’autres diront que c’est par le pain partagé, signes visibles de la grâce invisible. D’autres encore se sentiront membres de ce corps, indépendamment de ces signes visibles, mais se sentiront unis par une recherche, un chemin à suivre, des textes à travailler, une parole à approfondir, une entraide à concrétiser.
Mais au fond, ce qui va unir ces membres aux aspirations si différentes, c’est l’amour avec lequel chacun accueille l’autre, selon la parole de Jésus, dans l’Évangile de Jean : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples » (Jean 13:35). Et d’ailleurs, c’est que Paul développera dans le chapitre 13 de sa lettre, l’amour qu’il appelle le charisme par excellence. (1 Corinthiens 12:31).
C’est bien évidemment plus facile à dire qu’à vivre. Nous connaissons tous nos propres limites à ce sujet. Mais nos limites sont liées au seul fait que nous ne comptons trop souvent que sur nous-mêmes. Mais si nous sommes honnêtes et que nous les reconnaissons, ces limites, alors, il y a une chance pour nous, de les dépasser. 
Puisque le corps est un, les membres de la communauté chrétienne réalisent leur nouvelle façon de vivre en établissant entre eux l’unité, cette unité qui fait la part belle à la diversité et au pluralisme. La communauté ne ressemble pas à un corps de matière inerte, mais à un organisme vivant, composé des membres les plus divers. Et chacun est invité à résister à la tentation de se sentir le meilleur et le plus indispensable, en oubliant de prendre soin du plus petit, du plus vulnérable. Et résister aussi à l’envie de provoquer la division. Sinon, c’est la brèche rêvée pour que le mal s’installe sans vergogne.

Alors comment vivre cette parole que la Bible nous propose aujourd’hui ? Plusieurs membres mais un seul corps ?
Il nous faut avoir, me semble-t-il, un grand respect pour les différentes fonctions, les dons et les talents des membres de la communauté chrétienne. Mais nous sommes invités à décliner ce grand respect en dehors de la communauté chrétienne, dans notre société tout entière.
Alors, que nous sommes réunis, aujourd’hui, dans ce temple, nous sommes invités à ressentir cette rencontre, cet échange, ce culte comme le nôtre, parce que nous faisons partie du même corps, et que par nos engagements tant sur le plan de la société qu’en église, nous sommes reliés les uns aux autres, et membres d’un corps unique.
Paul utilise l’image du corps humain pour exprimer sa compréhension de l’humanité. Il porte un regard positif sur le corps, qui rappelle d’ailleurs, l’attention que porte Jésus aux hommes et aux femmes qu’il rencontre pendant son ministère. Le message du Christ n’est pas seulement un discours intellectuel ou spirituel, mais il s’accompagne de guérisons des infirmités, diverses et variées, qui rétablissent le bien être dans le corps, et rétablissent par conséquent la relation.  Nous n’avons pas seulement un corps, dont nous avons à prendre soin, mais nous sommes aussi un corps, dont nous avons à prendre soin.
C’est ce que la société essaie de dire aujourd’hui, par son expression « le Vivre Ensemble ». Cette expression peut nous surprendre, nous agacer, parce qu’elle nous est dite en mode répétitif, et pourtant, c’est l’expression maîtresse de notre engagement humain.  Le « Vivre Ensemble » nous demande de faire attention à ne pas survaloriser notre propre corps, tant physique que social, tant associatif que religieux, au risque d’un narcissisme destructeur. Mais, le « Vivre Ensemble », symbolisé par le corps unique et des membres différents, divers et variés, présenté par Paul nous invite à faire attention à plusieurs choses :

  • Avoir un corps physique dont nous prenons soin, équivaut à être un corps social, ecclésiastique, politique, associatif, autrement dit, c’est faire corps les uns avec les autres, et non pas les uns contre les autres. Faire corps, c’est avoir au fond de soi ce sentiment de solidarité les uns envers les autres. Personne ne peut vivre dans l’indifférence de ce qui se passe autour de lui.
  •  Faire corps, c’est exercer sa vigilance envers les plus petits, c’est être attentifs ensemble, comme on le voit écrit partout dans nos lieux publics !
  • Faire corps, c’est aussi faire de la place à la personne que nous pourrions hâtivement considérer comme un maillon faible, ou comme le membre indécent de notre corps. Paul demande que ce soit ce membre-là dont nous prenions encore plus soin.
  • Être un seul corps, cela veut dire qu’il y a de la place pour la diversité. Par le mouvement des populations à travers notre pays et à travers tous les pays, le monde n’en finit d’être créé. Cette création est sans cesse renouvelée, et nous invite à l’invention. Le paysage de notre pays, pour ne prendre que cet exemple, est une foule bigarrée. Si certains voient dans cette diversité, une menace politique et existentielle, d’autres, dont nous sommes les premiers en tant que chrétiens, sont invités à y voir, une richesse dont chacun est porteur. Si tout le monde était pareil, conforme les uns aux autres, ce serait l’appauvrissement de l’univers. Chaque fois qu’un régime politique ou ecclésial a voulu mettre en place la dictature d’un corps unique, par l’élimination des membres qui le gênent, ou par l’uniformité de ceux qui restent, ce régime a été voué à l’échec, par ce qu’il va à l’encontre de l’humanité. En revanche, le « Vivre Ensemble » nécessite d’abandonner ses rêves autoritaires et ses démons hégémoniques, pour travailler à la réconciliation des diversités, et accueillir la différence comme une richesse et non comme un obstacle ou un handicap. La pluralité des membres permet la fécondité de la vie, et permet pour chacun de nous, d’avoir accès à toutes les dimensions de la vie, à toutes les facettes de l’existence, à ne se priver de rien, ni priver les autres, de ce que la vie peut offrir ; ainsi que Jésus l’a dit dans cette phrase de l’Évangile de Jean : « Je suis venu pour que chacun ait la vie, et qu’il ait en abondance ». (Jean 10:10).

De même que nous prenons en considération et protégeons chaque membre de notre corps de chair, ainsi pouvons-nous faire de même pour chaque membre de ce corps en humanité, social ou ecclésial. Et si nous ne le faisons pas encore, il n’est jamais trop tard pour en prendre conscience.  Se souvenir en tout temps et en tous lieux que tous les membres du corps, quel qu’il soit, sont dignes de notre estime, de notre respect, de notre attention, et notre devoir est de faire notre possible pour qu’ils puissent se rendre utiles à la société dans son entier, sans rivalité, sans exclusion.
Nous sommes invités à ne pas déprécier ce qui nous est demandé, là où nous sommes, même si parfois, notre quotidien peut nous apparaître comme répétitif, banal ou même, privé de sens.
Si ce discours nous interpelle, nous chagrine, nous titille, demandons à Dieu d’accueillir et surtout d’assumer cette pluralité qu’il veut pour nous, depuis la destruction de la tour de Babel (Genèse 11:1 à 9).
Et demandons-lui d’augmenter en nous et entre nous cette force d’aimer, un autre charisme que l’apôtre Paul annonce, à la fin de son discours,   un charisme qui dépasse tous les autres et qui est essentiel à reconnaître et à cultiver : c’est l’amour, cette charité, cet Agapé, autrement un amour sans condition,  cette force d’aimer chaque homme que nous rencontrons, et chaque parcelle de la création, selon l’expression de Martin Luther King, qui nous pousse à nous engager dans la lutte contre l’injustice. 
Si la recherche de la justice est notre but et notre engagement, l’amour réciproque est le liant et la garantie de notre vie ensemble. 21 ans après la destruction des tours jumelles, alors que la guerre est aux portes de l’Europe depuis 200 jours, que nous sommes appelés sans cesse à la vigilance climatique, et que tant de nos contemporains manquent du nécessaire, nous sommes plus que jamais membres différents, certes, mais toujours, un seul corps, et lorsqu’un membre souffre, tout le corps souffre avec lui. Mais quand il se réjouit, alors c’est la joie pour le corps entier. Amen.


Orgue

Cantique : Louange et Prière n°213 « Gloire à ton nom », strophes 1 à 3 [cliquer ici]

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Offrande 
Orgue

Prière d’intercession

Éternel, Dieu de la vie,
Tu nous combles de tes bénédictions, jour après jour et notre geste d’offrande d’aujourd’hui en est un modeste témoignage. Inspire-nous d’autres gestes d’offrande, qui ne soient pas que des gestes matériels mais aussi des gestes d’amitié et des marques de tendresse.

Éternel, Dieu de la vie,
nous te prions les uns pour les autres.
Tu sais combien nous regardons les autres avec les yeux du monde.
Des yeux qui scrutent, jaugent et classent.
Selon nos envies, nous accueillons, ou nous rejetons.
Selon nos principes ou nos idées, nous ouvrons nos bras
Ou nous nous fermons.
O Dieu, notre Père,
Apprends-nous à regarder autrement.
Avec des yeux nouveaux.
Conduis-nous aux autres, en vérité.
Apprends-nous en Église à transformer notre regard.
A vivre des relations fraternelles.

Éternel, Dieu de la vie,
en Jésus-Christ, tu nous regardes,
Et nous voilà enfants, chacun reconnu et aimé inconditionnellement,
Indépendamment de nos statuts, de nos qualités, de nos étiquettes.
O Dieu, notre Père, nous t’en prions,
Regarde-nous toujours avec ces yeux-là ». 
[Pasteure Céline Rohmer]

Nous rassemblons nos prières dans celle que Jésus a enseignée à ses disciples :
 
Notre Père
Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
Mais délivre-nous du mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,
Aux siècles des siècles, amen.

Exhortation - Bénédiction

Mon frère, ma sœur, mon ami.e.
Que le SEIGNEUR te bénisse et te garde !
Que le SEIGNEUR fasse rayonner sur toi sa face et t'accorde sa grâce !
Que le SEIGNEUR porte sur toi son regard et te donne sa paix !
Amen.

Répons :
Bénis Ô Dieu nos routes,
Nous les suivrons heureux.
Car toi qui nous écoutes,
Tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres,
J’y marche par la foi.
Même au travers des ombres,
Ils conduisent à toi.

Orgue
Sortie

Paroles des chants du dimanche 11 septembre 2022

Psaume : Psautier Français n°33 « Réjouis-toi peuple fidèle », strophes 1, 2 & 5.

1 - Réjouis-toi, peuple fidèle,
Acclame Dieu à pleine voix !
Sa louange est séante et belle
Dans la bouche des hommes droits.
Sur un air de fête
Sonnent les trompettes
Pour un chant nouveau;
Les cors, les cithares,
Les voix les plus rares,
Les sons les plus beaux !

2 - Ta parole agit sur la terre
Avec droiture et vérité.
Partout son œuvre de lumière
Y fait rayonner ta bonté.
Que ta voix résonne :
Le chaos s'ordonne,
Le ciel resplendit ;
Sources et rivières
Arrosent la terre,
Le désert fleurit.

3 - Tu brises l'orgueil des puissances
Et tous leurs plans sont renversés,
Mais tu poursuis sans défaillance
Les projets que tu as formés.
Si, cherchant sa route,
Un peuple t'écoute,
Il vivra heureux ;
Il verra les signes,
Qui déjà désignent
La Cité de Dieu.


5 - Seigneur, notre âme est confiante,
Ta parole est son bouclier ;
En toi elle a mis son attente
Et sur ton nom veut s'appuyer.
Ton amour habite
L'homme qui médite
Ta promesse, ô Roi,
Et ta bonté garde,
Qui vers toi regarde,
Qui espère en Toi.

Cantique : Louange et Prière n°338 « O Jésus, tu nous appelles », strophes 1 & 2.

Strophe 1
O Jésus ! Tu nous appelles
    à former un même corps ;
Tu veux que saint et fidèles,
    nous unissions nos efforts.
Fais que rien ne nous divise,
    nous, ton peuple racheté.
Et qu’à jamais ton Église
    demeure dans l’unité.

Strophe 2
O toi qui scellas toi-même
    par ton sang notre union,
Apprends-nous comment
    on aime d’une sainte affection.
Allume en nous, tendre Maître,
    un amour toujours nouveau ;
Alors tous pourront connaître
    que nous sommes ton troupeau.

Cantique : Louange et Prière n°213 « Gloire à ton nom », strophes 1 à 3.

Strophe 1
Gloire à ton nom, ô Dieu de paix,
Ta grâce est admirable,
Toi qui répands tant de bienfaits,
Des bienfaits innombrables,
Ton peuple t'implore à genoux ;
Tu viens, Seigneur, poser sur nous
Ton regard favorable.

Strophe 2
Gloire à ton nom, Seigneur Jésus,
Qui rend présent le Père.
Car dans ta croix nous avons vu
L'amour que tous espèrent.


Fais-nous chanter ton grand amour,
Fais-nous attendre ton retour,
Entends notre prière !

Strophe 3
Gloire à ton nom, ô Saint-Esprit,
C'est toi qui nous appelles.
Le sens caché de notre vie,
C'est toi qui le révèles.
Affermis l'œuvre de nos mains,
Fais-nous marcher sur nos chemins
En une vie nouvelle !

Lecture de la Bible

1ère Épitre de Paul aux Corinthiens, chapitre 12, versets 4 à 30 [Bible Segond]

Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ;
diversité de ministères, mais le même Seigneur ;
diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous.
Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune.
En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ;
à un autre, la foi, par le même Esprit ; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ;
10 à un autre, le don d'opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l'interprétation des langues.
11 Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut.
12 Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il de Christ.
13 Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit.
14 Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres.
15 Si le pied disait : Parce que je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps - ne serait-il pas du corps pour cela?
16 Et si l'oreille disait : Parce que je ne suis pas un œil, je ne suis pas du corps, - ne serait-elle pas du corps pour cela ?
17 Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe ? S'il était tout ouïe, où serait l'odorat ?
18 Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu.
19 Si tous étaient un seul membre, où serait le corps ?
20 Maintenant donc il y a plusieurs membres, et un seul corps.
21 L'œil ne peut pas dire à la main : Je n'ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : Je n'ai pas besoin de vous.
22 Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires ;
23 et ceux que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d'un plus grand honneur. Ainsi nos membres les moins honnêtes reçoivent le plus d'honneur,
24 tandis que ceux qui sont honnêtes n'en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d'honneur à ce qui en manquait,
25 afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres.
26 Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui.
27 Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.
28 Et Dieu a établi dans l'Église premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses langues.
29 Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils docteurs ?
30 Tous ont-ils le don des miracles ? Tous ont-ils le don des guérisons ? Tous parlent-ils en langues ? Tous interprètent-ils ?

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