L'Évangile de l'imaginaire

Luc 8:4-15

Culte du 27 février 2022
Prédication de Agnès Adeline-Schaeffer

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 27 février 2022
« L'Évangile de l'imaginaire »
4ème jour de la guerre en Ukraine

Culte présidé par la Pasteure Agnès Adeline-Schaeffer
A l'orgue : Alexandre Korovitch, organiste suppléant

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Orgue

Annonce de la grâce
La grâce et la paix nous sont données de la part de Dieu notre Père en son Fils Jésus notre Sauveur et notre frère.

Accueil
Bienvenue à chacune et chacun pour ce temps de culte.
Bienvenue à celles et ceux qui nous rejoignent pour le biais du site internet ou celui des réseaux sociaux. Nous sommes en communion les uns avec les autres.
Peut-être certains d’entre vous sont ici ou nous rejoignent pour la première fois.
Soyez ici chez vous, dans cette maison où nous sommes venus pour nous ouvrir à la présence de Dieu, dans notre contexte actuel, rempli de souffrances et d’inquiétude, parce que les hommes prennent à nouveau le chemin de la folie guerrière. Il y a trois jours, les forces de la Fédération de Russie sont entrées en Ukraine. Ce conflit ne peut laisser personne indifférent, parce que personne ne sait où il nous mènera vraiment.
Ce culte oscillera donc entre gravité et espérance, alors, un merci en particulier à Alexandre Korovitch, pour son accompagnement musical.

Prière :
Éternel, tu es là, au milieu de nous.
C’est Toi qui nous offres ce temps de culte,
Pour accueillir une Parole
Qui féconde notre existence, au milieu des angoisses et des tourments.
Ce temps de culte, tu nous le donnes
Pour partager avec des frères et des sœurs
Notre adoration et notre prière. Merci. Amen.

Répons : « Bénissons Dieu le seul Seigneur » (Ps. 134, str.1).

Louange
Louons Dieu avec un extrait du psaume 27 :

Je chanterai car Dieu est ma lumière.
Sous son regard, de qui aurais-je peur ?
J’exalterai celui qui me libère
Gardé par lui je n’ai plus de frayeur.
Si l’ennemi cherche à me dévorer
C’est lui soudain qui succombe à l’effroi.
Quand une armée camperait devant moi,
Je me tiendrais près de toi rassuré.
O mon Dieu, je ne t’adresse qu’une demande :
De te louer parmi tes serviteurs,
Pour apporter devant toi mon offrande
Et longuement contempler ta splendeur
Vers toi, qui dans l’épreuve, fut un abri,
Monte déjà la ferveur de nos chants.
(Traduction Roger Chapal).

Psaume : Psautier Français n°42 « Comme un cerf altéré brame », strophes 1 à 4

Volonté de Dieu
Écoutons ce que Dieu veut pour nous et nous donne la force de faire :
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta force et de toute ta pensée.
C’est là le premier et le plus grand commandement.
Et voici le second qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Fais cela et tu vivras.

Répons : « Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute » (L&P n°193, str.1)

Repentance
Quand je t’appelle au secours,
Seigneur, écoute-moi,
Fais-moi la grâce de me répondre.
Je réfléchis à ce que tu as dit : « Tournez-vous vers moi ».
Eh bien Seigneur, maintenant, je me tourne vers toi.
Ne te détourne pas de moi.
Ne me repousse pas avec colère,
Toi qui m’as secouru.
Ne me rejette pas, ne m’abandonne pas,
Toi, le Dieu qui me sauve.
Si mon père et ma mère m’abandonnaient,
Toi, Seigneur, tu me recueillerais.
Montre-moi la voie que tu me traces,
Dirige-moi sur un chemin sans obstacle. …/…
Que deviendrais-je
Si je n’avais pas l’assurance
De voir la bonté du Seigneur
Sur cette terre où nous vivons ?
Amen. (Ps 27, v. 7 à 13)

Répons : « J’aime mon Dieu, car il entend ma voix ». (Ps. 116, str.1)

Annonce de la grâce
Dieu entend notre prière et voici ce qu’il répond :
Compte patiemment sur le Seigneur,
Ressaisis-toi, reprends courage,
Le Seigneur est fidèle.
Compte patiemment sur le Seigneur. (Ps 27/14).
Chantons à Dieu notre reconnaissance !

Répons : « Combien grande est ta gloire » (Ps 92 selon L&P n° 38 str.2).

Confession de foi :
Nous confesserons notre foi avec les mots de Dietrich Bonhoeffer :

Je crois que Dieu peut et veut faire naître le bien à partir de tout, même du mal extrême. Aussi a-t-il besoins des êtres humains pour lesquels « toutes choses concourent au bien ». (Rm8/28)
Je crois que Dieu veut nous donner chaque fois que nous nous trouvons dans une situation difficile la force de résistance dont nous avons besoin.
Mais il ne la donne pas d’avance, afin que nous ne comptions pas sur nous-mêmes, mais sur lui seul. Dans cette certitude, toute peur de l’avenir devrait être surmontée.
Je crois que nos fautes et nos erreurs ne sont pas vaines et qu’il n’est pas plus difficile à Dieu d’en venir à bout que de nos prétendues bonnes actions.
Je crois que Dieu n’est pas une fatalité hors du temps, mais qu’il attend nos prières sincères et nos actions responsables et qu’il y répond. Amen

Répons : Grand Dieu nous te bénissons

Doxologie : Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, et d’éternité en éternité !

Lecture de la Bible : Evangile de Luc, chapitre 8, versets 4 à 15 (T.O.B.)

4 Comme une grande foule se réunissait et que de toutes les villes on venait à lui, il dit en parabole :
5 « Le semeur est sorti pour semer sa semence. Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin ; on l’a piétiné et les oiseaux du ciel ont tout mangé.
6 D’autre grain est tombé sur la pierre ; il a poussé et séché, faute d’humidité.
7 D’autre grain est tombé au milieu des épines ; en poussant avec lui, les épines l’ont étouffé.
8 D’autre grain est tombé dans la bonne terre ; il a poussé et produit du fruit au centuple. » Sur quoi Jésus s’écria : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
9 Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole.
10 Il dit : « A vous il est donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c’est en paraboles, pour qu’ils voient sans voir et qu’ils entendent sans comprendre.
11 « Et voici ce que signifie la parabole : la semence, c’est la parole de Dieu.
12 Ceux qui sont au bord du chemin, ce sont ceux qui entendent, puis vient le diable et il enlève la parole de leur cœur, de peur qu’ils ne croient et ne soient sauvés.
13 Ceux qui sont sur la pierre, ce sont ceux qui accueillent la parole avec joie lorsqu’ils l’entendent ; mais ils n’ont pas de racines : pendant un moment ils croient, mais au moment de la tentation ils abandonnent.
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui entendent et qui, du fait des soucis, des richesses et des plaisirs de la vie, sont étouffés en cours de route et n’arrivent pas à maturité.
15 Ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui entendent la parole dans un cœur loyal et bon, qui la retiennent et portent du fruit à force de persévérance.

Cantique : Louange et Prière n°176 « Dans ton temple, ô mon Sauveur », Strophes 1 à 3

Prière d'illumination
Éternel, Dieu de la vie,
Nous te rendons grâces pour Jésus, le Christ.
Par sa Parole, il annonce la vie du Royaume,
Il interroge et il bouscule,
Il nous appelle à une vie nouvelle,
Il élargit notre compréhension du monde,
Il convertit nos pensées, notre regard.
Nous te rendons grâces pour Jésus, le Christ.
Par sa Parole, il nourrit le tout de notre vie,
Ce qu’elle est capable de penser, de ressentir, d’exprimer, de partager.
Il parle à nos peurs, il panse nos blessures,
Il offre une histoire nouvelle à vivre, il construit notre confiance,
Il fonde notre espérance.
Éternel,
Quand Jésus, le Christ, nous parle en paraboles,
C’est Toi qui viens jusqu’à nous :
Grâces te soient rendues. Amen
[Pasteure Céline Rohmer]

Orgue

Prédication : L'Évangile de l'imaginaire

Amis, frères et sœurs, j’avais envie de commencer ce message dominical par un clin d’œil humoristique, comme, pour une fois que Jésus donne une explication compréhensible de son enseignement en parabole, finalement, nous n’avions pas besoin de rester pour la prédication…. Mais il se trouve que cette semaine a été chargée en difficultés de toutes sortes, avec des accompagnements de personnes en fin de vie, de familles en deuil, et de personnes en proie à la solitude ou la maladie, et depuis jeudi, ces bruits de bottes, qui se sont révélés, hélas, de plus en plus menaçants jusqu’à devenir concrets, sur le versant oriental de l’Europe, réveillant ainsi de mauvais souvenirs très inquiétants, et qui ne laissent personne indifférent
Une semaine difficile donc, où nous avons pourtant essayé, là où nous étions, avec celles et ceux qui ont été à nos côtés, que ce soit physiquement ou par téléphone, de partager nos craintes, nos révoltes, nos découragements face à la nouvelle folie guerrière du monde. Ce faisant, nous nous sommes accompagnés les uns les autres, autour de la parole partagée ou de la prière murmurée lors d’une rencontre. Nous avons essayé de rester fidèles du mieux que nous avons pu avec ce que nous sommes, avec ce que ce nous savons du Christ, avec ce qu’il nous demande d’être, à partir de ce que nous savons ou de ce que nous avons appris de lui.
La parabole du semeur est certainement un classique de la prédication. C’est un des textes les plus connus de l’Évangile. Si le texte date d’il y a environ de 2000 ans, la parole qu’il véhicule reste toujours neuve, et c’est ce qui fait sa force. Je vous propose donc de relire cette parabole, même si Jésus en donne l’explication à ses disciples, à la lumière de ce que nous partageons en église, ici à l’Oratoire du Louvre, ou ailleurs, dans d’autres églises locales, mais aussi et surtout à partir de nos expériences personnelles, de nos rencontres, de nos « terrains », nos chemins de vie respectifs, ce que nous appellerons pour aujourd’hui, la catéchèse de la vie.
A travers cette parabole, qui est un genre d’expression que Jésus affectionne particulièrement, je vous propose aussi de découvrir la personne de Jésus, et de voir comment il réussit à nous intéresser à cette histoire de graines qui meurent sur un terrain ingrat, ou qui se multiplient en tombant dans de la bonne terre.
L’auditoire de Jésus a l’habitude des paraboles. C’est un procédé connu en Israël au moment où Jésus enseigne.
La foule nombreuse réunie autour de Jésus pour l’écouter est curieuse de ce qu’il va dire. Jésus raconte alors une histoire de graines. Au départ, cette histoire parle à tout le monde, petits et grands, chacun avec ses références. Tout le monde sait que la vie de chacun dépend de la bonne ou de la mauvaise récolte, les paysans comme les citadins, qui entretiennent des relations les uns avec les autres pour se nourrir.
Jésus veut captiver son auditoire, sans perdre une minute. Il utilise trois formules pour cela :

1) Il insiste sur la répétition des mots semeur, semer et semence qui grave bien le thème de l’histoire dans la mémoire
2) Il rentre dans le vif du sujet sans aucune introduction.
3) Il conclut d’une façon abrupte avec cette phrase qui ressemble à une sentence : que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende…

Chacun entend cette histoire du semeur, et en même temps, personne n’est dupe. Et c’est exactement là le sens de l’exercice de la parabole.
Dans cette histoire, rien n’est tout à fait vrai, mais tout est possible. En écoutant, on sent qu’il y a un message caché qu’il faut prendre le temps de décrypter.
La parabole suggère des images que nous sommes invités à nous approprier. Elle fait travailler notre imaginaire. C’est à nous de repérer ce que l’image du semeur évoque en nous.
Le semeur renvoie à l’auditeur de la parabole. D’abord, c’est nous, nous dans la vie de tous les jours, avant de découvrir une autre signification, avant de nous renvoyer à une autre explication, plus théologique, qui consisterait à dire que le semeur, c’est Dieu. Il se trouve que le semeur, c’est d’abord le miroir de notre personne.
De même, la semence qui connaît des déboires avec une destinée précise, rappelle nos propres déboires et notre propre destinée. La semence tombe sur un chemin piétiné, ou alors elle se perd dans des ronces. Heureusement, elle tombe tout de même sur une terre accueillante. Nous suivons pas à pas la destinée de la semence et ce qui lui arrive ne nous laisse pas indifférents. Nous réagissons bien quand elle tombe en terre accueillante. Nous réagissons autrement quand elle tombe en terrain hostile.
Quoi qu’il en soit, la parabole suggère notre investissement et capte toute notre attention.
La parabole permet aussi d’évoquer le royaume de Dieu sans le nommer, sans le définir, sans l’expliquer. Pourtant Jésus livre à celles et ceux qui l’écoutent les mystères du royaume de Dieu. Il est suggéré sans être dévoilé. C’est donc une autre façon de le chercher, finalement.
La parabole est une façon de nous dire, à nous auditeurs de ce matin, que le royaume est à rechercher et non à acquérir, qu’il est plutôt de l’ordre du désir, en quelque sorte, plutôt que de la connaissance intellectuelle.
Jésus fait en quelque sorte « pressentir » la joie d’une semence qui germe et grandit sur un bon terrain. Il suggère aussi la peine ou la déception face à la semence qui reste stérile.
C’est à nous de nous positionner par rapport au désir que ce récit fait naître en nous. Mais l’essentiel, c’est que Jésus en profite pour creuser en nous le désir du royaume de Dieu. Il ne dit rien de théologique sur le royaume de Dieu. Il ne donne aucune définition, aucune certitude. Simplement la parabole renvoie à la vie, à un parcours de vie : naître, grandir, se développer, arriver à maturité, et cela concerne autant la semence que l’être humain.
Jésus ne propose pas de vérité clé en main, il n’impose pas de données dogmatiques, mais il invite tout simplement son auditoire à imaginer, à faire lui-même la comparaison entre le semeur et lui, entre le semeur et Dieu, entre la croissance de la graine et sa propre croissance, entre la fécondité de la graine et la fécondité de l’amour de Dieu en lui, qui va permettre dans un temps plus ou moins court… d’affiner sa relation avec l’autre et avec Dieu. Sur quoi Jésus s’écria : celui qui a des oreilles pour entendre… Qu’il entende ! (Luc 8:8)
Si nous avons entendu la parabole, ainsi que l’explication que Jésus en donne à ses disciples, peut-être avez-vous remarqué quelque chose qui vous avait peut-être échappé précédemment. Jésus explique très bien ce qu’est la semence (la parole de Dieu) ; il explique aussi ce que représentent les différents terrains (l’être humain) ; mais il ne dit pas qui est le semeur. En fait, Jésus est en en train de taire l’essentiel. Il ne dit pas qui il est. Et par conséquent, les disciples sont invités, comme la foule qui a entendu ce récit, et comme nous aujourd’hui, à chercher par eux-mêmes, et surtout en eux-mêmes, qui est le semeur, et en y réfléchissant bien, ils vont découvrir qu’il est devant eux. Mais les disciples sont comme les scribes : ils veulent savoir l’Évangile. Mais l’Évangile n’est pas une somme de connaissances ou un florilège de définitions. l’Évangile est une personne, une personne à rencontrer, à écouter, à découvrir, à accueillir. Et cette personne dévoilera à chacun quelque chose de Dieu, là où il est, là où il en est. Et c’est bien toute la question.
Mais voilà toute la question ! De quel Dieu l’Évangile nous parle-t-il ? Est-il le même que celui transmis par les catéchismes de l’Église ? Et aujourd’hui, en quel Dieu croyons-nous ? Croyons-nous-en un Dieu de la justice rétributive, qui punirait les méchants en les envoyant en enfer et récompenserait les bons en les accueillant au paradis ? Certaines certitudes ont la vie dure et reviennent au galop, encore aujourd’hui. Quelles images de Dieu reste-t-il dans nos mémoires ? Est-il encore ce vieillard assis sur son nuage, comme l’écrit Raphaël Picon : « Ce Dieu, figure tutélaire qui surplombe le monde pour y intervenir quand bon lui semble, qui hante encore quantité de sermons, de cantiques et de confession de foi ; ce Jésus, mi-homme, mi-Dieu qui, un beau jour, reviendra sur les nuées du ciel pour sauver enfin le monde de sa perte »… Est-ce que nous ne désirons pas un Dieu sans barbe, rasé de tous ses oripeaux mythologiques, et masculins ? [« Un Dieu insoumis », pp 41-42). Et si nous disons croire en un Dieu d’amour, jusqu’où va-t-il cet amour ? Et la grâce que nous revendiquons si volontiers, sommes-nous prêts à croire qu’elle est pour tous et sans conditions ? Croyons-nous que l’autre est aimé de Dieu, tel que je le suis, indépendamment de ce qu’il est et de ce qu’il fait ? Et lorsqu’à notre tour, il s’agira de traverser l’épreuve, quelle qu’elle soit, aurons-nous assez de force pour nous libérer d’une culpabilité morbide, en pensant que nous sommes punis ou abandonnés ?
Avec cette parabole, Jésus invite son auditoire à la découverte du Dieu de l’Évangile. En même temps il le laisse libre de se positionner. Il laisse son auditoire découvrir quelle est la relation qui unit Jésus à Dieu. Il ne démontre rien, il le montre. Il en témoigne… Il laisse le temps à son auditoire de s’imprégner de cette découverte sans rien lui suggérer d’autre. Il ne demande pas à la foule de le suivre, il ne lui recommande rien d’autre, si ce n’est d’entendre, d’intégrer, de s’imprégner… Autrement dit, que chacun prenne le temps de faire sienne cette parabole.

Dans nos vies d’église, dans nos ministères locaux de conseiller presbytéral, de conseiller d'entraide, de catéchète, de pasteur, d’organiste, là où nous sommes placés, que nous soyons enfant, ado, jeune actif, parent, ou grand-parent, paroissien fidèle ou paroissien occasionnel, ce qui nous est demandé finalement c’est que chacun, chacune de nous fasse sien l’enseignement de Jésus-Christ. Non seulement en approfondissant le côté intellectuel de l’enseignement, avec une exégèse, non seulement en approfondissant la théologie des langues anciennes, mais en laissant l’enseignement du Christ laisser sa trace en nous, afin de laisser sa Parole nous atteindre et nous transformer de l’intérieur.
Prendre le temps de laisser au Seigneur, c’est-à-dire à la personne même de Jésus, nous rencontrer là où nous sommes, là où nous en sommes, de nous façonner tendrement pour que nous devenions exactement ce qu’il veut de nous, et par voie de conséquence, découvrir ce que Dieu veut pour nous.
Et ce qu’il veut de nous, c’est que nous soyons une personne capable d’aimer parce qu’elle se sait aimée, une personne capable de transmettre ce qu’elle a reçu, ce qu’elle a compris de Jésus-Christ. Et Jésus, ce n’est pas une somme de connaissances théologiques, mais un regard, une écoute, une présence de Dieu. Aujourd’hui, cette parabole nous est offerte pour qu’elle nous travaille en profondeur, qu’elle nous donne de découvrir quelles sont les raisons que nous avons de désirer Dieu et de répondre un jour à son appel, appel à transmettre ce que nous avons reçu.
Jésus utilise les paraboles pour parler à notre intelligence, notre raison, notre cœur et notre imagination.
Et comme l’écrit le pasteur Bernard Chevalley, la parabole du semeur est « un exemple d’enseignement entièrement verbal. Il raconte une histoire toute simple : quelques ronces, des pierres, des oiseaux pilleurs, une terre fertile, et une semence, partout la même, un ouvrier agricole et nous voici, sans le savoir, derrière le rideau des apparences ». [La pédagogie de Jésus, p.32]
La parabole est un poème qui nous travaille sans que nous sachions comment, à travers notre imaginaire, et qui nous emmène à la découverte de nous-mêmes, de notre foi et de notre humanité… tout simplement.
Amen.

Pour aller plus loin :

  • Bernard Chevalley, la pédagogie de Jésus, Desclée 1992
  • Raphaël Picon, un Dieu insoumis, Labor et Fides, 2017
  • Laurent Gagnebin, Qui sera contre nous, in Bulletin l’Amitié, du Foyer de l’Âme, mars 2022

Orgue

Cantique : Louange et Prière n°193 « Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute », strophes 1 à 3

Annonces
Offrande
Orgue

Liturgie de Sainte-Cène

Préface
Eternel, Dieu de la vie,
Nous qui sommes réunis ce matin pour ce temps de culte, nous cherchons ta présence dans notre vie, nous nous mettons à l’écoute de ta Parole dans la Bible, nous essayons de discerner les actes, les paroles, les engagements auxquels tu nous appelles.
Parfois tout cela nous paraît obscur et nous sentons monter en nous l’incompréhension, le doute, peut-être la peur.
Mais tu places aussi sur notre route des frères et des sœurs pour nous parler, pour nous aimer, pour nous encourager, pour être à nos côtés devant toi, pour partager avec nous le pain et le vin de la Cène.
Béni sois-tu, Dieu notre Père pour ta révélation en Jésus-Christ ! Donne-nous d’être miracle les uns pour les autres, annonciateurs de ton Royaume et signes de ton amour !

Répons : Pare-toi pour une fête (str.1)

Institution

Le soir venu, Jésus se mit à table avec les douze. Pendant le repas, il prit du pain 
et, après avoir rendu grâces,
il le rompit et le leur donna en disant :
“Prenez, mangez, ceci est mon corps.”

Ayant aussi pris la coupe et rendu grâces,
il la leur donna en disant :
“Buvez-en tous, car ceci est mon sang,
le sang de l’alliance qui est répandu pour la multitude, pour le pardon des péchés.
Je vous le dis, désormais, je ne boirai plus de ce fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous, dans le Royaume de mon Père.”

Prière d’intercession & Notre Père

Prions les uns pour les autres :
Éternel, Dieu de la vie, Père de tous les hommes,
De toutes cultures t toutes origines,
Regarde notre monde
Séparé par les frontières,
Déchiré par les guerres, tout particulièrement en Ukraine,
Défiguré par la faim et l’injustice,
Divisé par nos peurs et nos préjugés.
Tant de migrants y errent, à la recherche d’un avenir meilleur.
En Jésus-Christ, tu es venu relever l’humanité,
Tu as semé l’amitié et la confiance en nos cœurs.
Tu nous as montré le chemin du partage et de la rencontre,
Tu nous as ouvert les yeux pour nous reconnaître frères et sœurs,
Tu nous as rappelé que chacun a du prix à tes yeux.
Remplis nos cœurs de ton Esprit Saint,
Pour que nous vivions comme tes enfants,
Unis dans la diversité de nos cultures.
Que ton règne advienne,
Règne de paix, de justice et de fraternité
Pour tous les peuples de la terre.
[Prière de Jaklin Pavilla, Service national de la Pastorale des migrants].

Eternel, Dieu de la vie,
Nous te rendons grâces d’être venu te mêler à notre histoire, de venir là où nous en sommes, et de rester, tout près, jusqu’au bout.
Nous te rendons grâce de chercher à parler à nos cœurs, de les ouvrir à ta compréhension, de ne jamais te lasser de nous convertir à toi et de nous guérir.
Continue de te mêler à notre vie, viens nous redire inlassablement, que ce Royaume annoncé par les paraboles est pour tous, pour nous tous, de façon inconditionnelle, et qu’il ne se dérobera pas, et, aussi sûr qu’un grain peut donner du fruit, ta Parole peut ressusciter non seulement la confiance, mais aussi l’espérance, que rien, pas même la mort, ne peut séparer de Toi.
[d’après une prière de Céline Rohmer]

Et c’est dans cette confiance chevillée à nos corps et à nos cœurs que nous te disons :
Notre Père qui es aux cieux,
Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés,
Ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du mal
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,
aux siècles des siècles, Amen.
Répons : Jésus, ta voix nous convie, à ce festin de la vie….

Invocation
Éternel, au moment de nous approcher de cette table, nous faisons mémoire des paroles et des gestes de Jésus-Christ, de sa mort et de sa résurrection.
C’est toi qui nous rassembles et qui nous invites ; par ton Esprit, renouvelle notre foi afin que ce pain et ce vin soient les signes de la présence de ton Fils parmi nous.
Fais toutes choses nouvelles dans nos cœurs pour que nous portions à notre tour cette nouveauté dans le monde. Amen

Invitation
« Voici, je me tiens à la porte et je frappe, dit le Seigneur. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je prendrai la Cène avec lui et lui avec moi. »
Dieu est au seuil de nos vies et nous appelle à sa rencontre. Que tous ceux qui reconnaissent en Jésus-Christ leur Seigneur viennent maintenant autour de cette table pour partager le pain et le vin. Venez car tout est prêt !

Fraction – Élévation
Le pain que nous partageons est communion au corps du Seigneur Jésus-Christ
La coupe de bénédiction pour laquelle nous rendons grâces est communion au sang du Seigneur Jésus-Christ, qui a été versé pour tous en signe de la nouvelle Alliance de Dieu avec le monde.

Communion

Action de grâces
Il y a la parabole du semeur, puis celle du bon grain et de l’ivraie ;
l’histoire du grain de moutarde et du levain ; puis le trésor et la perle…
Et il y aura encore la brebis égarée, des histoires de festin et de serviteurs, dix jeunes plus ou moins sages et le retour d’un fils prodigue.
Dans ce flot continu de paraboles coule le Royaume. Il coule vers nous.
D’images en images, de récits en récits, le Royaume avance et s’accomplit, il est déjà là.
[Céline Rohmer]

Exhortation et Bénédiction
Recevez encore l’exhortation et la bénédiction de la part du Seigneur :
Malgré le bruit, cette Parole étrange parvient jusqu’à notre rivage.
Aurons-nous les yeux pour le voir ? Les oreilles pour l’entendre ?
Quand Jésus parle en paraboles, c’est Dieu qui s’approche.
Ce Royaume, c’est à nous qu’Il veut l’offrir,
C’est dans notre histoire qu’Il veut vivre,
Cette joie, cette abondance, cette espérance, c’est à nous qu’elles sont promises.
Allez maintenant, dans cette joie, cette abondance et cette espérance,
Amen

Répons : « Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux. » (L&P n°309, str.5)

Sortie : Orgue

Paroles des cantiques du dimanche 27 février 2022

Psaume : Psautier Français n°42 « Comme un cerf altéré brame », strophes 1 à 4

1 - Comme un cerf altéré brame,
Pourchassant le frais des eaux,
O Seigneur, ainsi mon âme,
Soupire après tes ruisseaux.
Elle a soif du Dieu vivant,
Et s’écrie en le cherchant :
O mon Dieu, quand donc sera-ce,
Que mes yeux verront ta face ?

2 - Mon seul pain ce sont mes larmes,
Nuit et jour en tous les lieux ;
On se rit de mes alarmes,
On me dit : « Où est ton Dieu ? »
Mon cœur songe aux temps passés :
Vers ton temple, j’avançais,
Aux accents de la trompette,
Au milieu du peuple en fête.
3 - Mais pourquoi pleurer, mon âme,
Et frémir d'un tel effroi,
Quand celui que tu réclames
Est toujours auprès de toi ?
Tourne-toi vers ton Sauveur,
Il apaisera ton cœur,
Et tes chants loueront encore,
Le Seigneur que tu implores.

4 - Quand les flots qui me recouvrent
Me déportent loin de toi,
Quand sous moi l'abime s'ouvre,
O mon Dieu, soutiens ma foi !
Car ta grâce vint souvent
Dans ma nuit mettre son chant ;
A nouveau, dans ma prière,
Dieu d'amour, mets ta lumière.

Cantique : Louange et Prière n°176 « Dans ton temple, ô mon Sauveur », Strophes 1 à 3

1 - Dans ton temple, ô mon Sauveur,
Je viens chercher la lumière.
Que ta voix touche mon cœur,
Que ta parole m’éclaire !
Que mon âme recueillie
En ce saint lieu s’humilie !

2- Ô Seigneur, accorde-moi
Ta paternelle assistance ;
Aux préceptes de ta loi,
Ouvre mon intelligence ;
Communique à ma faiblesse,
Les trésors de ta sagesse.

3 -Daigne, comblant tous mes vœux,
M’affermir dans la justice,
Et sur moi, du haut des cieux,
Jeter un regard propice ;
O mon Sauveur, ô mon Père !
Daigne exaucer ma prière.

Cantique : Louange et Prière n°193 « Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute », strophes 1 à 3

1 - Parle, parle, Seigneur,
ton serviteur écoute :
Je dis ton serviteur,
car enfin je le suis ;
Je le suis, je veux l'être,
et marcher dans ta route,
Et les jours et les nuits.

2- Donne-moi ton Esprit
que je puisse comprendre
Ce qu'ordonnent de moi
tes saintes volontés,
Et réduis mes désirs
au seul désir d'entendre
Tes hautes vérités.
3 - Parle, parle, ô mon Dieu !
ton serviteur fidèle
Pour écouter ta voix
réunit tous ses sens,
Et trouve les douceurs
de la vie éternelle
En tes divins accents.

4 - Parle, pour consoler
mon âme inquiétée ;
Parle, pour la conduire
à quelque amendement ;
Parle, afin que ta gloire,
ainsi plus exaltée,
Croisse éternellement !

Paroles des répons du temps de l'Église

Après la salutation
Répons : « Bénissons Dieu le seul Seigneur » (Ps. 134, str.1).

Bénissons Dieu le seul Seigneur,
Nous qu’il choisit pour serviteurs.
Levons nos mains dans sa maison,
Pour bénir et louer son nom.

Après la volonté de Dieu
Répons : « Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute » (L&P n°193, str.1)

Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute :
Je dis ton serviteur, car enfin je le suis.
Je le suis, je veux l’être, et marcher dans ta route,
Et les jours et les nuits.

Après la prière de repentance
Répons : « J’aime mon Dieu, car il entend ma voix ». (Ps. 116, str.1)

J’aime mon Dieu car il entend ma voix,
Quand la frayeur ou le tourment m’oppresse,
Quand j’ai prié au jour de ma détresse,
Dans sa bonté, il s’est tourné vers moi.

Après l’annonce de la grâce
Répons : « Combien grande est ta gloire » (Ps 92 selon L&P n° 38 str.2).

Combien grande est ta gloire, en tout ce que tu fais, 
Et combien tes hauts faits sont dignes de mémoire !
Tes œuvres sans pareilles ont réjoui mon cœur,
Je veux chanter, Seigneur, tes divines merveilles !

Après la confession de foi
Répons : « Grand Dieu, nous te bénissons » (L&P n°69, str.1)

Grand Dieu, nous te bénissons, nous célébrons tes louanges,
Éternel, nous t’exaltons, de concert avec les anges,
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !
Et prosternés devant toi, nous t’adorons, ô grand Roi !

Cène
« Pare-toi pour une fête» (L&P n°205, str. 1&2)

Strophe 1
Pare-toi pour une fête
O mon âme tiens-toi prête
Monte plus haut que la terre
Vers la céleste lumière.
Ton Seigneur t'offre une place
Au grand banquet de sa grâce ;
Ce Maître au pouvoir immense
Avec toi fait alliance.

Strophe 2
Jésus, ta voix nous convie
A ce festin de la vie ;
En ce lieu tout me retrace
Les prodiges de ta grâce ;
Fais qu'aujourd'hui je contemple
Tes charités sans exemple,
Avant de me nourrir d'elles
A tes tables éternelles !

Après la bénédiction

Répons : « Bénis ô Dieu nos routes » (L&P n°309, str.5)

Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi,
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi.

Lecture de la Bible

Évangile de Luc, chapitre 8, versets 4 à 15

[Bible Louis Segond]

Une grande foule s'étant assemblée, et des gens étant venus de diverses villes auprès de lui, il dit cette parabole :
Un semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin : elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent.
Une autre partie tomba sur le roc : quand elle fut levée, elle sécha, parce qu'elle n'avait point d'humidité.
Une autre partie tomba au milieu des épines : les épines crûrent avec elle, et l'étouffèrent.
Une autre partie tomba dans la bonne terre : quand elle fut levée, elle donna du fruit au centuple. Après avoir ainsi parlé, Jésus dit à haute voix : Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !
Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole.
10 Il répondit : Il vous a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu; mais pour les autres, cela leur est dit en paraboles, afin qu'en voyant ils ne voient point, et qu'en entendant ils ne comprennent point.
11 Voici ce que signifie cette parabole : La semence, c'est la parole de Dieu.
12 Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent; puis le diable vient, et enlève de leur cœur la parole, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés.
13 Ceux qui sont sur le roc, ce sont ceux qui, lorsqu'ils entendent la parole, la reçoivent avec joie ; mais ils n'ont point de racine, ils croient pour un temps, et ils succombent au moment de la tentation.
14 Ce qui est tombé parmi les épines, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, s'en vont, et la laissent étouffer par les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne portent point de fruit qui vienne à maturité.
15 Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance.

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