L'Ascension ou comment se détacher d'un maître

2 rois 2:1-18

Culte du 26 mai 2022
Prédication de Béatrice Cléro-Mazire

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

Jeudi de l'Ascension
26 mai 2022

92ème jour de la guerre en Ukraine
« L'Ascension ou comment se détacher d'un maître »

Culte présidé par la Pasteure Béatrice Cléro-Mazire
A l'orgue : Aurélien Peter, organiste suppléant

Accès direct aux textes des chants, cliquer ici
Accès direct à la lecture biblique, cliquer ici
Accès direct au texte de la prédication, cliquer ici
Affichage de la prédication pour impression, cliquer ici

Orgue
 
Annonce de la grâce 
La grâce et la paix vous sont donnés de la part de Dieu, notre Père,
en Jésus le Christ, notre sauveur et notre frère.

Accueil
Bienvenue à vous tous ici en ce jour d'Ascension. Un jour de fête, un jour où nous pouvons nous recueillir autour d'une tradition des ascensions. Les ascensions étant des textes apocalyptiques, nous avons toute une tradition autour de ces textes dans le christianisme. Et dans les autres religions aussi, ces ascensions existent. Et nous allons aujourd'hui nous pencher sur cette question particulière de l'ascension.
Bienvenue à vous tous qui nous rejoignez par le biais des réseaux sociaux. Nous sommes ensemble dans la communion fraternelle, ce matin ici à l'Oratoire du Louvre avec vous qui êtes peut-être au loin, peut-être empêchés de venir ce matin ou qui regarderez peut-être ce culte en différé.
Je vous invite à prier pour entrer dans ce temps de culte.

Prière
Éternel, bénis-nous au moment où nous nous retrouvons ensemble pour écouter ta parole. Éclaire notre esprit et permet que nous puissions entendre et comprendre pour nous-mêmes ce que tes témoins nous transmettent de siècle en siècle. Que ta parole nous nourrisse ce matin. Que nous puissions entendre cette élévation dans notre vie.
Rassemble-nous dans la fraternité.
A
men

Chant spontané : Ô Seigneur ta fidélité [cliquer ici]

Louange :

Louez l'Éternel !
Heureux l'homme qui craint l'Éternel,
Qui trouve un grand plaisir à ses commandements.
Sa descendance sera vaillante dans le pays,
La génération des hommes droits sera bénie.
Il a dans sa main des biens et des richesses,
Et sa justice subsiste à jamais.
La lumière se lève dans les ténèbres pour les hommes droits,
Pour celui qui fait grâce, qui est compatissant et juste.
Il est bon qu'un homme fasse grâce et qu'il prête,
Qu'il règle ses affaires d'après le droit !
Car il ne chancellera jamais ;
Le souvenir du juste dure toujours.
Il ne craint pas de mauvaise nouvelle ;
Son cœur est ferme, confiant en l'Éternel.
Son cœur est inébranlable ; il n'a pas de crainte,
A la fin, sa vue s'arrêtera sur ses adversaires.
Il fait des largesses, il donne aux pauvres ;
Sa justice subsiste à jamais ;
Sa puissance s'élève avec gloire.
Le méchant le voit et s'irrite,
Il grince des dents et se consume,
Le désir des méchants périra.
[Psaume 112]
 
Psaume chanté : Le Psautier Français N°138,  « Que tout mon cœur soit dans mon chant », strophes 1 à 3 [cliquer ici]
 
Volonté de Dieu
Vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair ; mais rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres. Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. [Galates 5:13-14]
 
Chant spontané : Seigneur en ta victoire [cliquer ici]
 
Prière de repentance :

Terre à terre, regardant le bout de nos chaussures, nous peinons à regarder le monde que tu promets.
Pourtant tes témoins racontent à toutes les pages de la Bible que tu es le Dieu qui libère, qui redresse les vies courbées par la peine, l’humiliation ou l’indignité.

Terre à terre, englués dans la glaise d’Adam, nous attendons d’être façonnés par l’artiste de la vie, celui qui nous donnera une âme, celui qui nous animera.
Pourtant tes témoins racontent comment ton souffle les a fait renaître à une vie selon la foi, l’espérance et l’amour.

Terre à ciel, fais-nous lever les yeux vers ton règne où chacun est digne d’être aimé, parce que tu nous aimes déjà.

Terre à ciel, aide-nous à relever la tête pour témoigner de ta résurrection toujours possible dans nos vies.
[Béatrice Cléro-Mazire]
 
Chant spontané : Mon rédempteur est vivant, str.1 [cliquer ici]
 
Pardon : 
Mais le Seigneur nous redit sa grâce et dit à chacun de nous : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse ».

Chant spontané : Mon rédempteur est vivant, str.2 [cliquer ici]


Confession de foi :

Je crois en un Dieu unique, un Dieu d´Amour, libre et tout-puissant, 
Créateur des choses visibles et invisibles. 
Il parle à tous les cœurs et nous aime sans conditions.

Je crois en Jésus-Christ, notre Seigneur, Dieu et homme, 
venu pour annoncer la grâce que Dieu donne gratuitement à tous. 
Toujours vivant, Il nous appelle à construire, aux cotés de Dieu, 
un monde de justice, d´amour et de paix.

Je crois au Saint-Esprit, puissance créatrice, présence et sagesse de Dieu, 
qui atteste que nous sommes enfants de Dieu.

Je crois que la véritable nature de l´homme, image de Dieu, est de faire le bien.
Je crois que par l´Amour, la vie touche à la Vie éternelle 
et qu’en Dieu, nous demeurons dans la dignité et la liberté.
Amen.

Chant spontané : Mon rédempteur est vivant, str.3 [cliquer ici]
 
Doxologie : « Gloire à Dieu dans les cieux et sur la Terre et d’éternité en éternité »

Lectures bibliques : 2 Rois 2:1-14 [cliquer ici]

Quand le SEIGNEUR fit monter Élie au ciel dans une tempête, Élie partait du Guilgal avec Élisée. Élie dit à Élisée : Reste ici, je te prie : le SEIGNEUR m'envoie jusqu'à Beth-El. Élisée répondit : Par la vie du SEIGNEUR et par ta propre vie, je ne te quitterai pas ! Ils descendirent à Beth-El. Les prophètes qui étaient à Beth-El sortirent vers Élisée et lui dirent : Sais-tu qu'aujourd'hui le SEIGNEUR te prend ton maître ? Il répondit : Je le sais, moi aussi ; taisez-vous. 
Élie lui dit : Élisée, reste ici, je te prie : le SEIGNEUR m'envoie à Jéricho. Il répondit : Par la vie du SEIGNEUR et par ta propre vie, je ne te quitterai pas ! Ils arrivèrent à Jéricho. Les prophètes qui étaient à Jéricho vinrent dire à Élisée : Sais-tu qu'aujourd'hui le SEIGNEUR te prend ton maître ? Il répondit : Je le sais, moi aussi ; taisez-vous. Élie lui dit : Reste ici, je te prie : le SEIGNEUR m'envoie au Jourdain. Il répondit : Par la vie du SEIGNEUR et par ta propre vie, je ne te quitterai pas ! Ils continuèrent à marcher tous les deux. Cinquante hommes d'entre les prophètes arrivèrent et s'arrêtèrent en face, à quelque distance ; eux deux s'arrêtèrent au bord du Jourdain. 
Alors Élie prit son manteau, le roula et en frappa les eaux, qui se divisèrent de part et d'autre ; et ils passèrent tous les deux à sec. Pendant qu'ils passaient, Élie dit à Élisée : Demande ce que tu veux que je fasse pour toi, avant que je ne sois pris d'auprès de toi. Élisée répondit : Qu'il y ait sur moi, je te prie, une double part de ton souffle ! Élie dit : Tu demandes une chose difficile. Mais si tu me vois pendant que je serai pris d'auprès de toi, cela t'arrivera ainsi ; sinon, cela n'arrivera pas. Comme ils continuaient à marcher en parlant, un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l'un de l'autre. Alors Élie monta au ciel dans une tempête. Élisée regardait et criait : Père ! Père ! Chars et attelages d'Israël ! Puis il ne le vit plus. Saisissant alors ses vêtements, il les déchira en deux morceaux et ramassa le manteau qu'Élie avait laissé tomber. Puis il revint et s'arrêta sur la rive du Jourdain ; il prit le manteau qu'Élie avait laissé tomber, il en frappa les eaux et dit : Où est le SEIGNEUR (YHWH), le Dieu d'Élie ? Lui aussi, il frappa les eaux, qui se divisèrent de part et d'autre. Élisée passa.


Psaume : Psautier français N°81 « Que nos chants joyeux, nos cris d'allégresse », Strophes 1 à 4 [cliquer ici]


Prière
 
Jeu d’orgue

Prédication : L'Ascension ou comment se détacher d'un maître


            Nous parlons de l’Ascension comme s’il n’y en avait qu’une mais les ascensions sont nombreuses dans les cultures apocalyptiques du temps de Jésus. L’ascension d’Abraham raconte l’enlèvement au ciel du Père des croyants et la révélation qu’il reçoit de l’avenir des peuples et de la destinée d’un de ses descendants. Le Livre d’Hénoch parle aussi d’une telle connaissance du jugement dernier ; le prophète Mohamed lui-même est enlevé au ciel lors du voyage nocturne entre Jérusalem et la Mecque et il rencontre alors Dieu qui lui donne ses prescriptions en matière de piété. 
            Quelle que soit l’époque, le motif de l’ascension semble être un passage incontournable dans la validation des prophètes. L’ascension de Jésus s’inscrit donc dans une longue tradition dont l’exemple le plus emblématique est sans nul doute : Élie.
            Dans le cas d’Élie, il ne s’agit pas tant d’une initiation du prophète lui-même que de celle de son disciple Élisée. C’est ce motif qui sera repris par les Évangiles qui semblent tous poser la question : « comment fait-on après la disparition du maître ? »
            Posant un problème de fidélité, problème de légitimité, la mort du maître fait craindre presqu’à coup sûr une guerre de succession. Qui reprendra le flambeau et de quelle manière fera-t-il sien l’enseignement du maître ?
            Dans le second livre des Rois, la scène est touchante : Élie, comme pour préserver son disciple, cherche à échapper à sa vue quand celui-ci fait tout pour rester coûte que coûte avec lui et le voir jusqu’à son dernier instant de vie terrestre. Les prophètes qui, en grand nombre, sont autour de lui, sont déjà persuadés qu’Élie disparaîtra bientôt et semblent vouloir rendre Élisée lucide sur la suite des événements, comme s’il devait déjà faire le deuil de son maître. Élisée leur répond : « je le sais moi aussi, taisez-vous. »
            Étonnante chorégraphie entre ces deux-là qui jouent chacun leur partie dans ce duo du maître et de l’élève. Élie semble tout faire pour qu’Élisée se détache de lui et le laisse partir, tandis qu’Élisée semble tout faire pour se rapprocher encore de celui dont il est infiniment redevable. Étrange pas de deux qui se conclut sur une traversée à pied sec du Jourdain. Acte mémoriel du passage de la Mer Rouge, ultime leçon, peut-être la plus importante, donnée au jeune disciple qui devra apprendre à exercer la liberté donnée par Dieu, quelle que soit la situation, même la plus difficile.
               Élie, lui-même, n’a-t-il pas vécu en fuyard, menacé de mort, à cause de cette liberté ancrée en lui ? N’a-t-il pas voulu mourir de s’être aventuré à vouloir servir son Dieu contre tous les fidèles du Dieu de Jézabel ?
            C’est là le chemin que trace Élie devant les pas de son disciple. Un chemin exigeant, périlleux, qui voue quiconque l’emprunte à une impossible tranquillité de l’âme. Est-ce vraiment ce chemin qu’Élisée veut emprunter ?  Peut-on jamais suivre un maître ? Avons-nous des maîtres ? Et si oui, un bon maître n’est-il pas un maître disparu ?
            Car enfin la question de la fidélité au maître semble se poser justement au moment où il va nous être enlevé. Élisée appelle Élie : Mon Père ! Mon Père ! Au moment même où il lui est enlevé. Ne dit-on pas qu’il faut « tuer le Père » pour pouvoir s’en libérer ? Et si l’absence d’Élie permettait enfin à Élisée de prendre toute son ampleur de prophète ? Et si, chez nos maîtres, c’était leur absence qui créait en nous le meilleur des fruits de ce qu’ils ont planté ?
            Les récits bibliques nous montrent combien est encombrant un patriarche ou un prophète tant qu’il est présent : on se souvient du peuple qui maugrée après Moïse, ou de Jean le Baptiste qui provoque la confusion entre Jésus et lui pour savoir qui est véritablement le Christ. Les récits bibliques montrent que leurs rédacteurs ont de la peine à rendre compte de la postérité de ces figures essentielles dans l’édification des communautés qui les suivent. Moïse meurt avant l’entrée en Terre Promise, et son ensevelissement connaît deux versions différentes et contradictoires. Jean le Baptiste meurt, mais un dialogue pour mettre les choses au point est nécessaire dans sa prison avec des disciples venus le questionner sur son identité véritable. Quant à Élie, il ne meurt pas, mais il est enlevé au ciel par un char de feu et masqué par la nuée, signe de la gloire de Dieu.
            Alors que dire de la mort de Jésus, lui le crucifié, dont le tombeau se révèle être vide ?
            Accepter la mort du maître c’est l’enterrer, lui et commencer à trier ses idées. C’est acter qu’un temps nouveau commence, et ce n’est pas facile. Alors, quoi de plus parlant pour dire cette difficulté qu’un récit d’ascension ?
            Car enfin pourquoi choisir précisément ce mouvement de la terre vers le ciel si ce n’est pour dire ce qui est essentiel dans la relation du maître à son élève ?  « Élève », quel mot intéressant pour ce qui nous occupe aujourd’hui.
            L’éducateur, qui semble soumettre à ses règles celui dont l’éducation lui est confiée, est en fait le même qui élèvera celui qui semble vivre sous son influence. Ainsi, quand Élie fait traverser Élisée à pied sec en guise de chemin initiatique de libération, peut-être est-il en train de le préparer à ce qui sera l’aboutissement de tout son enseignement : le rendre capable de regarder vers le ciel pour pouvoir faire, lui aussi, ce que le maître fait devant lui.
            Élie suivait son maître sur la terre comme on suit un homme de chair et de sang ; désormais, c’est son caractère spirituel qu’il devra suivre, libéré de la chair, du temps et de l’espace, Élie rejoint le monde des idées, des modèles, des archétypes. Il est devenu plus grand que lui-même parce qu’il porte en lui tous les possibles qui s’offrent à la pensée d’Élisée.
            L’ascension d’Élie permet l’élévation d’Élisée. Il est maintenant capable de traverser la figure d’Élie le grand prophète pour comprendre le rôle fondamental du prophète que lui-même sera. Il devient lui-même en regardant son maître disparaître au profit de ce qu’il lui a appris : traverser.
            Le manteau n’est pas un détail dans cette affaire, il est le vêtement qui revêtait le maître et le voilait jusqu’alors. Il devient l’outil qui permet d’être prophète, le signe d’une puissance qui est passée du maître à l’élève. Signifiant efficace qui accomplit ce qui a été transmis.  Le manteau dans la culture où ce déploie le récit est une pièce essentielle de l’humanité d’un être. Selon la loi, on ne peut le retenir en gage à l’homme endetté au-delà du coucher du soleil, car c’est un élément vital pour survivre. C’est aussi l’identité d’une personne, car , dans une société traditionnelle où les vêtements ne sont pas standardisés mondialement comme dans la nôtre, il annonce la richesse ou la pauvreté, le pays d’origine ou encore la fonction sociale, selon son étoffe ou la façon dont il est drapé autour du corps. Le manteau est ce qui reste à un homme quand il a tout perdu. Pour Élie, il fût son abri, et faillit être son linceul.
            Ici, il devient le bâton de Moïse, arme du pouvoir de Dieu, donnée à un humain pour qu’il fasse en son nom des prodiges.
            Élisée revêtira le manteau de son maître comme on endosse une nouvelle fonction, avec sa charge émotionnelle, traditionnelle et symbolique. Comme le pasteur qui revêt une robe pastorale et avec elle le poids de l’histoire des réformateurs et la liberté de leur enseignement.
            Mais peut-être faut-il que cette robe soit roulée, froissée et malmenée jusqu’à devenir comme le bâton de Moïse pour qu’enfin quelque prodige montre la gloire de Dieu ? De qui héritons-nous nos robes ? Et plus généralement, de qui revêtons-nous l’habit, l’enseignement, la vocation ?
            Acceptons-nous encore d’avoir des maîtres ?
            Pour ma part, je dirai que j’ai eu des maîtres mais je parlerai ici de l’un d’entre eux. Ce n’était peut-être pas l’enseignant le plus novateur, mais à certainement le plus original au sens où il partageait sa culture et ce qu’il avait lui-même pensé. Il n’était peut-être pas le plus fécond en théories personnelles, mais c’est celui qui m’a permis de mesurer l’épaisseur des connaissances qu’il me faudrait acquérir pour comprendre ne serait-ce qu’un peu de ce qu’on appelle la théologie. Son érudition exceptionnelle en philologie et en patristique se transmettait avec simplicité et passion, me donnant l’illusion que cette culture nous serait accessible, un jour, après trois ou quatre vies de lecture. Mais, plus encore, à travers cet enseignement, je comprenais que la recherche et l’étude inlassable était le prix à payer pour être élevée un tant soit peu à une pensée théologique, et à travers cette pensée au sens même de ma vie. Extraordinaire miracle que cet enseignement maîtrisé par un maître qui savait faire chaque geste de la pensée tel un artisan d’art qui avait vu passer tant de textes anciens sous ses yeux qu’il était capable de les relier entre eux par un fil de chaine, invisible au novice, mais qui constituait une étoffe culturelle d’une solidité résistante à toute objection.
            Élisée doit maintenant se débrouiller sans son maître. Il déchire ses vêtements en signe de deuil et ramasse ce qu’il lui reste de son maître, ce qu’il en a compris figuré par son manteau. Et c’est maintenant, là où disparaît le maître, que commence véritablement la formation de l’élève, là où, seul avec ce qu’il a retenu, avec les questions qu’il ne pourra plus lui poser, qu’il transformera ce qu’on lui a légué en matière vive pour agir à sa façon.  
            « C’est là ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous » dit Jésus à ses disciples au moment de son ascension dans l’Évangile de Luc (Luc 24:44). Il n’est plus ici, mais il leur parle encore. Comme dans un futur antérieur propre à élever l’esprit, l’ascension offre un avenir et une promesse énoncée par un maître qui semble dire : « quand vous m’aurez laissé partir, vous serez mes disciples ».
            Tant que le maître et l’élève restent ensemble, l’invention est impossible, car le mimétisme empêche la création. Avec un Christ vivant, pas de christianisme, même chose pour le luthéranisme ou le calvinisme, que leurs inspirateurs auraient sans doute pris pour des dévoiements de leur pensée. Les disciples ont revêtu le Christ, comme on revêt le manteau prodigieux d’Élie, en le froissant un peu pour qu’il devienne l’outil d’une révélation ; pour que le Dieu du Christ devienne Dieu pour eux, Dieu pour nous. Pour que que Moïse, Élie et Jésus, nos maîtres, nous élèvent vers celui en qui ils avaient placé leur foi.
            Les ascensions nous invitent à regarder nos maîtres s’élever, pour qu’à notre tour nous regardions plus haut, au-delà de nos maîtres, celui qu’ils ont voulu nous faire connaître.

                                                           AMEN.


Jeu d’orgue

Cantique : Louange et Prière n°190 « Roi des anges », Strophes 1 à 4 [cliquer ici]
 
Annonces
Collecte
Jeu d'orgue

Prière d’intercession 
Éternel
Nous ne remettons notre monde.
Nous prions pour lui sans cesse et nous cherchons à travers toutes les violences qui nous sont dites, rapportées, comment ta parole agit.
Donne-nous l'assurance, Seigneur, que tu es toujours auprès de nous, auprès de chacun et que tu veilles sur tous les êtres de cette terre.
Nous te prions ce matin, Seigneur, pour tous ceux qui cherchent à apprendre, qui ont tant besoin d'apprendre de nouvelles choses, de former leur esprit.
Rappelle-nous la chance extraordinaire qu'est cet apprentissage et permet que nous soyons toujours conscients de la richesse que représente une culture.
Donne-nous des maîtres, Seigneur, non pas ceux qui écrasent pour se faire briller, mais ceux qui enseignent ce qu'ils ont de plus précieux en eux, dans un partage généreux.
Et qui élèvent des vies au-delà de toute espérance, qui transforment des destins par des paroles apprises, des gestes répétés, des savoir-faire acquis.
Donne-nous des maîtres. Qu’ils soient les artisans que nous regardons faire pour pouvoir nous aussi faire mieux.
Permets que nous soyons, Seigneur, élevés dans nos vies au-dessus des apparences, au-dessus de la chair, au-dessus du temps et de l'espace, et que nous puissions grandir spirituellement avec Toi.
Mets-nous à ton écoute, à ton école, que nous soyons heureux d'avoir encore tant de choses à apprendre dans nos vies.
Nous te remettons tous les enfants de notre société et particulièrement tous les enfants par le monde, mais dans notre pays aussi, qui n'ont pas le loisir d'aller apprendre.
Aide-nous à faire de ce monde un monde meilleur qui abaisse l'orgueilleux et élève quiconque veut apprendre de l’autre.

Notre Père
Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés,
et ne nous laisse pas entrer dans la tentation,
mais délivre-nous du mal.
Car c'est à toi qu'appartiennent :
le règne la puissance et la gloire,
Aux siècles des siècles.
Amen.
 
Exhortation et bénédiction
 
Chant spontané : Ô Seigneur, tu nous as fait voir [cliquer ici]         

Jeu d’orgue

Paroles des chants du jeudi 26 mai 2022

Psaume : Psautier français N°138 « Que tout mon cœur soit dans mon chant », strophes 1 à 3.

Strophe 1
Que tout mon cœur soit dans mon chant ;
Qu’il soit brûlant de tes louanges.
Je te rends grâce en ta maison ;
Je loue ton nom devant les anges.
Tu es venu pour exalter
La renommée de ta parole.
J’adore ta fidélité
Et ta bonté qui me console.

Strophe 2
Tu me réponds dès que je crie ;
Tu élargis mon espérance.
Même les grands t’écouteront
Et béniront ta providence.


Ton saint amour, ô roi des cieux,
Veille en tous lieux sur toutes choses.
Dans ses projets tu suis des yeux
L’homme orgueilleux : tu en disposes.

Strophe 3
Ta paix, mon Dieu, dure à toujours ;
C’est ton amour qui me délivre.
Quand je suis le plus éprouvé
Ton bras levé me fait revivre.
Et quand je suis au désespoir,
C’est ton pouvoir qui me relève.
Ce qu’il t’a plu de commencer
Sans se lasser ta main l’achève.

Psaume : Psautier français N°81 « Que nos chants joyeux, nos cris d'allégresse », Strophes 1 à 4.

1 - Que nos chants joyeux,
Nos cris d'allégresse
Jaillissent vers Dieu,
Le puissant Seigneur,
Qui met sa vigueur
Dans notre faiblesse.

2 - Les cors, les hautbois,
L'éclat des trompettes,
Nos luths et nos voix
Diront quelle ardeur
Brûle notre cœur
En ce jour de fête.
3 - Dieu nous a donné
Ce jour d'espérance ;
Il l'a ordonné
Pour nos réunir,
Dans le souvenir
De sa délivrance.

4 - J'entends une voix,
Une voix nouvelle
Qui dit "Lève toi !
Redresse ton dos !
J'ôte le fardeau,
Je brise ta chaîne".

Cantique : Louange et Prière n°190 « Roi des anges », Strophes 1 à 4

[Pour écouter, cliquer ici]

Strophe 1
Roi des anges, nos louanges
Montent elles jusqu’à toi,
Et toi même, Dieu suprême,
Descends tu jusques à moi ?
O mystère, ô mystère,
Insondable sans la foi !

Strophe 2
Tendre Père! ma prière
Irait elle jusqu’à toi,
Si toi même, Dieu suprême,
Ne descendais jusqu’à moi ?
O mystère, ô mystère,
Adorable pour ma foi !
Strophe 3
De l’abîme, vers la cime,
Vers le trône de mon Roi,
Ma prière, ô mon Père,
S’élève jusques à toi. 
O Dieu tendre, daigne entendre
La requête de ma foi !

Strophe 4
C’est toi même, Dieu suprême,
Toi que je demande à toi. 
Ta présence, ton absence,
C’est vie ou c’est mort pour moi. 
Que ta grâce en moi fasse
A jamais régner mon Roi !

Paroles des répons du temps de Pâques

Après la salutation
Répons : « O Seigneur ta fidélité » (Ps. 36, str.1).

O Seigneur ta fidélité
remplit les cieux et ta bonté
Dépasse toute cime.
Ta justice est pareille aux monts
Tes jugements sont plus profonds,
Que le plus grand abîme.
De la puissance du néant
Tu veux sauver tous les vivants,
Toute chair, toute race,
Les hommes se rassembleront,
Autour de toi, ils trouveront,
Leur paix devant ta face.

Après la volonté de Dieu
Répons : « Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute » (Arc-en-Ciel n°484, str.3)

Proclame ta Parole,
Lumière pour nos vies,
Rassemble tous les membres
En un seul corps, unis,
Et fais de tous les hommes
Tes instruments de paix
Pour restaurer le monde,
Selon ta volonté ! 

Après la prière de repentance
Répons : « Mon Rédempteur est vivant » (L&P n°149 ou Arc-en-Ciel n°475, str.1)

Mon Rédempteur est vivant,
C’est en lui seul que j’espère,
La mort le tenait gisant
Dans l‘étreinte de la terre ;
Mais Dieu reste le plus fort,
Jésus a vaincu la mort.

Après l’annonce de la grâce
Répons : « Mon Rédempteur est vivant » (L&P n°149 ou Arc-en-Ciel n°475, str.2)

Je ne craindrai désormais
Aucun pouvoir de ce monde
Car tu nous donnes la paix
Où toute autre paix se fonde,
Garde-nous dans ta clarté,
Ô Jésus ressuscité.

Après la confession de foi
Répons : « Mon Rédempteur est vivant » (L&P n°149 ou Arc-en-Ciel n°475, str.3)

Dans ma vie de chaque jour,
Je partagerai ta gloire ;
Je vivrai dans ton amour,
Le bonheur de ta victoire
Et dans ton éternité,
Nous chanterons ta beauté.

Après la bénédiction
Répons : « Ô Seigneur, tu nous as fait voir » (Ps. 68, str.5).

O Seigneur, tu nous as fait voir
Et ton amour et ton pouvoir
Dans mainte délivrance.
Fais-nous voir encore aujourd’hui
L’œuvre que ton amour construit
Et quelle est ta puissance.
Toute la terre et tous les cieux
Ensemble tournés vers leur Dieu
Célèbrent sa présence :
A toi qui fais notre bonheur,
A toi, grand Dieu, soient tout honneur,
Force et magnificence.

Lecture de la Bible

2ème Livre des Rois, chapitre 2, versets 1 à 18 [Bible louis Segond]

1 Lorsque l'Éternel fit monter Élie au ciel dans un tourbillon, Élie partait de Guilgal avec Élisée.
2 Élie dit à Élisée: Reste ici, je te prie, car l'Éternel m'envoie jusqu'à Béthel. Élisée répondit: L'Éternel est vivant et ton âme est vivante! je ne te quitterai point. Et ils descendirent à Béthel.
Les fils des prophètes qui étaient à Béthel sortirent vers Élisée, et lui dirent: Sais-tu que l'Éternel enlève aujourd'hui ton maître au-dessus de ta tête? Et il répondit: Je le sais aussi; taisez-vous.
Élie lui dit: Élisée, reste ici, je te prie, car l'Éternel m'envoie à Jéricho. Il répondit: L'Éternel est vivant et ton âme est vivante! je ne te quitterai point. Et ils arrivèrent à Jéricho.
Les fils des prophètes qui étaient à Jéricho s'approchèrent d'Élisée, et lui dirent: Sais-tu que l'Éternel enlève aujourd'hui ton maître au-dessus de ta tête? Et il répondit: Je le sais aussi; taisez-vous.
Élie lui dit: Reste ici, je te prie, car l'Éternel m'envoie au Jourdain. Il répondit: L'Éternel est vivant et ton âme est vivante! je ne te quitterai point. Et ils poursuivirent tous deux leur chemin.
Cinquante hommes d'entre les fils des prophètes arrivèrent et s'arrêtèrent à distance vis-à-vis, et eux deux s'arrêtèrent au bord du Jourdain.
Alors Élie prit son manteau, le roula, et en frappa les eaux, qui se partagèrent çà et là, et ils passèrent tous deux à sec.
Lorsqu'ils eurent passé, Élie dit à Élisée: Demande ce que tu veux que je fasse pour toi, avant que je sois enlevé d'avec toi. Élisée répondit: Qu'il y ait sur moi, je te prie, une double portion de ton esprit!
10 Élie dit: Tu demandes une chose difficile. Mais si tu me vois pendant que je serai enlevé d'avec toi, cela t'arrivera ainsi; sinon, cela n'arrivera pas.
11 Comme ils continuaient à marcher en parlant, voici, un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l'un de l'autre, et Élie monta au ciel dans un tourbillon.
12 Élisée regardait et criait: Mon père! mon père! Char d'Israël et sa cavalerie! Et il ne le vit plus. Saisissant alors ses vêtements, il les déchira en deux morceaux,
13 et il releva le manteau qu'Élie avait laissé tomber. Puis il retourna, et s'arrêta au bord du Jourdain;
14 il prit le manteau qu'Élie avait laissé tomber, et il en frappa les eaux, et dit: Où est l'Éternel, le Dieu d'Élie? Lui aussi, il frappa les eaux, qui se partagèrent çà et là, et Élisée passa.
15 Les fils des prophètes qui étaient à Jéricho, vis-à-vis, l'ayant vu, dirent: L'esprit d'Élie repose sur Élisée! Et ils allèrent à sa rencontre, et se prosternèrent contre terre devant lui.
16 Ils lui dirent: Voici, il y a parmi tes serviteurs cinquante hommes vaillants; veux-tu qu'ils aillent chercher ton maître? Peut-être que l'esprit de l'Éternel l'a emporté et l'a jeté sur quelque montagne ou dans quelque vallée. Il répondit: Ne les envoyez pas.
17 Mais ils le pressèrent longtemps; et il dit: Envoyez-les. Ils envoyèrent les cinquante hommes, qui cherchèrent Élie pendant trois jours et ne le trouvèrent point.
18 Lorsqu'ils furent de retour auprès d'Élisée, qui était à Jéricho, il leur dit: Ne vous avais-je pas dit: N'allez pas?


Vidéo du culte entier

À Voir également