La politique du pire

1 Samuel 8:4-22

Culte du 24 avril 2022
Prédication de Béatrice Cléro-Mazire

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 24 avril 2022
60ème jour de la guerre en Ukraine
« Tant pis ! Il y aura un roi sur nous ! » ou la politique du pire

Culte présidé par la Pasteure Béatrice Cléro-Mazire
A l'orgue : Alexandre Korovitch, organiste suppléant

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Musique

Annonce de la grâce

Accueil 

Prière :
Accroche ta charrue à une étoile
Regarde la vie en face.
Mets-toi en route
Avec celles et ceux qui viennent de loin
À la recherche d'une étoile dans la nuit
Pour donner sens à leur vie.
La vie est plus forte que le mal.
Rien n'est jamais définitivement fichu.
Rien n'est jamais définitivement raté.
Il y a une issue, et de la lumière et de l'amour
Quelque part au-delà de toute une nuit,
Au-delà de toute mort, au-delà de toute grisaille ...
Nous ne sommes pas emprisonnés.
Une aurore est à chaque instant disponible.
Tu ne trouveras pas la source du vrai bonheur
Dans ta consommation solitaire.
Sois à l'écoute des appels chaleureux,
Déconcertants et inépuisables de la vie.
Laisse éclater les immenses espaces intérieurs qui demeurent en toi.
Tu es capable de regarder le neuf,
De t'en émerveiller et de le construire.
Accroche-toi à cette rage de vivre, d'aimer et d'espérer
Qui ne te laisse jamais en repos,
Endormi, démoralisé, aplati, recroquevillé.
Avance à découvert. Avance au large,
Debout, lucide, en éveil, aux aguets, le regard clair, les mains ouvertes.
Rebelle, dissident, insoumis, libre, rejette, dénonce,
Combat tout ce qui ne respecte pas la vie.
N'aie pas peur. L'avenir n'est pas abandonné à la fatalité.
Crois à ce que l'on fait ensemble
Pour rendre la vie plus humaine, la terre habitable.
[Anonyme]

Répons
O Seigneur ta fidélité
remplit les cieux et ta bonté
Dépasse toute cime.
Ta justice est pareille aux monts
Tes jugements sont plus profonds,
Que le plus grand abîme.
De la puissance du néant
Tu veux sauver tous les vivants,
Toute chair, toute race,
Les hommes se rassembleront,
Autour de toi, ils trouveront,
Leur paix devant ta face.
 
Louange :
Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux leur appartient !
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés !
Heureux ceux qui sont doux, car ils hériteront la terre !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés ! Heureux ceux qui font preuve de bonté, car on aura de la bonté pour eux !
Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !
Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient !
Heureux serez-vous lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi.
Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande au ciel. En effet, c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.
[Matthieu  5:1-12]

Psaume : Le Psautier français n° 138 « Que tout mon cœur soit dans mon chant  », strophes 1 à 3 [cliquer ici]

Volonté de Dieu :
On t’a fait connaître ce qui est bien, et ce que l’Éternel veut de toi c’est que tu pratiques la justice que tu aimes la bonté et que tu marches humblement avec ton Dieu.  Michée.

Répons :
Proclame ta Parole,
Lumière pour nos vies,
Rassemble tous les membres
En un seul corps, unis,
Et fais de tous les hommes
Tes instruments de paix
Pour restaurer le monde,
Selon ta volonté ! 
 
Confession du péché 
Prions ensemble :

Seigneur, pardonne-nous nos silences quand il fallait parler.
Pardonnes-nous nos vaines paroles, quand il fallait agir.
Pardonnes-nous d’avoir confondu ton Évangile avec nos sagesses.
Pardonnes-nous d’avoir restreint notre service à ceux qui nous plaisent.
Pardonnes-nous notre médiocrité, notre manque d’amour et de générosité.
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés
et apprends-nous à pardonner sans blesser ceux que nous pardonnons,
Par le Christ, notre frère.
AMEN.
 
Répons
Mon Rédempteur est vivant,
C’est en lui seul que j’espère,
La mort le tenait gisant
Dans l‘étreinte de la terre ;
Mais Dieu reste le plus fort,
Jésus a vaincu la mort.

 
Annonce du pardon
Mais le Seigneur nous redit sa grâce et dit à chacun de nous : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse ».

Répons :
Je ne craindrai désormais
Aucun pouvoir de ce monde
Car tu nous donnes la paix
Où toute autre paix se fonde,
Garde-nous dans ta clarté,
Ô Jésus ressuscité.

 
Confession de foi

Guidé par la foi, sans renoncer à la raison qu’elle éclaire et dépasse, nous confessons que Dieu est.
Il est au-delà de tout discours, de toute parole et de tonte pensée ; il est si loin, hors de tout temps, de tout lieu, de toute représentation où l’on voudrait l’enfermer.
Il est si proche également, car lui nous connaît et nous aime d’un amour inconditionnel, malgré la faiblesse de notre amour pour lui.

En Jésus-Christ, il s’est révélé à nous, par sa parole et par ses enseignements il nous enjoint à édifier un royaume hors de la haine, du fatalisme et de la peur qui gouvernent si souvent les rapports humains.
Nous n’avons pas vu les infirmes se lever, les aveugles voir et les lépreux guérir, au temps où notre frère et notre sauveur marchait dans la poussière de Judée. Mais nul besoin de voir, car notre Dieu renouvelle ses grâces, et sans cesse il nous relève de notre paralysie, il ôte de nos yeux le voile de l’inquiétude, il guérit notre âme de toutes ses afflictions.
Et chacun sait que ce qu’il fait pour soi, il le fait pour beaucoup.

Nous croyons qu’il nous appelle à la liberté, pour que nous renversions les idoles qui nous asservissent, l’orgueil, le désir des richesses, la volonté de puissance. Contre l’esclavage de l’égoïsme enraciné dans la nature humaine, il nous appelle à dépasser cette nature, à chasser nos instincts les plus primaires, pour grandir dans l’amour impossible et l’espérance insensée d’une foi fragile, toujours menacée, mais qui nous fait marcher à la recherche du Bien, et nous interdit de nous asseoir au bord du chemin pour jouir de la fausse tranquillité de la bonne conscience.

Nous croyons que, parce que notre foi est souvent faible et vacillante, notre raison limitée, nous devons être humbles et, comme nous y appelle le deuxième commandement, ne pas penser que Dieu se limite aux représentations que nous avons de lui, et qu’il se limite à quelques dogmes figés par le temps, à un amoncellement de doctrines excluantes.

Nous croyons en Dieu et nous lui rendons grâce, pour tout ce qu’il est et pour tout ce qu’il fait, sans en connaître autre chose qu’une infime partie. A lui seul sont le règne, la puissance et la grâce, aux siècles des siècles.
Amen.

Répons
Dans ma vie de chaque jour,
Je partagerai ta gloire ;
Je vivrai dans ton amour,
Le bonheur de ta victoire
Et dans ton éternité,
Nous chanterons ta beauté.

 
Doxologie : Gloire à Dieu dans les cieux et sur la terre, d’éternité en éternité !
 
Lecture biblique : 1 Samuel 8:4-22

Tous les anciens d'Israël se rassemblèrent et vinrent trouver Samuel à Rama. Ils lui dirent : Toi, tu es vieux, et tes fils ne suivent pas tes voies ; maintenant, donne-nous un roi qui soit notre juge, comme en ont toutes les nations. Samuel fut mécontent de les entendre dire : « Donne-nous un roi pour qu'il soit notre juge » ; Samuel pria le SEIGNEUR. Le SEIGNEUR dit à Samuel : Écoute le peuple en tout ce qu'il te dira ; ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'est moi qu'ils rejettent ; ils ne veulent plus que je sois roi sur eux. Ils agissent à ton égard comme ils ont toujours agi depuis que je les ai fait monter d'Égypte jusqu'à ce jour : ils m'ont abandonné pour servir d'autres dieux. Maintenant donc, écoute-les ; mais avertis-les et fais-leur connaître les droits du roi qui régnera sur eux.

Samuel dit toutes les paroles du SEIGNEUR au peuple qui lui demandait un roi. Il dit : Voici les droits du roi qui régnera sur vous : il prendra vos fils et il les affectera à ses chars et à ses attelages, ils iront devant son char comme gardes du corps ; il les nommera chefs de mille ou chefs de cinquante, il leur fera labourer ses terres, récolter sa moisson, fabriquer ses armes et l'équipement de ses chars. Il prendra vos filles comme parfumeuses, cuisinières et boulangères. Il prendra le meilleur de vos champs, de vos vignes et de vos oliviers et il le donnera aux gens de sa cour. Il prendra la dîme de vos semailles et de vos vendanges, et il la donnera à ses hauts fonctionnaires et aux gens de sa cour. Il prendra les meilleurs de vos serviteurs, de vos servantes et de vos jeunes gens, et vos ânes, et il s'en servira pour ses travaux. Il prendra la dîme de votre petit bétail. Ainsi vous deviendrez ses esclaves. Ce jour-là vous crierez contre le roi que vous vous serez choisi, mais ce jour-là le SEIGNEUR ne vous répondra pas !

Le peuple refusa d'écouter Samuel. Tant pis ! dirent-ils ; il y aura un roi sur nous, et nous aussi nous serons comme toutes les nations ; notre roi sera notre juge, il conduira nos armées et mènera nos guerres. Samuel entendit toutes les paroles du peuple et les dit en présence du SEIGNEUR. Le SEIGNEUR dit à Samuel : Écoute-les : tu leur donneras un roi. Et Samuel dit aux hommes d'Israël : Allez-vous-en, chacun dans sa ville.

Cantique : Louange et Prière n°297 « ô Dieu des grâces éternelles », Strophes 1 à 3 [cliquer ici]

Prière d'illumination

Je cherche ton visage, Seigneur, ne me le cache point
Enseigne-moi au plus profond de mon cœur, où et comment je dois te chercher , où et comment je te trouverai. Puisque tu es partout présent, d’où vient que je ne te vois pas ?
Tu habites, je le sais, une lumière inaccessible.
Mais où resplendit-elle, cette lumière, et comment parvenir jusqu’à elle ?
Qui me guidera, qui m’introduira pour que je puisse te voir ?
Regarde-moi, Seigneur et exauce-moi.
Donne-moi la lumière, montre-toi.
Aie pitié de mes efforts pour te trouver car je ne peux rien sans toi.
Tu nous invites à te regarder, aide-moi ; apprends-moi à te chercher car je ne peux le faire si tu ne me l’apprends pas, ni te trouver si tu ne te montres pas à moi.
Fais qu’en t’aimant je te trouve,
Et que je t’aime en te trouvant.
 
Musique

Prédication : « Tant pis ! Il y aura un roi sur nous ! » ou la politique du pire


          Dans le texte que nous venons de lire, toute ressemblance avec des faits ou des personnes réels serait tout à fait fortuite.
Quoique…Ce que nous avons lu ici semble d’une actualité étonnante. Alors que, depuis des mois, nous avons entendu et lu des propos xénophobes, réactionnaires et nationalistes et qu’aujourd’hui, un des partis qui défend ces idées accède une fois encore au second tour des élections qui vont décider de l’avenir de notre pays ; alors qu’aux portes de l’Europe un État, dirigé par un autocrate, a envahi un État de droit, montrant ainsi jusqu’où pouvait aller l’hubris d’un homme façonné par une histoire totalitaire ; il semble qu’une partie de nos concitoyens continuent à vouloir la politique du pire. 
            « Tant pis, nous voulons l’esclavage ! » Voici à quoi pourrait se résumer l’attitude inconséquente du peuple telle que la décrit le livre de Samuel.
           Alors, oui, ce texte a de quoi nous interpeller sur notre propre vie politique et citoyenne.
           On me rétorquera que ce n’est pas à un pasteur de poser ce problème en chaire et que le travail du pasteur est de commenter la Bible, rien que la Bible, sans se mêler de politique. C’est généralement l’argument utilisé pour museler toute parole libre et inspirée par un souci de cohérence entre la foi et la mise en pratique de la foi ; entre le commandement d’amour prononcé dans le passé et la mise en pratique concrète de ce commandement dans notre monde bien présent et bien réel.
           Si la Bible était lettre morte pour notre monde, alors comment annoncerait-elle le salut et la grâce à nos contemporains ? Si la Bible n’est pas politique, alors cela signifie que l’on peut être chrétien tout seul dans son coin et que le sort de ceux qui vivent avec nous dans le monde ne nous intéresse pas.
           Peut-on vraiment couper les témoignages de foi que sont ceux de la Bible, de la réalité politique qui les a suscités ? Peut-on être à ce point naïf que l’on ferait de ces livres des recueils de méditation passive qui ne nous engageraient à rien dans le monde pour ceux que nous osons appeler « nos frères » ou « nos amis » au sens où le Christ lui-même emploie ces mots ?
           À cela, on me rétorquera que la retenue est de mise dans notre république laïque et que les religieux de tout genre n’ont qu’à bien se tenir, c’est-à-dire rester muets dans le lieu même où leur vocation est de prêcher la parole du ciel mais non pas de parler des problèmes de la terre.

Toutefois servir la parole de Dieu, celle qui fait vivre, celle qui nous inspire la paix et la justice, est-ce compatible avec l’acceptation de l’inacceptable ? Ne sommes-nous pas au service d’une parole incarnée en un homme qui a mis en jeu sa propre vie pour sauver la nôtre de la mort de la conscience, de la mort de la vérité, de la mort de la liberté ?

           Fidèle(s) à cette parole, comment se taire ?

           Le livre de Samuel nous parle d’identité nationale, de concurrence entre Israël et les États nations comme celui des Philistins, de la peur de l’ennemi, de la peur de la guerre et de la corruption des pouvoirs. Ces pouvoirs qui devraient montrer l’exemple à tout un peuple parce qu’ils ont été élus, non pas pour être au-dessus des lois mais pour être garants des lois et pour les appliquer. Alors comment ne pas penser à nous-mêmes quand la Bible nous interpelle et nous fait entrer en dialogue avec des hommes et des femmes d’un autre temps que le nôtre mais qui, manifestement, cherchaient comme nous, les meilleures formes institutionnelles pour garantir à chacun sa place et sa liberté.
           Samuel est un prophète dont le service s’inscrit dans la continuité des juges qui marquèrent les tribus d’Israël jusque-là. Ces juges dont les plus connus sont sans doute Samson, le « monsieur muscle » de la Bible, Déborah, la femme qui lève des coalitions armées pour sauver son peuple, et Gédéon, le « travailleur indépendant du salut », « anti-héros » devenu « super héros » parce que, un jour, on a eu besoin de lui. Tous ces personnages sont présentés comme des sauveurs, des individus providentiels qui arrivent au bon moment pour ouvrir une issue dans l’impasse dans laquelle se trouve le peuple. Les juges sont présentés comme des guerriers charismatiques, choisis par Dieu pour servir sa cause, des personnages mis à part pour le service de Dieu.
           Toutes les tribus d’Israël sont présentées comme indépendantes les unes des autres, et même si les juges semblent héroïques, leurs aventures et la violence dont ils doivent faire preuve démontrent que la guerre et l’anarchie sont en fait des menaces constantes contre les tribus et entre les tribus. Pourtant, le livre des Juges insiste sur le fait que, par leur action, le pays fut tranquille pendant de nombreuses années.
           La guerre civile, suite aux exactions de la tribu de Benjamin, sera la dernière crise racontée dans le livre des Juges ; c’est donc après cela que le peuple réclame un autre régime. Un régime qui mette de l’ordre, un régime qui rassemble, même artificiellement toutes ces tribus sous le pouvoir d’un seul, afin de paraître plus gros, plus grand, plus puissant et de se créer, même artificiellement, une identité nationale.
           Un roi, un Dieu, un État, bref, la monarchie absolue. Et, dans ce nouveau système qui semble brusquement tout simplifier, chacun devra marcher au pas selon une pensée unique : celle d’un roi.
            Samuel a beau présenter le prix d’une telle simplification du problème, mais rien n’y fait. Le peuple semble dire : « Tant pis, nous retournerons chez Pharaon ». La Bible raconte un Dieu dont l’amour pour l’humanité passe par sa liberté. Non pas un Dieu qui a un projet politique pour les hommes ; la preuve étant que, dans ce texte, Dieu dit : « donne-leur ce qu’ils veulent ». Le Dieu qui inspire Samuel est un Dieu qui attend que la confiance qu’on lui accorde nous libère de toutes ces peurs qui nous font vouloir même le pire pourvu qu’on soit débarrassé du problème qui consiste à vivre ensemble. Mais c’est une illusion, ce problème rebondit toujours et ne s’arrête jamais. C’est le principe même d’une vie en société.
            La terre promise où sont arrivées les tribus d’Israël n’est pas cet espace sur une carte qui, dès l’instant où un peuple déclare : « c’est chez moi » acquiert aussitôt ses limites, son autonomie, son impénétrabilité, son étanchéité. Non. La terre promise par Dieu à son peuple, ce peuple que décrivent les textes bibliques, comme celui que forment encore aujourd’hui ceux qui mettent leur confiance en lui, est une terre traversée, travaillée, stérile ou féconde, et qu’il nous appartient de comprendre sans cesse comme la halte de notre vie entre naissance et mort.
           Alors vouloir faire de son pays un lieu borné par des frontières fermées pour empêcher quiconque d’y entrer, de s’y réfugier et d’y vivre, c’est le réduire à un corps simple au milieu d’un monde complexe. Mais cette conception de la nation fermée aux autres ne peut pas être la terre promise par le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Elle ne peut pas être la terre dans laquelle Jésus traçait du bout du doigt la grâce inconditionnelle pour une femme qu’on allait lapider ; elle ne peut pas être celle avec laquelle Adam fut formé pour recevoir le souffle de vie et de liberté, ni celle avec laquelle notre foi façonna nos vies comme des vases d’argiles, vides et ignorants de leur propre identité. Ce nationalisme des frontières fermées, de la xénophobie, du simplisme binaire qui consiste à regarder qui est français et qui ne l’est pas, qui est dedans et qui doit rester dehors, n’est pas compatible avec le nomadisme de la terre promise qui rend libres les êtres humains. La terre promise est toujours devant nous, toujours à labourer pour la rendre accueillante au plus grand nombre, toujours à soigner pour la rendre habitable pour tous. Construire la paix civile est un travail, pas un coup de force.
            Il est inacceptable que notre pays, celui des Lumières, celui de la liberté de conscience, celui de la garantie de la liberté de culte par la laïcité, ne trouve comme solution à ses problèmes d’inégalité, de violence sociale et de précarité que l’idéologie de la haine des autres. Je suis certaine que beaucoup d’hommes et de femmes de bonne volonté comprendront que, lorsqu’on essaie la politique du pire, on n’en revient jamais. Car c’est bien cette leçon-là qui nous est donnée dans ce texte du livre de Samuel. Tant que nous sommes libres de choisir, ne choisissons pas de laisser s’introduire dans nos institutions ceux qui nous retireront demain tout choix. Samuel sait que le roi demandé, Saul « le demandé », ne laissera plus jamais sa place à partir du moment où il sera devenu roi. Et même sa folie meurtrière ne l’empêchera pas de régner, bien au contraire.
            Alors, oui, aujourd’hui j’aurais pu prêcher sur la beauté des lys des champs et vous dire que demain s’inquiètera de lui-même. Mais : « à chaque jour suffit sa peine » dit l’Évangile, et cette peine-là nous revient ; nous sommes responsables de ce que nous acceptons et de ce que nous refusons.

           Souvenons-nous d’autres temps où les églises ont dû assumer de n’avoir rien dit quand la politique du pire avait séduit les fidèles. Par exemple, l’église confessante en Allemagne, qui a dû se repentir de n’avoir rien dit quand le nazisme a commencé à dire qui était digne ou non d’exister dans le nouveau système qu’il avait mis en place.
            Sans doute êtes-vous nombreux ici à connaître ce « poème » de Martin Niemoeller, pasteur luthérien, qui commença d’abord à soutenir la politique de Hitler et qui devint un de ses adversaires avant d'être emprisonné à Dachau :
 « Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »


           Par la suite, diverses versions de ce texte ont été publiées en le transformant parfois beaucoup et même un peu trop. Mais Martin Niemoeller explique, de nombreuses années plus tard, que : « le fond de l'idée était : les communistes, nous laissons toujours faire avec calme ; et les syndicats, ça aussi nous laissons faire ; et nous laissons même faire pour les sociaux-démocrates. Rien de tout cela n'est notre affaire. L'Église ne s'est pas inquiétée de politique à ce moment, et elle ne devrait d'ailleurs pas en faire. Dans l'Église confessante nous ne voulions pas représenter une résistance politique en tant que telle, mais nous voulions décider pour l'Église que tout cela n'était pas juste, et que cela ne devait pas être accepté par l’Église. »
(http://www.martin-niemoeller-stiftung.de/4/daszitat/a46)

           Malheureusement, pour l’Église confessante, il était déjà trop tard.

           Mais pour nous, ne pas user de notre liberté, ne pas assumer notre responsabilité, ne pas dire par la voie démocratique dont nous jouissons que nous sommes contre la politique du pire, pendant qu’il en est encore temps de l’éviter, c’est s’exposer à devoir demain dire à notre tour :
« Quand ils sont venus chercher les opposants politiques, je n’ai rien dit, je n’étais pas politisée. Quand ils sont venus chercher mes amis étrangers je n’ai rien pu faire, c’était trop tard, ils avaient changé les lois, et quand j’ai voulu voter contre eux, c’était trop tard, il n’y avait plus d’opposition »

           L’Église de Jésus Christ, est notre affaire, et si elle ne répond pas par sa prédication à la banalisation du mal, alors elle abandonne le Christ, comme Pierre quand le coq chanta trois fois. Il était pourtant prévenu.

           Souvenons-nous que, comme le disait le philosophe Edmund Burke, Whig pourtant peu soupçonnable d’être révolutionnaire : « Pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien ».
                                               AMEN.

Psaume : Le Psautier français n°72 « Revêts Seigneur de ta justice », strophes 1 à 3 [cliquer ici]

Annonces
Offrande

Prière d'intercession
NOTRE PÈRE
Ensemble, nous te disons avec confiance :

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel,
donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi  à ceux qui nous ont offensés.
Ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du mal,
car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,
aux siècles des siècles, amen.

Bénédiction

Répons
Seigneur, tu nous as fait voir
Et ton amour et ton pouvoir
Dans mainte délivrance.
Fais-nous voir encore aujourd’hui
L’œuvre que ton amour construit
Et quelle est ta puissance.
Toute la terre et tous les cieux
Ensemble tournés vers leur Dieu Célèbrent sa présence :
A toi qui fais notre bonheur,
A toi, grand Dieu, soient tout honneur,
Force et magnificence.

Sortie
Musique

Paroles des chants du dimanche 24 avril 2022

Psaume : Le Psautier français n° 138 « Que tout mon cœur soit dans mon chant  », strophes 1 à 3.

Strophe 1
Que tout mon cœur soit dans mon chant ;
Qu’il soit brûlant de tes louanges.
Je te rends grâce en ta maison ;
Je loue ton nom devant les anges.
Tu es venu pour exalter
La renommée de ta parole.
J’adore ta fidélité
Et ta bonté qui me console.

Strophe 2
Tu me réponds dès que je crie ;
Tu élargis mon espérance.
Même les grands t’écouteront
Et béniront ta providence.


Ton saint amour, ô roi des cieux,
Veille en tous lieux sur toutes choses.
Dans ses projets tu suis des yeux
L’homme orgueilleux : tu en disposes.

Strophe 3
Ta paix, mon Dieu, dure à toujours ;
C’est ton amour qui me délivre.
Quand je suis le plus éprouvé
Ton bras levé me fait revivre.
Et quand je suis au désespoir,
C’est ton pouvoir qui me relève.
Ce qu’il t’a plu de commencer
Sans se lasser ta main l’achève.

Cantique : Louange et Prière n°297 « ô Dieu des grâces éternelles », Strophes 1 à 3

1 - O Dieu des grâces éternelles !
Le temps est proche où ton amour
Fera toutes choses nouvelles,
Prépare-nous pour ce grand jour.
Au vrai bonheur tu nous appelles,
O Dieu des grâces éternelles !

2 - Auprès des sources de la vie,
Jésus fait paitre ses troupeaux,
Du berger la voix est suivie,
Par les brebis et les agneaux ;
Allons à lui nous qu’il convie,
Auprès des sources de la vie.
3 - Celui-là vit, ô Dieu ! qui t'aime,
Car ne pas t'aimer, c'est la mort ;
Il vit, et son heure suprême
Est sa paisible entrée au port.
Puisqu'en aimant tu vis toi-même,
Celui-là vit, ô Dieu ! qui t'aime.

4 - La foi doit se changer en vue,
Une autre aurore suit le soir :
Ainsi la grâce est attendue,
Ainsi la gloire est notre espoir.
Regardons plus haut que la nue,
Et que la foi se change en vue !

Psaume : Le Psautier français n°72 « Revêts Seigneur de ta justice », strophes 1 à 3

1 - Revêts, Seigneur, de ta justice
Le Prince de la paix
Et parmi nous qu’il établisse
Son royaume à jamais.
En lui, les plus humbles du peuple
Trouvent un défenseur,
Délivrant les fils de la veuve
Et brisant l’oppresseur.

2 - Qu’il règne sur toute la terre,
Sur tous les océans,
Tant que le soleil les éclaire
Jusqu’à la fin des temps.
Des sommets qu’il fasse descendre
La paix et la bonté,
Sur les coteaux qu’il vienne étendre
Le droit et l’équité.
3 - Comme l’ondée il renouvelle,
Il reverdit nos prés.
Il donne au droit vigueur nouvelle ;
Le monde en est paré.
Dans son royaume sans frontières
Les grands s‘inclineront ;
Et tous les peuples qu’il libère
En paix le serviront.

4 - Il est l’appui dans leur détresse
Des plus abandonnés.
Sa main guérit, son bras redresse
Le faible méprisé.
Il vient sauver dans son épreuve
L’esprit du malheureux ;
Plus que le sien, le sang du pauvre
A du prix à ses yeux.

Paroles des répons du temps de Pâques

Après la salutation
Répons : « O Seigneur ta fidélité » (Ps. 36, str.1).

O Seigneur ta fidélité
remplit les cieux et ta bonté
Dépasse toute cime.
Ta justice est pareille aux monts
Tes jugements sont plus profonds,
Que le plus grand abîme.
De la puissance du néant
Tu veux sauver tous les vivants,
Toute chair, toute race,
Les hommes se rassembleront,
Autour de toi, ils trouveront,
Leur paix devant ta face.

Après la volonté de Dieu
Répons : « Parle, parle Seigneur, ton serviteur écoute » (Arc-en-Ciel n°484, str.3)

Proclame ta Parole,
Lumière pour nos vies,
Rassemble tous les membres
En un seul corps, unis,
Et fais de tous les hommes
Tes instruments de paix
Pour restaurer le monde,
Selon ta volonté ! 

Après la prière de repentance
Répons : « Mon Rédempteur est vivant » (L&P n°149 ou Arc-en-Ciel n°475, str.1)

Mon Rédempteur est vivant,
C’est en lui seul que j’espère,
La mort le tenait gisant
Dans l‘étreinte de la terre ;
Mais Dieu reste le plus fort,
Jésus a vaincu la mort.

Après l’annonce de la grâce
Répons : « Mon Rédempteur est vivant » (L&P n°149 ou Arc-en-Ciel n°475, str.2)

Je ne craindrai désormais
Aucun pouvoir de ce monde
Car tu nous donnes la paix
Où toute autre paix se fonde,
Garde-nous dans ta clarté,
Ô Jésus ressuscité.

Après la confession de foi
Répons : « Mon Rédempteur est vivant » (L&P n°149 ou Arc-en-Ciel n°475, str.3)

Dans ma vie de chaque jour,
Je partagerai ta gloire ;
Je vivrai dans ton amour,
Le bonheur de ta victoire
Et dans ton éternité,
Nous chanterons ta beauté.

Après la bénédiction
Répons : « Ô Seigneur, tu nous as fait voir » (Ps. 68, str.5).

O Seigneur, tu nous as fait voir
Et ton amour et ton pouvoir
Dans mainte délivrance.
Fais-nous voir encore aujourd’hui
L’œuvre que ton amour construit
Et quelle est ta puissance.
Toute la terre et tous les cieux
Ensemble tournés vers leur Dieu
Célèbrent sa présence :
A toi qui fais notre bonheur,
A toi, grand Dieu, soient tout honneur,
Force et magnificence.

Lecture de la Bible

Premier livre de Samuel  chapitre 8, versets 4 à 22

[Nouvelle Bible Segond]

Les Israélites demandent un roi :

C'est pourquoi les anciens d'Israël se réunirent et se rendirent chez Samuel à Rama ;
ils lui déclarèrent : « Samuel, te voilà devenu vieux, et tes fils ne suivent pas ton exemple. Désigne donc un roi pour nous gouverner, comme le font tous les peuples. »
Samuel fut très mécontent qu'ils aient demandé un roi et il se mit à prier le Seigneur.
Le Seigneur lui répondit : « Accepte toutes les demandes du peuple. En effet, ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'est moi ! Ils ne veulent plus que je sois leur roi.
Depuis le jour où je les ai fait sortir d'Égypte jusqu'à aujourd'hui, ils n'ont pas cessé de m'abandonner pour adorer d'autres dieux ; ce qu'ils ont ainsi fait avec moi, ils le feront maintenant avec toi aussi.
Accepte donc leurs demandes ; seulement, avertis-les solennellement et indique-leur quels seront les droits du roi qui régnera sur eux. »

Ce que le Roi aura le droit de faire :

10 Samuel rapporta les paroles du Seigneur à ceux qui lui avaient demandé un roi :
11 « Sachez, leur dit-il, quels seront les droits du roi qui régnera sur vous : Il prendra parmi vos fils des soldats pour conduire ses chars de guerre, pour monter ses chevaux, ou pour courir devant son propre char ;
12 certains auront à commander un régiment ou une compagnie. Il en prendra d'autres pour labourer ses champs et rentrer ses moissons, ou pour lui fabriquer des armes et des équipements de chars.
13 Il prendra aussi vos filles comme parfumeuses, cuisinières ou boulangères.
14 Il prendra les meilleurs de vos champs, de vos vignes ou de vos plantations d'oliviers et il les donnera à ses officiers ;
15 il prélèvera, sur les produits de vos champs et de vos vignes une taxe de dix pour cent, qu'il donnera à ses fonctionnaires et à ses officiers.
16 Il prendra vos serviteurs et vos servantes, les plus forts de vos jeunes gens, et même vos ânes, pour travailler à son service.
17 Il prélèvera une bête sur dix dans vos troupeaux de moutons et de chèvres. Et vous, vous serez ses esclaves.
18 Alors vous vous plaindrez au Seigneur à cause du roi que vous vous serez choisi, mais il ne vous répondra pas. »
19 Le peuple refusa d'écouter les paroles de Samuel et déclarèrent : « Tant pis, nous voulons quand même un roi,
20 pour être comme tous les autres peuples ! Nous voulons un roi qui rende la justice parmi nous, qui marche à la tête de notre armée et qui combatte avec nous. »
21 Samuel écouta tout ce que disaient les Israélites et le rapporta au Seigneur.
22 Le Seigneur lui répondit : « Accepte leur demande : donne-leur un roi ! » Après cela, Samuel invita les Israélites à retourner chez eux.

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