Dans le combat, soutenir sans fléchir

Exode 17:8-12

Culte du 13 mars 2022
Prédication de Agnès Adeline-Schaeffer

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 13 mars 2022
« Dans le combat, soutenir sans fléchir »
18ème jour de la guerre en Ukraine

Culte présidé par la Pasteure Agnès Adeline-Schaeffer
A l'orgue : David Cassan, organiste co-titulaire
Chœur de l'Oratoire dirigé par Alexandre Korovitch, chef de Chœur

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Entrée – Orgue

Salutation
Amis, frères et sœurs,
La grâce et la paix vous sont données de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ, son fils, notre frère.
Nous avons la ferme assurance, que rien ne peut nous séparer de l’amour que Dieu nous a manifesté en Jésus-Christ. (Romains 8:38).

Accueil
Bienvenue à l’Oratoire du Louvre, pour ce culte qui rassemble aujourd’hui les enfants de l’éducation biblique, leurs parents, leurs moniteurs et monitrices.
Bienvenue à celles et ceux qui, peut-être, franchissent le seuil de ce temple pour la première fois.
Bienvenue à celles et ceux qui nous rejoignent par le biais d’internet ou des réseaux sociaux.
Que nous soyons proches ou lointains, nous sommes dans l’incertitude du lendemain, nous sommes dans l’inquiétude provoquée non seulement par l’épidémie de Covid-19 toujours active, et d’autres soucis quotidiens récurrents, mais dominée par l’actualité de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
Cependant, ce culte est ce moment privilégié où nous sommes unis par le même Esprit. C’est lui qui nous guide sur les chemins de la fraternité, malgré l’humanité déchirée, et nous procure la paix intérieure dont nous avons besoin pour rester à la fois confiants, lucides et toujours dans le discernement.
Le culte qui nous réunit est accompagné ce matin par David Cassan, à l’orgue, et par Alexandre Korovitch et le Chœur de l’Oratoire. Puissions-nous vivre ce moment, l’esprit au repos et le cœur apaisé.

Prions ensemble :
Seigneur,
Tu es le port tranquille de tous ceux que les flots de la vie agitent ;
Tu donnes l’espérance à ceux qui désespèrent,
Tu es le salut des malades, le soutien des éprouvés, le guide des aveugles ;
Tu es l’appui des épuisés.
Que j’obtienne le repos avec ceux qui mettent leur confiance en toi. Amen.
(Sévère de Thrace, vers 304)

Nous ouvrons le culte avec le premier répons, que vous trouverez dans les feuillets liturgiques, au début du Psautier Français.

Répons : Ton nom, Seigneur (Psaume 8, str. 1)
Ton nom Seigneur est un nom magnifique
Sans fin la terre en reprend le cantique
Elle répond de toute sa beauté
A la splendeur du ciel illuminé.

Louange : Louons Dieu avec le Psaume 121
Cantique des degrés.
Je lève mes yeux vers les montagnes... D'où me viendra le secours ?
Le secours me vient de l'Éternel, Qui a fait les cieux et la terre.
Il ne permettra point que ton pied chancelle ; Celui qui te garde ne sommeillera point.
Voici, il ne sommeille ni ne dort, Celui qui garde Israël.
L'Éternel est celui qui te garde, L'Éternel est ton ombre à ta main droite.
Pendant le jour le soleil ne te frappera point, Ni la lune pendant la nuit.
L'Éternel te gardera de tout mal, Il gardera ton âme ;
L'Éternel gardera ton départ et ton arrivée, Dès maintenant et à jamais.

Psaume chanté : Psautier Français n°78 B,  « L’âme de douleur atteinte », strophes 1 à 5 [cliquer ici]

Volonté de Dieu

Écoutons ce que Dieu veut pour nous et nous donne la force de faire, avec les paroles du prophète Ésaïe :

Que le méchant abandonne sa voie, et l'homme d'iniquité ses pensées ;
Qu'il retourne à l'Éternel, qui aura pitié de lui,
A notre Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner.
Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
Et vos voies ne sont pas mes voies, Dit l'Éternel.
Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre,
Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies,
Et mes pensées au-dessus de vos pensées.
Comme la pluie et la neige descendent des cieux, et n'y retournent pas
Sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes,
Sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui mange,
Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche :
Elle ne retourne point à moi sans effet,
Sans avoir exécuté ma volonté Et accompli mes desseins.
[Ésaïe 55:7-9]

Répons : Revêts, Seigneur, de ta justice (Psaume 72, str. 1)
Revêts, Seigneur, de ta justice, le prince de la paix
Et parmi nous qu’il établisse son royaume à jamais.
En lui les plus humbles de peuple
Trouvent un défenseur,
Délivrant les fils de la veuve et brisant l’oppresseur.

Confession du péché : avec le Psaume 130
(Chant des montées)
Depuis les profondeurs je t'invoque, Éternel !
Entends-moi ! Que tes oreilles soient attentives à mes supplications !
Si tu prenais garde aux fautes, Éternel, qui pourrait tenir debout ?
Mais c'est auprès de toi que se trouve le pardon, afin qu'on te craigne.
J'espère en l’Éternel, j’espère vraiment ; j'attends sa parole.
Je compte sur l’Éternel plus que les gardes sur le matin, oui, plus que les gardes sur le matin.
Israël, attends le SEIGNEUR !
Car c'est auprès du SEIGNEUR qu'est la fidélité, et la libération abonde auprès de lui.
C'est lui qui libérera Israël de toutes ses fautes.

Répons : Tel que je suis (L&P n°630)
Tel que je suis, bien vacillant,
En proie au doute à chaque instant,
Lutte au dehors, crainte au-dedans
Agneau de Dieu, je viens, je viens.

Annonce de la grâce
Pour recevoir la grâce que Dieu renouvelle chaque jour, je vous invite à vous lever :
« Quand les montagnes s’effondreraient, dit Dieu, quand les collines chancelleraient, ma bonté pour toi ne faiblira pas, et mon alliance de paix ne sera pas ébranlée, je t’aime d’un amour éternel et je te garde ma miséricorde ».

Répons : Frappez dans vos mains (Psaume 47, str. 1)
Frappez dans vos mains,
Vous, tous les humains,
A cris redoublés, peuples assemblés,
Exultez de joie car voici le roi.
Redoutable et doux, Dieu veille sur vous ;
Son bras souverain, sa puissante main,
Étend à jamais son règne de paix.

Confession de foi

Je crois en Dieu.
Je crois qu’il nous a aimé le premier ;
avant que nous existions, avant nos pères, avant les débuts obscurs dont sortit l’humanité, il nous a aimés.
Mieux qu’une mère en espérance d’enfant qui pense à l’inconnu qui sommeille en elle, je crois que Dieu nous a aimés d’avance et portés.
Car nous sommes son espérance et nous sommes sa crainte, sa joie et sa douleur.
Je crois que malgré l’immense peine qu’il subit par nous, Dieu nous a voulus et nous veut encore, toujours.
A travers les obstacles, les chemins perdus, les gouffres, les ombres de mort, je crois que Dieu nous veut, nous mène et communie avec nous.
Je crois que Dieu en Jésus-Christ nous aime victorieusement, avec une puissance devant laquelle tout cèdera. Il boira avec tous les calices, il combattra tous les combats, il descendra dans toutes les tombes, jusqu’à la fin et à la fin sera bonne.
Oui, je crois que Dieu est amour et que son Esprit nous anime et nous porte.
Amen.
[D’après une prière du pasteur Charles Wagner]

Répons : Hosanna, hosanna ! (L&P n°115)
Hosanna, hosanna
Chantons d’un cœur fidèle,
Le plus grand des amours et la joie éternelle !
Jésus le crucifié, le Roi plein de douceur,
Dans son humilité, devient notre Seigneur !

Doxologie : Gloire à Dieu, dans les cieux et sur la terre et d’éternité en éternité.

Lecture de la Bible
Livre de l’Exode, chapitre 17, verset [Nouvelle Bible Segond]

A Rephidim, Amalec vint faire la guerre à Israël.
Alors Moïse dit à Josué : Choisis-nous des hommes, sors et combats Amalec ; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main.
Josué fit ce que Moïse lui avait dit pour combattre Amalec. Moïse, Aaron et Hour montèrent au sommet de la colline.
Lorsque Moïse élevait sa main, Israël était le plus fort ; lorsqu'il reposait sa main, Amalec était le plus fort.
Comme les mains de Moïse se faisaient lourdes, ils prirent une pierre qu'ils placèrent sous lui, et il s'assit dessus. Aaron et Hour soutenaient ses mains, l'un d'un côté, l'autre de l'autre ; ainsi ses mains restèrent fermes jusqu'au coucher du soleil.

Psaume chanté : Psautier Français n°91, « Qui demeure auprès du Seigneur », strophes 1, 2 et 4 [cliquer ici]

Prière d'illumination
Éternel, Dieu de notre vie,
Comment entendre ta Parole, alors que nous sommes bousculés par l’actualité internationale, et qu’en nous, monte l’inquiétude sourde devant les images de nos écrans ?
Comment vivre ce qui, en ta Parole, résonne en harmonie avec nos cœurs ?
Comment accueillir ce qui, en elle, est en dissonance avec nos habitudes ?
Nous voulons en tous cas discerner ta présence ce matin, reconnaître nos limites et nos manquements, et, d’entrée, te dire notre confiance, car tu es celui qui nous éveille, celui qui nous relève, celui qui nous met en route, celui qui nous accompagne sur le chemin, aussi difficile soit-il.
C’est toi que nous cherchons, Éternel, Dieu de la vie, en écoutant ta Parole.
Qu’elle soit féconde et qu’elle ne retourne pas à toi sans avoir fait germer et grandir en nous le désir de vivre à ta suite. Amen.
[D’après une prière du Pasteur Gabriel Monnet].

Orgue

Prédication : Dans le combat, soutenir sans fléchir


Amis, frères et sœurs,

Est-ce bien un texte de ce style que nous avons envie d’entendre ce matin ?
Notre cœur, victime du contexte international actuel n’est-il pas assez lourd pour écouter un récit de bataille ?
Certains sont peut-être en train de se dire : Encore un texte qui nous parle de guerre, et qui laisse à penser que Dieu est le complice de cette guerre, entre Israël et Amalec,
Alors que faut-il comprendre de ces quelques versets, que pouvons-nous retenir pour la situation qui est la nôtre aujourd’hui ?

Après avoir supporté, dans le chapitre précédent (Ex 16) et au tout début du chapitre 17, la faim et la soif, c’est maintenant un danger militaire qui guette le peuple d’Israël. Depuis la sortie d’Egypte, Moïse avait dû supporter les mécontentements de son peuple, souffrant les affres de la traversée du désert, et qui commençait à déplorer sa condition d’esclave en Egypte. Au chapitre 16, le peuple se plaint de la faim et se met à regretter les « marmites de viande » qu’il avait connues en Egypte. En regard de sa situation actuelle, le séjour en Egypte lui apparaît maintenant comme un moindre mal. Au début du chapitre 17, dans les tous premiers versets, le peuple souffre de la soif, et il cherche querelle à Moïse en le poussant dans ses retranchements, en lui posant la question de savoir pourquoi il les a fait sortir d’Egypte si c’est maintenant pour mourir de soif dans le désert. Dans les deux situations, Dieu intervient auprès de Moïse pour répondre aux plaintes successives du peuple, en lui donnant d’abord à manger, la manne et les cailles, puis en donnant l’ordre à Moïse de se rendre vers un rocher avec 70 anciens d’Israël, qui seront les seuls témoins de ce miracle, à savoir le bâton dont Moïse se sert pour frapper le rocher, faisant jaillir l’eau de la pierre, permettant ainsi au peuple d’étancher sa soif avec une eau potable. C’est à la suite de ce miracle qu’Amalec vient combattre Israël, en s’opposant à son passage dans le désert.

S’ensuit un conflit, qui ressemble tellement aux différents conflits de notre monde actuel, qu’il est difficile de le commenter, et il est tout autant difficile d’en tirer une leçon immédiate pour nous aujourd’hui, car finalement, la situation n’est pas la même.

Nous pouvons remarquer que dans ce passage, il n’est pas question directement de Dieu. Dans ce passage, Moïse ne sollicite pas l’aide de Dieu, le nom de Dieu n’est même pas prononcé, l’action semble se passer sans lui. Dieu ne parle pas à Moïse, il ne lui donne aucune directive en ce qui concerne cette bataille. Voilà que les Amalécites livrent bataille à Israël. On ne sait pas grand-chose de ces Amalécites, dont l’existence historique n’est pas certaine. Dans son commentaire de ce passage de l’Exode, Thomas Römer précise qu’ils apparaissent dans la Bible comme une association de tribus sémitiques et nomades séjournant dans le désert de Judée, et certainement aussi dans la presqu’île du Sinaï. La Bible fait d’eux des ennemis héréditaires des Israélites, ce n'est donc pas étonnant que la première guerre d’Israël soit une confrontation avec les Amalécites. Continuellement, Amalec opposera ses armées aux combattants israélites, et il faudra attendre le roi David, pour qu’il soit vaincu définitivement. Dans le récit biblique, Amalec est plutôt la figure du mal récurrent qui s’oppose à Israël.

Trois personnages sont mentionnés dans ce récit : tout d’abord Aaron, le frère de Moise, le fidèle parmi les fidèles, inséparable de Moïse dans sa tache de libérateur du peuple. Il est aux côtés de son frère, devant Pharaon, et participe aux prodiges qui marquent les phénomènes plus connus sous le terme des dix plaies d’Egypte. Il est encore aux côtés de son frère, quand celui-ci reçoit les doléances du peuple affamé, pour qui la manne tombera du ciel. On le retrouve donc aux côtés de Moïse pour la première grande bataille d’Israël contre les Amalécites, à Réphidim.

Le deuxième personnage que l’on découvre, c’est celui de Hour. On sait peu de choses sur lui. Son nom peut être mis en relation avec le dieu égyptien Horus. Plus tard il apparaîtra comme le représentant de Moïse, ensemble avec Aaron, (Ex 24/4), il sera l’ancêtre judéen de Betsaléel, un artiste qui jouera un rôle important lors de la construction du sanctuaire (Ex 31/2). Aaron représente donc ici la tribu de Lévi et Hour, celle de Juda.

Le troisième personnage, mentionné d’ailleurs en premier, et pour la première fois, c’est Josué, le futur successeur de Moïse. Moïse lui confie la direction de la bataille. Et Moïse dit à Josué qu’il se tiendra sur le sommet de la colline. Moïse monte effectivement sur la colline, assisté d’Aaron et de Hour. Ainsi le peuple peut le voir, sur ce lieu élevé, les bras tendus vers le ciel, dans la position traditionnelle de la prière. Aaron et Hour vont soutenir Moïse, d’abord en le calant contre un rocher pour qu’il reste droit, puis en soutenant ses bras, pour qu’il les garde levés, afin d’assurer une issue de la bataille favorable aux Israélites. C’est un tableau impressionnant, et cette attitude adoptée par Moïse sera comprise ultérieurement comme étant un geste de prière, mais aussi symboliquement, cette attitude évoquera le Temple qui sera construit bien plus tard sur la montagne de Sion, dans lequel seront déposées les tables de la loi, et dans lequel les descendants d’Aaron se relaieront nuit et jour pour y assurer la prière.

Nous sommes invités, me semble-t-il à prendre ce texte de façon symbolique, parce qu’à travers ce récit, nous pouvons y reconnaître le récit de nos propres vies, souvent traversées par des épreuves, provoquées par des éléments hostiles qui nous tombent dessus, à l’improviste, et qui modifient le cours de nos vies, comme s’il y avait en quelque sorte un « Amalec » qui barre la route de notre vie et nous éloigne du bonheur.

Ce que je retiens de ce texte, c’est que la victoire d’Israël se joue grâce à la solidarité active d’Aaron et de Hour, soutenant Moïse, en l’aidant à garder ses bras levés. Une manière peut-être de nous dire que la victoire sur n’importe quelle forme de mal ne peut se remporter que par la solidarité des uns et des autres à éradiquer ce mal. Et cela peut prendre un temps infini. Dans ce texte, on pourrait dire que Dieu reste silencieux, pour mieux laisser la place aux hommes. Aaron et Hour savent quoi faire pour soutenir Moïse dans sa fatigue. Ils savent que s’ils aident Moïse à garder les bras levés, alors ce sera perçu comme un signe positif d’encouragement pour ceux qui combattent dans la plaine avec Josué. C’est ensemble qu’ils soutiennent les combattants, pour qu’ils ne fléchissent pas. C’est un signe de résistance qui a besoin des autres. C’est un soutien qui se passe de mots. Au fond, ici, le geste suffit pour symboliser la relation profonde qui existe entre Moïse, Aaron, Hour, et la foi qu’ils sont dans le Dieu d’Israël. Ici c’est le geste qui est prière. Et au passage je voudrais rappeler que la Bible est un livre orienté. C’est bien l’histoire humaine qui y est racontée, mais avec le présupposé de la foi, en un Dieu qui se fait connaître à un peuple par tous les moyens. Au fond, et j’emprunte ici les mots de Raphaël Picon, dans ce livre-compilation intitulé à juste titre, Un Dieu insoumis, « Dieu est un mot disponible pour désigner depuis la nuit des temps, ce qui fait marcher l’univers ou ce qui lui assure son équilibre, ce qui donne la vie, ou ce qui fonde notre vérité profonde, ce qui nous sauve de la mort, ou ce qui nous préoccupe de manière ultime. Mais négativement, Dieu est aussi ce mensonge qui aliène, cette tutelle qui empêche l’émancipation, ce fantasme de toute-puissance (…) Dieu est un concept ambigu qui englobe une multitude d’éléments. (…) mais Dieu n’est pas réductible à ce que les religions en font ». Parmi les prophètes qui jalonnent la vie du peuple d’Israël, Jésus de Nazareth, « permet par ses actes et ses paroles de penser Dieu autrement. Non plus comme un concept, un principe, ou un surhomme tout-puissant. La prédication de Jésus est celle d’un appel à la vie, contre toutes les puissances de mort. Elle est celle d’un combat, contre ce qui déshumanise le monde et l’existence ».

Hier, pendant la pandémie de Covid 19, qui n’est pas encore finie, c’est la solidarité des uns et des autres qui ont permis à de nombreuses personnes de survivre et de traverser tant bien que mal la période inédite de confinement. On sait aussi que celles et ceux qui n’ont pas pu bénéficier de cette solidarité, de ce soutien, moral ou physique, n’ont pas forcément survécu.

Aujourd’hui, le conflit qui oppose l’Ukraine à la Russie depuis 18 jours, venant ainsi bouleverser les pions de l’échiquier mondial, nous fait toucher du doigt notre impuissance à éradiquer la violence extrême, mais fait découvrir aussi en nous, comme autour de nous, que nous soyons croyants ou non croyants, des ressorts inattendus, permettant, par une inventivité et une créativité extraordinaires, des gestes de solidarité, souvent inédits, pour aider, soigner, protéger, et ainsi, de résister, pacifiquement et avec détermination, contre tout ce qui défigure l’être humain. Et ces gestes de solidarité et de résistance peuvent faire capituler les dictatures les plus absurdes. Nous sommes témoins de la fatigue des Ukrainiens. Nous pouvons les aider à garder symboliquement leurs bras levés, tout en restant solidaires de la communauté internationale qui ne veut pas de guerre. Nous pouvons aider les Ukrainiens par tous les moyens sans pour autant passer la ligne rouge et violer à notre tour le droit international voté pour tous les peuples, sinon on se discréditerait nous-mêmes. Nous sommes sur une ligne de crête. Gardons tout de même à l’esprit que ce n’est pas Dieu qui agit, mais c’est nous. Seule la foi nous fait dire que Dieu participe à notre action et nous inspire pour que nous discernions les bonnes solutions. Ce Dieu qu’incarne Jésus, nous appelle à devenir humains, à devenir à notre tour à travers nos solidarités et nos passions pour la liberté, un prochain, un témoin, pour les autres. Croyants ou non, c’est cela qui nous est demandé : être un témoin d’humanité pour notre monde. Et la veillée de prière de mercredi prochain à 20h, ici-même, rassemblera des personnes d’abord de bonne volonté et soucieuses d’aider et d’aimer leur prochain comme eux-mêmes. Cette liberté n'a pas de prix.

Amen.

Pour aller plus loin :
- Thomas Römer, l’Ancien Testament commenté, l’Exode, Bayard-Labor et Fides, 2017, p. 95 et 96.
- Raphaël Picon, Un Dieu insoumis, Labor et Fides, 2017, p.26 et 27

Chœur de l'Oratoire : Mozart. Requiem : Kyrie Eleison

Cantique : Louange et Prière n°309 « A Dieu seul j’abandonne », strophes 1 à 4 [cliquer ici]

Annonces

Offrande
Que chacun donne ce qu’il a décidé en son cœur, sans regrets, ni contrainte. L’offrande recueillie aujourd’hui est destinée à la vie de l’Église. C’est aussi de cette manière que notre église rend témoignage, en soutenant celles et ceux qui en ont besoin.

Orgue

Prière d’intercession

Éternel Dieu de vie, toi qui es Père de tous les humains, quelles que soient leur origine, leur culture, leur religion,
Toi qui es source inépuisable de bonté, d’amitié et de générosité,
Toi qui, en Jésus le Christ, relèves et guéris, restaures et ressuscites
Nous te présentons dans notre prière notre monde déchiré, où retentissent des bruits de guerre, où s’élèvent des cris de haine et des mensonges.
Nous portons dans la prière celles et ceux qui se terrent dans des abris,
Celles et ceux qui fuient, et qui perdent tout,
Celles et ceux qui pleurent et qui ont peur,
Celles et ceux qui sont blessés, celles et ceux qui sont dans le deuil.
Notre prière rassemble aujourd’hui des Ukrainiens et des Russes, sans pour autant oublier les autres pays qui souffrent de guerres ou d’attentats.
Nous te prions pour celles et ceux qui résistent aux discours trompeurs et aux déchaînements de violence, pour celles et ceux qui tiennent à la paix, à la justice, à la liberté et à la vérité. Nous te prions pour celles et ceux qui portent secours, ceux qui font œuvre de compassion.
Nous mettons notre espérance en toi, en cette inspiration que tu répands généreusement sur les humbles comme sur les gouvernants ; qu’elle passe, qu’elle s’infiltre, qu’elle oriente les décisions avec plus de sagesse, plus d’humanité.
Nous te prions en nous remettant nous-mêmes en ton amour, pour rester présents et solidaires dans ce monde, pour ne pas nous résigner, parce que nous voulons résister au pouvoir de la force, et ne pas faiblir devant ce qu’il y a à faire et devant ce qui surviendra.
Nous te prions parce que nous ne voulons pas nous laisser dominer par un esprit de peur ou d’indifférence, mais parce que nous voulons être animés de ton Esprit de fraternité et de partage.
Souffle en nous ce dont nous avons besoin de courage pour rester des amis, des frères et des sœurs, des vivants, et être ainsi, pour tous, des témoins de ton amour sans condition.
[D’après une prière de la Pasteure Dominique Hernandez].

Et nous rassemblons notre prière dans celle que Jésus a enseignée à ses disciples :
Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel,
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés,
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
Mais délivre-nous du mal,
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,
Pour les siècles des siècles, amen.

Exhortation
Amis, frères et sœurs, voici l’exhortation et la bénédiction de la part du Seigneur, pour chacun et chacune de nous, avec les mots de l’apôtre Paul dans la lettre aux Philippiens (4:6-7) :

Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces.

Bénédiction
Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées, en Jésus-Christ. Amen.

Répons : Que tout mon cœur (Psaume 138, str.1)
Que tout mon cœur soit dans mon chant….
Qu’il soit brûlant de tes louanges !
Je te rends grâces en ta maison,
Je loue ton nom devant les anges.
Tu es venu pour exalter
La renommée de ta parole.
J’adore ta fidélité,
Et ta bonté qui me console.

Sortie – Orgue

Paroles des cantiques du dimanche 13 mars 2022

Psaume : Psautier Français n°78 B,  « L’âme de douleur atteinte », strophes 1 à 5

1 - L’âme de douleur atteinte,
J’élève au Seigneur ma plainte.
Je le cherche au long des nuits
Et je tends les mains vers lui.
Sans repos mon cœur l’appelle,
Troublé que ce Dieu fidèle
Ait paru nous délaisser.
Voudrait-il nous rejeter ?

2 - Je refuse en ma souffrance
L’appui d’une autre espérance ;
Dieu seul peut me consoler,
Lui seul peut me relever.
Sans fin, revit dans mes veilles
Le souvenir des merveilles
Que Dieu fit pour ses élus.
Ce temps est-il révolu ?

3 - Dieu nous a voilé sa face :
Veut-il nous ôter sa grâce ?
A-t-il vraiment oublié
Sa parole et sa pitié ?
Dans l’abîme où tu me plonges,
Ce doute en la nuit me ronge :
C’est que ta main n’agit plus,
Que ta voix ne parle plus !
4 - Mais voici que tu m’éclaires ;
Je comprends ce grand mystère :
Tes miracles d’autrefois
Sont présents quand je te crois.
Ta main ouvre à qui t’écoute,
Comme autrefois, une route
Dans l’abîme de la mer,
Le silence du désert.

5 - La mer a connu ta gloire,
Ses flots ont vu ta victoire ;
L’abîme en fut ébranlé,
Le ciel en fut déchiré.
Dans le fracas du tonnerre
Ta voix fit trembler la terre.
Ta main guidait ton troupeau
Et préparait son repos.

Psaume : Psautier Français n°91, « Qui demeure auprès du Seigneur », strophes 1, 2 et 4


Strophe 1
Qui demeure auprès du Seigneur,
A l’ombre de sa grâce,
Qui éprouve un secret bonheur
A rechercher sa face,
Dit à son Dieu : « Sois mon rempart,
En toi j’ai confiance;
Auprès de toi j’aurai ma part,
Dieu de mon espérance. »

Strophe 2
Du filet tendu sous tes pas
Son amour te délivre;
Il te défend dans les combats
Que l’ennemi te livre.
Son bouclier te couvrira
Si le péril te presse
Et dans sa main te gardera
Au jour de la détresse.
Strophe 3
Près de toi quand la maladie,
Quand le malheur te guette,
Il veille sur toi jour et nuit
Et protège ta tête.
Il tient ta vie entre ses mains :
Que dix mille succombent
Rien ne coupera ton chemin
Et pas même la tombe.


Strophe 4
Ses anges viendront de leurs mains
Te guider sur la terre
Pour que ton pied dans le chemin
Ne se heurte à la pierre.
De la vipère et du dragon
Tu déjoueras les feintes
Et tu fouleras le lion :
Tu marcheras sans crainte.

Cantique : Louange et Prière n°309 « A Dieu seul j’abandonne », strophes 1 à 4

[Pour en savoir plus sur ce cantique, cliquer ici]

Strophe 1
A Dieu seul j'abandonne
Ma vie et ma personne,
Mes projets et mes vœux.
Sans lui rien ne prospère
Sans mon céleste Père,
Rien ne saurait me rendre heureux

Strophe 2
Oui, de sa providence,
Avec reconnaissance,
Je veux tout accepter.
Ce qu'il lui plaît de faire
M'est toujours salutaire :
Cesse, ô mon cœur, de t'agiter !
Strophe 3
J'attends tout de sa grâce,
Qui jamais ne se lasse
Et je regarde à lui ;
Quand le péril me presse,
Il connaît ma détresse,
Et son amour est mon appui

Strophe 4
Oui, mon âme est tranquille :
Je trouve un sûr asile,
O Seigneur ! dans ton sein.
Et bientôt cette vie
Pour moi sera suivie
D'un bonheur sans borne et sans fin

Paroles des répons des cultes d'éducation biblique

Après la salutation
Ton nom, Seigneur (Psaume 8, str. 1)

Ton nom, Seigneur, est un nom magnifique,
Sans fin la terre en reprend le cantique ;
Elle répond de toute sa beauté
A la splendeur du ciel illuminé.
 
Après la volonté de Dieu
Revêts, Seigneur, de ta justice (Psaume 72, str. 1)

Revêts, Seigneur, de ta justice
Le Prince de la paix
Et parmi nous qu'il établisse
Son royaume à jamais.
En lui, les plus humbles du peuple
Trouvent un défenseur,
Délivrant les fils de la veuve
Et brisant l'oppresseur.
 
Après la prière de repentance
Tel que je suis (L&P n°630)

Tel que je suis bien vacillant
En proie au doute à chaque instant,
Lutte au dehors, crainte au dedans,
Agneau de Dieu, je viens, je viens !

Après l’annonce de la grâce
Frappez dans vos mains (Psaume 47, str. 1)

Frappez dans vos mains, Vous, tous les humains !
A cris redoublés, Peuples assemblés,
Exultez de joie Car voici le roi.
Redoutable et doux, Dieu veille sur vous ;
Son bras souverain, Sa puissante main,
Étend à jamais Son règne de paix.
 
Après la confession de foi
Hosanna, hosanna ! (L&P n°115)

Hosanna, hosanna !
Chantons d'un cœur fidèle
Le plus grand des amours
Et la joie éternelle !
Jésus le crucifié,
Le roi plein de douceur,
Dans son humilité
Devient notre Seigneur.

Après la bénédiction
Que tout mon cœur (Psaume 138, str.1)

Que tout mon cœur soit dans mon chant,
Qu'il soit brûlant de tes louanges !
Je te rends grâce en ta maison,
Je loue ton nom devant les anges.
Tu es venu pour exalter
La renommée de ta parole.
J'adore ta fidélité 
Et ta bonté qui me console.

Lecture de la Bible

Livre de l'Exode, chapitre 17, versets 8 à 12

[Bible Louis Segond]

8 Amalek vint combattre Israël à Rephidim.
9 Alors Moïse dit à Josué : Choisis-nous des hommes, sors, et combats Amalek ; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main.
10 Josué fit ce que lui avait dit Moïse, pour combattre Amalek. Et Moïse, Aaron et Hur montèrent au sommet de la colline.
11 Lorsque Moïse élevait sa main, Israël était le plus fort ; et lorsqu'il baissait sa main, Amalek était le plus fort.
12 Les mains de Moïse étant fatiguées, ils prirent une pierre qu'ils placèrent sous lui, et il s'assit dessus. Aaron et Hur soutenaient ses mains, l'un d'un côté, l'autre de l'autre ; et ses mains restèrent fermes jusqu'au coucher du soleil.

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