Culte JMP 2022

Jérémie 29:1-14

Culte du 27 mars 2022
Prédication de Agnès Adeline-Schaeffer
Prédication de Béatrice Cléro-Mazire

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 27 mars 2022
Culte pour la Journée mondiale de prière
en communion avec les femmes du Royaume-Uni
32ème jour de la guerre en Ukraine

Culte présidé par les Pasteures Agnès Adeline-Schaeffer et Béatrice Cléro-Mazire 
Prédication de la Pasteure Béatrice Cléro-Mazire
Musique : Aurélien Peter, organiste suppléant

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Annonce de la grâce 

Accueil et salutation

Béatrice :
Bienvenue dans cette célébration de la Journée Mondiale de Prière des Femmes qui a été crée en 1887 par deux femmes protestantes aux États-Unis et existe depuis 1929 en France. La devise de la JMP est : « s’informer, prier, agir ». Chaque année, partout dans le monde, des femmes du monde entier prie ensemble avec les mots d’un comité d’un pays particulier, et mène des actions d’aide aux femmes du pays mis à l’honneur. L’an passé c’était le Vanuatu qui organisait et cette année nous recevons les chaleureuses salutations des femmes d’Angleterre, du pays de Galle et d’Irlande du Nord : trois nations qui, avec l’Écosse, forment le Royaume-Uni. Les femmes des comités JMP de ces pays nous ont envoyé leurs prières et leurs témoignage.

Agnès :
Malgré l’incertitude sur leur place dans le Monde depuis le « Brexit », ces femmes nous disent :
« Nous nous réjouissons car, même si les îles britanniques ont beaucoup en commun, leurs populations sont d’une grande diversité. Au fil des années, les îles britanniques ont accueilli des personnes du monde entier.
Certaines ont fait le choix d’y venir et d’autres de s’y réfugier pour fuir, entre autres, la persécution dans leur propre pays. Aujourd’hui, notre pays est une société multi-ethnique, multiculturel et Multi religieuses. L’Angleterre, le pays de Galle et l’Irlande du Nord sont trois nations fières de leur diversité et attentives à préserver leurs différences linguistiques et culturelles. »
Nous nous en réjouissons avec elles.
 
Prière de louanges`

Dieu du passé, Dieu du présent, Dieu de l’avenir, nous te remercions car tu nous aimes fidèlement et comme toi seul le peut. Tu nous as aimés avant que nous ne connaissions quoi que ce soit de toi : tu prends soin de nous à chaque moment de notre vie. Tu connais nos pensées les plus profondes, nos espoirs les plus fous et nos pires craintes. Tu connais ce que nous sommes pour le meilleur et pour le pire et malgré tout et tu nous aimes toujours. Merci car tu ne nous as jamais délaissés. Merci pour les promesses que tu as formulées pour nous, qui nous apportent l’espérance pour aujourd’hui et pour demain.
Dieu de notre passé, Dieu de notre présent, Dieu de notre avenir, reçois nos remerciements et nos louanges, nous te les offrons au nom de Jésus.
Amen.

Psaume de Louange : Psautier français n°118 « Célébrez Dieu, rendez-lui grâce  », strophes 1, 2, 3 [cliquer ici]
 
Récits d’espérance

Agnès :
Il est des moments dans nos vies où nous sommes dans des situations loin de celle que nous aurions souhaité. Parfois, comme les exilés de Babylone, nous ne voyons aucune issue et souhaitons ardemment que Dieu intervienne.
Nous ne savons pas de quelle manière Dieu intervient, c’est souvent d’une façon inattendue et surprenante.
Écoutons Lina, Nathalie et Émilie, des femmes qui vivent au Royaume Uni et qui ont vécu des situations difficiles et nous verrons comment Dieu les a bénie de façon très inattendu.

Entre chaque témoignage nous chanterons le cantique :
« Seigneur, Fais de nous des ouvriers de paix », 2 strophes par 2 strophes. 

Lectrice 1 :
Lina : je m’appelle Lina. J’ai aidé mon fils à élever mes quatre petit-fils après que leur mère l’ait quitté. Mon fils se débat avec des soucis de santé mentale et n’est pas en mesure de travailler. Il y a très peu d’argent à la maison même pour les besoins les plus élémentaires. Parfois je ne mangeais pas pour pouvoir acheter des aliments pour mon fils et les garçons. Il y a cinq ans, mes petits-fils ont participé à une activité organisée par ma paroisse locale et ils ont été chaleureusement accueillis. Depuis, ma paroisse est devenue notre famille élargie. Nous recevons régulièrement des dons de nourriture de la banque alimentaire paroissiale et des vêtements. Des vacances familiales ont même été organisées pour nous. Un des membres de la paroisse est enseignant à la retraite et le mercredi soir mes petits-enfants bénéficient d’une aide aux devoirs. Grâce à l’amour de cette paroisse, nous avons trouvé un espace où nous nous sentons en sécurité : les gens nous apportent leur amour et nous ne les décevrons pas. Je remercie Dieu pour la manière dont sa Bénédiction pour nous a été mise en œuvre, nous donnant un avenir et une espérance grâce à ma paroisse locale.

Cantique : « Seigneur, Fais de nous des ouvriers de paix », strophes 1 et 2 [cliquer ici]

Lectrice 2 :
Nathalie : quand je suis avec lui ce n’est pas forcément de la peur que je ressens. C’est plutôt un malaise comme si je marchais sur des œufs, sans savoir vraiment quelle sera sa prochaine action, ni ce qu’il va exiger que je fasse. Son indifférence envers moi me fait mal. Sa méchanceté me fait me recroqueviller de l’intérieur. Je suis constamment sur le qui-vive à cause de ses menaces. Il utilise Dieu comme une arme pour me contrôler. Je ne suis que l’enveloppe de ce que j’étais avant. Alors que j’étais enceinte, il m’a fait mal au point que mon bébé est né avant terme. Durant les journées passées à l’hôpital sans savoir si mon enfant allait survivre ou non, j’ai ressenti que Dieu me parlait : « arrête de prier pour que ton enfant vive. Prix plutôt pour que ma volonté soit faite ». J’ai dit « oui » à Dieu qui m’offrait seulement sa présence, sans promesse que tout irait bien. Et malgré tout… Mon bébé a maintenant 13 ans, il est heureux et en bonne santé. La vie a été remplie de plus de joie et de beauté que je n’aurais cru possible et je suis libérée de l’homme qui me maltraitait si terriblement. Je n’ai plus peur. Dieu a été là pour moi.

Cantique : « Seigneur, Fais de nous des ouvriers de paix », strophes 3 et 4 [cliquer ici]

Lectrice 3 :
Émilie : je vais des projets pour ma vie. J’avais prévu d’aller à l’université de devenir enseignante. Mais ça 16 ans le diagnostic est tombé : tumeur au cerveau. De nombreuses aux opérations en suivi. L’une m’a sauvé la vie et je suis devenu sourde. J’étais terrifiée dans mon monde de silence. Tous mes rêves d’une carrière dans l’enseignement se sont évanouis. En regardant les lèvres des gens, je me débattais pour comprendre ce qu’il me disait. Je me débattais aussi pour comprendre le langage des signes. Je me sentais prise en étau entre le monde des sons et le monde du silence. Ma place n’était ni dans l’un ni dans l’autre.
Je me suis retrouvée très isolée et je me suis repliée sur moi-même. Je voulais mettre fin à mes jours mais Dieu avait sans doute d’autres projets. Quand j’ai commencé à accepter que mes rêves ne se concrétiseraient pas, j’ai demandé à Dieu d’utiliser ma vie pour sa gloire. Il a alors petit à petit dévoilé ses projets. J’ai compris que je devais lui faire confiance. Même si parfois j’ai encore du mal à comprendre ce que me disent les gens, je me débrouille mieux maintenant pour lire sur les lèvres et pour communiquer par le langage des signes. Je sais que quelques soient les difficultés que je traverse Dieu murmure sa paix et son amour dans mon cœur. Et je n’ai pas besoin d’être entendante pour reconnaître son murmure.
 
Cantique : « Seigneur, Fais de nous des ouvriers de paix », strophes 5 et 6 [cliquer ici]

Lecture Biblique : Jérémie chapitre 29, versets 1 à 14 [cliquer ici]

Voici les termes de la lettre que le prophète Jérémie envoya de Jérusalem à tous les anciens parmi les exilés, aux prêtres, aux prophètes et au peuple tout entier que Nabuchodonosor avait déporté de Jérusalem à Babylone, après que le roi Yekonia, la reine mère, le personnel de la cour, les hauts fonctionnaires de Judas et de Jérusalem, les techniciens et les officiers du génie eurent quitté Jérusalem.

Ainsi parle le Seigneur de l’univers, le Dieu d’Israël, à tous les exilés que j’ai fait déporter de Jérusalem à Babylone. Construisez des maisons et habitez-les, planter des jardins et mangez-en les fruits, prenez femmes, ayez des garçons et des filles, occupez-vous de marier vos fils et donner vos filles en mariage pour qu’elles aient des garçons et des filles : là-bas soyez prolifiques, ne déclinez pas ! Soyez soucieux de la prospérité de la ville où je vous ai déportés et intercédez pour elle auprès du Seigneur : sa prospérité est la condition de la vôtre. Oui, ainsi parle le Seigneur de l’univers, le Dieu d’Israël. Ne vous laissez pas abuser par les prophètes qui sont parmi vous ni par vos devins et ne faites pas attention aux songes que vous vous avez ; c’est faux, ce qu’ils vous prophétisent en mon nom, je ne les ai pas envoyés – Oracle du Seigneur — .

Ainsi parle le Seigneur : quand 70 ans seront écoulés pour Babylone, je m’occuperai de vous et j’accomplirai pour vous mes promesses concernant votre retour en ce lieu. Moi je sais les projets que j’ai formés à votre sujet – Oracle du Seigneur– projets de prospérité et non de malheur : je vais vous donner un avenir et une espérance. Vous m’invoquerez, vous ferez des pèlerinages, vous m’adresserez vos prières, et moi, je vous exaucerai. Vous me rechercherez et vous me trouverez : vous me chercherez du fond de vous-mêmes et je me laisserai trouver par vous – Oracle du Seigneur– je vous restaurerai, je vous ressemblerai de toutes les nations et de tous les lieux où je vous ai dispersés – Oracle du Seigneur -  et je vous ramènerai à l’endroit d’où je vous ai déportés.

Orgue : sur la mélodie du Psaume 137

Prédication : Un avenir à espérer

Les femmes du Royaume-Uni qui nous ont envoyé leurs prières et leurs témoignages pour cette édition 2022 de la Journée Mondiale de Prière des Femmes ont choisi le thème de l’exil. Au moment où elles écrivaient leurs prières et où elles choisissaient le texte biblique de leur célébration, elles ne se doutaient sans doute pas  que l’Europe se trouverait dans une situation telle que plus de 2 millions de personnes seraient déplacées de guerre en provenance d’Ukraine.
         Ce thème de l’exil recouvre des réalités très différentes, selon la situation de ceux qui se disent exilés. En effet, si l’exil est toujours la situation d’une personne forcée de vivre hors du lieu où elle vivait, chaque exilé n’est pas contraint par les mêmes forces et la situation d’un exilé dans le lieu où il arrive change beaucoup en fonction de la raison qui l’a poussé à l’exil. L’opposant politique, la victime de guerre, le déporté ou la victime économique ne partent pas avec la même histoire en exil et la suite de leur vie sera donc plus ou moins difficile à construire selon la situation qui les a poussés loin de chez eux.
         Jérémie nous parle des exilés qui ont été déportés à Babylone. Cette déportation, qui concerne une élite juive – on le voit dans le texte – n’a rien à voir avec les déportations qui toucheront le peuple juif dans la suite de son histoire. Ici, il s’agit d’exiler les élites d’un pays pour qu’elles ne puissent  pas organiser la résistance à l’ennemi, et qu’elles puissent, en revanche, apporter ses savoirs et ses savoir-faire dans le pays de l’ennemi. Ici, on emmène les ingénieurs avec les dirigeants politiques pour que Babylone puisse gagner du pouvoir sur ceux qui restent sur le territoire d’Israël et puisse bénéficier de l’expertise des ingénieurs pour ses propres chantiers.
         Si l’exil signifie être forcé de vivre hors d’un lieu, comme sa patrie, il est des exils dans lesquels on reste pourtant sur place. C’est le cas de ce que les femmes du Royaume Uni ont vécu avec le « Brexit ». Elles n’ont pas été forcées à quitter l’Angleterre, mais elles ont dû quitter une communauté qui comptait pour certaines d’entre elles : l’Union Européenne.
         Sans bouger géographiquement, la situation de celles et de ceux qui n’ont pas voté pour la sortie de l’Union Européenne a profondément changé ; il s’agit d’un départ forcé : d’un exil. Les femmes ont écrit dans le dossier qu’elles nous ont envoyé : « Depuis que le Royaume Uni a voté la sortie de l’Union Européenne en 2020, il règne une incertitude quant à sa place dans le monde d’aujourd’hui. »
         Jérémie est un de ces exilés restés sur place, un exilé de l’intérieur. Il n’a pas été emmené avec l’élite du pays et il reste sous le joug de Babylone à Jérusalem. Il n’est donc pas déplacé, déporté ou exilé au sens propre et pourtant, il n’habite plus tout à fait son pays et sa terre depuis que Babylone a mis la main sur sa patrie.
         Suite à la guerre en Ukraine, l’arrivée des personnes venant d’Ukraine a révélé une incroyable générosité de la part des personnes vivant en France et qui veulent les aider ; mais cet élan a vite été nuancé par des facteurs humains avec lesquels il faut composer.
         D’abord, ceux qu’on appelle les « réfugiés ukrainiens » ne veulent pas qu’on les appelle « réfugiés », mais plutôt des déplacés de guerre. D’autre part, tous ceux qui sont déplacés de guerre en provenance d’Ukraine ne sont pas des Ukrainiens. Et certains étaient immigrés en Ukraine, de nationalité pakistanaise, marocaine, libanaise ou autre et ont reconstruit une vie là-bas, en se mariant, en ayant des enfants ou en allant à l’université comme étudiants. Aujourd’hui sont-ils des exilés ukrainiens ? Des immigrés ? Des déplacés de guerre ? Sans doute sont-ils tout cela à la fois mais pas de la même façon selon qu’on se place du point de vue de la loi européenne ou du point de vue de leur attachement affectif. Ainsi, il a fallu que les associations qui aident au refuge des personnes venant d’Ukraine insistent pour les faire bénéficier d’un statut identique à celui dont bénéficiaient les personnes ayant la nationalité ukrainienne, et ce n’est pas encore gagné.
         Plus difficile et plus sordide est l’autre révélation que nous a été livrée par cette crise. Nous avons relayé l’appel à l’hébergement citoyen. Si beaucoup l’ont entendu comme une aide humaniste, d’autres ont précisé qu’ils ne voulaient que des réfugiés Ukrainiens correspondants à leur idée de l’Ukraine, c’est-à-dire des Ukrainiens blancs. D’autres aussi ont vu là une occasion de rencontrer de jolies jeunes Ukrainiennes blondes aux yeux bleus. De là à imaginer le pire pour les accueillies, il n’y a qu’un pas. La vigilance est donc de mise et au milieu du bon grain de l’altruisme, se glisse toujours quelque ivraie qu’il convient de repérer pour ne pas devoir déplorer d’avoir été complice de quelque misère supplémentaire infligée à des personnes qui sont déjà assez traumatisées en arrivant en France pour qu’on ne leur inflige pas le racisme ou l'esclavage.
         En filigrane derrière la question de l’exil et du statut des personnes se pose donc toujours celle de la légitimité à espérer un avenir. Que peut-on espérer quand on a perdu tous ses repères ? Comment ne pas laisser l’exil briser ce qu’on a construit ? Comment vivre un nouvel attachement à un lieu, à une société, à une culture, quand on a tout perdu ? Le penchant le plus évident n’est-il pas de vouloir emporter son pays, sa culture, son histoire avec soi et ainsi de se refaire une bulle identitaire là où l’on a été forcé de s’installer ? Parler sa langue entre ressortissants d’un même pays, prier selon le rite de son église d’origine, manger les plats de sa culture culinaire, tout cela montre que le corps et l’esprit sont pétris du pays où l’on a grandi. Comment rester fidèle à son passé et continuer à vivre et à avancer quand on est exilé ?
        
         La position du prophète Jérémie sur l’exil est originale dans le paysage biblique parce qu’elle est favorable à la culture de l’ennemi. Il n’écrit pas à l’élite qui est exilée à Babylone : « rejetez la culture de ceux qui vous ont exilés, restez entre vous, ne donnez rien à ceux qui vivent avec vous et qui sont du camp de l’envahisseur ». Non, Jérémie au contraire écrit : « Construisez des maisons et habitez-les, plantez des jardins et mangez-en les fruits, prenez femmes, ayez des garçons et des filles, occupez-vous de marier vos fils et de donner vos filles en mariage pour qu’elles aient des garçons et des filles : là-bas soyez prolifiques, ne déclinez pas ! Soyez soucieux de la prospérité de la ville où je vous ai déportés et intercédez pour elle auprès du Seigneur ». Il s’érige contre les faux prophètes qui annoncent la fin de l’exil dans les deux ans qui viennent. Il condamne ceux qui donnent de faux espoirs et installent les exilés dans une sorte de zone de transit, où rien ne peut se construire puisqu’on y vit avec l’idée qu’on en partira très vite. Être ici sans y être : voilà l’erreur selon Jérémie. Cette vie vécue à moitié n’est pas digne des enfants de Dieu, selon lui. Il ne faut se faire aucune illusion : le temps de l’exil sera long et si l’on ne vit pas, dès maintenant, en fabriquant l’avenir, en mettant au monde des descendants, en préparant les générations futures, alors le temps passera et les enfants d’Israël disparaitront.
         Le message de Jérémie à ceux qui sont en exil est clair : « Soyez soucieux de la prospérité de la ville où je vous ai déportés et intercédez pour elle auprès du Seigneur : sa prospérité est la condition de la vôtre ». Ce calcul, tout à fait utilitariste, met, au passage, l’exil dans les mains du Seigneur. D’après Jérémie, Dieu est le Dieu de l’univers ; il a donc aussi fait l’exil. Il y a donc quelque chose à apprendre de cette situation, quelque chose à faire pour l’avenir avec le Dieu de la vie. Au cœur même de l’expérience du déracinement, la théologie de Jérémie défend l’existence d’un plan de Dieu pour chacun, d’un avenir.
         La résilience de Jérémie a de quoi troubler ceux qui vivent l’exil comme une calamité. Mais c’est un Dieu de la vie que prône Jérémie, un Dieu qui ne veut pas d’un peuple sclérosé qui ne prospère plus. Son peuple est son honneur et il faut qu’il vive ! Cette résilience nous dit quelque chose d’essentiel sur nos propres exils : nous devons nous engager sur des terres que nous n’avons pas toujours choisies. 
         Rien n’oblige à penser que Dieu exile les hommes, mais cette foi en un Dieu qui ne laisse aucun de nous sans possibilité d’un avenir vivable, doit animer celui qui accueille comme celui qui est exilé. La durée de l’exil est toujours a priori inconnue, pour celui qui est exilé, comme pour celui qui accueille l’exilé. Mais penser que l’exil sera long, permet de penser, même si c’est d’abord désespérant pour ceux qui veulent rentrer chez eux, qu’une vie est possible, là où ils ont été forcés d’arriver. Construire son avenir détourne du désespoir : Jérémie encourage ceux qui sont loin de chez eux à inventer la vie plutôt qu’à la subir. Quels que soient notre situation, nos exils intérieurs ou nos désirs d’accueil, souvenons-nous que le temps de Dieu ouvre à l’espérance d’un avenir.
        
                                                                  Amen.

Orgue
 
Psaume : Psautier Français n°62B « En toi, mon Dieu, toi seulement », strophes 1 à 3 [cliquer ici]

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Collecte

Cène

Préface
Louons Dieu:
Seigneur notre Dieu et notre Père, quel bonheur de t'adorer partout et à tout moment. Quelle joie de te dire merci pour Jésus-Christ ton Fils Sa venue dans le monde a fait lever l'aube de ton règne d'amour. Humain parmi les humains, vivant jusqu'au bout ton pardon et ta paix, il nous a fait découvrir notre véritable humanité. Condamné au supplice de la croix, il s'est dépouillé de tout pouvoir et de tout prestige, pour nous rendre libres de te servir. Ressuscité, il est le messager d'un monde nouveau, d'où toute oppression, toute larme et tout mal disparaîtront. C'est pourquoi, avec celles et ceux qui ont vécu et proclamé cette espérance pendant tant de siècles, avec ton peuple assemblé ici et partout, nous célébrons ton nom et nous te chantons.

Chant Spontané : « Pare-toi pour une fête» (L&P n°205, str. 1) [cliquer ici]
 
Institution
Le soir venu, Jésus se mit à table avec les douze. Pendant le repas, il prit du pain et, après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna en disant : “Prenez, mangez, ceci est mon corps.” Ayant aussi pris la coupe et rendu grâces, il la leur donna en disant : “Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’alliance qui est répandu pour la multitude, pour le pardon des péchés. Je vous le dis, désormais, je ne boirai plus de ce fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous, dans le Royaume de mon Père.”

Intercession
À l’époque de Jérémie, la population s’est trouvée en un lieu où il ne souhaitait pas vivre : loin de sa patrie et exclue de sa culture, de ses célébrations religieuses, de son domicile. Nombreuses sont les personnes qui se sont installées dans les îles britanniques après avoir fui leur patrie et leur culture. Dans le pays de la prospérité, il existe néanmoins des pauvres. Et au cœur des villes surpeuplées, nombreuses sont les personnes qui souffrent de solitude.

Nous pouvons nous joindre à la voix de celles et ceux qui prient, et notamment en Angleterre au pays de Galles et en Irlande du Nord.
Avec celles et ceux qui ont faim et ne disposent pas de quoi vivre dignement nous prions, afin que chacune et chacun rencontre la générosité dans sa communauté.

Avec celles et ceux qui sont maltraités d’une façon ou d’une autre, dont les domiciles, les lieux d’études ou le travail ne sont pas des endroits sûrs mais des endroits qui leur font peur ; nous prions pour que chacun soit libéré de cette peur et de ces agressions.

Avec celles et ceux qui sont déplacés, qui vivent en exil et dans la crainte de perdre tout ce qui leur est familier, afin qu’ils soient accueillis et connaissent la paix et l’amour de Dieu dans leur vie nous te prions.

Notre Père
Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous laisse pas dans la tentation mais délivre-nous du mal, car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen.

Chant Spontané : « Pare-toi pour une fête» (L&P n°205, str. 2) [cliquer ici]

Fraction
Le pain que nous partageons est signe de la présence de Jésus, le Crucifié.
Le vin que nous partageons est le mémorial du sang du Christ, le Ressuscité.

Communion

Envoi et Bénédiction

Cantique : Alléluia n°49-19 « A l'horizon, le jour s'éloigne », strophes 1 à 5 [cliquer ici]

Paroles des chants du dimanche 27 mars 2022

Psaume : Psautier Français n°118 « Célébrez Dieu, rendez-lui grâce  », strophes 1 à 3.

1 - Célébrez Dieu, rendez lui grâce,
Car éternel est son amour.
Inclinez-vous devant sa face,
Car éternel est son amour.
Avec ardeur que tous s'accordent
Pour discerner de jour en jour
Les dons de sa miséricorde,
Car éternel est son amour.

2 - Je l'ai prié dans ma détresse
Et le Seigneur m'a exaucé,
Mettant sa force en ma faiblesse,
Sa paix dans mon cœur angoissé.
À mes côtés le Seigneur veille,
Comment de l'homme aurai-je peur ?
Jamais le Seigneur ne sommeille,
J'avancerai d'un pas vainqueur.
3 - Mieux vaut avoir son espérance
En l'Éternel qu'en l'homme vain.
Mieux vaut fonder sa confiance
En Dieu qu'en un pouvoir humain.
Comme un  furieux essaim d'abeilles,
Mes ennemis m'ont entouré ;
Ils bourdonnaient à mes oreilles,
Mais le feu les a consumés.

 4 - J'entends un chant de délivrance,
Un cri joyeux s'est élevé.
Dieu manifeste sa puissance,
Son bras vainqueur l'a emporté.
S'il nous éprouve, il nous fait vivre,
Venez tous et le célébrez !
C'est de la mort qu'il me délivre,
Je ne crains pas car je vivrai !

Cantique : Alléluia n°36-29 « Seigneur, fais de nous des ouvriers de paix », strophes 1 à 6

Strophe 1
Là où demeure la haine,
Que nous apportions l´amour.
Là où se trouve l´offense,
Que nous mettions le pardon.
Refrain
Seigneur, fais de nous des ouvriers de paix ;
Seigneur, fais de nous des bâtisseurs d´amour. 

Strophe 2
Là où grandit la discorde,
Que nous fassions l´unité.
Là où séjourne l´erreur,
Que nous mettions la vérité.
Refrain

Strophe 3
Là où persistent les ténèbres,
Que nous mettions la lumière.
Là où règne la tristesse,
Que nous fassions chanter la joie.
Refrain

Strophe 4
Là où s´attarde le doute,
Que nous apportions la foi.
Sur les chemins du désespoir,
Que nous portions l´espérance.
Refrain

Strophe 5
Donne-nous de consoler,
Plutôt que d'être consolés.
Donne-nous de comprendre,
Plus souvent que d'être compris.
Refrain

Strophe 6
Car il faut savoir donner,
Pour pouvoir être comblés.
Car il faut s'oublier,
Pour pouvoir se retrouver.
Refrain

Psaume : Psautier Français n°62B « En toi, mon Dieu, toi seulement », strophes 1 à 3

Strophe 1
En toi, mon Dieu, toi seulement,
J’ai retrouvé l’apaisement
Car tu es seul ma délivrance
Et je m’appuie à ce rocher.
Je ne crains pas de trébucher,
Je fonde en lui mon assurance.

Strophe 2
Vont-ils longtemps sur moi peser
Ceux qui voudraient me renverser
Comme on renverse une clôture ?
Vous vous plaisez tous à mentir,
Et quand vous feignez de bénir,
C’est à nouveau une imposture.
Strophe 3
En toi, mon Dieu, est mon recours,
Tu es ma gloire et mon secours,
Tu affermis mon espérance.
Venez servir votre Seigneur,
Et devant lui ouvrez vos cœurs
Car il est seul notre défense.

Strophe 4
Faible ou puissant, l’homme n’est rien.
Il pèse moins avec ses biens
Qu’un souffle au creux d’une balance.
Tous ses calculs, tout son argent
Sont dispersés au moindre vent ;
Tout son avoir n’est qu’indigence.

Cantique : Alléluia n°49-19 « A l'horizon, le jour s'éloigne », strophes 1 à 5

Strophe 1
À l’horizon le jour s’éloigne,
L’obscurité descend sur nous.
Comme au matin, nos mains se joignent,
Et nous te louons à genoux. 

Strophe 2
Seigneur, tandis que notre terre,
Poursuit sa course dans les cieux,
Toujours l’église, à ta lumière,
Est vigilante en quelques lieux.

Strophe 3
Puisqu’à chaque heure avec l’aurore,
Le soleil luit sur un sommet,
La voix qui prie et qui t’adore,
Seigneur, ne se taira jamais.

Strophe 4
Quand je repose, d’autres veillent,
A l’occident sous ta clarté,
Et chantant bien haut tes merveilles,
Ne cessent pas de t’exalter.

Strophe 5
Jamais le soleil ne se couche,
Sur ton royaume, ô Dieu puissant,
Il faut qu’un jour, toutes les bouches
Chantent ta gloire, en saints accents.

Paroles des répons du temps de la Passion

Après la salutation
Répons : « Seigneur que tous s'unissent » (Alléluia n°31/20 ou Arc en Ciel n°303, str.1).

Seigneur que tous s'unissent
Pour chanter ton amour.
Ton soleil de justice
Se lève sur nos jours.
Le fils de Dieu est homme,
Avec nous désormais.
C'est sa vie qu'il nous donne
Et nous marchons en paix.

Après la volonté de Dieu
Répons : « Dieu d'amour tu fais connaître » (Psaume 25, str.4)

Dieu d’amour, tu fais connaître
Au plus humble tes secrets ;
Et pour lui tu es un maître
Qui te plais à l’enseigner ;
Ta parole est son appui,
Le bonheur son héritage ;
Et ses enfants comme lui
Auront la terre en partage.

Après la prière de repentance
Répons : « Seigneur, reçois ; Seigneur, pardonne ». (Alléluia n°43/04 ou Arc-en- Ciel n°407, strophe 1)

Seigneur, reçois ; Seigneur, pardonne
Notre misère et nos péchés
Et ce pardon que tu nous donnes,
Enseigne-nous à le donner.
O mon Seigneur, mon Dieu, mon roi,
Aie pitié, aie pitié de moi.

Après l’annonce de la grâce
Répons « Louez Dieu pour sa grâce » (Psaume 107, str.8)

Louez Dieu pour sa grâce, Célébrez son amour
Qui jamais ne se lasse, Qui demeure à toujours.
Que tous les rachetés, Les hommes qu'il fait vivre,
S'unissent pour chanter L'amour qui les délivre.

Après la confession de foi
Répons : « Célébrez Dieu, rendez-lui grâce » (Psaume 118, str.1)

Célébrez Dieu, rendez-lui grâce,
Car éternel est son amour.
Inclinez-vous devant sa face,
Car éternel est son amour.
Avec ardeur que tous s’accordent
Pour discerner de jour en jour
Les dons de sa miséricorde,
Car éternel est son amour.

Cène
« Pare-toi pour une fête» (L&P n°205, str. 1&2)

Strophe 1
Pare-toi pour une fête
O mon âme tiens-toi prête
Monte plus haut que la terre
Vers la céleste lumière.
Ton Seigneur t'offre une place
Au grand banquet de sa grâce ;
Ce Maître au pouvoir immense
Avec toi fait alliance.

Strophe 2
Jésus, ta voix nous convie
A ce festin de la vie ;
En ce lieu tout me retrace
Les prodiges de ta grâce ;
Fais qu'aujourd'hui je contemple
Tes charités sans exemple,
Avant de me nourrir d'elles
A tes tables éternelles !

Après la bénédiction
Répons : « Confie à Dieu ta route » (L&P n°309, str.5)

Bénis ô Dieu nos routes, nous les suivrons heureux,
Car toi qui nous écoutes, tu les sais, tu les veux.
Chemins riants ou sombres, j’y marche par la foi,
Même au travers des ombres, ils conduisent à toi. 

Lecture de la Bible

Livre de Jérémie, Chapitre 29, versets 1 à 14


1Voici le contenu de la lettre que Jérémie, le prophète, envoya de Jérusalem au reste des anciens en captivité, aux sacrificateurs, aux prophètes, et à tout le peuple, que Nebucadnetsar avait emmenés captifs de Jérusalem à Babylone,
après que le roi Jeconia, la reine, les eunuques, les chefs de Juda et de Jérusalem, les charpentiers et les serruriers, furent sortis de Jérusalem.
Il la remit à Éleasa, fils de Schaphan, et à Guemaria, fils de Hilkija, envoyés à Babylone par Sédécias, roi de Juda, auprès de Nebucadnetsar, roi de Babylone. Elle était ainsi conçue:
Ainsi parle l'Éternel des armées, le Dieu d'Israël, à tous les captifs que j'ai emmenés de Jérusalem à Babylone:
Bâtissez des maisons, et habitez-les; plantez des jardins, et mangez-en les fruits.
Prenez des femmes, et engendrez des fils et des filles; prenez des femmes pour vos fils, et donnez des maris à vos filles, afin qu'elles enfantent des fils et des filles; multipliez là où vous êtes, et ne diminuez pas.
Recherchez le bien de la ville où je vous ai menés en captivité, et priez l'Éternel en sa faveur, parce que votre bonheur dépend du sien.
Car ainsi parle l'Éternel des armées, le Dieu d'Israël: Ne vous laissez pas tromper par vos prophètes qui sont au milieu de vous, et par vos devins, n'écoutez pas vos songeurs dont vous provoquez les songes!
Car c'est le mensonge qu'ils vous prophétisent en mon nom. Je ne les ai point envoyés, dit l'Éternel.
10 Mais voici ce que dit l'Éternel: Dès que soixante-dix ans seront écoulés pour Babylone, je me souviendrai de vous, et j'accomplirai à votre égard ma bonne parole, en vous ramenant dans ce lieu.
11 Car je connais les projets que j'ai formés sur vous, dit l'Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance.
12 Vous m'invoquerez, et vous partirez; vous me prierez, et je vous exaucerai.
13 Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur.
14 Je me laisserai trouver par vous, dit l'Éternel, et je ramènerai vos captifs; je vous rassemblerai de toutes les nations et de tous les lieux où je vous ai chassés, dit l'Éternel, et je vous ramènerai dans le lieu d'où je vous ai fait aller en captivité.

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