Enracinés dans l'amour

Luc 2:15-20

Culte du 26 décembre 2021
Prédication de Agnès Adeline-Schaeffer

Vidéo de la partie centrale du culte

Culte à l'Oratoire du Louvre

Dimanche 26 décembre 2021
« Enracinés dans l'amour »

Culte présidé par la Pasteure Agnès Adeline-Schaeffer
A l'orgue Aurélien Peter, organiste suppléant

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Orgue

Salutation
La grâce et la paix vous sont données, ici et maintenant, de la part de Dieu notre Père, et de Jésus-Christ, son fis, notre sauveur et notre frère.
Que vous soyez riches ou pauvres, heureux ou malheureux, que vous soyez rassasiés ou que vous ayez faim, que vous soyez joyeux ou triste, que vous soyez en famille ou seul, que vous ayez la foi, ou que vous doutiez, que chacun de vous se sente ici chez lui pour ce moment où nous voulons nous mettre en présence de Dieu, écouter sa parole et la méditer.
La grâce et la paix nous sont données de la part de Dieu notre Père en son Fils Jésus-Christ, notre frère.

Accueil de l’assemblée
Bienvenue à chacun, chacune pour ce temps de culte. Bienvenue à celles et ceux qui nous rejoignent par le site internet ou celui des réseaux sociaux. Nous sommes en communion les uns avec les autres.
Chers amis, bienvenue dans ce lieu de prière, que vous soyez des habitués du lieu, ou que vous veniez ce matin pour la première fois, vous êtes ici chez vous.
Merci à Aurélien Peter, organiste suppléant à l’Oratoire du Louvre, qui nous accompagne à l’orgue ce matin
L’année 2021 va bientôt se terminer. Pour certains, cette année fut chargée en deuils nombreux et variés. Malgré un assouplissement des règles sanitaires, malgré cette trêve de Noël, cette période chaotique n’est pas terminée. L’incertitude reste de mise. il va falloir, sans aucun doute, nous armer de patience et de bienveillance, redoubler d’imagination pour l’année nouvelle, encore inconnue. Nous sommes ensemble, malgré la distanciation physique. Ce moment de culte, comme ceux qui sont passés, et ceux qui viendront, nous permet de faire une halte, dans nos interrogations, de reprendre des forces pour continuer, de retrouver un élan vital pour construire de nouvelles fraternités et nous soutenir réciproquement dans les situations difficiles. Le culte est simplement un signe extérieur d’espérance, de foi et d’amour.

Prions
Merci Eternel Dieu de la vie de nous offrir ce temps de culte.
Nous te rendons grâce pour ta présence fidèle, ton amour sans condition, dont nous sommes chaque jour les heureux destinataires.
Accorde ton Esprit Saint à chacun, chacune, pour que nous vivons ce temps l’esprit libre et le cœur apaisé. Amen.

Répons : Réjouissons-nous au Seigneur
Réjouissons-nous au Seigneur
Egayons-nous en son honneur,
Lui seul est notre délivrance.
D’un même élan venons à lui,
Il sera toujours notre appui,
Chantons notre reconnaissance.

Louange
Nous te louons, Eternel, pour toutes les fois où une parole est venue nous rejoindre.
Nous te louons pour cette parole bienveillante d’un inconnu, qui a éclairé un temps de solitude.
Pour cette parole amicale d’un proche, qui nous a accompagné dans le chagrin.
Pour cette interpellation dérangeante qui nous a remis en route quand nous étions perdus.
Pour cette parole accueillante, bienveillante, qui a effacé nos craintes.
Pour ta parole de bénédiction posée sur nos vies, comme un encouragement fidèle.
Loué sois-tu, Eternel.

Cantique : Louange et Prière n° 91 « Quel est cet astre radieux », strophes 1, 2 et 3 [cliquer ici]

Volonté de Dieu

Ecoutons ensemble quelle est la volonté de Dieu, d’après l’Évangile de Marc chapitre 12, versets 29 à 31
Ecoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur ; 
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force.
C’est là le premier et le grand commandement.
Et voici le second qui lui est semblable :
tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Aucun autre commandement n’est plus grand que ces deux-là.

Répons : Montre-moi Seigneur, la route
Montre-moi Seigneur, la route,
Guide-moi dans la clarté
Ouvre à celui qui t’écoute
Un chemin de vérité.
Je regarde à ton amour
Au salut qu’en toi j’espère
Je le verrai chaque jour
S’étendre sur cette terre !

Confession du péché :

Prions ensemble :
Eternel, Dieu de la vie,
Nous sommes rassemblés devant toi, nous qui venons de tous les horizons, de cultures différentes et de sensibilités religieuses diverses.
Tu sais lesquels d’entre nous ont pleuré cette année, dans le secret de leur chambre, devant le chevet d’un malade, devant la porte d’une prison, devant la porte de la mort.
Tu sais lesquels d’entre nous ont pleuré parce qu’ils n’avaient pas été aimés, accueillis, écoutés, reconnus, compris, adoptés.
Tu sais aussi lesquels d’entre nous ont pleuré parce qu’ils n’avaient pas su trouver les mots, ni dire les paroles qui consolent, qui soulagent.
Tu sais lesquels d’entre nous ont été meurtris parce qu’ils n’ont pas fait attention, parce qu’ils sont arrivés trop tard, parce qu’ils ne savaient pas qu’ils étaient frères et sœurs des plus pauvres, et des plus déshérités.
Tu sais aussi lesquels d’entre nous n’ont pas pleuré. La vie les a entraînés sans répit. Ils ont peut-être oublié de vivre. Ils ont peut-être oublié d’être humains, tout simplement.
Eternel, Dieu de la vie, accorde à chacun, chacune d’entre nous, quel que soit le sentiment de notre culpabilité, la tendresse de ta présence.
Nous te le demandons, au nom de ton Amour, Jésus le Christ. Amen.
(B.Chevalley – A. Adeline)

Répons : Viens, Rédempteur des païens
Viens, Rédempteur des païens
Montre-toi, enfant divin,
Que s’étonne l’univers,
De ta venue dans la chair.

Annonce de la grâce

Pour recevoir la parole de pardon, je vous invite à vous lever :
Dieu, par son Esprit, nous donne le courage d’être nous-mêmes.
Il dépose en chacun et chacune de nous sa tendresse et son pardon.
Il a posé une main sur nous, pour nous bénir,
Son autre main nous aide à nous relever et à nous soutenir.
N’ayons pas peur, nous ne sommes pas seuls !
Nous sommes accompagnés, pardonnés, aimés.
Chantons à Dieu notre reconnaissance !

Répons : D’un arbre séculaire, du vieux tronc d’Isaïe

D’un arbre séculaire, du vieux tronc d’Isaïe,
Durant l’hiver austère, un frais rameau jaillit.
Et sur le sol durci, dans la nuit calme et claire,
Une rose a fleuri.

Confession de foi :

Pour le monde et pour nous-mêmes, 
nous avons confiance en Christ. 
Il est le seul Sauveur et Maître.
Il a été l’homme véritable, 
comme nul être humain ne peut l’être par lui-même. 
Il est mort sur une croix pour les autres et pour le monde, 
comme pour nous. 
Il est ressuscité.
Il est présent en chaque être humain, 
et pour les servir il appelle à rejoindre son Église, 
sans tenir compte de nos distinctions.
Il agit par l’humanité dans l’histoire 
pour la mener à son but, 
un univers réconcilié dans l’amour.
Ainsi, nous ne croyons à la fatalité 
ni de la guerre, ni de la haine, 
ni de la catastrophe, ni de la mort, 
parce que nous croyons que le Christ libère 
les femmes et les hommes, pour des décisions libres.
Grâce à lui, notre vie a un sens, l’univers aussi. 
Pour le monde et pour nous-mêmes, 
nous espérons en Christ.
(Michel Boutier)

Répons : Il vient sans apparence
Il vient sans apparence,
Des pauvres il est roi.
Il connaît leurs souffrances,
Les guérit par la foi.
La mort n’a plus d’effroi :
Il me rend l’espérance
En se donnant pour moi.

Doxologie : Gloire à Dieu, dans les cieux et sur la terre et d’éternité en éternité.

Lecture biblique
Luc chapitre 2 verset 15 à 20 (TOB)

15 Or, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se dirent entre eux : « Allons donc jusqu’à Bethléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. » 
16 Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire. 
17 Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. 
18 Et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. 
19 Quant à Marie, elle retenait tous ces événements en en cherchant le sens. 
20 Puis les bergers s’en retournèrent, chantant la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, en accord avec ce qui leur avait été annoncé. 

Choral : « Viens ô Sauveur des païens » (Recueil Arc-en-Ciel n°104), Strophes 1 à 4 [cliquer ici]

Prière d’illumination

Un signe qui n’en est pas un
Révélé à des très simples

Aux marges d’un peuple
A jamais pèlerin

Il fallait cette divine imagination
Pour nous ramener au plus pressant

Qui est d’être présent
à ce très humble lieu

où la vie commence
sans fin

dans le visage d’un enfant
dans cette crèche du dedans

quand l’éternité choisit pour lit
l’ordinaire de la paille quotidienne. (Francine Carrillo)

Merci pour ta Parole qui nous ouvre à la vie. Amen.

Orgue

Prédication : Enracinés dans l'amour


Amis, frères et sœurs,
Vendredi, nous étions enracinés dans l’espérance, hier samedi, enracinés dans la foi, aujourd’hui nous sommes invités à nous enraciner dans l’amour. Et cette invitation commence dès les premiers récits des Evangiles de Noël, en particulier celui de Luc, que nous venons d’entendre. Cette bonne nouvelle de Noël, ce sont les bergers qui l’ont entendu en premier. Les bergers, ce sont les personnes les plus mal considérées à cette époque, c’étaient des marginaux, des non-pratiquants, car ils n’avaient jamais le temps de faire les rites de purification pour se rendre au temple, puisqu’ils vivaient jour et nuit avec leurs bêtes. Les bergers vivaient toujours à l’écart. Pourtant ce sont eux les premiers avertis. C’est là le signe de quelque chose d’irréversible, qui traverse tout le Nouveau Testament, et toute la nouvelle alliance qui est inaugurée. C’est le début d’un long changement, ’une longue inversion des rapports de force. Les faibles deviennent forts, les forts deviennent faibles. Les derniers sont les premiers. Marie déjà, le chantait dans son cantique, le « Magnificat », (Lc 1, 46-55). On retrouvera cette inversion de l’échelle sociale, au matin de la résurrection de Jésus, dont les femmes seront les premiers témoins, (Lc 24, 1-12). Mais pour le moment, nous sommes encore à la crèche où nous retrouvons les bergers, symbole de quatre autres bonnes nouvelles qu’ils nous invitent à proclamer :

  • La première, c’est d’avoir un cœur reconnaissant pour les petites choses de rien du tout, en remerciant d’y avoir été rendus sensibles. C’est regarder le monde qui nous entoure autrement.
  • La seconde, c’est dire une parole apaisante à celles et ceux qui se demandent comment on peut être en relation avec Dieu. Avec ce récit de la naissance de Jésus, il nous est annoncé que Dieu se met à la portée de chacun, il rejoint notre proximité, on peut lui parler avec la simplicité du cœur et dans la confiance, comme à un ami.
  • La troisième, ce sera de prendre conscience que l’Evangile n’est pas élitiste. Et de le dire. L’ange s’adresse aux bergers, c'est-à-dire à des personnes au bas de l’échelon social, pour dire à tous que tous sont destinataires de l’amour de Dieu, et non quelques personnes en particulier.
  • Enfin, c’est dire à ceux qui sont inquiets de ne pas voir de grandes actions de Dieu dans le monde : Dieu commence par en bas. La naissance de Jésus dans une étable, et déposé dans une mangeoire, les bergers les premiers avertis de cette nouvelle, cela change le monde en donnant de la valeur au fragile, au provisoire, au petit, au faible. Chacun est « aimé » pour ce qu’il est.

« Aimé ». C’est un petit mot qui revêt toute son importance dans la Bible. L’amour, c’est le nom de Dieu. « Dieu est amour ». (1 Jn 4/8). Et si l’homme est créé à l’image de Dieu, alors il est créé à l’image de l’amour. Mais en même temps, ce n’est pas si simple. Car de quel amour s’agit-il ? 

Nous connaissons sûrement ce passage de la lettre de Paul aux Corinthiens, ce fameux chapitre 13 (1 Co 13, 1-13), qui s’intitule « l’hymne à l’amour ». Paul conclut ce passage par ce verset : « maintenant donc, ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance et l’amour, mais la plus grande des trois, c’est l’amour » (1 Co 13/13). Il n’est pas si facile que cela de donner une définition de l’amour. En français, l’amour recouvre plusieurs choses. On peut aimer une personne, on peut aimer Dieu, on peut aimer son animal de compagnie, faire des randonnées en montagne ou manger des pizzas, mais c’est le même verbe qui est employé. Dans la langue de l’apôtre Paul, à savoir, le grec, il y a trois mots pour désigner l’amour :

  • Philia qui veut dire : aimer quelqu’un d’amitié, d’un amour raisonnable,
  • Eros qui concerne plutôt le désir des sens, l’amour charnel, passionné, sensuel,
  • Et il y a le mot Agapè qui est celui employé par Paul dans ce texte. Il est difficile de rendre en français le sens profond de ce mot. Certaines traductions utilisent le mot « charité ». Ce terme traduit l’attachement fort que l’on peut avoir à nos frères et sœurs en Christ, le sentiment de communion qui nous unit à eux, mais aussi avec nos frères et nos sœurs en humanité. Ce terme est également utilisé pour parler de l’amour de Dieu à notre égard.

En fait, « Agapè » peut se traduire par « amour inconditionnel » désintéressé, généreux, délicat, un amour qui n’attend pas de retour, ni de reconnaissance, un amour qui ne se marchande pas, un amour qui n’exige pas de contrepartie, mais cet amour sera réponse à un autre amour, premier, celui-là.
En fait « Agapé », est la caractéristique de l’amour divin. Ce qui fera dire à l’évangéliste Jean, dans l’une de ses lettres : « Nous aimons Dieu parce qu’il nous a aimé le premier ». (1 Jn 4/19). Et par conséquent, nous aimons l’autre, aussi, en réponse à l’amour divin, premier. C’est déjà toute l’intensité des deux commandements, repartis dans le premier Testament : « Ecoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur ; Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force » que nous trouvons dans le livre du Deutéronome (Dt 6/5) et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » que nous trouvons dans le livre du Lévitique , (Lv 19/18), et que nous trouvons rassemblés en un seul bloc, dans les Evangiles, pour nous faire comprendre que l’amour que nous portons à Dieu est indissociable de l’amour de notre prochain, ou que l’amour que nous portons à notre prochain est celui que nous portons aussi à Dieu.

Lorsque les bergers viennent contempler l’enfant nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire, c’est cet amour-là qu’ils viennent contempler. C’est cet « Agapé » qu’ils viennent goûter. Un amour qui dépasse tous les idéaux que nous nous forgeons, comme celui de vivre en couple, ou celui de vivre en société, souvent déformés par la tentation de la performance, que ce soit sur le plan de la sexualité, du travail, de la santé, ou de la perfection. L’Evangile vient nous dire qu’il y a un autre amour dans lequel nous sommes invités à nous enraciner.

Cet amour, c’est un amour qui pense à se mettre à la place de l’autre, un amour qui prend le temps de souffler, de respirer, qui est présent dans les tous petits gestes de service de l’un vers l’autre, un amour qui refuse la compétition ou la rivalité, un amour qui n’en rajoute pas. Il se vit dans la plus grande discrétion. L’amour est une qualité et non une qualification…Il refuse ce qui blesse, il n’oblige pas quelqu’un à faire ce qu’il ne veut pas. L’amour prend en compte la pudeur de l’autre, c’est ainsi qu’il le respecte et qu’il se sent respecté. L’amour n’est pas centré sur lui-même mais au contraire se décentre sur l’autre pour mieux l’accueillir. L’amour vient rétablir la balance de toutes nos actions. L’amour aide à voir en profondeur, au-delà des apparences, et il aide tout simplement à comprendre ce qui apparaît comme suspicieux. Il n’interprète rien de mal, il restaure la confiance. Il laisse l’avenir ouvert. Il aide à choisir ce qui est bon, ce qui fait du bien, à vivre dans la vérité, c'est-à-dire sur le chemin de ce qui fait vivre et non mourir. C’est beaucoup plus que vivre une vie « correcte ». Vivre en vérité, c’est aider son prochain à trouver le chemin de la Vérité, que nous croyons ouvert par le Christ lui-même, si nous avons la foi. C’est la qualité de cet amour-là, qui est accordé à chacun, chacune, c’est ce seul amour qui respecte notre liberté, qui accueille tous nos choix et donc notre part d’indicible et d’insondable, c’est ce seul amour qui nous accompagne, quand bien même, nous nous tromperions de chemin. C’est ce seul amour, ce regard, cette confiance qui donnent du souffle et de l’élan et surtout qui empêchent que l’être humain soit rabaissé à une chose, à un objet, à un esclave ou à une marchandise. Jésus, dans son ministère, portera cet amour en pleine lumière, le prodiguant à celles et ceux qu’il rencontrera, et dont il restaurera l’identité humaine et spirituelle, en commençant par celles et ceux qui sont au plus bas de l’échelle sociale et religieuse : les prostituées et les mécréants, les pestiférés et les exclus. A tous ceux dont on a dit qu’ils étaient des vauriens, qu’ils ne valaient rien, et à nous-mêmes lorsque nous pensons que nous ne sommes plus rien.

Cela parle à chacun, chacune de nous, quel que soit notre culture, notre éducation, croyants, athées, quelle que ce soit notre religion ou notre philosophie : aimer les autres, cela nous parle, aimer et être aimé, cela nous parle aussi. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », dit la Bible et « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse, dit la Règle d’Or. N’est-ce pas alors aimer ce qui, dans l’autre, est différent de ce que nous sommes, et qui constitue un autre chemin, une voie encore inexplorée, une autre façon d’être soi, qu’on ignorait et que l’autre nous révèle ? Aimer les autres, c’est, pourquoi pas, choisir de leur faire confiance, avant de les juger, et même avant de les exclure.

C’est pourquoi, en guise de conclusion, je voudrais partager un texte, écrit sous forme d’une parabole, qui nous vient d’Australie, écrit par William Loader, professeur émérite de Nouveau Testament, à la Murdoch University de Perth (J’ai converti les dollars en euros et changé un nom)

« C’était une longue queue qui allait jusqu’à une tente-abri. On n’apercevait l’enfant que lorsqu’on était arrivé. Jusque-là on ne voyait que la foule qui faisait la queue et les animaux : des moutons qui attendaient tranquillement, sentant bien qu’il y n’avait pas de danger ; des chèvres qui ne pouvaient pas s’empêcher de brouter des touffes d’herbe. Des bergers étaient là aussi. La queue avançait lentement mais les gens patientaient.

La vieille Mme Martin était là comme chaque année, boitillant avec sa canne. Elle parle à qui veut l’entendre de ce qu’il lui avait dit près du puits où elle venait chercher de l’eau, qu’il l’avait traitée avec respect, comme si son origine et sa culture n’avaient pas d’importance et qu’il lui avait proposé une eau véritable pour étancher sa soif intérieure.

Zach était là aussi, avec son attaché-case. Il ne grimpe plus aux arbres mais il voit toujours le monde de haut et de loin : il voit Gaza, il voit l’Afrique : « Vous vous rendez compte qu’en Afrique, avec 10 euros, on achète autant de choses qu’avec 100 euros ici ? ». Zach a le cœur ouvert au monde entier et surtout aux pauvres depuis que le salut est entré dans sa maison.

Son ami, le jeune homme riche, ne pense pas comme lui. Il continue à désirer surtout « la vie éternelle » et demeure triste. Il est toujours aussi juste mais il ne fait guère de bien autour de lui. Il est devenu propriétaire de tous les terrains alentour et c’est lui qui loue la tente-abri où se trouve l’enfant. Il pense décider l’an prochain l’entrée gratuite. Il comble son vide intérieur par beaucoup d’argent. Il développe ses entreprises en plusieurs pays, il s’enrichit considérablement mais appauvrit tous ceux qui travaillent pour lui. Il ne comprend pas Zach qui trouve toujours de nouvelles possibilités et enrichit ses contemporains comme lui-même.

Elle est là aussi, celle qu’on voulait lapider. Et celle qui avait apporté un parfum de grand prix.  Elles se soutiennent mutuellement car elles sentent bien qu’on les regarde un peu de travers. Elles savent qu’il les aime bien mais elles sont aussi conscientes que ce n’est pas le cas de tous ses disciples. Elles s’attachent plutôt à ceux qui sont, comme elles, un peu à part, à cause de leur origine, de leur culture, de leur orientation sexuelle.

Pilate n’est pas dans la queue. Il parle à un journaliste de la télévision des dommages collatéraux, et de l’importance des mesures de sécurité. Il reconnaît que parfois des innocents peuvent être exécutés mais que c’est le prix à payer pour maintenir un système qui a apporté la paix et la stabilité au Moyen-Orient, ce qui n’est pas si facile. Un enfant n’est, après tout, qu’un enfant.

Pierre paraît très embarrassé. Il a son beau costume et sa grande crosse de berger en or et il ressemble à une peinture du Moyen-Age. Il est toujours démangé par l’envie d’aller pêcher, mais il tient à rester ici. Le chant du coq le motive et il ne peut oublier les yeux de celui qui parlait de vérité et de réconciliation. Il tient à la communion de ceux qui croient à la vie et l’espérance.

Les enfants sont là avec leurs parents. Ils courent à droite et à gauche, ils jouent et bavardent en attendant la fin de la queue. Ils ne se souviennent pas, pour la plupart, du jour où il les accueillait, les prenait dans ses bras et les bénissait en refusant de dire que les enfants n’avaient pas d’importance. Les uns ont été élevés dans le bonheur, d’autres dans la peine, certains ont vécu des abus. Tous auront leur place dans la tente.

Jean Baptiste est là aussi. Comme d’habitude il prêche : « Arrêtez de changer la bonne nouvelle en promesse de richesse pour les nantis ! Arrêtez de confondre l’ecstasy avec l’amour ! Arrêtez de dire que l’évangile donne la réussite matérielle en ce monde et le paradis dans l’au-delà ! Arrêtez de vivre aux dépens de votre prochain ! Arrêtez de dire que vous pouvez gaspiller sans inconvénient les ressources du monde ! Arrêtez vos guerres, votre avidité, votre racisme, votre habitude de vous grandir aux dépens des autres.

Une petite fille me prend par la main lorsque j’approche de la tente : « Sois tranquille, me dit-elle et ferme les yeux ». Je ferme les yeux et devant moi se dresse une grande montagne sur laquelle sont rassemblés les foules de toutes les nations, de tous les peuples. Au sommet de la montagne je vois une grande table à laquelle tout le monde a sa place. Un enfant la préside. Et c’est une main adulte qui se tend et qui nous offre du pain et du vin. Et j’entends une voix qui dit : « Voulez-vous l’amour qui change le monde ? ».

Sans dire un mot, je tends la main, je prends le pain, je reçois le vin et je comprends alors qu’une lumière brille pour moi, qu’il y a vie et espérance pour moi et pour le monde.

La petite fille me conduit plus loin et me chuchote à l’oreille : « Ouvre maintenant les yeux ». Et quand je regarde, la foule a disparu. Je suis maintenant dans un jardin. Elle me dit : « C’est ton jardin. Occupe t’en. Cultive les fleurs. Fais pousser les arbres. Installe des nichoirs pour les oiseaux. Arrange des endroits tranquilles pour se reposer. Prépare une place pour chacun. »

J’ai fait la queue et je la ferai encore, car je sais maintenant qu’il y a espérance et paix pour tout le monde. Je vais apprendre à aimer le jardin et à le cultiver pour le monde entier comme pour moi-même ».

Amis, frères et sœurs, Continuons de nous enraciner dans cet amour-là. Amen.

Pour aller plus loin :
Alphonse Maillot, l’hymne à l’amour, éloge de la vie ordinaire selon 1 Corinthiens 13, Editions du Moulin, 1990. The Christmas Queue, William Loader, Professeur émérite de Nouveau Testament à la Murdoch University de Perth, Australie, 2009.


Orgue

Cantique : Louange et Prière n° 102 « Sortez bergers de vos retraites », Strophes 1 à 3 [cliquer ici]

Annonces

Offrande

Intercession

Eternel, Dieu de la vie,
Nous te prions pour la communauté que nous formons et qui se trouve rassemblée, aujourd’hui,
Nous te confions la vie de notre église locale. Accorde-nous d’être les témoins que tu attends.
Nous te confions celles et ceux qui souffrent, de quelque nom que s’appelle leur souffrance. Nous te présentons les personnes de notre église qui sont hospitalisées ou qui subissent des traitements pénibles.
Nous te confions les solitaires, les isolés, les délaissés, les exilés et les prisonniers, les personnes dont l’équilibre est précaire.
Nous te confions les personnes et les familles en deuil auprès de nous et partout dans le monde.
Nous te confions les personnes qui ont demandé le secours de notre prière et que nous te nommons dans le profond de notre cœur.
Nous te prions pour l’Eglise universelle et les relations interconfessionnelles. Accorde ta bénédiction à toutes les formes de rencontres et de dialogues
Nous te prions, Seigneur, pour notre monde et ses blessures.
Nous te confions les peuples et les gouvernements. Accorde à chacun, chacune, le recul que demande le discernement de chaque situation.
Nous te prions enfin d’affermir notre propre foi, et d’élargir notre regard aux dimensions de ton amour que tu as pour chacun d’entre nous.

Et nous te disons avec confiance, la prière que Jésus a enseigné à ses disciples :

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel,
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés,
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
Mais délivre-nous du mal,
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,
Pour les siècles des siècles, amen.

Envoi
Rappelons-nous encore ces paroles de l’apôtre Paul !
Vous avez été appelés à la liberté.
Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre selon la chair.
Par amour, mettez-vous au service les uns des autres.
Car toute loi se résume dans ce seul commandement : tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Galates 5/13-14).

Bénédiction 
Amis, frères et sœurs,
Que Noël continue de chante en vous tous son espérance, qu’il vous enracine dans la foi et dans l’amour.
Que le Christ manifeste sa présence sur tous vos chemins.
Et qu’aux heures de tristesse, comme aux heures d’allégresse,
La confiance demeure en vous, comme la promesse que Dieu est avec vous.
Allez et que le monde voie votre espérance, votre foi et votre amour ! Amen.

Répons : Brillante étoile du matin
Brillante étoile du matin
Que fait lever l’amour divin,
Pure et sainte lumière,
Répands dans nos cœurs ta clarté,
Viens dissiper l’obscurité,
Qui règne sur la terre.
Seigneur, Sauveur, fils du Père,
Ta lumière salutaire
nous conduit et nous éclaire.

Sortie – Orgue

Paroles des cantiques du dimanche 26 décembre 2021

Cantique : Louange et Prière n° 91 « Quel est cet astre radieux », strophes 1 à 3

Strophe  1
Quel est cet astre radieux
Qui vient à nous du haut des cieux ?
Le Fils de Dieu lui-même !
Il voile sa divinité,
Il revêt notre humanité
Dans sa faiblesse extrême.
Seigneur,  Sauveur,
Magnifique,  Pacifique,  Riche en grâce,
Dans mon cœur viens prendre place !

Strophe 2
Je chante ta gloire en ce jour :
Tu m’as comblé de ton amour,
Epoux saint de mon âme.
Tu jettes ton regard sur moi
Et tu fais, Christ, brûler pour toi
Mon éclatante flamme.
Tel est  L’effet  De ta grâce
Qui embrase  L’amour même
De celui, Jésus, qui t’aime.

Strophe 3
Tout animé par sa bonté,
Dieu voulut dès l’éternité   
Que son Fils fût mon frère.   
Je me tiens à lui par la foi,   
Il est mon Maître, il est mon Roi :   
Fondé sur lui j’espère.   
En toi,  Par toi,
Je veux vivre  Pour te suivre : L’héritage
Du ciel sera mon partage !


Choral : « Viens ô Sauveur des païens » (Recueil Arc-en-Ciel n°104), Strophes 1 à 4

Strophe 1
Viens, ô Sauveur des païens,
Car les hommes de tous temps,
Du Levant, de l’Occident,
Sont comptés parmi les tiens.

Strophe 2
Parmi nous, comme un enfant,
Le Seigneur, le Fils de Dieu,
Lui qui règne dans les cieux,
Est venu tout humblement.

Strophe 3
Il naît dans le dénuement
Pour que l’homme ait réconfort.
Il acceptera la mort
Pour partager nos tourments.

Strophe 4
Ta grâce et ta vérité
Sont clarté dans notre nuit.
Garde-nous, ô Seigneur Christ,
De choisir l’obscurité.

Cantique : Louange et Prière n° 102 « Sortez bergers de vos retraites », Strophes 1 à 3

Strophe 1
Sortez, bergers, de vos retraites.
A Bethléem, Dieu vous attend. 
L’enfant promis par les prophètes
Naît ici-bas en cet instant.

Strophe 2

Fils de David qui fut lui-même, 
Tout comme vous, pâtre en ces lieux,
C’est votre accueil surtout qu’il aime.
La terre en vous répond aux cieux.

Strophe 3
Celui qui dort, si pur, si tendre,
Sera demain le bon berger ;
Et sa voix, tous voudront l’entendre,
Mais non la voix d’un étranger.

Paroles des répons du temps de l'Avent et de Noël

Après la salutation
Réjouissons-nous au Seigneur (Psaume 95)

Réjouissons-nous au Seigneur,
Egayons-nous en son honneur,
Lui seul est notre délivrance.
D’un même élan, venons à lui,
Il sera toujours notre appui,
Chantons notre reconnaissance.

Après la volonté de Dieu
A toi mon Dieu, mon cœur monte (Psaume 25, str.2)

Montre-moi Seigneur, la route,
Guide-moi dans la clarté.
Ouvre à celui qui t’écoute,
Un chemin de vérité.
Je regarde à ton amour,
Au salut qu’en toi j’espère.
Je le verrai chaque jour
S’étendre sur cette terre.

Après la prière de repentance
Viens Rédempteur des païens (Nun komm, der Heiden Heiland, Martin Luther)

Viens Rédempteur des païens
Montre-toi, enfant divin,
Que s’étonne l’univers,
De ta venue dans la chair.

Après l’annonce de la grâce
D’un arbre séculaire (L.P. n°103, str.1)

D’un arbre séculaire,
Du vieux tronc d’Isaïe,
Durant l’hiver austère,
Un frais rameau jaillit.
Et sur le sol durci,
Dans la nuit calme et claire,
Une rose a fleuri.

Après la confession de foi
D’un arbre séculaire (L.P. n°103, str.3)

Il vient sans apparence
Des pauvres, il est roi.
Il connaît leur souffrance
Les guérit par la foi.
La mort n’a plus d’effroi :
Il me rend l’espérance,
En se donnant pour moi.

Après la bénédiction

Brillante étoile du matin (L.P. n°90, str.1)

Brillante étoile du matin,
Que fait lever l’amour divin,
Pure et sainte lumière,
Répands dans nos cœurs ta clarté
Viens dissiper l’obscurité
Qui règne sur la terre.
Seigneur, Sauveur,
Fils du Père, ta lumière, salutaire,
Nous conduit et nous éclaire.

Lecture de la Bible

Evangile selon Luc, chapitre 2, versets 15 à 20

[Bible Louis Segond]

15  Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : Allons jusqu'à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître.
16  Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche.
17  Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant.
18  Tous ceux qui les entendirent furent dans l'étonnement de ce que leur disaient les bergers.
19  Marie gardait toutes ces choses, et les repassait dans son coeur.
20  Et les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé.

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