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Qui donc sera sauvé ?

Immense merci pour le petit dictionnaire que je viens de découvrir ! Il n'est pas pontifiant, ni doctrinaire, il est simple et rigoureux. Je vais le faire lire à ma fille, qui prépare cette année sa profession de foi.

Une question sur le mot "salut", que je me pose depuis longtemps et que l'article "salut" ne traite pas, je crois.

Il me semble que pendant longtemps, on a dit (et certains disent encore, je me demande même si cela ne figure pas dans les liturgies) : "ceux qui confessent que Jesus est le seigneur seront sauvés". Seuls ceux là ? ou tous les hommes ? et si ce sont tous les hommes, quelle est notre mission ?

Vous n'êtes pas obligé de répondre : nous sommes tous occupés et je comprendrais que vous aussi, vous l'êtes !

Bien fraternellement,

 

Merci pour ces mots très encourageants.

Et merci pour votre remarque, c'est assez essentiel, vous avez raison, et je dois absolument ajouter un mot là-dessus dans ce petit dictionnaire, en effet.

C'est essentiel car il est question du salut, que cela influe considérablement sur le regard que nous pouvons avoir sur nous-mêmes et sur les autres. C'est essentiel aussi car la question que vous posez concerne en réalité bien des passages de la Bible.

Quand un texte parle de l'homme sauvé (comme ici, ou quand il est question du "juste"), ou de l'homme perdu (ou du "méchant"), il s'agit de catégories théoriques, car personne n'est 100% juste ou 100% pur méchant.

Dans le passage que vous citez, quel est cet homme dont l'on pourrait dire en vérité qu'il confesse que Jésus-Christ est le Seigneur? De temps en temps, nous sommes cet homme-là, mais quelques minutes plus tard, pensant à autre chose, ou quand je suis emporté par la colère, ou la peur de l'autre, ou orienté vers autre chose... je suis au contraire quelqu'un qui rejette ou qui crucifie la présence du Christ dans ma propre existence, voire dans le monde par un contre témoignage efficace.

Telle autre personne, athée par la pensée mais avec une certaine générosité de cœur, peut avoir de temps en temps un geste d'amour vrai qui manifeste cette vie humaine véritable qu'est Jésus-Christ.

C'est ce que l'on voit dans un raccourci intéressant dans la première lettre de Jean, par exemple, dans les 7 premiers versets du chapitre 4. Jean nous dit d'abord que la clef est de "se déclarer publiquement pour Jésus-Christ venu en chair" (v. 2), ensuite, il nous dit que "quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu" (v.7). Pour rendre cohérent ces deux éléments essentiels, il faut considérer qu'un acte d'amour vrai est une déclaration publique de Jésus-Christ comme venu en chai et en os. Et on est bien obligé de dire aussi qu'avoir toujours le nom de Jésus dans la bouche mais sans amour n'est pas ce que Jean appelle se déclarer publiquement pour Jésus-Christ venu en chair.

La conversion à laquelle nous sommes appelés concerne donc les différentes dimensions de notre être, pour aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme, de toute sa force, et de toute sa pensée. Cette conversion est en cours, bien entendu, et il ne serait pas mauvais de l'approfondir sans cesse, et de reconnaître aussi dans son frère ce qui est déjà en lui vraiment de Dieu. En cherchant bien, cela existe toujours au moins un peu.

Amitiés

pasteur Marc Pernot

 

Réaction d'un visiteur :

Etrange, l’intérêt que les chrétiens, aux XVII ET XVIII siècle portaient au fait d’être sauvé. Comme si cette question ne dépendait pas que de Dieu seul. Comme si nous pouvions marchander avec Dieu, ou comme si Dieu, pour nous remercier d’avoir eu telle ou telle attitude, nous donnait la vie éternelle. Je pense que si je croyais à ce genre de chose, je mépriserais Dieu de me contraindre par une sorte de chantage.

La vie éternelle c’est une très belle idée : bien plus belle que la réincarnation. Et puis la vie éternelle suppose à contrario soit l’enfer soit le vide. Ma nature a horreur du vide ( ! ! !) : c’est peut-être pourquoi je crois en Dieu. Mais un Dieu qui créerait l’enfer, cela je peux pas le croire.

Je veux penser que les quelques gestes altruistes, que j’ai pu avoir, que les hommes ont pu avoir, sont absolument gratuits, sinon ils perdraient de leur valeur.

Ceci dit, je ne veux pas dire que je n’ai pas peur de la mort : mais c’est plutôt une peur inconsciente, irraisonnée. Probablement je n’ai pas la foi, mais cela j’en parlerai plus tard.

Je suis toujours fidèle à votre site, et aprécie vos réponses.

Puis- je vous envoyer mon amitié bien que nous ne nous soyons jamais rencontré, que "virtuellement"

Philippe

 

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