Que nous demande le Seigneur ?

(cf. Michée 6,6-8)

semaine d'unité des chrétiens,
célébration œcuménique à Saint Eustache, le mardi 23 janvier 2013

Prédication par le père Raul Herrera (sur Michée 6, voirle texte ci-dessous)
- orgue (Luc Stellakis)
Prédication par le pasteur James Woody (sur Luc 24, voir le texte ci dessous)

(désolé pour l'écho, dans cette magnifique église)

Première lecture : Michée 6:6-8

Avec quoi me présenterai-je devant l’Eternel, Pour m’humilier devant le Dieu Très-Haut? Me présenterai-je avec des holocaustes, Avec des veaux d’un an?
7 L’Eternel agréera-t-il des milliers de béliers, Des myriades de torrents d’huile? Donnerai-je pour mes transgressions mon premier-né, Pour le péché de mon âme le fruit de mes entrailles?
8 On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l’Eternel demande de toi, C’est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu.

Psaume 86,11-16

Seigneur, montre-moi ton chemin
et je me conduirai selon ta vérité ;
unifie mon cœur pour qu’il craigne ton nom.
Le chemin de droiture conduit à la vie.

Seigneur mon Dieu, je veux te célébrer de tout mon cœur,
et glorifier ton nom pour toujours.
Car ta fidélité est grande envers moi
et tu m’as délivré des profondeurs des enfers.
Le chemin de droiture conduit à la vie.

Dieu ! des orgueilleux m’ont attaqué ;
et une ligue de tyrans en veut à ma vie ;
ils ne tiennent pas compte de toi.
Le chemin de droiture conduit à la vie.

Mais toi, Seigneur, Dieu miséricordieux et bienveillant,
lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté.
Tourne-toi vers moi ; aie pitié de moi,
donne ta force à ton serviteur
et sauve le fils de ta servante.
Le chemin de droiture conduit à la vie.

Deuxième lecture : Galates 3:26-28

Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ;
27 vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ.
28 Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ.

Évangile de Jésus-Christ  selon saint Luc 24:13-35

Et voici, ce même jour, deux disciples allaient à un village nommé Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades;
14 et ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé.
15 Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus s’approcha, et fit route avec eux.
16 Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
17 Il leur dit: De quoi vous entretenez-vous en marchant? Et ils s’arrêtèrent, l’air attristé.
18 L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit: Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours? -ci-Quoi? leur dit-il. -
19 Et ils lui répondirent: Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en oeuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,
20 et comment les principaux sacrificateurs et nos magistrats l’on livré pour le faire condamner à mort et l’ont crucifié.
21 Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées.
22 Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont fort étonnés; s’étant rendues de grand matin au sépulcre
23 et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leurs sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant.
24 Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit; mais lui, ils ne l’ont point vu.
25 Alors Jésus leur dit: O hommes sans intelligence, et dont le coeur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes!
26 Ne fallait-il pas que le Christ souffre ces choses, et qu’il entre dans sa gloire?
27 Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.
28 Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin.
29 Mais ils le pressèrent, en disant: Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. Et il entra, pour rester avec eux.
30 Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna.
31 Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux.
32 Et ils se dirent l’un à l’autre: Notre coeur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Ecritures?
33 Se levant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient avec eux, assemblés
34 et disant: Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon.
35 Et ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu au moment où il rompit le pain.

Faire le bien parce que ça fait du bien

Cette année, ce sont des chrétiens d’Inde qui ont préparé la célébration œcuménique pour la semaine mondiale de prière pour l’unité des chrétiens que nous allons vivre. Le verset de la Bible qu’ils ont choisi dans le livre du prophète Michée met en scène un homme qui demande à Dieu comment faire pour lui plaire. Est-ce que le sacrifice de milliers de veaux et de béliers, ou de quelque dizaines de milliers de torrents d’huile parfumée versés sur l’autel lui feraient plaisir ? Ou faudrait-il aille jusqu’au sacrifice de son fils aîné ? C’est à de telle folle surenchère que nous devrions arriver s’il fallait acheter l’amour de Dieu pour nous. La réponse du livre de Michée est tout à fait dans le sens de l’Évangile du Christ. Ce que Dieu nous demande, ce n’est pas le prix de son amour, ni même le prix de ce qu’il nous a déjà donné dans notre existence présente et pour notre existence future.

L’amour de Dieu pour chacune et chacun de nous, comme tout amour vrai, ne s’achète pas, il se donne. Dieu nous a donné, non seulement notre vie, mais aussi des torrents de bénédiction, il nous a même envoyé son Fils qui s’est donné pour nous bien que nous soyons pécheurs… Tout ce que Dieu nous a donné a été donné par amour, Dieu l’a offert de bon cœur, et nous ne lui devons donc rien.

Mais selon Michée ce que Dieu nous demande, parce qu’il nous aime, c’est de faire le bien tout simplement parce que c’est bien, parce qu’alors nous marchons avec lui comme la main dans la main, faisant du bien, embellissant le monde, notre vie et celle d’autres autour de nous.

« Le Seigneur t'a fait savoir ce qui est bien, ce qu'il te demande :
rien d'autre que pratiquer la justice, aimer l’amour gratuit,
et marcher humblement avec ton Dieu
. » (Michée 6:8)

Mais alors, pourquoi alors chanter Dieu, le prier, étudier la Bible, aller même le dimanche matin ( !) à l’église ? Ce n’est pas pour acheter la grâce de Dieu, en tout cas. C’est d’abord nous-mêmes par grâce : parce que nous avons envie de dire merci à Dieu comme à quelqu’un que l’on aime pour le remercier de son amour pour nous. La grâce circule ainsi dans nos vies comme le sang dans nos veines. Ce geste est un aussi un geste d’humilité devant Dieu, avec les autres et pour les autres, si différents. Nous avons besoin des autres et de Dieu pour mieux discerner le bien, faire ce qui est juste au moment juste, avec un amour vrai. Que Dieu nous bénisse ainsi en Christ.

Marc Pernot, pasteur à l’Oratoire du Louvre