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Partager le dernier pain :
Elie et la veuve de Sarepta
( 1 Samuel 25:1-35 ; Matthieu 5:9 )
Culte à l'Oratoire du Louvre,
par la pasteur Florence Taubman
Chers amis,
Quand on pense à Dieu, on pense à quelquun
dinvisible, quon ne peut pas toucher, quon ne
peut pas sentir
Quelquun qui est très loin, si loin quon limagine
dans le ciel, dans lespace, hors de portée.
Et en même temps quelquun qui est à lintérieur
de nous-mêmes, dans notre cur, notre esprit, notre conscience.
« Plus proche de nous que nous ne le sommes nous-mêmes
» comme le disait Luther.
Mais quand on pense à Dieu, on pense aussi à cette
prière que Jésus nous a enseignée, et où
nous disons notre Père.
Et à ce Père nous ne demandons ni la lune ni les
étoiles
Nous lui demandons dêtre ce quil est : cest-à-dire
Dieu pour nous !
Et nous lui demandons tout simplement- notre pain de ce
jour.
Nous lui disons : « Donne-nous aujourdhui notre pain
de ce jour. »
Ce pain, aujourdhui dans notre pays, nous nen manquons
pas. Et cest tant mieux !
Mais alors nous devons faire un petit effort pour comprendre ce
que cela veut dire : demander à Dieu son pain.
Et ce que cela veut dire : recevoir de Dieu son pain.
Et cet effort, il faut absolument que nous le fassions.
Parce que si nous ne comprenons pas ce que cela veut dire «
demander à Dieu son pain » et « recevoir de Dieu
son pain », alors nous ne pouvons pas vraiment comprendre
qui est Dieu, et pourquoi il nous a envoyé Jésus.
Pour comprendre qui est Dieu, qui est ce Dieu loin dans le ciel
ou ce Dieu présent dans notre cur, nous devons comprendre
ce que signifie le pain.
Parce que lune des affirmations fortes de la Bible, cest
que la Parole de Dieu est comme du pain. Elle nous nourrit.
Et une des Paroles fortes de Jésus, cest «
Je suis le pain de vie. Celui qui mange de ce pain naura plus
jamais faim. »
Donc pour comprendre un peu qui est Dieu il faut savoir ce quest
le pain. Ce quil signifie.
Mais dès quon réfléchit à cette
question, on se rend compte dune chose,
cest que la valeur fondamentale du pain cest de faire
vivre, dentretenir les forces de vie. Mais en même temps
pour que cette vie soit une vraie et bonne vie, et pas seulement
survie, il faut très vite que sajoute quelque chose
de fondamental.
Et cette chose fondamentale, cest le partage.
La vraie valeur du pain, cest dêtre partagé.
Car partager son pain, cest partager sa vie.
Le pain partagé devient alors une nourriture, dans tous
les sens du terme.
Dans le sens physique et dans le sens spirituel.
Le pain partagé donne la force de ce jour , et il donne
la joie pour toujours, la joie inépuisable.
Cest ce quon peut comprendre dans lhistoire
du prophète Elie que je viens de vous lire tout à
lheure :
La pauvre femme quElie rencontre a de quoi faire le pain
de ce jour. Elle a de quoi faire le pain de la survie pour ce jour.
Pour elle-même et pour son fils.
Et cest tout.
Mais le prophète Elie lui demande de partager avec lui
ses pauvres provisions. Lui, qui est prophète de Dieu, lui
adresse en quelque sorte la même prière que nous adressons
à Dieu. Il lui demande : « donne-moi aujourdhui
le pain de ce jour ! »
En lui demandant cela il ne cherche pas à accaparer son
pain évidemment.
Il ne cherche pas à la priver, ni son fils. Quaurait-il
à y gagner lui-même ?
En réalité il lentraîne dans une aventure,
laventure du don. Qui est en même temps une aventure
de la confiance.
Elie ne demande pas simplement à cette femme de lui donner
du pain. Il lui demande de partager son dernier pain.
Le dernier pain, cela peut représenter le pain du désespoir,
car après lui il ny en a plus dautre. Après
ce dernier pain, cest la faim, cest la mort.
Donc Elie demande à la femme de partager avec lui son dernier
pain, le pain du désespoir.
Mais pour laider ce quil lui dit, cest que dans
le partage le pain de désespoir devient pain despérance.
Par le partage le pain de la survie devient un pain vivant, cest-à-dire
un pain qui donne à la vie un sens extraordinaire, puisque
cest le sens de lamour.
Et donc par le partage le dernier pain, du dernier jour, devient
le premier pain du premier jour, cest à- dire
le pain dune vie nouvelle.
Le pain inépuisable dune vie nouvelle inépuisable
puisque cest le pain de lamour, cest le pain quon
mange ensemble .
Vous comprenez les enfants, partager le dernier pain, ce nest
pas comme partager nimporte quel pain, quand il en reste encore
une grande quantité.
Cela peut paraître bien plus difficile, évidemment.
Car on na quune envie quand on a faim et quand on na
plus quun pain : cest de le dévorer.
Un vieux monsieur que je connais ma ainsi raconté
un jour que pendant la dernière guerre, alors quil
était prisonnier dans un camp où tout le monde souffrait
de la faim il avait reçu de sa famille un colis : cétait
un magnifique pain dépices.
Et me dit cet homme, « de toute ma volonté je voulais
rejoindre mes camarades de bloc afin de partager avec eux, mais
je nai pas pu
en chemin jai englouti le pain dépices
cétait plus fort que moi. Et jai en plus
été malade comme un chien. Et tellement malheureux
et honteux de ce que javais fait. »
Aucun dentre nous ne jetterait la pierre à cet homme
affamé évidemment.
Beaucoup dentre nous feraient sans doute la même chose.
Mais cela nous aide à comprendre
Cela nous aide à comprendre limportance de ce quElie
demande à la femme de Sarepta.
Cela nous aide à comprendre aussi ce quil lui promet
: « que ni la farine, ni lhuile ne manqueront jusquà
la fin de la sècheresse. »
Ce que signifie Elie, cest que partager le dernier pain
cest plus que partager le dernier pain, cest ouvrir
ou découvrir en soi-même quelque chose qui ne peut
pas sépuiser : la joie de donner, la joie de partager,
la joie daimer.
Cest difficile à expliquer parce quil faut
le vivre pour le comprendre.
Mais partager le dernier pain, cest déjà partager
la vie éternelle.
Alors on comprend aussi que Jésus se présente lui-même,
dans lEvangile de Jean, comme le Pain de vie, on comprend
quil dise : celui qui mange de ce pain naura plus jamais
faim.
On comprend quon puisse demander à Dieu notre Père
« donne-nous aujourdhui le pain de ce jour. »
Ce pain cest bien sûr celui quil faut au corps
pour survivre.
Mais cest aussi le pain quil faut au cur pour
vivre le partage et le don.
Cest le pain de la bénédiction.
Cest le pain dont Jésus a nourri une foule innombrable.
Cest le pain quil a donné comme symbole de
sa propre personne et de sa propre vie.
Cest en partageant ce pain que nous connaissons Dieu. Amen
!
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Pasteur dans la chaire de
l'Oratoire du Louvre
© France2
Lecture de la Bible
1 Samuel 25:1-35
Samuel mourut. Tout Israël
sétant assemblé le pleura, et on lenterra
dans sa demeure à Rama. Ce fut alors que David se leva
et descendit au désert de Paran. 2 Il y avait à
Maon un homme fort riche, possédant des biens à
Carmel; il avait trois mille brebis et mille chèvres,
et il se trouvait à Carmel pour la tonte de ses brebis.
3 Le nom de cet homme était Nabal, et sa femme sappelait
Abigaïl; cétait une femme de bon sens et belle
de figure, mais lhomme était dur et méchant
dans ses actions. Il descendait de Caleb. 4 David apprit au
désert que Nabal tondait ses brebis. 5 Il envoya vers
lui dix jeunes gens, auxquels il dit: Montez à Carmel,
et allez auprès de Nabal. Vous le saluerez en mon nom,
6 et vous lui parlerez ainsi: Pour la vie soit en paix, et que
la paix soit avec ta maison et tout ce qui tappartient!
7 Et maintenant, jai appris que tu as les tondeurs. Or
tes bergers ont été avec nous; nous ne leur avons
fait aucun outrage, et rien ne leur a été enlevé
pendant tout le temps quils ont été à
Carmel. 8 Demande-le à tes serviteurs, et ils te le diront.
Que ces jeunes gens trouvent donc grâce à tes yeux,
puisque nous venons dans un jour de joie. Donne donc, je te
prie, à tes serviteurs et à ton fils David ce
qui se trouvera sous ta main. 9 Lorsque les gens de David furent
arrivés, ils répétèrent à
Nabal toutes ces paroles, au nom de David. Puis ils se turent.
10 Nabal répondit aux serviteurs de David: Qui est David,
et qui est le fils dIsaï? Il y a aujourdhui
beaucoup de serviteurs qui séchappent dauprès
de leurs maîtres. 11 Et je prendrais mon pain, mon eau,
et mon bétail que jai tué pour mes tondeurs,
et je les donnerais à des gens qui sont je ne sais doù?
12 Les gens de David rebroussèrent chemin; ils sen
retournèrent, et redirent, à leur arrivée,
toutes ces paroles à David. 13 Alors David dit à
ses gens: Que chacun de vous ceigne son épée!
Et ils ceignirent chacun leur épée. David aussi
ceignit son épée, et environ quatre cents hommes
montèrent à sa suite. Il en resta deux cents près
des bagages. 14 Un des serviteurs de Nabal vint dire à
Abigaïl, femme de Nabal: Voici, David a envoyé du
désert des messagers pour saluer notre maître,
qui les a rudoyés. 15 Et pourtant ces gens ont été
très bons pour nous; ils ne nous ont fait aucun outrage,
et rien ne nous a été enlevé, tout le temps
que nous avons été avec eux lorsque nous étions
dans les champs. 16 Ils nous ont nuit et jour servi de muraille,
tout le temps que nous avons été avec eux, faisant
paître les troupeaux. 17 Sache maintenant et vois ce que
tu as à faire, car la perte de notre maître et
de toute sa maison est résolue, et il est si méchant
quon ose lui parler. 18 Abigaïl prit aussitôt
deux cents pains, deux outres de vin, cinq pièces de
bétail apprêtées, cinq mesures de grain
rôti, cent masses de raisins secs, et deux cents de figues
sèches. Elle les mit sur des ânes, 19 et elle dit
à ses serviteurs: Passez devant moi, je vais vous suivre.
Elle ne dit rien à Nabal, son mari. 20 Montée
sur un âne, elle descendit la montagne par un chemin couvert;
et voici, David et ses gens descendaient en face delle,
en sorte quelle les rencontra. 21 David avait dit: Cest
bien en vain que jai gardé tout ce que cet homme
a dans le désert, et que rien na été
enlevé de tout ce quil possède; il ma
rendu le mal pour le bien. 22 Que Dieu traite son serviteur
David dans toute sa rigueur, si je laisse subsister jusquà
la lumière du matin qui que ce soit de tout ce qui appartient
à Nabal! 23 Lorsque Abigaïl aperçut David,
elle descendit rapidement de lâne, tomba sur sa
face en présence de David, et se prosterna contre terre.
24 Puis, se jetant à ses pieds, elle dit: A moi la faute,
mon seigneur! Permets à ta servante de parler à
tes oreilles, et écoute les paroles de ta servante. 25
Que mon seigneur ne prenne pas garde à ce méchant
homme, à Nabal, car il est comme son nom; Nabal est son
nom, et il y a chez lui de la folie. Et moi, ta servante, je
nai pas vu les gens que mon seigneur a envoyés.
26 Maintenant, mon seigneur, aussi vrai que lEternel est
vivant et que ton âme est vivante, cest lEternel
qui ta empêché de répandre le sang
et qui a retenu ta main. Que tes ennemis, que ceux qui veulent
du mal à mon seigneur soient comme Nabal! 27 Accepte
ce présent que ta servante apporte à mon seigneur,
et quil soit distribué aux gens qui marchent à
la suite de mon seigneur. 28 Pardonne, je te prie, la faute
de ta servante, car lEternel fera à mon seigneur
une maison stable; pardonne, car mon seigneur soutient les guerres
de lEternel, et la méchanceté ne se trouvera
jamais en toi. 29 Sil sélève quelquun
qui te poursuive et qui en veuille à ta vie, lâme
de mon seigneur sera liée dans le faisceau des vivants
auprès de lEternel, ton Dieu, et il lancera du
creux de la fronde lâme de tes ennemis. 30 Lorsque
lEternel aura fait à mon seigneur tout le bien
quil ta annoncé, et quil taura
établi chef sur Israël, 31 mon seigneur naura
ni remords ni souffrance de coeur pour avoir répandu
le sang inutilement et pour sêtre vengé lui-même.
Et lorsque lEternel aura fait du bien à mon seigneur,
souviens-toi de ta servante. 32 David dit à Abigaïl:
Béni soit lEternel, le Dieu dIsraël,
qui ta envoyée aujourdhui à ma rencontre!
33 Béni soit ton bon sens, et bénie sois-tu, toi
qui mas empêché en ce jour de répandre
le sang, et qui as retenu ma main! 34 Mais lEternel, le
Dieu dIsraël, qui ma empêché de
te faire du mal, est vivant! si tu ne tétais hâtée
de venir au-devant de moi, il ne serait resté qui que
ce soit à Nabal, dici à la lumière
du matin. 35 Et David prit de la main dAbigaïl ce
quelle lui avait apporté, et lui dit: Monte en
paix dans ta maison; vois, jai écouté ta
voix, et je tai favorablement accueillie.
Matthieu 5:9
Heureux ceux qui procurent
la paix, car ils seront appelés fils de Dieu! |
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