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Noël
( Evangile de Luc 2,1-14 )
Culte à l'Oratoire du Louvre,
par la pasteur Florence Taubmann
Il y a un temps pour tout, dit
lEcclésiaste.
Et pourtant ! Il y a des instants, il y a des heures qui sont dune autre
nature. Des temps qui semblent nentrer dans aucune catégorie
du temps.
Parce que ce qui sy passe fait éclater tous les cadres.
Et notre appréhesion du temps sen trouve totalement
bouleversée.
Il y a un avant, il y a un après
Et le moment lui-même
garde pour toujours une puissance détonnement, de sidération
des esprits et des curs.
Horreur quand il sagit du malheur.
Eblouissement, allégresse quand il sagit de bonheur,
quand il sagit de révélation, quand il sagit
de la Bonne Nouvelle.
Dans la célébration de la Pâque juive, la
litugie du premier soir commence toujours par une question, posée
par le plus jeune garçon présent : « En quoi
cette nuit diffère-t-elle des autres nuits. » Et
le père de famille répond en racontant la sortie dEgypte.
Nous pouvons faire nôtre cette question au sujet de la nuit
de Noël. Et imaginer que le plus jeune enfant de lassistance
pose cette question :
« En quoi cette nuit diffère-t-elle des autres nuits
? »
Chaque nuit de Noël, nous répondons à cette
question. De la seule façon qui soit, cest-à-dire
en ouvrant lEvangile de Noël et en lisant le récit
de la Nativité.
Matthieu et Luc, chacun à sa manière, ont répondu
à cette question.
Les paroliers de cantiques ont répondu à cette question.
Les musiciens.
Les poètes et les conteurs également. Les théologiens.
Avec un récit de voyage. Avec des images émouvantes
et merveilleuses : un homme une femme, un bébé, de
la paille des animaux, des bergers, des rois sages venus dOrient.
De la lumière . Des chants dans le ciel
En quoi cette nuit diffère-t-elle des autres nuits ?
Suffit-il pour y répondre de nommer celui qui naît
? De le décrire ? De raconter ses uvres ? Dexpliquer
son identité ? De le déclarer unique ?
De réciter tous ses titres de gloire ?
Si cela suffisait, nous naurions pas besoin de célébrer
Noël chaque année. Nous laisserions la naissance de
Jésus se dérouler dans la plus stricte intimité
familiale, comme il se doit.
Et nous recueillerions simplement les fruits consécutifs
à cette naissance : lannonce du salut, le pardon des
péchés, la vie éternelle
tout ce que
le Christ est venu nous apporter.
Pourtant chaque année nous en revenons à cette nuit,
à cet événement, comme pour reprendre toujours
à neuf cette question :
En quoi cette nuit diffère-t-elle des autres nuits ?
Oui en quoi ?
Peut-être simplement parce que ce que nous offre cette nuit
est le pur émerveillement.
Lémerveillement de lamour.
A lintérieur de chacun de nous.
En quoi cette nuit diffère-t-elle des autres nuits ?
La réponse est en nous-mêmes au plus profond de notre
cur et de notre conscience :
Cette nuit-là, le Christ , à lheure dite,
cherche à naître en nous-mêmes. Nous sommes son
univers lunivers des hommes- quil veut habiter
pour le sauver et lui donner paix, grâce, lumière.
Aussi cest une question de vie ou de mort qui nous est posée
à chaque fois, à chaque nuit de Noël : voulons-nous
naître à lamour ?
Voulons-nous laisser naître en nous le Christ ?
Je sais que les contractions peuvent être douloureuses,
et les accouchements parfois très longs et dangereux. Mais
quimporte ?
La question est là, à notre oreille et à
notre esprit, et cest cette question qui rend cette nuit symboliquement
différente des autres nuits :
Cette question posée par limage de ce petit enfant
arrivant au monde :
« Voulons-nous quil habite parmi nous ?
»Acceptons-nous quil naisse en nous, au risque que
notre vie tout entière soit bouleversée par lamour
? »
Amen
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