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Epiphanie : Les Noces de Cana
( Jean 2,1-11 )
Culte à l'Oratoire du Louvre,
par la pasteur Florence Taubman
Aujourdhui cest
la fête de lépiphanie, mot qui signifie manifestation,
apparition, et qui, en théologie chrétienne, désigne
la révélation de Jésus le Christ à toutes
les nations de la terre. Cette révélation est symbolisée
par la venue et ladoration des mages dOrient, qui complètent
la venue et ladoration des bergers, symbolisant le peuple
dIsraël.
Dans la liturgie occidentale, on y célèbre ladoration
des mages, mais dans lEglise catholique on y évoque
aussi le baptême de Jésus et le miracle des noces de
Cana. Voici par exemple ce que lon trouve dans la liturgie,
dans lantienne du benedictus : « Trois miracles ont illustré le jour saint que nous
fêtons : aujourdhui létoile a conduit les
mages à la crèche ; aujourdhui leau sest
changée en vin pour les noces ; aujourdhui dans le
Jourdain le Christ a voulu se faire baptiser par Jean. »
Aujourdhui cest à travers le récit de
Cana que je voudrais vivre avec vous la question de lépiphanie,
en méditant sur un thème qui est au cur de ce
récit : le thème de la transformation. Et cette transformation
sera évoquée dabord comme transformation nécessaire,
puis comme transformation secrète. A travers cette méditation
sur la transformation nous essaierons de répondre pour aujourdhui
à la question de lépiphanie : quest-ce
qui se manifeste-là?
À Cana se manifeste la nécessité dune
transformation
Au niveau littéral
Si on lit attentivement le récit des noces de Cana, plusieurs
détails sont frappants, et dabord cette histoire de
vin qui manque. Pour un premier signe de Jésus, nattendrait-on
pas plutôt quelque chose de vital : le pain, leau, la
santé, la vie ? Le manque de vin ne menace aucunement la
survie des convives, ni même leur soif possible, puisquil
y a de leau. En revanche il menace peut-être leur joie,
si lon se souvient bien que le vin réjouit le cur
de lhomme. Il ne menace pas la vie, mais il menace la fête.
Il menace l « euphorie » permise, voire offerte,
et même prescrite aux convives dune noce villageoise.
Et donc il menace la réputation dun hôte qui
na pas su prévoir avec suffisamment de générosité
la quantité de vin nécessaire. Et quand on sait limportance
que revêt lhospitalité en Orient, la cause est
grave. On comprend alors que la mère de Jésus, attentive
et compatissante, puisse sen émouvoir. Il y a nécessité
que quelque chose se passe, suggère-t-elle à Jésus. Rien quau niveau littéral, on voit donc que la nécessité
ne relève pas du seul besoin physique et matériel,
mais également de lordre social et culturel, voire
religieux. Pour donner un exemple, je pense à un vieux monsieur
que jai un jour rencontré et qui ma dit avoir
changé de paroisse parce que dans la sienne on avait remplacé
le vin rouge de la Cène par du jus de raisin. Il avait beau
comprendre les excellentes raisons de cette décision, il
ne pouvait sy résoudre. Il lui fallait du vin pour
que la dimension symbolique de la Cène saccomplisse.
Donc à Cana, pour que la noce soit vraiment une noce, il
faut du vin.
Mais ceci nous conduit maintenant au niveau symbolique.
Au niveau symbolique
Si nous nous situons dans le contexte du Nouveau Testament et
de lEvangile de Jean, il est impossible de faire abstraction
de la polémique que cet Evangile mène contre le judaïsme.
Et cest bien comme cela que la tradition a souvent lu le récit
de Cana. La noce, le mariage se réfère à lalliance
de Dieu avec son peuple. On sait que cest un thème
régulièrement utilisé par les prophètes
bibliques. Dieu y est présenté comme lépoux
fidèle, inconditionnel, et Israël est la fiancée,
ou lépouse, qui donne des coups de canif dans le contrat.
Mais les prophètes bibliques, qui sont sévères
avec le peuple auquel ils sadressent. rappellent aussi que
Dieu ne résilie jamais son alliance. Or à cette noce qui nous occupe aujourdhui, il va
manquer du vin . Dans une certaine lecture que lon a fait
de ce texte , ce manque signale l insuffisance du judaïsme
à répondre à lalliance. Dans le même
sens, note un exégète, il ny a que 6 jarres,
6 étant un chiffre dincomplétude parce que bien
sûr on attend la septième. Plus de vin, seulement six
jarres, suffisamment deau pour la purification, mais pas assez
pour la transformation en vin
..Que de manques à cette
noce ! On se trouve là au fondement de la théologie
chrétienne traditionnelle, qui a voulu montrer lincomplétude
de lAncienne Alliance pour démontrer la nécessité
de la Nouvelle Alliance. Le système religieux juif, avec
ses rites de purification, et dans la scène suivante, avec
ses marchands du Temple, est présenté comme à
bout de souffle, et ce vin qui manque et qui est pourtant nécessaire,
il symbolise déjà le sang du Christ , cest-à-dire
la nouvelle foi chrétienne. Dailleurs, dans les premières
uvres iconographiques des catacombes, cette scène de
Cana sera souvent représentée avec celle de la multiplication
des pains, qui renvoie aussi à la Cène. Fini le temps
de la purification. Voici venu le temps de la communion.
Symboliquement, lAncienne Alliance est donc présentée
comme épuisée, en nécessité de transformation
radicale. Cest ainsi que sera traditionnellement lu ce texte,
avec bien dautres, appuyant la théologie de laccomplissement
de lAncienne Alliance par la Nouvelle Alliance, et la substitution
de lEglise, Nouvel Israël au peuple juif, Ancien Israël.
Et il faudra attendre le 20ème siècle pour que des
déclarations théologiques aussi bien catholiques que
protestantes, affirment que Dieu na jamais révoqué
son Alliance envers le peuple juif; et que lévénement
chrétien ninvalide pas la foi dIsraël. Le
Christianisme nest pas laccomplissement du judaïsme
, en revanche il doit réincorporer les dimensions de sa matrice
juive dans lexpression contemporaine de sa foi.
Mais au-delà de la lecture polémique, nous pouvons
maintenant interroger le sens spirituel de cette transformation
nécessaire.
Au niveau spirituel
En quoi la transformation est-elle nécessaire au niveau
spirituel ? Nous avons vu, au niveau littéral, que la transformation
était nécessaire pour que la noce se passe comme doit
se passer une noce, cest-à-dire dans la joie. Nous
avons vu, au plan symbolique, que le manque pointé par lévangéliste
était dordre religieux : le système de la purification
est contestable, il faut passer à la communion. Mais quen
est-il sur le plan spirituel ? Cette question nous touche de plus
près encore que les autres, car finalement, pour faire vivre
ce texte, il est indispensable que nous nous la posions à
nous-mêmes. Quel est le vin qui nous manque ? Et qui sommes-nous
dans cette histoire, à qui nous identifions-nous ? Quel est le vin qui nous manque ? Si on consulte le dictionnaire
des symboles, on voit que la dimension symbolique du vin est très
riche : entre vie, connaissance, immortalité, mais aussi
ivresse et donc danger, la palette est large.
Mais il est plus intéressant pour nous, quand nous lisons
ce texte, de mener une introspection que de consulter un dictionnaire.
Et cette introspection ne saurait être seulement égoïste.
Elle ne saurait pas, non plus, nous donner des réponses simples
et définitives. Quel est le vin qui nous manque, qui manque
à notre prochain, qui manque à notre monde ? Est-ce
la vérité ? Est-ce la justice ? Est-ce la sagesse
? Est-ce la foi ? Est-ce la tolérance ? Est-ce lespérance
? Est-ce le silence ? Est-ce la confiance ? Est-ce la simplicité
? Est-ce le pain quotidien pour tous? Est-ce le respect ? Est-ce
lestime de soi-même ? Est-ce la bienveillance pour autrui
? Est-ce la joyeuse bonté ? Est-ce la fidélité
à Dieu et à nos frères et surs en humanité
?
Quel est ce vin qui manque à notre noce ? Quel est ce vin
nécessaire à notre joie évangélique
? Il incombe à chacun de nous de laisser cette question descendre
en lui-même et interroger sa vie.
Mais cette question entraîne une seconde question : qui
sommes-nous dans le récit de Cana ? À qui nous identifions-nous
?
Concrètement il ny a pas trente-six solutions : soit
nous sommes du côté de ceux qui ignorent, du début
à la fin, que le vin a manqué. Et cest à
peu près tout le monde, à des degrés différents,
ce qui nempêche que tout le monde sera abreuvé
de ce vin délicieux et nouveau. Soit nous sommes du côté de ceux qui ont vu le manque
: et cest en premier lieu Marie, puis Jésus quelle
alerte.
Contrairement à ce que lon pourrait penser le manque
de vin est tragique. Du moins à ce niveau spirituel. Et cest
bien ce caractère tragique que signale Jésus quand
il prononce les paroles annonciatrices de sa passion et de sa résurrection
: « Mon heure nest pas encore venue ».
Ce manque de vin est tragique car il donne lieu à deux
dilemmes :
- 1er dilemme : faut-il dire que le vin manque, ou faut-il faire
comme si on ne voyait pas quil y a un manque. Dans la Bible
celui qui accepte de voir le manque et qui alerte les autres sur
le manque, cest le prophète. Et on sait bien quen
remplissant sa mission, le prophète risque toujours de nêtre
pas compris, ou même rejeté, et parfois menacé
dans sa vie. Le prophète, cest bien celui qui alerte
sur le manque de vin, autrement dit sur le manque de vérité,
sur le manque de justice, sur le manque damour, sur le manque
de confiance, sur le manque de fidélité à Dieu
.Et
dans notre récit de Cana, cest Marie qui joue ce rôle
prophétique, et on voit comment elle se fait rabrouer par
Jésus, et comment elle ne se laisse pas démonter.
- Mais on peut choisir aussi de ne pas voir le manque, ou les
manquements fondamentaux qui mettent la vie, le monde, le cur,
lâme, le prochain, lhomme en péril. On
peut se voiler la face, mettre la tête sous laile, minimiser
les risques, penser que tout ira mieux demain
.Et dailleurs
parfois cela marche. Car heureusement il arrive que Dieu vienne
combler nos manques sans que nous y participions en rien. Ainsi
en va-t-il dans notre récit des bénéficiaires
du vin nouveau qui remarquent seulement quil est encore meilleur
que le précédent.
- 2nd dilemme : faut-il agir ou faut-il ne pas agir ? Les paroles
de Jésus, en apparente contradiction avec ce quil va
faire, peuvent faire penser quil est traversé par ce
second dilemme. « Femme, quy- a t - il entre
toi et moi ? Mon heure nest pas encore venue. » Face
au manque de vin faut-il agir maintenant ou non ? Bien sûr
quil faut agir pensons-nous ? Mais quand ce manque est une
sorte de puits sans fond, quand ce manque est le manque de tout
ce que nous avons dit tout à lheure
.pas seulement
le pain, mais la vérité, la justice, la confiance,
lespérance, la fidélité
..quand
ce manque nest pas seulement dordre matériel
mais de nature profondément spirituelle et éthique,
comment agir ? Quelle action mener ? Qui sommes-nous, au fond, pour
espérer transformer leau en vin ?
- Dans un monde devenu complexe comme le nôtre, la question
de laction, de laction juste et la meilleure possible
ne saurait être simple. Je ne parle pas là bien sûr
de tous ces gestes quotidiens damour, de tendresse, de partage
que nous essayons de vivre
.et déjà nous savons
que ce nest pas si facile. Mais je parle de cette transformation
présentée comme nécessaire dans le récit
de Cana.
- Que devons-nous transformer aujourdhui et comment pour
que le vin ne manque pas, ou quil manque moins ? Cette question-là
aussi, il incombe à chacun dentre nous de la laisser
descendre en lui-même et interroger sa vie.
- Mais ceci nous conduit à notre second point : la transformation
de leau en vin que Jésus accomplit a un caractère
secret.
À Cana la transformation sopère dans le secret.
Au niveau littéral
Il est frappant de voir linsistance mise sur le secret dans
ce récit. Personne ne doit voir ce qui se passe, le maître
de maison nen a rien vu, ni les invités. Seuls les
serviteurs sont au courant de la transformation, les disciples dont
il est dit quils crurent alors en Jésus, et bien sûr
Marie, qui a été la commanditaire de lopération.
Au niveau littéral, Jésus se comporte un peu comme
Amélie Poulain, cette jeune héroïne dun
film français qui a eu beaucoup de succès ces dernières
années. Amélie se donne entre autre pour mission de
consoler les malheureux et de réparer ce qui ne va pas dans
la vie des gens et dans la marche de leur petit monde. Et tout cela,
elle le fait en cachette. Cest secrètement quelle
transforme les situations. De même, le changement de leau
en vin à Cana saccomplit de manière mystérieuse
et secrète. De leau est rajoutée à leau
contenue dans les six jarres. Et on peut y puiser alors du vin.
Aucun geste, aucune parole particulière de Jésus.
Il ne reste donc, sans doute, que la prière silencieuse quil
fait à son Père : « quil en soit fait
selon ta volonté ! » Mais nul ne le sait.
Au niveau symbolique
Mais quel est le sens symbolique ce secret au niveau symbolique
? Dabord, cest quil ny a rien à voir.
La transformation qui sopère nest pas spectaculaire.
Elle ne concerne pas la vue, mais le goût. Et le terme employé
par lévangéliste pour la qualifier est le mot
« signe », et non « miracle » ou «
action de puissance ». On nest pas dans le domaine de
la magie ou de la prestidigitation, mais dans une action dun
autre type, qui est le témoignage. Cependant, chose étrange, cette transformation secrète
manifeste la gloire de Jésus et conduit ses disciples à
croire en lui.
Voici donc cette épiphanie dont il est question aujourdhui,
cette épiphanie manifestation, révélation.
Mais que signifie cette gloire manifestée? Dans lunivers
biblique la gloire, ce nest pas une question de paillettes
et détalage de puissance. Cest la vérité
de lêtre et sa présence qui doivent être
manifestées. Rendre gloire à Dieu, cest lui
reconnaître sa place, sa mesure, ce quil est, ce quil
a fait
. Même si, en réalité, la clef de
tout cela nous reste secret. La gloire de Dieu, cest le signe
visible que Dieu est Dieu, cest-à-dire quil est
invisible, quil est secrètement Dieu. Un peu comme
quand on dit que le sacrement est le signe visible dune grâce
invisible.
De même, la gloire de Jésus manifestée renvoie,
non à son pouvoir visible , mais à son action secrète.
A son identité secrète, quaucune confession
de foi, quaucun dogme ne sauront jamais épuiser, heureusement.
Cest à travers une transformation secrète de
leau en vin que la gloire de Jésus est manifestée,
mais cette gloire elle-même cache plus quelle ne montre.
Elle renvoie à un secret. Elle renvoie à une réalité
incommensurable, indicible. Ce que nous dit le secret, cest
quil doit rester secret, sous peine de perdre toute signification.
Mais il est glorieux, cest-à-dire que dans ses effets,
il a une importance majeure dans nos vies.
Au niveau spirituel
Et donc lattitude spirituelle la plus juste face à
ce secret, ce nest pas la curiosité, cest la
réserve et la complicité. Cest la disponibilité
et la méditation. Jésus, en tant que Messie de Dieu
pour nous, est celui qui transforme dans le secret
leau
en vin, autrement dit la vie en quelque chose de plus précieux
encore que la vie, mais qui est vie aussi. Jésus, en tant que Parole de Dieu pour nous, touche précisément
ce quil y a en nous de plus secret, de plus intime
le
lieu caché de notre être, de notre identité,
de notre vérité. Là où nous sommes pauvres,
là où nous sommes nus, là où navons
de reste quun peu deau pour ne pas mourir. Et en touchant
le cur de notre être, Jésus-Parole nous transforme
secrètement. Secrètement il nous ouvre à la
vie autre. A la vie autre parce que éclairée de la
présence de Dieu. Parce que au bout du compte, cest
là la question, la seule question qui importe : Dieu est-il
oui ou non présent dans notre vie, dans notre monde, dans
notre histoire
. ? Mais comment le serait-il sil nétait
présent dans notre cur et notre esprit ?
En ce dimanche dépiphanie, cest bien à
cette question fondamentale que nous sommes ramenés. Est-ce
que Dieu est « manifeste » pour nous ? Est-ce que Jésus,
Messie dIsraël, nous le rend manifeste ? Et comment ?
Dabord par le manque, nous dit le récit de Cana.
Cest parce que le vin manque, cest parce quil
est nécessaire de changer leau en vin, que la question
de Dieu devient ou redevient manifeste pour nous. Ainsi dans notre
monde et dans nos vies, les temps de crise sont souvent ceux où
nous sommes ramenés aux questions fondamentales. Aujourdhui,
quel est le vin qui nous manque ?
Mais Jésus répond à cette question par la
transformation secrète de leau en vin, et ainsi il
manifeste sa gloire, cest-à-dire la présence
rayonnante de Dieu en lui.
Nous voici donc invités à descendre au fond de la
cuve, cest-à-dire au cur de notre cur,
dans le saint des saints de notre conscience : cest là
que nous vivrons luvre de grâce, la véritable
transformation de lhumain, celle qui, au jour le jour et humblement,
illumine le monde.
Amen !
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Pasteur dans la chaire de
l'Oratoire du Louvre
© France2
Lecture de la Bible
Jean 2,1-11
Trois jours après,
il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère
de Jésus était là, 2 et Jésus fut
aussi invité aux noces avec ses disciples. 3 Le vin ayant
manqué, la mère de Jésus lui dit: Ils nont
plus de vin. 4 Jésus lui répondit: Femme, quy
a-t-il entre moi et toi? Mon heure nest pas encore venue.
5 Sa mère dit aux serviteurs: Faites ce quil vous
dira. 6 Or, il y avait là six vases de pierre, destinés
aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois
mesures. 7 Jésus leur dit: Remplissez deau ces
vases. Et ils les remplirent jusquau bord. 8 Puisez maintenant,
leur dit-il, et apportez-en à lordonnateur du repas.
Et ils lui en apportèrent. 9 Quand lordonnateur
du repas eut goûté leau changée en
vin, --ne sachant doù venait ce vin, tandis que
les serviteurs, qui avaient puisé leau, le savaient
bien, -il appela lépoux, 10 et lui dit: Tout homme
sert dabord le bon vin, puis le moins bon après
quon sest enivré; toi, tu as gardé
le bon vin jusquà présent. 11 Tel fut, à
Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus.
Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.
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