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Abigaïl ou la Sagesse
( 1 Samuel 25:1-35 ; Matthieu 5,9 )
Culte à l'Oratoire du Louvre,
par la pasteur Florence Taubmann
Chers amis,
En cette semaine spécialement consacrée aux femmes,
puisque le 8 mars est chaque année la journée internationale
des femmes, il ma paru bon dévoquer ce matin
lune des nombreuses héroïnes bibliques, Abigaïl,
et de vous proposer une lecture de cette histoire où elle
joue un rôle de premier plan.
Mais avant den venir à Abigaïl, il nous faut
faire une revue des personnages de ce drame, et analyser le conflit
qui se noue.
Le premier point concerne la demande de David : David lexigeant
Qui est David au moment de cette histoire ?
David a déjà reçu lonction royale du
prophète Samuel mais il nexerce pas encore la royauté.
David a déjà fait ses preuves de guerrier. Mais il
est en fuite devant le roi Saül, qui a déjà tenté
plusieurs fois de le tuer. Et lui-même vient de montrer sa
sagesse et sa mansuétude, en épargnant la vie de Saül,
alors quil avait la possibilité de le tuer dans la
grotte dEn Guédi.
Malgré cette force morale, cest un homme en fuite,
réfugié dans le désert avec ses hommes, donc
un homme dans le besoin, qui va adresser au riche Nabal une demande
de nourriture. Et il a quelque raison de penser que sa demande va
être agréée, car il a manifesté de la
bienveillance, voire exercé une certaine protection envers
les bergers de Nabal. De plus, lépoque de la tonte
des moutons est propice, car elle donne lieu à des manifestations
de joie, à des fêtes, et donc cest un temps de
générosité et dhospitalité.
Cette demande de David nous invite à réfléchir
sur la demande, sur le fait de demander. Demander un service, demander
une aide, demander une participation
La vraie question est : quel est létat desprit
de David quand il sadresse à Nabal ? Qua-t-il
derrière la tête ?
Il semble bien que David, dans cette histoire, sinscrive
dans une logique de remboursement de dette. Dune certaine
façon, sa demande a un caractère dexigence.
« Nabal me doit bien cela, puisque moi-même je lui ai
rendu service. »
Evidemment il ne lexprime pas de manière aussi crue.
Mais il sattend à ce que Nabal réagisse dune
certaine manière. De la manière que lui, David juge
juste et bonne. Il ne sagit que dun juste retour des
choses, dune sorte de droit acquis.
Cest très difficile, quand nous pensons avoir fait
un peu de bien à quelquun, de ne pas nous attendre
à ce quil nous fasse du bien à son tour, surtout
si nous en avons besoin. Et cette attente nest pas forcément
dordre matériel, comme dans lhistoire de Davis,
mais elle a également un aspect moral et spirituel.
Comment quelquun à qui nous avons fait du bien pourrait-il
refuser ou même simplement sabstenir- de nous
faire du bien quand nous le lui demandons, et même sans que
nous ayons à le lui demander ? Et sil ne peut nous
faire du bien, au moins il nous veut du bien. Il nous le souhaite.
Il nous aime pour ce que nous avons fait de bon à son égard.
Nest-ce pas là la simple loi de la réciprocité
? Ou du moins de la gratitude, de la reconnaissance. Cette loi qui
assure de bonnes relations humaines, familiales, sociables
quand
elle fonctionne.
Mais quand elle ne marche pas ? Quand lattente est déçue
?
Les conséquences peuvent être terribles. Preuve en
est la réaction de David :
Le refus de Nabal provoque chez lui une colère aveugle,
qui le pousse à lever son armée pour aller se servir
lui-même et faire couler le sang.
La démesure de cette réaction de David semble proportionnelle
à son attente et donc à sa déception.
Sans aller jusquà cette extrémité,
on voit le danger de cette logique de dette, de cette attente du
bien quon doit nous faire, parce que nous lavons mérité
: danger de la déception, de la colère, de la rancune,
et de la violence.
Et en même temps nous voyons bien, au fil de nos expériences
humaines que lamour ou le don gratuits sont de beaux programmes
à lancer du haut de la chaire, mais que dans la réalité
la note à payer est souvent lourde. Et que plus elle est
invisible, plus elle pèse.
Il nest que de voir bien souvent dans nos communautés
ou nos associations religieuses ou humanitaires, que parler damour,
de don, de grâce, ne nous empêche pas loin de
là- de marcher dans une logique de mérite, et souvent
dans la dette, dans la déception, dans la rancoeur.
Sans même nous lavouer à nous-mêmes,
nous espérons quelque chose en retour du bien que nous faisons
: bien sûr ce nest ni de lor ni de largent
ni un quelconque bienfait matériel, mais peut-être
un peu de considération, la reconnaissance de notre rôle,
ou simplement cet amour que nous pensons quand même avoir
bien mérité.
Et après tout cette attente est tellement humaine , tellement
normale!
Cest là quil peut être bon dimprimer
en soi cette Parole de lépître aux Colossiens
:
« Quel que soit votre travail , faîtes-le de tout
votre cur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes.
»Colossiens 3,23-24.
Quel que soit que nous faisons pour notre prochain, pour les autres,
pour le monde, faisons-le de tout notre cur, comme pour le
Seigneur et non pour des hommes.
Le second point concerne le rôle des messagers de David
: des messagers sans responsabilité.
Pour exprimer sa demande, David met en uvre une stratégie
: il envoie dix de ses hommes chargés dune parole «
diplomatique » quil a pris soin de leur inculquer. Et
ces dix hommes accomplissent fidèlement leur mission.
Or cest un échec total. Non seulement Nabal refuse,
mais il exprime envers David un profond mépris, en allant
jusquà insinuer que ses hommes et lui sont peut-être
des esclaves échappés de chez leur maître. Cette
attitude de Nabal nest pas surprenante, car nous avons appris
quil sagit dun homme dur et méchant.
Donc les hommes de David reviennent chargés du refus de
Nabal.
Il nen faut pas plus pour déclencher la logique de
la vengeance.
Cet enchaînement nous invite à réfléchir
au rôle de messager.
Dabord une question : pourquoi David nenvoie-t-il
dix messagers, et non pas un seul ?
Quest-ce que cela veut dire ?
Cela veut dire deux choses :
- dabord que la parole que David adresse à Nabal
nest pas une parole personnelle, dhomme à homme.
Un messager peut faire office de porte-parole personnel dun
homme à un autre, mais dix ? Il ne sagit plus dun
messager de confiance, il sagit dune délégation
officielle.
Et donc la demande de David , malgré les formes diplomatiques
et polies que prend cette demande, a forcément quelque chose
de comminatoire.
- dautant plus que la présence de dix hommes parle
aussi delle-même : pour David laffaire est entendue
: les dix hommes ne sont pas là pour supplier, mais pour
rapporter le chargement. Autrement dit les étapes ont été
allègrement brûlées, et la liberté de
Nabal superbement ignorée ou méprisée.
David na même pas pris garde à la personnalité
de celui à qui il adressait une demande. Et pourtant on peut
penser que sa réputation d homme dur et méchant
devait avoir dépassé les frontières de son
clan.
Cela nous amène à réfléchir sur le
rôle de ces dix hommes ?
Ce qui est frappant avec les 10 compagnons de David, cest
quils échappent à toute répartition des
rôles. Aucun dentre eux ne peut apparaître comme
personnellement responsable puisquils nexistent quen
tant que groupe.
Et donc ils sont voués à la répétition
mécanique des propos de David.
Il ny a pas dinterprétation, pas de liberté,
pas dinitiative, pas dadaptation à la situation
ou à la personnalité de lhomme quils ont
devant eux. Car tout cela relèverait dune responsabilité
personnelle et individuelle.
Et le retour se fera comme laller, cest-à-dire
quils répèteront mécaniquement les propos
de Nabal à David, sans prendre aucune précaution de
langage et sans réfléchir un instant à limpact
possible de ces paroles.
En bref, ces hommes fidèles et scrupuleux , dans lusage
déresponsabilisé quils font de la parole, mettent
le feu aux poudres. Cest un comble, car après tout
ils ne font rien de mal. Ils ne font que remplir leur mission avec
la plus grande exactitude.
Alors pourquoi agissent-ils ainsi? Il y a plusieurs hypothèses
possibles :
- Il peuvent avoir peur de David et donc lui obéir au doigt
et à lil. Mais David nest pas un tyran
et il na pas encore beaucoup de pouvoir.
- Ils peuvent aussi, tout simplement, manquer de discernement,
et ne pas voir le danger de la situation.
- Ils peuvent aussi penser que ce nest pas leur affaire,
leur affaire consistant simplement à faire ce quon
leur a demandé de faire, et non pas à réfléchir
aux conséquences de cette action.
- On peut encore imaginer quils savent très bien
ce quils font, et quen toute connaissance de cause ils
font un usage pervers de la parole. Sous couvert dexactitude,
ils mènent peut-être une politique du pire, se réjouissant
finalement de voir naître un conflit, et de faire bientôt
usage de la violence. Car les hommes de David aiment la violence.
Déjà dans la grotte dEn Guédi, ils lencourageaient
à tuer le roi Saül.
Mais restons dans le doute, car le texte ne nous dit rien sur
les motivations des hommes de David et ils ne sont présentés
que comme instruments, et non comme acteurs véritables. Mais
dans un cas comme dans les autres, il faut simplement se rendre
compte que la parole nest jamais neutre et que dans les circonstances
graves, le porte-parole - sauf à renier sa propre humanité
ne peut se laver les mains sous couvert dirresponsabilité.
Le troisième point concerne Nabal : Nabal lhomme
sans conscience.
Le nom de Nabal signifie linsensé, le fou. Et il
est demblée présenté comme le méchant
de lhistoire, ce qui peut nous inviter à simplifier
notre lecture.
Mais cest quand même intéressant de faire une
ou deux remarques. Car après tout derrière le fameux
« méchant » se cache peut-être un trait
de caractère, ou une réalité spirituelle et
psychologique assez communément partagés.
Dabord dans la Bible le fou, linsensé cest
celui qui nie Dieu. Au psaume 14 par exemple on peut lire :
Linsensé dit en son cur : « Il ny
a point de Dieu » ! Il se sont corrompus, ils ont commis des
actions abominables ; il nen est aucun qui fasse le bien !
»
Linsensé, cest celui qui vit et agit comme
si Dieu nexistait pas. Pour élargir et donner la portée
éthique de cette attitude, on peut dire : « lInsensé,
cest celui qui vit et agit comme si la conscience nexistait
pas : conscience du bien et du mal. Conscience de ce qui doit se
faire et de ce qui ne doit pas se faire. » Linsensé
vit dans sa seule vision des choses : il est psycho-rigide, incapable
dembrasser un autre point de vue que le sien, et même
de se référer à la simple règle commune
dhumanité.
Nabal le fou, enfermé en lui-même, dans son seul
désir de possession, est incapable de prendre conscience
de son devoir dhospitalité et de son devoir dassistance
envers autrui. Il est même incapable dentendre quil
a une dette envers David.
Et donc il fait usage de la seule arme quil possède,
larme du psycho-rigide, et qui est la mauvaise foi : il ne
connaît pas David. Dailleurs ce nest quun
esclave échappé de chez son maître. Donc il
ne lui doit rien. Ni la gratitude, ni la simple assistance.
Pour sauvegarder sa propre logique, il nhésite à
nier la réalité des faits et des relations humaines.
Mais cette folie est mortifère. Et Nabal en mourra.
Le quatrième point concerne Abigaïl : Abigaïl
ou luvre de paix.
Le nom dAbigaïl signifie « le père est
joie ». En ce sens, elle se situe à lopposé
de son mari Nabal le fou. Car porter ce nom « le père
est joie » signifie quon a en soi inscrit le nom de
Dieu, alors que linsensé comme on la vu, est
celui qui nie Dieu.
Comment Abigaïl va-t-elle manifester que « le père
est joie ». Comment va-t-elle dérouler le sens de son
nom.
En fait deux choses sont nécessaires à cela :
- dabord la circonstance. Pour que les êtres se révèlent,
pour quils montrent ce quils sont, il faut certaines
circonstances auxquelles ils peuvent se mesurer. Et cest la
raison pour laquelle jai essayé danalyser ces
circonstances en présentant les protagonistes. Cest
dans le cadre dun conflit grave et menaçant quAbigaïl
va pouvoir manifester que « le père est joie »
et faire uvre de paix.
- la deuxième chose nécessaire, cest la connaissance.
Combien de fois ne nous-disons-nous pas ? « Ah, si javais
su cela, si on me lavait dit
.jaurais pu intervenir.
Jaurais pu témoigné, aidé
»
La chance dAbigaïl, et finalement de tous les héros
de cette aventure, cest quil y ait chez Nabal un serviteur
qui agit exactement à linverse des dix hommes de David.
Un serviteur qui prend la responsabilité dune parole
personnelle, née de sa conscience. Et donc il porte ce qui
est nécessaire à la connaissance de la bonne personne.
Cet anonyme est un modèle qui nous invite à réaliser
ceci : quel que soit le lieu où nous sommes placés,
nous avons un point de vue sur les choses et une responsabilité
à exercer.
Cet homme voit, il réfléchit, il analyse, il prévient.
Mais sil fait tout cela cest justement parce quil
nest pas insensé comme Nabal :
A la différence de Nabal il se souvient du bien que David
a fait, et à la différence de Nabal il entrevoit les
conséquences graves qui peuvent naître de son refus.
Alors Abigaïl peut agir. Et doit agir.
Ses qualités : intelligente et belle nous a-t-on dit. Mais
en plus, elle va faire preuve de courage, dinitiative, de
sens pratique, dhumilité
de tout ce qui sera
nécessaire pour calmer la colère de David.
Mais plutôt que lencenser, essayons de décrire
son action en plusieurs volets:
- le premier volet cest lécoute et le discernement.
Le socle de laction dAbigaïl est en effet sa
réceptivité face à son serviteur, sa capacité
dattention vis-à-vis de sa parole.
Elle sait prendre au sérieux ce qui lui est dit à
laune de sa propre analyse. Autrement dit, elle nhésite
pas à se laisser troubler dans son quotidien par lévocation
du danger ; Abigaïl connaît son mari, Abigaïl ne
sétonne pas que le pire puisse arriver. Elle ne traite
pas son serviteur de prophète de malheur pour le faire taire.
Au contraire elle a foi en sa parole. Et dès quelle
est prévenue, elle se montre prête à affronter
la réalité.
- le second volet de son action, cest la réparation.
Abigaïl ne choisit pas la contestation ouverte. Elle ne fait
pas la révolution chez elle. Autrement dit, elle naffronte
pas Nabal pour le faire changer davis par des menaces ou des
conseils. Il y a des moments où la parole ne sert rien, des
moments où elle est impossible : « Nabal est si méchant
quon nose lui parler ».
Aussi Abigaïl adopte une autre stratégie : cest
celle de laction réparatrice.
Abigaïl va faire ce qui aurait dû être fait.
Ce qui doit être fait.
Il faut insister sur le fait quen faisant cela, Abigaïl
exprime quelque chose dimportant : cest quil nest
pas trop tard pour faire ce qui doit être fait.
Dans une situation aussi grave elle aurait pu céder au
fatalisme, sabandonner lucidement au désespoir en pensant
que rien narrête un homme rendu furieux.
Au contraire, puisque la situation est ce quelle est, il
faut la réparer.
Puisque lhospitalité, lassistance, le pain
ont été refusés par Nabal, il faut se substituer
à lui pour offrir hospitalité, assistance, pain.
ET donc Abigaïl prépare un chargement généreux
à destination de David et ses hommes.
- le troisième volet de laction dAbigaïl,
cest la guérison
Mais lintelligente Abigaïl sait que cela ne suffit
pas.
Le pain ne suffit pas à réparer la situation. Il
faut également réparer lamour-propre blessé
de David.
Pour cela, Abigaïl nhésite pas prendre la faute
sur elle : « A moi la faute mon Seigneur !
Permets à ta servante de parler à tes oreilles,
et écoute les paroles de ta servante. »
Enlevant toute responsabilité à Nabal quelle
présente comme fou, elle se pose comme seul vis-à-vis
de David, et donc la parole devient possible. Il ny a plus
dintermédiaire. Il ny a pas daccusation
portée sur un absent.
Deux êtres se parlent, en toute responsabilité. ET
cest alors quapparaît lenjeu de lhistoire,
qui nest pas que lhistoire dun gentil contre un
méchant.
Lenjeu, cest la conscience de David, futur roi dIsraël.
Sa conscience devant Dieu, devant les hommes et devant lui-même.
David ne peut être inconscient dans lusage de la violence.
Il ne peut ignorer le prix du sang, quel que soit ce sang.
En réveillant la conscience de David, Abigaïl le guérit
dune forme de folie, née de son exigence et de sa colère.
Elle répare en lui le sens du juste et de linjuste.
Et il peut dire :
« Béni soit lEternel, le Dieu dIsraël,
qui ta envoyée aujourdhui à ma rencontre.
Béni soit ton bon sens, et bénie sois-tu, toi qui
mas empêché en ce jour de répandre le
sang, et qui a retenu main !
Cette attitude et cette action dAbigaïl nous invitent
à la réflexion . Non parce quil sagit
dune femme. Mais parce quil sagit dune manière
dêtre qui est juste, courageuse et salvatrice.
Là où lesprit dexigence de David, où
linconscience de Nabal, où lirresponsabilité
des messagers de David, avaient semé le vent de la haine,
Abigaïl, avec sagesse, humilité et générosité,
sait éveiller le souffle de lamour.
On comprend alors quelle porte en son nom cette affirmation
: « Le Père est joie ! »
Amen
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Pasteur dans la chaire de
l'Oratoire du Louvre
© France2
Lecture de la Bible
1 Samuel 25:1-35
Samuel mourut. Tout Israël
sétant assemblé le pleura, et on lenterra
dans sa demeure à Rama. Ce fut alors que David se leva
et descendit au désert de Paran. 2 Il y avait à
Maon un homme fort riche, possédant des biens à
Carmel; il avait trois mille brebis et mille chèvres,
et il se trouvait à Carmel pour la tonte de ses brebis.
3 Le nom de cet homme était Nabal, et sa femme sappelait
Abigaïl; cétait une femme de bon sens et belle
de figure, mais lhomme était dur et méchant
dans ses actions. Il descendait de Caleb. 4 David apprit au
désert que Nabal tondait ses brebis. 5 Il envoya vers
lui dix jeunes gens, auxquels il dit: Montez à Carmel,
et allez auprès de Nabal. Vous le saluerez en mon nom,
6 et vous lui parlerez ainsi: Pour la vie soit en paix, et que
la paix soit avec ta maison et tout ce qui tappartient!
7 Et maintenant, jai appris que tu as les tondeurs. Or
tes bergers ont été avec nous; nous ne leur avons
fait aucun outrage, et rien ne leur a été enlevé
pendant tout le temps quils ont été à
Carmel. 8 Demande-le à tes serviteurs, et ils te le diront.
Que ces jeunes gens trouvent donc grâce à tes yeux,
puisque nous venons dans un jour de joie. Donne donc, je te
prie, à tes serviteurs et à ton fils David ce
qui se trouvera sous ta main. 9 Lorsque les gens de David furent
arrivés, ils répétèrent à
Nabal toutes ces paroles, au nom de David. Puis ils se turent.
10 Nabal répondit aux serviteurs de David: Qui est David,
et qui est le fils dIsaï? Il y a aujourdhui
beaucoup de serviteurs qui séchappent dauprès
de leurs maîtres. 11 Et je prendrais mon pain, mon eau,
et mon bétail que jai tué pour mes tondeurs,
et je les donnerais à des gens qui sont je ne sais doù?
12 Les gens de David rebroussèrent chemin; ils sen
retournèrent, et redirent, à leur arrivée,
toutes ces paroles à David. 13 Alors David dit à
ses gens: Que chacun de vous ceigne son épée!
Et ils ceignirent chacun leur épée. David aussi
ceignit son épée, et environ quatre cents hommes
montèrent à sa suite. Il en resta deux cents près
des bagages. 14 Un des serviteurs de Nabal vint dire à
Abigaïl, femme de Nabal: Voici, David a envoyé du
désert des messagers pour saluer notre maître,
qui les a rudoyés. 15 Et pourtant ces gens ont été
très bons pour nous; ils ne nous ont fait aucun outrage,
et rien ne nous a été enlevé, tout le temps
que nous avons été avec eux lorsque nous étions
dans les champs. 16 Ils nous ont nuit et jour servi de muraille,
tout le temps que nous avons été avec eux, faisant
paître les troupeaux. 17 Sache maintenant et vois ce que
tu as à faire, car la perte de notre maître et
de toute sa maison est résolue, et il est si méchant
quon ose lui parler. 18 Abigaïl prit aussitôt
deux cents pains, deux outres de vin, cinq pièces de
bétail apprêtées, cinq mesures de grain
rôti, cent masses de raisins secs, et deux cents de figues
sèches. Elle les mit sur des ânes, 19 et elle dit
à ses serviteurs: Passez devant moi, je vais vous suivre.
Elle ne dit rien à Nabal, son mari. 20 Montée
sur un âne, elle descendit la montagne par un chemin couvert;
et voici, David et ses gens descendaient en face delle,
en sorte quelle les rencontra. 21 David avait dit: Cest
bien en vain que jai gardé tout ce que cet homme
a dans le désert, et que rien na été
enlevé de tout ce quil possède; il ma
rendu le mal pour le bien. 22 Que Dieu traite son serviteur
David dans toute sa rigueur, si je laisse subsister jusquà
la lumière du matin qui que ce soit de tout ce qui appartient
à Nabal! 23 Lorsque Abigaïl aperçut David,
elle descendit rapidement de lâne, tomba sur sa
face en présence de David, et se prosterna contre terre.
24 Puis, se jetant à ses pieds, elle dit: A moi la faute,
mon seigneur! Permets à ta servante de parler à
tes oreilles, et écoute les paroles de ta servante. 25
Que mon seigneur ne prenne pas garde à ce méchant
homme, à Nabal, car il est comme son nom; Nabal est son
nom, et il y a chez lui de la folie. Et moi, ta servante, je
nai pas vu les gens que mon seigneur a envoyés.
26 Maintenant, mon seigneur, aussi vrai que lEternel est
vivant et que ton âme est vivante, cest lEternel
qui ta empêché de répandre le sang
et qui a retenu ta main. Que tes ennemis, que ceux qui veulent
du mal à mon seigneur soient comme Nabal! 27 Accepte
ce présent que ta servante apporte à mon seigneur,
et quil soit distribué aux gens qui marchent à
la suite de mon seigneur. 28 Pardonne, je te prie, la faute
de ta servante, car lEternel fera à mon seigneur
une maison stable; pardonne, car mon seigneur soutient les guerres
de lEternel, et la méchanceté ne se trouvera
jamais en toi. 29 Sil sélève quelquun
qui te poursuive et qui en veuille à ta vie, lâme
de mon seigneur sera liée dans le faisceau des vivants
auprès de lEternel, ton Dieu, et il lancera du
creux de la fronde lâme de tes ennemis. 30 Lorsque
lEternel aura fait à mon seigneur tout le bien
quil ta annoncé, et quil taura
établi chef sur Israël, 31 mon seigneur naura
ni remords ni souffrance de coeur pour avoir répandu
le sang inutilement et pour sêtre vengé lui-même.
Et lorsque lEternel aura fait du bien à mon seigneur,
souviens-toi de ta servante. 32 David dit à Abigaïl:
Béni soit lEternel, le Dieu dIsraël,
qui ta envoyée aujourdhui à ma rencontre!
33 Béni soit ton bon sens, et bénie sois-tu, toi
qui mas empêché en ce jour de répandre
le sang, et qui as retenu ma main! 34 Mais lEternel, le
Dieu dIsraël, qui ma empêché de
te faire du mal, est vivant! si tu ne tétais hâtée
de venir au-devant de moi, il ne serait resté qui que
ce soit à Nabal, dici à la lumière
du matin. 35 Et David prit de la main dAbigaïl ce
quelle lui avait apporté, et lui dit: Monte en
paix dans ta maison; vois, jai écouté ta
voix, et je tai favorablement accueillie.
Matthieu 5:9
Heureux ceux qui procurent
la paix, car ils seront appelés fils de Dieu! |
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