Question d’un visiteur :
Bonjour,
Pouvez-vous me dire si pour le Tout-Puissant le mariage est obligatoire, selon les réformés, étant obligatoire, je crois, chez les évangélistes ?
Cordialement
Réponse d’un pasteur :
Bonjour,
Dans l’église réformée, nous ne sommes pas très porté sur la morale obligatoire, mais plutôt sur une réflexion personnelle, nourrie de lecture de la Bible et de prière, qui conduit à une décision de que l’on pense pouvoir faire de mieux dans les circonstances présentes.
C’est vrai qu’il existe néanmoins des principes généraux assez utiles, assez fondamentaux dans l’Evangile. Et à mon avis, un principe assez important dans ce cadre est la fidélité. La fidélité avec Dieu (la foi), la fidélité vis à vis de son prochain, et la fidélité vis à vis de soi-même.
En ce qui concerne la vie en couple, il est à mon avis essentiel de vivre cette fidélité. Ce n’est pas tant que Dieu serait hyper fâché, offensé sinon, mais c’est que la fidélité est la meilleure solution, les autres façon de vivre sont source de bien des difficultés, voire de souffrances vécues et que l’on fait subir à d’autres, c’est souvent aussi une source de régression du ou des coupables et de la ou des victimes.
Or, la fidélité passe par l’engagement.
- Cet engagement est d’abord un engagement personnel, pour soi, intérieurement, un choix avant de passer à l’acte, un deuil des solutions non retenues, de l’homme ou de la femme idéale, le deuil de ne pouvoir tout embrasser (si je puis dire). Pourquoi est-ce utile et bon ? Parce qu’à mon avis on ne bâtit qu’en choisissant, en s’attachant, éventuellement en changeant pas pas en se dispersant. Il n’est pas bon, non seulement de coucher à droite et à gauche, pour voir ou pour voir un peu ailleurs, ou par gourmandise. Ce n’est pas bon de se trahir soi-même en acceptant de vivre sans s’engager ou en trahissant ses engagements, cela tord notre façon de nous engager, de nous attacher.
- Cet engagement est aussi un engagement vis à vis d’une personne, en l’occurrence. Un engagement explicite et solennel qui permet à l’autre et à soi-même de construire dans la confiance.
Ces engagements sont donc d’abord et fondamentalement des engagements intimes, de la tête et du cœur. Mais nous ne sommes pas de purs esprits, c’est pourquoi, de fait, il importe beaucoup que cet engagement de la personne dans un couple s’incarne dans un contrat civil et dans une cérémonie publique avec nos proches et religieuse.
Non seulement le contrat civil protège un petit peu (matériellement en tout cas) le conjoint éventuellement trahi, mais chacune de ces étapes du mariage aider à inscrire nos engagements dans notre être entier. Et les personnes convoquées comme témoins de ces engagements participent à cet engagement, leur présence les engage, dans un sens, à renforcer ces liens (ce n’est pas inutile).
Cette démarche publique a donc un double intérêt pour les époux : de graver plus profondément cet engagement dans leur être mais aussi de le faire dans une certaine humilité, reconnaissant qu’ils ne sont pas Dieu pour être fidèles si facilement, ils demandent de l’aide à la société civile, de l’aide à leurs proches et surtout de l’aide à Dieu afin de les aider dans cette fidélité, dans la construction au jour le jour de ce couple vivant qu’ils choisissent de former. C’est un assez bon plan (si c’est sincère, là encore, et pas juste une mascarade).
Bref, oui, le mariage est une assez bonne chose. Mais en réalité le mariage commence dans la décision personnelle, puis dans a parole donnée à l’autre. Et donc quand un couple n’est pas ou pas encore passé à la mairie ni à l’église, il est déjà à moitié marié. Mieux vaut totalement.
Mais il y a aussi des personnes qui sont mariées au sens visible du terme, mais qui ne sont pas vraiment engagées dans leur cœur et/ou dans leurs actes, ce qui n’est destructeur également… ce mariage là est peut-être un mariage aux yeux de la société mais est-ce un vrai mariage en réalité ? Dieu regarde au cœur.
Amitiés fraternelles
pasteur Marc Pernot